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Full text of "Annales de l'Académie royale d'archéologie de Belgique"

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ANNALES 


DE L’ACADÉMIE ROYALE D’ARCHÉOLOGIE DE BELGIQUE. 




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Googl 


ANNALES 


DE 



BELGIQUE 

LIV. 

5 e SÉRIE, — TOME IV. 


ON S’ABONNE AUX ANNALES DE L’ACADÉMIE 

à Bruxelles: 

chez FALK, fils, Libraire, rue du Parchemin, 15-17, cl 
H. LANERTIN, Libraire, rue Marche au Buis, 20. 


ANVERS. 

IMPRIMERIE VEUVE DK BACKER, RUE ZIRK, 35 . 
100Î2. 


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A TABLE DES MATIÈRES 

SLj 

CONTENUES DANS LE VOLUME LIV, 5' SÉRIE, TOME IV, 
des Annales de l’Académie royale d’Archéologie 
de Belgique. 


PAGKS 


Liste des membres de l’Académie. i-x. 

Notice sur les u Mate-Wiven » ou Sœurs ixoires d'Anvers, par M. 

l’abbé Laknkn. ... ... . 5 

Clément Perret, calligraphe bruxellois du xvi« siècle, par M. Paul 

Bkrgmans. . . . 53 

Les mésaventures de la baronne de Schônau, par M. Félix Hachkz. 70 

Un nouveau peintre anversois : Gérard Thomas , par M. Hbnri 

Hymans. 83 

Les origines de notre art national. Réponse de M. le vicomte de 

Caix de Saint-Aymour. ... 87 

Id. Réponse de M. A. Dk Ceulbnekr. 101 

Id. Réponse de M. le chanoine van dkn Ghkyn. 105 

Id. Réponse de M. A. Blommk. 107 

Rapport sur le congrès archéologique de France, par M. le vicomte 

de Ghkllinck. Vabrnkwyck.. 111 

Relation d'un séjour de Michel de Saint-Martm à Anvers , en 166/, 

par M. Armand db Bbhault de Dornon. 168 

Pour la biographie nationale, par le R. P. van dkn Ghkyn, S. J. 205 


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II 


PAGES 


Les origines de notre art national (suite), par M. L. Maeterlinck. 220 

Une œuvre de Mathieu Van Beveren, par M. A. Blommk. . . 237 

La maison des dames d'honneur de Marie Stuart, par M. Fer¬ 
nand Donnet. . 243 

Le jet des pierres au pèlei'inage de la Mecque , par M. Victor 

Chauvin . 272 

Note complémentaire sur Henry Romtnain, par le R. P. van den 

Gheyn, S. J . 301 

Quelques remarques sur les constructions élevées par Luc Fayd’¬ 
herbe, par M. le chanoine G. van Caster . 305 

Exploration de quelques Tumuli de la Campine anversoise , par 

M. L. Skoobant . 365 

Les Magistrats du Grand Conseil de Malines, par M. L. Stoobant. 423 

Liste des Présidents du Grand Conseil depuis son institution . 433 

Liste des substituts du Procureur Général de Sa Majesié 
près du Grand Conseil, depuis son institution à Malines, le 
22 janvier 1503 . 536 

Armoiries des Magistrats du Grand Conseil de Malines, repré¬ 
sentées dans le manuscrit de Brenart. 562 

Table onomastique. 591 

Les cloches de PulderboscJi et Wyshagen et le carillon de Hasselt , 

par M. Edmond Geudens. 618 


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TABLE DES PLANCHES 


PAGES 

Exercitatio alphabetica.53 

Eximiae peritiae alphabetum ....... 57 

Ancien hôtel d’Estrades. 115 

Eglise de Monsempron. Absidiole.120 

Château de Bonaguil.121 

Bonaguil. Vue d’ensemble ........ 122 

Bonaguil. Tour carrée dite de l’Oratoire.123 

Bonaguil. Porte d’accès sur les boulevards extérieurs au sud-est . 124 

Bonaguil. Tour du nord-est ........ 125 

Château de Perricard l'O 

Perricard. La grosse tour ....•••• 127 

Moissac. Le Cloître ....••••• 123 

Château de Madaillan . ....... 134 

Moissac. Eglise latine antérieure à l’an 1000 .... 136 

Moissac Egliso Saint-Pierre... .... 138 

Moissac. Le portail 139 

Moirax. Eglise du xi® siècle ..-•••• 141 

Lectoure. Cathédrale Saint-Gervais et Saint-Protais ... 144 

La fontaine de Hondolie.147 

Auch. La cathédrale Sainte-Marie ...... 148 

Auch. Cathédrale. Le portail du transept de droite . . 149 

Stalles d'Auch ... • • • 1^1 

Le donjon d’Auch. 152 

Chaire à prêcher de l’église collégiale de N.-D. à Termonde . 237-239 


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U — 


PAGES 

Notre-Dame d’Hanswyck à Malines. Façade principale. Plan de 1670 364 

Notre-Dame d’Hanswyck a. Plan de terre, b. Plan de la crypte . 364 

Notre-Dame d’Hanswyck. Façade principale.364 

Notre-Dame d’Hanswyck. Coupe longitudinale .... 364 

Notre-Dame d’Hanswyck. Haut-relief du dôme .... 364 

ld. Id. .... 364 

Fig. I-II. Tombelles au nord de Weelde.372 

Urnes de la Campine anversoise de l’époque d’Hallstadt . . 376 

Tumulus du • Kruisberg 385 

Tumulus dit » le tuimelschen berg ».386 

Toinbelle dite * de tommel «.388 

Tumulus • de Wetsberg ..389 

Tertre du • Zwaneven ». . 391 

Atelier paléolithique et tertre * de liereman » . 394 

Urnes provenant du cimetière Hallstattien de Ryckevorsel (campine 

anversoise) fouillé en 1903 . 406 

Le grand conseil de Malines.424 

Ornements d’une cloche de Pulderbosch. 618 


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ACADEMIE ROYALE D’ARCHEOLOGIE 


DE BELGIQUE 


Composition du bureau, et liste des 
membres de l’Académie pour l’exercice 1902 


Président : 

M. le baron de VINCK de WINNEZEELE. 
Vice-président : 

M. le chanoine VAN DEN GHEYN. 

Secrétaire et Bibliothécaire : 
M. Fernand DONNET. 

Trésorier : 

M. L. THEUNISSENS. 


CONSEIL. 

Conseillers sortant en 1903 


Messieurs , 

Paul COGELS, 
Fernand DONNET, 
Edm. GEUDENS, 


chanoine REUSENS, 

Max ROOSES, 

lieutenant général WAUWERMANS. 


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H 


Conseillers sortant en 1905. 


Messieurs, 

A. BLOMME, 

A. GOEMAERE, 
Eug. SOIL, 


Messieurs, 

A. DE CEULENEER, le chanoine VAN CASTER. 

Alph. de WITTE, H. H YM ANS, 

Alph. GOOVAERTS, vicomte de GHELLINCK VAERNEWYCK. 

COMMISSIONS. 

COMMISSION DES PUBLICATIONS. 


baron de VINCK de WINNEZEELE, 
L. THEUNISSENS. 
chanoine VAN DEN GHEYN 

Conseillers sortant en 1908. 


Messieurs , 

V te de GHELLINCK VAERNEWYCK, H. HYMANS, 
baron de VINCK de WINNEZEELE, L. THEUNISSENS, 

Fernand DONNET, lieutenant général WAUWERMANS. 


COMMISSION OES FOUILLES. 


Messieurs, 

Vf de GHELLINCK VAERNEWYCK, H. SIRET, 
baron de VINCK de WINNEZEELE, BEQUET, 

Fernand DONNET, D. VAN BASTELAER. 


COMMISSION OES FINANCES. 


Messieurs , 

Vf DE GHELLINCK VAERNEWYCK, L. THEUNISSENS, 
Fernand DONNET, A. DE CEULENEER, 

A. GOEMAERE, chanoine VAN CASTER. 


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ni 


COMMISSION DE U BIBLIOTHÈQUE. 


Messieurs , 

V te de GHELLINCK VAERNEWYCK, A. BLOMME, 

Fernand DONNET, baron de BORREKENS, 

L THEUNISSENS, chanoine VAN CASTER. 

MEMBRES TITULAIRES 


Messieurs , 

1. REUSENS, chanoine, professeur à l’Université, Louvain, 

26 , rue Neuve. 1863 ( 1864 )* 

2 . GRANDGAIGNAGE, E., directeur de l’Institut supérieur 

de Commerce, Anvers, 48 , rue de Vrière, 1870 11868 ) 

3 . DE CEULENEER, Ad., professeur à l’Université, Gand, 5 , 

rue de la Confrérie, 1876 ( 1871 ) 

4 WAUWERMANS, H. J., lieutenant-général, Bruxelles, 

128 , rue de la Limite, 1877 ( 1875 ) 

5 . HELBIG, J„ vice-président de la Commission royale des 

Monuments, Liège, x 6 , rue de Joie, 1881 ( 1873 ) 

6. ROOSES, Max., Conservateur du Musée Plantin, Anvers, 

83 , rue de la Province (nord), 1881 ( 1877 ) 

7. GOOVAERTS, Alph , archiviste-général du Royaume, 

St.-Josse-ten-Noode, 51 , rue Vonck, 1883 ( 1877 ) 

8. HYMANS, Henri, conservateur à la Bibliothèque Royale, 

Bruxelles. 15 , rue des Deux Eglises, 1883 11878 ) 

9. KURTH, God., professeur à l’Université, Liège, 6, rue Rou- 

veroy, 1886 ( 1877 ) 

xo. COGELS, Paul, Deurne (château de Boeckenberg), 1886 ( 1881 ) 

11 . SOIL, Eug., juge au tribunal de I e instance, Tournai, 43 , 

rue Royale, 1888 ( 1883 ) 

12 . BLOMME, Arthur, président du tribunal de x« instance, 

Termonde, 1889 ( 1870 ) 

13 . GOEMAERE, Arthur, Anvers, 1 , rue de l’Harmonie, 1889 ( 1884 ) 

14 . de WITTE, Alphonse, secrétaire de la Société royale de 

Numismatique, Bruxelles, 55 , rue du Trône, 1889 ( 18 S 8 ) 


* La première date est celle de l’élection comme membre titulaire. La date entre paranthèses est 
celle de la nomination comme membre correspondant régnicole. 


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IV 


15. SIRET, H. t ingénieur, Anvers, 59, rue du Transvaal, 1889 (1888) 

16. THEUNISSENS, L , Anvers, 14, courte rue de l’Hôpital, 1890 (18891 

17 de VINCK de WINNEZEELE (baron Alfred), Anvers, 

107, avenue des Arts, 1890 ( 1889 ) 

18 VAN CASTER, (le chanoine), Malines, 123, rue Notre Dame, 189c (1888) 

19. DESTREE, Jos., conservateur au Musée d’antiquités, Bru¬ 

xelles, 109, Parc du Cinquantenaire, 1891 (1889) 

20. GEEFS, Eug., architecte, Anvers, 9, rue Torfs, 1891 (1S89) 

21 GEUDENS, Edm., archiviste des Hospices, Anvers, 30, rue 

de l’Empereur, 1892 (1890) 

22 DONNET, Fernand, administrateur de l’Académie Royale 

des Beaux-Arts, Anvers, 53, rue du Transvaal, 1892 (1S91) 

23. DE VLAMINCK, Alph., Ixelles, 49, avenue de l’Hippo¬ 

drome, 1894 (1868) 

24. de BORREKENS, (baron Const.), membre du Conseil 

héraldique, Anvers, 42, longue rue Neuve, 1894 11893) 

25. VAN BASTELAER, Désiré, Bruxelles, 24, rue de l’Abon¬ 

dance, 1895 11873) 

26. ERRERA, P., avocat, Bruxelles, 14, rue Royale, 1895 (1888) 

27. de GHELLINCK VAERNEWYCK, (vicomte Amaury), ch⬠

teau d’Elseghem (près Audenarde), 1895 (1891) 

28. SAINTENOY, Paul, architecte, Bruxelles, rue de l’Arbre 

Bénit, 119, 1S96 (1891) 

29. de BEHAULT de DORNON, Armand, St.-Gilles Bruxel¬ 

les, 60, rue de Turquie, 1896 (1893) 

30. de PAUW, Nap., avocat-général, Gand, 279, rue des Vio¬ 

lettes, 1896 (1889) 

31. VAN KUYCK, F., artiste peintre, Anvers, 200, longue rue, 

d’Argile, 1896 (1891) 

32. VAN OVERLOOP, Eug., conservateur en chef des Musées 

du Parc du Cinquantenaire, Bruxelles, 79, avenue 
Michel Ange, 1896 (1886) 

3j. VAN DEN GHEYN, (le chanoine), directeur du Collège 

St.-Liévin, Gand, 1, rue d’Argent, 1S96 (1893) 

34. de JONGHE, (le vicomte B.), président de la Société royale 

de Numismatique, Bruxelles, 13, rue du Trône, 1896 <1894) 

35 D r B AM PS, C., Hasselt, Maegdendries, 189S (1890) 

36. VAN NEUSS, H., conservateur des Archives de l'Etat, 

Hasselt, 1899 (18S9Ï 

37. VAN EVEN, Ed., archiviste de la ville, Louvain, 1900 (1864) 


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38. BERGMANS, Paul, conservateur à la Libliothèque de l’Uni¬ 
versité, Gand, 2, rue de Nleirelbeke, 1900 

39 R. P. VAN DEN GHEYN, S. J. bollandiste, Bruxelles, rue 

des Ursulines, 1901 

40. BLOMME, Léonard, architecte, Anvers, 17, rue du Roi, 1901 

MEMBRES CORRESPONDANTS RÉGNICOLES. 

Messieurs, 

1 FELSENHART, Jacques, Ixelles, 9, rue de la Tulipe. 1870. 

2. HANSEN, C.-J., bibliothécaire de la ville, Anvers, rue du Lion de 
Flandre. 1871. 

3 DUPONT, Ed., directeur du Musée d’histoire naturelle, Boitsfort, 75, 
chaussée de la Hulpe. 1872. 

4. DE CLEVES, Jules, Mons, 18, rue des Dominicains. 1873. 

5. van ERTBORN, (le baron O ), Boitsfort, 36. avenue Duc. 1874. 

6. VAN DEN BRANDEN, F.-Jos., archiviste de la ville, Anvers, 44, rue 

de Moy. 1875. 

7 VAN HOOREBEKE, Gustave, Gand, 7, rue de la Confrérie. 1876. 

8. GEERTS. J., ingénieur. Gand, 15, rue du Casino. 1877 

9. DE BRUYN, (l’abbé H.), curé à Vlesenbeke. 1881. 

10 PARMENTIER, Ed., Bruxelles, 21, avenue de la Toison d’Or. 1881. 

11. FREDERICQ, P., professeur à l’Université, Gand, 9, rue de la Bouti¬ 
que, 1883, 

12 D r JACQUES, V., président de la Société d’Anthropologie, Bruxelles, 

20, rue de Ruysbroeck. 1884 

13 VAN DE CASTEELE, conservateur des Archives de l’Etat, Liège. 1884. 

14 DIEGERICK, Alph., conservateur des Archives de l’Etat, Gand, 14, 

boulevard de la Citadelle. 1886. 

15. MATTHIEU, E., avocat, Enghien. 1886. 

16 CREPIN, H., directeur honoraire de l’enregistrement, Bruxelles, 121, 
rue Joseph H, 1888. 

17. de RADIGÈS-de CHENNEVIÈRE (H.), Namur, Faubourg Ste.-Croix 

1888. 

18. SIRET, Louis, ingénieur, Anvers, 59, rue du Transvaal. 1888 

19. D r ALEXANDRE, archiviste provincial, Liège. 1889. 

20. BARBIER, (le chanoine), Namur, 38, rue Pépin. 1889. 

21. CUMONT, G., avocat, St.-Gilles (Bruxelles), 19, rue de l’Aqueduc. 1889. 

22. VAN SPEYBROECK, (l’abbé), aumônier des Dominicaines, Lubbeek. 

1889. 


(1897) 

(1899) 

(1896) 


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VI 


23. DUVIVIER, Ch , avocat, Bruxelles, 26, place de l’Industrie, 1890. 

2|. LA HAYE, L., conservateur des Archives de l’Etat, Namur, 5, boulevard 
Léopold. 1890. 

25. de LOE, (le baron Alfred', conservateur au Musée d’antiquités, Etter- 

beek, 82, avenue d’Auderghem. 1890. 

26. VAN WINT, J.-B sculpteur, Anvers, 151, rue de la Province (nord), 

1890. 

27. COMBAZ, P., major, Bruxelles, 10, rue de la Banque. 1891. 

28. de RAADT, J. -Th., St.-Gilles (Bruxelles), 63, avenue Ducpétiaux. 1891. 
29 THYS, Aug., Anvers. 4, rue Wappers. 1891. 

30. VAN DER OUDERAA, P., artiste peintre, Anvers, 56, avenue Plantin. 

1891. 

31. BILMEYER, Jules, architecte, Anvers, 23, rue Appelmans, 1894. 

32 COMHAIRE, Ch. J., Liège, 116, boulevard de la Sauvenière. 1894. 

33. NAVEAU, L., château de Bommershoven-Jesseren . 1894. 

34. TAHON, V., ingénieur, Bruxelles, 159, rue de la Loi. 1894. 

35. DANIELS, (l’abbé P.), château de Vogelsanck, Zolder (Limbourg). 1895 

36. LE GRELLE, (le comte Oscar), Anvers, rue des Pinsons. 1896. 

37 MAST, Ern., Lierre. 1896. 

38. NEVE, Jos., directeur honoraire des Beaux-Arts au ministère de l’Agri¬ 
culture, Bruxelles, 59, rue de Namur. 1896 
39 VAN MALDERGHEM, J , archiviste de la ville, lxelles, rue Anoul, 
1896. 

40. GAILLIARD. Ed., conservateur des archives de l’Etat, Anvers, rue 

Nottebohm, 1898. 

41. CHAUVIN, V., professeur à l’Université, Liège. 1899. 

42. CLOQUET, L., professeur à l’Université, Gand. 1899. 

43. STROOBANT, L., directeur du dépôt de mendicité de l’Etat, Merxplas. 

1899. 

44 VAN ORTROY, F., professeur à l’Université, Gand, 37, quai des Moines, 
1899. 

45. van der HAGEN, Victor, archiviste de la ville, Gand. 1900. 

46. LAENEN, (l’abbé), Anvers, 26, rue de la Princesse. 1900. 

47. MAETERLINCK, L., conservateur du Musée de peinture, Gand, 6, 

rue du Compromis. 1901. 

48. KINTSCHOTS, L., Anvers, 74, avenue du Commerce. 1901. 

49. N... 

50 N... 


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VII 


MEMBRES D'HONNEUR. 


Messieurs, 

1. DE BRUYN, Léon, ancien ministre de l’Agriculture et des Beaux-Arts, 

Bruxelles. 1898. 

2. SCHOLLAERT, François, ancien ministre de l’Intérieur et de l’Instruc¬ 

tion publique, Louvain. 1898. 

3. de TROOZ, Jules, ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique, 

Bruxelles. 1901. 

MEMBRES HONORAIRES RÉGNICOLES. 


Messieurs, 

x. van der STRATEN-PONTHOZ, (comte Fr ), Bruxelles, 13, rue de la 
Loi. 1858. 

2. IWEINS (R. P. Adolphe', de l’ordre de Saint-Dominique, Louvain. 1860. 

3. SCHUERMANS, H., président honoraire de la Cour d’appel, Liège, 48, 

boulevard Frère Orban. 1884. 

4. de BÜRMAN, (chevalier Camille), château de Schalckhoven par Bilsen. 

1868. 

5. DELVIGNE, (le chanoine), curé de St.-Josse-ten-Noode. 1869. 

6 . SMEKENS, Th., président honoraire du tribunal de I e instance, Anvers, 

34, avenue Quentin Massys. 1877. 

7. de SCHILDE (le baron), château de Schilde. 1877. 

8. HAGEMANS, G, Ixelles, 24, rue Maes. 1884. 

9. BEQUET, Alfred, Namur, 8, rue Grandgaignage. 1886. 

10. de LIMBURG-STIRUM (comte Ph.), Bruxelles, 166, rue de la Loi. 1886. 
xi. FRÉSON, J., conseiller honoraire à la Cour d’appel, Liège, 24, rue Ste- 
Marie. 1889. 

12 VAN RIJSWIJCK, J., bourgmestre de la ville, Anvers. 1896. 

13. DE VILLERS, archiviste honoraire de l’Etat, Mons. 1896. 

14. COGELS, Fréd., gouverneur delà province, Anvers. 1901. 

MEMBRES HONORAIRES ÉTRANGERS 


Messieurs , 

x. de BURE, Charles, Moulins (France). 
2. FIORELLI, G., Rome ^Italie). 1879. 


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VIII 


3. de NADAILLAC, (le marquis), Paris (France). 1883. 

4. MASPERO, Gaston, Paris (France). 1884. 

5. LAIR, (comte Charles), château de Blou, (Maine et Loire) (France). 1900. 

Correspondant 1896. 


MEMBRES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS. 

Messieurs, 


1. de NOUÉ (vicomte Arsène), Malmédy (Allemagne). 1865. 

2. BEAU VOIS, E., Corberon (France'. 1880. 

3. BRASSART, Félix, archiviste municipal. Douai (France). 63, rue du 

Canteleux. 1881. 

4. VORSTERMAN van OVEN, A. A., 159, Geertbrug, Rijswijck, près La 

Haye (Pays-Bas). 1881 

5. PHILLIPS, J. Henry, Philadelphie (Etats-Unis). 1884. 

6. WALLIS, Henry, Londres, Woodbury, Biggin Hill, Norwood, (Angle¬ 

terre). 1880. 

7. de NOUÉ, (vicomte P.), Aix la Chapelle (Allemagne). 1890. 

8. STEIN, Henry, archiviste aux Archives nationales, Paris (France). 1890. 

9. EVANS, John, K. C. B , Londres (Angleterre). 1893. 

10. READ, Charles, Londres (Angleterre). 1893. 

11. TRAVERS, Em , Caen, (France) 18, rue des Chanoines. 1894. 

12. GERMAIN de MAIDY, Léon, Nancy (France). 1895. 

13. BODE, Wilhem, conservateur du Musée, Berlin (Allemagne). 1896. 

if BREDIUS, conservateur du Musée de peinture, La Haye, (Pays-Bas), 
6, Prinscngracht. 1896. 

15. CARTEBON, P. J. E., consul-général de France, Anvers, avenue Van 

Eyck. 

16. de GUBERNATIS, (comte Angelo), professeur à l’Université, Rome 

(Italie). 1896. 

17. de VALENCIA de DON JUAN (comte), directeur de l’Amcria Real, 

Madrid (Espagne). 1896. 

18. FINOT, J., archiviste du département du Nord, Lille (France). 1896. 

19. HAGENMEYER (D r Heinrich), Bôdigheim b/Seckath (Bade) (Allemagne). 

1896. 

20. CONS, H., recteur de l’Université, Poitiers (France). 1896. 

21. LESSING, conseiller intime, directeur du Musée d’antiquités, Berlin 

(Allemagne). 1S96. 


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— IX 


22. MONTERO, Belisario, consul général de la république Argentine, 

Bruxelles. 1896. 

23. SANTIAGO de VAN DE WALLE, avocat, Madrid (Espagne). 1896. 

24 PASTOR, L., professeur à l’Université, Insbrück (Autriche). 1895. 

25. D r LOPES, consul général, Lisbonne (Portugal). 1896. 

25. VALLENTIN du CHEYLARD, R., receveur des domaines, St -Peray 
(France). 1896. 

27. H 1 LDEBKAND, H., secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des bel¬ 
les lettres, Stockholm (Suède). 1897. 

2S. le SERGEANT de MONNECOVE, Félix, Paris, (France), 4, rueSt.- 
Florentin. 1897. 

29 POUTJATINE, (prince P.), maréchal de la noblesse, St.-Pétersbourg 
(Russie), 65, Ligofka. 1897 

30. ROCCHI, E , colonel du corps du génie italien, Rome (Italie). 1897. 

31. CUST, Lionel, directeur de la National Gallcry, Londres (Angleterre). 

1898. 

32. de BEAUMONT (comte Charles), château de Chatigny par Fondettes 

(Indre et Loire) (France). 1899. 

33. GUERLIN, Robert, président de la Société des antiquaires de Picardie, 

Amiens (France), 80, rue Lcmerchier. 1899. 

34 QUARRE-REYBOURBON, L., Lille (France), 70, boulevard de la 

Liberté. 1899. 

35 de SWARTE, Victor, trésorier-payeur général du Nord, Lille (France). 

1900. 

36. GROB, Jacques, (abbé), curé à Bivingen-Berchem (Grand Duché de 

Luxembourg). 1900. 

37. HERON de VILLEFOSSE, conservateur au Musée du Louvre, mem¬ 

bre de l’Institut, Paris (France), 15, rue Washington. 1900. 

38. de STUERS, (chevalier V.), référendaire au ministère de l’intérieur, La 

Haye (Pays-Bas). 

39 LEFÈVRE-PONTALIS, Eugène, directeur de la Société d’Archéologie, 
Paris, 13, rue de Phalsbourg. 1901. 

40. D r STROEHLIN, Paul-Charles, président de la Société suisse de Numis¬ 

matique, (Eaux Vives) Genève, 54, route de Chêne. 1901. 

41. GELOES D’EYSDEN, (comte R. de), chambellan de S. M. la reine des 

Pays-Bas, château d’Eysden (par Eysden, Limbourg Hollan¬ 
dais). 1901. 

43. SERRA Y LAREA (de), consul général d’Espagne, Anvers, 138, avenue 
des Arts. 1901. 

43. ANDRADE (Philotheio Pereira d’), St.-Thomé de Salcete, (Indes por¬ 
tugaises). xçox. 


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X 


44- AVOUT, (baron A. d’), Dijon, 14, rue de Mirande. 1901. 

45. LAIR, Jules, président de la Société de l’ccolc des Chartes, Paris, 11, 
rue Croix des Petits Champs. 

4b. VASCONCELLOS (D r José Leite de), bibliotheca national, Lisbonne. 
1901 . 

47. CA 1 X DE SAINT AYMOUR (vicomte de), Paris, 112, boulevard de Cour- 
cclles. 

MEMBRES DÉCIDÉS PENDANT L'EXERCICE 1900-1901. 

Messieurs , 

SOMMEE, (Léon de), ingénieur, Bruxelles. Membre honoraire régnicole. 
*|* 23 août 1901. 

HAVRE, (baron H. van), Schootcn (Anvers). Membre honoraire régnicole. 
f 22 mars icjoi. 

ARBELLOT, (chanoine,) Limoges (France). Membre correspondant étranger 
f 6 décembre 1900. 

SüREL, Alex., Cornpiègne (France). Membre correspondant étranger, 
f 28 août 1901. 


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NOTICE 


SLR LUS 

MATE- W IV E N 

ET SOEIRS NOIRES D’ANVERS 


Il y a quelques mois. Messieurs, la révérende mère supé¬ 
rieure des Sœurs noires, de notre ville, me pria de jeter 
lin coup d’œil sur quelques boites, remplies de vieux papiers, 
renfermées dans une armoire délaissée. 

Quelle ne fut pas ma surprise, en constatant que le pre¬ 
mier document que je prenais en main, était le vidimus 
authentique, de 1340, de l’acte de fondation du couvent. 
Les autres pièces n’étaient pas moins intéressantes. J’avais 
devant moi les archives intactes de la communauté depuis 
1340 jusqu’au déclin du xviii® siècle. Elles étaient., il est 
vrai, entassées pêle-mêle et dans le plus grand désordre, 
mais dans un état de parfaite conservation, les sceaux 
presque tous entiers. Telles elles avaient été emballées à 
la bâte et sauvées, lors de la visite des Français, en 1708, 
telles je les retrouvai là. 

Depuis lors toutes les pièces ont été classées, l’inventaire 
en est prêt, il ne contient pas moins de cinq cents numéros. 

Ce travail de dépouillement m’a permis de refaire tout 


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l’historiquu do colle importante communauté religieuse, 
histoire cjuo nous ne possédions jusqu'ici dans nos histo¬ 
riens anversois que de façon très incomplète et souvent 
très inexacte. 

C’est cette notice, Messieurs, que j’ai l’honneur de sou¬ 
mettre à votre bienveillante attention. 


Les maisons des religieuses, communément appelées Sœurs 
noires, de l’ordre de Saint-Augustin, doivent leur nais¬ 
sance, vers le milieu du xr siècle, à la transformation 
des communautés des sœurs cellites, qui adoptèrent une 
règle plus sévère et prononcèrent les trois vœux de reli¬ 
gion: chasteté, pauvreté, obéissance. 

La congrégation des Cellites, qui comprenait des frères 
et des sœurs, est une institution particulière au nord de 
l’Europe. Née probablement dans les provinces rhénanes, 
elle se répandit bientôt en Brabant, en Flandre et dans 
le nord de la France. 

Les Cellites, tout comme les Beggards et les Béguines, et 
mainte autre association semi-religieuse, convertie plus 
tard en communauté régulière, ne constituaient pas un 
ordre religieux proprement dit. Ils n'avaient ni vœux, ni, 
nécessairement, une habitation commune. 

Chacun habitait sa maison particulière et subvenait par 
le travail manuel à ses besoins propres ou vivait des biens 
de son patrimoine. 

Les couvents ou maisons communes n’étaient primitive- 


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— 7 - 


ment destinés qu’aux membres indigents de l’association 
ou aux confrères et consœurs en voyage. 

Ce caractère essentiel de la congrégation, incontesté en 
ce qui concerne les Beggards et les Béguines ('), est, en ce 
qui regarde les sœurs cellites, clairement indiqué dans l’acte 
de fondation do leur maison commune à Anvers ( ! ). Le 
donateur reconnaît aux soeurs la faculté d’y demeurer, mais 


(1) Les Beggards, au témoignage autorisé de Scribanius, vécurent de lon¬ 
gues années chacun dans sa maison et du travail de ses mains. — Scribanius. 
Origines Antverpiensium. Antv., 1610 , in- 4 °, f. 103 . 

Les Béguines de même, tant à Anvers qu ailleurs, no connurent qu’à titre 
exceptionnel la vie commune. 

• Sed in sancta et solida simplicitate, est-il dit dans unebulle de Jean XXII, 
déclarant exemptes des erreurs condamnées par Clément V, les Béguines d’Alle¬ 
magne, • viventes, aliquao proprias, aliquao parentum, aliquae conductas, 

• vel sibi communes et cum honesta familia domos inhabitant, aliquao vero 

• rerum cogente defectu, simul in eisdem domibus et diversis beginagiis, ad 

* maiorem castitalis observanciam, commorantur. * — Miraeus. Opéra di - 
plomatica. Lovanii, 1723 , 4 vol. in-fol.; I, 215 . 

C’est au profit des Béguines habitant des maisons particulières, que fut 
fondée, au commencement du xiv® siècle, la Fu merie , l’infirmerie, du Clap- 
dorp. « Dats te wetene dat os dair toe, dat men daer inné ontfaen sal cranko 

• ofte sieko Beghinen, die in eersame convente wonen, die van guede name 

* sijn, ende onghene getrude manne en hebbe, die also mate sijn van goede 

* dat sij haer bedde oft haer cloedere souden moeten vercoepen, omme haer 
« noetdorsto.» — Dikrcxrns. Anlverpia Chrislo nascens et crescens. Antv. 1723 , 
7 vol. in-8°, t. Il, 63 . Règlement édicté pour l’Infirmerie, par les échevins 
et conseil d’Anvers, lo 24 août 1325 . 

(2) La lettre scabinale portant donation par le marchand allemand Zuderman 
de sa maison au profit des sœurs cellites, datée du premier octobre 1345 , nous 
estconsorvée dans le vidimus donné par Claus van der Borch, doyen de l’église 
Notre-Dame, en date du 17 août 1346 . L’original de ce vidimus est déposé 
aux archives conventuelles sous la côte 101, carton B, n° 1 . Il est imprimé 
dans Dikrcxk.ns, II, 90 - 03 . 


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— 8 — 


aussi le droit d’abandonner la vie commune tant et aussi 
souvent qu’elles pouvaient le désirer: « gaende cnde kerende 
» vrilec alsoe, dickc als si willen. » 

Bientôt, cependant, à cause du relâchement qui ne larda 
pas à s’emparer des sœurs abandonnées à leur solitude, 
et sous l’influence de la protection des pouvoirs ecclésias¬ 
tique et civil, qui couvraient de leur égide les maisons 
communes, le nombre des membres vivant dans les mai¬ 
sons particulières décrût et ne tarda pas à s’éteindre, et 
les seules communautés survécurent. 

Déjà le 8 mai 1390, le magistrat porta défense absolue 
aux Frères cellilcs de porter encore l’habit de leur congré¬ 
gation à moins qu’ils n’habitassent la maison commune ('). 

A celle-ci, d’ailleurs, allaient les générosités des princes 
et les aumônes des particuliers. 

L’évolution, sauf en ce qui concerne les Béguines, peut 
être considérée comme accomplie vers 1450. 

Cellites et Beggards, Sœurs cellites et Béguines se recom¬ 
mandaient par leur piété, la pratique des bonnes œuvres, 
la simplicité de leur vie et la modestie: vertus auxquelles 
leurs adversaires mêmes rendaient hommage. 

Leur genre de vie, cependant, leur mépris hautement 
affiché des richesses, leur bure grise, qui n’étaient pas 
sans leur donner quelque ressemblance avec les nom¬ 
breuses sectes hérétiques qui, à celte époque, pullulaient aux 
Pays-Bas, en France, en Italie, leur attirèrent à maintes 
reprises des difficultés avec les inquisiteurs de la Foi. 

Tandis qu’on accusait les Béguines des doctrines les plus 
hétérodoxes concernant la Très Sainte Trinité et les Sacre- 


(I) Dikkcxkns. Antv. Christo nascens cl crcscens, If, 55. 


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— 9 — 


ments (’), on en voulait avant tout aux habits pauvres des 
Cellites (’). 

Pour échapper aux difficultés que la suspicion d’hérésie 
leur créait, les Cellites firent ce qu’avant eux avaient fait 
les Béguines, ils s’adressèrent au Saint-Siège, lui exposè¬ 
rent leur manière de vivre et en obtinrent une déclaration 
d’orthodoxie. 

Grégoire XI, par sa bulle du 2 décembre 1378, défendit 
aux inquisiteurs de la Foi en Allemagne, en Flandre et 
dans le diocèse de Thérouanne de molester dorénavant les 
frères ou les sœurs à l’occasion de leur pauvre mise ( 3 ). 

La défense pontificale ne semble avoir arrêté longtemps 
le zèle indiscret des inquisiteurs. Soixante années plus 
tard, les Cellites recoururent de nouveau à l’autorité du 
pape. Encore une fois, l’habit pauvre qu’ils portaient 


(1) • Praosertim quod oarum aliquao de Summa Trinitate ac divina esson- 

• lia disputare, ac eciam praedieare, circa arliculos fîdei ac ecclcsiastica 

• sacramenta opiniones lidei eidem contrarios introducere, multorumqne 

• sirnplicium animos in diversos super his errores inducere, et alia multa 
« péri eu lu animarum parientia facore, subsuccato sanctitatis velamine, pre- 
« sumebant, « Bulle do Jean XXII, apud Miroeus, I, 215. 

(2) Bulle de Grégoire XI, dat. IV nonas dccombris, pont, anno septimo 
(c.-à-d., le 2 décembre 1378), citée dans la bulle de Jules II du 1 juin 1506. 
Grégoire XI, élu le 30 décembre 1370, data ses actes du jour do son couron¬ 
nement, le 5 janvier 1371. Cette année, 1378, explique les termes de la bulle 
de Jules II: « Gregorius in sua obedientia de qua partes ille erant. » En 
effet, le 21 septembre 1378 fut élu l’antipapo Robert de Cambrai qui prit 
le nom de Clément VII. 

(3) « Gregorius in sua obediontia Fratribus et sororibus in Alamannia 

• ac Brabancia, Flandria et dioecesi Montions!, ut occasione quarumdam 

• sirnplicium et honestarum vestium per cos assumpturum, non possent... « 
Archives conventuelles , 2, A, 2 et 3. 


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— 10 - 


et les idées de pauvreté, sans aucun doute, chères aux 
confrères et consœurs, les avaient brouillés avec les juges 
trop sévères de l’orthodoxie. Jules II, à l’exemple de son 
prédécesseur, donne une bulle déclarant la congrégation 
des Cellites exempte de toute hérésie et défend aux inqui¬ 
siteurs de les troubler davantage. 

Dans les actes pontificaux les frères et les sœurs sont 
désignés sous la dénomination de: Congregalio fratrum et 
sororum cellitarum. 

Ce nom officiel de celliia rappelle la vie retirée que 
les Cellites menaient dans leurs maisons particulières, leur 
cella; tandis que le nom vulgaire faisait allusion à la pau¬ 
vreté volontaire des religieux et des religieuses. 

On les appelait mate-mannen et maie-wiven . « Die alsoe 
« mate syn van goede dat sy haer bedde oft haer clee- 
« dere souden mocten vercoepen (*), « lit-on dans un texte 
flamand contemporain. Mate-mannen , mate-wiven équi¬ 
vaudrait donc à pauvres-hommes, pauvres-femmes. Ce nom, 
qui devait rappeler aux inquisiteurs les pauvres de Lyon , et 
autres hérétiques aux mêmes tendances communistes (*), 

(1) Diercxkns, U, 64. 

(2) Le ms. 15933 du fond latin de la Bibliothèque nationale à Paris, datant 
du xm p ou des premières années du xiv* siècle nous donne quoîques échantil¬ 
lons des doctrines hôritiqucs concernant la possession des richesses, prêchées 
à Anvers. 

Citons : 

Ho sunt heresos que fuerunt dampnato contra quosdam de Antverpia. 
Dicobant... quod nullus dives potest salvari et quod omnis dives est avarus. 
Item quod nullus pauper potest dampnare, sed omnes salvabuntur. Item 
quod simplex fornicatio non est peccatum vivonti in paupertate... Item 
quod nullus potest salvari cum duplici veste eiusdem generis... Item qtfod 


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— il — 


n’explique-t-il pas en partie leur farouche acharnement 
contre d’inoffensifs religieux (')'? 

A Anvers, et ailleurs aussi ( 2 ), les male-wivcn , à cause, 
sans cloute, de l’origine allemande de la congrégation, 
étaient généralement désignées sous le nom allemand de 
Swesteren. 

Ce nom de Swesteren, latinisé parfois en Sweslriccs ou 
Siceslriones , se rencontre jusqu’aux premières années du 
xvi e siècle, quand la nouvelle dénomination do Zwartc 
Zustei's , Sœurs noires, due à leur nouvel habit, devint 
général ( 3 ). 

Telles étaient les pieuses femmes auxquelles Henri Zuder- 
man, marchand allemand, donna, pour la gloire de Dieu 
et le salut de son âme, la maison qu’il habitait à Anvers, 
hors de la Coepoerte, près des Frères-Prêcheurs. Elle 
devait servir et comme maison de refuge aux sœurs en 

licitum est auferro diviti et dare pauperibus. Item quod invitans ad convir 
vium divitem peccat mortaliter et invitatus... Item quod quanto est aliquis 
altioris gradu ordinis tanto plus decet esse pauper. Item quod beno et sine 
peccato potest mulior se prostituere si sit indigens et pauper. (Fol. 163, 
verso col. a et b.) 

(1) Dibkcxbns, II, 89, propose l’étymologie, mate , ami, compagnon. L'éty¬ 
mologie mate , pauvres, se trouve prouvée, par une preuve sans réplique, par 
la lettre scabinale du 8 mai 1399, adressée aux frères cellites. Ceux-ci y 
sont désignés sous le nom de Armen broedevs. Dibkcxbns, II, 1551. 

(2) A Bois-le-Duc, par exemple, où les sœurs sont désignées sous ce nom 
jusqu’au xvu® siècle. 

(3) Dibkcxbns, II, 92, fait descendre le nom de Zwartzusters, par corrup¬ 
tion, de Swesteren. Outre que l’habit noir, adopté en 1461, explique suffi¬ 
samment la nouvelle dénomination, l’hypothèse croule par le fait que, dans 
nombre d’actes relatifs au couvent de Bois-le-Duc, les deux noms, Swesteren 
et Zwartzusters, se trouvent accouplés. 


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— 12 — 


voyage, et comme demeure commune ou couvent à celles 
qui voudraient s’y établir. 

Les dispositions prises par le généreux donateur, pour 
y assurer le bon ordre, semblent inspirées par le régle¬ 
ment édicté, quelques années plus tôt, par le magistrat, 
à l’usage de la Firmerïé des Béguines au Clapdorp ('). 

On ne pourra recevoir de part et d’autre dans la mai¬ 
son que des personnes de bonne vie et de bonnes mœurs. 
Les pensionnaires qui se méconduiraient, « die onrustelec 
» ware ofte discocrt maecte onder ’t gheselscap, ofte haer 
* niet eersamelec en hilde, alsoe si met rechte soude » i*), 
devaient être exclues de la communauté. 

La direction de la maison devait appartenir à trois pro¬ 
viseurs laïcs, nommés une première fois par le fondateur; 
en cas de décès de l’un d’eux, les survivants pouvaient 
s’adjoindre un collègue de leur choix. 

Dans les questions importantes, admission de nouvelles 
pensionnaires, exclusion de compagnes trop turbulentes, 
choix d’un nouveau proviseur, les proviseurs laïcs devaient 
prendre conseil des Swestcrcn. 

Comme premiers proviseurs, Zuderman désigna Arnoude 
van Hovorst, le vieux, Hoslcn van Eversbeke, en Jacoppe 
van Brussele. 

Le donateur, qui savait ses protégées en butte aux tra¬ 
casseries des malveillants, prévit le cas où les Swcslcren 
pourraient être bannies de la ville. La maison devait 
néanmoins toujours rester à leur disposition, les proviseurs 
étaient tenus de la tenir constamment ouverte et d’y loger 


(1) Dikkcxkns, II, G4. 

(2) Le règlement de la FirmeriS porte : • Die onhoeffelyc scelden, ofte 
* vloeken, ofte perlementen onderlinjfe. • 


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- 13 — 


toutes celles qui se présenteraient, sans jamais vendre le 
dépôt qui leur était confié ou en diminuer la valeur. 

La donation fut passée devant les échevins de la ville, 
le premier octobre 1345. Le 17 août suivant, les bénéfi¬ 
ciaires présentèrent l’acte scabinal au doyen de l’église 
collégiale, Claus van der Borch, qui leur en délivra un 
vidimus. 

Quelque incident troubla-t-il les Swesteren dans la pai¬ 
sible possession de leur couvent ? Leur maison fut-elle 
agrandie? Nous ne le savons; toujours est-il que quelques 
années plus tard, en 1361, deux des proviseurs nommés 
en 1$45, ou du moins l’un d’eux et le fils du second ('), 
donnent, à leur tour, et sans faire allusion à la première 
donation, une nouvelle propriété sise également hors de 
la Coepoerte, près des Dominicains (*). 

Les termes de la donation et les conditions de l’ad¬ 
ministration sont, d’ailleurs, en tout point identiques à ceux 
contenus dans la lettre scabinale de l’année 1345. Les dona¬ 
teurs se nomment eux-mêmes proviseurs et s’adjoignent 
Wouteren van der Molen ( 1 2 3 ). 


(1) C'étaient Arnoude van Hovorst et Jacop van Brussele. Arnoude van 
Hovorst, dans la lettre scabinale de 1345» parait avec le surnom de oude, épi¬ 
thète qui ne se retrouve pas en 1361. Le troisième proviseur nommé par 
Zuderman, Hosten van Eversbergen ne reparaît plus. 

(2) La maison avait été achetée par les donateurs le 13 octobre 1358, à 
Wouter van Diedeghem, fils do Jean, chevalier. Elle avait été habitée par 
Clementien Drakinnen et était située entre la maison dite van dm wiele et 
celle habitée par le prêtre Peter van Ekeren. Lettre scabinale du 13 oct. 
1358, arch. conventuelles , 102, B, 2. 

(3) Lettre scabinale du 30 avril 1361, arch. conventuelles , 103, B, 3. 


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— 14 — 


A peine en possession do leui' nouvelle propriété, les 
Sicesicrcn exécutent les travaux (Vaménagement nécessaires. 

Elles obtiennent, à cet effet, des Dominicains l’autori¬ 
sation d’élever une bâtisse contre le mur du couvent. La 
lettre, datée de 1303 et dûment munie des sceaux du prieur 
et de la communauté (‘), présente ce détail intéressant 
qu’elle ne mentionne pas les proviseurs: elle s’adresse aux 
« jonevrouwen den Swestcrcn, die aldaer liebben ghetim- 
“ mert. « 

Et le fait se reproduira dans les actes ultérieurs. 

Les Swestcrcn s’étaieut-elles déjà débarrassées de la tutelle 
de leurs proviseurs? 

La chose n’est guère probable. Elle l’est d’autant moins 
<pie jusque vers le milieu du xv e siècle la maison ne parait 
avoir eu de supérieure élue parmi les sœurs, ni de tuteurs 
au nom de la ville, établis par le magistrat. 

Les rares documents antérieurs à l’érection de la com¬ 
munauté en maison religieuse de la règle de Saint-Augustin, 
soit avant 1401, que nous ayons pu relever, s’adressent 
aux sœurs en nom collectif, aux Swestcrcn, sans désigner 
nominalement aucune d’entre elles. 

Vers le milieu du xv e siècle, la Congrégation des Cel- 
lites est entraînée dans le magnifique mouvement de réfor¬ 
mes et de recrudescence de ferveur qui se manifeste à 
cette époque dans plusieurs ordres religieux. 

Les papes Nicolas V (1447-1455) et Pie II (1458-1464) à 
l’exemple de leurs prédécesseurs, s’intéressent aux Cellitcs 
et leur accordent des faveurs (-’). 

(1) Lettre du 22 mai 1363; arch. conventuelles, 104. B, 4. 

(2) Bulle de Jules VI, 20 juin 1506; archives conventuelles , 2, A, 2 et 3. 


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- 15 — 


Pie II renouvela même complètement la constitution de 
la Congrégation. Par sa bulle du 3 janvier 1459 ('), il 
accorda aux Cellites l’autorisation de prononcer les trois 
vœux de religion. 

Cette pièce, qui est adressée aux « Dilectis filiis, viris 
« et feminis, Celliti vulgo dictis, in Brabantia, Alaman- 
» nia, Flandria et dioecesi Teroancnsi, discipulis Eius qui 
» docuit pascere esurientes, potare sitientes, liberare cap- 
» tivos, hospitia peregrinos excipere, vestire nudos, visitare 
» infirmos, mortuos sepelire, » fait un magnifique éloge 
de la foi, de la piété et de la chai'ité des Frères et des 
Soeurs. « Vous, y est-il dit, qui ne visitez pas seulement 
« les malades, mais vous dévouez à les servir, et à les 
» soigner, surtout en temps de maladies contagieuses, vous 
» qui ensevelissez les morts, et cela à chaque fois que 
» vous en êtes requis, sans faire aucune distinction de 
» riches ou de pauvres, et qui accompagnez les corps jus- 
» qu’à la sépulture » ( ! ). 

Passant ensuite au désir exprimé par les Cellites, le pape 
leur permet de prononcer les vœux de pauvreté, de chasteté 
et d’obéissance entre les mains d’un supérieur à leur choix,' 
pris dans un ordre approuvé et dûment constitué. 

Deux années plus tard, les frères Cellites d’Anvers, au 
nombre de douze, s’adressèrent au prieur des Carmes de 
Malines et, entre ses mains, émirent la profession reli¬ 
gieuse ( 1 2 3 ). 

(1) Rappelons que Pie II commence, dans sos actes, l’année tantôt à la 
Noël, tantôt le 1 janvier, tantôt le 25 mars. 

(2) Cfr. Papbbrochius. Annales Antverpienses, Antv., 1845, 5 vol. in-8°; 
II, 52-53. 

(3) Papkbkochius, II, 52. 


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— 16 — 


Quant aux sœurs, quoique, dans leurs archives, nous 
n’ayons rencontré aucune pièce relative à un acte sembla¬ 
ble de leur part, il n’y a point de doute qu’elles n’aient 
à la même époque embrassé la vie religieuse sous la règle 
de Saint-Augustin. 

En effet, sans parler de la bulle du Pape Sixte IV, du 
sept des kalendes de mai 1472, qui rappelle que tous les 
Cellites se sont soumis à la règle de Saint-Augustin, sous 
l'habit prescrit par les évêques ('), les archives conven¬ 
tuelles nous fournissent les indications les plus convain¬ 
quantes à cet égard. 

L’ne lettre d’indulgence, datée du 5 décembre 1406, est 
adressée à Maria van Diest et aux autres sœurs de la 
maison de Saint-Augustin (*); une lettre de participation 
aux mérites spirituels de l’ordre des Franciscains, accordée 
par frère Zegcrus de Dixmuda, et datée du 18 mai 1404, 
est adressée aux sœurs Elizabeth, mère, Clara van den Steen 
et à toutes les autres sœurs de la règle Saint-Augustin ( 1 2 3 4 ). 

Enfin, cette même année 1464, eut déjà lieu, en faveur 
de la maison d’Anvers, une révision ou plutôt une explica¬ 
tion des règles prescrites aux communautés de Sœurs 
noires de son diocèse par l’évêque de Cambrai (*). 


(1) Papkbrochiüs, II, 54. 

(2) Archives conventuelles , 35, A. 36. 

(3) Archives conventuelles , 42, A, 43. 

Nous pourrions encore citer une autre lettre de participation aux mérites 
spiiituels des Franciscains, accordée par le même Zegerus, le 24 août 1462, 
— Arch. conventuelles , 41 et 42; — adressée à la mère Marie Paens et à 
ses consœurs. Elle ne porte, il est vrai, pas de mention de maison ou de 
règle de Saint-Augustin, mais l’existence seule de la supérieure conventuelle 
nous semble une preuve suffisante que la communauté avait adopté la 
réforme. 

(4) Archives conventuelles , 7, A, 7. 


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— 17 — 


A l’occasion de l’émission des vœux, les sœurs abandon¬ 
nèrent la bure grise et adoptèrent l’habit et le scapulaire 
noir de gros drap. Tel du moins fut l’habit qu’imposa 
au couvent des Sœurs cellites de Bois-le-Duc, Louis de 
Bourbon, évêque nomme de Liège, par lettre du 7 juillet 
14G4 ('). De l’habit noir, le nom vulgaire de Sœurs noi¬ 
res, de Nigrae sorores, de Zwarlc zuslcrs, qu’elles portent 
encore aujourd’hui et que nous voyons leur attribuer par 
le général des Carmélites en 1519 ( 1 2 ), et que les sœurs 
prennent elles-mêmes dès l’année 1500 ( 3 ). 

Vers cette époque aussi, la maison obtint des momboi- 
rcn van sladswege ou tuteurs au nom de la ville, nommés 
par le magistrat et pris dans son sein. Ceux-ci interve¬ 
naient aux transactions, ventes et achats de terres et de 
rentes, aux acceptations de fondations, en un mot à tous 
les actes qui touchaient aux revenus du couvent. Ils devaient 
aussi, dans les cas difficiles, prêter main-forte à la supé¬ 
rieure pour faire respecter la règle et l’honnêteté reli¬ 
gieuse ( 4 ). Enfin, les tuteurs devaient prendre sous leur 


(1) Archives conventuelles. Arch. non encore classées provenant du cou¬ 
vent de Bois-le-Duc. 

(?) Archives conventuelles, 39, A, 40. 

(3) Archives conventuelles, 362, E, 48. De même, il semble hors conteste 
que les sœurs se soient adressées au même prieur des Carmélites de Malines 
qui reçut la profession des frères. Pendant de longues années, en effet, nous 
voyons les religieuses faire choix du prieur de cette maison commo directeur 
spirituel, pater ou visitator. Ce n'est qu'au xvii* siècle ou pendant les der¬ 
nières années du xvi«, que les Dominicains d'Anvers furent appelés à celte 
charge. Des chapelains, parmi lesquels un certain Jean Sof, qui fonda une 
messe et un anniversaire, étaient attachés au service de la chapelle. 

(4) Cette ingérence du pouvoir civil, en tout point d'ailleurs conforme aux 
instructions pontificales, était hautement appréciée par les religieux. En 


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18 — 


protection et celle du magistrat les personnes et les biens 
des religieuses ('). 

Le nombre de celles-ci, à l’époque de la première pro¬ 
fession, ne nous est malheureusement pas conservé, une 
vingtaine d’années plus tard, il était de quatorze religieu¬ 
ses et de deux novices (*). 

Les faveurs accordées aux Cellites par Pie II furent con¬ 
firmées et étendues par Sixte IV, à la prière do Charles 
le Bon, duc de Bourgogne. 

Le 7 des kalendes de mai 1472, le pape permet aux Cel¬ 
lites d’élire un visiteur général, devant lequel, assisté d’un 
religieux profès d’un ordre approuvé, ils pourraient émettre 
leurs vœux, et de se constituer un conservateur de pri¬ 
vilèges ( 3 ). 


1459, nous voyons le Général de l’ordre des Frères-Prêcheurs, inviter le 
magistrat d’Anvers à nommer trois ou quatre personnes pour travailler, de 
concert avec le prieur, à la réforme de la maison. — Dikrcxexs, II, 366. 

(1) Le premier tuteur que nous connaissions est Willeme van Tichelt. Il 
intervient dans un échange de rentes entre le couvent et la table du Saint- 
Esprit, le 1 mars 1481. — Archives conventuelles, 370, E, 54. — Les tuteurs 
furent supprimés à la domination protestante en 1581, et ne furent plus 
rétablis. 

(2) Lettre du prieur provincial des Augustins de la province de Cologne du 31 
mars 1486-1487 , Archives conventuelles , 38, A, 39. Le dénombrement des 
foyers fait à Anvers en 1480, renseigne comme habitant la maison des Sœurs 
noires, vingt-cinq personnes. 

Sans aucun doute étaient comprises dans ce nombre des pensionnaires laï¬ 
ques, vieilles ou malades, qui y recevaient ou achetaient l’hospitalité et les 
soins. — Antwerpsch Archievenhlad , t. XVI, p. 185. 

(3) On entend par conservateur de privilèges un supérieur ecclésiastique 
chargé de protéger et de défendre, au besoin à l’aide des armes spirituelles 
dont il disposait, les droits et privilèges d’un monastère ou d’une institution 
pieuse ou savante quelconque. 


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— 19 — 


Le 5 juin suivant, le même pape accorde encore plusieurs 
faveurs spirituelles et, le 7 du même mois, il autorise les 
Cellites à posséder un cimetière, à faire célébrer dans 
leurs oratoires la Sainte Messe par n’importe quel prêtre 
approuvé, enfin, à sonner les cloches et à posséder un 
petit clocher, pas trop prétentieux, « in liumili turricula » ('). 

Les Sœurs noires d’Anvers s’étaient hâtées de. s’arranger 
une petite chapelle et obtinrent, le 2 octobre 1482, du nonce 
apostolique dans les états de Maximilien d’Autriche, des 
indulgences spéciales pour ceux qui, à certains jours, 
visiteraient leur oratoire (•). 

Le 20 juin 1500, Jules II, à son tour, rappelant les actes 
de ses prédécesseurs, confirme tous les privilèges qu’ils 
avaient accordés, défend aux religieux de changer d’habits, 
de demeurer, sans autorisation spéciale, hors de leurs cou¬ 
vents et établit leur congrégation ordre mendiant ( :( ). 

Ce fut le dernier acte pontifical relatif à la constitution 
de la Congrégation. Les Cellites de jadis, dispersés, sans 
discipline et sans règle, en butte aux suspicions des inqui¬ 
siteurs, se sont formés en congrégation reconnue et ap¬ 
prouvée. 

Les Swestercn d’Anvers, réunies dans une maison con¬ 
ventuelle, se sont soumises à la règle de Saint-Augustin 
et forment une communauté religieuse sous l’autorité de 
l’évêque et la protection du pouvoir civil : l’heure des déve¬ 
loppements ultérieurs a sonné. 

(1) Papkbrochius, II f 54. 

(2) Archives conventuelles , 6, A, 5. 

(3) Archives conventuelles , 2, A, 2 et 3. 


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— 20 — 


En effet, pendant tout le xv e siècle, l’importance de la 
communauté n’était pas bien grande. Elle occupait toujours 
l’humble maison qu’elle avait acquise au milieu du siècle 
précédent; (die avait établi son oratoire dans une maison 
voisine, prise à bail; ses revenus (ixes étaient peu importants. 


La pauvreté primitive des Mntc-Wivcn, habitant la mai¬ 
son commune, est attestée par les nombreuses prébendes 
de pain de froment ou de seigle, de viande, de hareng, 
de saindoux, de vin, de toile, de drap gris, de souliers, 
que la maison possédait sur les distributions faites aux 
pauvres par les Tables du Saint-Esprit de l’église du Bourg 
et de l’église Notre-Dame ('). 

Jean van de Wcrve, de même, par testament du 9 octobre 
1419, légua aux Matc-Wivcn l’aumône des pauvres: un 
pain de seigle aux cinq grandes fêtes (*). 

Quant aux autres revenus fixes de la maison, vers 1500, 
que nous avons pu relever, ils n’avaient guère une bien 
grande importance. C’étaient: 

une rente de sept muids de seigle, sur l’hôpital Saint- 
Julien (•'’): 

une rente de douze sols, sur la maison dite de luyn rau 
Hollant, au Bourg ('); 


(1) A rchives conventuelles, 36?, E, 48; livre de cens, datant, dans su forme 
primitive, de l'annôe 1500 environ. 

(2) Archives conventuelles , 373, E, 57 ; vidimus notarié. 

(3) Archives conventuelles , 362, E, 48. 

(4) Archives conventuelles, 362, E, 48; la rente fut rachetée sous la mère 
Adrienne van Rielo. 


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— 21 — 


une rente de deux couronnes, sur une maison de la Cam- 
merstrate ('); 

une rente d’une livre, sur la maison de esel, près des 
Dominicains {') ; 

une rente de seize sols, sur la maison het sierken au 
Clapdorp ( 1 2 3 * 5 6 7 8 9 10 ); 

une rente de deux sols, sur la maison de Jan Verbrog- 
ghen ('); 

une rente de deux blancs, sur le couvent des Falcons p); 
une rente de deux blancs, sur quatre maisons, situées 
dans la lange nycuwe strate (°), acquise par achat, de 
Jan de Vroede, le 29 octobre 1405 p); 

une rente de deux gros sur riiôpital Notre-Dame ou 
Sainte-Elisabeth ( K ), don de Jannc Moens et de Lysbeten 
van der Vesten, vers 1433 (°); 

une rente de neuf demi-sols, payables par la Table du 
Saint-Esprit de l’église Notre-Dame, legs de Ypols ( ,0 ). 


(1) Archives conventuelles, 302, E, 48; la ronto fut rachetée sous la mère 
Aeils. 

(2) Archives conventuelles , 36?, E, 48 ; la ronto fut rachetée sous la mère 
Aerts. 

(3) Archives conventuelles , 362, E, 48. Ces seize sols sont-ils le reste d’une 
rente de six vieux écus, op twee huyse metlen gronde gelegen opt Clapdorp 
bide Peertbrugge opten hoeck aldaer, légués ftn 1457 par Iden van Calverstrate? 
Arch. coup., 362, E, 53. 

(1) Archives conventuelles, 362, E, 48. 

(5) Archives conventuelles , 362, E, 48. 

(6) Archives conventuelles , 362, E, 48. 

(7) Archives conventuelles , 364, E, 50. 

(8) Archives conventuelles , 362, E, 48. 

(9) Archives conventuelles , 368, E, 52 

(10) Archives conventuelles, 362, E, 48. D’autres rontes, anciennement pos¬ 
sédées par le couvent, avaient été rachetées vers 1500; par ex., une rente de 
seize escalines sur une maison hors de la Kipdorppoerte achetée le 15 juin 
1459 . — Arch. conv ., 367, E, 51. 


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D’autre part, les religieuses étaient tenues au payement 
de certaines redevances. Elles devaient notamment: 
à l’é^iise du Bourg, une rente annuelle de deux blancs ('); 
à l’église Notre-Dame, quatre sols et un anglais ('•); 
à l’abbaye Saint-Michel, quatre sols et un anglais (*•*); 
à l’hôpital riche, deux sols et deux anglais ( 1 2 3 4 ); 
aux Dominicains, un sol ( 5 6 ). 

Tels étaient les revenus fixes de la maison des Sa airs 
noires vers l’année 1500. Nous manquons malheureuse¬ 
ment de données concernant les ressources provenant du 
service des malades et des aumônes manuelles. 

Quoiqu’il en soit, la communauté avait confiance dans 
l’avenir et, pendant les premières années du xvi e siècle, 
elle entame des travaux considérables d’agrandissement 
des bâtiments claustraux. 

Pendant les dernières années de l’administration, comme 
« mater des godshuis vanden Swestercn der ordenen van 
» Sinte Augustyns, « de Clara van den Stecn ( (i ), l’on mit 
la première main à l’œuvre. 


(1) Archives conventuelles , 362, K, 48. 

(2) Archives conventuelles, 362, E, 48. D'après une noie du livre de cens, 
l'anglais valait une gros de Brabant ou quatre deniers. 

(3) Archives conventuelles. 362, E, 48. 

0) Archives conventuelles, 362, E, 48. 

(5) Archives conventuelles , 352, E, 48. Ce sol était dû en vertu de la con¬ 
vention du 22 mai 1363, qui permit aux Malc-Wiven d'appuyer l’une de leurs 
bâtisses contre le mur du jardin «les Dominicains. — Arch. conv. 104, B, 4. 

(6) Clara van den Steen était religieuse de la première profession: nous 
la rencontrons comme mede-tnoedei *, dès l'année 1464. — Arch. conv. 42, A, 
43. — Comme mère elle paraît pour la première fois le 7 juin 1473. — Arch. 


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— 23 — 


Comme proches voisins les Swesteren avaient l’hospice 
des Frères bleus ('). 

Fondé, au plus tard dans le premier quart du xiv e siècle, 
l’hospice aen die cocpocrte , comme le désignent les actes 
les plus anciens, avait successivement reçu de riches dota¬ 
tions. 

Il était destiné au logement et à l’entretien de douze 
pauvres vieillards, qui y étaient soignés par une servante. 
Les pensionnaires étaient revêtus d’une longue soutane de 
teinte bleue, de là le nom de blauw-brucders donné aux 
pensionnaires, nom qui n’implique nullement un état reli¬ 
gieux quelconque. 

Primitivement la maison avait comme proviseurs des 
ecclésiastiques. Vers la fin du XV e siècle, elle était dirigée 
par deux tuteurs au nom de la ville, un proviseur nommé 
par le magistrat et un économe installé par le proviseur (*). 
L’économe avait à sa disposition une maison attenante à 
l’hospice, la renlmecsiers camer. 

A cette époque, les bâtiments comportaient outre les loge- 


crm d., 43, A, 41. — Pour la dernière fuis elle est nomméo le 7 novembre 
1497. — Arch. conv 106, B, 6. — Clara van don Stoen est la quatrième 
mère dont nous ayons pu relever le nom; la première est Maria Paons, qui 
est citée dans un document de 1462, — Arch. conv. t 41, A, 4*?; —la seconde 

Elisabeth.citée en 1464, — Arch . conv. 9 42 A, 43, — la 

troisième Maria van Diest, qui paraît dans un acte de 1466.— Arch. corn?., 
35, A, 36. 

(1) Voyez sur les Frères bleus: Edm. Gëudrns. Le compte moral de Van 
XIIL Anvers, 1898; pages 56-58. 

(2) En 1497, Tannée où la débâcio do Thospice commence, Wilteme van 
der Tanekien et Costone van Halmalo étaient tuteurs au nom de la ville, 
Jan van der Biest et Willem Luydinc proviseur et économe de Thospice. 
Archives conventuelles , 107, B, 7. 


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— 24 — 


înents des vieillards et l’habitation de l’économe, une 
vaste cuisine, une chapelle et même une brasserie, ainsi 
que plusieurs maisons dont l’une, convertie en chapelle, 
servait d’oratoire aux Sœurs noires. Nous ne savons h la 
suite de quelles circonstances les revenus, à la même épo¬ 
que, avaient considérablement diminué: l’administration 
de l’hospice se vit forcée de vendre une à une toutes ses 
propriétés et de se retirer rue Large, aujourd’hui rue des 
Bateliers, où elle ne reçut plus que six ou sept pension¬ 
naires. 

Ces ventes fournirent aux Sœurs noires l’occasion d’agran¬ 
dir leur propriété. 

Le 4 février 1403-1494, Clara van den Steen achète une 
rente de vingt escalins de gros de Brabant, vendue deux 
années auparavant par les Frères bleus au tanneur Jan 
van der Biest. La rente était hypothéquée sur la maison 
occupée par la chapelle des Swesteren ('). 

Ce fut le premier pas. 

Le 7 novembre 1497, l’hospice cède aux Soeurs noires 
la propriété de leur oratoire, melten gronde ende toebe- 
lioovten , moyennant une rente de 20 escalins (*). 

Huit jours après, à raison d’une nouvelle rente de 20 
escalins, le proviseur vend une seconde maison, attenante 
à la première ( :t ). 

La chapelle et la maison furent abattues et sur le ter¬ 
rain, ainsi que sur celui d’une troisième maison que les 

(1) Arch. conventuelles , 105, B, 5; lettre scabinale du 4fdvrior 1403-1494. 

(2) Arch. conventuelles t 106, B, 6; lettre scabinale du 7 novembre 1497. 

(3) Arch. conventuelles , 167, B, 7; lettre scabinale du 15 novembre 1797. 

La rento fut amortie le 8 mai 1500. 


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— 25 - 


Sœurs noires achetèrent encore aux Frères bleus, le 11 
septembre 1507, on éleva le nouvel oratoire ('). Les tra¬ 
vaux commencèrent la même année et furent terminés à 
Pâques 150S (*). 

L’évêque suffragant de Cambrai, Jean Brytzlot, vint con¬ 
sacrer solennellement la nouvelle chapelle le 1 juin 1510; 
il consacra en môme temps l’autel majeur (*). L’année sui¬ 
vante, le même évêque consacra encore deux autels laté¬ 
raux, en l’honneur de saint Augustin et de sainte Anne, 
ainsi qu’un cimetière (■*). 

Vers le milieu du xvn e siècle la chapelle fut renouvelée 
dans le goût de l’époque et l’on plaça sur le maître-autel 
un grand tableau du peintre anversois Pierre Thys ( :> ). 

Cependant, les Frères bleus avaient vendu leurs dernières 
propriétés à un marchand génois, Thomas Bombelli, qui 
habitait la maison dite Saint-Nicolas à côté de l’hospice. 


(1) Arch. conventuelles , 109, B, 9; lettre scabinale, du 11 février 1507. 

(2) Archives conventuelles , 89, D, 67. 

(3) Arch. conventuelles y 7, A. 8; lettres patentes, du 1 juin 1510. Par 
ordre de l’évêque d’Anvers Joseph van Franken-Sierstorff, la solennité de 
l'anniversaire de consécration fut transférée au dimanche qui suit l'octave 
du Ti ès-Saint-Sacreinent.— Arch. conventuelles , 8, A, 9; lottre du 7 juin 
1721. 

(4) Arch. conventuelles, 9, A, 10; lettres patentes du 5 juillet 1511. 

(3) Arch. conventuelles , 152, B, 52 ; quittance autographe du peintre 
Pierre Thys (1616-1677 ou 1679) en date du 8 septembre 1669. Cette quit¬ 
tance nous permet de rodressor une erreur du catalogue du musée d’Anvers 
qui attribuo, sur la foi, sans douto, du procès-verbal dressé par le commis¬ 
saire français lors de l’enlèvement du tableau, la Descente de Croix, n° 262, 
provenant des Sœurs noires à Thys le Dominicain. La donatrice, d’ailleurs, 
religiosa soror Marie le Bain , dont le nom figure sur le tableau, ne se 
rencontre pas dans l’obituaire du xvm® siècle. 


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— 20 — 


Le 8 juillet 1519 O, les sœurs lui achetèrent différents 
bâtiments qui avaient servi de cuisine, de brasserie et de 
chapelle aux Frères bleus ainsi que la maison de rèconome, 
et une grande cave qui avait fait partie de la maison 
achetée en MOT, mais dont les Frères bleus s’étaient 
réservé l’usage ( ? ). La cave, qui se trouvait alors sous 
la nouvelle chapelle, fut affectée à la sépulture des reli¬ 
gieuses. 

Le 17 octobre 1521, Bombelli céda encore un vaste jardin 
situé derrière sa maison. Celui-ci coûta aux sœurs une 
somme de deux cent et huit livres, une fois payées, et 
dix-neuf livres de rente ( : *). Les terrains achetés le 8 juillet 
1519 avaient coûté quinze livres, une fois payées, et une 
rente de trente-sept livres. Si bien que, en capitalisant 
ces différentes rentes au taux du denier seize, auquel 
toutes étaient rédimibles au gré des religieuses, nous 
arrivons pour l’ensemble des acquisitions faites à la somme 
de mille cent quatre-vingt treize livres de gros de Bra¬ 
bant, soit quatre mille sept cent soixante douze florins. 

Tel est le terrain sur lequel vont s’élever les bâtiments 
claustraux que les Sœurs noires ne quitteront plus que 
pendant quelques années, pendant la tourmente révolu¬ 
tionnaire. 

Les travaux commencés par la chapelle, en i507, durèrent 
jusque vers le milieu du siècle, soit sous le gouvernement 

|1) Arch . conventuelles , 112, B, 12; lettre scabinale du 8 juillet 1519. 

(2) Arch. conventuelles , 107, B, 7; lettre scabinale du 15 novembre 1497. 

(3) Arch. conventuelles, 107, B, 17, lettre scabinale du 17 octobre 1521. 
Les d* ux rentes étaient complètement rachetées, la première le 15 octobre 
1532, la seconde le 13 juillet 1529. 


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— 27 — 


des révérendes mères Elisabeth Aerts (') Adriana Hems ou 
Heemsens, dite Tliys (*), et Adriana van Riele (").■ 

On construisit successivement, après l’oratoire, deux mai¬ 
sons destinées à être louées à des particuliers, en 1520; 
le logement du directeur spirituel, en 1520; le réfectoire 
et le dortoir des religieuses, en 1536 (*). 


Achat de terrains et frais de construction excédèrent do 
beaucoup les ressources actuelles de la communauté. Pour 
faire face aux dépenses, les sœurs sollicitèrent d’abord de 
l’évêque de Cambrai l’autorisation de vendre une maison 
qu’elles possédaient dans les Minderbroederstrate et A ch¬ 
ier strate, (les rues actuelles du Fagot et du Nord) à côté 
de l’hospice des Sept-douleurs. La propriété fut vendue 
le 13 juillet 1529 au marchand Jean Longran, moyennant 


(1) Elisabeth Aerts ou Aernouts, fille d’Arnout Hcnrickx, de Wilmarsdonck, 
so rencontre pour la première fois comme mère en 1505, — Arch. conv., 46, 
A, 47 ; — au mois de juillet 1529, elle porte le titre de oud moeder , — Arch, 
conc. 9 283, D, 61 ; — ollo mourut après avoir dirigé le couvent pendant 24 
années, le 12 mars 1730. — Arch. conv. % 289, D, 67. 

(2) Adriana Hems ou Heemsens, die men heet Tht/s, no se rencontre que 
deux fois avec le titre de mator, en 1529. Avant et après elle fut chargée du 
soin do la sacristie et déléguée par la communauté pour représenter, ensemble 
avec Katline Martens, medemoeder , et Katline Barbiers, la communauté dans 
tous les actes relatifs aux biens temporels. La sœur Hems vivait encoro en 
1548. — Arch. conv. 9 284, D, 62. 

(3) Adriana van Riele, fille de Léonard, d'Anvors, se rencontre,comme mère, 
la première fois, en 1532, — Arch. coud., 127, B, 27; — la dernière fois, en 
1564, — Arch conv., 286, D, 64. D'après l’obituaire du couvent, elle mou¬ 
rut le 21 novembre 1577, après avoir gouverné ses consœurs pendant 44 ans. 

(4) Archives conventuelles , 289, D, 67. 


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— 28 — 


trente-deux florins, payables en une fois et une rente 
perpétuelle irrédimible de vingl-et-un florins ('). 

Ce n’était là, cependant, qu’une aide bien faible en face 
des énormes charges qui incombaient aux religieuses. 
Confiantes dans l’avenir, celles-ci n’hésitérent pas à faire 
de multiples emprunts, tant à renies viagères qu’à rentes 
perpétuelles, mais rédimibles. Celles dont il reste des tra¬ 
ces dans les archives sont les suivantes: 

le 13 juillet 1519, une rente perpétuelle de seize livres 
à Janne van don Broeckc (*); 

le 3 février 1519-1520, une rente de deux livres au cha¬ 
pelain Jan Sof ( :1 ); 

le 27 juin 1520, une rente perpétuelle de quatre livres 
à Janne Heems ou Heemsens, dit Thijs (•); 

le 21 juin 1520 une rente perpétuelle de cinq livres à 
Gillise de Toelenere 


(1) Archives conventuelles , 221, D, 4 ; lettre scabinale du 13 juillet 1520. La 
maison avait été donnée aux sœurs par testament de Catherine, fille de Henri 
Huyders et veuve de Jean Steymans, à charge de trois messes par semaine. 

— Archives conventuelles , 281, D, 58. Acte notarié passé devant le notaire 
Jerôme Zanders, le 4 mai 1512. La maison était chargée d’ailleurs de différents 
autres cens, parmi lesquels quatre gros et demi en faveur du portier (c.-à-d. 
d»'s pauvres recevant l'aumône de ses mains) de l'abbaye de Saint-Michel. 

(2) Archives conventuelles , 113, B, 13; lettre scabinale du 13 juillet 1510. 
La rente était complètement rachetée ou éteinte en 1540. 

(3) Archives conventuelles , 280, D, 67. 

(4) Archives conventuelles , 115, B, 15; lettre scabinale du 27 juin 1520. 
Jean Hems n’est pas le père de Adrienne Hems, dite Thijs, longtemps sacris¬ 
tine et |»endant quelque temps mère de la communauté. Celle-ci était fille 
de Guillaume, et de Gertrude van Schenbrocck, qui lui léguèrent par tes¬ 
tament une rente viagère de cent florins sur une maison * in Sint-Anthonis - 
strate »; Arch. conv ., 372, E, 16. — La rente fut rachetée le 6 novembre 1(302. 

— Arch. conv , 140, B, 40; lettre scabinale du 6 novembre 1(302. 

(5) Archives convcntuelles t 114, B, 14: Uttre scabirale du 21 juin 1520. 
La rente fut rachetée le 24 décembre 1523. 


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— 29 — 


le 9 mai 1522, une rente perpétuelle de trois livres à 
Janne Heems ('); 

le 29 mai 1523, une rente viagère de deux livres à Dignen 
Adriaens dochter H ; 

le 29 mai 1523, une rente viagère de douze livres à Roelof 
van Synder et à Katheline Huygo ( :l ); 

le 5 octobre 1532 une rente perpétuelle de 24 florins aux 
Carmélites de Malines (') ; 

le 3 septembre 1532, une rente de 48 florins aux enfants 
de Cornelis van den Broecke, qui possédaient déjà une 
rente de huit livres ( 1 2 3 4 5 ); 

le 4 septembre 1532, une rente de douze florins à Niclaese 
Lapoestel ( 6 ) ; 

Je 15 mars 1538, une rente de vingt-quatre florins à 
Katheline ’s Hollanders, veuve de Costen van Bindcn ( 7 ), 
qui possédait déjà, depuis 1532, une rente de même valeur ( 8 ); 


(1) Archives conventuelles , 120, B, 20 ; lettre scabinale du 0 mai 1522. Cette 
rente fut rachetée le 6 novombre 1602. 

(2) Archives conventuelles, 123, B, 23; lettre scabinale du 20 mai 1523. 
La bénéficiaire mourut en 153(3. 

(3) Archives conventuelles , 124, B, 24; lettre scabinale du 20 mai 1523. 

(4) Archives conventuelles , 127, B, 27 ; lettre scabinale du 5 octobre 1532. 
Cette rente passa successivement à Paulsen de Cuyper et à Peeteren van Coelen, 
auquel elle fut rachetée par les religieuses, le 15 décembre 1603. — Arch. conv. 
131, B, 31 ; lettre scabinale du 15 déc. 1603. 

(5) Archives conventuelles , 134, B, 34; lettre scabinale du 3 septembre 1532. 

(6) Archives conventuelles, 135, B, 35; lettre scabinale du 4 septembre 1532. 
La rente fut rachetée le 14 novembre 1564. 

(7) Archives conventuelles , 138, B, 38; lettre scabinale du 15 mars 1538. 
La rente fut rachetée en 1558. 

(8) Archives conventuelles, 127, B, 27 ; lettre scabinale du 5 octobre, 1532. 
Cette rente était rachetée avant 1540 Nous ne savons quand elle avait été vendue. 


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— 30- 


le 13 février 1510, une rente viagère de trente six florins 
à Jean Crombaeh et sa femme Jeanne Gocns {'); 

le 27 février 1517, une rente viagère de 9 florins à Mar- 
guareta Vyt, veuve Porrens (■); 

le 12 juillet 1549, une rente perpétuelle de trois livres, 
douze esealins et six deniers aux Carmélites de Malines (■')■, 
à des dates incertaines, deux rentes, l’une de deux, 
l’autre de douze livres à Cornelis Dyckx (*); 

Presque toutes ces rentes étaient hypothéquées sur les 
deux maisons construites en 1520, l’une appelée 7 Lam- 
meken x l’autre, plus petite, aménagée en boulangerie ( 1 * 3 4 5 6 ). 

Si bien que, malgré les amortissements qui se faisaient 
de temps à autre, la propriété se trouvait grevée bien au 
delà de sa valeur. 

En 1510, la rente hypothéquée sur les maisons en ques¬ 
tion s’élevait à quarante et une livres et demie. 

Les maisons étaient louées, elles, l’une à trente florins, 
l’autre, la boulangerie, à trente florins rhénans ou qua¬ 
rante-deux florins de Brabant (°), soit ensemble à soixante- 
douze florins ou dix-huit livres! 

Encore fallait-il prélever sur le loyer de la première mai¬ 
son six florins comme honoraires de messes, et les reli¬ 
gieuses setaicnl-elles engagées à se fournir de pain chez 


(1) Archives conventuelles, 140, B, 40; lettre scubinale du 13 février 1540. 

(?) Archives conventuelles, 113, B, 43; lettre scabinale du 23 février 1517. 

(3) Archives conventuelles, 144, B, 44; titre de rente sous sein# privé du 
12 juillet 1549. Cette rente fut amortio en 1090. 

(4) Archives conventuelles, 289, D, 67. 

(5) Archives conventuelles, 289, D, 67. 

(6) Le florin rhénan valait, en 1531, un florin et huit sols. Cfr. Edm. 
Geudens. De Geldwaarde in de Geschiedenis, Antw., 1897; bl. 22. 


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— 31 — 


le boulanger, jusqu’à occurrence de tout le montant du 
loyer (M. 

En 1550, l’ère des emprunts est close et un demi- 
siècle plus tard les dernières dettes contractées en vue des 
constructions étaient éteintes. 

Le chemin parcouru était immense et n’avait pu l’être 
que grâce à la générosité des nombreux amis que la maison 
possédait en notre ville. 

Pour mieux exciter la générosité des fidèles, les Sœurs 
noires obtinrent de l’évêque de Cambrai un ordre adressé 
au doyen de la Collégiale et aux curés de la ville, leur 
enjoignant de publier en chaire les indulgences accordées 
par les Souverains Pontifes à l’ordre des Cellites, que 
les fidèles pouvaient gagner dans la chapelle des Sœurs 
noires ( 1 * 3 4 ). 

Le 20 décembre 1519, le pape Léon X, à son tour, donna 
une bulle, spéciale à la maison d’Anvers, accordant des indul¬ 
gences à tous ceux qui assisteraient aux offices dans l’ora¬ 
toire des sœurs ou, par leurs aumônes, contribueraient à 
y rehausser le culte ou aideraient les religieuses à suppor¬ 
ter les charges résultant des nouvelles constructions (•*). 

L’appel à la charité des fidèles, on l’a vu, fut entendu. 


(1) Archives conventuelles, 2S9, D, 07. I,o couvent consommait par année 
encore en plus pour huit florins üe pain. 

(2j Au mois de mai 1602, cependant, les.Sœurs noires vendent encore aux 
Carmélites d’Anvers une rento de douze florins, mais le mois suivant déjà 
ils la rachètent. — Arch. conv ., 146, B, 46. 

(3) Archives conventuelles , 10, A, 11. 

(4) Archives conventuelles , 11, A, 12. 


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— 32 — 


La générosité se manifesta avant tout par la fondation de 
nombreuses messes. 

Le capital de ces fondations servit régulièrement, jusqu’en 
1550, à couvrir les frais des constructions, ou à racheter 
les rentes. 

Au xvn e siècle, cependant, à cause de la grande diminu¬ 
tion survenue dans la valeur de l’argent, les charges des 
fondations n’étaient plus guère en rapport avec les capi¬ 
taux versés jadis : l’évéque d’Anvers, Ambroise Capello, con¬ 
sentit à la réduction de toutes ces fondations et ordonna 
de célébrer aux intentions des donateurs trois messes basses 
chaque semaine, et une messe solennelle ('). 


(1) Archives conventuelles , 289, D, 67 ; mandement épiscopal du 25 mais 
1665. 

Voici le détail dos fondations ainsi réduites: 

1° Deux messes hebdomadaires fondées par Cornelis van Santvliet, parrain 
de la mère Aerts, on l’année 1500. 

2° Une messe hebdomadaire fondée par Klizaboth Frans, en 1508. 

3° Uno messe hebdomadaire fondée par Lauwereys Voorspoel, en 1512. 

4° Trois messes hebdomadaires fondées par Catherine van den Kynde ou 
Huyders, veuve do Jean Stevmans, lo 4 mai 1512, hypothéquées sur sa mai¬ 
son située près de l'hospice dos VII Douleurs. (Voyez l’acte de fondation 
281, D, 59, et ce que nous avons dit plus haut p. 28). 

5° Une messe hebdomadaire par Jean van Soesbeeck, le 6 octobre 1512. 

6° Une rente de 3 florins rhénans destinée à l’entrotien de la lampe du 
Très-Saint-Sacroment, donnée par Alexandre Bruchsal et sa femme Jeanne 
van Parys, lo 15 mars 1514. 

7° Une messe hebdomadaire fondée par la veuve Verbiest, en 1517. 

8° Une somme une fois donnée, destinée aux frais d'un salut en l'honneur 
de la sainte Vierge par Jean van den Bogaerde et Peetor van Parys, en 
1519-20. 

9° Une messe hebdomadaire et un anniversaire, fondés par Jean Sof, 
chapelain du couvent, en 1519-1520. 

10° Une rente de dix florins, destinée à subvenir aux frais des offices 
journaliers par Nloerken Iiobeits, en 1529*1530. 


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— 33 — 


Leurs propres travaux n’absorbaient, d’ailleurs, pas à tel 
point les ressources de la communauté que les sœurs ne 
trouvassent moyen de faire encore des largesses aux Domi¬ 
nicains, quand ces derniers construisirent, au milieu du xvi® 
siècle, leur superbe église. 


11° Une messe hebdomadaire, fondée par Elisabeth Capellemans, en 1529- 
1530. 

12° Une rente destinée aux frais du salut du Saint-Sacrement, donnée 
pir Elisabeth Hack, en 1536. 

13’ Une messe hebdomadaire et deux cierges à brûler perpétuellement, 
devant le Saint-Sacrement et devant la statue de Saint-Antoine, et un salut 
quotidien en l’honnour de la Sainte Vierge, fondés par Anthonis Duyck 
en 1537. 

14° Une messe solennelle aux fêtes de la sainto Vierge, fondée par Eli¬ 
sabeth de Vos, en 1549. 

15° Un anniversaire solennel par différents bienfaiteurs, en 1550. 

La fondation Capellemans différerait-elle d’une fondation antérieure faite, 
le 10 août 1510, par une Elisabeth Capellemans d'une messe quotidienne 
qui nous est connue par la copie authentique du testament de la légatrice, 
du 10 août 1510? — Arch. conv ., 281, D, 59. 

La réduction ne mentionne d'ailleurs pas les deux donations faites par 
Catherine Lombaerts, veuve de Robert van Stroobeek, chacune de cinq 
florins rhénans au profit de la messe du jeudi, — Arch. conv . 283, D, 61, 
quittance du 4 sept. 1529. — Cette dernière messe se célébrait avec grande 
solennité, et était enrichie par la bulle de Léon X, du 20 décembre 1519, 
d’indulgences importantes. 

La réduction ne fait pas mention, non plus, d’autres fondations, faites, 
il est vrai, après l’achèvement des travaux, dont nous relevons des traces 
ailleurs. 

Ce sont: 

la fondation Marguerite de Cordes, veuve de Philippe Tasse, do 15*8, 
qui fonda une messe quotidienne. — Arch. conv. 285, C, 63; 

la fondation Barbe Tasse, en 1566, augmentant le capital donné par 
sa mère, — Arch. conv., 288, D, 66; 

la fondation André Maurrique ou Merrieck, demandant une prière le 
jour de Saint-André. — Arch. conv , 287, D, 65. 


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— 34 


Par lettre du 10 mnrs 1518, les religieux accordent aux 
Sœurs noires une pince * in onse niemve kerke aen de 
« Suyt syde gehek die nu daer ghesticht is, om den dienst 
» Gods daer te lioore en dat in récompense van een seker 
- stede die sy over mcnich jaer pleghen te hebben in 
» onse ruinose kerke ende oock voer seker ander benefi- 
» ciën, die sy ons bewesen hebben, sonderlinghe xvant sy 
» tôt voertganck van onser nieuwer kcrcken huer ducclit 
» ende charitate ons ghedaen hebbe » ('}. 

Telle était la situation au moment où éclata la révolu¬ 
tion religieuse du xvr siècle. Ella arrêta net, pendant 
quelque temps, le développement de la communauté. 

Les Sœurs noires, cependant, eurent moins à souffrir 
de la tourmente que les autres communautés religieuses. 
Tandis que les Protestants, maîtres d’Anvers, expulsaient 
de la ville, ou du moins de leur couvent, tous les autres reli¬ 
gieux et religieuses, ils se contentèrent, en considération 
des innombrables services rendus par les Sœurs, de leur 
intimer l’ordre de quitter les habits de leur congrégation, 
sans les inquiéter davantage dans la paisible possession 
de leur maison, ou le libre exercice de leur charité. 

- Le même jour -, relatent, dans leur procès-verbal, les 
commissaires de la ville, « s’étant aussi transportés chez 
» les Sœurs noires, où, vu que les mêmes sœurs étaient 
« habillées d’un costume laïc, ils ont notifié les décisions 
» prises à l’égard de la dite maison et concernant la sup- 
^ pression du culte romain. Ils leur ont laissé la pleine 
» possession du dit couvent puisque ce sont des personnes 


(1) Archive* conventuelles , 142, B, 42. 


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— 33 — 


» qui, en de multiples occasions, rendent service aux ma- 
» lades et à la ville »* ('). 

La charité des Sœurs noires trouvait d’ailleurs d’autant 
plus souvent l’occasion de s’exercer que les maladies con¬ 
tagieuses étaient fréquentes à cette époque. 

Aussi les voyons-nous jouir de la protection et de toute 
la faveur du magistrat, du gouvernement et de la popu¬ 
lation. 

En 1020, les Sœurs noires présentèrent aux archiducs une 
requête demandant l’exemption de l’impôt sur les bières 
et le vin. 

Les suppliantes faisaient valoir qu’elles n’avaient pour 
vivre que ce qu’elles gagnaient du travail de leurs mains 
en assistant et en gardant les malades, et que, d’autre part, 
elles étaient soumises à toutes les impositions dont les autres 
ordres mendiants étaient exempts. 

De l’avis du magistrat, les souverains, par apostille du 
19 octobre 1020, signée do l’archiduc Albert, accordèrent 
la faveur demandée (*). 

La ville de même, en 1005, s’engagea à payer aux Sœurs 
noires une pension mensuelle de douze florins, « moycn- 
« liant le service gratuit des pauvres, mils (Hennirie den 
« arme voor niel »» (■'). 

Dès ce moment nous voyons le magistrat réquisitionner 
à plusieurs reprises les religieuses pour le service des 
pestiférés (*). 


(1) Graf- en Gedenkschriften der provincie Antœerpen, IV, CCVIIl. 

(2) Archives conventuelles, 419, F, 34. 

(3) Archives conventuelles , 432, F, 47. 

(4) Archives conventuelles , 434, F, 49. 


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— 30 — 


La tradition du couvent, relevée dans une supplique 
adressée à Dargonne, veut qu’un grand tableau, peint 
par Hellemont, et représentant douze sœurs agenouillées, 
favorisées d’une apparition du Sauveur crucifié, ait été 
donné à la communauté en récompense de services ren¬ 
dus durant une épidémie. Toujours est-il qu’à diverses 
reprises la ville crut devoir reconnaître le dévoument des 
religieuses par des largesses. 

A la fin du xvn® siècle, la maison avait droit, de la part 
de la ville, à une pension de cent cinquante-six florins, à 
cent vingt-six florins pour acheter de la bière, et à dix- 
huit florins, payables au mois de janvier, pour bois de 
chauffage ('). 

En même temps qu’elles obtenaient les faveurs des pou¬ 
voirs, les Sœurs noires continuèrent à jouir de la bien¬ 
veillance do leurs concitoyens. Celle-ci se manifesta par 
d’abondantes aumônes, qui permirent aux religieuses d’ache¬ 
ver les constructions interrompues pendant l’époque des 
troubles. 

Pendant tout le xvu e siècle, en effet, les religieuses ne cessè¬ 
rent d’ajouter de nouvelles bâtisses aux anciennes construc¬ 
tions. Elles joignirent d’abord, en 1008, par une nouvelle 
construction les deux ailes des anciens bâtiments (*), formant 
ainsi un vaste carré, au centre duquel elles continuèrent à 
avoir un cimetière. Puis elles élevèrent une infirmerie 
destinée aux sœurs atteintes de maladies contagieuses ( :< ), 


(1) Archives conventuelles , 433, F, 48. 

(2) Inscription dans la façade, mise à jour récemment. 

(3) Archives conventuelles , 154, B, 54. 


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— 37 — 


un lavoir pour les effets des malades ('), et une nouvelle 
cuisine (*). 

A cet effet, les sœurs détachèrent des parties de jardin 
de plusieurs maisons, situées derrière ou à côté du cou¬ 
vent, qu’elles avaient achetées (■'). 

Le 27 juin 1033, elles acquirent aussi de la.part des Domi¬ 
nicains une grande maison située rue des Sœurs noires, 
dite 1er Tholen, et, quelque temps après, une propriété 
en face du couvent, appelée: de Hclm. Ces deux proprié¬ 
tés se trouvaient encore aux mains des sœurs lors de 
l’invasion française. 

Au xvu e siècle aussi la communauté acquit de multiples 
titres de rente tant sur les Etats de Brabant et de Flan¬ 
dre, et sur la ville, que sur une foule d’institutions, Mont- 
de-Piété, métiers des brasseurs, et autres. 

Jamais, en un mot, la situation matérielle ne fut plus 
prospère. 

A la fin du xvu e siècle déjà, cependant, un revirement 
se produit. 


(3) Archives conventuelles , 153, B, 53. 

(4) Une inscription, à la cuisine, porte: 

S p Elisabeth Vbrsmissen 
Mordek onwbbrdigh A 0 1678. 

(5) Notamment la maison s' H&'togenbosch , située à côté du couvent, ainsi 

que deux maisons do moindre importance, et une maison sise derrière le 
couvent. Nous ne savons quand l'acquisition de ces maisons fut faite. Nous 
ne possédons d'autres documents qu'une note énumérant les propriétés non- 
amollies possédées par les sœurs, et en proposant l'abandon. v 

L’abandon eut lieu probablement, et en même temps que les maisons, les 
sœurs transmirent au nouveau propriétaire toutes los archives qui les con¬ 
cernaient. 


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— 38 — 


En Ire les années 1077 et 1080, les titres du couvent à la 
subvention de la ville furent soumis à un rigoureux exa¬ 
men. I,e magistrat, par l’organe de son secrétaire, André 
Valckenisse, demanda même communication des anciennes 
archives et des anciens statuts ("). Les services rendus ne 
purent balancer dans l’esprit des gouvernants les exigences 
des finances en déroute: l’ordonnance Caroline, du 13 avril 
1081, supprima l’aumône accordée par la ville (*). 

Pendant le siècle suivant, les décrets sur les biens des 
gens de mainmorte vinrent à leur tour jeter l’émoi dans 
la communauté f). 

Le décret du 10 septembre 1753, sur les biens des commu¬ 
nautés laïques ou ecclésiastiques, portait que toute acqui¬ 
sition d’immeuble ou de rente irrédimible faite par des 
gens de mainmorte, sans octroi préalable, devait être, aux 
termes des anciennes ordonnances, considérée comme illé¬ 
gitime, nulle et sans valeur. Les biens acquis par achat 
devaient être rendus aux anciens propriétaires moyennant 
le remboursement du prix d’achat payé jadis, les biens 
acquis par donation retournaient sans dédommagement aux 
donateurs ou à ses ayants droit. 

Le décret, toutefois, suscita de telles réclamations de 
la part du clergé que le gouvernement fut acculé à des 
concessions. 

Sans se préoccuper davantage des intérêts des anciens 
possesseurs, il se déclara prêt à accorder des lettres d’amor¬ 
tissement, moyennant le paiement de droits très élevés. 


(1) Archives conventuelles , 431, F, 46. 

(2) Placaertboek r an Brabant , VI, 236. 

(Z) Voyez sur ce décret et son application : J. Laknkv. Le Ministère de 
Botta-Adoran dans les Pays-Bas autrichiens pendant le règne de. Marie- 
Thérèse (1749-1703). Anvers, 1901; pp. 233-243. 


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— 39 - 


Les gens de mainmorte saisirent avec empressement cette 
planche de salut. 

Les Sœurs noires, qui possédaient sans lettres d’octroi les 
maisons Ter Tholen et de Helm, furent, elles aussi, heureu¬ 
ses de profiter de la transaction: elles obtinrent l'amortisse¬ 
ment ('), mais payèrent huit cents florins au gouvernement 
et des honoraires élevés aux différents agents qui s’étaient 
mêlés de l’affaire (*). 

Ces quelques revers, cependant, ne purent entamer la 
prospérité de la maison. 

Lors de la Révolution brabançonne, les Sœurs noires se 
joignirent avec enthousiasme au mouvement patriotique et 
s’engagèrent à faire les frais d’un canon ( :i ). 

De même, quand, en 1794, l’empereur fit appel aux habi¬ 
tants des Pays-Ras et à leur générosité pour le soutenir 
contre les Français, les religieuses contribuèrent à la sous¬ 
cription nationale par un don de mille cent et soixante- 
six florins ( 4 ). 

Pendant les deux siècles qui venaient de s’écouler, la 
situation matérielle n’avait pas seule été brillante, le 
nombre des religieuses n’avait, lui aussi, cessé de croître. 

Les sœurs, qui en 1486-1487 n’étaient que quatorze pro¬ 
fesses et deux novices, étaient au nombre de trente et une 
religieuses en 1682 ( 1 2 3 ) et de quarante en 1722 ('•). 

(1) Archives conventuelles, 232, D, 30. 

(2) Archives conventuelles, 230, D, 28. 

(3) Mkrtkns en Torfs. Aanhangsel, 110. 

(4| Mkrtkns on Torfs. Aanhangsel, 117. 

(3) Archives conventuelles, 201, D, 69. 

(0) Archives conventuelles, 427, F, 42. 


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— 40 - 


Lors de l’invasion française, en 1708, elles étaient au 
nombre de trente-cinq professes et trois novices. 

A la tète de la communauté se trouvait en ce moment 
Isabelle Vekemans, femme courageuse et prudente, dont 
l’intelligence et le savoir faire sauva la communauté de 
la dispersion ('). 

Elue mère à la veille des grandes perturbations, le 3 
avril 1701, elle garda la direction de ses consœurs jus¬ 
qu’après la conclusion du concordat. Résine De Groof lui 
succéda le 20 juin 1804. 

La malheureuse bataille de Fleuras venait de livrer nos 
provinces aux républicains français. Le 28 juillet 1704, la 
République fit savoir aux Belges qu’ils étaient frappés d’une 
contribution de guerre de quatre-vingt millions. Anvers, 
pour sa part, eut à verser dix millions. Ceux-ci furent 
distribués sur les habitants aisés et sur les corporations 
tant laïques qu’ecclésiastiques. 

Les Sœurs noires se trouvèrent frappées d’une imposi¬ 
tion de vingt-cinq mille livres! L’ordre leur arriva le 24 
août: trois jours après la somme devait être versée. A 
peine cette première somme fut-elle recueillie, qu’une nou¬ 
velle taxe de même importance vint une seconde fois jeter 
l’émoi dans la maison. « En alweder gezien waar vij het 
« kosten krijgen, » dit le journal de la mère Vekemans, « en 
- alweder gegeven al in hoop dat wij zouden mogen blÿven 
* in het klooster: maar al niet geholpen. * 

Pendant quelque temps, cependant, les Sœurs noires purent 
espérer que la République leur serait moins cruelle qu’aux 
autres religieux. Le 23 pluviôse de l’an V (il février 1797), 


(1) Archives provinciales. Culte, période française, 87, 2. 


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— 41 — 


un arrêté du Directoire exécutif excepta provisoirement de 
la suppression ordonnée parla loi du 15 fructidor de l’an IV, 
les religieuses connues sous la dénomination de Sœurs noires, 
sauf pour celles-ci à quitter le voile et le scapulaire ('). 

La décision fut notifiée à la communauté d’Anvers, le 
10 février : « dan liebben wij een brief gekregen dat wij 
s met ons nonnenkleeren of schapulier niet meer mochten 
op straat komen op straf van op het tuchthuis gczet 
" te worden : al wedcr gehoorzaam gcweest « ( J ). 

Au mois d’octobre, par ordre de Dargonne, les religieuses 
envoyent une notice sur leur congrégation et le but de 
leur institution. Elles y font valoir les services qu’elles ren¬ 
dent depuis des siècles et ne cessent de rendre f 11 ). 

Le farouche républicain ne se laissa pas fléchir: un mois 
après un nouvel ordre défendit aux religieuses de porter 
plus longtemps l’habit noir : « alweder hun voldaen en 
» wereldlijke kleeren gemaakt » ('). 


(1; Archives provinciales , Culte, période française, 8G, 3 (Inventaire, II, 
p. 13). 

(2) Archives conventuelles , 157 a , B, 57 a ; notes de la mère Vekemans. 

(3) Archives provinciales , Culte, période française, 79, 15 (Inv. Il, 31). 

(4) Archives conventuelles , 157 a , B, 57 a . Voici comment, de son style 
naïf et plein de vie, la mère Vekemans raconte dans son journal les péri¬ 
péties do cotte longue persécution : 

Den 24 en Augusti, dan hebben wij weer een brief tbuis gekregen van 
vijf-en-twintig duizend livres, op drie dagen te betalen of wel met de dood 
gestraft te worden. Wij hebben dat gegeven en rond geloopen tôt dat wij 
bet hadden. 

Op den 26-° Octobor, dan hebben wij weder een brief tbuis gekregen 
nls dat wij al ons silver van de kerk en van het huis moosten inbrengen 
in de Zilversmidskamer ; dat hebben wij alweder gedaan. 

Dan alweder een brief van vijf-en-twintig duizend livres; alweer gezien 
waar wij het kosten krijgon en alweder gegeven, al in de hoop dat wij 
zoudcn inogen blÿven in het klooster. Maar al niet geholpen. 

In bet jaar 1795, dan hebben wij alweder brieven tbuis gekregen dat wÿ 


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Ce fut le prélude de la suppression. Le 20 janvier 1708 
des commissaires français se présentent au couvent pour 
dresser une liste des sœurs et un inventaire de tous les 
biens, meubles et immeubles. 

La mère Vekcmans n’avait pas attendu cette visite pour 
mettre à l’abri tout ce qui pouvait facilement s’emporter. 
A la sacristie les commissaires ne trouvèrent qu’un seul 
ornement sacerdotal: le jeu même des orgues, comme 
le note l’inventaire, avait été emporté ('). Il en était de 
même de nombreux titres de rente ( 2 ) et des archives de 
la communauté. 

moesten pôtasie leveren voor het hospitaal ; dut hebben wij alwedor gegeven. 

In J uni 1705, dan bebbon wij alwedor oon brief gokrogon dat wÿ tien 
zakken graen moesten leveren, die heb ik moeten 7 g. ÎO st. betalen, het 
veertol, alweder vijf en zeventig guidon; nog al niet content. 

Den ô cn Juni 1706, dan hebben wij een officier gekregen met twee kin* 
deien: bet waren twoe zonen met een leermeester daarbij en een kneclit: 
die hebben wij elf mianden gelogoert. Die moesten drie kamers hebben, 
wij liebben die gegeven, de drie kamers naast den hof; nog al niet content. 

Den 16* ,n Februari 1707, dan bebbon wij een briof gekregen dat wij met 
ons nonnenkloeren of schapulier niet meer mocbten op straat komon op 
strnf van op bot tuchthuis gezet te worden ; al wedor gehooi*zaam geweest. 

Op 2<>* n September, dan hebben wij verbod gekregen van geen mis meer 
to laten lezen. 

Den 28 en is ons kerk gesloten on al do parocbiën en kloosters der stad. 

Op den 12 an November hebben wij een brief gekregen dat wij ons zwarte 
kleeren niet meer mochten dragon : al weder hun voldaan en wereldlijke 
kleeren gemaakt. 

Den 26 ru Januari 1798, dan hebben de Franschen do bookon en do kork 
en al dat daer was opgeschreven. 

(1) Archives conventuelles , 158, B, 58. Inventaire des effets qui se trouve 
(sic) dans l'église des Sœurs noires. 

(2) Archives conventuelles , 207 à 361, D, 75 à 73 et E, là 17. 

Den 15 tn Maart 1708, continue le journal do la mère Vekcmans, zijn wij 
uit ons kloostor mot vijf-en-zoventig man ruiter militair uitgedreven op 
een schandeleuze manier. Zij kwamen met tien man in het klooster en 


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— 43 — 


Les vieilles sœurs et les malades avaient, elles aussi, 
abandonné la maison et s’étaient réfugiées dans l’allée des 
Orfèvres. 


Le 15 mars suivant, Dargonne, accompagné de soixante- 
quinze cavaliers, intime au nom de la République aux 
religieuses l’ordre de quitter le couvent. Elles refusent, 
et les soldats les expulsent de force. 

Toutes alors se réunissent dans l’allée des Orfèvres, où 
elles demeurèrent jusqu’au mois de septembre 1800. 

Quant au couvent, il fut vendu à un particulier le 15 
avril 1798 ('), moyennant neuf cent quatorze livres. La ville 
le racheta, le 29 mars 1808 (*), et y ouvrit le mois d’octobre 


hun compliment was niet and cri als » Canali, hier uit », of wÿ zeiden 
wij gaan hier niet uit of wij protesteerdon of niet, daar was niet aan te 
doen. De zusters die daar in waren, en de mooder dat was zuster Isabella 
Vekernans, die toon moeder was, en de keukenzuster, zuster Henrica Govaers, 
zuster Augustina Nijs, zustor Angola Wynants, zuster Marjan Verlieyck, 
zuster Maria van Roey, en de novice Elisabeth Hendericx. Als wÿ uit 
het klooster gejaagd zijn dan zoudon de soldaten ons wel op de veemarkt 
g*yaagd hebben, gelijk de ossen, de geburon die in ons huis woonden 
die sloten de deur toe. Dan ben ik bij Dargonne gegaan die ondor de 
jongens stond, en die het woord godaan heeft, die toon oppermacht had, 
of de moeder met baar zusters geoorloofd was in lande te gaan : dat heeft 
hij toegestaan. Jufvrouw Verhoeven was aan de poort, die heeft ons komen 
inbalon, als zÿ gevraagd had: mag ik die ongelukkigon in mÿn huis 
brengen; dat heeft hij ook toegestaan, dan hebben wij daar biijven eton 
met ons acht, daar zij nooit geld voor begeerd heeft. Dan heeft Dargonne 
vier soldaten voor een straf gezonden, omdat Baes Verhoevon ons in zijn 
huis genomen had. 

Dan zijn wÿ allen in den Zilversmidsgang bÿeen gegaard zooveel als 
wij konden. 

(1) Mkrtbns en Torfs. Gesch. van Antio., Aanhangsel, 202. 

(2) Archives conventuelles , 166, B, 66; acte de vente du 29 mars 1808. 


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— 44 — 


suivant une école secondaire. Après la bataille de Waterloo 
les locaux furent convertis en hôpital pour les blessés, qui 
y furent soignés par les Sœurs noires mêmes ('). 

En effet, il en fut de ces dernières comme des Sœurs 
hospitalières. 

La loi les supprimait, mais on ne pouvait se passer de 
leurs services; on les chassa de leur couvent, mais l’on 
ne demandait pas mieux que de les voir continuer leur 
mission humanitaire. 

Pendant le gouvernement du Directoire et du Consulat, 
la communauté ne fut ni dissoute, ni dispersée. 

On ne les inquiéta autrement qu’en demandant de temps 
à autre des états du personnel et des revenus. Enquêtes 
auxquelles, d’après l’expression typique du journal île la 
mère Vekemans, on répondait: « met discretic (*}, » c’est- 
à-dire, de façon passablement inexacte. 

A l'époque du concordat la communauté semble même 
avoir songé à racheter son couvent. Les archives, en effet, 
renferment une supplique authentique revêtue des signa¬ 
tures de plusieurs sœurs, adressée au Vicariat d’Anvers, 
demandant de pouvoir dans celte intention conclure un 
emprunt. La supplique, fort probablement, ne fut jamais 
expédiée ( 1 2 3 ). 


Le 2 germinal de l’an V, Madame, mère de l'empereur, 
fut nommée protectrice de toutes les maisons des Sœurs 


(1) Archives conventuelles , 170, C, 1 ; requête au roi Guillaumo I, 1815. 

(2) Archives conventuelles , 177 a , B, 77 a . 

(3) Archives conventuelles , 103, B, 63. 


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— 45 — 


de charité vouées à la visite des pauvres à domicile et 
des Sœurs hospitalières, existantes dans l’empire. Le décret 
fut communiqué à la communauté de l’allée des Orfèvres, 
par lettre du conseiller de préfecture van Pelt, le 12 floréal 
de l’an XIII (2 mai 1805). « Vous devez donc, ajouta la 
» lettre, Madame, demander avec confiance tout ce que 
» vous croyez utile pour la réunion des filles pieuses qui 
» sont sous votre direction et vous êtes assurée de l’ob- 
« tenir » ('). 

Le 23 du même mois, la mère et les religieuses deman¬ 
dent leur rétablissement dans un local plus vaste, l’au¬ 
torisation de former de nouveaux sujets et celle d’accepter 
des legs. Malheureusement pour elles, la lettre devait passer 
par les mains du préfet d’Herbouville, qui loin d’appuyer 
leur demande, se prononça dans sa lettre au ministre pour 
le rejet de la supplique (*), à moins de soumettre la mai¬ 
son au régime des hôpitaux sous la surveillance du comité 
des hospices civils. 

Nous ne voyons, d’ailleurs, pas qu’il y ait eu une déci¬ 
sion quelconque. 


D’Herbouville, d’autre part, quitta peu après la préfecture 
et fut remplacé par Cochon. Grâce à la protection du maire 
Werbroeck et du conseiller de préfecture van Pelt, les 
sœurs purent, au mois de novembre de la même année, 
reprendre le voile et le scapulaire, et au mois de février 
suivant, la sœur Pauline van der Houweren, qui se dévouait 


(1) Archives conventuelles , 189, C, 20. 

l2) Archives provinciales , Culte, période française, 86, 11 (pièce non men¬ 
tionnée dans l'inventaire imprimé). 


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— 46 — 


en la famille du maire, obtint de celui-ci l’autorisation de 
remettre l’ancien costume et la robe noire ('). 

Protégée, sous cape, du moins, par la municipalité, la 
communauté reprit une vie régulière, des novices furent 
reçues, on émit les vœux, on procéda au choix de la mère, 
sans que le maire se soit jamais mis en tète de troubler 
en quoi que ce soit la tranquilité des sœurs. Et quant aux 
états de personnel et du matériel qu’on exigeait périodi¬ 
quement, on se contenta des plus vagues déclarations. 

La municipalité protégeait les sœurs. 

C’est ce qui les enhardit jusqu’à acheter, en 1800, une 
grande maison en la courte rue Coppenol ou Bourse an¬ 
glaise. L’acte de vente, il est vrai, daté du 9 avril 1800, 
est rédigé au nom de Jacques Cuylits, mais celui-ci, par 
acte du 27 août de la même année, déclare n’avoir aucun 
droit sur la dite maison, dont la propriété appartient plei¬ 
nement et entièrement à Résine de Groof, Aldegonde van 
Eyndhoven et Claire van Roy (*). 

Le premier juillet de la même année, la communauté 
se transporta dans sa nouvelle demeure; le premier août 
y fut célébrée la première messe : les sœurs possédaient 
un nouveau couvent! Nouvelle maison, qui ne leur fit pas 
oublier, cependant, les charmes des vieux murs où vécu¬ 
rent leurs mères dans la vie religieuse et où elles ne son¬ 
geaient qu’à rentrer. 

En 1815, les sœurs présentèrent une supplique en ce sens 
au roi Guillaume. Dans un long mémoire les religieuses 

(1) Ibidem , 81, 11, lettre du préfet au ministre, 1 Fructidor, an XIII. 

(2) Archives conventuelles, 164, B, 64. 


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— 47 — 


faisaient valoir les innombrables services rendus par elles 
pendant une existence plusieurs fois séculaire, elles rele¬ 
vaient la protection que les pouvoirs leur accordaient jadis, 
les nombreux bienfaits qu’elles obtinrent de la ville en 
récompense de leur dévouaient, elles insistaient sur les 
services rendus pendant la période française et plus 
récemment encore en soignant les blessés de la bataille 
de Waterloo, enfin, les religieuses exposèrent que leur 
ancien couvent était complètement inoccupé et sans desti¬ 
nation ('). 

La requête, malgré l’appui que lui accorda l’autorité 
communale et les certificats de services rendus, délivrés 
par le maire H, n’obtint qu’un refus formel (•'). 

Le régime hollandais, d’ailleurs, fut plus intraitable encore 
que la domination napoléonienne. 

A diverses reprises nous voyons les autorités insister 
sur l’exacte observance des lois qui défendaient les vœux 
perpétuels et la réception de novices par les maisons 
religieuses qui n’auraient pas soumis leur règle à l’appro¬ 
bation du gouvernement ( 1 2 3 4 ). 

Le 19 août 1820, l’autorité alla jusqu’à menacer la com¬ 
munauté de dissolution en cas où des novices prononce¬ 
raient des vœux perpétuels ( 5 ). 

Redoutant, avec raison, l’intolérance protestante, les Sœurs 


(1) Archives conventuelles , 170, C, 1. 

(2) Archives conventuelles , 191, C, 22. 

(3) Archives conventuelles , 171, C, 2. 

(4) Archives conventuelles, 192, C, 23. 

(5) Archives conventuelles , 196, C, 27. 


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— 48 — 


noires se décident à soumettre leurs statuts à l’autorité 
laïque et à demander l’approbation. 

Celle-ci fut accordée par décret royal du 21 octobre 
1821 ('), et quelques mois après, le directeur général du 
culte leur envoya des statuts approuvés (*/. 

Désormais la communauté a le droit de vivre, mais à 
quelles conditions! Le gouvernement non seulement pré¬ 
tendit prendre connaissance de toute la gestion matérielle 
de la communauté, mais il voulut encore soumettre à son 
contrôle la direction spirituelle de la maison. 

En revanche une nouvelle requête des Sœurs noires pour 
obtenir l’autorisation de racheter leur immeuble reçut une 
réponse favorable. 

En vertu d’un décret royal du ii mai 1823, la ville trans¬ 
féra aux Sœurs noires la propriété de leur ancien couvent, 
en échange de leur immeuble de la Bourse anglaise et 
d’une somme de quatre mille florins ( 1 2 3 ). 

Le 28 août de la même année, après une absence de 
seize ans, les Sœurs noires rentrèrent dans leur ancien 
asile. 


Abbé Joseph Laenen. 


(1) Archives conventuelles , 199, C, 30. 

(2) Archives conventuelles , 200, C, 31. 

(3) Archives conventuelles , 182, C, 13. 


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SUPPLÉMENT A L’OBITUAIRE DES SŒURS NOIRES 


PUBLIÉ DANS LKS 

Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers, IV, 500 à 505. 


DIRECTEURS SPIRITUELS : 


1512 O Egidius... 

1514 Gilles de Leeu. 

1533 Martin de Cuyper ou Cuperus, devint évépie suffnigant de 
Cambrai. 

Tous trois étaient prieurs des Carmélites à Malincs. 

MÈRES : 


1462 Marie Paens. 

1464 Elisabeth... 

1466 Marie Van Diest. 

1473 Claire van den Steen. 

Elle était medemoeder en 1464, nous la rencontrons pour 
la première fois comme mère le 7 juin 1473. Elle mou¬ 
rut le 9 août 1508. 

1505 Elisabeth Aerts, fille d’Arnout Henrickx de Wilmarsdonck, 
était sœur professe en 1487, elle se rencontre pour la pre- 

(1) L’année notée en marge est celle en laquelle nous avons trouvé citée 
pour la première fois la personne en question. 


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- 50 — 


mière fois comme mère en 1505; lo 4 septembre 1529 elle 
porte le titre de oiuhnocdcr. Elle mourut le 12 mars 1530, 
après avoir gouverné la maison pendant vingt-quatre ans. 

1529 Adrienne Hems ou Heemsens, dite Thys. 

Déjà en 1519 nous rencontrons Adrienne Hems comme sacris¬ 
tine, charge qu’elle reprend en 1532. Elle vivait encore 
en 1548. 

1532 Adrienne van Riel, fille de Léonard d’Anvers. 

Elle était encore mèro en 1563. 

SŒURS ET NOVICES: 

1487 Anne Swaleven, morte avant 1512. 

Elisabeth van Olmen, morto avant 1512. 

Pétronille Spierincx, morto avant 1512. 

Barbe van Sorbeke, morte avant 1512. 

Gertrude Bertels, morte avant 1512. 

Marie van Bosschoven, morte avant 1512. 

Catherine Wouters, fille de Gauthier, de Schilde. 

Hoilwig Smalleveren, morto avant 1512. 

Catherine Jordaens, fille de Jean Jordaens, d’Anvers. 
Christine Hinckelinghen, morte avant 1512. 

Catherine Willems, fille de Jean, de Matines. 

Elisabeth Costers, novice. 

Marguerite Moesmans, novice. 

1512 Christine, fille de Guillaume Adriaen, d’Anvers. 

Jeanne, fille de Jean van Bernagye, d’Anvers. 

Catherine, fille de Gommaire van Nyssche, de Lierre. 
Marguerite, fille de Mathias de Weerdt, de Nispen. 

Marie, fille de Jean Baudewyns, de Breda. 

Christine, fille de Jean Frans, d’Anvers. 


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— 51 — 


Josine, fille d’Engel de Belle, de Moerbeke. 

Marguerite, fille de Pierre van Beveren, d’Asseye. 

Corneille, fille de Jean Mathys, de Beirendrecht. 

Pétronille, fille de Jean Eghdorens, d’Anvers. 

1519 Catherine Barbiers. 

Catherine Mertens. 

Marguerite van der Natten. 

1529 Elisabeth Adriaensen. 

Catherine Willerasens. 

1532 Catherine Thys. 

1537 Livine Sceppers. 

1517 Jeanne Barbiers. 

1549 Adrienne Stappers. 

Adrienne Heulcais. 

1550 Anne Hermans. 

Jeanne de Cleyne. 

1570 Ursule de Leeuwe. 

1589 Marie Glas. 

Marie Custers. 

Adrienne van Wilde. 

Marguerite van Bosch. 

1610 Suzanne Hanwagens. 

1649 Adrienne Henscars. 

1650 Anne Jacobs, mourut après 53 années de profession au mois 

de mars 1650. 

1661 . van Hoegherde. 

1606 Catherine Ootens (religieuse?) 

. Hermans (Anne Hermans? Cfr. 1556). 

1669 Marie Le Bain. 

1673 Catherine van Woudt 

Marie Hermans, du Limbourg. 

Marie van de Vorst (religieuse?) 

1679 Elisabeth do Lauwe. 

1682 Marie van Dooge. 


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oz — 


Elisabeth van Nonkel. 
Catherine de Neuter. 
Elisabeth Lelieboora. 
Paschale Hoels. 

Antoinette Vostermans. 
Anne van den Eynde. 
Josine Bout. 

Catherine Verraeeren. 
Gertrude Willeras. 

Marie Nieuwlant. 

1682 Anne van Geertbergen. 
Barbe de Cuyper. 

Claire de Me ter. 

Monique Hagevouwt. 
Jacomine van der Bruggen. 
Thérèse Lefeber. 

Catherine Schaers. 
Marguerite van Bock. 
Elisabeth van den Wiel. 
Anne Claens. 


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VARIE EX PRESSA LTNGVIS ET OHARACTERIBVS 

raras ornaincnus.vmbns, «Sereceflibus, 


Ciementi.s *®rreti ®ruxell 


















CLÉMENT PERRET, 

CALLIGRAPHE BRUXELLOIS Dl XVI' SIÈCLE. 


Clément Perret est l’auteur de deux recueils de modèles 
d’écriture publiés en 1509 et en 1571, et intitulés respec¬ 
tivement: Exercilatio alphabetica et Eximiae peritiae alpha- 
betum. 

Chargé de lui consacrer une notice dans la Biographie 
nationale, j’ai ôté heureusement surpris de constater que, 
malgré leur peu de notoriété, ses oeuvres présentaient un 
réel intérêt. 

Elles m’ont môme paru dignes de faire l’objet d’une 
étude détaillép, et, comme les proportions de la Biographie 
nationale s’opposent aux longs développements, je publie 
ici ce travail dont un résumé succinct seulement a paru 
dans la publication académique ('). 

Le seul de nos anciens biographes qui mentionne Clément 
Perret est Sweertius, dont voici la courte notice : 

- Clément Pèrret, Bruxellois, vécut au temps du duc 
d’Albe, quand celui-ci remplissait en Belgique les fonctions 
de vice-roi. Il ne le cédait à personne dans l’art d’écrire 
à tel point qu’il remporta la palme sur tous les maîtres 


(1) Biographie nationale , t. XVII, l r fascicule (Bruxelles, 1902), col. 63-65. 


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— 54 — 


d’école de Belgique. Il existe de lui une Evercilalio alpha- 
betica... publiée à Anvers en 1509 » (*). 

C’est de ce texte que dérive l’article du dictionnaire de 
Jôclier ( 2 ). 

Parmi les nombreux ouvrages modernes où il y avait 
chance de rencontrer le nom de Perret et que j’ai consultés, 
Nagler, Schoÿ, Guilmard, M. Rooses et Bradley sont les 
seuls qui le mentionnent. 

Dans ses Monogrammisten , Nagler lui attribue le mono¬ 
gramme: C. P., que je n’ai pu retrouver dans les œuvres 
de Perret, et lui consacre la note suivante: 

« Clément Perret, maître d’écriture bruxellois, travaillait 
à Paris de 1500 à 1570. Nous possédons de lui l’ouvrage 
suivant: Exercitatio alphabetica — Clementis Perreti 1509. 
34 modèles gravés, qui se rencontrent rarement, pet. in¬ 
fol. » ( 3 ). 

(1) - Ci.emens Pkrretus, Br uxellensis, vixit temporo Ducis Albani dum in 
Belgio pro-regem agerot. In ai te scribendi nulli secundus, ita vt omnibus 
Belgij ludimagistris palmam præripuerit. Huius exstat. 

Exercitatio Alphabetica nova & vtilissima, varijs expressa linguis, & 
cbaracteribus, raris ornamentis & vmbris & recossibus, picturæ architecUi- 
ræque admirabilis, Antverpiæ anno 1569. • 

Fh. Swkertius, Athmœ Belgicœ (Anvers, 1628), p. 119. 

(2) “ Perret (Clemens), ein Scbreibemeister von Brüssel, lobte in der 
andern Helffte des 16 Seculi zu des Hertzogs von Alba Zeiten, und gab 
zu Antwerpon 1569 Exercitationem alpbabeticam in versebiedenon Spracben 
heraus. Sw. « 

Chr.-G. Jucher, Allgemeines Gelehrten-Lcxieon, t. III (Leipzig, 1751), 
col. 1401-1402. 

(3) “ 539. Ciemons Perret, SchreibmeUter von Brüssel, war um 1560 
C. P. bis 1570 in Paris tbatig. Wir habon folgendes Work von ihm : Exer¬ 
citatio alphabetica Clementis Perret 1369. 34 gestoebono Vorscbriften, welcbo 
selten vorkomnen, kl. fol. 

G.-K Nagler, Die Monogrammisten, t. II (Munich, 1860', p 208. 


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— 55 — 


Schoy, qui ne semble pas avoir vu l’œuvre, se borne à 
dire: « N’oublions pas, en terminant, les entourages des¬ 
tinés aux modelés calligraphiques du Bruxellois Clément 
Perret, imprimés en 1559 » (') ; il faut évidemment lire 1509. 
Guilmard (*), lui, a compris le grand mérite artistique du 
recueil; mais il orthographie mal le nom de Perret, et se 
trompe quand il constate à regret que nous ne connais¬ 
sons pas le nom du dessinateur; celui-ci n’est autre que 
Perret lui-méme, comme l’indique expressément le titre de 
Y Excrcitalio nîphabelica. 

Dans son grand ouvrage sur Christophe Plantin, M. 
Rooses reproduit le dernier feuillet de XExercitatio, con¬ 
tenant le privilège accordé à Plantin, et qualifie de « cliar- 


(1) Aug. Schoy, Histoire de Vin fluence italienne sur V architecture dans 
les Pays-Bas, dans les Mémoires couronnés in-4° do l’Académio royale do 
Belgique, t. XXXIX, 2 e partie (Bruxelles, 1879), p. 170. 

(2) - 31. PERRETR (Clément), de Bruxelles, 1569. 

Un volume in- folio oblong, contenant trente-cinq planches numérotées, y 
compris le titre ainsi conçu : Exercitatio alphabetica nota et utilissima , etc,, 
par Clementis. Perreti , Bruxellani. Publié à Anvers par Plantin , 1369. Ces 
pièces représentent des modèles d’écritures gravés par Conseille de Hooghe. 
Chacun de ces modèles est contenu dans de riches cartouches, genre Wries, 
ornés do grotesques, de cuirs enroulés et de découpures contournées; ils sont 
très variés et très riches de composition : c’est ce que nous avons vu de mieux 
dans ce genre. Malheureusement nous ne connaissons ni le nom du dessi¬ 
nateur, ni celui du graveur. Au milieu des ornements du haut du titre, on 
voit la marque de l’un deux, aTa. Cet ouvrage se trouve à la Biblioth. de 
Bruxelles. — Collection Bérard et Carré. 

L'exemplaire de la collection Foule porte lo privilège suivant: Regice Catho - 
licœ Maiestatis privata lege Bruxellis. Anno , Domini, MDLXIX die XIII 
febr. lata et firmata, J . de Langhe; sub graui muleta sancitum est, ne quis 
hoc Clementis Pereti opus imitetur, vel quoque modo imitation toto pro~ 
ximo sexennio citra Christophori Plantini r olunlatem distrabat. • 

D. Guilmard, Les maîtres ornemanistes (Paris, 1880), texte, p. 487. 


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— 50 — 


mantes » les planches dessinées, selon lui, par Clément 
Perret, et gravées sur cuivre par Corneille de Hooglie ('). 

Enfin, Bradley renseigne également, avec de grands 
éloges, YExercitatio , en estropiant le titre et en indiquant 
erronément une édition de 15QG; il compare les ornements 
à ceux de Théodore de Brv (*). 

On aura remarqué qu’aucun de ces auteurs ne mentionne 
le second recueil de Perret, d’ailleurs incontestablement 
plus rare que le premier. 

Toutes les données positives que nous possédons sur Clé¬ 
ment Perret nous étant fournies par ses deux publica¬ 
tions, il importe de donner une description de celles-ci: 

t 

(1) Max Rooses, Christophe Plan tin , imprimeur anversois (Anvers, 1882), 
p. 183, et pl. en regard. 

(2) - Perret Clbmbnt, Copyist. Sæc. XV. 

Lived at Brussels. 

Wrote ■ Exorcitatio alphabetica nova et utiliss. van'js expressa linguis et 
cbaracterib : raids ornainentis umbns et recessis, pictura Architecturaq. spe- 
ciosa. Nunquam anto hac édita. Clementis Perreti, Bruxellani, nondum 18 
annum egressi Indu stria. Anno 1569. • Foi. Antdorf, 1596. 4°. The 1569 ed. 
of tbis book is a thin oblong fol. The title page and every other page is 
surrounded with a very élégant cartel frame, with figures, grotesques, fruits, 
jewols, wreatbs, &c., in the manner of Theod. de Bry. It contains 34 folios, 
and is really a beautiful piece of work. Some of the frames, e, g. on folio 
5, are most élégant, and executed with the most careful précision of drawing. 
The copies of the text are in various languages; and the last folio contains an 
élégant and fanciful design in which the line of text is written in form of 
a strapwork or ribbon of words, twisted into a very élégant and sym- 
metrical design. Now in the British Muséum (556. b 1). » 

J.-W. Bradley, A dictionary of miniaturises , illuminators , calligraphers 
and copyists , t. III (London, 1889), p. 56. 


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UBS 






























— 57 — 


I. 

Excrcitaiio Alphabetica II Nova Et Vlilissima, Il Variis 
Expressa Lingvis Et üharacteribvs: Il raris ornamentis, 
vmbris, & reccssibus , Il picturce A rchitecturceque, speciosa: 
Il Nusquam ante hac Edita. Il Clcmentis Pcrreti Bruxel- 
lani. Il Nondum 18. annum egressi, lndustria. Il Anno. Il 
.1569. 

Pet. in-fol. obi., 34 ff. chiffrés, et 1 f. non chiffré pour 
le privilège concédé à Chr. Plantin, le 13 février 1509. Les 
feuillets mesurent 305 x 270 mm. Le filigrane du papier 
est un bouc avec une inscription donnant le nom du 
fabricant de papier, Simon Denis ('). 

Texte entièrement gravé. Chaque feuillet est encadré 
dans un cartouche ornementé. 

[Bruxelles, bibl. royale, fonds Van Hulthem, 8873; un 
autre exemplaire, à la section des estampes, moins beau 
comme tirage et incomplet des planches IX et XXIV. — 
Anvers, Musée Plantin. — Londres, British Muséum, 550. 
b. 1. — Berlin, bibl. du Kgl. Kunstgewerbe Muséum. — 
La bibl. nationale à Paris a possédé un exemplaire, mais 
il manque au département des imprimés, et doit avoir été 
transmis au département des estampes. 


IL 


Eximiœ Perilice Alphabelvm, Il complura graphica exem- 
plaria conlincns, iotidemque diuersarum II Literarvm Cha- 
raclevcs, Seplem Diversis Lingvis Expressos. Libelles II œquè 
rlilis ac ncccssarius omnibus liberalibus ingenijs, atque 

(l) J.-H. de Stopphiaar, Het Papier (Middelbourg, 1869), pl. XI. 


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— 58 — 


adolescent ibus; qui II bene pingendi lileras arle dclcctanlur. 
Huius enim inspcclionc Et imitaiione , Tyrones, cinn para- 
Il tiorcs in ea artc euadent , tum vero perfcctam nor- 
mam delineandi consimilcs in illis. Il linguis charactercs , 
assequentur . Il Clemens peiTct brabantius scrïbebat , œta- 
tis suœ. XX. Il Anno. 1571. 

Pet. in-fol. obi., 35 ff. non chiffres de 270 x 200 mm. 

Le filigrane du papier est une couronne à cinq rayons ; 
sur un feuillet, un M couronné. 

Texte entièrement gravé. Le frontispice est encadré dans 
un cartouche ornementé. 

[Berlin, bibl. du Kgl. Kunstgcwerbe Muséum ('). 

Ces titres (*) nous apprennent donc que Perret était origi- 


(1) Exemplaire acquis à Râle en 1889. Je remercie ici M r P. Jessen, direc¬ 
teur de la Bibliothèque du Kgl. Kunstgowerbe Muséum, et M r Loubier, 
attaché à cette Bibliothèque, de l’obligeance avec laquelle ils ont répondu 
à mes demandes de renseignements. 

L’exemplaire de la collection Serrure, relié avec les recueils de modèles 
d’écriture do Cam.-Théod. Boysenus, de J. Hondius et de Jac. Houthusius, 
fut vendu en 1873 (n° 2336 du catalogue) au prix de 28 fr., et acquis par R. 
dolla Faille; à la vonto de ce dernier, en 1878 (n° 636 du catalogue), il fut 
adjugé pour 75 fr. à M r Kompus. Nous perdons, dès lors, la trace de cet 
exemplaire. 

(2) Une troisième œuvre est erronément attribuée à Perret par le cata¬ 
logue R. délia Faille, c’est un ABC publié par Plantin en 1568 : 

A B || O fl || Exemplen Om De Ktnderen Beqvamelick Te Leeren || 
schryuen , inhoudende teel schoone aentencien tôt || onderœysinghe der 
ionckheyt. 

T’Antwerpen, || Ghedruckt by Christoffel Plantyn. || M. D. LXVIII. 

Pet. in-4° obi., 28 ff. non chiffrés de 190 X 125 mm. 

Cet alphabet, dont le seul exemplaire connu appartient au Musée Plantin- 
Moretus, a en réalité pour auteur le maître d’école anversois Pierre Hoyns. 
Le rédacteur du catalogue délia Faille s’est basé, pour son attribution, 
sur une petite pièce do vers, au verso du f. A 2, signée C. P. Mais 
ces initiales désignent Christophe Plantin et non Clément Perret; le texte 


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— 59 — 


naire de Bruxelles, en Brabant, et qu’il n’avait pas plus 
de dix-huit ans en 15(39 et de vingt en 1571, ce qui reporte 
l’année de sa naissance à 1551. 

Nous ne sommes pas parvenu à établir les liens de 
parenté qui le relieraient aux autres personnages du nom 
de Perret dont nous constatons l’existence au xvi e siècle. 

Les Liggeren de la gilde anversoise de Saint-Luc men¬ 
tionnent, en 1545, l’affiliation de « Jan Paret, quaertspel- 
maker» ('), en 1577, celle de « Hans Thuenis, don behoudt- 
soone van Steeven Paret » (*), et, en 1594, en qualité de 
fils de maître, celle de « Pceter Peret, plactsnyder » ( 3 ). 

Le cartier ou fabricant de cartes à jouer, Jan Paret, 
n’est pas autrement connu. Est-il le père de Steeven Paret 
et de Peeler Peret , c’est-à-dire Etienne et Pierre Perret? 

de la pièce montre qu’il s’agit bien do l'imprimeur, car le poète s’excuse 
d’avoir tardé à publier ce livre destiné aux enfants qui ne peuvent fréquenter 
les écoles, et promis depuis longtemps ; il s’engage, si la jeunesse en tire 
profit, à mettre au jour un ouvrage plus volumineux: 

C. P. TOTTBN IONGHEKS DIE GRKYTICH OM LBEREN SUN, KXDB GHKENEN 
Ml DD EL EN HBBBKN OM SCHOLEN TE GAEN. 

Ghelofto maeckt schult, en schult wordt niet quijt ghesebouwen, 

Dit wete ick, Const-lieuende kinders, seer wel, maer 

Al hebdy langhe ghebeydt, ten mach v niet rouwen: 

Want by doet wel die d’oudt betaelt int nieuwo iaer. 

Ontfanght dan danckelyck desen A B Eerbaer. 

Die ic v hebbe vut goeder ionsten willen scbcncken : 

Leesten, schryften, verstaeten, en sckickter v naer, 

Soo wil ick v, alst past, met wat meerders ghedencken. 

Le Musée Plantin-Moretus conserve la tête de page, gravée sur bois, du 
titre, ainsi que les belles lettrines employées dans cet ouvrage. 

(1) Ph. Rombouts et Th. Van Lerius, De Liggeren der antvoerpsche 
Sint-Lukasgilde , t. I (Anvers, 1S72), p. 156. 

(2) Ibid., p. 263. 

(3) Ibid., p. 377. 


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— 60 — 


On sait qu’Etienne Perret, dont le gendre est inscrit 
en 1577 sur les registres de la gilde anversoise, fut à la 
fois homme politique et littérateur. On lui doit une tra¬ 
duction en vers français des fables imitées d’Esope par 
le rhétoricien brugcois Edouard de Dene et publiées à 
Bruxelles, en 1567, avec des eaux-fortes de Marc Gliee- 
raerts. La première édition de la version d’Etienne Perret 
parut chez Plantin en 1578 ('). 

Quant à Pierre Perret, ce fut un graveur de talent, qui, 
né à Anvers en 1555, mourut en 1637 en Espagne, où il 
avait passé la plus grande partie de sa vie (*). 

Si la parenté de Jean Paret et d’Etienne Perret était 
établie, nous pourrions en conclure à la parenté de notre 
Clément avec le cartier anversois. Le calligraphe devait, 
en effet, être de la famille d’Etienne. Les archives du musée 
Plantin-Moretus nous apprennent que le paiement des exem¬ 
plaires des modèles d’écriture vendus par Plantin de 1570 
à 1575, s’effectue entre les mains d’Etienne Perret, de sa 
femme ou de sa fille. 

L’intervention exclusive de ces tiers ne saurait s’expliquer 
autrement. Elle est, d’ailleurs, curieuse, et il est bien éton¬ 
nant que la comptabilité de Plantin ne fasse jamais mention 
d’une transaction directe avec l’auteur des exemples. Quoi 
qu’il en soit, après 1575 ses livres ne mentionnent plus 
les cahiers de Clément Perret. 


(1) Cf. la notice du baron Em. de Borchgrave dans la Biographie natio¬ 
nale, t. XVII, col. 65*68. 

(2) Cf. la notice de M r H. Hymans, dans la Biographie nationale , t. XVII, 
col. 68-72. — Cf. aussi une note de M r Espinosa y Quesada dans le recueil 
intitulé: Homenoje à Mcnmdez y Pelayo en el ano vigesimo de su profe- 
sorado. Estudios de ei'udicion espahola , t. I (Madrid, 1809), pp. 583-587, 
relevée dans les Archives belges , 1899, p. 180. 


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— 61 — 


A part la date et le lieu de sa naissance, nous ne con¬ 
naissons aucun détail de sa vie ('). 

Je ne sais sur quel document Nagler a pu se baser pour 
le faire travailler à Paris de 1560 à 1570; rien ne nous 
autorise à admettre ce séjour à l’étranger, dont la date 
est assez improbable, l’artiste n’ayant, en 1560, que neuf 
ans. 

Sweertius ayant dit, comme je l’ai rapporté plus haut, que 
Perret remporta la palme sur tous les maîtres d’école de Bel¬ 
gique, Jôcheret Nagler en ont conclu qu’il avait embrassé 
la carrière de l’enseignement. Ce passage de Sweertius, 
bien digne de la phraséologie spéciale et toute conven¬ 
tionnelle de nos anciens biographes, ce passage ne suffit pas, 
à notre avis, pour justifier l’assertion, d’autant moins que 
Perret n’a pas pris, sur ses publications, le titre de maître 
d’école ou d’écriture. 

Mais la chose n’a cependant rien d’impossible. 

L’époque et le lieu du décès de Perret nous sont éga¬ 
lement inconnus. 

Du fait que l’on ne possède en somme aucun rensei¬ 
gnement sur lui, on pourrait inférer qu’il mourut jeune, 
et peut-être tout de suite après l’apparition du second de 
ses recueils. 11 aurait été ainsi une sorte d’enfant prodige, 
et l’on sait que l’existence de ces phénomènes est d’ordi¬ 
naire très brève. 

D’autre part, comme Sweertius accole à son nom celui 
du duc d’Albe, un peu d’imagination suffit pour échafau¬ 
der tout un roman, dont le héros serait une des victimes 
des persécutions religieuses. 

(1) Il est inutile de songer à le chercher dans les listes de la gilde des 
artistes bruxellois, publiées par A. Pinchart (Messager des sciences histori¬ 
ques de Belgique , 1877-1819;, car ces listes ne commencent qu'en 1599. 


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— 62 — 


Mais nous ne voulons pas nous lancer clans le domaine 
facile des conjectures et des hypothèses. 

Nous nous bornerons donc, au sujet de la biographie 
de Clément Perret, à dresser un procès-verbal de carence. 

Scs œuvres nous ont été heureusement conservées, et, 
comme nous l’avons dit en commençant, leur étude nous 
réserve une surprise, car elle nous révèle l’existence d’un 
artiste important, méconnu, ou plutôt insuffisamment connu 
jusqu’à présent. 

Reprenons maintenant leur examen. 

On a vu que Y Exercitalio alphabelica , dont le titre 
n’indique pas le nom d’éditeur, possède à la fin un feuil¬ 
let contenant le privilège de vente accordé à Christophe 
Plantin, pour six ans, et daté de Bruxelles, le 13 février 
1509. Ce feuillet est reproduit dans le grand ouvrage de 
M. Rooses sur Plantin. 

Malgré le privilège, nous ne croyons pas que YExerci- 
iatio alphabelica ait été imprimée chez Plantin. 

Si nous examinons les livres de celui-ci ('), nous voyons, 
en effet, que les exemplaires lui sont fournis par Etienne 
Perret, et qu’il les paie au fur et à mesure. D’autre part 


(I) Nous tenons à remercier ici M r M. Rooses, l’éminent conservateur de 
ce Musée, des recherches qu’il a bien voulu faire à notre intention. Voici 
les intéressantes mentions que jo dois à son obligeance: 

Registre XX VIII, fl> 76 (décembre 1570) [écriture de Jean More tu s, gen¬ 
dre de Plantin] : 

Mon père a payé hors du buffet à Estienne P(er)ret p{ou)r 20 exem¬ 
plaires) des exemples fl • 25. 

Registre XVI, 156. Mynken Liefrinck, 10 april 1570. Imprimé deux 

cents des privilège* du livre de Perret à 10 past(ars) le cent fl. 1 . 

Registre XXVIII , f* 142 (10 novembre 1570) Ledit (Jean Moretus): payé 


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— 63 - 


Plantin fait imprimer deux cents privilèges, le 10 avril 1570, 
par Wilhelminc Liefrinck, fille du graveur et imprimeur 


à ma commère la femme de Estienne Perret sur les Alphabets de Clément 
Pei'ret la somme de soixante florins. 60 . 

Adi 17 e novembre payé à sa fille p(uur) reste de 80 exemplaires tout 
payés fl, 40 st. 

Le registre XVIII, f° 142, nuus donne ce compte de doit et avoir 
d'Etienne Perret: 


1575 

Le s r Estienne Perret 





doibt du 7 mars la 
somme de 18 florins 





payez à luy comp- 
tantz à bon compte 





val. in fl . .fl. 

18 

s- 

d- 

ad. Il* 

Payé encores à bon 




avril 

compte la somme de 
3 £ 5 s. de gros val. 





in fl . . . .fl. 

Payé ad 27 e de maij 
la somme de xxxiu 
flor. mandoit estre 
2£ 10s.de gros des 48 
du7® de mars et 2 JB 

19 

slO 

d- 


10 s. à bon compte 
des 50 dudit jour fl. 

33 

s- 

d- 


Ad 12 e de juin 1575 
payé la somme de fl. 

19 

s 10 

d- 


fl. 

90 

s- 

d- 


Ad 30Julÿ compté la 

15 




somme de . .s. 

s- 

d- 


S» fl. 

105 

I s- 

jd- 

1575 

Payé ad 26 e augst à 
son fils Paul. . fl. 
Payé ad 23 septembre 

15 

s- 

d- 


à bon compte xvm 
florins ... fl. 
Payé ad 28 e de octob. 

18 

s- 

d- 


la somme de 33 flo¬ 
rins p r reste val. fl. 

33 

s- 

d- 


S a fl. 

66 

s- 

,d- 


Ad 21 de novembre 





il a eu de nous prest 
2exemples avec com- 
partimens 


1575 

ad 11 
avril 

ad 27 
maij 

I.os r Estienno Perret 
doibt avoir ad 7« 
mars 1575 ce qui 
s'ensuit: p r 48 exem¬ 
ples 4° à comparti¬ 
ments à 15 s. 36 fl. 
pour 52 item avec 
compartiments val. 
39 fl. ... fl. 
pour 50 exemples sans 
compartiments, à 12 
s. fl. 

36 

39 

30 

s- 

s- 

s- 

d- 

d- 

d- 

. . ■ 

S a fl. 

105 

s- 

d- 

1575 
ad 26 e 
augst 

50 exemples sans 
compartiments fl. 

30 

s- 

d- 

ad 23® 
sept. 

60 exemples sans 
compartiments fl 

36 

1 s- 

d- 


Sa fl. 

66 

s- 

d- 


La femme de Perret 
a rapporté les deux 
exemples avec com¬ 
partiments . . . 

fl- 

s- 

d- 


En 1575 commence un compte nouveau relatif aux Fables des animaux 
d'Etienne Perret. 


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— 61 — 


de gravures Jean Licfrinck ('). S’il avait tiré tout l’ou¬ 
vrage, il aurait tiré en même temps le privilège; il semble 
donc qu’il ait dû ajouter celui-ci à un ouvrage déjà ter¬ 
miné, et dont la vente lui a été confiée. C’est ce qui explique 
que le privilège n’est pas chitFrô comme les autres feuillets 
et qu’il manque dans certains exemplaires. C’est aussi ce 
qui explique que le nom de Christophe Plantin ne figure 
pas sur le titre du recueil: une omission pareille serait 
inconcevable dans une impression sortie de l’atelier anver- 
sois. 

La comptabilité de Plantin nous apprend qu’il acquiert 
en 1570 vingt exemplaires, qu’il paie 25 florins, puis 80 
exemplaires, qu’il paie <>0 + -10 = 100 florins. Le florin 
valant 20 sous, l’exemplaire lui est donc compté à 25 sous 
ou 1 florin et 5 sous. 

En 1575, cent exemplaires sont acquis et payés, mais 
seulement à raison de 15 sous pièce; soit un total de 75 
florins. 

Plantin reçoit de plus et paie 160 exemplaires sans com¬ 
partiments, facturés à 12 sous, soit un total de 96 florins. 
La désignation d'exemples sans compartiments doit se rap¬ 
porter à VEximiœ peritiœ alphabelum de 1571, dont le 
titre seul est entouré d’un encadrement. 

Pour juger de la valeur des sommes payées par Plantin, 
il faut se rappeler que dans le système monétaire de Charles- 
Quint, maintenu, sauf de petites modifications, sous Philippe 
II, le sol brabançon valait 72 mites, et le florin d’or, cor¬ 
respondant à 20 sous, 1-110 mites. L’unité monétaire était 
la courte de 3 mites qui correspond à peu près à notre 
centime actuel, comme dimension. Le sol serait donc repré- 


(1) Cf. Biographie nationale , t. XII, col. 113 (notice de M. Rooses). 


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— 65 — 


sente par 24 centimes. D’après ce calcul, l’exemplaire de 
l ’Excrcitalio alphcibctica valait 6 francs (1570) ou 3,60 francs 
(1575), et XEximiœ pcritiœ alphabclum 2,88 fr. (1575). 

Mais, étant donnée la relation entre la valeur de la mon¬ 
naie au xvi e siècle et de nos jours, il n’est pas exagéré 
de multiplier ces chiffres par 4 pour obtenir leur équiva¬ 
lent à notre époque. 

Les modèles d’écriture de X Excrcitalio ont été gravés 
par Corneille de Hooghe {'). C’est ce qui me paraît res¬ 
sortir à l’évidence de la signature que nous trouvons sur 
les planches 1 et 34 : Cornélius de Hooghe sculptor litc- 
rarum. M r M. Rooses me semble aller trop loin quand 
il attribue à De Hooghe la gravure des planches entières: 
modèles et encadrements. Si tel avait été le cas, de Hooghe 
aurait pu se borner à mettre sculptor ou sculpsit. Au con¬ 
traire, en ajoutant literarum , il a nettement voulu délimiter 
sa part de collaboration. 

Quel est donc le graveur des cartouches? 

Nous serions tenté de croire que c’est Perret lui-même, 
si nous ne trouvions au haut du premier cartouche de 
XExcrcitalio le monogramme aTa, qui parait devoir être 
la signature de l’artiste au burin duquel nous devons la 


(1) Né à La Haye, Corneille de Hooghe, un des bons élèves de Philippe 
Galle, travailla longtemps en Angleterre. En 1566-1567, il grava cent 
soixante-six planches pour un recueil dos plans de toutes les forteresses 
des Pays-Bas, rassemblé par un capitaine italien Franchesco de’ Marci, et 
qui ne parut qu’en 1599 à Brescia. De Hooghe eut une fin malheureuse: 
accusé de conspiration, il fut arrêté à Delft le 17 février 1583, conduit à 
La Haye, condamné à mort et exécuté le 29 mars suivant. Cf. À Pinchart, 
Archives des arts , 1.1 (Gand, 1860), pp. 141-149; t. Il (Gand, 1863), pp. 289-291 


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— GG — 


reproduction des inventions de Perret ('). Mais ni Nagler, 
ni les autres compilateurs de monogrammes n’indiquent 
l’abréviation qui, jusqu’à présent, reste indéchiffrable. 
Le seul contemporain de Perret auquel elle pourrait s’ap¬ 
pliquer est Amô Tavcrnicr, le graveur de caractères et 
imprimeur anversois bien connu. 

Pour YEximiœ periliœ alphabcliim. nous ne possédons 
pas de nom de graveur; le titre se borne à dire: de¬ 
viens Pen'et Brabanlius scribcbat. 

Dans ce recueil, les modèles d’écriture ne sont plus entou¬ 
rés d’ornements ; seul le titre possède un encadrement, 
comme nous venons de le dire. Aussi le cahier semble-t-il 
plus spécialement destiné aux écoliers, et c’est ce qui 
explique à la fois et son prix plus modique, et sa dispa¬ 
rition presque complète : les ouvrages classiques sont, on 
ne l’ignore pas, voués à une destruction quasi inévitable. 

11 nous reste maintenant à justifier les développements 
de celte notice en montrant l’importance de l’œuvre de 
Perret. 

Les modèles d’écriture de Perret sont les plus anciens 
qui aient été publiés aux Pays-Bas, — du moins n’ai-je 
pu en découvrir d’antérieurs, — et ils joignent à ce mérite 
celui de ne le céder, ni en pureté ni en élégance, aux 
nombreux recueils qui les ont suivis. 

Les caractères des écritures diverses dont ils nous offrent 
des spécimens, sont heureusement conçus; leur tracé gracieux, 
sans complications exagérées, reste clair, dans YEximiœ 
periliœ alphabetum comme dans YExercitalio alphabclica. 


(1) 11 me semble impossible d'y voir une abréviation du nom de la ville 
d’Anvers: A(n)t>verpi)a. 


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— G7 — 


Remarquons cependant la bizarrerie du modèle de la plan¬ 
che XXV de l’ Exercitatio, où les lettres sont partagées en 
deux par un petit blanc, ce qui produit un papillotage fati¬ 
gant ('). 

Dans les deux recueils, le texte des modèles est rédigé 
en sept langues: latin, français, néerlandais, anglais, ita¬ 
lien, espagnol, allemand ( 1 2 3 ). Il se compose suivant l’usage de 
sentences ou préceptes de morale, dont voici un échan¬ 
tillon : 

Celui qui est enflé de courage, provoque la noise-, mais 
celui qui se confie au Seigneur, engraissera. Qui se con¬ 
fie en son cœur, est fol; mais celui qui chemine en 
sapience, sera délivré. Qui donne au povre, n'aura point 
disette ; mais celui qui en destourne ses yeux, abondera 
en malédictions: riens sans charité ( :t ). 

Le calligraphe se double, chez Perret, d’un ornemaniste, 
car il a bien soin de spécifier, sur le titre de YExcrci- 
talio, qu’il est l’auteur non seulement des modèles d’écriture, 
mais aussi des cartouches, et il insiste sur leur caractère 
architectural et pictural, sur les ornements, les creux et 
les ombres. 

On sait quelle importance on attachait, dans la seconde 
moitié du xvi e siècle, aux jeux de lumière, aux opposi¬ 
tions de clair et d’obscur dans ce genre de compositions 
décoratives. Le cahier de Perret nous en fournit des spé¬ 
cimens vraiment remarquables : des blancs purs juxta- 


(1) Le modèle de la plancho XXII du môme recueil est écrit à l'envers; je 
ne sais si la chose est voulue ou s’il s'agit d'une inadvei-tance du graveur. 

(2) Tel est l'ordro suivi dans Y Exercitatio alphabetica. Dans XEximiœ 
peritiæ alphabelum les langues se succèdent d’une manière différente: latin, 
italien, espagnol, français, anglais, néerlandais et allemand. 

(3) Exercitatio alphabetica t pi. V. 


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— 08 — 


posés à des ombres profondes donnent la sensation d’un 
relief très accusé. 

La conception des compartiments trahit une imagination 
féconde. Les cartouches ou cuirs, comme on voudra les 
appeler, sont découpés de façon très capricieuse, mais tou¬ 
jours élégants de ligne, et sans complications exagérées. 
Ils se rehaussent d’ornements divers, accessoires de tout 
genre et éléments empruntés aux règnes végétal et ani¬ 
mal: fleurs et fruits, animaux grands et petits — lions, 
chevaux, béliers, singes, chiens, poissons, reptiles, oiseaux, 
depuis la cigogne jusqu’au passereau, sans oublier le perro¬ 
quet ni la pie. Des enfants, des personnages de toute espèce, , 
gladiateurs, femmes ou hommes nus, ou encore des faunes 
et des chimères, prennent des poses variées. 

Les grotesques ne sont pas oubliés, et il y a des drô¬ 
leries extraordinaires. Ici des harengs se balancent au bout 
d’élégantes guirlandes. Là un épagneul contemple, ébahi, 
un papillon monstrueux, ou bien un escargot admire les 
ébats d’une chèvre capricante. Ailleurs encore le nez d’une 
cariatide se termine en une trompe colossale. 

On serait presque tenté de reprocher à Perret une trop 
grande exubérance, et l’on pourrait trouver que son ingé¬ 
niosité confine à la puérilité. Mais il faut tenir compte 
de l’àge auquel il produisit son œuvre. Celte multiplicité 
de détails est bien le propre d’une imagination juvénile, 
soucieuse de prouver sa fertilité en utilisant toutes les images 
qu’elle a emmagasinées. Tous les vrais artistes ont passé 
par cette fièvre de la dix-huitième année, et il n’est pas 
douteux que si la carrière artistique de Perret avait été 
plus longue, sa fougue, tempérée par la réflexion et l’ex¬ 
périence, eût produit des œuvres de haute valeur. 

Si elle va parfois jusqu’à l’excès, on ne peut néanmoins 


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— 09 — 


s’empêcher d’admirer cette puissance créatrice, qui semble 
inventer en se jouant ces décors mouvementés. L’ensemble 
harmonieux de ceux-ci se compose de détails parfois décon¬ 
certants, quand on les examine de près. Tel ce motif où 
un gamin, aux formes rebondies, souffle dans une trompe; 
de l’instrument descend un fil où s’accrochent une cou¬ 
ronne, un cartel, une gerbe de fruits, et que tire un faune, 
dans l’attitude d’un sonneur de cloches. 

L’œuvre de Clément Perret, dont j’ai essayé de faire 
ressortir le pittoresque, est donc d’un mérite incontestable 
et se classe absolument hors de pair parmi les nombreux 
recueils de modèles d’écriture publiés au cours de la seconde 
moitié du xvi e siècle. 

Par l’analyse que je viens d’en faire, et mieux encore 
par les deux fac-similés joints à cette notice, on a pu consta¬ 
ter l’importance des créations calligraphiques et décoratives 
de Clément Perret. Comme elles n’ont pas été suffisamment 
appréciées jusqu’ici, j’ai voulu appeler sur elles l’attention 
afin de faire rendre à l’artiste la place qu’il mérite d’oc¬ 
cuper dans la glorieuse pléiade des ornemanistes de la 
Renaissance flamande, non à la suite, mais à côté de Vre- 
deman le Frison, de Marc Gheeraerts et de Jean Doetecum. 

Paul Bergmans. 


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LES 


MÉSAVENTURES 

DE l.A 

Baronne de SCHONAU 
1769-1772 


Dans les correspondances politiques, comme dans les 
mémoires historiques particuliers, on rencontre parfois des 
fragments biographiques sur des personnages plus ou moins 
distingués, plus ou moins honnêtes et plus ou moins heu¬ 
reux. Ils apparaissent et disparaissent comme des étoiles 
filantes: on ne connaît ni leur nationalité, ni leur vie anté¬ 
rieure; on ne sait ni d’où ils sont venus, ni où ils s’en 
sont allés. Leur passage demeure un mystère. 

Durant les années 1709 à 1772, une jeune fille, inconnue 
dans ces pays, préoccupa le gouvernement des Pays-Bas 
autrichiens et la cour impériale de Vienne. 

Nous avions lu sur cette personne, nommée la baronne 
de Schonau, dans le Journal privé du gouverneur géné¬ 
ral, duc Charles-Alexandre de Lorraine, certaines indica¬ 
tions aussi laconiques que mystérieuses. (Archives du 
Royaume. Cartulaircs et manuscrits. N° 015.) 

Plus tard, nous avons trouvé dans le Répertoire de la 
chancellerie des Pays-Bas, année 1770, d’autres renseigne- 


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monts sur cette étrangère. Continuant nos recherches clans 
les archives de celte chancellerie, nous avons rencontré 
des données sur le séjour de la même personne en Hol¬ 
lande. (Archives de la chancellerie des Pays-Bas. Liasse 
D, 08. Dépêches d’office. Litt. I à T. 1771-1772.) 

Espérant découvrir le secret, nous avons poursuivi nos 
études sur ces deux sources jusqu’à l’époque de la mort 
de l’impératrice Marie-Thérèse et de celle du prince Charles. 
Notre travail fut vain. 

Nous n’avons conservé que la mention de trois intri¬ 
gants qui ont mystifié les autorités et dont le souvenir 
existe dans les tomes 45 et 40 du Répertoire cité, années 
1778 et 1779, aux mots Borcke, Masleberg et De Silla. 

Le premier de ces intrigants, un étranger du Pays de 
Clèves, se disant baron de Borcke, s’était présenté, en 
juillet 1778, chez M. le ministre plénipotentiaire, et môme 
à la cour. Il avait écrit au ministre pour lui demander 
de l’argent. Celui-ci lui prêta huit louis, à l’aide desquels 
il devait passer en Angleterre. Le ministre en informa 
le chancelier de Kaunitz, à Vienne, en faisant connaître 
que de Borcke s’était embarqué à Ostende pour Londres. 
Le chancelier, par lettre du 4 avril 1778, répondit que 
c’était un aventurier, qu’on n’avait jamais entendu parler 
de lui à Berlin, qu’il avait, du reste, bien joué son rôle, 
et qu’on avait bien fait de s’en débarrasser en lui faisant 
ce prêt. 

Le second aventurier ôtait un certain comte de Maste- 
berg, qui avait allégué être des comtes de Mercy. Il avait 
adressé à l’Impératrice une lettre datée de Mogador en 
Barbarie, en y joignant deux documents. Kaunitz com¬ 
muniqua ces pièces au ministre plénipotentiaire, le 15 mai 
1779. Ce dernier démontra que ces actes étaient faux; et 


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en même temps, l'ambassadeur d’Autriche à Madrid apprit 
que, d’après des lettres de Mogador, cet homme est un 
aventurier renégat. 

Le 8 juin, le ministre renvoya les pièces à Vienne, en 
émettant l’avis qu’on pourrait supprimer le passe-port, et 
rechercher l’auteur qui avait osé compromettre la signa¬ 
ture de Sa Majesté. 

Le dernier intrigant est un homme suspect, connu sous 
le nom de baron de Silia. Un mémoire fut adressé à 
Kaunitz en sa faveur; le ministre l’envoya au général 
baron de Lcderer, le 21 août 1779. Kaunitz écrivit le 2 
septembre, qu’il n’était plus si intéressant de connaître cet 
homme. Le général manda au secrétaire d’état et de guerre 
que le prévenu a été arrêté depuis quelque temps, et que 
le conseil de guerre en écrira au général de Voghera. 

Nous relaterons ci-après l’affaire de la baronne de Schonau. 

I. Détention de la baronne de Schonau 

AU FORT DE MONTF.REY. 

Nous présenterons selon l’ordre des dates, les détails 
de cette ténébreuse affaire. 

Le Journal du prince Charles porte textuellement: 

« Année 1709. — Juillet, le 20. — « Reçu une lettre de 
S. M. l’Impératrice par rapport à une demoiselle qui se 
nomme Schonau et que la France doit nous envoyer. Elle 
se fait passer pour une fdle de feu l’Empereur. S. M. ordonne 
qu’on prenne toutes les informations avec le plus grand 
secret; qu’elle soit bien traitée, mais en sûreté; et qu’on 
lui rende compte de tous. Elle nomme pour l’examiner 
M. de Neni, mais le ministre y veut être aussi. » 

« Juillet. Le 30. — * Reçu la lettre que la demoiselle est 
arrivée. — Été chez le comte de Cobentzelle (sic). — Elle 


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- 73 — 


pleure. [On trouve] qu’elle est très jolie, sans avoir reconnu 
aucune ressemblance. » 

D’après les ordres précis donnés au prince Charles par 
Marie-Thérèse, cette jeune fille fui arrêtée et mise en 
sûreté à Bruxelles, au Fort de Monterey, qui commandait 
la porte de Hal. Elle y était détenue depuis vingt jours, 
lorsque le prince écrivit dans son Journal les lignes sui¬ 
vantes: 

« Aoust. Le 18. — « M. de Neni m’a dit qu’il commen- 
çoit à croire que la prisonnière est une aventurière; qu’elle 
se coupoit et avoit déjà fait plusieurs mensonges. » 

Six mois plus tard, le 27 janvier 1770, le ministre plé¬ 
nipotentiaire du prince Charles, le comte de Cobentzl, 
mourut à Bruxelles, et comme si l’incarcération de l’in¬ 
connue eût dépendu de la vie du ministre, trois jours 
après, la détenue fut mise en liberté. 

Le Journal du prince porte la note qui suit : 

» Janvier. Le 30. — « Donné la commission au chef- 
Président [du conseil privé-. M. de Néni] pour faire partir 
incognito la demoiselle du Fort Montrey. » L’ordre fut exé¬ 
cuté. On reconduisit l’étrangère en France: elle n’y séjourna 
pas longtemps. 

Dès lors, l’instruction à sa charge semble abandonnée. 

F.-V. Goethals, dans sa biographie de de Néni (Lec¬ 
tures relatives à l'histoire des sciences, etc., en Belgique. 
Bruxelles. 1838. T. IV, p. 283) paraît connaître cette histoire, 
mais il n’indique pas l’autorité où il aurait puisé ses ren¬ 
seignements; et de longues recherches faites à la bibliothèque 
royale, n’ont produit aucun résultat. « Mais De Neny, — dit 
Goethals, — se compromet tant soit peu dans le mystérieux 
procédé de la cour à l’égard d’une sœur naturelle de Marie- 
Thérèse. Cette demoiselle enlevée en Hollande avait été 


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conduite au Fort de Monterey, aux environs de Bruxelles, 
et elle y était gardée prisonnière, sans qu’il fut possible 
au public de rien connaître de sa naissance, ni des motifs 
de son arrestation. Lorsque Marie-Thérèse reçut la nouvelle 
de son séjour à Monterey, elle s’écria dans sa joie: qu'on 
m'en débarrasse; et après cette horrible exclamation, si 
l’on ne savait pas que cette demoiselle a été déposée à 
Quiévrain, ce ne serait pas sans effroi que l’historien lirait 
dans des mémoires très authentiques que De Neny reçut 
commission pour la faire sortir incognito . « 

Le comte de Cobentzl fut remplacé par le prince de 
Starhemberg. Le prince Charles en fait mention dans son 
Journal : 

« Février. Le 10. — « A3 heures est arrivé Crant [un 
courrier ], que j’avois envoié à Vienne, et qui m’a apporté 
la nomination du Pr. de Starhemberg à la place de mi¬ 
nistre ici. * 

Le surlendemain, sans attendre l’arrivée du nouveau 
ministre à Bruxelles, le prince expédia à Vienne les pièces 
de l’affaire. Son Journal porte: 

« Février . Le 12. — « Donné une lettre [au capitaine 
Dullem] pour S. M. l’Impératrice et tous les actes con¬ 
cernant cette demoiselle prisonnière. « 

Là s’arrêtent les renseignements fournis par le Journal 
sur cette secrète instruction. Le prince, sous la date du 
10 mai 1770, écrit dans ses notes: 

« Commencé à travailler avec le prince de Starhemberg. » 
Marie-Thérèse n’aura probablement pas communiqué au 
prince de Kaunitz-Rittberg, chancelier de Cour et d’État 
des Pays-Bas à Vienne, ni la lettre du prince Charles du 
12 février précédent, ni les documents de la cause. Elle 
aura considéré cet incident comme une affaire intime de 


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famille, étrangère à la politique. Les archives de la chan¬ 
cellerie de cette époque ne contiennent aucune pièce relative 
à la jeune inconnue. Nous n’avons rencontré aucune men¬ 
tion à cet égard dans le Répertoire de la chancellerie pour 
les années 1770 et 1771. 

II. Son séjour a Amsterdam en 1772. 

Mais dans ce même Répertoire pour l’année 1772, au 
mot Schônau, on indique un dossier concernant cette jeune 
fille, classé dans les archives de la dite chancellerie, liasse 
D, 98, ad. litt. S: 2. 

Ce dossier, composé de neuf pièces, comprend le rap¬ 
port du prince chancelier de Kaunitz, en date du 14 mars 
1772, présenté à l’impératrice sur la prétendue demoiselle 
de Schônau, et accompagné de lettres du prince de Star- 
hemberg, du baron de Reischach, du marquis du Chas- 
teler, du comte de Néni et du prince Charles. 

Le baron de Reischach, ambassadeur de l’empereur près 
la République des provinces unies, par une lettre adressée de 
La Haye, le 4 février 1772, informa le prince de Starhem- 
berg, qu’une demoiselle, âgée de 20 à 24 ans, accompagnée 
d’une femme de chambre, avait passé à La Haye sans se 
faire connaître, et était arrivée à Amsterdam, vers le milieu 
de janvier précédent. Elle se disait baronne de Schônau ('), 
nom de famille de sa mère; mais elle ne donnait pas le 


(l) Schoenau (Gross) est un bourg de la Saxe, cercle de Bautzen, sur 
la Neiss. Fabrication de toiles damassées dites toiles de Lusace. — L'ar¬ 
morial général, par J. B. Rietstap, 2 e édition. Gouda. 1887, t. Il, p. 
722, mentionne les blasons de cinq familles de Schônau en Thuringe, Hesse, 
Prusse, Suisse et Bohême. 


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nom de son père. Elle prétendait avoir hérité de sa mère, 
des terres situées entre Ponguc et Dresde, qui lui procu¬ 
raient un revenu suffisant pour vivre à l’aise. Sa dépense 
était modique et sa conduite était fort décente. Elle recher¬ 
chait la bonne compagnie; et faisant preuve de beaucoup 
d’esprit, elle montrait les sentiments d’une personne très 
bien élevée. Elle disait avoir été en pension, pendant deux 
ans, au couvent de la Visitation à Bruxelles; en outre comme 
elle présentait des lettres qui lui avaient été écrites par 
feu le comte de Cobentzl, elle paraissait venir de cette ville. 

M. de Reischach, qui était apparenté à la famille de 
Schônau, s’attendait à ce que celte étrangère vint lui parler 
de ses affaires. Dans cette prévision, il priait le ministre 
de Starhcmberg de lui communiquer ce qu’on savait d’elle 
à Bruxelles ; il avouait qu’il ne comprenait pas comment 
une demoiselle de sa condition et de son âge, pouvait 
avoir fait, comme elle le rapportait, un voyage en Angle¬ 
terre et être venue en Hollande, sans être accompagnée 
par une personne respectable et sans avoir des lettres de 
recommandation. 

Le prince de Starhcmberg répondit le 10 février, au baron 
de Reischach, que cette demoiselle devait avoir été réel¬ 
lement à Bruxelles, mais que c’était avant son arrivée aux 
Pays-Bas; qu’en conséquence il ne pouvait donner des 
détails exacts ni sur les antécédents de cette personne, 
ni sur son séjour en cette ville. 

Néanmoins il en savait assez pour déconseiller au noble 
baron tant de recevoir chez lui celte demoiselle ou de la 
voir, que de faire la moindre chose qu’elle invoquerait 
pour faire croire qu’elle est accueillie chez lui. Cette pré¬ 
caution se justifiait par le fait qu’elle voyage seule et par 
le peu de choses qu’on sait sur son séjour à Bruxelles. 


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— 77 — 


Au surplus, le ministre désirait savoir quelle contenance 
ladite personne tenait en Hollande et pour qui elle se faisait 
passer; et il demandait qu’on se procurât secrètement des 
informations à cet égard. 

Le baron de Reischacli ne s’empressa pas de répondre 
à ces désirs du ministre de Slarhemberg. Ce fut seule¬ 
ment du 28 février qu’il lui écrivit une seconde lettre 
concernant la demoiselle de Schônau. 

Il y disait que la personne en question était revenue, 
le 11 de ce mois, dans un yacht d’Amsterdam à La Haye, 
sous le nom de Demoiselle de Schoenau, et qu’elle était 
accompagnée de M. Bergsma, membre de l’amirauté de 
la Meuse, dont l’oncle paternel demeurait là en qualité 
de député de la province de Frise aux États Généraux. 
Il ajoutait qu’à La Haye on parlait de leur mariage: des 
négociants ont connu cette demoiselle pendant son séjour à 
Bordeaux ; et d’autres prétendent savoir ce qui s’est passé avec 
elle lorsqu’elle a été détenue dans le FortMonterey et renvoyée 
postérieurement en France. Le baron ne trouvait rien à 
redire à sa conduite; toutefois il évitait les occasions de 
parler d’elle; et lorsqu’on lui en parlait, il déclarait qu’il 
ne connaissait rien, car, en effet, on ne pouvait compter 
sur ce que le public racontait. 

Cette lettre ne satisfit pas le ministre de Starhemberg. 
Celui-ci clôtura sa correspondance avec le baron, par une 
réponse du 2 mars, rappelant qu’il désirait uniquement 
savoir pour qui ladite demoiselle se faisait passer. Il lui 
semblait du reste singulier, qu’une fille arrivée seule ou 
en mauvais équipage, ait pu fixer le cœur d’un jeune homme 
de condition. Au surplus, il recommandait encore au baron 
d’éviter de voir cette personne ou de parler d’elle, et il 
terminait sa missive en ces termes peu flatteurs : « quel- 


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— 78 — 


» que désir, ou plutôt quelque curiosité que j’aie de savoir 
» ce que, selon la lettre de V. E., on en dit en Hollande, 
» et pour qui cette créature se fait passer, je préfère de n’en 
» point avoir connoissance, plutôt que de vous exposer, 
» Monsieur, au prix que des aventurières attachent lors- 
« que des personnes du rang et du caractère de V. E. 
» s’informent sur ce qui les touche. « 

Pendant cet échange de lettres, une autre correspondance 
s’était engagée entre le marquis François du Chasteler, 
qui était à Amsterdam, et son Altesse Royale le prince 
Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas. 

Le marquis du Chasteler écrivait au prince, le 14 février 
1772: 

« J’ai été extrêmement surpris de recevoir la visite de 
« la Dame qui a été enfermée, il y a deux ans, au Fort 
» de Monterey avec tant de mystère. Comme il m’a paru 
» qu’on mettoit de l’importance dans cette affaire, j’ai cru 
» de mon devoir d’informer V. A. R. de son séjour ici. » 
Il rapporte que cette personne, Mademoiselle de Schünau, 
comptait se fixer en Hollande, parce qu’un parti se pré¬ 
sentait pour elle. Au sujet de son mariage, elle avait certifié 
à M. du Chasteler que, en partant de Bruxelles, elle avait 
été autorisée à se dire la fille d’un bon gentilhomme, officier 
mort au service de Sa Majesté impériale, et elle avait 
ajouté que le jeune homme, qui la recherchait en mariage, 
demandait l’assurance qu’on lui avait permis d’affirmer ainsi 
sa naissance, permission qui devait être confirmée par 
quelqu’un. Elle avait prié M. du Chasteler de se mettre 
à même de constater ladite autorisation. 

Le marquis fort embarrassé demandait ce qu’il devait 
dire sur le compte de celle dame. Il terminait sa lettre 
par ces lignes: 


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— 79 — 


<• Si son mariage n’a pas lieu, je crois entrevoir que 
» son intention est d’aller à Vienne supplier Sa Majesté 
« de lui faire payer sa pension dans un couvent, se trou- 
» vaut sans aucune ressource. Depuis son départ de Bru- 
» xelles, elle a été à Paris, à Bordeaux, à Madrid, à Baïonne, 
» en Angleterre et de là, ici. » 

Le prince Charles communiqua cette lettre à M. de Néni ; 
et celui-ci lui répondit, le 27 février, qu’il convenait de 
ne pas assurer au marquis du Chasteler que la dame qui 
s’était présentée chez lui, tut la même qui avait été détenue 
au Fort de Monterey, « d’autant plus, écrivait-il, que Sa 
» Majesté veut que nous gardions à jamais le secret et 
» que nous ne nous mêlions plus de cette affaire. Dans 
» ces circonstances, il me paroit que V. A. R. pourroit se 
» borner à faire connoître à M. du Chasteler « que cer- 
»> tainement il n’a pas été question de permettre à la per- 
» sonne qui a été au Fort de Monterey de se dire fille 
»» d’un bon gentilhomme, officier au service de S. M.; qu’on 
» peut donc présumer que c’est quelque aventurière qui 
»> s’est adressée à lui, et ce qu’il peut faire de mieux, c’est 
» de se mettre en garde contre les artifices et les super- 
« chéries de toutes ces femmes qui courent le monde. — 
« Moyennant cela, sa curiosité sera déconcertée et V. A. R. 
»> aura secondé les vues de S. M. 

Le prince Charles partagea l’avis du président de Néni; 
et le 2 mars, il répondit au marquis du Chasteler que la 
permission prérappelôe n’avait pas été accordée. « On peut 
»> donc présumer, disait la dépêche, que la personne qui 
»» s’est adressée à vous, est une aventurière; et ainsi, si 
!» elle venoit encore chez vous, vous ferez bien de lui dire 
»* que vous ne savez, et que vous ne voulez rien savoir 
>» de ce qui la concerne; que vous n’êtes pas dans le cas 


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— 80 — 


» de pouvoir vous charger de ces demandes, et qu’il seroit 
» inutile qu’elle s’adressât davantage à vous. « 

Le prince de Starhcmberg adressa, le 4 mars, son rap¬ 
port au prince chancelier de Kaunitz et y joignit la cor- 
respondancc antérieure. Il était, d’après ces pièces, mal 
disposé |K)ur la prétendue baronne. 11 avait vu que, à la 
cour de France, elle s’était donnée comme la fille de l’em¬ 
pereur Charles VI, et que, dans les salons hollandais, elle 
se présentait comme fille d’un officier mort au service de 
l’empire; en outre, elle avait fait valoir à M. de Reischach 
qu’elle vivait à son aise du produit de terres, situées en Saxe 
et provenant de sa mère, tandis qu’elle avait avoué à M. du 
Chasteler que, se trouvant sans aucune ressource, elle devait 
supplier Marie-Thérèse de payer sa pension dans un couvent. 

C’est sans doute sur l’impression que ces contradictions 
avaient faites sur l’esprit du ministre plénipotentiaire que 
les lignes suivantes furent écrites par ce dernier : 

« La créature qui a fait un assez long séjour au Fort 
» de Monterey a reparu tout à coup en Hollande, où elle 
» a fixé des attentions au point que M. le baron de Reischach 
>» m’en a écrit pour me demander des éclaircissemcns à 
» son sujet. Je ne voulois pas dire les choses comme elles 
» étoient, mais en même temps je voulois assurer que M. 
» de Reischach ne fit rien qui put mettre la fille, fort adroite 
» à se prévaloir des moindres choses, dans le cas de faire 
« parade de la connoissance de ce ministre, et de renou- 
» veler le jeu criminel qu’elle a osé se permettre ci-devant. »» 

Le prince de Starhcmberg terminait son rapport avec la 
conviction que M. de Reischach saurait quelle contenance 
tenir, et avec l’espoir que l’affaire avait été traitée selon 
les intentions de l’impératrice, « de façon, disait-il, à me 
»» procurer sur la conduite de la créature les notions qui 


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— 81 — 


» pourront me mettre à même de juger de plus près ce 
» qu’il pourrait y avoir à faire à ce sujet. « 

Enfin, à son tour, le chancelier, prince de Kaunitz-Ritlberg, 
présenta, le 14 mars 1772, à l’impératrice le rapport du 
ministre de Starhemberg, « sur l’apparition que vient de 
faire en Hollande la prétendue Demoiselle de Schônau. » 
11 rappelait la demande du baron de Reischach, et l’avis 
donné par M. du Chasteler, qu’il s’agissait « d’un mariage 
entre cette aventurière et un jeune homme de mise de 
la Hollande, » et il signalait que le ministre dans sa réponse 
à M. de Reischach, ainsi que le gouverneur général dans 
la sienne à M. du Chasteler, avaient évité d’entrer en expli¬ 
cation sur ce qui s’était passé au sujet de cette aventurière 
à Bruxelles. 

Le chancelier émettait sur l’affaire l’avis suivant: 

« Le parti que son Altesse Royale et le prince de Starhem- 
» berg ont pris en cette occasion me parait fort prudent. 
» Il n’est guères vraisemblable que cette aventurière, dont 
» l’effronterie est sans exemple, fasse le mariage dont il 
» est parlé dans les lettres de Reischach et du Chasteler; 
» mais il se pourrait aisément qu’elle vint dans ce Païs-ci ; 
« et en ce cas, il semble qu’on ne saurait mieux faire que de 
b la faire enfermer quelque part pour le reste de ses jours. » 
En marge, l’impératrice Marie-Thérèse écrivit ces lignes : 
» Il vaut mieux la faire enfermer là bas pour ne tirer 
» plus en longueur ces intrigues; et cela coûtera moins 
» là bas qu’ici. » 

(Paraphé) M. T. 


« L’empereur croit ne rien faire. » 

L’affaire reste, en effet, sans solution précise. 

On peut présumer que Kaunitz suivit la décision dernière 


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— 82 - 


de l’empereur, qu’il ne fit rien et qu’il ne répondit pas au 
ministre de Slarhemberg à Bruxelles. Il en attendit peut- 
être un autre rapport. On ne connaît aucune autre com¬ 
munication ni du baron de Reischach, ni du marquis du 
Chasleler. Si d’autres documents ont existé, ils auront sans 
doute été détruits; et s’il en existe encore, ils auront été 
conservés par le gouvernement autrichien: ils n’ont pas 
été compris dans l’envoi, à Bruxelles, des archives de la 
chancellerie des Pays-Bas à Vienne. 

La supposition faite par Kaunitz que la demoiselle de 
Schünau viendrait en Autriche, était d’une réalisation peu 
probable, car cette jeune fille, expulsée de France et des 
Pays-Bas, ne serait pas allée à Vienne s’exposer à devenir 
prisonnière d’État, comme les détenus de la Bastille à Paris. 

L’avis de Marie-Thérèse de faire enfermer aux Pays-Bas 
la prétendue baronne, n’était pas exécutable, attendu que 
cette dernière se trouvait alors en Hollande, hors de la 
puissance impériale. 

Au reste, on peut raisonnablement croire que le jeune 
Bergsma, n’ayant reçu aucune assurance sur le père de la 
demoiselle, étayant au contraire entendu les bruits publics, 
aura renoncé à ce mariage. D’ailleurs on admettra facile¬ 
ment que cette hardie voyageuse, malgré ses intrigues, 
n’aura pas trouvé un noble mari, qui lui aura donné un titre 
soit de duchesse, soit de marquise, soit même de comtesse. 

Jusqu’à ce qu’on rencontre des documents encore ignorés 
qui concernent la baronne, on croira plutôt que, possédant 
un modeste patrimoine provenant de sa mère, elle se sera 
fatiguée de sa vie vagabonde, et sera retombée en Saxe 
dans l’obscurité, à laquelle sa naissance illégitime l’avait 
destinée. 

Félix Hachez. 


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UN NOUVEAU PEINTRE ANVERSOIS: 


GÉRARD THOMAS 

1663-1720 


Les grands artistes suffisent à la gloire d’une école, et je 
me dispenserais de faire revivre le souvenir d’un maître de 
rang secondaire, n’était qu’il en peut résulter quelque infor¬ 
mation sur les tendances d’une période de notre art national 
généralement délaissée, dont les représentants so rencon¬ 
trent peu dans nos galeries. 

Le peintre dont je veux vous entretenir n’est point de 
ceux dont le renom importe grandement au relief de notre 
école. Je ne songe pas d’ailleurs à le grandir pour la cir¬ 
constance. 11 dut pourtant jouir d'assez de faveur, car les 
disciples lui vinrent nombreux, et deux fois il fut doyen 
de la gilde de Saint-Luc. Ce fut, il est vrai, à un moment do 
décadence profonde. La pâle lueur que jetait, par moments, 
le flambeau de l’art national, n’était que le reflet affaibli 
de son éclat d’antan, et l’artiste qui nous occupe semble 
avoir borné ses aspirations à refléter, avec plus ou moins 
de bonheur, le style et la manière d’illustres devanciers. 
C’était fatalement vouer son nom à l’oubli. 

Je me sentis fort perplexe, quand, il y a quelques 
semaines, à Londres, notro distingué confrère M. Lionel 
Cust attira mon attention sur deux peintures de physiono- 


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— 84 — 


mie très flamande par le sujet — des intérieurs rustiques 
peuplés de nombreuses figures, — mais de si vague expres¬ 
sion, de manière si peu caractérisée, que j’inclinai à y 
voir l’œuvre de quelque peintre anglais, s’occupant de 
créer, pour ses compatriotes, de faux Teniers ou de faux 
Ryckaert, comme d’autres leur donnèrent de faux van 
Dyck et de faux Claude Lorrain. Le coloris, foncé ou 
brun, tolérait la supposition, que la signature: G. Thomas 
n’était pas pour rendre inadmissible, cette signature n’évo¬ 
quant le souvenir d’aucune œuvre précédemment aperçue. 

Vérification faite, il se trouva que, passé sous silence 
par la généralité des auteurs: Houbraken, Van Gool, Campo- 
Weyerman, Descamps, Immerzeel, Kramm, Siret, Gérard 
Thomas était bel et bien anversois. 

Où ont passé ses œuvres, dont pas une ne figure dans 
une collection publique, ni même privée, de quelque impor¬ 
tance? Peut-être y figurent-elles sous des noms d’emprunt 
ou des monogrammes frauduleusement apposés. 

L’artiste, renaissant à la vie, n’aurait assurément qu’à 
s’en prendre à lui-même de voir ses travaux confondus avec 
ceux des maîtres qu’il se donna pour tâche d’imiter, sinon 
de contrefaire. 4 

Chose pourtant bizarre, dans la longue série des noms 
rencontrés dans les catalogues de ventes du passé, tant 
sur le continent qu’en Angleterre, le nom de Gérard Thomas 
n’apparaît qu’une seul fois. En 1711, à Amsterdam, on vend 
de lui, au prix de 99 florins, deux vues de galeries de 
tableaux (Konslkamcrs). Pour le temps, le prix de 99 florins 
est assez élevé. On se demande si l’œuvre anonyme, très 
intéressante, du Musée de La Haye, l'Atelier d'Apelle , ne 
serait pas d’aventure de notre maître. La peinture en est, 
je l’ajoute, très supérieure à celle des tableaux vus en 


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— 85 — 


Angleterre. Ce n’est donc point sur l’analogie que se fonde 
ma supposition. 

Les Liggeren de la Gilde de Saint-Luc nous procurent 
quelque information sur Gérard Thomas. Anversois de 
naissance, il était fils de Pierre Thomas, peintre, doyen 
de la Gilde en 1G58-1659 et, d’après un renseignement dû 
à l’obligeance do notre confrère M. F. J. van den Branden, 
reçut le baptême à Notre-Dame, quartier nord, le 20 mars 
1663. 

Agé de 12 ans, à peine, au moment de la mort de son 
père, il se choisit pour maître, en embrassant la car¬ 
rière artistique, en 1680, Godefroid Maes, artiste de réelle 
valeur, dont un remarquable tableau, le Martyre de Saint- 
Georges, peint originairement pour décorer le maître autel 
de l’église de ce nom, figure au Musée d’Anvers. 

L’apprentissage de Gérard Thomas semble avoir été très 
long. Dans tous les cas, il n’obtint la franchise qu’en 1688-89, 
et, en qualité de fils de maître. 

Quel usage fit-il du privilège; demeura-t-il à Anvers, 
ou, comme tant d’autres, voulut-il visiter l’Italie? Je l’ignore 
absolument. En 1693, seulement, donc âgé de 30 ans, il 
reçoit ses premiers élèves, André van den Bosch et Jean 
Stamphef, suivis, à un an d’intervalle, de Thomas van Herent- 
hals. Doyen de la Gilde en 1695, il le redeviendra en 1707. 
Dans l’intervalle, il reçoit d’autres élèves: Jean Nouwens, 
en 1701. Pierre Hoosterlinckx, en 1702. Enfin, en 1708, 
François Schouttins, et en 1716-17 Pierre Gobbaerts, apprenti 
orfèvre, passent par son atelier. Sa dette mortuaire s’ac¬ 
quitte en 1720-21. 

A peine en faut-il faire la remarque, les élèves, pas plus 
que leur maître, n’ont laissé de trace dans l’histoire de l’art. 

Pour ce qui concerne Gérard Thomas lui-raéme, c’est 


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quoique chose, en somme, de le voir émerger de cette 
foule où se confondent, sans signification aucune, les noms 
d'un si grand nombre de maîtres du passé. Désormais il 
existe, nous pouvons le juger à sa valeur. 11 serait con¬ 
traire à toute logique d’admettre que, d’une carrière active 
de quarante ans, deux peintures seules ont survécu, encore 
pour passer à l’étranger. Ce n’est donc pas un comble de pré¬ 
somption d’espérer que les présentes lignes auront pour 
résultat de voir son nom se rattacher à d’autres pages 
ou, mieux encore, devenir le point de départ de recher¬ 
ches ultérieures sur sa vie et ses travaux. 

Gérard Thomas s’est-il marié, a-t-il fait souche? C’est dou¬ 
teux, attendu que le 25 octobre 1082 il ne semblait pas enclin 
au mariage, s’étant fait admettre dans la confrérie des céli¬ 
bataires. Il est vrai que, de 1082 à 1720, il a eu le temps 
de changer d’idée bien des fois. Seulement, je constate qu’à 
dater de la mort de notre artiste, le nom de Thomas dis¬ 
paraît pour toujours des registres de la gilde de Saint-Luc. 

Quant aux oeuvres de l’artiste, elles ont pu très bien passer 
pour des Teniers ou des Ryckaert d’ordre secondaire, seule 
manière, du reste, d’expliquer leur totale disparition. 

Henri H yuans. 


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POST SCRIPTUM. 


Depuis l’impression de ces lignes, j’ai trouvé la mention 
d’une nouvelle peinture de Gérard Thomas, un Charlatan , 
au Musée de Dijon. Il s’agit encore d’un sujet souvent 
traité par Teniers et conçu dans la manière de ce peintre. 
Le médecin-empirique procède, devant un homme et une 
femme, à l’examen d’une fiole. Dans le fond, un homme 
arrache une dent. 

Le tableau n’est pas signé. Il a été légué au Musée de 
Dÿon en 1870, comme l’œuvre de Gérard Thomas. 

J’ajoute que dans une collection bruxelloise j’ai cru recon¬ 
naître une quatrième peinture du même auteur, toujours 
exécutée dans la manière de Teniers, une Kermesse. Cette 
œuvre, nullement dénuée de mérite, avait passé autrefois 
pour un vrai Teniers. 

H. H. 

Juillet 1902. 


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LES ORIGINES DE NOTRE ART NATIONAL 


par M. Maeterlinck 


RÉPONSE 

1»E M. LE VICOMTE PE CaIX PE SAINT-AVMOUR. 

I. 

Dans sa savante étude sur Les origines de noire art 
national, M. L. Maeterlinck s’est efforcé de dégager les 
influences qui ont présidé à la formation de l’art du haut 
Moyen-Age. Je désirerais, s'il veut bien me le permettre, 
ajouter quelques mots et discuter certains points de sa 
démonstration. 

Je n’cncombrerai par cette petite étude d’un pesant appa¬ 
reil de notes et de renvois. Mes érudits confrères de \'Aca¬ 
démie d'Archéologie de Belgique possèdent mieux que moi 
la * littérature » du sujet qui nous occupe, et il ne s’agit 
ici, pour chacun, que de tirer, de documents connus de 
tous, des conclusions générales. 

Je suis, d’ailleurs, complètement de l’avis de M. Maeter¬ 
linck, quand il entreprend de rechercher les origines de 
notre art du Moyen-Age dans les profondeurs de l’art bar¬ 
bare. C’est la thèse qui a été soutenue naguère par mon 
très regretté ami et confrère Louis Courajod, le créateur 
de l’école traditionnelle, et si, comme beaucoup de pré- 


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— 88 — 


curseurs, il est mort prématurément, sans avoir eu la joie 
de voir ses idées généralement adoptées, il n’en est plus 
de même aujourd’hui; et tous les bons esprits, que n'aveu¬ 
glent pas les splendeurs factices de la Renaissance clas¬ 
sique, sont maintenant de son opinion. 

Ce n’est donc point, à proprement parler, une critique 
générale de l'étude de notre savant confrère que j’entre¬ 
prends ici. Je voudrais seulement rectifier certains points 
de détail, faire des réserves sur certains autres, généra¬ 
liser certains faits que M. Maeterlinck me semble avoir 
trop particularisés et tirer de son très intéressant travail, 
si plein d’aper<;us ingénieux, certaines conclusions qui me 
semblent en découler naturellement pour l’histoire de notre 
art national. 

J’insiste à dessein sur le terme que j’emploie ici: noire 
art national . Dernier venu dans votre savante compagnie 
à titre de correspondant étranger, ce mot : Notre art natio¬ 
nal, peut vous sembler une inadvertance ou même une 
légère impertinence. Aussi dois-je l’expliquer puisque je le 
répète, et que ce que je reproche surtout à M. Maeterlinck, 
c’est d’avoir trop particularisé son étude sur les origines 
de l’art flamand. 

Son travail, en effet, s’applique aux sources des formes 
artistiques du haut Moyen-Age. Or, Messieurs, à cette 
époque, il n’y avait pas plus d’art flamand, qu’il n’y avait 
d’art picard, champenois ou rhénan. C’est bien plus tard 
seulement que ces divisions ont pu apparaître. Mais au 
moment où nous sommes, lors de l’écroulement de l’Empire 
romain et de la formation de la monarchie franque, il 
n’y a qu’un art, l’art barbare, plus ou moins mélangé, 
suivant les régions, avec ce qui reste des formes artistiques 
des vieux Celtes-Gaulois, et reprenant peu à peu le dessus 


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— 89 — 


sur l’art académique que la Rome officielle avait imposé 
aux Gaulois vaincus. 

Dans le grand triangle formé par la Loire, le rivage 
maritime et le Rhin, la civilisation qui naît de la fusion 
de ces éléments divers, est plus germanique que dans le 
midi où les influences du « romanisme » se maintiennent 
davantage. Mais lorsque la Celtique et la Belgique d’Auguste, 
lorsque le Diocèse des Gaules de Dioclétien, en* exceptant 
la I re Lyonnaise qui lui est rattachée uniquement pour 
permettre à la Métropole d’être la capitale de cette grande 
division administrative, - quand, dis-je, cette vaste région 
du nord de la Gaule devient le noyau du royaume de 
Clovis, elle forme bien un groupe unifié. Vous permettrez 
donc à l’un de vos confrères de la France actuelle du 
nord, traitant une question comme celle qui nous occupe 
en ce moment, de parler à la première personne du 
pluriel, sans tenir compte des frontières plus récentes 
que le cours des siècles a tracées entre votre pays et le 
sien. Ses sympathies et ses affections seront ici d’accord 
avec l’histoire. 

II. 

Je suis donc, je le répète, absolument de l'avis de notre 
savant confrère quand il affirme que les premiers artistes 
de notre haut Moyen-Age ont subi fortement l’empreinte 
de l’art barbare « tel qu'il nous est connu par les bijoux 
dans les tombes franques du vi* siècle. « Mais je me refuse 
à voir avec lui, dans les Francs, les auteurs de cet art 
barbare. 

Si les objets typiques qu’il indique, ont été surtout recueillis 
dans des tombes franques, non seulement ien Belgique, 


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— 00 - 


mais encore dans les provinces rhénanes el dans la France 
du nord, c’est que ce sont les tribus franques qui, parmi 
les Barbares, ont dominé du Rhin à la Loire. Mais allez 
au sud de ce dernier fleuve, vous trouverez les mêmes 
formes artistiques dans les tombeaux wisigothiques de 
l’ouest, de même qu’à l’est, vous les rencontrerez dans 
l’ancienne Bourgogne, dans l’Helvétie et plus bas dans la 
vallée du Rhône, au milieu des sépultures laissées par 
les Burgondes. 

M. Maeterlinck me parait donc donner aux Francs ou 
plutôt à leur nom une portée beaucoup trop générale. 
Presque partout, dans sa démonstration, il devrait, me 
semble-t-il, remplacer le mot Franc par le mot Barbare. 
Ce n’est pas, en effet, je le dis encore, de l’art particu¬ 
lier des Francs que procède l’art du haut Moyen-Age de 
nos contrées, mais bien de l’art barbare, dont les Francs 
n’ont été chez nous, si vous voulez bien me permettre 
cette expression, que l’instrument véhiculaire. 

D’où venaient, en effet, les Francs, et d’où rapportaient- 
ils ces formes artistiques, d’ailleurs communes à tous les 
autres Barbares ? 

Mon savant ami et confrère, le baron de Baye, que cite 
à juste titre M. Maeterlinck, poursuit depuis vingt ans, dans 
des voyages continuels d’où il rapporte des éléments de 
comparaison qu’il répand dans de nombreuses publications, 
l’étude de cette grande unité de l’art barbare; et bien qu'il 
ne généralise qu’avec la plus grande discrétion, je consi¬ 
dère, quant à moi, sa thèse comme surabondamment démon¬ 
trée. Cette thèse a, d’ailleurs, été soutenue déjà en Belgique, 
— M. Maeterlinck le rappelle lui-même — et dès 1880, 
M. Béquet la développait dans les Annales de la Société 
archéologique de Namar. 


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— 91 


L’art barbare se retrouve depuis le Caucase jusqu’à la 
Grande Bretagne, et depuis la Scandinavie jusqu’aux Colon¬ 
nes d’Hercule, et c’est probablement aux Goths que l’on 
doit attribuer aussi bien ses formules que sa diffusion. 

Dès le 111 e siècle, les Goths avaient fondé une vaste 
confédération de leur race depuis la Vistule jusqu’au Don 
et au Caucase. Partout en contact avec l'Empire, ils s’étaient 
assimilés beaucoup des formes artistiques de la Grèce et de 
Rome, et lorsque, au iv e siècle, le grand empire légendaire 
d’Hermanàric marqua l’apogée de la puissance gothique, 
ces formes s’imposèrent à tous les Barbares qui occupaient 
l’Allemagne et la Russie actuelles, au nord du Danube et 
de la Mer Noire. 

Les Francs, dont les tribus habitaient le nord-ouest de 
ce vaste territoire, subirent, comme les autres, cette influence, 
et ils l’apportèrent avec eux en Gaule. Mais, même sur 
ce terrain restreint, ils eurent des collaborateurs. Us n’étaient 
pas seuls, en effet, à courir à cette curée de la riche Gaule. 
A côlé d’eux des Alains, des Burgondes, des Vandales, 
des Suèves, puis des Wisigoths, des Saxons, et mille peu¬ 
plades diverses qui grouillaient depuis des siècles dans 
le grand réservoir du monde barbare, marqués de cette même 
empreinte gothique et orientale, répandirent les mêmes 
procédés, les mêmes formes artistiques, différenciées seule¬ 
ment par des particularités appartenant à chaque tribu 
spéciale. 

Ce n’est donc pas l’art franc qui s’introduisait avec les 
Ripuaires et les Saliens dans la Gaule, c’était l’art barbare, 
l’art de tous les peuples non-classiques de la grande famille 
indo-européenne. 

Et puisque je viens de prononcer ce nom, je me per¬ 
mettrai de critiquer M. Maeterlinck de se servir partout 


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de l’expression: indo-germanique. 11 a suivi en cela, je le 
sais, les habitudes de certaine école d’au-delà du Rhin 
qui, par amour-propre national, voudrait faire croire que 
les peuples de l’Inde et les Germains étaient les seuls à 
composer cette grande race qui, des plateaux de l’Arie, 
a colonisé le monde ancien tout entier. Or, à côté des 
Hindous, il faut citer, en Asie, les Iraniens. Quant aux 
rameaux de cette race qui ont envahi l’Europe, la lin¬ 
guistique nous apprend qu'il y en a quatre bien distincts: 
les Celtes, les Gréco-Latins, les Germains et les Slaves. 
On voit que le mot indo-européen rend beaucoup mieux 
ce qu’il doit dire que celui d’indo-germanique. 

III. 

C’est avec plaisir que j’ai vu M. Maeterlinck combattre 
cette opinion erronée et trop répandue, que les Francs 
envahirent la Gaule du nord comme un torrent dévasta¬ 
teur aux iv* et v e siècles. 

Si cela peut être vrai des Alains, des Suèves et des 
Vandales qui traversèrent rapidement la Gaule pour s’écou¬ 
ler en Espagne, ce n’est pas le cas des Francs qui, placés 
plus au nord, disséminés en tribus moins nombreuses, 
et, disons le mot, plus barbares encore que leurs congé¬ 
nères, se contentaient de mener la vie d’aventures dans 
les pays à portée de leur francisque et n’entreprirent que 
très exceptionnellement des « raids » quelque peu lointains. 
Mais il y avait déjà bien longtemps, lors de la grande 
invasion de -100 à 410, que leur infiltration, ainsi que celle 
de leurs frères et voisins du sud, les Alamans, avait com¬ 
mencé dans la région rhénane. Beaucoup de leurs ban¬ 
des, toujours prêtes à se mettre au service de qui les 


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payait, avaient pénétré comme auxiliaires dans les armées 
romaines, ou avaient été établies, comme « létes » ou colons 
militaires, dans les villes de l’intérieur. Au iv* siècle, une 
bonne partie de l’armée impériale se composait de Bar¬ 
bares, parmi lesquels les Francs tenaient une place pré¬ 
pondérante. Les plus hauts commandements leur étaient 
confiés; qu’on se rappelle le rôle joué par les Francs 
Mérobaude et Arbogaste. 

Partout donc les Francs étaient répandus en petites ban¬ 
des, pacifiques ou pillardes, suivant l’état plus ou moins 
troublé de l’Empire, sur la rive gauche du Rhin; et quand, 
au v* siècle, ils vinrent en troupes plus nombreuses, mieux 
organisées, prendre, possession du pays abandonné par les 
Romains, ils trouvèrent beaucoup de leurs congénères, 
aventuriers d’avant-garde, qui déjà avaient pris leur place 
au soleil des Gaules et appliqué partiellement leur empreinte 
sur notre terre celtique. 

11 ne faut pas croire, d’ailleurs, que même après la grande 
invasion de 406, les Francs constituaient une entité poli¬ 
tique. Leurs groupements n’étaient que des tribus de com¬ 
pagnons sauvages, n’ayant d'autres visées que la rapine et 
la conquête de l’or et des métaux précieux, qu’ils pou¬ 
vaient facilement emporter partout avec eux. 

Clodion même n’était qu'un petit chef de clan du pays 
de Tongres, que cite Grégoire de Tours avec plusieurs 
autres. Son importance a, d’ailleurs, été ridiculement exagé¬ 
rée par les chroniqueurs de seconde main, désireux de donner 
des origines plus glorieuses à la monarchie française. S’il 
n’avait eu l’heureuse chance, lors d’une de ses expéditions 
de rapine autour de Cambrai dont-il s’était momentané¬ 
ment emparé, d’être battu en 447, à « Helena » en Artois,, 
par l’empereur Majorien, alors simple tribun, dont le rhé- 


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leur Sidoine Apollinaire nous a laissé l’éloge ampoulé, — 
il est probable que son nom serait aussi ignoré des histo¬ 
riens que ceux des vingt autres “ Herzog •>, ses contem¬ 
porains, qui trainaient leurs plcuplades pillardes du Rhin 
à la Somme. 

Childéric fut un seigneur de plus d’importance; avec 
lui, la tribu salicnne dont il était le “ Koenig», commença 
à se fixer. Mais s’il prit bientôt un rôle plus considéra¬ 
ble, c’est qu’il se fit le soldat des Romains contre les Wisi- 
gotbs et les Saxons et qu’il montra une grande déférence 
pour le christianisme — qui se confondait alors en Gaule 
avec le romanisme — inaugurant ainsi la politique qui devait 
mener sa race à de si hautes destinées. 

Nous avons une preuve de la persistance de la politique 
« romaine » de Childéric. jusque dans les seuls souvenirs 
personnels qui nous restent de lui : tout est romain et byzantin 
dans son tombeau, retrouvé à Tournai en 1053. Si la tech¬ 
nique des fibules et des autres bijoux de cette sépulture 
appartient bien à l’art barbare gothico-oriental, son anneau 
porte la devise latine: Childerici Regis, et les monnaies sont 
des monnaies impériales, et attestent l'influence indiscutable 
exercée par la civilisation romaine sur le petit roi salien. 

C’est seulement avec Clovis, fils de Childéric, que les 
Francs font, par la grande porte, leur entrée dans l’histoire. 

Clovis, d'ailleurs, n’était, lui aussi, qu’un Barbare. S'il 
parvint au degré de puissance auquel nous le voyons arriver, 
c’est qu’il se fit le soldat du christianisme. Je ne puis 
entrer ici dans le développement de cette thèse que j’ai 
traitée ailleurs; mais il résulte de tous les événements 
que si Clovis ne s’était pas fait le docile instrument du 
grand évêque saint Remi, il n’eut jamais été le fondateur 
de la monarchie franque. 


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Il y a, du reste, une exagération évidente à voir dans 
les Francs des champions « conscients » de civilisation et 
de progrès moral. 

Leur histoire est un tissu de crimes de tout genre, et 
ce n’est pas chez eux — pas plus que chez les autres 
Barbares — que M. Maeterlinck me permette de le dire 
— que l’on trouve « la pureté de mœurs, la vénérabilité reli¬ 
gieuse, l’amour chevaleresque delà justice et de la liberté! » 

Ges éloges peuvent être de mise chez certains auteurs 
allemands qui prétendant monopoliser les vertus ataviques 
des Francs, leur en prêtent le plus qu’ils peuvent; mais 
ils sont absolument contraires à la vérité historique, et il 
nous appartient, à nous autres gens de la Gaule Belgique, 
qui avons autant de sang franc dans les veines que lesdits 
historiens, de rétablir cette vérité, bien qu’il en puisse 
coûter à notre amour-propre. 

En réalité, nos ancêtres, les Francs, étaient de vrais 
sauvages et, même quand ils eurent formé un Etat groupé 
et organisé, ils étaient encore les moins avancés de tous 
les Barbares germains qui avaient envahi l’occident de 
l’Europe : Wisigoths, Ostrogoths, Vandales. Il suffit de lire 
Grégoire de Tours pour se faire une idée de la pureté 
de leurs mœurs, de leur amour chevaleresque de la justice 
et de la liberté.... des autres. Quant à leur « vénérabi- 
lilé religieuse, » à leur « religiosité fervente et à leur 
foi naïve », elle consistait en ridicules superstitions, en 
violences sanguinaires contre les prêtres qui osaient leur 
reprocher leurs crimes; et tels ils furent sous Clovis et 
ses successeurs, tels ils restèrent jusqu’à Charlemagne. Si 
Clovis embrassa le christianisme, s’il se lit le soldat du 
Dieu de saint Remi, ce ne fut pas pour montrer son 
antagonisme et son mépris à la civilisation raffinée et 


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corrompue des Romains qu'il enviait, au contraire, et que, 
comme tous les Barbares de son temps, il imitait autant 
qu'il lui était possible, — mais pour conquérir, avec l’aide 
des Gallo-Romains catholiques, les Etats et les richesses 
des Wisigoths et des Burgondes Ariens. 

En dépit d’Ozanam, que ses ardentes convictions ratta¬ 
chent plutôt à l’école historique du xvn« siècle, faite de 
synthèses oratoires et de parti-pris, qu’à l’école historique 
moderne, reposant sur la critique impartiale des faits et 
l’analyse des détails, — lorsque Clovis sortit du baptistère 
de Reims, il en sortit seulement un rusé Barbare qui, 
par cet acte de condescendance envers saint Rcmi, s’assu¬ 
rait l’aide de tous les Gallo-Romains catholiques et de 
leurs évéques, dans la lutte qu’il allait entamer contre les 
Wisigoths et les Burgondes Ariens pour augmenter son 
pouvoir, grossir ses trésors et acquérir de nouveaux moyens 
de satisfaire ses violentes passions. C’était bien l'empire 
de la Gaule toute entière qu’il convoitait et qu’il espérait 
obtenir en devenant chrétien, mais il ne se doutait guère 
de tout ce qui adviendrait de sa conversion dans les quatorze 
siècles suivants, et je crois que ces hautes pensées ne le 
préoccupaient nullement. 

On me pardonnera cette longue digression historique, 
destinée à remettre les Francs à leur vraie place dans le 
développement de la civilisation occidentale. Je reviens 
maintenant à la thèse purement artistique de M. Maeter¬ 
linck sur laquelle je demande encore à vous soumettre 
quelques observations. 


IV. 

Notre savant confrère croit que le mépris pour l’art de 


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Rome a été la cause de son abandon par les Barbares. 
11 y a là, selon moi, beaucoup d’exagération. 

Les Francs, remplaçant les Romains, ne gardèrent pas 
les traditions classiques, parce qu’ils ne les avaient jamais 
possédées. Leur art resta donc l'art barbare, plus ou moins 
mélangé de ce qui subsistait de l’art populaire des Gaulois. 

Il est bon de remarquer, à ce propos, que soit habitude, 
soit impuissance de faire mieux, les Fiancs construisaient 
surtout en bois : les villas royales, les basiliques de cette 
époque empruntaient leurs matériaux, non aux carrières 
où avaient puisé les Romains pendant les cinq cents ans 
de leur domination, mais aux grandes forêts qui couvraient 
encore plus de la moitié de la Gaule du nord. Ces édi¬ 
fices en bois s’inspiraient nécessairement d’autres principes 
de construction et de décoration que les monuments de pierre 
gallo-romains et avaient ce caractère provisoire qui con¬ 
venait à cette race, encore si rapprochée de la vie nomade 
et errante dans les grandes plaines du Danube et du 
Dnieper. 

En somme, les « formules artistiques barbares », dont 
parle M. Maeterlinck, ne nous sont connues que par des 
bijoux ou des armes, objets mobiliers qu’ils décoraient 
d’après leurs traditions et qui sont partout les mêmes. 

Cet art, dont l’unité me semble incontestable, n’avait pas 
seulement pénétré, avec les Wisigoths, les Burgondes, les 
Francs et tous les autres Barbares des grandes inva¬ 
sions, tout notre continent occidental; il avait aussi passé 
la mer avec les Saxons, les derniers colons de la Grande 
Bretagne et ceux qui y ont laissé, à ce point de vue 
comme à beaucoup d’autres, les traces les plus durables. 
Les « miniaturistes anglo-saxons qui accompagnèrent dans 
nos contrées les missionnaires irlandais du iv e siècle, » 


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— 08 — 


— je cite le texte même de M. Maeterlinck reproduisant 
celui de Mgr. Dchaisncs, — n’ont donc pas implanté un 
art nouveau dans vos Flandres. Ils n’y ont même, à mon 
avis, rien implanté du tout, puisqu’ils apportaient avec eux 
des formes artistiques absolument analogues à celles des 
tribus du rivage belge de la Mer du Nord, chez lesquelles 
ils abordaient. Leur art anglo-saxon était le même que l’art 
franc; tous deux doivent porter le même nom: celui d’art 
barbare. On me permettra même d’ajouter que si l’on a 
pu trouver quelqu’aftinité plus proche entre l’art du haut 
Moyen-Age flamand et celui des Anglo-Saxons, c’est que, 
dans cette grande famille de Barbares indo-européens, le 
rameau saxon a colonisé à la fois la Grande-Bretagne insu¬ 
laire et cette longue ligne de rivages qui comprend, avec 
vos Flandres, les côtes de Picardie et d’Artois, et toute 
la Hollande jusqu’à la Scandinavie, région qui portait encore 
au commencement du V e siècle, le nom caractéristique de 
« littus saxonicum *. 


V. 

Encore un mot, et j’ai fini. 

M. Maeterlinck me parait accorder beaucoup trop d’im¬ 
portance au genre satyrique, en faisant de ce genre la 
caractéristique principale de l’art traditionnel de notre 
Moyen-Age. Ici encore, il me semble ne pas suffisamment 
généraliser. 

Partout, en effet, et pour ne parler que des deux pays 
classiques par excellence, en Grèce et à Rome aussi bien 
que dans notre Gaule Belgique, l’art populaire se com¬ 
plaît au bizarre, au fantastique, à la charge (caricatura). 
U suffit de parcourir, dans nos musées, les Galeries qui 


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— 90 — 


contiennent les objets de peu de prix, à l’usage du vul¬ 
gaire — vases, statuettes, poteries plus ou moins grossiè¬ 
res — pour y trouver à chaque instant des reproductions 
grotesques où s’exerçait la verve railleuse des céramistes, 
quand ils pouvaient échapper aux conventions du grand 
art officiel et suivre leurs fantaisies de joyeux artisans. 
Cette « recherche du réalisme et de l’expression dans les 
physionomies humaines, ainsi qu’un goût inné pour la satire 
et le grotesque, » n’est donc pas une particularité de l’art 
des Barbares ou de celui des Francs. C’est la caractéris¬ 
tique générale de tous les arts populaires, et vos vieux 
peintres flamands, si gais, si pittoresques, n’ont fait que 
suivre les traditions de cet art populaire qui n’avait, d’ail¬ 
leurs, rien de spécial à leur race. 

On retrouve partout cet art avec ses manifestations de 
bonne humeur et de trivialité. Chez nous, la différence 
entre l’art gréco-romain et l’art du Moyen-Age, c’est que, 
tandis que le premier avait, pour ainsi dire, deux formules 
suivant l’importance de ses manifestations, la formule clas¬ 
sique pour ses grands monuments, et la formule populaire 
pour ses menus objets, le second, au contraire, dépourvu 
de toute convention académique et plongeant dans le peu¬ 
ple ses racines profondes, n’écartait pas de ses plus belles 
créations, de ses plus grandes œuvres d’architecture, la 
fantaisie primesautière de ses « imagiers », qui réjouit encore 
aujourd’hui nos yeux et exerce la sagacité de nos antiquaires. 
C’est ainsi, par exemple, que les porches de nos églises 
cathédrales ou abbatiales portent la trace des luttes jalouses 
qui divisaient le clergé séculier et le régulier, en nous 
montrant, les unes des caricatures de moines, les autres 
des caricatures d’évêques; c’est ainsi que leurs chapiteaux, 
leurs jubés, les cordons sculptés qui relient leurs fenêtres 


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— 100 — 


ou qui soutiennent leurs corniches, étalent à notre vue tout 
un monde de grotesques que nous avons souvent bien de 
la peine à déchiffrer, et dont on a pu composer des recueils 
entiers, sans épuiser une matière inépuisable. 


VI. 


Telles sont les réflexions et les observations que m’a 
suggérées la très intéressante communication de notre 
confrère M. Maeterlinck et que je me suis permis de vous 
soumettre. En m’excusant de vous les avoir exposées avec 
une prolixité qui a peut-être lassé votre patience, je me 
réjouis néanmoins d’avoir eu cette occasion de me mettre 
en communication avec votre savante Compagnie et de lui 
prouver ainsi, avec l’estime profonde que m’inspirent ses 
travaux, toute ma gratitude pour l’honneur spontané qu’elle 
a bien voulu me faire on m'admettant au nombre de ses 
correspondants. 


Vicomte de Caix de Saint-Aymour. 


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LES ORIGINES DE NOTRE ART NATIONAL 


PAR M. Maf.tfrt.ixck 


RÉPONSE 


dk M Adoi.f Df Ckci.f.nffr. 

J’ai lu avec infiniment d’intérêt l'étude de M. Maeterlinck 
sur les Ch'igines de notre art national, d’abord à cause 
de la manière dont la thèse est développée et ensuite parce 
que je tiens à examiner les éludes relatives aux questions 
d'origines, ne fut-ce que pour voir si j’ai tort de ne pas avoir 
une bien grande prédilection pour ce genre de questions. 
Gomme nous n’avons d’ordinaire aucun document certain 
et probant, il se fait que ces questions ne peuvent que 
rester hypothétiques. Encore dans ces hypothèses môme, 
convient-il d’examiner si les arguments mis en avant pour 
les appuyer peuvent avoir au moins un semblant de valeur 
réelle et scientifique. Je regrette de devoir dire que les 
arguments de M. Maeterlinck ne me paraissent guère pro¬ 
bants et se trouvent contredits par les faits. 

M. Maeterlinck appelle l’attention sur les caractères pro¬ 
pres aux peuples barbares de nos contrées où déjà il constate 
une dualité qui caractérisera leur art dans la suite: tan¬ 
tôt réaliste, satirique et drôle, tantôt religieux et touchant; 
mais toujours riche, vibrant et coloriste. Quoique M. Mae- 


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terlinck ne le dise pas explicitement, je suppose qu’il délimite 
son étude au territoire de notre Belgique actuelle, des 
Pays-Bas et du nord de la France jusqu’à la Seine. Si je 
comprends bien sa thèse, l’art franc a exercé une bien plus 
grande influence sur le développement artistique postérieur 
que l’art gallo-romain et que celui des miniaturistes anglo- 
saxons qui accompagnèrent les missionnaires. Les Francs 
d'un caractère religieux embrassèrent le christianisme, et 
cela en partie par esprit d’antagonisme contre les Romains 
qu’ils méprisaient et qui persécutaient les chrétiens. C’est 
aux Francs, devenus chrétiens, que nous devons l’art 
roman et l’art gothique; ce qui consacra la décadence 
irrémédiable de l’art méditerranéen. Telle est la thèse. 

Le territoire étant délimité dans le sens indiqué, il ne 
saurait être question d’art gallo-romain. Rome n’influença 
que les grands, dit M. Maeterlinck, le peuple conserva son 
art national. Mais vraiment peut-on parler d’un art natio¬ 
nal pour les peuplades qui habitaient nos contrées au 
moment où Rome en fit la conquête? L’influence romaine 
a dù être, même pour ce que M. Maeterlinck appelle les 
grands, bien restreinte, je dirais même nulle. Au nord de 
Trêves, il n’y a plus de monument romain ; et ce n'est que 
le long des voies romaines qu’existaient quelques villas, 
souvent fort peu somptueuses. Notre pays est certes une 
des contrées conquises par les Romains où leur influence 
fut la plus rudimentaire. Je la comparerai volontiers à 
celle de la Russie en Sibérie. 

Là aussi, à part les quelques villes qui s’y sont déve¬ 
loppées — ce qui n’a pas été le cas chez nous, — l’influence 
russe se limite aux grandes roules parcourues par les cou- 
riers, mais ne va guère au-delà. 

Et quant à l’art franc, je me pose la question: y a-t-il 


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un art franc véritable? J’estime que non. Il y a un art 
barbare commun à tous les Barbares qui envahirent le monde 
romain. On en retrouve des traces nombreuses en Belgique, 
en France, en Allemagne, en Autriche, en Hongrie; dans 
tous les pays que les Barbares, appartenant aux peuplades 
les plus diverses, ont traversés. Vous les reconnaissez au 
musée de Namur comme à ceux de Budapest et de Bucharest. 
Encore ne peut-on parler que d’art industriel et non de l’archi¬ 
tecture, de la sculpture ou de la peinture. Et de même qu’il 
y a un art roman et un art ogival dont les principes sont 
les mêmes tant en Angleterre qu’en Allemagne ou en France, 
mais dont les monuments dans chaque contrée se différen¬ 
cient par des côtés secondaires, surtout par la partie déco¬ 
rative; de même pour l’art barbare, il y a, à côté des 
caractères généraux que l’on rencontre partout, certains 
éléments décoratifs qui semblent propres à telle ou telle 
peuplade en particulier. Et, chose curieuse, c’est précisément 
ce qui me paraît caractéristique dans certains monuments 
francs, c’est précisément ce dont nous ne retrouvons aucune 
trace dans la suite. Je fais allusion aux caractères propres 
des objets trouvés à Tournai dans la tombe de Chilpéric. 
Il ne saurait être question d’une influence sérieuse de ce 
qu’on appelle l’art franc. Il ne faut pas oublier que les Nor¬ 
mands détruisirent, ravagèrent, incendièrent nos contrées. 
Bien rares furent même les monastères qui échappèrent à 
leur rage de destruction. Et dans ces monastères privilégiés, 
ce n’était certes pas l’élément franc, mais bien l’esprit 
anglo-saxon qui prédominait. Du reste, M. Maeterlinck me 
paraît accorder aux Francs une antiquité qu’ils n’ont pas. 
Dès le n e siècle, nous dit-il, les légions romaines eurent 
à se mesurer avec les Francs. Il no saurait être question 
de Francs au 11 e siècle. C’est à partir du III e que les Romains 


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eurent à lutter contre les Chauques et d’autres peuplades, les¬ 
quelles, cantonnées dans le nord de nos contrées, surfont 
dans les Pays-Bas, prirent vers la fin du m e siècle le nom de 
Francs. Les Francs ne constituent pas une peuplade nou¬ 
velle, mais bien une dénomination nouvelle qui se géné¬ 
ralisa probablement vers la fin du ni* siècle. Les Francs 
ne méprisaient pas tant la Rome décadente. Le prestige 
de Rome n’avait pas encore complètement disparu de la 
Gaule; et ce ne fut pas par esprit d'antagonisme que les 
Francs embrassèrent le christianisme. L’édit de Milan de 
Constantin est de 313, le baptême de Clovis est du 23 décem¬ 
bre 496. Je suppose que l’auteur ne veut pas faire allusion 
aux Ariens, car l’arianisme était bien plus répandu chez 
les Barbares que chez les Romains. Où donc chercher ces 
persécutions des chrétiens par les Romains? Quant à l’origine 
de l’art roman et de l'art ogival il me parait que c’est 
exagérer l’influence barbare que de dire que c’est chez les 
Francs que nous devons la chercher. 

Pour l’art ogival il ne saurait en être question, et pour 
l’art roman ce n'est que dans la partie décorative que 
nous pouvons ça et là constater certains motifs qui remon¬ 
tent à l’élément barbare. 

Telles sont les quelques considérations qui m’empêchent 
d'adhérer à la thèse si ingénieusement soutenue par M. 
Maeterlinck. 

Adoi.f de Ckui.eneer. 


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LES ORIGINES DE NOTEE ART NATIONAL 

par M. Maeterlinck. 


RÉPONSE 

DE M. LE CHANOINE VAN DKN GhÉYN. 

Après les observations si judicieuses émises par M. De 
Geulenecr, je n’ai plus à relever que quelques détails de 
moindre importance, puisque je suis tout à l'ait d’accord 
avec notre honorable confrère, pour juger les conclusions 
de M. Maeterlinck comme prématurées, sinon exagérées. 

Sans doute je n’admets pas comme le veut Mgr. Dehaisnes 
que l’art barbare en devenant chrétien, constitua « une 
dégénérescence de l’art antique » et je suis tenté de croire 
avec M. Maeterlinck qui développe ici, comme il l’a dit, 
la pensée de Courajod, que cet art barbare fut plutôt 
« l’aube d’une esthétique nouvelle. » 

Mais dans quelle mesure lui devons-nous « les chefs- 
d’œuvre de sculpture et les miniatures des périodes romanes 
et gothiques? » C’est ici, à mon sens, que M. Maeterlinck 
me parait forcer la note. Prétendre que les grandes fibules 
rondes, flligranées et ornées de gemmes en cabochons 
préludent déjà aux vitraux en rosaces de nos premières 
cathédrales, c’est une assertion pour le moins risquée. 
D’ailleurs on pourrait faire les mêmes rapprochements avec 
la bijouterie de l'art byzantin, voire même de l’art arabe. 
L’art satirique a été et sera de tous les temps, et par 
conséquent les Francs n’ont pas à revendiquer plus que 
d’autres une part quelconque dans l’éclosion * des com¬ 
positions diaboliques dont nos sculpteurs et nos miniatu¬ 
ristes furent si prodigues. » 


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M. Maeterlinck fait trop grand état de la comparaison 
des entrelacs si fréquents dans les ornementations fran¬ 
ques avec ces mêmes éléments retrouvés dans les motifs 
architecturaux de nos premiers manuscrits. Un parallèle 
semblable peut être établi avec les entrelacs également 
nombreux, et à peu près identiques du style byzantin. 

Je n’insisterai pas sur les raisons invoquées par notre 
savant confrère, pour expliquer la conversion des Francs 
au christianisme. Mais je me refuse à reconnaître avec lui 
certains symboles chrétiens parmi les bijoux francs qu’il 
nous a cités. « Les fibules en forme de poissons, nous 
dit M. Maeterlinck, aussi d’origine franque, constituent des 
symboles chrétiens, dont on connaît la signification emblé¬ 
matique. » A moins de preuve bien évidente du contraire 
je crois devoir rejeter cette interprétation. La raison du 
symbole du poisson se comprenait fort bien aux premiers 
temps du christianisme, où les chrétiens à Rome devaient 
cacher leur foi sous l’ombre des mystères, et dans la nuit 
des catacombes. Le poisson, dont le nom grec était com¬ 
pris par les Romains, pouvait à ce moment emprunter la 
signification qu’on y attachait. Mais la conversion des Francs 
a suivi le triomphe du christianisme; l’èrc du symbole 
caché est donc terminée, et le symbole d’ailleurs aurait été 
inintelligible pour un peuple ignorant la langue qui l’avait 
créé. 

D’une manière générale je crois pouvoir admettre que 
le style de nos contrées ne procède pas, comme on l’a 
trop souvent répété jadis, do la corruption de l’art romain; 
je reconnais en principe une certaine influence d’un art 
original né de notre sol, mais je crois que les éléments 
de comparaison avec l’art franc et barbare nous font défaut 
pour y chercher la véritable filiation de l’art roman et 
gothique. 

Chanoine van den Gheyn. 


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LES ORIGINES DE NOTRE ART NATIONAL 


par M. Maeterlinck 


RÉPONSE 

de M. Arthur Blomme. 

Dans son intéressant mémoire sur Les origines de noire 
art national, notre confrère, M. L. Maeterlinck, a scruté 
les sources des divers caractères propres à notre race ; il 
s’applique à la comparaison entre les enluminures de nos 
manuscrits les plus anciens et l'art barbare que l'on observe 
sur les objets de fouilles, recueillis dans notre pays. 

Dans la genèse d’une civilisation, et l’étude des stades 
d’un art, de celui qui s’est épanoui dans les Flandres, quelle 
est la fonction du facteur race? 

Avant de poursuivre cet examen, il convient de vérifier 
la terminologie, de préciser la valeur du mot. Que faut- 
il entendre par race? Si nous admettons son existence, 
quel empire exerce-t-elle sur l’évolution de l’art dans le 
temps et dans l’espace? 

Sans s’arrêter au point de vue anthropologique, à la clas¬ 
sification des familles du genre humain, à leurs vertus 
sociales, aux types physiologiques, doit-on reconnaître des 
aptitudes intellectuelles ou artistiques, des transmissions 


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héréditaires caractérisées par des inégalités fatales : le déter¬ 
minisme dominant l’iiistoire. 

La race avant tout, est le devenir, d’une permanente 
transforma lion. En matière d'art, c’est ce processus, exclusif de 
toute innéité, qui créo l’individualité nationale. Les senti¬ 
ments, les impressions de l’homme varient avec les con¬ 
ditions, les aspects de son habitat. Pour ses œuvres d’art, 
comme pour ses mœurs et ses habitudes, il emprunte à 
a nature ambiante le fond de ses inspirations; mais à côté 
de cette influence, dont il subit l'action inconsciente, con¬ 
court l’instinct d’imitation. Gomme des ondes sonores, les 
divers foyers de l’art répercutent leur enseignement, et les 
modèles exportés au loin par l’échange, se mêlent, s’amal¬ 
gament et se fondent dans une harmonieuse unité. 

L’étude de notre art national doit-elle remonter aux sour¬ 
ces les plus profondes de noire race , en rechercher les 
origines ethniques? M. Maeterlinck n’aborde pas ce sujet, 
qu’il estime trop vaste pour son cadre. 11 se borne à signaler 
deux caractères de notre art : tantôt réaliste satirique, tantôt 
profondément religieux et touchant. 

Réaliste satirique. — Le rire, que provoquent la con¬ 
viction d’une supériorité, la constatation d’une faiblesse chez 
autrui, est un attribut essentiel de l’homme trahissant sa 
suffisance. La caricature puise à la même source; elle est 
l’expression graphique de ce penchant; à tous les degrés de 
la civilisation, elle fut le véhicule d’un art réaliste et peut- 
être la première œuvre de nos primates essayant de dessiner. 

Pour ne parler que des âges reculés, rappelons: le sculp¬ 
teur égyptien introduisant dans une grave composition liisto- 
rique,l’image d’une convive immodérée, donnant des marques 
non équivoques de ses excès gastronomiques; le grotesque 
des nombreuses ligures du dieu Bès et de sa face tru- 


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culcntc; les scènes burlesques et les parodies décorant 
certains vases grecs; les grafltti découverts à Rome, à 
Pompéï et ailleurs. Les exemples abondent, l’intention est 
partout la mémo, le style seul différencie; et vous ne 
pourrez admettre qu’il y ait là une caractéristique de 
notre art national. 

Notre confrère poursuit en essayant de démontrer que 
l’action des Francs, au point de vue artistique, eut une 
importance plus grande qu’on ne le croit. Il se demande 
si nos premiers miniaturistes subirent Vinfluence de Cari 
franc , Ici qu'il nous est connu par les bijoux recueillis dans 
les tombes dit vi* siècle découvertes en Belgique. Répondant 
affirmativement à cette question, il exclut l’action anglo- 
saxonne qui ne serait venue que confirmer les tendances 
naturelles de l’art franc. Pour étayer sa thèse, pour prouver 
cette filiation, il invoque d’abord le type physique, le réa¬ 
lisme, l’expression satirique des sculptures gallo-romaines. 
Quels que soient les caractères de la statuette, du bronze 
et du vase d’Herstal, signalés par notre confrère, on ne peut 
en déduire l’influence du décor franc, sur la miniature 
flamande. M. Maeterlinck soutient d’ailleurs, que la civilisa¬ 
tion romaine fut incapable do lutter contre l’art national 
gaulois et ne fut qu’un art de surface et aristocratique, 
que les premières invasions barbares et franques vinrent 
modifier. Mais il a des arguments plus adéquats. Faisant 
passer sous nos yeux de nombreux échantillons de fibu¬ 
les, de boucles de ceinture, etc., il infèro des motifs 
qui les ornent, que les miniaturistes du moyen-âge pro¬ 
cèdent incontestablement de l’art franc. Cette démonstration 
ne paraîtra peut-être pas suffisante. Après un hiatus de 
plusieurs siècles et l’action des influences étrangères, cette 
résurrection serait au moins étrange. Qu’il y ait là un fac- 


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— 110 — 


teur atavique, concourant à la formation d’un style nouveau, 
personne ne songera à le contester, mais parmi les divers 
matériaux mis en œuvre aux époques romane et gothique, 
la décoration franque n'a pas une action exclusive ou pré¬ 
pondérante. Gomme M. Maeterlinck le reconnaît du reste, 
l’Orient semble posséder les titres les plus légitimes à la 
revendication des éléments primitifs de cette décoration. 

Au sujet des manuscrits de la Bibliothèque de Gand, 
cités par notre confrère, nous devons faire remarquer 
qu’ils n'ont peut-être pas l’âge qu’on veut bien leur attri¬ 
buer. D’après le baron de Saint-Génois, l’écriture de la partie 
la plus ancienne de la Vita sancli Amamli serait à peine 
du milieu du ix‘‘ siècle, et Pertz se demande si elle n’est 
pas du x c . Quoiqu’il en soit de la date de ces documents, 
nous n’avons pu vérifier la physionomie franque des entre¬ 
lacs qui les décorent. 

Profondément religieux cl touchant. — Nous n’insiste¬ 
rons pas sur ce second caractère, attribué à l'art national 
par M. Maeterlinck. La religiosité est universelle et répond 
à un besoin primordial de l’âme humaine. Avec des moda¬ 
lités diverses, elle inspire l’artiste le plus primitif et crée 
le type divin matérialisé. 

En terminant ces courtes réflexions, nous tenons à rendre 
hommage au talent mis par notre confrère au service d’une 
thèse peut-être trop tendancieuse. Les styles sont les éta¬ 
pes d’une lente évolution. Si nous pouvons en déterminer 
les caractères à l’époque de leur complet épanouissement, 
il semble téméraire de vouloir pénétrer les arcanes de leur 
génération, surtout d’attribuer une prépondérance exclusive 
à l’un ou l’autre des éléments qui les composent. 

A. Bi.ommTî. 


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sur le Congrès Archéologique de France. 

AGEN ET AUCH 11-18 JUIN 1901. 


Messieurs, 

Votre président ayant eu l’honneur d’être délégué par 
vous au congrès archéologique d’Agen, avait un devoir 
tout tracé: c’était de vous présenter un rapport sur ce 
congrès. Ce devoir, il vient le remplir aujourd’hui en 
rendant compte de la mission dont l’Académie royale 
d’archéologie de Belgique l’avait investi. 

La 08° session des congrès archéologiques de France 
s’est ouverte le mardi 11 juin à Agen, sous la direction 
de la Société française d’archéologie, et elle marquera 
dans l’ère des congrès, déjà si féconde et si remplie, et 
par l’importance des monuments visités et par la valeur 
et l’intérêt des communications faites aux séances. 

Beaucoup d’archéologues avaient répondu à l’appel du 
nouveau président M. Lcfôvre-Pontalis, qui pour la pre¬ 
mière fois occupait la place laissée vide par le décès du 
regretté comte de Marsv. 

Parmi les participants il faut citer M. le comte de Las- 
teyrie, président de l’Académie des Inscriptions et belles 


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112 - 


lettres, professeur à l’Ecole des Chartes, venu de Paris pour 
assister à la journée de Moissac; M. de Villefosse, membre 
de l’Institut, délégué du Ministère de l’instruction publi¬ 
que; M. le chanoine Pottier, président de la Société archéo¬ 
logique de Tarn-et-Garonne; M. Philippe Lauzun, prési¬ 
dent de la Société des sciences, lettres et arts d’Agen, et 
les infatigables membres de tous les congrès : MM. Emile 
Travers, directeur-adjoint, J. Lair, de l’Institut, le comte 
Lair, le marquis de Fayolle, M Adrien Planté, maire 
d’Orthez, et je devrais en citer bien d’autres. Disons aussi 
que nos compatriotes étaient en nombre. MM. Francart. 
Hubert, Hambye et Matthieu, anciens et fervents habitués 
des congrès français, formaient, avec votre président, la 
petite phalange belge, toujours si bien reçue, accueillie avec 
tant de bienveillance, et qui chaque année revient s’instruire 
en parcourant avec la Société française d’archéologie les 
diverses régions de la France, si riche en monuments de 
toute sorte, et où la semence féconde semée par les de 
Caumont et les de Marsy, a germé, développant partout 
le goût de l’archéologie et l’étude des monuments du passé. 

En arrivant à Agen, une agréable surprise nous atten¬ 
dait: c’était un petit guide imprimé pour le congrès et 
dû à la plume savante de M. Philippe Lauzun, inspecteur de 
la Société française d’archéologie, l’un des secrétaires géné¬ 
raux du congrès Ce petit guide, vrai modèle du genre, 
concis, net et cependant notant tout ce qu’il y avait à 
voir, simplifiait beaucoup pour le congressiste le travail 
préparatoire d’orientation au milieu de tous ces monuments 
à visiter. Après chaque description de monument, une note 
bibliographique sur les ouvrages à consulter, et de plus 
des plans très exacts de l’église Saint-Caprais d’Agen, du 
chœur et du transept de Monsempron, de l’église de Moirax, 


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113 — 


de l’église d’Aubiac, de la cathédrale de Lectoure et de la 
cathédrale d’Auch. 

Comment faire un rapport après cela? Le découragement 
nous prenait, le travail était fait d’avance, et si bien fait 
qu’il n’y avait plus rien à y ajouter. Essayons néanmoins, 
en y ajoutant nos impressions et le fruit des savantes 
explications données par les directeurs et organisateurs 
du congrès. 

La ville d’Agen possède plusieurs beaux monuments et 
en première ligne sa cathédrale, l’église Saint-Caprais, 
qui est le plus ancien monument religieux d’Agen et ne 
devint cathédrale qu’au commencement du xix e siècle, après 
la démolition de Saint-Etienne (') se trouvant à l’empla¬ 
cement actuel du marché-couvert (*). 

Saint-Caprais est aptère, sans bas côtés. L’abside, • avec 
trois belles chapelles rayonnantes datant de la seconde 


(1) A propos de la démolition de cette première cathédrale, M. Boudon dr 
Saint-Amans (Essai sur les antiquités de Lot-et-Garonne , p. 131.) signale 
une très curieuse tombe d’enfant, mise à jour au côté droit du chœur par la 
pioche des démolisseurs. Cette tombe renfermait un enfant de 12 à 14 ans, 
complètement revêtu des ornements épiscopaux: robe de couleur violette 
avec bas en broderies, mitre et crosso en bois. Une tombe semblable existe 
dans la cathédrale de Salisbury en Angleterre, mais ce fait est excessivement 
rare. Il s’agit des évêques-enfants, que d’après un usage pieux, mais bizarre, 
certains chapitres d’Espagne, d’Allemagne et plus rarement de France, éli¬ 
saient la veille du jour des saints Innocents. (Voir à ce sujet: Ducangb — 
Glossaire — Episcopus innocentium et Episcopus puerorum — et Bergibr 
Encycl. mèth. théol, , II e paît. I. p. 22). Il est probable que les deux enfants 
d’Agen et de Salisbury, décédés peu de temps après leur épiscopat éphémère, 
ont été inhumés avec les insignes épiscopaux on commémoration du rôle 
qu’ils ont joué. 

(2) Voir la notice de MM. Magrn et Tholin. La place de la Halle à Agen . 
Agen 1882. 


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— li 1 — 


moitié du xn° siècle, est ce qu’il y a de plus remarqua¬ 
ble avec le transept qui date en partie de la même époque. 
On y retrouve les caractères les plus purs de la belle époque 
romane, comme l’a fait remarquer avec justesse M. Lauzun. 

Mais l’église a été remaniée à diverses époques et avec 
un goût contestable. Le sol a été trop exhaussé, les deux 
travées de la nef sont trop courtes, pour les proportions 
du transept. 

La cathédrale possède un superbe cul-de-lampe signalé 
par Viollet-le-Duc ('). Adossée à gauche de la cathédrale, et 
enclavée dans le collège Saint-Caprais, dont elle forme 
actuellement la chapelle, se trouve la belle salle capitu¬ 
laire, aux voûtes d’ogive, supportées par d’élégantes colon¬ 
nes de marbre, aux chapiteaux finement fouillés et qui 
dénotent une influence byzantine accentuée. M. l’abbé Barrère, 
dans son Histoire religieuse et monumentale du diocèse 
d'Agen, a longuement étudié et décrit ces chapiteaux, ainsi 
que ces deux beaux sarcophages chrétiens qui forment le 
joyau de cette petite chapelle. 

L’église des Jacobins (Notre-Dame) est construite en briques 
à deux nefs égales, séparées par une rangée de piliers, 
type qui se retrouve aussi dans l’église des Jacobins de 
Toulouse. Elle date du milieu du xur siècle; ce fut dans 
cette église que fut prêté avec beaucoup de solennité en 
1279, le serment de fidélité à Edouard I er , roi d’Angleterre (*). 

La petite chapelle de Notre-Dame du Bourg, aussi bâtie 

(1) Viollkt-lk-Duc. Dict. raisonné de l'architecture française. IV. 490. 
— Il y donne la gravure de ce cul-de-lampe, orné d’une statue et de 
colonnettes, et recevant deux furmerets et un arc-ogive d’une grande portée. 

(2) Boudon dk Saint-Amans. Essai sur les antiquités du département de 
Lot-et-Garonne. Agen 1859. p. 140. 


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en briques, date du xm c siècle (chœur récent). Il faut des¬ 
cendre six marches pour y pénétrer. 

Les autres églises d’Agen sont: Sainte-Foy, presqu’enlière- 
ment démolie; Saint-Hilaire, transformée actuellement en 
magasin, remarquable par quelques motifs romans à l’archi¬ 
volte de la porte du sud et une absidiole datant du xi e siècle. 
Enfin l’église des Cordeliers qui a été considérablement res¬ 
taurée récemment: église à une nef bordée de chapelles 
latérales et sans transept. La charpente en forme de carène 
de vaisseau renversée est remarquable. 

Lorsqu’on se dirige vers la 
mairie, on est frappé par un 
édifice aux toits pointus, et qui 
semble plutôt être un château 
qu’une habitation de ville. C’est 
l’ancien hôtel d’Estrades(') trans¬ 
formé actuellement en musée. 

Ce musée qui a pour conserva¬ 
teur le zélé M. Momméja, est 
très intéressant à visiter. Une 
notice sur ce musée, rédigée par 
M. G. Tliolin, a paru dans le 
Bulletin monumental en 1885, 

LI e vol., mais depuis lors les col¬ 
lections se sont encore notablement accrues. La pièce capi¬ 
tale est la célèbre Vénus du Mas, statue en marbre décou¬ 
verte en 1877 au Bréguet près du Mas d’Agenais et payée 
4,000 francs. Elle a l m 02 de haut, la tète et le bras droit 



(1) Voir sur les hôtels d* Estrades (dit maison du Roi), de Vaurs (dit de 
Monluc) et do Jean Verges, la notice de M. Tholin. Les anciens hôtels de 
ville et le local du musée d'Xyen Agen 1878. in-8°. 


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— 110 - 


.manquent, le bras gauche est cassé entre la main et le 
coude, ses proportions harmonieuses, le modelé du torse, 
l’attitude si naturelle lui assignent une place parmi les 
beaux produits de l’art grec (‘). 

Tout autour de la grande salle, se trouve une série de 
vitrines renfermant des haches, des bracelets, des fibules, 
et quantité d’objets précieux trouvés dans les environs. A 
remarquer un casque en fer d’une conservation parfaite 
trouvé dans la tombe d’un chef gaulois sur le céteau de 
l'Ermitage prés d’Agen. 

La salle Saint-Amans renferme une série de poteries 
vernissées du xiv c siècle et un beau plat de Bernard de 
Palissy. A noter aussi la collection Combes, pour la pré¬ 
histoire. Au rez-de-chaussée, intéressante cheminée romane 
qui a été trouvée dans une maison de la rue Grande- 
Horloge ; dans cette salle on remarque trois diplômes d’hon¬ 
neur, décernés au consul Claudius Lupieinus, et consistant 
en plaques de bronze rectangulaires avec inscriptions du 
iv c siècle. Elles furent trouvées en 1880 à Monségur, 
arrondissement de Villeneuve-sur-Lot ; le long des murs 
quelques sarcophages chrétiens, un bas-relief représentant 
Apollon et une petite statuette en albâtre, décapitée et 
sans bras. Elle a été trouvée à Tayrac par M. le notaire 
Mourgues et offerte au musée. 

Non loin du musée se trouve l’hôtel de Biaise de Moulue, 
à façade ornée de tourelles, et grande salle avec belle 
cheminée renfermant une bibliothèque assez considérable 


(I) Voir Mém. de la Soc. archèol. de Bordeaux. IV. pl. II. — Bulletin 
de la Soc des antiquaires de France. 1877. p. 100. — Revue des Soc. savantes, 
7 e série, t. l r . 


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— i 17 - 


qui nous a été montrée avec beaucoup d’amabilité par 
le propriétaire M. Recours. 

La bibliothèque de la ville est installée à l’hôtel de ville. 
Elle contient environ 20,000 volumes; nous y avons remarqué 
une bible manuscrite avec lettrines datant de 1312, un manus¬ 
crit de Bernard Guy, compilations sur l’ordre des Domini¬ 
cains, du commencement du xiv e siècle, et provenant du 
couvent des Jacobins d’Auvillars. Un « Dictamen manuel 
de formules, au commencement du xin° siècle. Un incu¬ 
nable recouvert d’une belle reliui’e d’André Boule, malheu¬ 
reusement abimée. Deux reliures à petits fers, aux armes 
de Nicolas de Villars, évêque d’Agen. Une très belle 
reliure aux armoiries pontificales de Buoncompagni (un 
dragon ailé, issant) aux fins arabesques, aux tranches ciselées 
et dorées, recouvrant l’ouvrage de R. P. Joan Feri, ord. 
min. Observât, in sacro sanctum J. C. evangelium secun- 
dum lohannem. Romæ 1577. Elle doit avoir été faite pour 
le pape Grégoire XIII, (1572-1585) ('). Deux volumes de l’at¬ 
las de Blaeu, malheureusement incomplet, (l’atlas doit avoir 
neuf vol.), mais d’une reliure étrange. Ils sont reliés en plein 
veau avec semis de fleurs de lys d’une dimension inusitée 
(six centimètres du haut) treize par plats. On y lit l’inscrip¬ 
tion : Conv. Concept. Capucin. Parisi. Laissé par le R. P. 
Sabbatier. Ce livre ne doit point sortir de la bibliothèque. 
Entre les nervures du dos trois fleurs de lys, entourées de 
vingt-quatre petites. — La bibliothèque possède aussi quatre 
manuscrits du poète Jasmin. 

Les archives départementales possèdent une riche collec¬ 
tion de manuscrits et d’ouvrages généalogiques, léguée par 
la comtesse de Raymond, et la collection de M. A. de 

(1) Voir Platina. Vite dei sommi pontifici, p. 301. 


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— 118 — 


Belleeombe, comprenant une réunion unique de portraits 
reliés en soixante-quatre volumes in-f°. 

La préfecture renferme une très belle collection de por¬ 
traits et de tableaux provenant de l’ancien château des 
ducs d’Aiguillon, on y voit entr’autres un portrait de M nie 
du Barry et deux portraits de la marquise de Pompadour, 
ainsi que deux fort belles gouaches sur cuivre représen¬ 
tant des vues du château du duc d’Aiguillon. Dans une 
rue conduisant à la préfecture demeure un bouquiniste, 
possesseur au fond de sa cave d’une très curieuse mosaï¬ 
que qui aurait sa place tout indiquée au musée. 11 y aura 
probablement eu d’anciens bains à cet endroit et des fouilles 
y feraient peut-être découvrir des substructions curieuses 
de l’époque gallo-romaine; car nous n’avons pu pénétrer 
qu’avec beaucoup de difficultés dans cette cave obscure et 
encombrée d’une foule d’objets. 

Signalons encore la curieuse maison du Sénéchal, à façade 
percée de quatre grandes fenêtres à aventures du xiv c siècle, 
et les Cornières, centre de la vie active, galeries basses 
longeant les maisons et rappelant les galeries si curieuses 
de Berne. 

Le mercredi 12, tous les congressistes sont dès 7 1/2 
heures exacts au rendez-vous donné à la gare d’Agen ; 
car il s’agit de voir une merveille : Bonaguil, le Pierre- 
fonds du Midi. Le train nous conduit jusqu’à Libos, d’où 
des voitures emmènent les congressistes jusqu’à Mon- 
sempron. 

Monsempron, commune d’environ 1,000 habitants, dépen¬ 
dant du canton de Fumel, possède une belle église du 
xii e siècle, mais qui a été remaniée deux siècles plus tard; 
l’abside entr’autres a été remplacée par un chœur du 
xvr siècle. La barbarie de certains chapiteaux, représen- 


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— 110 — 


tant entr’autrcs des animaux affrontés, inspirés évidemment 
par l’Orient, semblerait faire croire à une origine plus 
ancienne, mais cependant il n’en est rien, et on ne peut 
faire remonter l’église au delà de la première moitié du xn e 
siècle, car elle est plutôt, selon M. Tliolin, de la seconde 
moitié. La nef est accompagnée de bas-côtés, dont la 
structure rappelle celle de Moirax, et qui viennent s’arc- 
bouter sur le vaisseau central, divisé en quatre travées. 
Une crypte qui se trouve sous l’église, surélève le transept 
et le chœur. C’est, parait-il, la seule connue du départe¬ 
ment de Lot-et-Garonne avec celle qui existe dans la 
chapelle des Martyrs à Agen. 

L’ensemhle de l’église présente à l’œil un système de 
voûtes des plus varié. La nef et les croisillons sont en 
berceau plein cintre, tandis que les bas-côtés ont un aspect 
qui frappe immédiatement par son originalité. Les vous- 
soirs des arcades de chaque travée le rejoignent aux 
bas-côtés par pénétration, et offrent ainsi une voûte à 
deux arêtes. A gauche, l'absidiole, précédée d’une coupole 
elliptique, est quadrangulaire et a une voûte d’arêtes. A 
droite, l’absidiole précédée également d’une coupole, est 
beaucoup plus intéressante par sa forme pentagonale et 
sa coupole à cinq pans, éclairée par un oculus; elle com¬ 
munique avec la travée droite du chœur. Ces absidioles 
ne sont pas dans l’axe et sont précédées d’un vestibule 
triangulaire communiquant d’un côté au chœur et de l’autre 
au transept, qui est très peu profond et plus large à droite 
qu’à gauche. On a fait subir à l’église de Monsempron 
une forte restauration rendue nécessaire par l’état de déla¬ 
brement de la construction, mais qui a été intelligemment 
conduite. 

Il faut remarquer à l’extérieur la curieuse absidiole de 


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— 120 — 


droite semi-circulaire, aux modillons et aux bandeaux fine¬ 
ment travaillés; elle possède à sa base et au tiers environ des 
arcatures, trois baies de «plein cintre donnant jour dans 
la crypte. On nous a fait remarquer que cette disposition 
architecturale est peut-être uniqfic dans les églises roma¬ 
nes de France. Contre l'église sc trouve le presbytère, 
construction datant de l'époque du chœur, et sur les 
fenêtres de laquelle on voit sculptés les croissants, em¬ 
blèmes de la famille de Larmandie. Près de là, une pierre 
tombale brisée, sur laquelle se voit un éeu engrelé. 

Avant de quitter Monsempron, signalons encore deux 
vieilles maisons avec tour et fenêtres du xvi e siècle ('). 

Dès que les voitures eurent dépassé le village de Couvert, 
au détour d’un rocher l’imposante masse de Bonaguil appa¬ 
rut tout à coup aux yeux étonnés des congressistes, comme 
un décor splendide se détachant sur le ciel bleu avec son 
grand donjon et ses trois tours dominant la vallée. Le 
spectacle est saisissant. L’opinion de Viollet-le-Duc, con¬ 
firmée par M. Philippe Lauzun, place la construction du 
château de Bonaguil dans la seconde moitié du xv e siècle, sur 
remplacement d’un ancien château antérieur du xm c siècle; 
l’acte de prise de possession de l’Agcnnais, au nom du roi 
de France par le sénéchal de Carcassonne en 1271, men¬ 
tionne en effet: Casirum de Boncgails ( 2 ) et l’on retrouve 

(1) Voir sur Monsempron: la Revue de l'A germai s , t. XXIV, p. 289. — 
G. Tholin. Etudes sur Varchéol. rel. de l'Agennais, p. 17. (avec plan) 
— Bulletin soc. archéol - Tarn-et-Garonne , t. XVI. 1888. p. 89. — Ci.kk- 
gkaud. Excursion de la Soc. à Bonaguil, Monsempron , Fumel, etc. — Abbé 
Bàrrère. Hist. du diocèse d'Agen. I. 276. — et Cassany-Mazet. Essais 
stal . et hist. Agen 1889. p. 112. 

(2) Original aux arch. nat. à Paris. Q l n* 254 — Publié dans le Recueil 
de la soc. des science ?, lettres et arts d'Agen t t. XIII. — Mentionné par 
M. Lauzun. Le château de Bonaguil, page 10. Note. 


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Eglise de Monsempron. Absidiole. 


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Cl IA TE A U DE BoNAGUIL. 


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— 121 — 


des traces de ce premier château surtout dans le donjon. 
Ce donjon primitif bâti au-dessus d’une grotte préhistori¬ 
que était entouré de remparts ou palissades. Ce fut sur 
les ruines de ce donjon que Bérenger de Roquefcuil, sur¬ 
nommé Bringon, entreprit d’édifier un château dont les 
moyens de défense défieraient toutes les attaques de l’en¬ 
nemi. Bâti d’un seul jet et en très peu de temps, ce fut un 
des premiers châteaux où l’on employa l’artillerie à feux 
plongeants et rasants. C’est donc un des premiers et un 
des plus intéressants monuments de l’architecture militaire 
en France sous le règne de Louis XI. 

Le travail de M. Lauzun sur le château de Bonaguil est 
un modèle du genre. Après avoir refait et dressé à nou¬ 
veau le plan complet du château, qui avait été donné d’une 
manière défectueuse par Viollet-le-Duc dans le tome III de 
son dictionnaire d’architecture, il en décrit minutieusement 
toutes ses parties. D’abord les défenses extérieures, un fossé 
profond entièrement entaillé dans le roc, la barbacane si 
importante protégeant le grand pont-levis et l’entrée de 
la cour d’honneur; cette barbacane était terminée à son 
sommet par un chemin de ronde au parapet percé de 
meurtrières. 

Au bout de la barbacane une grosse tour ronde vers 
l’extérieur, carrée vers l’intérieur, servait d’arsenal. Après 
avoir traversé la barbacane, l’on se trouve devant des 
fossés très profonds, au-dessus desquels passaient autre¬ 
fois deux ponts-levis, dont l’un est totalement détruit, et 
l’autre remplacé par un pont en pierre donnant actuelle¬ 
ment accès au château. 

On voit aux murs les fentes destinées à recevoir les 
chaînes des ponts-levis, ainsi que les gonds de fer de 
la porte. II n’y a pas trace de herses, mais au-dessus de 


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— 122 — 


la grande porte d'entrée se distinguent dans un rec¬ 
tangle de pierre les traces des armoiries de Roquefeuil, 
brisées à l’époque de la révolution. 

M. Lauzun signale l'habileté de la défense; en effet, plus 
de dix meurtrières convergent leurs feux sur l’extrémité 
du pont-levis au cas où l’ennemi se serait emparé de la 
barbacane. 

M. Lauzun décrit ensuite la grande cour d’honneur dont 
le niveau lui a servi de base pour dresser son plan. Cette 
cour de forme irrégulière se termine à droite par le corps de 
logis et à gauche par le donjon; au fond au pied du donjon 
se trouve le puits d’une profondeur de quarante-huit mètres. 

Le donjon est étudié par M Lauzun d’une façon très 
approfondie, car c’est la partie la plus intéressante du 
château. Ce donjon, assis sur le roc à quatre mètres au- 
dessus du niveau de la cour d’honneur, a une forme des 
plus bizarres, losange irrégulier ou étroit navire dont la 
proue serait tournée vers le nord. Cette comparaison de 
M. Lauzun est des plus exactes, car l'architecte a du suivre 
les contours capricieux du rocher. C’est ici la partie pri¬ 
mitive, et les premières assises du donjon, en pierre plus 
grise ([uo le reste, sont du xm c siècle; d’ailleurs un raccord 
se voit distinctement à mi-chemin de l’escalier accolé à 
l’extérieur du donjon et menant à la tourelle contenant 
l’escalier à vis donnant accès aux étages supérieurs. L’esca¬ 
lier à vis était séparé par un petit pont-levis de l’escalier 
droit et une meurtrière placée au-dessus de la porte de 
cette tourelle plongeait sur les marches de l’escalier extérieur. 

A l’intérieur du donjon l’on voit une grande salle voûtée 
en croix; à gauche réduit triangulaire aux murs très épais 
qui offre tous les caractères du xnr siècle et ressemble 
au donjon de Madaillan; à droite autre salle triangu- 


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Bonaguil. Vue d’ensemble. 


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BüNAfiUlL. Toru CARHKK DIT K DE l/( >HATOIRE. 


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123 — 


laire, éclairée par une meurtrière ayant la forme d’une 
croix pattée. Les mêmes dispositions se retrouvent au premier 
étage et au second étage dont la voûte en croisée d’ogive 
supporte la plate-forme. De vastes cheminées à man¬ 
teau superposées se retrouvent dans les grandes salles du 
milieu. La plate-forme, d’où l’on a une vue magnifique sur 
tout le pays d’alentour, était autrefois dallée, mais le dal¬ 
lage a été remplacé par du ciment. A l’angle nord du 
donjon s’élève la petite tour ronde dominée elle-même 
par un « guette *, c’était là que flottait jadis l’étendard du 
puissant seigneur de Bonaguil. On y a une excellente vue 
d’ensemble de tout le château. 

Redescendant du donjon, l’on traverse la cour d’hon¬ 
neur (comme à Pierrefonds, le donjon établit une sépa¬ 
ration entre deux cours). En face du donjon une tour 
ronde à belle porte ogivale donne, par un escalier à vis, 
accès aux divers étages du corps de logis, où étaient les 
appartements du seigneur. 

Long rectangle divisé en diverses pièces, et flanqué de 
trois tours, la plus petite ronde à l’angle extrême du 
château faisait partie des appartements privés, on voit 
encore des traces de feu dans les cheminées noircies. 
C’était la tour dite la tour rouge. 

Au milieu la tour carrée, où se trouvait au siècle der¬ 
nier l’oratoire; on y a accès par un couloir communiquant 
directement avec l’escalier à vis. 

Tout au bout à droite, donnant vers la barbacanc, se 
trouve la grosse tour ronde qui est avec le donjon la 
partie la plus importante au point de vue de la défense. 
Ses mure épais mesurent plus de trois mètres, on y pénètre 
en traversant la grande salle d’armes, longue de douze 
mètres, large de six, et qui est encore remarquable par 


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sa belle cheminée, conservée intégralement. Au haut de 
la tour étaient les chemins de ronde couverts, avec mâchi¬ 
coulis et créneaux. Les consoles ne sont plus de simples 
corbeaux, mais de gros encorbellements, des pyramides 
posées sur la pointe, résistant mieux aux boulets que les 
supports des premiers mâchicoulis, forme fort rare signalée 
par Viollet-le-Duc (*). 

Après avoir étudié le château proprement dit, M. Lauzun 
passe en revue les défenses extérieures. 11 y a d’abord un 
boulevard large de dix mètres, et destiné à recevoir les 
pièces de canon. Il part de l’angle de la tour carrée, 
contourne la tour rouge, en face de laquelle il forme une 
sorte de bastion garni de meurtrières à feux rasants, et 
aboutit aux deux ou trois corps de logis bâtis en contre¬ 
bas du donjon, et d’une époque qui semble plus récente 
que l’ensemble du château. Le boulevard reprend ensuite 
à angle droit, pour contourner les deux tours rondes, 
reliées par un bâtiment rectangulaire nommé les loges, 
et qui complètent de ce côté la défense du château. Ces 
bâtiments entourent une grande cour oblonguc, dite basse 
cour, se trouvant au pied du donjon de l’autre côté de la 
cour d’honneur. 

De l’extrémité du boulevard jusqu’à la grosse tour ronde, 
existent de grands fossés longs de soixante-dix mètres, pro¬ 
fonds de dix-sept mètres, dans lesquels il faut descendre pour 
arriver au pied de la grosse tour et admirer l’aspect gran¬ 
diose de ce côté du château. Au fond de ce fossé croissent 
quelques peupliers dont les tètes émergent des bords et 
dépassent à peine les parapets du pont qui conduit à l’entrée 


(1) Violletlk-Duc. Di et. raisonné de l'architecture française , t. III, 
p. 167. — On trouve jointe & cette notice une vue cavalière du château. 


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Bonaguil. Porte d’accès sur les boulevards 

EXTÉRIEURS AU SUD-EST. 


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lk)NA<;riL. Tour du nord-est. 


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de la grande cour d’honneur. A l’extrémité de ce profond 
fossé se trouve une porte par laquelle on arrive à une 
plate-forme s’étendant aux pieds des tours ronde et carrée; 
elle est soutenue vers la vallée par de grandes arcades 
cintrées que l’on aperçoit de loin en arrivant. M. Lauzun 
considère cette plate-forme comme un des plus beaux ouvra¬ 
ges de défense de Bonaguil. 

Nous avons résumé aussi succinctement que le permettait 
l’ensemble si compliqué de ce remarquable château d’après 
ce que nous avons vu, d’après le travail de M. Lauzun, 
et d’après les explications si claires et si nettes données 
sur les lieux mêmes par l’auteur de cet excellent travail, et 
de plus nous avons la bonne fortune de remettre à la biblio¬ 
thèque de l’Académie un exemplaire de la troisième édition 
du travail de M. Lauzun, qu’il nous a gracieusement offert. 
Ce travail, outre la description du château, donne la généa¬ 
logie des seigneurs de Bonaguil, depuis les Roquefeuil 
jusqu’aux Fumel, derniers possesseurs avant la révolution, 
— le tout étayé sur pièces justificatives. 

Actuellement Bonaguil appartient à la commune de Fumel, 
des restaurations nécessaires ont été faites et seront con¬ 
tinuées, sauvant ainsi de la destruction ce joyau féodal du 
sud-ouest de la France. 

De nos voitures, longeant les sinuosités du Lot l’on aperçoit 
au loin sur les coteaux de la rive gauche, les tours de 
Perricard qui s’élèvent à l’horizon. Après de longs détours 
nous arrivons au pied des ruines de ce joli château de la 
Renaissance. 

Le mot ruines est peut-être un peu fort, car le château 
est habité et a été divisé en deux habitations, mais.... 
quantum mutaius ab illo! 

Deux propriétaires possèdent actuellement les bâtiments: 


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1*20 — 


M. Mossac et M. Cavallier; ils ont heureusement. conservé 
sans y rien changer ce qui reste de l’ancienne splendeur 
de Perricard. On peut encore y voir une haute cheminée 
ornée des armes des premiers seigneurs, ainsi que de beaux 
plafonds polychromes. Les armes des Raffin, qui ont bâti ce 
manoir fortifié, se voient encore en plusieurs endroits et 
offrent des particularités à signaler. Les armoiries de cotte 
famille sont: d’azur à la fasce d’argent accompagnée de 
trois étoiles à cinq rais d’or, rangées en chef. Or dans le 
château même nous voyons trois variantes: sur le manteau 
de la cheminée, les armes qui sont entourées d’une cou¬ 
ronne ou guirlande ont de plus en pointe un meuble 
difficile à déterminer (croissant, tête ou globe?); à un autre 
endroit les armes qui sont surmontées d’un casque de forme 
particulière et ayant comme cimier un panache formé de 
deux grandes plumes inclinées ont cette fois-ci deux fasces 
au lieu d’une. Enfin une troisième variante se remarque: 
les armes sont parties au 1 er à deux fasces, accompagnées 
d’une seule étoile en chef, et au 2 mc à une tour surmontée 
d’un lion. Et partout, aux portes, aux cheminées, une 
élégante ornementation où se trouvent prodiguées des roses 
ou rosaces fortement fouillées et des hâtons écotés. A 
signaler aussi sur une des cheminées du premier étage une 
curieuse peinture représentant des hommes casqués et 
armés, et des canons ou couleuvrines de forme très allon¬ 
gée. On voit aussi des traces de polychromie dans la 
chapelle. 

Ce château qui était bâti sur un plan rectangulaire était 
flanqué aux angles de trois tours rondes et d’une tour 
carrée. Une des trois tours rondes a été démolie, mais 
les deux restantes sont caractéristiques. L’une d’elles est 
masquée à sa hase par un vaste hangar à chariots et le 


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CHATEAU DE PERRICARD. 








Perricard. La grosse tour. 


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haut en est fort délabré elle n’offre plus aucun détail saillant. 
L’autre est remarquable par ses mâchicoulis encore intacts 
à corbeaux cannelés verticalement. 

Les corbeaux sont soutenus par une frise d’une ornementa¬ 
tion assez remarquable, car elle dénote l’influence italienne 
encore rare à cette époque et dans ces contrées. Outre 
ces meurtrières, deux larges baies, divisées chacune par une 
petite voûte et superposées, éclairent la tour à l’intérieur. 

Le château, terminé en 15G3, fut bâti par les Raffln, 
selon une inscription qui n’existe plus, mais que nous signale 
M. P. Lauzun, dans son excellent petit guide archéologique 
du congrès d’Agen (’). Ce château passa des Raffln aux 
Lac de la Pernède, puis aux Salignac-Fénelon, aux du Bos- 
redon, aux La Goutte de la Panjade, puis aux Montalem- 
bert, desquels il passa aux la Sylvestrie et aux Neymet. 

Puisse un jour une restauration intelligente rendre à ce 
château le caractère qu’il avait au xvi* siècle, et éviter une 
ruine totale vers laquelle il semble lentement s’acheminer ! 

De Perricard nous revenons à Fumel d’où l’on repart 
après avoir dinô, aux sons de la musique des pompiers de 
la ville, pour Agen où le train nous ramène à dix heures 
du soir. 

La première étape de l’après-midi de jeudi est Moirax, 
village dépendant de Laplume, qui possède une église fort 
intéressante datant du milieu du xi* siècle. 

L’intérieur est à trois nefs et remarquable par la justesse 
de ses proportions, mais la voûte de la nef centrale n’est pas 
la voûte primitive; elle serait en berceau simple; or, elle est 
en berceau légèrement brisé. Les deux bas côtés ont des voû- 


(1) Voir aussi : Revue de l'Agen nais, t. XXIV, p. 385. — Le château 
de Perricard en Agennais, par MM. Thoi.in et Lauzun. 


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— 128 — 


tes d’arête. Dans la partie centrale du transept, la tour-lan¬ 
terne primitive a été remplacée vers la fin du xv e siècle par 
une voûte ; au xi' siècle les croisillons n’étaient pas voûtés, 
et les deux chapelles des croisillons ne correspondent pas 
aux nefs latérales, elles sont dans l’axe des murs exté¬ 
rieurs. Les absidioles sont très pures, mais n’ont pas l’in¬ 
térêt de celles que nous avions vues à Monsempron. L’on 
remarque au chœur une coupole du plus haut intérêt, 
au sommet conique sur une base sphérique, mais dont la 
partie supérieure a été très remaniée; la travée a trois 
étapes, d’abord colonnes aux chapiteaux ornementés sup¬ 
portant deux arcades, tout autour court un bandeau fine¬ 
ment sculpté, puis un rang de fenêtres en plein cintre, à 
fines colonnes aux chapiteaux décorés de motifs empruntés 
au règne végétal ; modifions sur les tailloirs des chapiteaux; 
au troisième rang un oculus, puis la coupole sur trompes. 
Toute cette ornementation se répète à l’extérieur, comme on 
peut le voir par la photographie prise par nous et que nous 
reproduisons ici. L’abside en cul-de-four est éclairée par 
cinq fenêtres en plein cintre, à l’extérieur autour de l’ab¬ 
side ravissants modifions. 

Pour bien juger de cette intéressante église actuellement 
bien restaurée, il faut se placer au bout du mur longeant 
le terre-plein à gauche, derrière l’abside, et de là on 
embrasse d’un seul coup d’œil l’ensemble de cette vieille 
chapelle du prieuré fondé en 1049 par Guillaume Arnaud, 
seigneur de Moirax ('). 


(1) Voir sur l'église de Moirax : M. l’abbé Serrbt. Monogr. de l’église 
de N . D. de Moirax. 1889. — Bulletin monumental, 1870. D. VI. p. 310. 
Notice par M. G. Tholin. — Congrès archéol. de France, XLI. 1874. — 
Bourousse de Laffore. L'église de Sainte-Marie de Moyrax, p. 67. 


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Moissac. Le cloître. 



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L’église d’Aubiac ('), romane et fort bien conservée, est des 
plus intéressantes à visiter, car elle offre le type très rare 
d’un chevet trèfle. Cette forme de plan remonte aux ori¬ 
gines même du christianisme, on en retrouve une application 
à la crypte de Saint-Laurent, de Grenoble, à la chapelle 
de Germigny-les-Prés dans l’Orléanais (datant de l’an 80G), 
et dans la basilique de Timersaga en Algérie. Au xi e siècle, 
ce plan persiste encore (cathédrale de Noyon; Saint-Macaire 
en Gii'onde). La dernière manifestation se retrouve à l’abbaye 
de Chaalis près d’Ermenonville (Oise). 

La nef est simple avec gros pilastres carrés, et décorée 
de six fausses arcades. On voit le collage de la maçonnerie 
dans la nef qui indique les deux époques. La nef est voûtée 
d’un berceau légèrement brisé et divisé par un seul arc 
doubleau, mais il n’y a pas de bas côtés. Un bandeau 
règne le long des impostes. 

L’axe du chœur dévie à droite, reproduisant ainsi cette 
tradition plusieurs fois l’appelée dans les églises du moyen- 
âge de la tête du Sauveur en croix inclinée sur l’épaule (*). 

(1) Voir sur l’intéressante église d’Aubiac: G. Boukt. Notice sur l'église 
d'Aubiac. Bulletin monumental. 1870 D. VI. p. 359. —G. Thoijn. Notice 
dans la Revue des Sociétés savantes. 4 e série, t. IX, avec 3 planches. — 
Bourolsse de Lafpore. Notice dans le Congrès archéol. de France. 1874. 
XLI. p. 73. 

(2) Comme exemple cette déviation du chœur est très nettement accusée 
à l’église Saint-Nicolas à Bruxelles, mais a été nécessitée par une question 
de voirie. Vioi.lkt-lb-Duc, (Dict. rais . de Varch. franç. V. 235.) réfute 
il est vrai cette opinion, en disant que Guillaume Durand, l’auteur du 
moyen-âge qui pouvait le mieux en donner les raisons, car il applique 
à chaque partie do l’église une signification symbolique, n’en dit mot ; 
mais tout en faisant abstraction des cas où cette déviation était nécessitée 
par des substructions antérieures, par défaut de place, et même par suite 
d’erreur, nous croyons qu’au xu« siùclo il faut tenir compte du symbo¬ 
lisme qui se manifestait partout et jusque dans les moindres détails. 


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C’est surtout du haut des marches de l’autel que l’on 
embrasse la disposition singulière du sanctuaire; l’on se 
trouve au milieu d’un carré, dont les quatre côtés sont 
formés par quatre arcades de même cintre et de hauteur 
uniforme, l’une s’ouvre sur la nef, les trois autres sur des 
absides voûtées en coupoles hémisphériques et lorsqu’on 
élève le regard vers le haut on est frappé par la vue d’une 
coupole unique peut-être, car elle porte sur le dos de deux 
arcs en plein cintre se croisant perpendiculairement et 
partant du centre des murs; quatre colonnetles reposant 
sur un bandeau supportent les sommiers de ces arcs et 
chaque colonnclte est accostée de deux baies; le bandeau 
intérieur est trop orné pour être du xi® siècle, il doit 
dater du xn c siècle. Les sculptures des chapiteaux des 
colonnettes sont très belles, et parmi les oiseaux et les 
feuillages qui les décorent, il y a deux beaux lions. 

Cette coupole sphérique sur pendentifs dont les axes 
transversaux dessinent une croix accusée en saillie sur 
l'intrados des voussoirs supporte le clocher de l’église 
qui n’est pas très élevé et percé de huit fenêtres en 
plein cintre. 

Les trois absidioles sont recouvertes à l’extérieur d’un 
dallage de pierres posées en retraite. La base de l’absi- 
diole centrale est presqu’entièrement masquée par un bâti¬ 
ment carré servant de sacristie, laissant les modillons seuls 
visibles. L’ornementation des modillons, ainsi que les con¬ 
treforts des absidioles, démontrent bien que l’église fut 
construite au commencement du xi e siècle, mais comme le 
dit M. Tholin (*), la disposition du plan la rattache à 
une famille d’édifices plus anciens, car elle doit avoir été 


(1) lie vue des Soc. savantes , 4 e séiie t. IX, p. 84. 


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rebâtie sur les substructions d’une église antérieure datant 
de l’époque carolingienne. 

A droite de l’entrée de l’église s’élevait le château sei¬ 
gneurial qui appartint successivement aux maisons de Galard, 
de Lart et de Narbonne, mais il n’en reste plus que quelques 
pans de murs. 

Nous voici maintenant devant la porte d’entrée du ch⬠
teau d’Estillac. C’est avec émotion que l’on franchit ce 
seuil et que l’on pénètre dans cette vaste cour au fond de 
laquelle dans l’angle de gauche on aperçoit déjà cette espèce 
de chaire en balcon circulaire supportée par un cul-de- 
lampe, d’où Monluc haranguait ses soldats, car tout ici 
vous parle du célèbre maréchal de France. 

Déjà nous avions pu voir partout vivant le souvenir de 
Monluc: à Agen l’hôtel de Monluc avec sa façade à tou¬ 
relles, à Madaillan les destructions causées par le rude assaut 
qu’il avait livré à cette forteresse, et en tant d’autres endroits 
des traces de son passage, mais ici nous sommes dans la 
vieille demeure de ce grand homme de guerre. Biaise 
de Lasseran de Massencomme, issu de la maison de Mon¬ 
tesquieu, seigneur de Monluc, maréchal de France, lieute¬ 
nant-général au gouvernement de Guyenne, avait hérité 
de sa mère Françoise, dame d’Estillac, du domaine des 
Galard et des d’Albret ('). 

Après avoir guerroyé en Italie sous Lautrec, après avoir 
assisté au combat de la Bicoque, à la bataille de Pavie, 


(1) Voir sur Monluc: Ses commentaires. — Le P. Anselme. — Moréri, 
dict édit, de 1749. — L’histoire de de Thou. — Les Môm. de Brantôme. 
— Boukroussr. Nobil. de Guyenne, etc., ainsi que les Soirées Archéol. de 
la Soc. du Gers, VIF, p. 22, (lettres inédites d’Isabeau de Beauville, seconde 
femme de Biaise de Monluc.) 


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— 132 


puis aux guerres de Provence, aux sièges de Perpignan, 
de Casai, de Carignan, à la bataille de Cérisolles, après 
la brillante défense de Sienne qu’il ne rendit qu’à la dernière 
extrémité, Monluc réduisit son champ d’action à la Guyenne. 
Il y avait été nommé lieutenant du roi. Ennemi acharné 
des Huguenots, Monluc leur fit durant vingt ans une rude 
guerre et gagna entr’autres sur eux la bataille de Ver, 
où il leur tua plus de 2.000 hommes. Un de ses plus beaux 
faits d’armes fut la destruction du pont de la Garonne 
près d’Aiguillon qui empêcha le passage de l’armée des 
Huguenots. Mais peu après il fut dangereusement blessé 
au visage à la prise de Rabasteins et resta défiguré poul¬ 
ie reste de ses jours. 

Il s’était retiré dans son château d’Estillac qu’il affec¬ 
tionnait particulièrement, en avait relevé les murs et l’avait 
entouré d’une enceinte bastionnée, selon les plans qu’il 
avait pu étudier de près en Italie et notamment à Sienne 
et qui étaient alors inconnus en France. Monluc établit ses 
fameux bastions le long de deux nouveaux corps de logis 
qu’il édifia sur le prolongement des anciennes courtines 
de chaque côté de la cour d’honneur. Deux grandes tours 
de forme arrondie défendaient le château au nord. 

A l’intérieur d’une des tours se trouve le grand esca¬ 
lier à vis conduisant aux appartements de Monluc, sa chambre 
est petite, étroite et sombre. D’ailleurs à l’intérieur nulle 
ornementation; une vaste cuisine remarquable par ses voûtes 
en briques à nervures de pierre, une chapelle autrefois 
avec voûtes en ogive, et une chaire unique au monde, se 
trouvant à l’angle de la cour d’honneur et communiquant 
au palier de l’escalier, d’où Monluc, d’après la tradition, 
haranguait les soldats. La caractéristique de ce château 
guerrier était: pas d’ornementation, et tout pour la défense. 


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A l’extérieur, au pied d’une des grandes tours, se voit 
la tombe de Biaise de Moulue, tombe en marbre représen¬ 
tant le maréchal étendu, la tète reposant sur un coussin, 
son casque posé à côté et les mains jointes. Il n’y a 
d’ailleurs pas été enterré, car il mourut âgé de 77 ans 
à l’évêché de Condom, chez son fils, le 2G août 1577, 
après avoir servi cinq rois durant cinquante-deux ans. C’est 
à Estillac, dans la retraite après une vie aussi mouvemen¬ 
tée, qu’il écrivit ses mémoires connus sous le nom de 
Commentaires. Il avait testé à Agen, le 22 juillet 1570. 

Actuellement ce château, après avoir passé des mains des 
Moulue, aux Lauzières-Themines, aux d’Escoubleau de Sour¬ 
dis, aux de Marans, aux Montandouin et aux de Brondeau 
d’Urtières, est devenu la propriété de M' nc de la Roche, 
qui a reçu les congressistes avec beaucoup d’affabilité. Une 
très belle bibliothèque et une collection de monnaies y 
existaient anciennement, mais ont été vendues il y a quinze 
ou vingt ans ('). 

Après la visite du château, les congressistes remontent 
en voiture, et redescendant la colline où s’élève le château 
d’Estillac, vont reprendre au bas de la pente la route de 
Nérac à Agen, pour passer au pied des belles ruines du 
château de Roquefort, voisin et rival d’Estillac. 

Le temps manque malheureusement pour s’y arrêter, car 

(1) Le château d’Estillac a été décrit par M. dk Bouroussb dk Lakhokk, 
Congrès archéologique de France , t. XLI. (1874-71). p. 72; par MM. Tholix 
et Lauzux, Bulletin monumental. 1807. p. 5. Deux bonnes phototypies 
accompagnent ce dernier travail. Voir aussi un autre travail de M Tholin. 
Abrégé de Vhistoire des communes du département de Lot-et-Garonne. 
Arrondissement d’Asen. p. 52. 

Le sceau de Biaise de Monluc a été décrit par M. La Pi.agnk-Bakkis. 
Sceaux gascons, p. 397. 


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ccs ruines seraient intéressantes à visiter. Nous contour¬ 
nons la hase des pentes rapides que domine le château. 
Trois enceintes superposées se distinguent au nord, et le 
tout est couronné par une haute tour carrée bien conser¬ 
vée. Ce château était déjà en ruines en 15(35, et paraît 
remonter au xiii e siècle. Il appartient depuis trois siècles 
à la famille de Montesquieu. La roule suivie depuis Aubiac 
est fort intéressante, car du fond de la vallée nous voyons 
se profiler la chaîne de collines, que nous longeons et dont 
la crête est dominée par trois points culminants, d’abord 
la tour d'Aubiac, puis au milieu le château d’Estillac, et 
enfin, sur le dernier éperon de cette suite de collines 
rocheuses, la grande tour carrée de Roquefort. 

On nous signale aussi entre Roquefort et Estillac, les 
restes d’une pile gallo-romaine portant le nom de Tourasse. 

Le vendredi 14, les congressistes partaient de bonne heure 
en voiture pour aller visiter le château de Madaillan, situé 
à deux lieues au nord d’Agen. 

Les ruines du château se dressent sur une colline élevée 
et dominent le pays d’alentour. Pour bien juger de ce 
qui reste du château et de la curieuse tour à éperon aigu 
encore debout, il faut pénétrer dans une vigne voisine d’où 
l’on a un excellent aperçu général de l’ensemble. 

Ce château de Madaillan qu’il ne faut pas confondre 
avec d’autres Madaillan existant aussi dans l’Agenais (*), 


(1) Plusieurs châteaux ou fiefs portant le nom de Madaillan existaient 
dans l’Agenais, Outre Madaillan près d’Agen, il y avait Madaillan de la 
Sauvetat, situé entre la Sauvetat-du-Drot et Miramont, ancienne paroisse de 
Saint-Romain, commune de Roumagne, dont il ne reste plus traces; Madail- 
lan-Vieux, antérieur à 1250 et Madaillan du Bazadais d’où vinrent les Madail- 


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CHATEAU DE MADAILLAN. 


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appartenait dès le xin* siècle aux seigneurs du Fossat. 
Remanié à diverses époques, sans unité de plan, offrant 
un ensemble étrange avec son grand donjon carré, dominé 
lui-même par une haute tour à éperon dont un des côtés 
s’est écroulé; ce château gascon serait difficile à étudier si 
nous n’avions l’excellente monographie de MM. Tholin et 
Benouville, qui nous permet de suivre les diverses phases 
de l’histoire de Madaillan. Six planches jointes à cette étude 
nous montrent le château à diverses époques, au xiii" siècle 
forteresse carrée dominée par une tour à éperon et entourée 
de trois côtés d’une palissade défensive. Au xiv" siècle 
viennent s’adjoindre divers bâtiments, la forteresse change 
de forme, 'une tour carrée s’ajoute au nord et se rattache 
à la tour pentagonale par un bâtiment oblong, les palis¬ 
sades ont été remplacées par une enceinte crénelée. Plus 
tard encore le grand donjon carré viendra fortifier les 
constructions existantes. Le château s’étendait, comme le 
dit M. Tholin ('), en raison directe de la puissance de 
ses seigneurs. 

Vers la fin du règne de Philippe de Valois le château 
avait atteint son complet développement (*) et il ne fut plus 
modifié jusqu’à son démantèlement, (pii fut opéré à coups 
de mine comme l’indique la nature des ruines. 

Madaillan appartint successivement aux du Fossat (1285- 
1384), aux Montpezat (1405-1520), aux Mayenne (1580), puis 


lan de Lesparre, les Madaillan de Cancon et les Madaillan de Montataire. 

Voir: Andrieu. La révolte des Croquants de 1637 . Madaillan de la Sau- 
vetat et les ducs dCEpernon. Agen 1804. — Benouville et Tholin. Un ch⬠
teau gascon au moyen-âge, 1887. 

(1) Tholin et Benouville. Etude archéologique sur le château de Madaillan, 
p. 3. 

(2) Ibid., p. 15. 


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aux ducs d’Aiguillon « 1037-1780), et les archives de cette sei¬ 
gneurie ont passé des ducs d’Aiguillon entre les mains de 
M. le marquis de Cliabrillant. La propriété du château 
passa ensuite à M. de Bourrousse de Laflore, le généa¬ 
logiste bien connu, et enfin à M lle Garreau, qui y a fait 
faire récemment quelques travaux de restauration et y a 
rassemblé quelques meubles anciens et antiquités formant 
un petit musée intéressant. 

Le château de Madaillan a subi plusieurs sièges. Trois 
d’abord qui se suivirent de près: en 1338, 1352 et 1354. 
Puis vient le siège mis devant Madaillan par le célèbre 
Biaise de Monluc en 1575, mais qui ne put s’en emparer. Ce 
siège dura vingt-quatre jours et a été décrit longuement 
par MM. Tholin et Benouville (*). La série des barons de 
Madaillan jusqu’au xv® siècle a été donnée par MM. de 
Belleeombe et Tholin ( 1 2 ). 

En rentrant de l’excursion, les congressistes s’arrêtent 
quelques instants à la petite église de Gardonnet, dont 
l’abside du xii c siècle, est garnie extérieurement de modil- 
lons curieux. Des armoiries sont sculptées sur un de ces 
modillons. 

La partie la plus intéressante du congrès a été certai¬ 
nement la visite de l’église de Saint-Pierre de Moissac, 
avec son cloître si remarquable et son portail unique que 
tous nous connaissions déjà par le moulage se trouvant à 
Paris au Trocadéro. 

En sortant de la gare, les congressistes se sont d’abord 
arretés à la petite église de Saint-Martin, curieux vestige 


(1) Etude archéologique sur le château de Madaillan, chap. III, p. 39. 

(2) Abrégé de l’histoire des communes du département de Lot-et-Garonne. 
Arrondissement d’Agen. Auch ?900. p. 128. 


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Moissac. Eglise latine antérieure a l’an 1000. 


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de l'époque carolingienne, mais fortement remaniée au xv e 
siècle (date du portail). Des deux côtés, massifs cylindri¬ 
ques très anciens, et antérieurs à l’an 1000; à l'intérieur: 
vie de Notre Seigneur, peintures murales du xv e siècle. 
On ne s’y arrête que quelques instants, tous étant atti¬ 
rés par les splendeurs du cloître de Moissac. 

Lors de la fondation les moines avaient admirablement 
choisi l’emplacement sur les bords du Tarn, dans un endroit 
pourvu d’une source d’eau abondante et pure, et aux pieds 
d’un contrefort escarpé et très élevé, les préservant com¬ 
plètement des vents et des tempêtes. Le premier monastère, 
qui avait été fondé par saint Amand, fut complètement 
détruit par les Sarrasins au vin* siècle. Plus tard Louis le 
Débonnaire, ayant pris possession du royaume d’Aquitaine, 
réédifia le Mouslier détruit et reconstruisit l’église sur de 
plus vastes proportions. 

Une inscription encastrée dans le mur du cbcvetdc l’église 
au côté de l’cvangile se lit encore et seule a subsisté de 
l’édifice de Louis le Débonnaire. 

On y lit : 

liane libi Chrisle Dcus rex insliluit Clodoveus 
Auxit muni ficus post hune donis Ludovicus. 


Mais en l’an 1030, l’église s’écroula toute entière, et il 
ne resta rien des constructions primitives. 

Ce fut alors que saint Durand, abbé de Moissac et évê¬ 
que de Toulouse entreprit la construction de l’église abba¬ 
tiale de Saint-Pierre de Moissac, dont la dédicace eut lieu 
en 1003. 

Comme nous ont fait remarquer les archéologues émi- 


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nents qui dirigeaient le congrès, la date de la dédicace 
n’implique en rien la date de l’édifice. Car très souvent 
on consacrait au culte une église encore inachevée, et 
pour Moissac lorsque l’on a discuté sur place la date du 
célèbre portail, l’un des plus riches en architecture et en 
sculpture que l’on voit en France, M. de Lasteyrie et 
le chanoine Pottier sont tombés d’accord pour lui attri¬ 
buer une date plus récente et reculer de près d’un siècle 
sa construction, qu’ils ont placée au milieu du xii® siècle. 
Et là, devant ce portail, nous avons assisté à une véritable 
joute archéologique, malgré le soleil chauffant en plein 
midi et qui avait succédé à la pluie battante du matin. 
Deux cents congressistes, dont le nombre était grossi encore 
par les habitants de la ville, écoutaient la parole chaude 
et vibrante du chanoine Pottier, qui, monté sur une chaise 
pour mieux se faire entendre, expliquait et discutait avec 
M. de Lasteyrie, professeur à l’Ecole des Chartes, les diffé¬ 
rents détails si typiques, si caractéristiques ae ce splendide 
portail, trouvant d’après les sculptures, d’après les moindres 
indices, des preuves à la date qu’ils assignaient à l’édifi¬ 
cation du portail. Ainsi un point important a pu être élucidé 
sur place: le linteau supportant le tympan, et qui était 
depuis longtemps sujet à de nombreuses et vives discus¬ 
sions, a été prouvé antérieur au portail. Il a été démontré 
par M. le comte de Lasteyrie que le linteau était sculpté 
sur trois faces; or la partie cachée par le tympan, pour¬ 
quoi aurait-elle été sculptée puisqu’elle était destinée à 
être masquée? La partie visible aura été quelque peu rema¬ 
niée par après. Les huit élégantes rosaces qui s’admirent 
au-dessous du tympan ne sont pas à égale distance les 
unes des autres et les deux du centre ne correspondent 
pas complètement avec le trumeau soutenant le linteau. 


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Moissac. Eglise Saint-Pierre. 


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Les deux premières rosaces se touchent presque, la troi¬ 
sième est distante de quelques centimètres do la deuxième 
et de la quatrième, la quatrième et la cinquième reposant 
sur le tailloir se touchent, la sixième est tout à fait sépa¬ 
rée, enfin les deux dernières se touchent aussi. Les ara¬ 
besques et les rinceaux qui les séparent, sont d’une époque 
antérieure et correspondent aux dessins reproduits sur la 
partie cachée au-dessus, et dont l’existence vient d’ètre 
constatée par M. de Lasteyrie. D’ailleurs les sculptures du 
linteau se poursuivent au-dessus du tailloir, il est donc 
évident qu’il n’a pas été fait pour là. 

Il a été copié probablement d’un antique et Viollet-le- 
Dtic l’a assimilé aux plus belles sculptures grecques ('). 

Le large trumeau qui soutient le linteau représente trois 
couples superposés de lionnes posées en sautoir. Les deux 
montants du portail offrent cette particularité qu’au lieu 
de présenter des lignes perpendiculaires ils sont compo¬ 
sés chacun de quatre arcs de cercle; à droite et à gauche 
Isaïe et saint Pierre. 

Au-dessus se trouve un véritable poème de pierre, ce 
magnifique tympan qui frappe et qui fascine. Le ciseau 
de l’artiste y a reproduit la description du ciel d’après 
l’apocalypse de saint Jean. 

Au centre, le Seigneur, assis, la main droite levée pour 
bénir, la gauche appuyée sur un livre. Les quatre ani¬ 
maux évangéliques autour de lui, et deux anges debout 
à ses côtés (*). 

Rien n’est plus mouvementé que cette admirable série 
d’apôtres et de vieillards tenant des cithares et des cou- 


(1) VtoM.BT-LR-Duc. Dict. rais. de l'architecture, VII, p. 391, en note. 

(2) Ibid. I, p. 21. III, p. 243. 


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pes de parfums. Ces vingt-qualre figures sont vivantes 
d’expression et toutes ont le regard tourné vers le Sei¬ 
gneur et sont absorbées dans la muette contemplation do 
la majesté divine. 

Cette scène apocalyptique d’ailleurs a été souvent repré¬ 
sentée à l’entrée des grandes églises au moyen-âge. 

Sur les parois de gauche et de droite diverses scènes 
sont représentées. Et ce qu’il y a de plus remarquable 
ce sont des scènes de démonologic : hideux démon cornu 
aux jambes munies de nageoires do poisson, aux pieds de 
lion; à côté de lui une femme nue, les seins dévorés par 
deux affreux serpents. Les mains crispées et tordues de 
la malheureuse, sa figure contractée d’effroi, indiquent 
avec un réalisme artistique les tourments qu’elle endure. 

L’avarice, personnifiée par le mauvais riche, occupe deux 
autres panneaux. Le plan supérieur offre la parabole évan¬ 
gélique de Lazare et du mauvais riche, Lazare dévoré 
par la lèpre, un chien léchant scs plaies. A signaler la 
richesse des archivoltes qui encadrent ces différents sujets 
ainsi que les ravissants petits chapiteaux terminant les colon¬ 
nes qui séparent les niches des plans inférieurs des parois. 
Entre les eolonnettes des cordons formés par de longues 
files de rats et de grenouilles. 

Selon l’opinion do certains, ce beau portail aurait été 
placé primitivement devant la façade de l’église, puis, quel¬ 
que temps après, déplacé et mis là où il se trouve actuel¬ 
lement. 

Lorsqu’on pénètre sous le portail on voit une voûte 
intéressante, offrant un assemblage bizarre à l’intersection 
des deux arcs; claveaux taillés à crosscttes; arc brisé. 
Cette voûte doit être attribuée aux trente premières années 
du xii* siècle. La sculpture des chapiteaux est très per- 


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fectionnée, ce n’est plus la sculpture plate du xi e siècle (’). 
On entrait dans l’église par un autre portail, dont le tympan 
doit avoir été enlevé, et comme il n’y a pas de liaison 
entre la voûte en berceau brisé de l’entrée et le portail, 
il est probable que le porche primitif devait s’arrêter après 
les gros piliers d’angle de l’entrée. Il y a absence de tailloirs 
au second portail d’entrée et de grosses nervures carrées 
à la voûte comme à Aubiac et à Senlis. 

Au-dessus du porche existe une grande salle construite 
avec une science extraordinaire. Voûte remarquable à douze 
pans, tous les chapiteaux diffèrent. A l’extérieur, sur les trois 
faces du clocher ancien une seule est décorée (*). 

La nef unique est divisée en quatre travées voûtées sur 
croisées d’ogives. La nef, ainsi que le chœur et le chevet 
à sept pans, datent de la fin du xiv* siècle, sauf les par¬ 
ties reconstruites de 1450 à 1400 (entre la chaire et le 
chevet) par l’abbé Pierre de Carmaing. La clôture du 
chœur date de la Renaissance. On voit dans l’église 
un groupe en bois du xv e siècle représentant Notre-Dame 
des Sept-Douleurs, un buffet d’orgues donné par Mazarin 
qui fut aussi abbé de Moissac, et surtout un beau sar¬ 
cophage placé à gauche dont la décoration de rinceaux et 
ceps de vigne entre colonnes rappelle le linteau du portail. 
Au centre Va et I’m, au-dessous deux colombes buvant dans 
une coupe, pouvant dater de l’époque de Louis le Débon¬ 
naire ou peut-être plus ancienne encore. 

Le cloître de Moissac se compose de quatre galeries dont 
deux ont quarante mètres et deux environ trente-huit mètres 


(1) V'ioi.lkt-i.k-Di'C. Dict. rais., II, p. 493. Reprod. fig. 12, d’un des 
chapiteaux. 

(2) Ibid., VII, p. 291. Plans ot coupes, figg. 24, 25, 26. 


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de longueur, et est adossé à l’église depuis le porche jusqu’à 
la sacristie. Ces soixante-seize colonnettes en marbre, alter¬ 
nativement simples et géminées, supportant des chapiteaux 
sculptés, aux détails de la plus grande finesse, produisent 
un effet merveilleux ('). 

Aux angles et au milieu des galeries huit grands piliers 
tous sculptés et dont le plus intéressant est celui où est 
sculpté saint Durand, évêque de Toulouse et abbé de Mois- 
sac, qui restaura l’abbaye et consacra la deuxième église 
(milieu du xi e siècle). 

Les frises des piliers sont ornées de feuilles de vignes 
merveilleusement fouillées. Aucun des chapiteaux ne se res¬ 
semble: ici Adam et Eve, là le martyre de saint Pierre 
et de saint Paul, plus loin Samson, plus loin un chapi¬ 
teau offrant deux rangées de feuilles d’acanthe, au tailloir 
formé d’un entrelacement, de palmes et de feuilles de vigne, 
d’autres offrent un enroulement de petits rameaux parse¬ 
més de colombes. Près du pilier de l’abbé Durand des 
griffons aux ailes ouvertes enserrent une tète humaine. 
Plus loin encore les noces de Cana, dont quatre scènes 
sont représentées sur les quatre faces du chapiteau. Un 
des plus intéressants reproduit les miracles de saint Benoît, 
et un autre non moins intéressant : l’arrivée des croisés à 
Jérusalem, scène très mouvementée et rappelant que plu¬ 
sieurs moines quittèrent Moissac, lors du passage du pape 
Urbain II, pour prendre la croix et l’épée. 

Le pilier de la galerie occidentale porte une inscrip- 


(1) Voir sur ces merveilleuses sculptures des chapiteaux, la notice do M. 
Daux : La flore monumen'ale du cloitre abbatial de Moissac. Description 
et symbolisme. Reçue d’art chrétien . 187G. IV, pp. 45 à 100, avec 5 planches. 
— Viollkt-le-Duc. Dict. rais II, p. 500. III, p. 419. 


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tion donnant la date de la construction du cloître par l’abbé 
Anquetil. Il gouverna de 1085 à 1115, et ce pilier porte 
la date de 1100 ('). 

Mais les riches chapiteaux sont dus à l’abbé Roger, suc¬ 
cesseur d’Anquetil. 

C’est dans une des galeries de ce cloître, sous ces arca- 
tures merveilleuses, en face de cette belle et pure architec¬ 
ture romane, que fut donné, grâce aux soins de la direction, 
un banquet de cent et trente couverts dont le souvenir restera 
longtemps, car là et en présence de ce beau monument qui 
les inspirait ils ont pu entendre la parole si éloquente 
et si entraînante du comte de Lastcyrio, président de l’Aca¬ 
démie des inscriptions et belles lettres, venu de Paris pour 
assister à la visite de Moissac, et la parole si fine, si spi¬ 
rituelle de M. le chanoine Pottier, président de la Société 
archéologique de Tarn-et-Garonne, qui dans son discoure 
a eu quelques mots tout particulièrement aimables pour 
les Belges. Une grande médaille de vermeil lui a été décernée 
par la Société française d’archéologie, pour ses travaux et 
ses recherches. 

Derrière le chevet de Saint-Pierre, se trouve l’ancien 
palais abbatial avec ses deux chapelles superposées. Nous 
avons pu y voir un très intéressant musée réuni par le P. 
Daniel Belbèze, et renfermant des armes.de fort belles tapis¬ 
series, des carreaux émaillés provenant des anciens pave¬ 
ments du cloître (*), ainsi qu’un grand nombre de fragments 
de sculptures. 


(1) Voir Congrès scientifique de France■ Hunleaux 1861. IV. p. 653. Note 
sur la vraie date du cloître de Moissac , par M. dk Vkrneii.h. 

(2) Voir Mommkjà. Mosaïques du moyen-âge et carrelages émaillés de 
fabbaye de Moissac. Dans le Bull, archéol. com. trav. 1894. p. 189. 


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— 144 — 


Mais l’heure était là de regagner la gare, et force nous 
est de rompre le charme qui nous attachait à cet admira¬ 
ble cloître de Moissac (‘). 

Le lendemain, dimanche, avaient lieu la séance de clôture, 
dont je rendrai compte plus loin, et le banquet servi à 
l’hôtel Bonneville. Soixante-dix à quatre-vingts congres¬ 
sistes y assistaient et de nombreux toasts y ont été prononcés. 
Mais vous me permettrez de négliger la partie matérielle 
du congrès pour ne m’occuper que des beaux monuments 
vus et à voir encore. 

Le lendemain, lundi, le train nous débarque à la gare 
de Lectoure, d’où nous montons par un sentier pittoresque 
les pentes raides qui nous conduisent à la vieille patrie 
des Lactorates. C’était une position considérée comme 
imprenable et qui fut de tous temps recherchée pour sa 
défense facile. Longtemps on a discuté la question de savoir 
si Lectoure était l’ancien oppidum des Sotiates. Quoiqu’il 
en soit, la ville abonde en vestiges gallo-romains et chaque 
jour encore de nouvelles découvertes viennent corroborer 


(1) Relativement à Moissac: La chronique de Vabbaye de Moissac, par 
Aymbric de Pbykac, abbé de Moissac. Copie ms. à la Bibl. nat. à Paris 
fonds latin. n° 4991. A. — Les archives de Moissac, comprenant 4728 
pièces, font partie des archives départementales de Tarn-et-Oaronne. — 
Le cartulaire de Vabb . de Moissac , en 5 vol. in-fl* se trouve à la Bibl. 
nat. à Paris. — E. Rupin. Vabbaye et les cloîtres de Moissac , Paris 
1897. — L’abbé Pottier. Abbaye de Saint-Pierre de Moissac , dans le Bull, 
de la Soc. arch. du midi, année 1895. — Marion. L'abbaye de Moissac , 
dans la bibl . de l'Ecole de Chartes. 1850. I. 89. — La Gallia Christiona , 
Vetera. 1656. IV 678. nova 1715. I. 157 et 1325. — Dom Bouquet. Recueil 
des hist. IL 648. Chron. Moissac. — Lagrèze-Fossat. Etud. hist . sur Moissac, 
dans les Mém . académ. sciences. Toulouse. 1861. V. 270. VI. 339 et Paris 
1870. 2 vol. in-8°. — Voir aussi le dict rais . d'architecture , de Viollet- 
le-Duc, art . cloitre, etc. t. IL p. 500, t. III. pp. 419 et 435. 


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Lectoikk. 

Catiikdhalk Saixt-Gkkvais et Saint-Protais. 


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— 145 — 


la haute antiquité de cette cité, et le produit de ces fouilles 
vient enrichir le musée local déjà si intéressant. Tous les 
autels qui y sont réunis ont été trouvés sous la muraille 
gallo-romaine qui longe la ville vers la gare. Le musée 
contient surtout une série de tauroboles fort remarquable. 

Ces autels étaient élevés en commémoration des sacri¬ 
fices de taureaux faits en l’honneur de la déesse Cybèle, 
pour laquelle les Lactorates avaient un culte particulier; 
ils portent tous au socle les noms des grands prêtres 
sacrificateurs et personnages illustres ayant fait don de 
l’autel en marbre. 

Le musée renferme aussi de nombreux cippes funérai¬ 
res, un autel anépigraphe trouvé dans le mur romain 
de Lectoure, des fragments de sarcophages, des débris de 
poteries, et sous vitrines une intéressante collection de mon¬ 
naies et médailles. La cheminée du musée y a été trans¬ 
portée récemment, elle était primitivement dans l’hôtel où 
nous avons déjeuné. Le linteau de la cheminée est sur¬ 
tout remarquable, au milieu un pavillon, dont les pans sont 
relevés par deux anges, à droite scènes de danses, dan¬ 
seurs nus avec grelots attachés aux jambes, les volutes 
des montants sont soutenues par des figures. 

Ce musée est situé, ainsi que la mairie et le tribunal, 
dans l’ancien palais épiscopal qui atteint à l’église cathé¬ 
drale de Saint-Gervais et Saint-Protais dont la façade s’élève 
sur un des côtés d’une petite place rectangulaire Cette 
façade, très nue, offre l’aspect d’un immense mur soutenu 
par deux contreforts. Elle est percée d’une fenêtre en 
ogive, surmontée d’une petite rose et date ainsi que le 
clocher s’élevant à gauche, de la reconstruction partielle 
qui suivit le sac de Lectoure en 1473. Le clocher, assez élevé 
et à étages, est terminé par une plate-forme à laquelle 


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— 140 — 


on arrive par un escalier à vis, enfermé dans une tourelle 
ronde accolée à la tour (*), qui possède aux angles de 
solides contreforts. Lorsqu’on pénètre sous la nef, on est 
frappé de la différence des styles, ce qui s’explique par 
les dévastations subies à diverses époques, et surtout par 
les ravages occasionnés par les Huguenots. La nef est 
divisée en deux travées d’égale dimension, aux voûtes 
en croisées d’ogives. Le chœur, avec déambulatoire, est 
de forme allongée et profonde, dix colonnes correspon¬ 
dant à neuf chapelles soutiennent les voûtes en arcs brisés, 
les voûtes des chapelles latérales ont des nervures rami¬ 
fiées, sauf les deux premières de droite. Pour bien juger 
de l’ensemble il faut s’arrêter au milieu de la seconde 
travée de la nef. Le chœur est dû à Jean de Barthon, 
évêque de Lectoure vers 15G5, l’église ayant été de nou¬ 
veau presqu’entièrement détruite par les Huguenots en 1562. 
Sur la voussure d’une porte d’entrée du clocher, se trou¬ 
vant à l’intérieur à gauche, au fond de la première chapelle 
latérale, on peut lire la date de la première reconstruction: 

i. m. cccc. Ïfïï. iiiii. 

A signaler dans une des chapelles du déambulatoire à 
gauche, une statue en marbre blanc, ravissante vierge d’un 

(1) Voir: Eug. Camoreyt. Notice sur le clocher de Lectoure. Lectoure 
1899. — Il y donne le curieux testament de maître Matthieu Ragueneau, 
architecte du clocher de Lectoure, mort entre 1505 et 1513. — M. Camoreyt 
a publié également dans la Revue de Gascogne, t. XXIV. 1883. p. 450, un 
plan ancien de Lectoure, et t. XXXIV et XXXV, une notice sur les objets 
antiques trouvés à Lectoure , et dans le Bulletin archéologique de 1900 une 
note sur les fouilles opérées sur remplacement de l’ancienne Lectora. Il a 
encore publié en 1899 une Notice sur la ville des Sotiates. 


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La fontaine de Hondolie. 










— 147 — 


réalisme trop peu chrétien, due au ciseau d’un artiste italien 
du xvni* siècle. 

Avant de quitter Lectoure, et sous une pluie battante, 
quelques congressistes plus intrépides vont admirer la 
curieuse fontaine de Hondolie, située en contre-bas du 
mur romain. Elle date de l’époque romaine, mais les 
voûtes sont du commencement du règne de Philippe- 
Auguste, tandis que le pavement est composé de grandes 
dalles romaines. L’ouverture est en arc brisé renfermant 
deux autres arcades aussi en arc brisé reposant sur une 
colonne cylindrique basse au chapiteau ornementé et à 
tailloir très saillant; à l’intérieur voûte en berceau ornée de 
fresques que l’humidité a fait disparaître, l’intérieur ren¬ 
ferme une piscine de onze mètres de profondeur ('). 

A noter aussi la belle statue du maréchal Lannes, un 
enfant illustre de Lectoure. 

Nous quittons Lectoure pour nous diriger vers Auch, 


(1) Voir encore sur Lectoure : dans les Mémoires de la Soc. Archéol. 
du midi de la France , t. III. 1837, p. 109. Notice sur les antiquités 
de la ville de Lectoure , par Ohaudruc dk Crazannes. — Notices histo¬ 
riques sur la ville de Lectoure depuis les premiers temps , par Ferdinand 
Cassassolk8. Auch 1839. — Gallia Christiana. Yet. 1656. II. p. 610. Nova 
1715. I- p. 1071. — Duchesnb. Antiquités des villes. — Vic-Vaissktte. 
Hist. du Languedoc, id. 1876. IV. 366 et 911. — Revue de Gascogne , 
t. XXXIII, les inscriptions des Lactorates, par Espérandieu, — et des 
comptes-rendus d’excursions archéol. à Lectoure dans le Bull, de la Soc. 
Arch. de Tarn-et-Garonne. XVII. 1889. pp. 256-263, et dans la Revue de 
Gascogne, t. XXII et XXIV; t. XXIX. pp. 97, 203, 324, 404 et 550; 
t. XXX. pp. 122, 209, 315, 423, 512; t. XXXI. p. 84, 129 et 181. — 
idem. Revue de VAgenais . t. XVII. p. 465. Enfin dans le Bulletin comm. 
hist. et archéol. Auch 1860. t. I. 367 Notice sur Lectoure ville libre, 
par G. Nibl. 


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148 


ou le train nous débarque vers six heures. Le soir séance, 
le lendemain matin visite de la ville. 

La cathédrale Sainte-Marie d’Auch, avec ses deux grandes 
tours qui s’aperçoivent de loin et dominent toute la ville, 
est un édifice qui étonne. 

Lorsque du bout de la place on voit ces deux tours 
massives et carrées, ornées de colonnes et de balustrades, 
encadrant un porche d’ordre corinthien, on ne s’attend 
pas à trouver derrière cette façade trompeuse un édifice 
grandiose et portant tous les caractères de la fin du style 
ogival tertiaire. En voici les raisons: détruite quatre fois 
de fond en comble, on en commença la reconstruction en 
1489, le chevet d’abord, puis le transept et les trois nefs, 
et ce n’est qu’en 1689, donc deux siècles après les pre¬ 
miers travaux, que furent ajoutées les deux tours de la 
façade, hautes de quarante-quatre mètres, terminées par 
une plate-forme entourée de balustrades. 

L’intérieur de la cathédrale, a depuis le porche près de 
cent et trois mètres de long sur trente-cinq de large, 
hauteur sous voûtes vingt-sept mètres. Grande nef avec deux 
bas côtés flanqués de dix chapelles latérales, transept sans 
saillie latérale, et choeur avec déambulatoire renfermant 
onze chapelles dont cinq rayonnantes. Toute la cathédrale 
est voûtée d’ogives. Mais malgré tout l’intérêt de l’édifice, 
on est immédiatement attiré et captivé par la beauté du 
chœur dont les stalles en chêne sont une merveille. 

Ces stalles qui sont un chef-d’œuvre de sculpture, et 
dont l’ensemble est des plus harmonieux, datent de 1520 
à 1529; à l’extrémité de gauche se lit la date de 1529; 
malheureusement le nom de l’artiste est resté inconnu. 

En les comparant aux splendides stalles de l’église Sainte- 
Gertrude de Louvain, avec lesquelles elles ont une parenté 


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Ai;ch. La cathédrale Sainte-Marie. 


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Auch. Cathédrale. 

Le portail du transept a droite. 


i 


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— 149 — 


indéniable, nous ne serions pas éloignés d’y voir peut-être 
une influence flamande. 

Des artistes flamands ont plus tard laissé des traces de leur 
passage à Auch; les vitraux des chapelles des bas côtés, et 
plus tard encore les œuvres des peintres Smets, de Malines, 
dont nous dirons un mot plus loin. Quoiqu’il en soit, voici la 
description sommaire de ces belles stalles. Les stalles sont 
au nombre de cent et treize, formant deux rangées paral¬ 
lèles, dont la seconde est plus élevée que la première; 
elles sont divisées, outre l’entrée du fond, par quatre pas¬ 
sages à escaliers, conduisant aux hauts-dossiers. La première 
à gauche en entrant est la stalle dite des d’Armagnac, ou 
de la Couronne, la seconde à droite est celle des arche¬ 
vêques d’Auch. Chaque stalle est composée du siège mobile 
avec sa miséricorde, d’accoudoirs avec museaux, de parcloses 
ou séparations et d’un dossier non sculpté, surmonté du 
haut-dossier à personnages. Les accoudoirs et museaux sont 
ornés de deux rangées de fins rinceaux, avec têtes ailées, 
les parcloses sont décorées de feuillages et de chimères. 

Chaque haut-dossier comprend un personnage, sauf les 
deux hautes-stalles des d’Armagnac et de l’archevêque qui 
ont deux grandes figures, la première Adam et Eve, la 
seconde saint Pierre et saint Paul, ce qui porte à soixante- 
deux le nombre des grandes figures. 

Chaque haut-dossier est séparé par des contreforts ornés 
chacun de quatre figurines dans des niches. Les person¬ 
nages sont posés sur des culs-de-lampe finement travail¬ 
lés et rappelant pour la plupart une scène de leur vie. 
Tout autour, une série de dais séparés par des figurines 
soutenues à la base par des anges, et l’ensemble est ter¬ 
miné .par une crête de grande élégance, aux fines aiguil¬ 
les ou clochetons aux festons trilobés, avec entrelacs, 


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— 150 — 


arabesques et nervures prismatiques du plus bel effet, car 
l’architecture a joué un grand rôle dans la composition 
de ces stalles; l’artiste (comme le dit très bien M. Sancet) (*> 
sûr de lui quand il traite le feuillage et les moulures, 
devient indécis lorsqu’il s’agit de représenter la forme 
humaine. Il y a deux manières dans la partie décorative 
de l’œuvre, et les personnages des hauts-dossiers ont un 
caractère de lourdeur et un certain manque de propor¬ 
tions qui contraste avec la finesse, l’élégance et la richesse 
de l’architecture. L’ensemble des personnages est carac¬ 
téristique, on y voit l'influence de la Renaissance, l’infil¬ 
tration de l’art antique à travers l’art chrétien. Tour à 
tour, dans ces hauts-dossiers, défilent les prophètes Jérémie, 
Ezéchiel, David, à côté de la Sybille Persique, de la Sybille 
de Cumes et de la Sybille de Tibur. Puis viennent la Foi, 
l’Espérance, la Charité, la Justice et la Force, suivies de 
saint Jean à Ephèse, de saint Marc et de sainte Marthe 
avec la Tarasque. Plus loin le prophète Sophonie succède 
à la Sybille de Phrygie portant une croix Plus loin encore 
Satil, le roi David en costume de l'époque de François I er , 
le Géant Goliath, auxquels succèdent la Prudence et la 
Tempérance, puis le Centurion du Calvaire (*). Les culs- 
de-lampe supportant ces personnages sont finement sculp¬ 
tés et reproduisent une scène s’y rapportant ; parmi les 
plus remarquables il faut noter celui qui représente la pêche 
miraculeuse; chacun des culs-de-lampe permet d'identifier, 
lorsqu’il y a doute, le personnage qu’il supporte; ainsi 

(1) Sancet. Stalles du chœur de la cathédrale d'Auch. Paris 1862. 

(2) Une description complète de toutes ces figures a été donnée par M. 
l’abbé Cankto. Sainte-Marie d'Auch, Auch 1876, et Notice sur l'èglis 
Métropolitaine de Sainte-Marie d'Auch. 


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Stallks n’Aucii. 


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151 — 


un de ceux-ci a été qualifié David et pourrait, croyons-nous, 
être un saint Georges, car le cul-de-lampe porte distinc¬ 
tement un dragon. 

Ces belles boiseries du chœur ont été commencées sous 
l’archevêque François-Guillaume de Clermont-Lodève, car¬ 
dinal (1507-1538), et achevées sous le cardinal-archevêque 
François de Tournon (1538-1551). 

Les vitraux qui ornent l’église sont fort beaux. Ce fut 
encore le cardinal-archevêque de Clermont-Lodève, auquel 
déjà on devait les stalles, qui commanda à Armand de 
Moles les dix-huit grands vitraux du chevet de la cathé¬ 
drale ('), achevé le 25 juin 1513, selon une inscription 
qui s’y trouve. Ces verrières, d’un grand effet, d’un colo¬ 
ris intense, mais d’un réalisme accentué, sont considérées 
comme les plus remarquables de la première renaissance 
dans le midi de la France. Les principales scènes de 
l’histoire sainte, depuis la création jusqu’à saint Thomas 
reconnaissant le Sauveur ressuscité, sont représentées dans 
les onze chapelles du pourtour du chœur. Patriarches et 
Sybilles s’y coudoient au milieu d’un incroyable dédale 
de festons trilobés, d’aiguilles, d’arabesques et de feuillages. 
On voit que la même tendance déjà notée par rapport 
à la sculpture des stalles a présidé à l’exécution des 
vitraux: influence de l’art antique sur l’art chrétien; 
même élan de la sculpture et de la peinture vers l’anti¬ 
quité. Les vitraux du bas de l’église sont de beau¬ 
coup postérieurs, et ici la verrière historique, la peinture 
à personnages est remplacée par du verre blanc, qu’une 

(1) Labbé Canéto. Sainte-Marie d* Auch . p. 10, et Notice sur Végl. 
métropol. de Sainte-Marie d'Auch. in-fb avec 30 planches. — Mkrson. Les 
vitraux, p. 203. 


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- 152 — 


frise ornée et peinte encadre complètement. Ce genre de 
peinture, dite « en apprêt » est, comme le dit M. l’abbé 
Canéto, loin d’être sans mérite. 

Ces verrières ont été commencées en 1648 et achevées 
en 1649 par un artiste flamand, comme le prouvent indu¬ 
bitablement les petites inscriptions microscopiques qui se 
trouvent à droite et à gauche de chaque vitrail et que 
nous y avons relevées ; on y lit : 

Int Jaer ons heere 1 6-49 
IHS — MA — XPS. 
den tienden Martius 1649. 
dit Werck Ts begost in Julius 1648 
en volmackt in Junius 1649. 

Malheureusement, nulle part le nom de l’artiste, nous 
avons minutieusement examiné, et avec lorgnettes, tous les 
recoins des vitraux, l’artiste n’a pas signé son œuvre 
exécutée en onze mois, selon l’inscription flamande qui 
s’y trouve. 

La crypte de la cathédrale contient trois sarcophages, 
dont l’un est tout à fait remarquable et date du vi* siècle, 
en marbre blanc et couvert de rinceaux et de feuillages, 
d’une belle et pure exécution. 

A l’extérieur et derrière le chevet de la cathédrale, au 
haut du grand escalier monumental conduisant au bord 
du Gers, se voit le haut donjon qui est la partie la plus 
curieuse de l’ancien évêché (*). 

Ce donjon date du xiv® siècle et se compose de huit 


(l) Làvergne. Excursion de la soc. française d'archéologie dans le Gers* 
Revue de Gascogne. 1883. t. XXIII. 


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Le donjon d’Auch. 


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— 153 — 


ou neuf chambres superposées, communiquant entr’elles 
par un escalier à vis, se trouvant dans la tourelle ronde 
accolée au donjon. 

Le prieuré de Saint-Orens, actuellement couvent des Ursu- 
lines, est intéressant à visiter. L’histoire complète de ce 
prieuré a été écrite par M. l’abbé Ganéto, vicaire général 
d’Auch ('). 

Orens, fils du seigneur d’Urgel, fût évêque d’Auch au 
v® siècle; il sauva Toulouse en 422 des légions romaines 
d’Aëtius. 

L’abbaye de Saint-Orens fut fondée en l’an 960, au nord- 
est de la ville, par Bernard-le-iouche, issu des sires de 
Fezensac, et qui fut le premier de la puissante lignée 
des d’Armagnac. Cette abbaye bénédictine s’unit en 1068 
à l’abbaye de Gluny, union qui consistait à suivre une 
règle uniforme, et à être dirigée par un prieur soumis 
à l’autorité de l’abbaye de Cluny; cette union persista 
jusqu’à la bulle de Clément XII du 27 janvier 1739, qui 
délia les Orientins de tout lien d’affiliation à Gluny. Le 
chapitre sécularisé qui avait succédé aux Bénédictins dis¬ 
parut à son tour dans la tourmente révolutionnaire, et 
en 1821 les religieuses Ursulines furent installées dans les 
bâtiments mutilés de ce qui avait constitué l’ancien prieuré 
de Saint-Orens. 

Grâce aux soins intelligents des Ursulines, une partie 
des anciens bâtiments a pu être conservée et restaurée: 
le chevet de l’ancienne église romane, l’ancienne salle du 
chapitre aux arcatures trilobées, un arc triomphal aux 
chapitaux du xiii® siècle. On y admire aussi un véritable 


(1) Prieuré de Saint-Orens (TAuch . Etude historique et monumentale . 
Auch 1873. in-8° do 377 pages. 


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petit musée où sont réunis des débris de toute sorte 
provenant de démolitions antérieures: une statue de Vénus, 
brisée en partie par Saint-Orens, des inscriptions romaines 
et flaminales, beaucoup de fragments de sculptures; dans 
la cour une statue de saint Orens, et une pierre encastrée 
au mur de l’église et portant la date de 1288. Au moment 
où nous nous trouvions dans la grande salle capitulaire, 
notre président, M. Lefèvre-Pontalis, nous a, avec sa haute 
compétence, donné un véritable cours d’archéologie, nous 
exposant les origines et la théorie des croisées d’ogives, 
dont nous avions un beau spécimen sous les yeux : voûtes 
établies sur deux nervures croisées. 

Les congressistes présents étaient vivement intéressés 
et ont chaleureusement applaudi, surtout lorsque le pré¬ 
sident, en terminant, a annoncé que la Société française 
d’archéologie décernait une médaille de bronze à la sœur 
Angèle pour la persévérance mise par elle à la conserva¬ 
tion et à la réunion en un petit musée, des richesses 
artistiques retrouvées à Saint-Orens. 

En quittant le prieuré, les membres du congrès ont été 
visiter l’ancienne église des Jacobins, où il n’y a plus que 
deux travées et une chapelle du xv” siècle. On y voit 
un tableau dù au pinceau du peintre Smets, originaire de 
Matines (')• Ce nom de Smets est très connu et populaire à 


(l) Jacques Smets, né à Malines, était fils d’un architecte malinois, il s’éta¬ 
blit à Auch vers le commencement du xvm® siècle, et y épousa le 24 février 
1708 Jeanne Cornu, fille de François, notaire à Auch, et de Jeanne-Marie 
Sentetz (selon le contrat de mariage découvert par M. de Carsalade du Pont), 
Jacques Smets mourut en 1764, laissant un fils et une fille; son fils Jean- 
Baptiste Smets, né en 1718, était sourd-muet de naissance et devint l'élève 
de son père. Ses tableaux étaient signés: « Peint par J. B. Smetz, muet à 


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— 155 — 


Auch, et les tableaux dus aux deux Smets ornent le musée, 
la cathédrale (chapelle Saint-Antoine et chapelle Saint-Eloi), 
et beaucoup d’églises des environs, entr’autres les égiises 
de Castin (Christ en croix), de Meilhan (la Vierge soutenant 
le corps du Christ), et le château de Saint-Jean le Comtal. 

La bibliothèque d’Auch est établie dans l’ancienne cha¬ 
pelle des Carmélites et contient environ 18.000 volumes. 
Le catalogue des incunables a été publié en 1884 par M. 
Parfonru. Beaucoup de manuscrits intéressants, entr’autres 
ceux de M. l’abbé d’Aignan de Sendat, concernant l’his¬ 
toire de la Gascogne. A noter un ms. du xn* siècle por¬ 
tant au catalogue le n° 1 et décrit par M. Tarbouriech ('), 
archiviste du Gers. Il y a au f° 5 une composition remar¬ 
quable: La création. — La Biblia ex translatione beati Hiero- 
nymi. — Quatre cartulaires contenant les donations faites 
à Sainte-Marie d’Auch; le plus ancien date en partie du 
xii e siècle et en partie du xm% le plus récent est du com¬ 
mencement du xvi e (*). 

Le musée archéologique a été réuni dans les salles basses 
de l’ancien évêché, par les soins de la Société historique 
de Gascogne, puis de la Société archéologique du Gers; 
on pénètre par le musée dans la salle romane, seul reste 
de l’ancienne cathédrale de Saint-Austinde, brûlée en l’an 
1200 par Bernard IV, comte d’Armagnac: salle à deux 
nefs égales, divisée en trois travées carrées, à colonnettes 
en marbre blanc avec chapiteaux ornés de feuillage. On 


Auch » et la date. Une intéressante notice sur les œuvres des deux Smets, 
par M. Cai.cat, a paru dans les Soirées archéologiques, t. VII. p. 72. Auch 
1808 

(1) Bulletin d'histoire et d'archéologie de la province ecclésiastique d'Auch. 
III. pp. 17, 23. 

l2j D. dk Brugki.lbs. Chronique de l'église d'Auch. p. 6. 


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— 150 — 


avait transporté au musée pour les faire voir aux con¬ 
gressistes l’oliphant et le peigne d’ivoire appartenant à la 
fabrique de l’église de Saint-Orens. L’oliphant, long de cin¬ 
quante-trois centimètres, est orné d’animaux fantastiques, 
magnifiquement fouillés, et date du xii® siècle, quoique la 
tradition le reporte à saint Orens, évêque au v® siècle. 

Parmi les objets du musée dignes d’être signalés il faut 
noter en première ligne la grande mosaïque trouvée en 
1888 sur la rive droite de l’Auzone au champ de Glézia (') 
non loin de Montréal (arrondissement de Condom). La mosaï¬ 
que, d'un dessin plus grossier que les belles mosaïques 
du Rhône, représente le dieu Ocianus, tête humaine à cornes, 
tout autour belle bordure de poissons. 

Cette mosaïque a été publiée. 

Parmi les autres objets, il y a une belle tombe d’évê¬ 
que avec inscription de 1511, mais l’inscription doit être 
apocryphe, car les caractères ne sont pas de l’époque; un 
tombeau composé de tegulœ, et à droite de l’entrée, au 
milieu d’autres inscriptions, une petite pierre carrée dédiée 
à la chienne Mya : 


MIA 


Les archives sont installées à l’ancien couvent des Cor¬ 
deliers, on y conserve une partie des anciennes archives 
et des manuscrits ayant appartenu au chapitre métropoli¬ 
tain et aux Orientins. 

(1 Glésia : les terminaisons en ia, indiquent ordinairement un très ancien 
oratoire chrétien» élevé sur une villa romaine. 


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- 157 — 


La série des séances du congrès a été des plus intéressan¬ 
tes et des plus instructives. En voici l’inventaire sommaire: 

La séance d’ouverture a eu lieu dans la grande salle de 
l’hôtel de ville d’Agen, environ 200 personnes y assistaient. 
La séance est présidée par M. Lefèvre-Pontalis, ayant à sa 
droite M. Bonnet, préfet de Lot-et-Garonne, et à sa gauche 
M. Jouitou, maire d’Agen. Prennent place au bureau, sur 
l'invitation du président, M. le procureur général Barailler, 
M. Lanes, conseiller général, M. Emile Travers, directeur- 
adjoint de la Société française d’archéologie, M. de Villefosse, 
membre de l’Institut, délégué du Ministère à l’instruction 
publique de France, M. Jules Lair, membre de l’Institut, 
et votre président, délégué du Ministère de l’intérieur et 
de l’instruction publique de Belgique. Après le remarqua¬ 
ble discours d’ouverture du congrès, prononcé par M. 
Lefèvre-Pontalis, plusieurs autres orateurs ont pris la parole. 
Excellent discours du maire M. Jouitou, souhaitant la bien¬ 
venue aux congressistes, puis M. Philippe Lauzun, en ter¬ 
mes élevés et émus, rend hommage à la mémoire du regretté 
comte de Marsy et salue son successeur, le nouveau pré¬ 
sident, qui se lève à son tour, et en un langage acadé¬ 
mique, élégant et entraînant, nous tient une heure sous le 
charme, heure qui a semblé courte à ses auditeurs. 

Il fait l’historique de la fondation et des travaux de la 
Société française d’archéologie, donne les raisons qui ont 
fait choisir la ville d’Agen comme siège du congrès de 
1901, fait un éloge très applaudi des travaux de M. Tholin, 
ancien archiviste de la ville, et de ceux de M. Philippe 
Lauzun, puis énumère les distinctions obtenues par les 
membres de la Société, et fait ensuite connaître l’ordre 
des travaux pour les séances ultérieures. 

M. de Villefosse, avec l’autorité qui s’attache à son nom 


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158 — 


et aux (onctions qu’il remplit, insiste sur l’importance de 
l’œuvre à poursuivre par la Société française d’archéologie, 
en travaillant à la conservation des monuments historiques. 

Votre président dit ensuite quelques mots et l’on aborde 
immédiatement les travaux du congrès. 

M. Momméja, conservateur du Musée, donne lecture d’un 
mémoire très intéressant sur la question : Existait-il à 
l’époque gallo-romaine un atelier de sculpture à Agen? 

M. Lauzun communique à l’assemblée les travaux de 
M. Camille Julian, professeur à la faculté des lettres de 
Bordeaux, sur les attributions des déesses tutélaires, d’après 
les anciennes inscriptions recueillies en Agenais, et sur 
l’origine du nom d’Agen. 

Le soir, seconde séance à 8 1/2 heures; elle s’ouvre par 
un rapport très remarquable de M. Lauzun sur l’état des 
études archéologiques depuis cinquante ans dans le dépar¬ 
tement de Lot-et-Garonne. Il constate que depuis trente 
ans l’Agenais a fait de louables efforts en archéologie, 
parle longuement de l’acquisition de la belle collection 
Combes, qui se trouve maintenant au musée et qui ren¬ 
ferme des richesses au point de vue préhistorique. Animaux 
antédiluviens, antiquités celtiques, silex taillés, haches, 
polissoirs, etc Parlant ensuite de Nérac, il nous donne de 
curieux détails sur la découverte qui y fut faite en 1832, 
de substructions d’une villa gallo-romaine et d’un bas-relief 
à quatre personnages, quadrige triomphal, tribun, dont vingt 
ans après on contestait encore l’authenticité. 

M. l’abbé Marboutin, curé de Cours, développe une étude 
très curieuse sur les anciens souterrains du département, 
dont beaucoup conservent des traces de badigeon à la 
chaux, et sont composés de cellules rectangulaires. On y 
a trouvé du charbon, de la poterie très grossière et même 


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— 159 — 


quelques pièces de monnaie, preuve qu’ils ont été habités. 
Il cite de ces souterrains dans les communes de Pont- 
du-Casse, canton d’Agen, de Douzains, canton de Castil- 
lonnès et de Laperche, canton de Lauzun. Il conclut que 
les plus récents de l’Agenais sont de toute façon antérieurs 
au vin® siècle. M. le marquis de Fayolle, qui a une com¬ 
pétence toute spéciale en la matière, car il a fouillé et 
étudié depuis longtemps les Gluzeaux de la Dordogne, 
établit les caractères particuliers de ces refuges souter¬ 
rains, et constate qu’à toutes les époques, lors de la 
Fronde et de la Révolution, des souterrains ont servi de 
refuge, aussi faut-il d’abord étudier les caractères abso¬ 
lument différents de ces souterrains. Il en cite entr’autres 
un de soixante centimètres seulement de hauteur. 

On y a trouvé aussi des fragments de hache polie, mais 
dans des terrains ayant servi à combler. Ces souterrains 
sont très nombreux et il préconise le système d’en dres¬ 
ser des plans. Il a pu constater entre les différentes salles 
des Gluzeaux et à l’entrée des couloirs, des rainures carac¬ 
téristiques, indiquant l’emploi de fermetures comme moyen 
de défense. Il existe aussi des puits d’aération, et pour péné¬ 
trer d’une chambre à une autre, un trou rond, donc système 
de défense. 

Il décrit ensuite un de ces souterrains existant sous 
le château de Fayolle, et qui est fermé par une voûte 
composée de pierres plates. 

Ges souterrains furent creusés à une époque probable¬ 
ment antérieure à l’époque gauloise, on ne les trouve que 
dans du calcaire. Il en existe aussi sous les églises anté¬ 
rieures au xn e siècle; ces souterrains s’ouvrent très souvent 
à flanc de coteau, on y pénètre par une espèce d’escalier avec 
palier et dans le bas par des trous avec chambre d’aérage. 


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160 — 


M. Momméja ajoute qu’on y a souvent rencontré des 
haches, des cornes de cerf et autres objets, entr’autres dans 
les souterrains du Quercy; il demande que l’on dresse par 
départements une statistique des Cluzeaux qui s’y trouvent. 

Enfin M. Jules Lair cite la chronique agenaise : les 
trésors des églises, lors de l’invasion des Normands, avaient 
été déposés dans un Cluzeau nommé Calabra. 

Vient ensuite la lecture d’un travail de M. l’abbé Dubos, 
sur le martyre du diacre Vincent au iv* siècle et sur son 
inhumation à Callonges, canton du Mas d’Agenais. Le 
corps fut transféré 150 ans plus tard à Pompéjac, église 
vendue après la Révolution comme bien national. 

Le jeudi 13, les séances reprennent à neuf heures du 
matin. 

On entend d’abord la lecture d’un travail de M. Grèze, 
maire de Valence d’Agen, sur les foires et marchés anciens 
de la région agenaise; puis M. Quarré-Reybourbon, de 
Lille, communique le récit d’un voyage de Toulouse à Bor¬ 
deaux fait par un Lillois en 1690; ce voyageur signale le 
château de Cadillac comme un des plus beaux qu’il ait vus. 

Ensuite, le chanoine Dubourg. curé de Layrac, lit une 
note savante sur les remparts et vieilles maisons de bois 
de Caudecostc, complétée par les indications de M. Travers 
sur les maisons à pans de bois de Normandie. 

On aborde ensuite la partie la plus intéressante du pro¬ 
gramme qui donne lieu à une véritable joute archéologique 
entre MM. Brutails, archiviste de la Gironde, le marquis 
de Fayolle, et M de Rouméjoux. M. Brutails avait donné 
lecture d'un savant mémoire sur les églises à coupoles de 
la région, il avait cité l’église Saint-Barthélemy comme la 
première église à coupoles des régions environnantes, 
datant de l’an 1000 environ, tandis que Saint-Front, de 


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— 161 — 


Périgueux, avait été brûlée en 1100 et la toiture en était 
en bois. L’église qui fut alors construite était romane, et 
d'après M. Brutails, rien ne permet de la rattacher à l’art 
oriental. M. de Fayolle n’admet pas cette manière de voir. Il 
dit que l’église latine de Saint-Front à Périgueux existait en 
même temps que l’église à coupoles, et c’est l’église dite 
latine qui a brûlé. L'orateur nous donne ensuite de très 
savantes explications sur l’église dite latine, ayant la forme 
des anciennes basiliques, et antérieure selon lui à l’an 
1000; le clocher fut construit à cheval sur les deux der¬ 
nières travées, et repose sur d’énormes piles. Sa démons¬ 
tration est appuyée par un plan de l’église qu’il nous dessine, 
le clocher aurait été construit de telle façon pour ne pas 
empêcher l’usage de l’église latine. 

L’église à coupole commence immédiatement après le 
clocher, la coupole est sur pendentifs, et l’orateur croit 
à l’influence byzantine (‘). 

Quant à la coupole de 1163, elle est postérieure à la 
construction primitive. Saint-Front contenait de mauvais 
matériaux, ses piliers s’écrasaient et c’est alors qu’on les 
doubla, environ cinquante ans plus tard. 

M. de Rouméjoux confirme les conclusions de M. de Fayolle 
et trouve que les restaurations de Saint-Front ont été trop 
radicales. 

La séance est clôturée par une conférence très animée 
et très imagée de M. de Cardaillac sur l’art arabe dans 
les Pyrénées. 

Le soir à neuf heures nouvelle séance avec conférences 
fort intéressantes de M. le chanoine Pottier et de M. Lauzun 
sur les églises et sur les châteaux des environs. Les con- 


(l) Voir de Vbrneilh. Architecture byzantine en France . 


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— 162 — 


férences sont accompagnées de projections photographiques, 
dues au talent de M. l’abbé Laborie. Nous voyons ainsi 
défiler sous nos yeux les églises de Saint-Sernin et des 
Jacobins de Toulouse, celte dernière, type avec Notre-Dame 
d’Agen, des églises à deux nefs, formant un seul vaisseau 
rectangulaire et adopté par les Dominicains (*). Nous voyons 
ensuite les églises de Pamiers, de Beaumont, de Montricoux, 
de Moirax et d’Aubiac, puis vient l’admirable cloître de 
Moissac, suivi de la cathédrale d’Agen et des églises de 
de Saint-Nicolas de la Grave et de Caussade. Le tout est 
accompagné d’une description sommaire et très instruc¬ 
tive que nous donne M. le chanoine Pottier. Il possède 
parfaitement son sujet, connaît à fond toutes ces belles 
églises et fait partager son admiration à son auditoire. 

M. Philippe Lauzun, qui succède à M le chanoine Pot¬ 
tier, connaît lui aussi dans ses moindres détails les 
châteaux qu'il va nous décrire, et à mesure que défilent 
sous nos yeux les projections photographiques, il nous 
promène de siècle en siècle, commençant au xip avec 
Lamothe-Bezat et Ambras, puis passant au xm e en nous 
faisant voir Madaillan, Martinet, Gavaudun, Massecomme, 
Lagardère. Gavaudun et Madaillan surtout le retiennent, car 
il les a spécialement étudiés. Gavaudun avec sa haute 
tour si caractéristique et dominant l’arête de rochers sur 
laquelle est bâti le château de forme très allongée. Ce 
bloc énorme de rochers coupé à pic s’avance dans la 
vallée en forme de promontoire. Il a trois cents mètres 
de long sur à peine vingt de large; il est inaccessible 
de toutes parts, aussi avait-il une grande importance stra- 


(1) L’ancienne église des Jacobins de Paris, et qui a été complètement 
démolie, offrait aussi ce type caractéristique. 


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— 163 — 


tégique au moyen-âge. Le conférencier nous fait aussi 
admirer les tours de Barbaste et les portes de Villeneuve. 
Le xiv® siècle n’est représenté que par Sauveterre. Le 
xv' siècle par le beau château de Duras avec ses deux 
grosses tours, encastrées dans une partie plus moderne; 
le château de Hordasse près de Nérac, avec sa grosse 
tour carrée à mâchicoulis et créneaux fortement restaurée, 
et enfin le merveilleux Bonaguil. 

Le xvi e siècle vient ensuite avec Estillac, le château 
de Biaise de Monluc, Perricard, Lasserre, Hautefage et 
Lagrange. Le xvii° est représenté par Galonges, et la série 
des châteaux se clôture par Aiguillon et Trenquellon, datant 
du xviii' siècle. Là ne devait pas se terminer la confé¬ 
rence de l’infatigable M. Lauzun, car il aborde ensuite les 
piles gallo-romaines, nous fait voir un vieux plan d’Agen 
datant de 1618 et finit par les hôtels d’Estrades et de 
Vaurs (musée) et l’hôtel de Biaise de Monluc à Agen, 
appartenant actuellement à M. Recours. 

Cette conférence ne devait être surpassée en intérêt que 
par celle donnée quelques jours plus tard à Audi, sur les 
châteaux gascons. 

Le vendredi 14, nouvelle séance; elle s’ouvre par l’énoncé 
d’un vœu de M. Paquay, archiviste départemental de la 
Haute-Garonne, tendant à centraliser les archives des 
notaires pour en assurer la conservation. M. Momméja 
fait ensuite une communication sur l’oppidum des Nitiobri- 
ges, qui ont laissé peu de traces dans l’histoire. Toutefois, 
les fouilles faites sur le coteau de l’Ermitage permettent 
de supposer qu’une bataille s’y est livrée; on y a trouvé 
des restes de fortifications et une foule d’ossements. 

M. Fallières lit quelques notes et textes sur les églises 
de l’Agenais, et donne des détails curieux sur le pont ancien 
d’Agen. 


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- 164 — 


M. Blanchet a retrouvé dans la collection des estampes, 
à la bibliothèque nationale à Paris, une ancienne vue du 
château de Montamer en Béarn, à trente-six kilomètres à 
l’est de Pau, construit par Gaston Phœbus en 1375. Il 
décrit le château d’après l’estampe provenant de la collec¬ 
tion Gaignières. 

M. Lefèvre-Pontalis donne quelques détails intéressants 
sur la charte de fondation de Moirax de 1049 et M. Brutails 
fait part d'impressions et de rapprochements qui lui ont 
été suggérés par la visite récente des belles églises de 
Monsempron et de Moirax. 11 s’occupe ensuite des ruines 
gallo-romaines du Carbon blanc près de Bordeaux. 

La dernière séance à Agen eut lieu Je dimanche 16, à 
deux heures. 

M. Gardère présente un mémoire sur l'église de Condom, 
dont il attribue la construction à Jean Marre. M. Momméja 
sur les carrelages émaillés, et M. Lauzun sur les piles 
gallo-romaines qu’il a si bien étudiées et dont il connaît 
tous les spécimens. Il en cite quatre pour le département 
de Lot-et-Garonne. 

M. Coureau, architecte, décrit avec plans et dessins l’église 
de Clermont-Dessous, dont il a entrepris avec succès la 
restauration. 

M. Lefèvre-Pontalis signale le mémoire de M. l’abbé 
Bouillet sur l’iconographie de Sainte-Foy à travers les âges. 
M. de Rouméjoux donne quelques détails sur l’ancien 
prieuré de Laurenque près de Gavaudun qui possède une 
église à coupole, et sur les toitures en charpente des clochers 
romans de Lot-et-Garonne. 

Plusieurs vœux sont ensuite émis, entr’autres pour la 
conservation du château de Mouban, ancienne résidence des 
évêques d’Agen, et la séance se termine par la proclama- 


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— 165 — 


tion des récompenses accordées à l’occasion du congrès 
d’Agen. Signalons la grande médaille de vermeil offerte 
par M. le comte Lair en mémoire du comte de Marsy et qui 
a été décernée à M. Philippe Lauzun, le dévoué secré¬ 
taire général du congrès. Des médailles de vermeil ont 
aussi été décernées à M. Tholin et au chanoine Pottier. 

On quitte Agen pour se retrouver à Aueh où a lieu le 
soir de l’arrivée une dernière séance, dans la grande salle 
du conseil municipal dite salle des Illustres, à cause des 
portraits qui y sont réunis de tous les hommes célèbres 
de la ville et du département du Gers. 

Après un éloquent discours du président du congrès, 
remerciant tous ses collaborateurs et retraçant l’histoire de 
la Société française d’archéologie depuis Arcisse de Gaumont 
jusqu’au comte de Marsy; M. Ditandy, vice-président de 
la Société d’archéologie du Gers, prend à son tour la parole 
et souhaite la bienvenue aux membres du congrès. Puis 
M. Lavergne lit un mémoire sur l’état des études archéo¬ 
logiques dans le département du Gers, après lui M. Despaux 
lit un mémoire de M. Métivier sur les bastides et églises 
fortifiées du Gers, parmi lesquelles la plus intéressante est 
l’église de Simorre que nous ne pourrons malheureusement 
pas visiter, à cause de son éloignement de toute gare de 
chemin de fer: elle est distante de trente-six kilomètres 
de la plus proche et une demi-journée de voiture est néces¬ 
saire pour y arriver. Il décrit aussi les églises de Lombez 
et de Fleurance, aussi fortifiées. 

M. Pagel essaye ensuite de reconstituer la forme du 
costume en Gascogne aux xv 9 et xvi 9 siècles, d’après les 
vitraux, les sculptures des stalles et les registres des 
notaires. 

Puis la séance se termine par une série de projections 


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166 — 


photographiques dos principaux monuments du Gers, d’après 
les clichés de M. Taravant. 

M. Lauzun, reprenant un sujet qui lui est cher et qu’il 
connaît si à fond, nous reparle de ces célèbres châteaux 
gascons dont il nous avait donné un aperçu déjà à Agen 
à la séance du jeudi soir. 

Il les énumère et nous décrit le type de ces châteaux, 
toujours les mêmes, et qui formaient une ligne de défense 
contre les Anglais aux xii* et xm" siècles. 

Ces châteaux étaient généralement petits, sans fenêtres 
extérieures et sans porLes. Les baies qui y existent actuel¬ 
lement ont été percées plus tard. Mais lors de leur 
construction c’étaient de véritables blockhaus; une seule 
ouverture existait à la hauteur du premier étage et dans 
quelques cas, à la hauteur du deuxième. Les Gascons s’y 
réfugiaient au moyen d’échelles de cordes, en cas de dan¬ 
ger, laissant en bas tous les « impedimenta », tels que 
chevaux, etc., qu’ils abandonnaient au pied des murs. 
Amplement pourvus de provisions, ils restaient ainsi enfer¬ 
més durant des mois, dans une position inexpugnable et 
attendant que le danger soit passé. Autre particularité, 
aucun de ces châteaux gascons n’avait de cheminées. 

Ces intéressants châteaux formaient, en définitive, une 
ligne défensive de fortins contre les Anglais. Plus tard, 
rendus plus habitables, et appropriés, ils devinrent fiefs 
de la noblesse de Gascogne, et de là sont partis ces fameux 
Cadets de Gascogne, rendus célèbres par l’auteur de Cyrano 
de Bergerac. 

Le congrès avait pris fin, et chacun de nous partait 
enchanté de ce qu’il avait vu. 

Nous ne pouvions pas nous répéter constamment et redire 
à chaque excursion et à chaque séance, la façon aimable 


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— 1G7 — 


et charmante dont nous avions été dirigés. Disons en ter¬ 
minant que jamais congrès n’a été conduit avec autant de 
perfection. Le nouveau directeur était tout à tous, don¬ 
nant des explications à chaque monument visité et signa¬ 
lant avec sa grande compétence toutes les particularités, 
faisant admirer dans ses moindres détails les beautés 
architecturales que nous avions sous les yeux. La réception 
par les autorités d’Agen a été aussi des plus aimables. 
Le vin d’honneur avait été offert aux congressistes à l’hôtel 
de ville et à la préfecture, des locaux avaient été mis à 
leur disposition, et -tous ont emporté le meilleur souvenir 
de leur séjour dans le Lot-et-Garonne et dans le Gers. 

Vicomte de Ghelunck-Vaerxewyck. 


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RELATION D'UN SÉJOUR 


I3K 

MICHEL DE SAINT-MARTIN 

A ANVERS, EN 1.66-1 


La Bibliothèque royale de Belgique possède un livre 
très rare, petit in-12, relié en velin, et qui fait partie, 
sous le n" 27470, des imprimés du fonds Van Hultliem dont 
l'ex-libris bien connu se trouve à la couverture postérieure, 
tandis qu’à la première, on voit un autre ex-libris du xvm* 
siècle, celui de Jacques Goycrs, de Malines ('). Cet ex-libris 


(1) Goyers, Jacques, canoniste et historien, né à Malines, le 2 avril 1719, 
successivement vicaire à Rymenam, professeur au séminaire archiépiscopal, 
curé de Haren et de Humelghem, chanoine d’Anderlecht, censeur de livres 
et doyen de ce chapitre, quitta le pays lors de la conquête de ce dornier 
par les Français; résida à Kevelaer, Munster et Osnaburg, d'où il revint à 
Anderlecht, pour se fixer ensuite en 1798 à Bruxelles, où il mourut, âgé 
de 90 ans, le 15 octobre 1809. Il légua sa bibliothèque au séminaire de Bois- 
le-Duc, à Herlaer, et ses propres manuscrits au Père Jacobs. L'archidiacre 
Foppens avec qui il était lié d’amitié, lui avait remis, avant de mourir, le 
manuscrit do sa Bibliotheca Bdgica avec prière d'en publier le 3* volume, 
mais les troubles politiques l'empêchèrent do remplir les intentions de son 
ami. Goyers était un homme simple et laborieux; sa bibliothèquo, richo et 
nombreuse, était principalement composée d'ouvrages d’antiquités écclesiasti- 


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— 109 - 


est d’un fort joli dessin et représente un navire de guerre 
du xvii® siècle, arborant quatre pavillons d’azur à la bande 
d’argent et filant à toutes voiles en pleine mer; deux autres 
voiles s’aperçoivent à l’horizon; le tout encadré d’un riche 
motif Louis XV portant à la partie centrale supérieure, les 
lettres I. G. M. et une banderole avec cette devise: mkdio 
tutissimus ibis. Cette jolie petite gravure sur bois, est 
signée: L. Fruytiers seul. 

Sur la page blanche précédant le titre on lit, écrit fort 
lisiblement: Ex-Libris Jacobi Goycrs Mcchlii. Pastoris in 
IJumelghcm anno 1781. 

Sur la garde, au verso, on lit la suscription: «Ce rela¬ 
tion qui contient le Ilrabant, Flandres et Hainaut et doit 
servir de supplément aux Voyages historiques de l'Europe 
dont il fait le 9 me volume. » (') Et, en dessous, d’une autre 

ques. 11 so faisait un plaisir do communiquer le résultat de ses recherches 
à tous ceux qui venaient le consulter. Souvent, il reçut chez lui des per¬ 
sonnes de premier rang et do grand mérite qui no cessaient de rendre hom¬ 
mage à sa modestie et à son savoir. 11 était en relations avec Ghesquière, 
Yi>ser, Klint et plusieurs autres savants et surtout avec le père Hartzheim 
auquel il rendit de nombreux services pour sa collection des Conciles d'Al¬ 
lemagne (t. 10, p. 836). Goyers fit imprimer quelques écrits sur la nécessité 
des fiançailles, sur quelques rites à observer dans les offices divins et sur 
l'histoire ecclésiastique. La liste complète de ses publications est donnée par 
Goethals. Les notes remises au Père Jacobs passèrent dans la blbliotbèquo 
Van Hulthem (Gokthals. Lectures relatives à Histoire des sciences , des 
arts et des lettres , etc., en Belgique , 1837, t. II, pp. 277 et ss.j L’exem¬ 
plaire de l'ouvrage do Michel de Saint-Martin avait donc appartenu au Père 
Jacobs avant do venir enrichir la bibliothèque de Van Hulthem. 

(1) Cette indication do volume est celle d'un classement par matière dans 
une bibliothèque et ce serait une erreur de croire que le volumo dont nous 
nous occupons, fasse partie, à titre de tome IX, de l’ouvrage cité ci-dessus. 
Le voyage en Flandres , etc . do Michel do Saint-Martin est un ouvrage 
complot par lui-même. 


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— 170 — 


main: “Ouvrage curieux qui nous lait connaître les usages 
religieux et civils des Provinces Belgiques, et où Ton 
trouve sur ces objets beaucoup de choses qu’on ne trouve 
nulle part ailleurs. « 

Puis, la page suivante donne le titre de la publication; 
le voici reproduit in-oxtcnso: 


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RELATION 


D’VN VOYAGE 

FAIT EN FLANDRES, 

BRABANT, HAINAVT, ARTOIS 

Cambresis, 6 cc. en l’an 1661 

OV IL EST TRAITÉ 

De la Religion, de la Iustice, 
de la Police, des Vniversitez 
de Louvain, & de Doüay, 
des Fortifications, plus remar¬ 
quables, des divertissemens 
publics, & de ce qu’on void 
de plus considérable. 

PAR M. MICHEL DE SAINT MARTIN 

Escuyer, Prestre, Sieur de la Mare 
du Desert, Docteur en Théologie 
en l’Vniversite de Rome 



CAEN 

MARIN YVON 
Imprimeur du Roy 
M. DC. LXVII. 


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Au-dessous de ce millésime, on trouve les mots suivants 
imprimés au tampon: 


Capte: Michiels 

ce qui doit faire supposer que cet exemplaire a appar¬ 
tenu à la bibliothèque de l’abbaye de Saint-Michel d’Anvers 
à laquelle l’auteur l’aura offert en reconnaissance des ren¬ 
seignements que lui auront fournis sur Anvers les savants 
Prémontrés dont il entretient le lecteur à différents en¬ 
droits de son ouvrage. 

L’auteur publie d’abord une longue «Epistre» de 20 
pages, dédiée «A Madame Ei.eonor de Souvre abesse de 
Saint Amand de Rouen ». Puis viennent une Préface de 9 
pages, les approbations et la permission dans laquelle 
Michel de Saint-Martin est intitulé Protonotaire Aposto¬ 
lique. L’ouvrage lui-même se compose de 471 pages et 
se divise en trois parties dont chacune forme un certain 
nombre de chapitres ; il se termine par plusieurs tables. 

* 

* * 

Qu’il nous soit permis, avant de placer sous les yeux 
du lecteur, les chapitres intéressant la ville d’Anvers et 
d’autres se rapportant à Bruxelles et à Namur, de donner 
quelques détails biographiques sur l’auteur de ce curieux 
petit opuscule. 

Le Grand Dictionnaire Historique de Moréri, édité à 
Paris en 1759 (*) consacre plusieurs colonnes à la bio¬ 
graphie de Michel de Saint-Martin et la Biographie uni- 


(I) T. IX, pp. 47 et s. 


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— 173 — 


verselle de Michaux (') y a puisé largement pour l’article 
qu’elle consacre à cet ecclésiastique. 

Enfin le Manuel du bibliographe normand publié, à 
Rouen, en 1860, par Edmond Frère, donne aussi un article 
sur cet abbé, d’après les renseignements fournis par les deux 
publications précédentes. Dans l’article de la Biographie 
universelle de Michaux, il faut faire la part de l’exagéra¬ 
tion manifeste des défauts attribués à Michel de Saint-Martin 
dans le but de le rendre le plus grotesque et le plus ridi¬ 
cule possible au lecteur. 

Michel de Saint-Martin naquit à Saint-Lô le 1 er mars 1614. 
Son père était un marchand qui s’était enrichi dans le com¬ 
merce de l’Amérique « se fit anoblir par l’achat d’une 
noblesse de Canada » et se faisait appeler sieur de La Mare 
du Désert, marquis de Miskou (Canada). Sa mère était une 
demoiselle du Thon. 

Seul héritier dune fortune considérable, le jeune de 
Saint-Martin se fit aussitôt de nombreux envieux qui mirent 
tout en œuvre pour le ridiculiser tant au point de vue 
physique — Michel de Saint-Martin était plutôt laid, paraît-il 
— que moral, prétendant qu'il était vaniteux à l’excès. 
Mais ce sont là travers si fréquents à toutes les époques, 
que nous jugeons ne pas pouvoir nous étendre davantage 
à ce sujet. 

Ayant embrassé l’état ecclésiastique il ne tarda pas à 
faire de longs et fréquents voyages, plaisirs luxueux que 
lui permettait sa grande fortune. 

Il visita les principaux pays de l’Europe, mais surtout 
la France, les Pays-Bas et l’Italie où il reçut à Rome le 
le double titre de Docteur en théologie et de Protonotaire 

(1) T. X, pp. 16 et ss. 


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apostolique. A son retour il s’établit à Caen et se fit agréger 
en iOôO, à l’Université, dont il fut nommé Recteur trois 
ans après. 

Cet honneur inattendu ne fut certes pas de nature à le 
rendre plus humble. Beaucoup de poètes célébrèrent son 
élection par des pièces grecques, latines et françaises, 
comme c’était la coutume à cette époque. Michel de Saint- 
Martin fit imprimer un Recueil in-4° de ces épitres. 

La ville de Saint-Lû lui doit plusieurs établissements 
charitables et il fit orner de statues et de bas-reliefs les 
églises et les principales places publiques de Caen. 

Il avait fondé une nouvelle chaire de théologie qui devait 
être occupée par un professeur de la Maison de l’Oratoire, 
mais ce premier traité fut rompu du consentement des 
parties, et il en signa un second avec les Jésuites. 

Ambitionnant le titre de professeur des lettres et des 
arts, il remit une somme à l’Académie dite le Palinod. 
pour un prix annuel de poésie latine et une autre à la 
confrérie de Sainte-Cécile pour un prix de musique. 

On se moquait de lui parce que, très frileux, il se rétissait 
amplement en hiver et se faisait traîner par un laquais 
dans une de ces voitures nommées vinaigrettes au xvn' 
siècle. Enfin l’on trouvait très ridicule qu’il portât une 
perruque! 

La munificence de ses dîners et de ses réceptions, comme 
aussi la curiosité et l’espoir d’être témoin de quelques aven¬ 
tures divertissantes, attiraient chez l’abbé de Saint-Martin 
une foule de personnages qu’il recevait du reste en vrai 
seigneur et bien persuadé que c’était à son mérite seul 
qu’il devait de si nombreux amis. Quelquefois cependant 
il s’apercevait que la société s’amusait à ses dépens, et 
alors il entrait dans une colère proportionnée à l’offense 


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— 175 — 


qu’il prétendait avoir reçue et intentait aux rieurs des procès 
qui sont restés célèbres. On peut voir dans les ouvrages 
cités plus loin quelques-uns des bons tours que jouèrent 
à l’abbé de Saint-Martin ses prétendus admirateurs. 

On sait qu’en 168G le chevalier de Chaumont ramena en 
France des embassadeurs du roi de Siarn. Quelques plai¬ 
sants profitèrent de cette occasion pour persuader à l’abbé 
de Saint-Martin qu’ils étaient députés par ce prince pour 
l’engager à passer dans ses états afin d’y remplir le poste 
éminent de Grand mandarin. 

L’abbé traita magnifiquement les embassadeurs et fut 
reçu mandarin avec les cérémonies d’usage. Il était 
alors dans un âge avancé et il mourut persuadé de sa 
dignité le 14 novembre 1687. 

On l’enterra dans une chapelle magnifique qu’il avait fait 
construire dans l’église des Cordeliers. 

Huet qui le traita avec sévérité dans les Origines de 
Caen , eh a fait un portrait fort vivant, dans la première 
de ses Epigrammes. Il juge qae les opuscules de cet abbé 
sont indignes d'être connus. (!?) 

Voici les titres des plus connus: 

Du Gouvernement de Rome. — Le Bon et libéral officier 
ou la vie et la mort de Jean Dubois, conseiller de la Cour 
des monnaies de Saint-Lô (parrain de l’auteur). — Rela¬ 
tion d’un voyage fait en Flandres en 1061 (Livre qui nous 
occupe). — Moyens faciles et assurés dont M. Delorme 
s’est servi pour vivre près de cent ans. — Description de 
toutes les cérémonies qui furent pratiquées à l'arrivée de 
M. de Nefmond évêque de Bayeux, dans son diocèse. — 
Traité de la noblesse et de ses privilèges. — Voyage fait 
au Mont Saint-Michel. — La vie d'un bon chanoine. — 
Factum touchant le chemin de Saint-Gilles de Caen dont 


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176 — 


l'abbesse de la Sainte-Trinité voulait s'emparer. — Fac¬ 
tum touchant un almanach contre les bonnes mœurs. — 
Factum touchant un prix de musique fondé par le sieur 
de Saint-Martin, etc. — ! u carnaval de Rome, de Paris , 
de Flandres et autres lieux. — Factum contre un officier 
qui avait vendu sa charge. — Discows de l'ordre que 
l'on tient à Rome pour empêcher les mauvais livres. — 
Les cérémonies du Mans. Cavalcade , etc. —* Description 
de la ville de Saint-Lô, particulièrement de sa : belle église , 
etc. — Factum contre MM. Gast , père et fils. — Factum 
contre un bourgeois de Caen. — Requête au Père général 
des Capucins, elc. — Traité du respect du aux églises 
et aux prêtres. — Vie de M. de Gucrville, écuyer , etc., 
curé de Caen. — Traité des images en bosse qui sont dans 
la place de Caen. 

Les curieux trouveront des détails sur l’abbé de Saint- 
Martin dans le Menagiana . le Fureteriana , les Mélanges 
de Vigneul-Maroille (d’Argonne) et YHistoire de la Bas¬ 
tille par Renneville (t. II, 196 et 213); le Sammartiniana 
de Foucault (demeuré inédit); mais ils doivent lire surtout 
la Mandarinala ou l’Histoire du Mandarinat de l’abbé de 
Saint-Martin (in-12, précédée de son portrait en caricature). 
Ces publications et d’autres, faites pour ridiculiser l’abbé, 
sont aujourd’hui fort recherchées par les bibliophiles nor¬ 
mands. 

En résumé, d’après les divers écrivains, Michel de Saint- 
Martin fut un personnage vaniteux, tourné en ridicule 
par ses contemporains, qui se sont grossièrement amusés 
de sa crédulité. Mais à côté de ses défauts, l’abbé de 
Saint-Martin n’avait-il pas une seule qualité? Il me semble 
qu’un tel jugement serait impartial. A-t-on fait la part de 
la jalousie suscitée chez ses contemporains par la grande 


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- 177 - 


fortune de l’abbé? Certes, on ne peut classer celui-ci que 
parmi les écrivains les plus médiocres de son temps, mais 
nous n’irons pas jusqu'à dire avec Huet que ses écrits 
sont indignes d’être connus Moréri n’était pas de cet avis 
et les bibliophiles se sont estimés heureux de posséder 
ses opuscules pleins do renseignements inédits. 

Pour nous, Michel de Saint-Martin dans scs relations de 
voyage est beaucoup plus intéressant que beaucoup d’au¬ 
tres voyageurs; que Vinchant, par exemple, qui ne donne 
absolument aucun détail sur les monuments et les céré¬ 
monies publiques. Michel de Saint-Martin est le premier 
à décrire les processions qui circulaient dans nos villes et 
il les décrit en détail, ce qui est d’un prix inestimable 
pour l’histoire et les artistes peintres qui voudront rester 
dans le vrai. 

Dans les Pays-Bas, il s’est plu surtout à Anvers; aussi 
s’étend-t-il plus longuement sur cette ville que sur les 
autres. Il loue la beauté d’Anvers; il est charmé de l'hos¬ 
pitalité proverbiale de ses habitants. Il parle des arts, du 
commerce, des fortifications et des forces militaires de 
notre métropole commerciale. Michel de Saint-Martin a 
surtout le mérite d’entrer dans des détails très intéres¬ 
sants qu’on trouve rarement dans les relations de voyage 
aux xvi* et xvn° siècles. C’est un observateur curieux 
qui s’intéresse aux petites choses comme aux grandes. 
On voit que pour lui, à côté de la visite des monuments, 
les dîners et les promenades ne sont pas un des moindres 
attraits du voyage. 11 excelle surtout dans la description 
des costumes et des chars des somptueux cortèges qu’il 
décrit d’une façon claire, concise et vraiment prise sur le 
vif. En lisant ces descriptions, on voit réellement défiler 
ces magnifiques calvacades devant soi. Jamais il ne laisse 


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- 178 — 


dans l'ombre le côté pittoresque des cérémonies qu'il dépeint 
consciencieusement. 

Et maintenant laissons la parole à l’auteur ('). 

* * 

I)e l’Eglise Cathédrale d’Anvers 

L’Eglise de Nôtre Dame d’Anvers est d’une beauté si 
extraordinaire, qu’on ne la sçauroit regarder sans admi¬ 
ration. La Tour est percée à jour, et remplie de trente 
bonne Cloches, qui rendent lin son très-harmonieux. La 
plus grosse s’appelle Charlcs-Quint, qu’on ne sonne point, 
que pour les choses extraordinaires. L’Autel principal est 
d’une très rare symmetrie, et orné d’un fort beau Tableau, 
le Chœur pavé de marbre, et les Chaires embellies d’ex¬ 
cellente sculpture, avec 2. jeux d’Orgues aux deux coins 
du Jubé. Il y a des Chapelles non seulement aux deux 
Ailes de cette Eglise, mais encore entre les piliers de la 
Nef, et l’on en conte en tout, jusques à soixante et six. 
On void à l'entrée de plusieurs, deux Colomnes de marbre, 
et un Chapiteau au dessus fort bien travaillé, avec des 
Balustres de cuivre tin ou de marbre. Il y a contre les 
douze Piliers de la mesme Nef, autant de belles et grandes 
Statues de marbre blanc, qui représentent les douze Apostres. 
Cette Eglise est toujours fort nette, et plusieurs fenestres 
sont ouvertes, qui y donnent de l'air; on n’y souffre point 
d’actions d’irréligion, veu que ce sont des crimes, que les 
Empereurs ont jugé dignes de mort, et l’on n’y peut 

(1) Nous transcrivons textuellement et nous respectons l'ordre dans lcquo 
l'auteur donne les chapitres. 

(2) Pp. 76 et ss. 


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prendre un criminel qui s’y est réfugié, ny pas mesme 
au Portail, si elle est fermée, ce qui se pratique aussi 
dans les autres Eglises des Pays-Bas. On void trois gran¬ 
des portes à celle-cy, l’une au frontispice, et les deux 
autres aux deux coings de la croisée; elles sont ornées au 
dedans de Golomnes de marbre, et de Statués de même 
matière, qui représentent des sujets de piété. Gaspar Nemius, 
Malderus, et Capello, Evesques du lieu, les ont fait faire, 
cômc il est porté dans les Inscriptions que l’on y void. 

Ceux qui servent la Messe, demandent devant et après 
la Bénédiction au Prestre le genoiiil en terre, ce qui se 
pratique aussi dans les autres Eveschês. A l’Offertoire le 
Prestre met l’eau dans le Calice avec une petite cuiller 
d'argent. Les Prédicateurs tant séculiers que Réguliers prê¬ 
chent l’Etole sur le Col, afin de mieux marquer leur 
mission. Dans la plupart des Eglises, ils travaillent à les 
bien orner 2 ou 3 mois avant la teste du Patron, et ils 
empruntent de tous costés ce qui leur est nécessaire. Les 
Autels sont couverts de Croix, de Vases, de Statues, et de 
quantité de Chandeliers, le tout d'argent, et les murailles 
et piliers tendus de toutes sortes de belles tapisseries. 
L’on sonne les Cloches mélodieusement jour et nuit, autant 
de temps que dure la feste, et on y appelle les Musiciens 
pour chanter le service divin. 

Mais après avoir parlé du dedans de cette Cathédrale, 
je ne peux obmoltrc l’inscription du Portail qui contient 
ces mots : Quintina Metio imcomparabilis arlis Piclori, 
urbs Scnnlusque Antverpiensis posait et au dessous Con- 
nubialis amor de Mulcibrc fecil Apellem. 

Je m’informay du sujet de cette inscription, et j’appris 
qu’un Maréchal demandoit en mariage la fille d’un Peintre, 
qui le pria de penser ailleurs, d’autant qu’elle étoit recher- 


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— 180 - 


eliée d’un autre Peintre, dont la profession luy étoit bien 
plus agréable que la sienne, mais comme l’eau jettée dans 
un feu ne fait que l’allumer d’avantage, ce refus ne servit 
qu’à augmenter sa passion. Il l’alla demander à son Père, 
qui luy promit qu’il l’épouseroit, s’il devenoit bon Peintre, 
ce qui l’anima tellement, qu’il quitta aussi-tôt le marteau 
pour prendre le pinceau, et fit connoîtrc que rien n’est 
impossible à l’amour, quand il s’empare d’un cœur, car 
il devint en peu de temps un si habile Peintre, qu’un 
beau tableau de la descente de notre Seigneur de la Croix, 
qui est dans une des Chapelles de celte belle Eglise, avec 
la marque, un Marteau et des Tenailles, donne de l’ad¬ 
miration à tous ceux qui le voyent, ainsi que plusieurs 
autres de la façon, qui sont dans le cabinets des curieux 
des Pays-Bas. 


* 


Df.s Instructions Chrétiennes ('). 


Les jeunes garçons et les jeunes filles d’Anvers qui vont 
apprendre le Catéchisme en la maison Professe des Pères- 
Jésuites, ont une dévotion particulière à Saint François 
Xavier, pour l’avoir enseigné tous les jours de sa vie avec 
un grand zèle dans le Portugal, dans les Indes et autres 
Pais. Vers le mois de juin ils portent sa Statiie, en un 
jour de Feste, par les plus belles rues au son des tam¬ 
bours et des trompettes, et sont vêtus d’habits de Portu- 

(1) Pp. 89 et s. 


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— 181 — 


gais, Indiens et autres nations, où ce grand Apôtre a 
presché le Saint Evangile. 


* 

* * 

Des Hospitaux et autres lieux de piété (’). 


A Anvers ils ont des Maisons où l’ont fait apprendre par 
charité des mestiers aux pauvres garçons et aux pauvres 
filles, qu’on nourrit jusques à ce qu’ils puissent gaigner 
leur vie, de sorte que l’on en fait de bons ouvriers au 
lieux de gueux et de misérables qu’ils auroient esté et on 
sauve les filles de la prostitution. 


* 

* 


* 


Des Eglises des Religieux (*). 


La court des Peres Cordeliers d’Anvers est fort vaste, 
et entourée de quantité de beaux arbres, dont la verdure 
est fort agréable en esté. Il y a contre les murs des tableaux 
à l’huile, qui représentent des sujets de dévotion, avec 
des prie-Dieu au bas, et au dessus des Perrons couverts 
d’ardoise, si bien que quand l’Eglise est pleine, ou fer¬ 
mée, l’on y peut faire ses prières. 

* 

* * 

De la Feste de la Sainte Trinité a Anvers ( 3 ). 

Bien que la réjouissance publique, dont je vais parler, 

(1) Pp. 13ô et s. 

(2) Pp. 158 et s. 

(3) Pp. 236 et ss. 


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- 182 — 


aye beaucoup de rapport à la Carmesse d’Anvers, elle ne 
tient pas lieu néantmoins de Carmesse aux habitans de 
cette ville, car ils font la leur au mois d’Aoust le Jour 
de l’Assomption de Nôtre Dame, où ils représentent plu¬ 
sieurs Histoires tant du vieil que du nouveau Testament. 
M’y étant rencontré je vis d’abord un Chameau mené par 
un More, qui precedoit la Ceremonie, et étoit suivi de 
plusieurs autres animaux montés par des petits garçons; 
puis vcnoit le chariot appelle la Pucelle, représentée par 
une Statue, revestüe d’une riche robe, et accompagnée de 
trente jeunes filles âgées de douze à quatorze ans, fort 
richement vestiies. 

Suivoient 2 homes qui portoient les Armes de l’Empire, 
celles de la Pucelle et de la ville d’Anvers, à seavoir S.P.Q.A. 

L’Enfer estoit représenté dans un grand chariot, d’où 
sortoient continellement des fiâmes. Venoit ensuite une 
Haleine, sur laquelle estoit un homme nù; elle avoit encore 
deux Balenons à ses costés, qui portoient de petits garçons. 

Suivoit un Eléphant sur lequel estoient quatre hommes 
vêtus de verd, et des enfants marchoient entre ses pieds. 
Le Chariot de Neptune, et un autre qu’ils appelaient le 
Parnasse, y parurent aussi avec la représentation d’un 
grand Géant, et autres figures d’hommes et de femmes, 
vêtue à l’Espagnole; à l'entour dançoient plusieurs jeunes 
hommes au son de quantité d’instrumens. Les Compagnies 
du Serment s’y trouvèrent pareillement en fort bel ordre, 
avec quantité de tambours, tirant leurs mousquets sans 
cesse. On vid après 15. et 16. chariots attelés les uns de 
quatre, et les autres de six chevaux, remplis d’images en 
relief, qui representoient chaque Mystère de la vie de Notre- 
Dame, la Naissance de Nôtre Seigneur, l’Adoration des 
trois Roys, et la Ressurection générale. 


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- 183 


Venoit en suite celuy de la S. Trinité représentée par 
trois hommes, avec des rayons sur la teste. Cinq Trom¬ 
pettes marchoient en suite à cheval couverts d’écarlate, 
et precedoient cent cinquante jeunes-hommes aussi à cheval 
fort bien vêtus, dont chacun portoit en main un Estendart 
blanc et rouge, la plupart le casque en teste, conduits 
par le fils d’une des plus considérables personne de la 
ville, et afin que si leurs chevaux déferroient, ils peussent 
aussi-tôt remonter, suivoit un garçon Maréchal, monté 
aussi à cheval, qui s’étoit noirci le visage, pour se mieux 
faire regarder. 

A la fin marchoit le Clergé Séculier et Régulier, chan¬ 
tant des prières accommodées à l’action. l’Abbé de Saint 
Michel d’Anvers de l’Ordre de Premontré marchait le dernier, 
la Mitre en teste, accompagné de quarante Religieux de 
son Abbaye, dont l’Eglise estoit anciennement la seule 
Paroisse de la ville d’Anvers, qui fut donnée à Saint 
Norbert, après qu’il eut détruit l’heresie du sacramentaire 
Tanchelin. 

J’appris du Sieur Guovart Secrétaire de la Ville d’Anvers, 
et fort conneu par ses sçavants écrits, que le divertisse¬ 
ment dont j’ay parlé cy-dcvant, coûte tous les ans plus 
de deux mille escus de nôtre mon noyé à la Maison de 
Ville, sans parler de trente mille autres, qu’ont coûté les 
Machines et les Représentations que l’on y porte. 

Cet Autheur voulut bien m’inviter à un Festin, qu’il 
faisoit le jour de cette feste au Sieur Sanderus aussi 
Autheur, et à quantité d’honnestes gens. Le lecteur ne 
sera sans doute pas marry d’apprendre le respect que 
l’on porte en ces Pais là aux Souveraines et que Ton y 
saliia les santés du Roy et de la Revne d’Espagne, de 
l’Empereur, de l’Impératrice, et celles du très-chrestien 


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— 184 — 


Roy de France, et de la Reyne, dans de grands Vases 
de Cristal, dont chacun contenoit au moins deux pintes 
mesure de Paris, et qui étoient soutenus par de grands 
piédestaux d’argent doré. On couvrit premièrement la 
table d’un service de viandes froides, dont ils mangent 
souvent en ces Pais, et mesmo le soir, et en suite nous 
fusmes traités à la Françoise 

* 

* * 


Des Dévotions a la Sainte Vierge (')• 


Au Chapitre d’Anvers on chante tous les jours en Musique 
et avec l’Orgue, le Salut qu’on dit à la fin de Vespres, 
en l’honneur de la Vierge. 


* 

* * 


Des Corps Saints (*). 


Chez les Peres Jésuites en leur Maisons Professe d’Anvers 
est le Corp de Saint Prosper Martyr Romain, et le Chef 
de Saint Guillaume Confesseur du Pais de Julliers, Pere 
des Hermites du Mont de la Vierge, qui décéda l’an de 
grâce 1142. 


* 


* 

* 


(1) P. 2*16. 

(2) P. 270. 


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De la Justice des Eschevins des Villes ('). 


L’on decrette le bien d’un homme à Anvers dans l’es¬ 
pace de douze ou quinze mois. 


* 


* 

* 


De l’Imprimerie d’Anvers (*). 

L’Imprimerie sert beaucoup aux hommes à devenir sça- 
vants, puisque par son moyen ils ont avec plus de faci¬ 
lité les livres, qui leur donnent l’entrée à toutes sortes de 
sciences, et qui leur aydent à recueillir en peu de temps, 
de riches successions. Elle fut inventée par Guttemberg 
Chevalier de Mayence, en l’an 1440, et perfectionnée en l’an 
mil cinq cens cinquante-cinq par Plantin originaire de la ville 
de Tours en France, qui ayant esté apprëtif à Caen, sous Bene- 
dict Macé Imprimeur du Roy s’en alla demeurer à Anvers, où 
il a esté ce que les Manuces en Italie, les Frobeins en Allema¬ 
gne, et les Estiennes en France, et il a mérité qu’on luy 
erigeast des statues, avec autant de raison, que l’on en dressoit 
anciennement aux Orateurs, aux Poètes, aux Musiciens, aux 
Peintres et aux Sculpteurs, qui avoient excellé en leur 
art. Il laissa une fille unique héritière de ses biens, dont est 
descendu Balthazard Moret, qui possédé son Imprimerie. 
Il me montra quarante neuf sortes de caractères latins, 

(1) P. 297. 

(2) P. 367. 


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— 186 — 


plus de cinquante Grecs, Hebreux, Syriaques, et Arabes, 
avec les lettres Matrices qui servent à refondre celles qui 
sont usées, et à les remettre au mesme état qu’auparavant. 
Entr’autres livres il a imprimé une Bible Royale, qui passe 
pour un des plus rares ouvrages qui se voient. 

Son Impression est d’autant plus correcte, que trois habiles 
hommes examinent les feuilles les uns après les autres. 
Il y a deux chambres remplies de livres, où il reserve 
un exemplaire de tout ce qui sort de son Imprimerie. Sa 
Majesté Catholique a reconnu cet habile Libraire d’un beau 
privilège, c’est d'imprimer seul, les Bréviaires et autres 
livres d’Egliscs dont les Catholiques se servent dans les 
Païs-bas. 11 seroit à désirer que chez toutes les Nations 
où l’Eglise Romaine a des Autels, il y eust aussi quelques 
Libraires en chacune, capables et gens de bien, qui seuls 
imprimassent les livres qui regardent le culte divin, et 
qu’il fut défendu sous de rigoureuses peines à tous autres 
de s’en mêler: l’on n’y verroit pas de fautes de consé¬ 
quence, comme il s'en trouve dans quelques Bréviaires, 
qui, portent le nom de Cologne, et qui néantmoins sont 
imprimés en des pais hcrctiques, où ils se servent de ce 
nom supposé, parce que leurs livres sont suspécts aux 
catholiques. 


* 

* * 

Du droit de Bourgeoise d’Anvers ('). 

Celuy qui veut participer aux Droits des Bourgeois de 
(1) P. 385. 


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- 1S7 — 


la ville se présente au Bourg-mestre, preste le serment 
de fidelité entre ses mains au Duc de Brabant, paye six 
écus au Commun, et quelque droit au métier qu’il veut 
exercer, puis il en jouit des privilèges, comme aussi de 
ceux des Bourgeois, il ne peut néantmoins parvenir aux 
employs de la Maison de Ville, mais seulement ses dcs- 
cendans. Les hômes et leurs femmes qui sont absens 
d’Anvers pendant six semaines, perdent le droit de Bour¬ 
geoisie. 

On peut voir dans Guichardin, au lieu où il traite de 
la ville d’Anvers, les marchandises que l’on en transporte 
aux païs étrangers, et celles que l’on y apporte. Je diray 
seulement que l’on fait de fort belles toiles à Cambray, 
Valenciennes, Nivelles et autres villes, valants cent francs 
la pièce, bien qu’elles ne pesent quelquefois que sept ou 
huit onces; de fort belles tapisseries, tant de verdure qu’à 
personnages, à Anvers et à Oudenarde, ainsi que de bons 
Camelots à l’Ille, où il y a douze personnes des princi¬ 
paux de la ville, dont quelques uns ont esté Eschevins 
qui ont un grand soin de bien faire travailler les ouvriers. 
On fait encore en ces Pais bien des dentelles, et du 
Point de Flandre; à Anvers de belles statues, et des Ta¬ 
bleaux, il y avoit huit cent Peintres lorsque j’y étois; à 
Bruxelles d’excellentes armes; à Mons en Haynaut de 
très-rares verres, et l’on peut dire de cette nation, qu’elle 
excelle dans tous les arts. 


Les Marchands d’Anvers ont de fort belles maison où 
ils s’assemblent. 


A Anvers il y a une maison de Correction où l’on en¬ 
voyé les fils de famille les apprenti fs des métiers et 


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— 188 — 


autres qui se gouvernent mal, où qui ne veulent pas 
travailler. 


* 

* * 


De la Bource d’Anvers ('). 


Il y a dans la Bource d’Anvers quatre grandes portes 
ornées des armes d’Espagne, et quatre Galeries fort vastes, 
soutenues par environ quarante colomnes de marbre blanc. 
Il y a au dessus la Bibliothèque de la Maison de Ville, 
qui est très belle, ainsi que plusieurs boutiques où les 
Marchands se promènent au dessous. Ils parlent de nou¬ 
velles, et traitent entr’autres choses de Lettres de change 
pour Gènes, Florence, Milan, Rome, Nuremberg, Franc¬ 
fort, Hambourg, Paris, Rouen, Lyon, Seville, Madrid, Bur- 
gos, Gadis, etc. Celuy qui en est porteur la doit faire 
signifier 5. jours, après le terme écheu, autrement celuy 
qui l’a baillée, n’est point responsable, si la personne à qui 
elle s’adresse, fait banqueroute. Les Anglais y ont aussi 
une Bource particulière. 


Les Marchands d’Anvers y (dans la ville) ont des Maga¬ 
sins d’une grandeur prodigieuse ainsi que des greniers 
où ils mettent leurs bleds. 


* 


* 


(1) P. 389. 


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- ISO — 


De l’election des Echevin ('). 


Je tais les particularités de l’election des Eschevins 
d’Anvers, dont Guichardin parle fort amplement. 


* 


* 

* 


Des Maisons des Particuliers (*). 

Les maisons de toutes ces villes sont fort belles : Je 
m’arresteray particulièrement à parler de celles de la Ville 
d’Anvers, qui ont les unes quatre-vingt, les autres cent 
pieds de hauteur. Elles durent long temps, pour estre 
faites de bons matériaux, et la beauté s’y rencontre aussi, 
car elles sont bâties à droite ligne. Les rues sont fort 
larges et au nombre de douze cens, avec vingt-deux places 
publiques, tant grandes que petites, si bien que ceux 
qui ont beaucoup voyagé, la tiennent pour une des plus 
belles villes du monde. Les portes des maisons sont ornées 
de Sculpture : l’on voit de beaux Balcons sur les rues 
près des premières fenestres, et des Statues dans les Courts, 
dont on lave souvent le pavé. Les entrées des maisons, 
et les salles sont ordinairement pavées de marbre, et 
celles des plus riches, ornées de tapisseries de verdure, 
ou a personnages, ainsi que d’un grand nombre de tableaux; 
ils jettent du sable fort petit sur le pavé, pour cmpescher 

(Il P. 31)4. 

(2) P. 406. 


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— 190 — 


que la poudre n’incommode. Tous les Samedys on lave 
les meubles de bois et les degrés, ce qui les tient tou¬ 
jours fort nets; il y a aussi bien de plaisir à voir la batterie 
de cuisine, qui est très-éclatante : les cramaillées, les garde- 
feu, les chenets, les landiers reluisent encore, ainsi que tout 
le reste des ameublements. Quand l’on ne fait point de 
feu dans les chambres et salles, ils mettent des tableaux 
avec des châssis seulement contre les cheminées, de peur 
que l'on n’en vove la déformilé, et ils les ostent, lors que 
l’on en veut allumer; elles sont aussi blanchies des deux 
costés, à la réserve d’un pied au milieu. Les Mareschaux 
mesmes qui ferrent les chevaux, sont si propres, que leurs 
enclumes reluisent comme de l’argent. En la mesme ville 
d’Anvers, il y a dans les courts, et jardins des tours, qui 
ne sont pas très grosses, mais fort elevées, au haut des¬ 
quelles, sont des plates formes d’où l’on découvre dix 
lieues de pais, on y void aussi quantité de balcons sur 
les rués. 


La ville d’Anvers a un fort bel Hôtel à Bruxelles où 
logent ses Députés quand ils vont aux Estats. Plusieurs 
Seigneurs y ont aussi, bien qu’ils n'y fassent pas leur 
demeure ordinaire, mais seulement pour venir faire leur 
cour au Gouvernement et voir les Seigneurs de cette ville 
où il y a quelques Princes et plus de trente Comtes ou 
Marquis, qui ont tous de si beaux trains, ainsi que la 
plupart des Gentils-hommes qu’ils me faisoient souvenir de 
ceux que j’ay veus dans la ville de Rome. Il y a des 
pompes presque dans toutes les maisons, si bien que l'on 
y a de l'eau fort facilement. Le dehors des Hostelleries 
est orné des Armes des personnes de condition, qui ont 
de coùtume d’y loger. On voit écrit en fort gros cara- 


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tère, tant dans les courts, que sur la couverture de quel¬ 
ques maisons, l’an qu’elles ont été bâties. 

* 

* * 


De la Garde des Bourgeois ('). 

A Anvers les Bourgeois font la garde aux portes. 

Quand il arrive des Cavaliers, ce qu’on sçait par le moyen 
des Beffroys, qui sont des lieux élevez, bâtis en forme 
de tours, et couverts par dessus, la sentinelle qui est en 
haut, sonne autant de coups de cloche qu’il y a des cava¬ 
liers, qui approchent de la ville, met un Elendart rouge 
pour eux, et un blanc pour les gens de pied. Etant arrivés à 
la première Porte, on donne aux cavaliers deux soldats, 
qui les mènent au Corps de Garde de la Cavalerie. Après 
qu’ils ont parlé à l'officier qui commande, il les fait con¬ 
duire à la Garde du Gouverneur, d’où on les mène dans 
une Hôtellerie. L’Hôte est obligé de porter leur nom au 
Major de la ville, puis on va sçavoir si les soldats qu’on 
y a envoyés, y sont encore logés, autrement on en fait 
de grandes recherches. On tient presque le mesme ordre 
pour les gens de pied. Avant que de fermer les Portes, 
on sonne durant quelques temps, une grosse cloche appellée 
la Cloche-porte, pour obliger ceux qui veulent venir en 
ville, de se hâter. 

L’on sonne la retraite à neuf heures avec des tambours, 
et si en suite on trouve quelqu’un sans chandelle, les 
soldats l’arrestent, et on le met en amende. 

Ceux qui sont sur le Beflfroy, sonnent la nuit la trom- 

(1) P. 437. 


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pette toutes les demy heures, afin de faire voir qu’ils 
veillent. 

Lors qu’on reforme un Régiment ou une Compagnie, 
on fait les Capitaines, Officiers reformés, le Roy leur 
donne trois payes de soldat, le Lieutenant et le Cornette 
en ont chacun deux, et ils sont tous obligés de se faire 
enregistrer dans la Compagnie d’un de leurs amis, et de 
servir en cas de besoin. 

Le General peut faire donner bataille par ses soldats 
quand il le juge à propos sans attendre les ordres de la 
Cour. 


★ 

* * 

I)e l’exercice des Cavaliers ('). 

Quand un ou plusieurs Capitaines veulent faire faire 
l’Exercice, les Trompettes des Compagnies sonnent boule- 
selle, et les soldats se rendent une heure après devant 
la maison de leurs Capitaines ou de leurs Lieutenants en 
leur absence. 

On forme d’abord trois rangs de cinquante Moisîtes, puis 
le Trompette sonne la marche, et les Cavaliers défilent 
quatre à quatre, jusques en une campagne, ou autre lieu 
propre à faire l’Exercice. Là on forme derechef un Escadron 
de trois rangs, qui marchent droit, comme si c’étoit contre 
l’ennemy, on fait trotter et galopper les chevaux pour 
voir s'ils conservent bien leur rang, puis ils courent à 
droit et à gauche. Cela fait les Escadrons se séparent en 

(1) P. 443. 


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— 103 — 


deux, le Capitaine se mot à la teste d’un, et son Lieute¬ 
nant à la teste de l’autre. Ils laissent un espace de deux 
ou trois cens pas entre les Escadrons qui se regardent de 
front. On envoyé des Cavaliers pour les reeonnoitre, qui 
tirent chacun un coup de pistolet pour advertir leurs 
compagnons, que ce sont des ennemis, et qu’il faut se 
battre : en mesme temps les deux Escadrons marchant 
l’un près de l’autre, le pistolet à la main et font leur 
décharge, puis l’un tourne à droit, et l’autre à gauche, 
tirant le coup de pistolet; ils mettent ensuite l'épée à la 
main, et ils se frappent quelque fois A la fin, ils font 
un petit tour, puis ils se rejoignent, et reviennent devant 
le logis de leur Capitaine qui les remercie. 


* 


* 

* 


Des Fortifications plus remarquables ('). 


La ville d’Anvers est l’une des plus considérables, du 
Duché de Brabant, pour sa grandeur, la beauté et la magni¬ 
ficence de ses bâtiments publics et particuliers, la com¬ 
modité du Commerce, et les richesses des Marchands, dont 
l’un qui est Portugais, possédé une belle maison superbe¬ 
ment meublée, et capable de loger un Prince. Cette ville 
est située le long de la rivière de l’Escaut, qui a son 
origine en Picardie, passe à Cambray et à Valenciennes, 
sa largeur est de 2400 pieds vis à vis d’Anvers, et on a 
compté dessus jusques à 2500 navires. Il y a au bord de 

(1) Pp. 445 et ss. 


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— 194 — 


cette rivière une grande Machine appelée Grue qui sert 
à décharger les Vaisseaux. 

Cette belle ville est un Marquisat de l’Empire, séparé du 
Brabant. Elle a cinq Portes du costé de la terre, huit grands 
bastions en son circuit, avec de profonds et larges fossés 
à fonds de cuve, remplis d’eau, et quelques demi-lunes au 
devant des courtines. 

Le Terre-plain des ramparts est fort large, particulière¬ 
ment du costé de la Porte de Broda, où l’on se promené 
principalement en esté sur le soir. 

Au bout de la ville près de l’Abbaye de Saint Michel, 
le Duc d’Albe a fait bâtir une fort grande citadelle com¬ 
posée de cinq bastions réguliers. 

Cette citadelle est une des plus accomplies qui soient dans 
les Païs bas, tant pour la disposition, et la construction 
des bastions, courtines, plate-formes, demy-lunes, remparts 
et contrescarpes, que pour les logis des officiers et des 
soldats, d’une forte garnison, magazins, et grand nombre 
de canons, et de toutes sortes de munitions tant de guerre 
que de bouche, nécessaires pour soutenir un long siégé. 
Il y a des Escuries pour mettre plus de huit cens che¬ 
vaux. On nous donna un soldat pour nous montrer les canons 
qui sont sur les remparts, ainsi qu’on pratique ordinaire¬ 
ment quand quelques uns les veulent voir. Au devant la 
mesme citadelle il y a une place d’armes, ou l’on peut 
mettre dix mille hommes en bataille, et vers ce quartier 
là, un Fort appellé de Saint Laurent. 

On voit proche de cette place un grand bateau doré 
approchant de la beauté du Bucentaure de Venise, ou se 
met le sénat, de la ville d’Anvers, quand il a advis qu’il y 
vient par eau des Ambassadeurs, ou autres personnes fort 
considérables, qu’il va complimenter et recevoir, et pour 


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105 — 


les faire descendre, on met des planches que l’on couvre 
de tapis. 


♦ 

* * 

Des Canonniers ('). 

Il y a quantité de Canonniers en chaque ville, ils por¬ 
tent pour les distinguer des autres Officiers des justau¬ 
corps rouge, bleus ou d’autres couleurs, ce qu’ils tiennent 
à honorer, bien qu’ils soient quelque-fois les principaux 
Marchands de la ville. Ils jouissent en considération de 
de cet employ de quelques privilèges, comme de ne point 
aller à la garde de jour, ny de nuit. Pour les rendre 
habiles à bien tirer, la Maison de Ville fait présent d’une 
Saliere, d’une Ecuelle d’argent ou autre chose semblable, 
à ccluy qui donne dans un blanc, On l’appelle le Roy de 
Canon, et il est mené en suite par la ville où les tam¬ 
bours et les trompettes retentissent de tous côtés. Chaque 
Canonnier porte alors un petit canon d’argent au col, 
attaché avec un cordon de soye, et un bâton à la main, 
avec une fleur au bout. Ils reconnoissent le glorieux Saint 
André pour leur Patron. 


* 

* * 

Nous croyons devoir profiter de l’occasion que nous avons 
de posséder ce volume pour en extraire trois chapitres 
très intéressants relatifs à l’histoire de Bruxelles. 

* 

* * 


(1) Pp. 463 et 469. 


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— 19G — 


Des Carmesses ('). 

Les Carmesses sont des divertissements publics, qui se 
font tous les ans en un jour de Foste dans les villes, et 
mesme dans les bourgs. J’assislay à celle de Bruxelles 
qu’on fait au mois de May. Les rues étoient parées de 
branches d’arbres verdoyantes, et fort remplies de monde, 
aussi que les fenestres des maisons, car l’on vient de 
divers lieux, tant pour voir cette réjouissance, que pour se 
trouver le lendemain à l’ouverture de la foire, qui dure 
plusieurs jours avec ce privilège, qu'on ne peut y arrester 
personne pour ses debtes. 

Cette Carmesse commença sur les deux heures après midy, 
et comme ces peuples ont toujours la piété pour objet, 
ils se servent mesme de leur divertissemens des sujets, 
qui les y peuvent porter. L’Enfer se présenta d’abord 
aux yeux des spectateurs, qui parût sous la figure d’un 
grand chariot entouré de toiles, où étaient dépeints des 
Dragons et des Serpcns, et au dedans on voyoit des homes 
vêtus en Furies, qui jottoient continuellement des fusées 
en un si grand nombre, qu’ils sembloient convertir l’air 
en fiâmes. 

Suivoient huit ou dix hommes en chemises et en cane- 
çons, qui avoient chacun un Espadon nù à la main, et 
sans pointe; ils dançoient continuellement avec une grande 
adresse et legérelé, se mêlant les uns parmy les autres, 
et passoient au travers d’un cercle, faisant tous les tours 
de souplesse imaginables. Marchoient après quatre Bour¬ 
geois, qui portoient des halebardes, dont le fer étoit doré 
et ils procedoient un grand jeune-hême, qui representoit 

(1) Pp. 228 et ss. 


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— 107 — 


Saint-Michel avec ses deux ailes, une Croix au front et 
l’espée nuë à la main, qu’il remuoit incessamment en se 
tournant à droit et à gauche. Il y avoit à ses costés d’autres 
jeunes-hommes vestus en Furies, dont les uns combattoient 
contre luy, les autres dançoient et faisoient diverses pos¬ 
tures. 

Venoit en suite une Compagnie de Piquiers, qui por- 
toient de grands Busses avec des écharpes rouges et mar- 
choient au bruit des Tambours et des Trompettes. A la 
suite de ccux-cy paroissoient de jeunes enfans de dix à 
douze ans richement vêtus, montés sur des figures de 
Chameaux, de Lyons, d’Elephans, de grands chevaux et 
autres bestes représentées au naturel, et qui estoient por¬ 
tées par des hommes cachés au dessous. 

De plus on voyoit en peinture un Dragon étendu de son 
long sur une grosse Machine, au haut de laquelle il y 
avoit une fille d’environ quinze ans, et deux autres plus bas. 

Marchoient en suite vingt-quatre Bourgeois, avec des 
bâtons à la main, et revestus de robe de drap doublées 
de satin, qui venoient jusqu’à moitié jambe. 

Suivoient des Tambours vestus à la Suisse, fort bien 
couverts et les Compagnies du Serment, dont cent de ceux 
qui finissoient la troupe, portoient des hauts de chausses 
d’écarlate, ornés de freluches de soye, des pourpoints de 
satin blanc, avec des nerveures, et des plumes à leurs 
chapeaux. 

Ces habits leurs furent donnés par l’Archiduc Albert, 
pour estre portés à la Carmesse. Ils tiroient fort souvent 
leurs mousquets qui sont de pareille longueur et calibre, 
et si grands qu’ils étoient obligés de les soûtenir avec 
des fourchettes; ils alloient cinq à cinq, et quand quel¬ 
qu’un d’eux tiroit, tous les autres faisoient leur décharge 


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— 198 — 


on mesmc temps: s’ils saliioient une personne de qualité, 
ils se mettoient deux rangs vis à vis l’un de l’autre, et 
ils tiroient dix coups de l'eu. 

Cette Compagnie étoit suivie de plusieurs autres aussi 
en Armes. Marclioient à pied deux ou trois cents Bour¬ 
geois quatre à quatre, qui étoient suivi de Trompettes 
richement vestus, puis venoient les jeunes gens de la Ville 
âgés de vingt à vingt deux ans, tous montés à l’avantage, 
avec des habits couverts d’or et d'argent. 

En suite de ces Compagnies marclioient des chariots 
remplis de dévotes représentations, attelés de six beaux 
chevaux montés par autant de petits garçons superbement 
vestus, avec des plumes d'une mesme couleur sur la teste. 

L’on portoit les Saints Patrons de la Ville, ainsi que 
les Armes des dix-sept Provinces et l’on voyoit marcher 
de grands Battcaux dorés, montés sur des roi'ies. et tirés 
par quantité de beaux chevaux. Il y avoit au dedans 
de petits garçons et de petites tilles fort-bien parées avec 
des Musiciens, des joueurs d'instruments, et de petits 
Matelots vestus de diverses couleurs, qui montoient sou¬ 
vent au haut du Vaisseau, et descen loient par le moyen 
des cordages. A la fin on portoit plusieurs statues d'argent 
avec celle de Nostrc-Dame, qui estoit sous un dais; venoient 
après les Croix et les Binieres suivies par des Prestres 
revestus de chappes, qui chantoient par les rues des 
prières conformes au sujet. La Carmesse se termina sur 
le soir, et chacun se retira en son logis. 

* 

* * 


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— 199 — 


Du Palais du Roy d'Espagne a Bruxelles (’). 

Il est à propos que les Souverains, qui sont les plus 
elevés entre les hommes jouissent de quelques avantages 
particuliers, en considération des soins extrêmes qu’ils 
prennent pour le maintien de leurs Estats, et pour faire 
voir les marques de leur grandeur. Le Roy d’Espagne a 
un fort beau Palais à Bruxelles, environné de boutiques, 
appellées l’Etat de la Cour, où par la permission du Gou¬ 
verneur, travaillent les Artisans de diverses sortes de 
Mestiers, bien qu’ils ne soient pas Maistres. Vis à vis de 
ce mesme Palais, on voit une grande place publique, où 
sont plusieurs statues de bronze. Toute la Court est en¬ 
tourée d’une grosse balustrade de fer, qui empesche que 
les Carrosses n’endommagent les murs, et l’on voit une 
belle fontaine à un des coins. La salle où se retirent les 
cent Gardes du Gouverneur, est fort grande, et remar¬ 
quable pour son lambris, fait d’un bois qui ne reçoit 
point d’araignées. Il y a plusieurs belles chambres appel¬ 
lées les chambres des Gentils’hommes, des Barons, des 
Marquis, et des Grands d’Espagne, parce que les personnes 
qui portent des qualités, s’y entretiennent, et le Gouver¬ 
neur a un cabinet fermé de vitres de tous costés, où il 
fait ses dépêches. 

On voit dans une salle de ce Palais les Armures de 
l’Empereur Charles-Quint, de l’Archiduc Albert, du Duc 
d’Albe, du Prince de Parme, et autres. De plus un Casque 
du mesme Empereur, qu’on estime dix mille livres. 

Dans une autre salle, sont les statués des douze Empe¬ 
reurs, qui sont de la Maison d’Autriche. La Galerie de 


(1) Pp. 400 et ss. 


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— 200 — 


ce Palais est remplie d’excellens Tableaux, qui représen¬ 
tent des Roys et des Reynes de France, et des veufves 
d'Espagne des premières qualités, qui portent des habits 
de Religieuses, qu’elles prennent d’ordinaire en ce Royaume 
là après la mort de leurs maris, et qu’elles ne quittent 
point, si elles ne se remarient. 

L’on môntre en la mesme Galerie une Table, qui fut 
donnée au Roy d’Espagne par l’Empereur Rodolphe à con¬ 
dition de la laisser toujours dans le Palais; elle donne de 
l’admiration à tous ceux qui la voyent, pour estre com¬ 
posée d’Agatlies, de Rubis, de Saphirs, et autres pierres 
précieuses. Quand le Gouverneur est absent, il y a tou¬ 
jours quantité de ses Gardes à la porte de ce Palais, le 
long duquel est un Balcon, qui regarde le Jardin, et le 
Parc, où sont quantité de besles fauves, et outre un Mail, 
qui a prés de deux mil pas de longueur. On y voit aussi 
six ou sept Antres, rangés de suite, avec des Grottes, 
ornées de coquilles très agréablement placées; de plus la 
figure d’Orphée que les Bacchantes mettent à mort, et 
d’autres personnages fabuleux y sont représentés, à qui 
l’eau des fontaines, qui sont en un grand nombre, fait 
exprimer leurs plaintes par plusieurs Instrumens. 

Vers un des bouts de ce mesme Parc, il y a un Echo 
qui rend plus de douze fois la voix, et de qui on peut 
dire 


Vocis que offensa résultat Imago 

Virg. 4. Georg. 

Ce lieu est ouvert durant toute l’année aux honnestes 
gens, et deux fois l’an à tout le peuple. 

♦ 

* * 


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- 201 


' Des Traisneaux ('). 

On fait marcher les Traisneaux à Bruxelles durant les 
grands froids, et lors que les rues sont glacées, à quoy 
contribuent beaucoup ceux qui demeurent sur la rue du 
Court, qu’on envoyé prier de jetler de l’eau devant leurs 
portes, afin qu’elle se gele, et que les Traisneaux puis¬ 
sent courir plus facilement, ils sont pour la plûpart dorés. 
Un cavalier y est placé derrière une Dame, lequel con¬ 
duit le cheval, et le fait marcher le plus viste qu’il peut. 
Le crin du cheval et la queiie, sont ornés de rubans, avec 
quantité de grelots et il y en a mesme d’attachés au 
milieu des jambes. Ce divertissement se donne le soir aux 
flambeaux que portent 10 ou 12 laquais qui appartiennent 
à celuy qui conduit le Traisneau, dont on voit quelque¬ 
fois 15 ou 20, les uns derrière les autres, ce qui se passe 
en la presence de personnes de toutes sortes de condi¬ 
tions, qui trouvent d’autant plus facilement place que la 
ruë appellée du Cours où se font ces courses, est fort 
large et fort longue. 

Les hommes ne vont point en carosse avec les femmes 
s’ils ne sont leurs proches parens, mais ils peuvent aller 
à cheval près de la portière, et quand des Gentils-hom¬ 
mes les salüent, elles se lèvent du siège de leurs carrosse. 


* 

* * 

Les Namurois ne liront pas sans intérêt le chapitre 
suivant relatif au fameux combat des échassiers. 

* 

* * 


(1) Pp. 428 et ss. 


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— 202 — 

Du Combat des Echasses a Namur ('). 

Je n’ay pas manqué à m’informer du sujet, qui a peu 
(pu) obliger les habitants de Namur à combattre une fois 
l’an avec des Echasses, ainsi que quand le Gouverneur 
prend possession et quand il y vient un Prince, sans en 
pouvoir rien apprendre. Je me persuade neanmoins que 
les Romains qui ont occupé cette Comté et dont les Sol¬ 
dats passoient les rivières elevées sur des Echasses, ont 
esté les Inventeurs de ce combat. (Slrada I. 8. de bcllo 
Bclg.) Il leur apporte mesme quelque utilité, car en se 
rendant habiles à marcher sur des Echasses, ils peuvent 
aller avec plus de facilité, dans les Marais de ces pais. 
L’action se passe en cette manière. Le jour du combat des 
Bourgeois de Namur composent une armée particulière, 
appellée le Milan, et les habitans des Faux-bourgs, et d’une 
lieue aux environs de la ville, une autre qu'ils nomme 
Havresse. Les Capitaines donnent des livrées à leurs Sol¬ 
dats, afin de les pouvoir reconoitre et chaque quartier à 
le sien. Ils sont tous elevés sur des Echasses hautes de 4 ou 
5 coudées, et ceux tant de la ville et du Faux-bourg que 
des villages circonvoisins se rendent en la place de Saint- 
Remy, avec leurs Capitaines, qui ont chacun une Com¬ 
pagnie de 50 hommes; puis les Trompettes qui sont placés 
aux fenestres de la mesme place sonnent la charge. 
Aussitost tous les combattans avancent les uns contre les 
autres en sautant et en cabriollans à l’envy, ce qui donne 
un grand plaisir aux personnes de condition qui sont aux 
fenestres de cette place, et à tous les spectateurs qui y 
arrivent de tous costés, mais la satisfactiô croit encore lors 

(1) Pp. 424 et ss. 


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— 203 — 


qu’on les voit lutter l'un contre l’autre des épaules, avec 
une si grande violence, qu’ils se rompent quelque-fois les 
bras et les jambes. D’autres s’appuj’ent sur une de leurs 
Echasses, et avec le bas de l’autre, ils donnent dans celles 
de leurs ennemis, et en renversent, par terre 3 ou 4 à 
la fois, qui tombent les uns sur les autres. Avant que de 
partir, les victorieux se mettent en rang, et les vaincus 
les salüent en s’en retournant; ils sont encore 2 mil 500 
homnes. Le Prince ou Seigneur pardonne à la fin tout ce 
qui s’est passé, et donne des prix aux victorieux, qui 
jouissent encore de plusieurs privilèges. 

* 

* * 

Pour finir nous croyons devoir donner le chapitre relatif 
à la sépulture de Childéric qui n’avait été mise au jour 
que depuis huit ans, quand Michel de Saint-Martin vint 
en Belgique. 

* 

★ * 

Du SKrUI.CHRE de Childéric C). 

L’an mil six cent cinquante-trois, on trouva dans le 
Cimetière de Saint Brix à Tournay un Thresor où étoient 
plusieurs pièces de monnoye, deux testes de morts, une 
bourcc d’or, une espée, avec la poignée, la garde, et le four¬ 
reau, une escritoire, des agraphes d’or qui attachoient la 
robe d’un de ces morts, et plusieurs abeilles d’or, avec la 
teste d’un cheval. On ùt eu bien de la peine à scavoir 

(1) Pp. 416 et ss. 


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— 204 — 


de qui étoit ce Tombeau, et depuis quel temps il avoit 
esté construit, si l’on n’eust trouvé au mesme endroit l’an¬ 
neau d’or de Cliilderic I, Roy de France, qui vivoit il y 
a environ douze cens ans, avec sa hache, et des médailles 
d’or. On y trouva aussi un Globe de cristal de la gros¬ 
seur d'une baie de jeu de paume, une teste de bœuf qui ser- 
voit d’idole à ce Roy, de son cachet où est gravée la 
figure d’un homme de belle taille, avec des cheveux bou¬ 
clés, qui luy descendent sur les épaules. Il tient en la 
main droite un dard, et son nom est écrit en lettres 
Romaines. L’Archiduc Léopold Gouverneur des Païs-bas 
fit emporter en Allemagne tout ce qui étoit dans ce sepul- 
chre, ce qui a donné lieu au sieur Chifflet de Bruxelles, 
homme très sçavant dans l’antiquité, d’en écrire un beau 
Livre intitulé Anaslasis Childerici. Il m’obligea de me faire 
voir ses livres, et ses manuscrits, un tableau où sont 
dépeints les Chevaliers de la Toison d’or, un grand cornet 
de chasse tout d’yvoire fort ouvragé, estimé plus de cinq 
cent escus et quelques autres choses fort curieuses. 


* 

* * 

Nous regrettons de ne pouvoir nous étendre davantage. 
Il y a encore dans ce petit livre mille choses très intéres¬ 
santes et peu connues dont Michel de Saint-Martin nous 
entretient relativement à un grand nombre de villes de 
notre pays. 


Armand de Behault de Dornon. 


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POUR LA 


BIOGRAPHIE NATIONALE 


A diverses reprises, il nous a été donné de constater 
que le riche fonds des manuscrits de la Bibliothèque 
royale de Belgique constitue, pour notre biographie 
nationale, une mine de recherches inépuisables. 

Le dépouillement systématique et détaillé qui se fait 
actuellement de ces manuscrits, nous a déjà permis de 
restituer à l’histoire littéraire de notre pays deux noms 
presque entièrement ignorés:'Hubert Kerssan (') et Hubert 
Lescot ( ? ). 

Dans les lignes qui vont suivre, nous avons groupé 
quelques renseignements inédits sur quatre autres écri¬ 
vains belges des xv c , xvi e et xvn e siècles : Henry Rom- 
main, Égide Zeghers, Maximilien de Hovyne et Antoine 
Ma joui. 


(1) Hubert Kerssan, traducteur de la paraphrase d'Érasme sur les 
épüres de saint Paul et les êpilres canoniques, dans Revue d’histoikb 
ecclésiastique, Louvain, 1001, t. II, pp. 82-86. 

(2) Hubert Lescot, prieur de Bois-Seigneur-lsaac, dans Annales de 
l'Académie royale d'Archkologie de Belgique, Anvers, 1902. 


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I. Henry Roumain, chanoine de Tournai. 

(xv e siècle.) 

En 1808, la Bibliothèque royale de Belgique acquit, à 
une vente à Londres ('), l’ancien manuscrit Pliillipps, 
n° 4580. Ce volume, aujourd’hui coté n° II. 2209, contient 
les - Histoires romaines compiles et abregies par maistre 
Henry Romain licencie in utroque iure et chanoine de 
Tournay *. 

Le catalogue de la vente signalait ce manuscrit à l’at¬ 
tention des enchères avec la notice pompeuse que voici : 
« This cxcccdingly fine volume appears to be unique , 
and is evidently the autograph manuso'ipt. The author 
of these Histoires Romaines appears to be unhnown to 
ail biographers 

Bien que nos renseignements sur Henry Rommain 
soient fort maigres, nous en savons assez pour pouvoir 
dire que la note de la Biblioiheca Phillippica est trois 
fois erronée, d’abord quand elle atürme que le manuscrit 
offert en vente à Londres est un exemplaire unique, 
ensuite quand elle croit y retrouver l’autographe de 
l’auteur, et enfin lorsqu’elle déclare qu’Henry Rommain 
semble inconnu à tous les bibliographes. 

En effet, dès 1584, Henry Rommain est cité dans le 
Premier volume de la Bibliothèque du sieur de la Croix 
du Maine , pp. 100 et 427. Dans ses Gallicae Caelesti - 
norum congregationis ordinis S . Benedicti monasterio- 
rum fundationes (Paris, 1719, p. 118), Becquet nous dit 
que Guillaume Rommain, entré chez les Célestins en 1439 
et mort en 1475, eut un frère, Henry, licencié en droit 

(1) Cf. Biblioiheca Phillippica , London, 1898, p. 88, n. 655. 


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207 — 


civil et en droit canon, qui composa un ouvrage intitulé 
Le Compcndion historial ('). 

L’abbé Lebeuf, clans ses Recherches sur les plus an¬ 
ciennes traductions en langue française (*), rappelle que, 
dès le commencement du xv* siècle, il y eut « un abrégé 
des trois premières Décades de Tito-Live, mis en notre lan¬ 
gue par Henri Romain, licencié es Droit Canon, et Chanoine 
de Tournai ». 

Dans son Catalogue raisonné des manuscrits conservés 
dans la Bibliothèque de la Ville et République de Genève f), 
Jean Senebier décrit deux ouvrages d’Henry Rommain. 

Le premier, sans nom d’auteur, porte pour titre: « Cy com¬ 
mence l’abregie et effet des trois décades de tilus livius 
avec aussi l'abregie de la première bataille punique mene 
et faiclc entre les Romains et les Carlhagcniens ». 

Pour prouver que cet ouvrage est bien d’Henry Rommain, 
Senebier invoque les trois arguments suivants: la citation 
de l’abbé Lebeuf, que nous venons de donner; l’opinion 
de Jallabert, ancien bibliothécaire de Genève, qui, dans 
son recueil inédit de vingt-trois manuscrits français de la 


(1) Voici lo texte exact et complet de Becquet. “ Guillelmo autem 
nostro Romain frater fuit magister Henricus Romain, in utroque iure 
licentiatus, qui et ipse doctrinae merito insignis habitus est. Scripsit quippe 
opus gallicum, cui titulus est Le Compendion historial; quod quidem 
opus manuscriptum habemus in folio magno membraneo, ipsius auctoris 
impendio egregio exaratum anno 1467 et monastorio nostro Parisiensi 
collatum. Libri prologus incipit his verb's : Ceux qui désirent hastivement. 
Scripsit ipse Henricus Romain quaedam alia, de quibus consule Biblio- 
thecam gallicam Francisci a Cruce Cenomana, pp. 166 et 427 «. 

(2) Mémoires de littérature tirés des registres de VAcadémie royale des 
lnsa'iptions et Belles-Lettres, t. XVIII, 1750, p. 750. 

(3; Genève, 1770, pp. 345-47. 


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— 208 — 


bibliothèque do Genève, attribue à Henry Rommnin l'abregè 
des décades; le fait que col. ouvrage, dans le manuscrit 
en (ineslion, est suivi d’un autre d’Henry Rommain. 

Senebier mentionne d’Henry Rommain un autre ouvrage 
intitulé: - Cota pend ion historial ainsi compilé par honorable 
homme et sage maistre henri Rommain , licencié ès droits 
canon et civil , chanoine de Tournât/ et de terouenne ». 

Knfin Arthur Dinaux a résumé, dans les Archives his¬ 
toriques et littéraires du nord de la France (*), les ren¬ 
seignements fournis par Lebeuf et Senebier. Toutefois, il 
s'est trompé d’un siècle, quand il rapporte qu’ « Henry 
Rommain llorissait dans le Tournaisis au commencement 
du xiv° siècle-. 

On le voit, Henry Rommain n’est pas entièrement ignoré 
des bibliographes, et nous allons aussi constater à l’instant 
que le volume de ses œuvres récemment acquis par la 
Bibliothèque royale de Belgique n’est ni un exemplaire 
unique ni l'autographe de l’auteur. 

Kn etlet, La Croix du Maine, en 1581, écrivait ce qui suit, 
p. i<Vd du Premier volume de la Bibliothèque: « Henry 
Romain, licentié en l'un et l'autre droit. Il a escrit quelques 
œuvres, lesquelles on m'a asseuré avoir veiies au Chas- 
teau de Gallerande au Maine .appelle d'aucuns Garlande) 
qui est une maison appartenant à Monsieur de Clermont 
d'Amboise. l'en parleray cy apivs, lorsque ie feray men¬ 
tion des œuvres de Raoul de Presles, etc. -, et p. 427: 
- Maistre Henry Romain Lieentie en l'un et l'autre droit, 
a compile et abrogé ledit œuvre de la Cité de Pieu de 
S. Augustin, lequel se voit escrit à la main chez Monsieur de 
Clermont d'Amboise en son chasteau de Galerande au Maine-. 

,î T I, 1SN jv X'o. 


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— 209 — 


Dans Les Bibliothèques françaises de la Croix du Maine 
et de Du Verdier par Rigoley de Juvigny ('), le texte de 
la page IGG est reproduit, avec cette addition: « Le cata¬ 
logue des Livres trouvés l’an 1723 au Château d’Anet, 
après la mort de Madame la Princesse, rapporte page 8, un 
in-fol. en vélin, contenant l’Histoire manuscrite de l’Empire 
Romain, jointe à celle de l’Ancien Testament, par M e Henri 
Romain, du temps de Charles V ». 

La Bibliothèque de la ville de Chartres possède, parmi 
ses manuscrits, n° 1168, un Catalogue des livres de la 
bibliothèque du Château d'Anet, fait avant 1784 ( 1 2 ). A notre 
demande, M. l’abbé Clerval, supérieur de la maîtrise de 
Notre-Dame de Chartres, a eu l’obligeance de parcourir ce 
catalogue; mais il n’y a trouvé aucune mention du manus¬ 
crit d’Henry Rommain. Entre 1723 et 1784, le volume a donc 
disparu du château d’Anet. Peut-être est-ce celui qui se 
garde aujourd’hui, à la bibliothèque de Genève et qui pro¬ 
vient de la famille Petau, ou même celui qui, après avoir 
passé par la collection Phillipps, est arrivé à Bruxelles? 

Au xvm e siècle, un « Catalogue raisonné des manuscrits 
déposés dans les bibliothèques de la Congrégation des Cèles- 
tins de France » a ôté dressé par le P. Daire. Ce cata¬ 
logue est aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale 
de Paris, fonds français, n° 15290 ( 3 ), et on y lit p. 237: 
« Compendion historial, contenant l’abrégé, l’effect et 
substance des histoires Romaines, des empires et autres 

(1) T I, pp. 3G9-70. 

(2) Voir Catalogue généi'al des manuscrits dts bibliothèques publiques de 
France , t. XI, p. 361. 

(3) Cf. H. Omont, Catalogue général des manuscrits français % ancien sup¬ 
plément français, t. IU, 1896, p. 343. 


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- 210 — 


royaumes, tant du viol que du novcl testament, par Henry 
Romain, lieentié en droit canon et civil, frère de Guillaume 
Romain, Gèlestin, qui fit tirer cette copie l’an 11G7. Paris, 
in-fol. A. 10. Les vignettes sont belles. » 

On peut croire que ce volume du Compendion historial 
d’Henry Rommain est celui que signale M. Henri Martin 
à la Bibliothèque de l’Arsenal, à Paris (*): « Le livre ou 
est recites en bricf l'effet et substance des hystoircs romaines 
et empires et aultres royaumes , tant du viel et novel Tes¬ 
tament , compilé et abrégié par Maistre Henri Romain, 
licencié in utroque jure ». 

La même bibliothèque possède un second exemplaire du 
même ouvrage: « Effect et substance des histoires romaines , 
empires et autres royaumes , tant du viel que du nouvel 
Testament , œuvre ainsi compilé et abregié par Maistre 
Henry Romain , licencie in utroque jure et chanoine de 
Tournai/ (•) -. 

De plus, il y a encore dans le même dépôt un autre 
ouvrage d’Henry Rommain: ±Cy commence Vabregie et effect 
des trois Décades de Thitus Livius , avec aussi Vabregie 
de la première bataille punique entre les Rommains et 
les Cartaginois ( 1 2 3 ) ». 

Bien que ce volume ne porte pas explicitement l’indi¬ 
cation qu'il fut composé par Henry Rommain, on ne 
peut guère douter qu'il en est l’auteur. Voici en effet, ce 
qui se lit dans le prologue de son Compendion historial: 


(1) Voir Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de 
France. Paiis. Bibliothèque de l'Arsenal . t. III, 1S87, p. 394, n° 3-513; t. 
VIII, 1S99, P . 49S. 

(2) Cf. ibid , t. V, p. 435, n° 5767. 

(31 Ibid., t. III, p. 470, n° 3605; t. VII, p. 497. Voir plus haut, p. 207. 
co que nous avons dit de cet ouvrage. 


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— 211 — 


« Desia en ung autre livre par moy composé jay en brief, 
selon l’ordre du dit Titus Livius rédigé et mis par escript 
la substance, mouele et effect des dictes trois décades ». 
D’ailleurs, au fol. 173 de ce manuscrit, on lit la note suivante: 
« Des Celestins de Nostre-Dame de Paris, signé par 166. 
Acquis au dit monastère par reverent perc frere Guillaume 
Roumain, prieur dudit lieu, des biens de maistre Henri 
Roumain, son frere germain ». Une note semblable, en 
latin, se lit fol. 189 v ('). 

En résumé, on connaît aujourd’hui cinq manuscrits de 
l’œuvre d’Henry Rommain : celui de Bruxelles, n° II. 2209, 
ceux de l’Arsenal n os 3513, 3095 et 5767, et celui de Genève. 

Avant d’appartenir à Sir Thomas Phillipps, le manuscrit 
de Bruxelles fut la propriété d’un inconnu, qui le reçut 
en 1172 de Guillaume Rommain. On lit, en effet, au der¬ 
nier feuillet: « Cest livre est a moy et le ma donné frere 
Guillaume Rommain, Provincial des Celestins, le XXIIIJ e 
jour de Septembre mil CCCC LXX11, en lieu et recompense 
de deux rachaps qu'il me pria quitter aux Celestins de 
Soixons, ce que fis a sa requeste et pour estre en leurs 
prières ». 

Mais il est temps de faire connaître brièvement l’œuvre 
littéraire d’Henry Rommain. 

Comme on l’a vu, le docte chanoine de Tournai est l’auteur 
de deux ouvrages différents. L’un a pour titre Compendion 
hislorial; l’autre est un Abregié des trois décades de Thilus 
Livius. 

Le Compendion hislorial est divisé en deux parties; la 


(1) Sur d’autres manuscrits acquis de Henry Rommain par les Célestins 
de Paris, voir Catalogue de la Bibliothèque de VArsenal , t. III, p. 270, 
n. 2071; t. VH, p. 498. 


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première contient soixante-sept chapitres, dont voici le début: 
« Cy commencent les rubriclies et declaracion par chapitres 
des matières contenues en ce présent oeuvre ainsi compile 
par abrège par maistre Henry Rommain licencie in utroque 
iure et chanoine de Tournay ». Le premier et le dernier 
chapitre sont libellés comme suit: « De quelz gens descen¬ 
dirent les Rommains Chapitre premier . — De la mau- 
vaislic de la science ou art magique qui se fait par laide 
des mauvais esperiz . LXVTJ ». 

Le second livre est intitulé: * Cy commence le second 
et derrenicr traictc de cest oeuvre et le rubriches dicellui 
duquel sont recitces plusieurs histoires tant du riel que 
du yiouvel testament jusques a lavenement de nostre sei¬ 
gneur Ihcsu Crist ». Il se divise en trente-cinq chapitres, 
dont le premier est « de plusieurs perturbacions de lame » 
et le dernier « de paradis et des joyes qui y sont per¬ 
pétuellement ». 

Le Compendion hislorial se trouve dans les manuscrits 
n rs 3513 et 5707 de la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris, 
dans le n° IL 2209 de la Bibliothèque royale de Belgique 
et dans le manuscrit de Genève. 

Pour donner une idée du style d’Henry Rommain, nous 
transcrivons ici le prologue du Compendion historial , d’après 
le manuscrit de Bruxelles, collationné avec les deux volumes 
de la Bibliothèque de l’Arsenal à Paris ['). 


(1) Nous devons cette collation à l'obligeance de M. Henry Martin, con¬ 
servateur des manuscrits de ce dépét, et nous le prions d'agréer tous nos 
remerciements. Dans la collation, les deux manuscrits de l'Arsenal, n 05 3513 
et 5737, sont respectivement cotés n' s 1 et 2. 


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- 213 — 


[F. 3]. Ceulx qui désirent hastivement et sans grant estude savoir 
les gestes et fais des anciens et mcsraement des rommains 1 et 
de leur empire par tant de notables et curieuses 2 batailles acquis 3 en 
partie bien et diffusément 4 et au .long recitees es trois décades 
de titus 5 livius mont donne cause de cest oeuvre 6 plus labo¬ 
rieux que subtil 7 rédiger par escript. Et pour ce monseigneur 

saint Augustin en son livre de la cite de dieu por 8 prouver son 

entention 9 contre les chrétiens 10 rommains 11 qui improperoient 
a la saincte loy de Ihesus 12 Crist et a la religion chrétienne la 
destruction de leur cite 13 faicte par alarich u , Roy des goths, 
apresent nommez hongres, amaine a son propos assez obscurément 
plusieurs histoires 15 rommaines 16 et dautres empires. Et que maistre 
Raoul de Presles 17 , qui a la requeste de très excellent 18 et très 
chrétien prince Charles le quint de bonne mémoire, translata de 
latin en francois ledit livre de la cité de Dieu (*) pour decla- 

racion de sadicte 19 translacion recite plus au long lesdictes histoires 20 
et plusieurs autres ditz et auctoritez de 21 historiographes 22 , poetes 
et philosophes qui ont parle desdictes 23 histoires 24 rommaines 25 
et autres empires plus avant quil n’est traicte 26 par ledit titus 27 
livius. Et aussi que desia [f. 3 V ] en ung 28 autre livre par moy 

1 romains 2. — 2 cureuses 1, 2. — 8 acquiz 2. — 4 difluseement 2. 

— 6 thitus 1. — 6 tuvre 1, 2. — 7 soubtil 1. — 8 pour 1, 2. — 2 entencion 1. 

— î0 mescreans 1, 2. — H romains 1. — 12 Jbesu 1. — 18 de Romme 
add. 1. — H Alaric 1. — 15 hystoires 1, ystoires 2. — 16 romaines 2. 

— 17 Praelles 1. — 18 exellent 1. — 19 saditte 1. — 20 lesdittes hys¬ 
toires 1. — 21 plusieurs add. 1, 2. — 23 hystoriograpbes 1. — 23 des- 
dittes 1. — 24 hystoires 1. — 25 romaines 2. — 26 traictie 1. - 27 thitus 1. — 
2* un 2 

(1) Au sujet de ce travail de Raoul de Presles, voir, par exemple, 
A. Lwcblot, Mémoires sur la vie et les ouvrages de Raoul de Presles , 
dans Mémoires Acad, des Inscript, et Belles-Lettres, 1740, t. XIII, 
pp. 607 sqq. 


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— 211 - 


compose jay en brief, selon lordre dudit titus livius, rédigé et 
mis par escript la substance, mouele et cflect desdictes 30 trois 
décades avec aussi de la première bataille punique et la cause 
dicelle quon 31 peut nommer iiij 6 . 32 decade, combien que entre 
les trois décades dudit titus 33 livius, elle deust estre mise la 
derrenière 34 pource quelle fut laide et demenee entre la fin 
du temps de la première decade < t le commencement de la seconde. 
I>e présent en ce petit livre ay propose reciter en brief et mectre 
par escript ieffect et substance des histoires 35 rommaines ^ 
empires et autres royaumes 37 tant du viel 38 et nouvel testa¬ 
ment recitees tant par monseigneur saint Augustin en son livre 
de la cité de Dieu que par le dit maistre Raoul de Praesles 39 
translateur dicellui 40 livre avec ce que plusieurs acteurs, poetes et 
historiographes 41 en ont dit et senti en ceste matière et selon lordro 
du dit livre de cite de Dieu peut 45 estre par autre maniéré et 
a autre 43 intention 44 que na fait le dit maistre Raoul de Praesles 45 . 
Et afin que toute personne qui prendra plaisir à lire en ce 
livre puisse plus aisieement 46 trouver ce dont il aura mestior et 
les matières et ystoires 47 dont il vouldra parler avec les rubri- 
ches 48 principales de ce présent livre qui est divise en deux 
livres principaulx ay 49 fait autres rubriches 50 par lesquelles on 
pourra veoir en quelz chapitres est faicte mension des dictes 51 


2 ® thitus 1 — 30 desdiz 1, 2. — Si q lie on 1. — 32 la quatriesme 

1 — 33 thitus 1. — 34 deuzme 1, derraine 2. — 35 hystoires 1. — 

36 romaines 2, et add. 1.-37 royaulmes 1. —• SS vieil 2. — 39 Praelles 
1, Presles 2. — 40 icelui 1, 2. — *1 hystoriograpbes 1, ystorio£rrapbes 2. 

— 42 p U et 1. — 43 autrui 1, 2. — 44 intencion 1. 2. — 45 Praelles 1, 
Presles 2 — 46 aiseement 1, aisiement 2. — 47 histoires 1 — 48 rebriches 1. 

— 49 a i 1. — i-0 rebriches 1 et add. qui sont escriptes en la fin de ce livre 
lesquelles procèdent selon lordre de le ABC sur plusieurs motz tant de 
pays que de personnes et autres choses. — *1 dittes 1. 


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— 215 — 


matières 5 *. Et est assavoir 53 que apres ce 54 que ie euz fait 
eest oeuvre 53 ou compilacion voyant que ie 56 avoye laisse 57 
plusieurs belles déclarations qui eussent este très convenables et 
propres aux matières principalement 58 traictees dedans mon oeuvre 59 
ay fait plusieurs additions 60 pour amplier et 61 déclarer 62 ma 
première matière, lesquelles iay tousiours quotees afin que ceulx 
qui vouldrons veoir les matières plus au long soient enseignez 63 
par mes quotacions des livres, des chapitres et lieux où ilz trou¬ 
veront les dictes matières traictees plus au long. Et avec ce ay 
tousiours 64 mis en lettre rouge ce mot addition quant ce sont 
les declaracions, ampliaoions ou postiles que iay adiouste à mon 
premier oeuvre 65 por 66 la cause ci dessus dicte. 

w Dans le manuscrit / tout ce qui suit jusqu'à la fin est remplacé parle 
passage suivant: Et avec ce par manière de glose ou apostilles on chascun desdiz 
chappitres ou le cas si offre selon l’ordre desdiz Rebriches prucedens par le 
ABC sur plusieurs desdiz motz comme on diroit justice, paix, cité, royaulme 
et autres semblables, en marge de cc* livre sont recitez plusieurs ditz, oppinions 
et determinacions d’Aristote et autres philosophes, historiographes et doc¬ 
teurs qui pourront servir à moult de matières autres que celles dont est 
traictie en ce présent livre. Et pour mieulx veoir et congnoistre en chas¬ 
cun desdiz chappitres qui traictent et parlent de plusieurs matières soubz 
quelz motz ou matière diceulx seront fais lesdiz apostilles ou gloses. Ou 
texte dudit chappitre le mot soubz lequel sera fait ledit apostille soit au 
commencement d’icelui ou tantost apres. Et les autres ditz ou allegances 
et noms de acteurs et aussi tout ce qui sera parlé de latin en cedit livre 
seront par differance vergiez par desoubz de noir. Et se en cest euvre ou 
livre est trouve aucune faulte ou chose mal ditte ou acoustree, je prie les 
lisans qu'ils ne le vueillent imputer que a mon ignorance et avoir regard 
que j’ay fait cest euvre pour ceulx ou qui n'ont pas les livres originaulx 
ou s’ilz les ont ilz n’ont pas le temps ou ilz ne veulent pas prendre la peine de 
les veoir au long. Cy fine le prologue. — 53 asavoir *2. — 54 0 m. 2. — 
w envie 2. — 50 p 2. — 57 laissie 2. — 58 principalment 2. — 59 
euvre 2. — 60 adicions 2. — 61 plus add. 2. — 62 desclairer 2. — 63 
enseignes 2. — 64 tousiours 2. — 65 euvre 2. — 60 poui 2. 


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— 216 — 


Si prie humblement les lisons que se en cest oeuvre 67 , ilz treu- 
vent aucune faulte ou chose mal dicte ou mal ordonnée, ilz ne 
le vueillent 08 imputer que a mon ignorance et avoir regard que 
iay fait cest oeuvre ü9 pour ceulx ou qui n’ont pas les livres ori- 
ginaulx ou silz les ont ilz nont pas le temps ou ilz ne veulent 
pas prendre la peine de les veoir au long. 

Cy fine le prologue de laeteur ~°. 

Cet extrait suflit à faire apprécier le Compcndion histo- 
rial d’Henry Rommain. Nous n’insisterons pas sur YAbregié 
des trois décades de Titus Livius , qui se trouve dans deux 
manuscrits, le n° 3605 de la Bibliothèque de l’Arsenal à 
Paris, et dans le n° 70 du catalogue des manuscrits fran¬ 
çais de Genève dressé par Senebier. 

Sur la vie même d’IIenry Rommain, nous ne possédons 
aucun renseignement, sauf qu’il vécut environ de 1425 à 
1170 et qu’il fut chanoine de Tournai. 

IL Gilles Zeghers des Frères Mineurs 
Récollets (t 1588). 

Dans sa Chorographia couvent us Bruxcllensis fratrum 
minorum, le docte Sanderus signale, p. 96, chap. VI, 
parmi les gardiens qui ont gouverné le couvent des Frères 
Mineurs de Bruxelles, le P. Gilles Zeghers, et voici l’éloge 
qu’il en fait : « V. A. P. Aegidius Zegerus magna cum 
laade rexit . Obiit in ordine iubilarius anno i588 , 6 
februarii ». 

Mais ni Sanderus ni aucun autre bibliographe ne four¬ 
nissent le moindre détail sur la carrière littéraire du F. 
Zeghers. 

6 ~ euvre 2. — 6S veulent 2. — 69 euvre 2. — 70 (de laeteur) om. 2. 


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l 


— 217 — 


Nous sommes à même de combler en partie cette lacune. 
En effet, la Bibliothèque royale de Belgique possède 
un manuscrit coté n° 364 et intitule : « Die verclaringe 
van Sinte bernacrt Alt van Clarevaux op dat boeck van 
Cantica (*) ». Or, f. 438M39, on lit la note suivante : 

« Den oversetter totten leser. 

Ten begerten van sommige religieusen ende geestelijcke maechden 
hebbe le mij vervoerdert om desen grooten arbeijt ende moeijte 
te aenveerden int oversetten van deze sermoonen int duijtsche. 
Daer ic niet geren aen en quam overmidts mijn cleijn verstant 
ende geleertheijt, want ic op verre na niet en genake den geest 
van St Bernaert die hem wel van noode waere die te rechte 
wel ende met gratie dese sermoonen soude wtleggen, ick bekenne 
ende belijde dat ic in dit oversetten altijt die woerden van St 
Bernaert niet gehouden noch achtervolcht en heb, somtijts bij mijne 
onwetenheijt oft onverstandicheijt, somwijlen om die hoocheijt ende 
diopheijt der sinnen ende des verstants die de h. geest doer dien 
leeraer gestuert heeft. Ic bidde aile de gene die dese sermoonen 
sullen lesen oft hooren lesen ende daer door in den geest profi- 
teren ende voerderen sullen dat se mij daer af deelachtich maken 
willen. Oock vermaene ic henlieden datse hen herte van aile aertsclie 
becommeringe ende sinnelijcke affection pijnen te suijveren opdat 
se met reijnder herte dese geestelijcke materie weerdichlijck moegen 
ontfangen ende neraen mijnen arbeijt in danck ende keerent ten 
beste, al est dac ic int verduytschen over al soe iust ende soe 
nau den sin ende die meijninge van den autheur niet gevolcht en 
heb. Daer ick nochtans mijn beste nae mijn vermoeden toe gedaen 

(1) Cf. J. Van dbn Gheyn, S. J , Catalogue des manuscrits de la Biblio¬ 
thèque royale de Belgique , t. II, pp. 376-77 . 


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— 218 — 


hebbe en de heb hier in gearbeijt twee jaeren ende twee maenden 
lanc in ons Convent van de Mindcrbrocderen. Dese Sermoonen zijn 
van S. Bernaert gemaect ende voleijnt int jaer ons heeren. M. C. 
ende liij, ende nu overgeset int jaer MCCCCC. LXX. op h. eruijs 
verheflînge daeh doer brueder Gielis Zeghers Minderbrueder pater 
des Cloosters van onser lie ver vrouwen bootschap orden tôt Loeven. » 

Il résulte de cette préface que de 1508 à 1570, le Frère 
Gilles Zeghers travailla, alors qu’il se trouvait au couvent 
de son ordre à Louvain, à une version des quatre-vingt-six 
sermons de S. Bernard sur le Cantique des Cantiques. 

Dans cette entreprise, Gilles Zeghers avait eu un prédé¬ 
cesseur, car voici la note que nous lisons dans le manuscrit 
cité de la Bibliothèque royale de Belgique, immédiate¬ 
ment après l’avis au lecteur qui vient d’être transcrit : 

« Yoer mij binnen mijnen tijde essor een Religieus oft Moniek 
geweest van Cisteauex orden \vt die abdije van bonef (*), een 
weerdieh geleert inan voer waar, die dese voerseijde sermoonen 
in de vlaemsche taie overgeset heeft woonachtich doen ter tijt 
tôt oudenuaden (sic) in Ylaenderen in een vrouwen elooster van 
synder orden Maeehdendaei geheeten, daar den voergenoemden 
heere oock gestorven es binnen corte iaeren herwaers. Aldaer 
sijn die Sermoonen die ic gesien heb, maer ic en hebse niet moegen 
gebruijeken tôt mijnen behulpe. » 

Il est regrettable que Gilles Zeghers n’ait pas nommé 
ce moine de Bonefte qui traduisit pour les religieuses de 
Maegdendalc, les sermons de S. Bernard sur le Cantique 
des Cantiques. 

(I) Au sujet de l'abbavo de Bonefte, voir Dom I’rsmkr Bkruère, Mona - 
sticvt i belge, pp. 65*70. 


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— 219 — 


Y a-t-il moyen de retrouver ce traducteur ? 

Plusieurs religieux de Boneffe furent attachés comme 
confesseurs à l’abbaye de Maegdendale. Le nécrologe 
de l’abbaye de Boneffe, publié par l’abbé J. Barbier ('), 
cite Adrien Gheyart t 1534 (*), Bernard Fauquart f 1559 ( 1 * 3 * 5 6 ), 
Jean de Slusa t 1505 (*), Henri de Quaye, de Waesmun- 
ster t 1514 ( :> ), Pierre Baerts t 1573 ( c ;, Nicolas Amici 
t 1503 ( 7 8 9 ), Guillaume de Glymes t 1518 ( H ), Jean Baeck 
t 1573 ( fl ), Jean Moens ( l0 11 ) et Jean Calepodificis t 1517 ("). 

Puisque Gilles Zegbers, écrivant en 1508, déclare que 
l’autour de la traduction du Cantique des Cantiques con¬ 
servée à Maegdendale, était mort quelques années aupara¬ 
vant, il n’y a à retenir de la liste que nous venons de 
dresser que les deux noms de Bernard Fauquart, mort 
en 1559, et de Jean de Slusa, mort en 1505. Nous ne pou¬ 
vons que signaler ces noms aux conjectures des érudits, 
car les biographes ne nous donnent sur eux aucun ren¬ 
seignement. 

Le manuscrit que possède la Bibliothèque royale de Bel¬ 
gique n’est pas l’exemplaire original de la version de 
Gilles Zegbers. Il a été transcrit en 1012 par une chanoi- 


(1) Atxalecles pour servir à lhistoire ecclesiastique de li Belgique, t. VII, 
1870, pp 257 sqq. 

(?) Ibid., p. 200. 

<:)) Ibid , pp. 200-01. 

(4 Ibid., p. 262. 

(5) Ibid., p. 262. 

(6) Ibid., p 267. 

(7) Ibid , p CCS. 

(8) Ibid , p. 282. 

(9) Ibid., p. 282. 

(10) Ibid., p. 285. 

(11) Ibid., p. 289 


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ncsse régulière de Saint-Augustin, du nom de Jeanne délia 
Faille, appartenant au couvent de Sainte-Élisabeth du mont 
Sion, à Bruxelles, comme l’atteste la note suivante qui se 
trouve au verso du dernier feuillet du manuscrit. « Dit 
bocck es volschreven bit jaer ons hceren i6l2 den 20 van 
Augusfus op Si nie Bernaerts dach van mij susicr Jenncken 
delta faille (*). 

Si hevet gedacn om der sielen profgt 

tiodt wilt haer daer voer geven dat eeuicich jolijt. 

Sij bidt dat men haer gcdachtich wilt icescn 

Met voer haer ccnen Ave Maria te lesen 

Op dat Godt haer wilde genadich sijn 

Ende haer siele verlossen wt aile druek en pijn . 

Dco gratias semper. Amor omnia vincit ». 

Le volume provient du monastère de Sainte-Élisabeth 
à Bruxelles, car fol. 2 V , on lit la note : Dcscn bocck hoort 
toc aen de bublioteqne van St. Elisabeth op den bergh Sion. 

L’œuvre littéraire de Gilles Zeghers ne s’est pas bornée 
à la traduction des sermons de S. Bernard sur le Canti¬ 
que des Cantiques, car la Bibliothèque de l’Université 


(1) Jeanno délia Faille est mentionnée dans le nécrologe de Sainte-Klisa- 
beth du mont Sion qui so trouve aux Archives générales du royaume, Car - 
titlaires et manuscrits, n° 738 B, fol. 7. On lit, en effet, à cet endroit : -S. 
Ioannae de la faille. Il n'est pas aisé de déterminer, dans la généalogie de 
la famille délia Faille, qui était cette sœur Jeanne, religieuse à Sainte- 
Klisabeth, au mont Sion, à Bruxelles. C’est à la troisième fille d'Alexandre 
délia Faille, secrétaire de la ville d’Anvers, que conviennent le mieux les 
données assez maigres que nous possédons sur Jeanne délia Faille. Voir F. 
Victor Goethals, Dictionnaire généalogique et héraldique des familles 
nobles du royaume de Belgique , t II, p. 100. 


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catholique de Louvain renferme, dans le manuscrit n° 33 
(ancien 207), un autre travail du même auteur ('). 

En voici le titre: « Dat bcclt der ducchden vcrclarcnde 
dat heijlich ende volmaecht levcn van de ghcbencdijde 
moeder godts ende maghet Maria wacv in dat boeck 
Cantica Canlicorum ecnsdeels wtgheleiji icort inhoudende 
vijflich capittelen , ghelijck als daei\ L, Ave Marien sijn 
aen onser licva' vrouvoen rosccransken ende noch. V . eapit- 
tclen vande. V. wonden ons hecren die bij de grooie tec * 
kencn aent roosenhoehcn beteekmi worden. Ecrst ghemacckt 
int franchois doei' den cerwccrdighen hecre . N. Petrus 
Dore van Chiliens doctoor indcr godhcijt van de predicaren 
oorden , ende nu int duijtschs overgheset van Bruer Gielis 
Zcghers minderbruer ». 

L’ouvrage du P. Pierre Doré, traduit par Gilles Zeghers, 
a été publié dès 1540 à Paris, chez Jérôme de Gourmont, 
sous ce titre: Limage de vertu démontrant la perfection 
et sainte vie de la B. Vierge Marie , mère de Dieu ( 1 2 ). 
Toutefois Gilles Zeghers s’est servi de l’édition de 1545, 
car fol. T du manuscrit, on lit: Ecrst ghemaeckt int 
franchois int jaei* ons hecren 1545. 

Le manuscrit de Louvain n’est pas l’original de Gilles 
Zeghers, mais une copie plus récente, comme l’atteste la 
note suivante qui se trouve fol. 1 du volume: « Desen boeck 
es ghesa'evenen ende volbracht ter cercn godts ende synre 
ghebenedijde moeder ende maghet Maria bij brueda' Peetcr 
Snocck Canonick Régulier gheprofesset tôt Roodcncloistei' ( 3 ) 

(1) C’est M. Guillaume de Vreese, chargé de cours à rilniversité de Gand, 
qui a bien voulu nous signaler l’existence de ce manuscrit 

(2) Cf. Qüktif Echard. Scriptores ordinis praedicalorum, t. II, pp. 203-G. 

(3) Au sujet de Pierre Snoeck (1541-1608), voir Anecdota ex codicibus 
hagiogvaphicis Iohannis Gielemans , Bruxelles, 1895, pp. 191, 273. 


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(en ghebruijeke van sustcren Elizabeth dieiiijfs , Maria 
Borchonts endc aile andere Religicusen des cloosters van 
Sinte Elizabeth binnen Bruessele met oorloiff van zijnen 
overste. Endc ica ni in desen boeeh vele ghescreven es op 
sondaghen endc heijlighe daghen zoe en machmcn den 
selven nief vercaopen. Bidl om goidlswille voer hem ». 

Pour ce travail, comme pour la version des sermons de 
S. Bernard sur le Cantique des Cantiques, Gilles Zeghers 
explique, dans une préface, le but et la méthode de son 
œuvre. 

Voici cette préface. 

Den oversetter totten beminden leser. 

Aenghosien dat t er heden daechs, Godt beter, so veel onbevreesde 
onde vertwijfolde mensehen sijn die de alderheijlichste ende dal- 
derweerdiebste moeder godts Maria grootelijek blammeren ende cleijn 
achten, ende huer metter heijligber ko reken niet eeren noch prijsen 
en vvillen noeh loven ende daneken, ende daerenboven oock en 
mogben zij niet lijden dat die goede eatholijcke mensehen die onbe- 
vleekte maghet Maria eeren, daerom behooren aile goede christen 
mensehen des maghets Maria opreehte minnaers ende dienaers 
dijes te meer huer te eeren ende te ghebenedijden, huer toedra- 
ghende ende toeserijvende metter herten ende mette monde datse 
die aldersaliohste es, dalderhevliehste, dalderhoochste, ende die 
alderweerdichste naest hueren zone Jhesus Dit es die saeke die 
mij ghemoveert heeft dit schoon ende stiehtieh boeck wten fran- 
chois in ons neerduijtsehs te stellen, want onder veel ander boecken 
ende traeetaetkens die desen eerweerdighen doctoor ghemaeekt heeft, 
7.00 wel int franehois als in latijn, soo dunckt mij dat dit boeck 
van onser liever vrouwen heijlich leven seer schoon ende suet es, 
en don chrisîenen seer nut ende profijtelijok. Yoerdaen overmidts 


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. 


— 2*23 — 


dat het schoon lofF van onser lie ver vrouwen welck beghint Stabat 
mater clolorosa , dwelck int XXII staet, int rijra oft in dichte ghe- 
maeck es int latijn ende int franchois, soo hebbent wij oock in 
duijtsche ghestelt, neraet int goede. 

III. Maximilien de Hovyne (f 1GG2). 

Dans l’article qu’il a consacré à Maximilien de Hovyne, 
carme déchaussé, sous le nom de Maximilien de Sainte- 
Marie-Madeleine (*), M. F. Loise déplore que l’œuvre poé¬ 
tique de ce religieux « soit perdue pour les amateurs de 
latinité moderne ». 

En fait, l’œuvre de Maximilien de Hovyne n’est pas 
perdue, et si MM. Lecouvet ( 2 ) et Loise ne l’ont pas re¬ 
trouvée, elle n’en existe pas moins, accessible depuis long¬ 
temps à tous ceux qui veulent la consulter, à la Biblio¬ 
thèque royale de Belgique, dans le manuscrit il 0 7150-51 ( 3 ). 

Ce volume paraît bien être l’exemplaire préparé pour 
l’impression, car il contient les approbations des censeurs, 
la première donnée à Louvain, le 2G avril 1058, par 
Jacques Pontanus, docteur en théologie et professeur à 
l’Université; la seconde, du 20 novembre 1059, et signée: 
« Héron, pastor B. Marine de Cappella , archipresbijter 
Bruxellcnsis ». 

L’œuvre poétique du P. Maximilien de Sainte-Marie- 
Madeleine comprend trois parties très diverses, que les 
bibliographes n’ont pas suffisamment distinguées, car ils 


(1) Biographie nationale , t. IX, col. 5(57-68. 

(2) Hannonia poetica on les poètes latins du Hainaul , pp. 100-1. 

(3) J. Van dbn Ghkyn, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale 
de Belgique , t. I, pp. 166-67. 


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ne citent que la première. Celle-ci, qui est la plus con¬ 
sidérable, puisque dans le manuscrit elle occupe 747 pages, 
est intitulée : Spéculum sex aetatum mundi ?xpraese?itans 
dilucida paraphrasi metrica sanctam sacrorum bibliorum 
historiam ab Adam usque ad Cliristum. 

La seconde (pp. 750-705^ a pour titre : Spéculum quatuor 
anni temporum , et la troisième (pp. 705-774) s’appelle : 
Spéculum quatuor novissimorum hominis . 

Pour donner un spécimen du talent poétique du P. Maxi¬ 
milien de Sainte-Marie-Madeleine, on nous permettra de 
transcrire le prologue des deux premières œuvres que nous 
venons de mentionner. 

Voici celui du Spéculum sex aetatum mundi. 

Picere fert aninius veteris primordia mundi, 

Unde sit exortus, quave créât us ope, 

Est ut factus homo, qui gliscit fusa propago 
Et quo sit quaevis res sua cusa typo. 

Tu qui euncta regis firmae libramine dextrae, 

Quaeso, Dcus, nostris ausibus affer opem. 

Author ut ingentis director diceris orbis 
Mai us et arehetypum rebus ubique suis 
Est opus immensum digitorum pene tuorum, 

Non sine te scabram currere tento viam. 

Hebraeae gentis ritus, ab origine mores, 

Mystas et reges et fera bella cano. 

Carminé compingo quae prosa Biblia fundunt 
Messianique tenus compleo gesta datum. 

De Iesu Christo praesagia lucida pando 

Qui nasc-atur, ubi, quae patret, ut quid obit. 

Decantare queara facili concédé eamoena, 

Currat inaequali fac bene, Musa, pede 
Et per inaccessum dum remis navigo pontum, 

Optime nauta, meae dirige vêla ratis. 


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La préface du Spéculum quatuor anni tcmporum seu 
Delitiae ruris donne peut-être plus exacte encore la mesure 
du talent poétique de notre auteur. Elle est dédiée: Cia - 
rissimo viro Domino Laureniio De Ilovyne Iuris utrius- 
que Doctori et Amplissimo Canccllariae Brabantiae Con - 
siliario. 

Anno quo toto déclarant tempora vuitu, 

Laurenti, tento scribere, mente fave. 

Ver, autumnus, hyems praesens prodibit et aestas. 

Ut vestita suo schemate scena dabit. 

Nunc fautor placitus nostri conaminis esto 
Auspiciis cuius molior acer opus. 

Nasonis libris dispersa recolligo carptim, 

Selectos succos more legentis apis, 

Carmina commento variisque paratibus apto, 

Proposito messis convenit ilia meo. 

Sunt mea, nec mea sunt, sed vere mixta videbis. 

Ut mea pauca suis, sic sua multa meis. 

Ver praebet flores, foecunda est messibus aestas, 

Poma dat autumnus, igné levatur hj'ems. 

Aspice, prima placent, quia veris amoena vireta, 

Qualiter aprici terapora veris eunt. 

IV. Antoine Majoul (1654). 

Tout ce que nous savons de cet écrivain tient dans le 
titre du manuscrit n° 4216 de la Bibliothèque royale de 
Belgique (') : « Traduction de tous les hymnes du bré¬ 
viaire Romain de leurs Rymes latins en vers français par 

(1) Cf. J. Van den Gheyn. Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque 
royale de Belgique , t. I, pp. 389-90. 


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un F. Mineur Recoleet, F. Anthoine Majoul de la Province 
de Flandre l'an: In psciLterlo et organo hYMnos Cantate 
Deo (1U5-1J 

Ce volume de la Bibliothèque royale a appartenu aux 
Récollets de Nivelles, et comme le travail du F. Majoul 
est dédié ^ à très noble et très vertueuse dame Madame 
Adrienne de Lannoy, abbesse de Nivelles et princesse du 
Saint-Empire % on peut assez légitimement conclure que le 
F. Majoul séjourna quelque temps au couvent des Récollets, 
à Nivelles. Du reste, la phrase suivante confirme absolu¬ 
ment cette hypothèse : « Je n’av pas beaucoup songé, à 
qui ie devois faire l’offrande de ceste traduction, car con¬ 
sidérant de prime abord, madame, qu’elle estoit un fruit 
engendré en votre Territoire et Domaine, i’ ay iugé aus¬ 
si (ost que ie la devois offrir à votre S rie ». 

Dans cette mémo dédicace, le F. Majoul fournit sur le 
gouvernement de l’abbesse Adrienne de Lannoy quelques 
renseignements qu’il n’est pas inutile de reproduire: « Sur 
tout la traduction de ces hymnes vous est deiie, parce 
que les revenus par vous acquis à Les chanter et reciter, 
sont par vous très bien despensés à l’honneur de Dieu et 
à l’édification du prochain ». 

Yoicy quelques cschantillons des tesmoignages que vous en avez 
faits paraître. 

1° Quand nous entendons si souvent sonner la maîtresse cloche 
de cette ville, appellée vulgairement la cloehe de Madame, pour 
estre faite et entretenue à vos despens, que nous dit-elle par le 
beau son de sa voix eselatante, sinon qu’elle est un asseuré tes- 
moignage de la bonne despense de vos revenus ? 

2° Quand nous voyons maintenant votre Eglise si bien reparee, 
si bien blanchie, mais surtout si bien voûtée, le tout à vos des- 


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_ 227 _ 


pens, qu’est-ce que cote voûte avec ses dépendances nous presche 
encore, sinon qu’elle est aussi un asseuré tesmoignage de la bonne 
despense de vos revenus ? 

3° D’abondant si en cete Eglise nous iettons les yeux sur l’Autel 
du glorieux Martyr saint Adrien, si artistement travaillé et si 
richement orné à vos despens, n’est-il pas un nouveau tesmoignage 
de la bonne despense de vos revenus? 

4° De plus la fondation de l’octave du V. Saint Sacrement, 
avec ses dépendances, faite à vos despens, n’est-elle pas encore 
un beau tesmoignage de la bonne despense de vos revenus ? 

Dans un « Advertissement au lecteur », qui suit la dédi¬ 
cace à l’abbesse Adrienne de Lannoy, le F. Majoul fait 
connaître la méthode suivie par lui dans sa version des 
hymnes du bréviaire. « J’ay, dit-il, traduit les hymnes en 
françois avec les mots les plus communs, et les termes les 
plus clairs, dont j’ay peu m’aviser, afin que toutes per- 
sones generalement en avent une commune intelligence, 
et egalement en tirent du fruit. Si la simplicité trop 
grande de mes termes peu poétiques déplaît à quelqu’un, 
ie le prie d’avoir esgard à la bonne intention que i’ay eue 
en cela de m’accommoder à la capacité de toutes perso- 
nes. Et d’ailleurs, si en cette traduction i’ay par fois 
retranché ou adioustô quelque mot, ie supplie le gratieux 
Lecteur de couvrir du voile de charité cete mienne petite 
liberté, attendu que par elle le sens de la letre n’y est 
point intéressé ». 

Le F. Majoul, on le voit, ne s’est pas fait illusion sur 
son mérite poétique, qui est en effet fort mince. 

A son exemple, il nous faut sans doute aussi réclamer 
l’indulgence de nos confrères de l’Académie pour avoir 
retenu leur attention sur des personnages assez peu im- 


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portants de notre histoire littéraire. Mais le bibliographe 
ressemble, par bien des côtés, au collectionneur et en par¬ 
ticulier à l'entomologiste. De même (pie celui-ci éprouve 
un égal plaisir à épingler, pourvu qu’il s'agisse d'un type 
nouveau et inconnu, le vil stercoraire et le scarabée aux 
chatoyantes couleurs, ainsi le bibliographe enregistre, dans 
ses catalogues, avec la même satisfaction, les plus grands 
noms littéraires et ceux des plus modestes ouvriers de la 
pensée. 

J. Van den Gheyn, S. J. 


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LES ORIGINES 


DE NOTRE 

ART NATIONAL 


Permettez-moi tout d’abord, de remercier les honorables 
membres de l’Académie, qui ont bien voulu, avec une 
autorité et une science à laquelle je me plais de rendre 
hommage, discuter mon travail, volontairement incomplet, 
sur l’origine de notre art national. 

Ce premier devoir de reconnaissance rempli, je crois 
utile de résumer en quelques mots la thèse que j’ai eu 
l’honneur de développer devant vous. 

Notre art national, jusqu’à la fin du moyen-âge, n’est 
pas une dégénérescence de l’esthétique romaine, — dont il 
faut d’ailleurs tenir compte, — mais la continuation et le 
perfectionnement des formules artistiques des peuples bar¬ 
bares dont nous sommes issus. 

M. le v te do Caix de Saint-Aymour, dans son remar¬ 
quable travail, dont je m’occuperai tout d’abord, partage 
cette manière de voir. Il admet qu’il faut rechercher les 
origines de notre art au moyen-àge, dans les profondeurs 
de l’art barbare et ses objections ne portent que sur cer¬ 
tains points de détail, que je n’ai pas suffisamment éclaircis, 


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et où il vient apporter la lumière de son érudition pro¬ 
fonde. 

Je suis parfaitement de son avis, lorsqu’il dit que j’aurais 
pu remplacer la dénomination d’art franc, par celle d’art 
barbare. 

Comme il le dit fort bien, l’art barbare, tel qu’il nous 
est connu par les bijoux recueillis dans les tombes franques 
découvertes dans notre pays, est semblable aux formes 
artistiques que l’on retrouve dan^ les tombeaux wisigo- 
thiques de l’ouest de la France ou de ceux des Burgondes 
qui se fixèrent dans l’ancienne Bourgogne. On trouvera 
la preuve que je partage cette manière de voir, dans le 
compte rendu du dernier congrès archéologique de Tongres, 
où je me suis occupé d’une question analogue, et où vous 
pouvez lire: - D’où vient cet art barbare commun à divers 
rameaux de la race indo-européenne (*) dont nous retrou¬ 
vons les entrelacs compliqués. Les pointes de diamants, 
les monstres imaginaires ou fantastiques, non seulement 
dans les objets de fouilles des provenances les plus diver¬ 
ses, mais encore dans les calligraphies primitives dites 
mérovingiennes, carlovingiennes, Avisigothiques ou lom¬ 
bardes (> 

En parlant rapidement des origines de notre art national, 
j’ai dù forcément ne m'occuper que des seuls peuples bar¬ 
bares qui laissèrent des traces profondes dans notre pays; 
c'est-à-dire des Gaulois ou Celtes et des Francs qui, seuls 
parmi les autres peuples barbares occupèrent effectivement 


(1) Je ferai remarquer que j’ai employé ici l'expression indo-européenne 
et non pas dindo-gormanique nous verrons plus loin pour quelles raisons. 

(2) Voir lo compte rendu du Congrès archéologique de Tongres 1901. 
(page ISS). 


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— ->3l — 


notre pays, et seuls y firent souche. M. de Gaix de Saint- 
Aymour admet, d’ailleurs et je n’en demande pas davan¬ 
tage, que ce sont les Francs qui furent « l’instrument véhi¬ 
culaire » qui nous apporta l’art barbare dont « procède 
tout le haut moyen-âge. » On sait effectivement que la 
généralité des objets de fouille appartenant à l’esthétique 
barbare, découverts dans notre pays, sont généralement 
indiqués dans nos musées comme appartenant à l’art franc. 

Notre savant confrère français qui paraît surtout con¬ 
naître ces barbares par leurs méfaits commis dans le centre 
de la France, qu’ils traitèrent en pays conquis, semble 
avoir moins bien connu nos Francs colonisateurs qui, seuls 
parmi les autres peuples envahisseurs, s’établirent à demeure 
dans nos contrées. 

Comme le dit fort bien M. Pircnne (') et le reconnaît 
aussi M. de Gaix, il est infiniment probable que dès avant 
le m e siècle, les Pays-Bas avaient commencé à se germa¬ 
niser lentement. Le nombre était grand de Germains qui 
passaient le Rhin pour prendre du service dans les légions, 
on qui venaient s’établir comme cultivateurs dans nos pro¬ 
vinces. 

« Dans la seconde moitié du m c siècle, des bandes de 
Francs et d’Alamans viennent pour la première fois chez 
nous en conquérants et en pillards, tandis que d’autres 
ennemis, Francs et Saxons, dirigeaient par mer des incur¬ 
sions sans cesse répétées sur les rivages des Morins et 
des Ménapiens » (*). 

Les empereurs finirent par repousser les envahisseurs, 
mais Maximin cependant fut forcé de laisser s’établir les 


(1) Histoire de Belgique , par H. Pirk.nnb. 2 e édition, p. 8. 

(2) Ibid. 


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— 232 — 


Francs en qualité de colons, dans les parties désertes des 
pays Morins et des Trévires ('). 

Les Francs Saliens au v e siècle, comme l’admet encore 
M. de Caix, ne se jetèrent pas sur les Pays-Bas comme 
un torrent dévastateur. 

D’accord avec mon savant concitoyen M. Pirenne, je 
dirai plus: « Du jour où l’Empire leur permit de se fixer en 
Toxandrio, ils cessèrent de combattre les armées romaines 
et ils se mirent à coloniser en masse le sol de leur 
nouvelle patrie » (*). 

Plus tard, quand le rappel des légions du nord en Italie, 
leur eut ouvert le chemin de la Belgique, ils prirent pos¬ 
session des vallées de la Lys et de l’Escaut, sans qu’il 
leur fût besoin de tirer la francisque. « Seuls parmi les 
autres peuples barbares, leurs conquêtes allaient de pair avec 
prise de possession du sol, par la population franque » ( 3 ). 

C’est ainsi que j’ai cru pouvoir donner une importance, 
que je ne crois pas exagérée, aux Francs qui prirent une part 
si considérable au mélange de races dont nous sommes 
issus. 

Je ne suivrai pas notre savant confrère français dans 
la partie historique qu’il consacre à l’origine des Francs. 
Je suis d’ailleurs d’accord avec lui pour assigner à leur 
art, l’origine (pie MM. de Bayle et Bequet ont cru devoir 
lui reconnaître. 

Ce qu’il y a à retenir cependant dans ce que j’ai dit 
plus haut, c’est que les Francs furent des Germains et 
c’est pour cette raison que je les ai rattachés à la race 

(1) Histoire de Belgique , par H. Pirbnnk. 2 e édition, p. 8. 

(2) Ibid., p. 8 et suivantes, 

(3) Ibid, 


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indo-germanique négligeant cette fois d’employer le mot 
indo-européen, plus juste peut-être, mais moins défini en 
cette occurrence. 

On a pu voir aussi, que l’importance de l’élément franc, 
qui s’infiltra en Gaule Belgique et la satura pendant des 
siècles fut considérable et l’on ne trouvera pas exagé¬ 
rée l’influence que je leur assigne en faisant remonter à 
leurs prédispositions propres, le caractère naïf et religieux 
que nous trouvons dans les œuvres pleines do foi de 
nos miniaturistes et de nos premiers peintres de tripty¬ 
ques, si distantes des gauloiseries de nos ancêtres celtes 
primitifs. 

Je crois d’ailleurs que notre confrère français, tout comme 
Grégoire de Tours, a peint nos Francs colonisateurs dans 
des couleurs trop noires. Car on n’oubliera pas, que le 
célèbre prélat et historien français, ne connut les Francs 
que par les méfaits et les dépradations de leurs armées 
en campagne, agissant en pays ennemi. 

Et nous savons par expérience, qu’il serait téméraire 
de juger de l’état de civilisation d’un peuple, par ses armées, 
même à l’époque actuelle. Les souvenirs de cruauté et de 
barbarie, laissés par les corps d’élite envoyés en Chine, 
par nos pays les plus civilisés, en ont* donné, tout récem¬ 
ment encore, la preuve la plus convainquante. 

D’ailleurs, si Clovis, affublé des titres de consul et de 
patrice romain, malgré ou peut-être à cause même de son 
contact avec les Gaulois et les Latins, fut un barbare rusé 
et cruel, n’oublions pas que tout était barbare à cette 
époque même et y compris la religion catholique. Le pieux 
historien, Grégoire de Tours fut, comme le dit Ampère, 

« pareil à ses héros, et son livre à moitié dévot, à moitié 
sauvage, est lui-même une épopée barbare en langue mona- 


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— 231 — 


cale où il semble avoir approuvé les crimes du rude chef 
des Francs ». 

L’Église par la bouche du pape Anatase disait à Clovis: 
«Ta foi c’est notre victoire!» et un saint, saint Avitus 
ajoutait: «quand tu combats, c'est nous qui vainquons! » 

Je vois avec plaisir que je n’ai pas été seul à observer 
que Tinlluence des miniaturistes anglo-saxons, qui accom¬ 
pagnèrent au vi' siècle (‘) les missionnaires irlandais dans 
nos contrées, a été, non seulement exagérée, mais qu’en 
réalité elle fut presque nulle. Notre confrère constate 
comme moi que l’art anglo-saxon est le même que celui 
de nos Francs, et que tous deux eurent une origine bar¬ 
bare commune. 

M. de Caix s’étonne de ce que j’accorde une importance, 
qu’il croit exagérée, au genre satirique dans la peinture 
flamande, dont j’attribue l’origine, non pas aux Francs 
comme il semble le croire, mais bien aux premiers habi¬ 
tants de la Belgique, c’est-à-dire aux Gaulois ou Celtes 
qui, dès avant la conquête romaine montrèrent, comme le 
dit Mgr. Dehaisnes « un goût inné pour la satire et le 
grotesque » (*). 

L’importance du genre satirique dans notre art national 
est indéniable, M. Renouvier, un Français, a vu plus 


(1) On aura remarqué que c’est une erreur typographique, qui ma fait 
dire d’après Mgr. Dehaisnes, que les missionnaires irlandais vinrent dans nos 
contrées au iv c siècle. — C’est au vi c siècle — qu’il faut lire. —(Voirmon 
mémoire les Origines de notre Art national). Bull, de l’académie royale 
d’arch. de Belg. 

(2) L’influence de l’art barbare germanique ou franc n’est visible que 
dans les monstres étranges, les dragons diaboliques, que nous voyons 
nombreux dans les diableries de nos miniaturistes médiévaux ou dans les 
peintures fantastiques de nos maîtres * drôles * du xvi® siècle. 


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— 235 — 


juste quand il a dit: « Les sujets satiriques ou bouffons 
ont été traités dans beaucoup d'écoles accidentellement. 
Il a été donné aux Brabançons cl aux Flamands d'en 
faire toute une école... » 

Et cette école, après avoir préludé dans les sujets risqués 
de nos sculptures médiévales et de nos manuscrits enlumi¬ 
nés, se révéla dans la peinture flamande par des chefs-d’œuvre 
d’observation et de couleur, signés Jérôme Bosch (van Aken); 
Pierre Breughel le Vieux, et parfois aussi par Henri met de 
Blés, Joachim Patinir, Lucas de Lcyden, Jean Mandyn, Pierre 
Huys, Pierre Aertsen, simple avant garde de nos petits maî¬ 
tres « drôles » du xvn e siècle, dont le genre ne s’éteignit 
qu’avec les derniers imitateurs de David Teniers. 

Je regrette que l’Académie n’ait pas jugé bon de faire 
reproduire les photographies des sculptures gauloises ou 
gallo-romaines un peu lestes que j’avais jointes à mon 
premier travail. On y aurait reconnu je pense des ancêtres 
de nos artistes satiriques flamands, dont les œuvres, aux 
détails souvent un peu crûs, furent si populaires, non 
seulement chez nous, mais encore chez les plus grands 
princes étrangers de l’époque. On sait que Philippe II 
et l’empereur Rodolphe notamment, remplirent leurs rési¬ 
dences favorites de l’Escurial et de Prague des tableaux 
les plus drôlatiqucs et les plus fantastiques de nos prin¬ 
cipaux maîtres satiriques flamands du xv« et du xvi° siècle. 

Mais cette dissertation me semble déjà assez longue et 
je craindrais abuser de votre patience, en discutant une à 
une les argumentations présentées dans leurs savantes obser¬ 
vations par des confrères tels que MM. de Ceuleneer, cha¬ 
noine van den Gheyn et Blomme; auxquels j’ai répondu 
en grande partie déjà, dans la discussion de ma thèse 
avec M. de Gaix de Saint-Aymour. 


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— 236 — 


Grâce à leurs observations ingénieuses, pleines d’érudi¬ 
tion, dont j’aurai soin de tenir compte pour une large 
part, j’espère avoir l’occasion de reprendre bientôt ce tra¬ 
vail préparatoire pour le compléter en une œuvre défini¬ 
tive, où il me sera donné de fixer d’une façon plus précise 
les origines lointaines de notre art national, dont les racines 
se trouvent incontestablement dans les caractères distinctifs 
et atlaviques des peuples qui formèrent notre race. 

Il est bien entendu que dans cette nouvelle étude, j’aurai 
soin de rappeler ce que nous devons aux traditions antiques, 
dont l’influence fut longtemps exagérée et qu’il y a lieu 
de ramener à ses justes limites. 

L. Maeterlinck. 


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UNE ŒUVRE 


UK 


MATHIEU VAN BEVEREN 


La chaire à prêcher de l’Eglise collégiale de N.-D. à 
Termonde, est l’œuvre de Mathieu Van Beveren. Ce beau 
morceau de sculpture n’est pas resté ignoré ; tous les histo¬ 
riens de Termonde le renseignent avec plus ou moins d’exac¬ 
titude et de détails ('). L’article que la Biographie nationale 
consacre au maître anversois, sous la signature de Kervyn 
de Volkaersbeke, assigne à ce monument la date fautive 
de 1G60. Dans la liste, d’ailleurs copieuse, que le Ch r 
Marchai dresse des travaux de l’artiste, la chaire de 
Termonde est omise et c’est dans les errata et addenda 
qu’on doit en chercher une mention sommaire (*). 

Certes, je n’aurais pas songé à revenir sur ce sujet, 
si je n’avais découvert dans les archives de la collégiale 


(1) Wytsman . Notice historique sur la ville de Termonde, p. 12. — His- 
torisch verhael over de voorheer kollegiale kerk van Dendermonde. — 
1861, p. 20. — dk Vlami.nck. De stad en de heerlijheid van Dettdermonde, 
t. III (1886), p. 86. — Id. L'Eglise collégiale de N.-D. à Termonde, 1000, 
t. I, pp 75-76. — dk Maksschalck. De collegiale kerk van Dendermonde. 
Tweede studie. 1894, pp. 15-16 

(2) La sculpture et les chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie belge, p. 805. 


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— 2:38 — 


de N.-D. (') un document inédit: la convention conclue 
le 12 mai liiSO, entre Mathieu Van Beveren, d’une part, 
et le Chapitre et le Magistrat de Termonde, d’autre part. 
Celte pièce relate les conditions acceptées par l’artiste, pour 
l’exécution d’une chaire de vérité, conforme à la maquette 
soumise à l’appréciation des chanoines. 

Sous serment solennel, le sculpteur prend l’engagement 
de suivre le modèle et de n’y apporter aucun changement, 
sinon pour l’améliorer. La chaire devait être achevée dans 
l’espace de deux ans, au prix de 300 livres de gr., paya¬ 
bles en trois termes: loO livres de gr. lors de son achève¬ 
ment et le reste par paiement annuel de pareille somme. 
En cas de guerre, hypothèse dont les chanoines prient 
Dieu de les préserver, si les ressources devenaient insuf¬ 
fisantes, le Chapitre s’obligeait à payer un intérêt au denier 
21, jusqu’à libération complète. Le fret par eau, d’Anvers 
à Termonde, ainsi que la maçonnerie de la substruetion 
et la ferraille destinée à suspendre l’abat-voix, restaient 
à la charge de l’église. Notons un dernier détail curieux. 
Le Chapitre garantit Van Beveren et les collaborateurs 
travaillant sous ses ordres, contre les réclamations que 
la corporation des menuisiers de Termonde pourrait élever. 

Mathieu Van Beveren n’usa pas du délai qui lui était 
accordé pour l’achèvement de son œuvre; il la fournit 
en 1081. La Providence fut pitoyable aux chanoines, rien 
ne vint troubler l’état de leurs finances et le maître put 
être payé aux époques fixées par le contrat ( ! ). 

(1) Acta capitularia eccl. B . M. V. Teneræmund. t. III, p. 181. 

(2) Betaelt aon Matheus Van Beveren, boltsnijder, over bet eerste paye¬ 
ment van den nieuwen predikstoel, volgens den accorde, hondert lib. gr. « — 
Comptes de l'Eglise de N,-D. à Tei'monde. 1G81-1682. 

L’année suivante, les comptes renseignent le paiement à Van Beveren 


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— 239 — 


Ce qui nous intéresse surtout dans l’acte que nous venons 
d’analyser, c’est la détermination du sujet de la chaire. 
Le Chapitre stipule: « Het maecken van eencn nieuwen 
prcckstoel van behoorelyck '\vageschot, otnme te stellen 
hinnen de hooftkercke der stede van Dendermonde, behoo¬ 
relyck verciert met syne beeldcn, postueren ende ander 

cieraet,.bcstande in don voet van drye engelen 

onder voet hebbende de Ketterye. « 

Comment ce programme a-t-il été exécuté? 

La photographie que je vous apporte, vous montre trois 
anges, soutenant la cuve de la chaire, debout sur le dos 
d’un personnage à plat ventre, revêtu du costume que l’on 
prête souvent aux prêtres figurant dans les scènes bibli¬ 
ques de l’Ancien Testament; il est coiffé d’une espèce de 
mitre, à deux cornes, et relève une tète inquiète, en 
serrant de la main gauche un volume, sur la tranche 
supérieure duquel on peut voir les traces des mots: « Al 
Coran ». Méconnaissant Mahomet, d’aucuns ont cru se 
trouver en présence soit de Luther, soit de Calvin, repré¬ 
sentant à bon droit l’hérésie ; l’inscription « Al Coran » 
proteste contre cette interprétation. Les longues guerres 
soutenues par la Chrétienté contre les Turcs, la crainte 
des sectateurs du Prophète, ont peut-être impressionné 
le sculpteur et pourraient expliquer sa composition. Nous 
sommes disposés à croire, qu’amplifiant le thème qui lui 
était imposé, il a étendu le symbolisme de son œuvre; 
qu’il a voulu glorifier dans une synthèse, le triomphe de 
l’église chrétienne sur l’Erreur, et personnifier dans une 
même figure complexe, les hérétiques et les infidèles. 


dû 100 livres, over het tweede payement, et enfin 83 lib. 13 s. 3 gi\, over 
het (lerde payement en laetste. 


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— 2-10 — 


Cette compréhension du sujet, constitue-t-elle l’amélioration 
notable permise par le contrat? Nous ne pouvons le vérifier, 
à défaut de la maquette approuvée par le Chapitre. 

D’abord adossée au premier pilier de la grande nef, la 
chaire fut isolée en 1859 et placée sous l’arcade ogivale, 
séparant le vaisseau central du bas-côté nord. Ce change¬ 
ment nécessita des modifications de l’escalier et des répa¬ 
rations. Déjà, en 170G, elle avait été avariée, lors du bom¬ 
bardement de la ville par Marlbourough ('). 

Dans son ensemble, le monument a les mérites et les 
faiblesses de la sculpture flamande à la fin du xvn e siècle. 
La plastique expressive des figures se distingue par du 
relief, de la vigueur, mais les motifs très abondants de 
la décoration, manquent parfois de légèreté et d’élégance. 

La chaire à prêcher n’est pas la seule œuvre de Van 
Boveren que conserve l’église collégiale de N -D. En 1GGG, 
il sculpta également les statues des quatre évangélistes, 
qui ornent le jubé, construit par Arlus Quellin en 1059- 
1GG0 (*). 

A. Bi.ommk. 


(1) “ Herstellen van do goruincerde bancken, preekstoel, zitsels als anders- 
sins n — Comptes de l'église de N.-D. à Termonde, 1705-1706. 

(2) “ Item betaelt aen \l r Matheus Van Beveren beeltsnijder tôt Antwer- 
pen over het maecken van de vier Evangelisten staende voor op de hoock- 
saele, per accorde ten ad venante van negen ponden gr. tstick op de plaetse 
ghcstelt, ’tsamen XXXVI L. gr. * — Comptes de l'église de N.-D. à Ter- 
monde, IC65 1CGG. 


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Contract nopeus don prcckstoel. 


Op heden desen xu*’ 1 ' Meye 1080 , soo liebben d’heeren 
van beede collégien der stede van Dendermonde besteedt 
op te maecken aan M r Mattlieus Van Beveren, meester 
beeldtsnyder binnen der stede van Antwerpen, die van 
ghelycken bekent aenveirt te hebbcn, het maecken van 
eenen nieuwen preckstoel van behoorelyck wageschot, 
orame te stellen binnen de hooftkercke der stede van 
Dendermonde, behoorelyck verciert met syne beelden, 
postueren ende ander cieraet, in conformiteyt ende inge- 
volglie van de vuyt geboutsseerde modelle alliier op hedent 
gesien, bestande in den voet van drye engelen onder voet 
hebbendo de ketterye etc., denwelcken aenveirt onder 
solempnelen cedt; verclaert de voors. modelle wederom 
alhier binnen der stede van Dendermonde te bringen, 
sonder de selve in eeniger manieren te veranderen, tcn 
waere notabelyck beter, welcken stoel hy Van Beveren 
belooft volmaeckt ende behoorelyck in de voors. hooft¬ 
kercke in syne reke gestelt te hebben tsynen coste, 
behoudens de metserye van het fondeersel ende ysenverck 
om den hemel van den stoel aen te hangen, onthier ende 
twee jaeren precics. Deze bestedinghe is geschiet voor 
ende omme de somme van dry hondert ponden grooten, 
eens te betaelen, in drye égaele payementen, te weten, 
soo liaest hy volmaeckt sal wesen, beloven hem te betaelen 


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— 212 - 


tôt ecn Iiondert ponden gr., cen jacr daernaer nocli 
gclyckc hondcrt pondcn gr., ende in cas van oorloge, 
dacr Godt ons van bewaere, dacr doorc do kercken mid- 
dclen notabclyck vcrmindert wierdc, dacr doorc de kcrcke 
het tweede onde derde payement niet conste betaelon, sal 
de kercke geslaen, mits aen don voors. Van Beveren 
betaelende interest naer advenanle den penninck xxm.i tich 
tôt de voile betaclingc; neempt de kercke l’baeren laste 
de scbipsvracht van Anlwerpen tôt binnen doser stede van 
den voors. stoel in de kercke. In kennisse der waerheyt 
syn hier van gemacckt twee ghelycke contracten ende 
het een geteeckent by den seeretaris van het capittel ende 
greffier der stede van Dendermonde, vuyt den naeme van 
de heeren van beede collégien. Voorders beloven de voors. 
Van Bcvcren ende syne knechten te bevryden van het 
ambacht van de schrynwerkers deser stede, daete ende 
maende als boven. 


Ontt 1 Maïtueus van Beveren. 


Acta Capitularia, III, 181 v°. — 182 r°. 


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i 


LA MAISON 


«ES 

DAMES D’HONNEUR 

DE 

MARIE STUART 


Dans notre travail: Les derniers fidèles de Marie Stuart ('), 
nous nous sommes longuement occupé des nombreux par¬ 
tisans de l’infortunée reine d’Ecosse, Marie Stuart, qui, 
après la mort de leur maîtresse, cherchèrent un refuge sur 
le continent et s’établirent surtout à Anvers. Nous avons 
fourni de minutieux détails sur les dernières années de 
l’existence si mouvementée des deux dames d’honneur de 
la reine. Barbe Moubray et Elisabeth Curie, à la mémoire 
desquelles un intéressant monument funéraire a été élevé 
dans l’église Saint-André à Anvers, où on peut encore le voir. 

Nous avons cité un acte du mois d’avril 1614 en vertu 
duquel, Barbe Moubray achetait une maison située rue du 
Marcgrave; elle la revendit du reste le 3 novembre de la 
même année. Nous ajoutions qu’elle alla ensuite habiter 
avec sa belle-sœur Elisabeth Curie dans la paroisse Saint- 

(1) Annales de la Société historique et archéologique de Gand. Tome IV. 


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244 — 


André. Puis, nous citions les assertions du chroniqueur van 
Coukerke, qui atïirmait que la demeure des exilées était 
située dans le voisinage immédiat de l’église: naeder liant 
hebben hccc van liacr staefjuffrouwen hier 7 Anlicerpcn 
tel Engclant comcnde , gcicoont soo ich verstacn in St. 
And ries prochie , omirent de kcrck , en soo my cen geloof- 
v'eerdigh persoon hee/ï gesegt , iegen over 7 Waeyslracfjen, 
het hnys soude noch Jung liet Engclshuys gchcctcn hebben 
en dese slactjufjrouwcn hebben soo lot lof van hunne 
coninginnc als lot hunne memorië doen slcllen cen cpila- 
phium in St. Andries kcrck achiei' den autacr van 7 //. 
Cru j/s , aen de selre pilaer deicelcke noch te sien is , alwaci * 
boven oick staet het co)ttrcfyisel van de coninginnc Marie 
Stuart nae 7 levai. 

Au sujet de cette maison, nous n’avions pas pu préciser 
davantage; de nouvelles recherches nous ont permis cette 
fois d’étre plus catégorique, et nous pouvons aujourd’hui 
fournir tous les renseignements relatifs à cette demeure 
que le chroniqueur appelait: het Engclshuys. 

* 

* * 

Après le départ forcé des Augustins Saxons et 1 érection de 
la paroisse de Saint-André, plusieurs nouvelles rues avaient 
été tracées à travers les propriétés de l’ancien monastère. Les 
liquidateurs avaient reçu l’autorisation nécessaire pour ven¬ 
dre les immeubles confisqués, par une ordonnance de Charles- 
Quint, datée du 23 janvier 1528. Parmi les voies qui alors 
furent ouvertes, se trouvaient la Xieuw Kcrksirale , nou¬ 
velle rue de l'église, actuellement rue Saint-André; elle 
joignait la ruelle du livre (aujourd’hui rue Nationale) à 
la rue des Chevaliers. La ruelle du vent, Waeystraetjen, 


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— 245 — 


allant de la rue de l’Eglise à la rue des Augustins et 
passant au pied de la tour de l’église, aboutissait dans la 
nouvelle rue. 

Dans la rue de l’Eglise, et comme l’indique le chroni¬ 
queur van Coukerke, en face de la ruelle du Vent, tegen 
over ’t Waeijslractjen, fut bâtie la grande maison que 
devaient habiter les dames d’honneur de Marie Stuart. 
Le 28 août 1528 (') Jean Bocn et M 1 " Jean vandcn Ghoire, 
au nom des liquidateurs nommés par l’empereur pour réali¬ 
ser les biens provenant du couvent des Augustins, ven¬ 
daient à Henri vandcn Spaget, tonnelier, un terrain vague 
d’une contenance de 5 verges et 255 pieds, situé dans la 
nouvelle rue de l’Eglise. L’acquéreur mourait quelques 
jours plus tard, et sa veuve, Marie de Raet, cédait à son 
tour ce bien le l r juin 1529 à Martin vanden Wyngaerde. 

Le nouveau propriétaire construisit sur ce terrain deux 
maisons d’inégale grandeur. Il y habita avec les deux 
filles qu’il avait eues de sa première femme Marie De Vos: 
Marie vanden Wyngaerde, femme de Rombaut van Heems- 
sen alias Thys et Barbe vanden Wyngaerde, ainsi qu’avec 
sa seconde femme Jeanne van Ryen. Après sa mort, cette 
dernière, conjointement avec ses deux belles-filles, vendit 
le bien le 3 février 1534 à Jacques De Voocht, jaugeur 
juré de vin (*). L’acte décrit succinctement ces maisons 
comme suit: cen huys metten clejncn huyse intle rvjeuxo 
Kercksimte et ajoute que Martin vanden Wyngaerde avait 
lui-même édifié les constructions, erve daer op hy de 
voers huysen gctncls endt getimmert hcc fl gehadt. De Voocht 
résolut un peu plus tard d’agrandir sa propriété et le 17 


(1) Schepen brieven K. B. 34. 

(*2) Loc, cit. K. W. 325 et R. H. 318. 


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juin 1541 (*) il acheta un terrain vague d'une superficie 
de 13 verges et 24 pieds s'étendant derrière sa maison et 
venant aboutir à une rue nouvellement tracée, nycuw strate 
loopendc vmjt Riddcrstratc nac de. Rocc.rstcr/c. C'est la rue 
qui plus tard fut nommée rue riche De Beuckelaer. Ce 
terrain faisait partie d’une vaste propriété qui futmorcellée 
à cette époque. Les vendeurs étaient Costen van Halmale, 
doyen du métiers des drapiers, au nom de sa femme 
Catherine vanden Werve, qui était fille d’Henri vanden 
Werve et de Jéhannc de Beuckelecren. Puis, Lancelot van 
Crselc, chevalier et bourgmestre delà ville ainsi que Guil¬ 
laume van Ilalmale, échevin d'Anvers, agissant au nom de 
Jeanne vanden Werve, sœur de Catherine. Ensuite Jean van 
Eyssele, nommé van Eyiule, au nom de ses pupilles: Agnès 
et Catherine van Wyck, filles d'Hubert van Wyck, seigneur 
de Onsennoirt et de Catherine de Heuckeleeren. Les vanden 
Werve et les van Wyck avaient hérité ces propriétés de 
leurs parents maternels Nicolas de Beuckelêer et Charles 
de Beuckelêer, chanoine de la cathédrale d’Anvers. 

Jacques de Vooclit ne jouit pas longtemps de son acqui¬ 
sition. Dès le 23 décembre 4545 ( ? ) il vendait sa propriété 
à Joachim Polîtes, greffier de la ville d’Anvers. Il est à 
noter que la maison était alors fort simple, ne compor¬ 
tant ni galerie, ni nombreux appartements. Le jardin avait 
deux issues dans les rues voisines, aboutissant par un cou¬ 
loir à la rue des Chevaliers, et par une sortie à la rue 
De Beuekelaer. 

Le grellier Polîtes, qui avait épousé Marguerite Coppier 
van Calslagen, fille de Jacques Coppier, seigneur de Cal- 

(1) Srhopon briovon \V. G. I. 17<>. 

(2) Sch»*pon brieven K. H. I. 28. 


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- 247 — 


slagcn et de Marguerite van Roon, née en 1510, rebâtit 
complètement l’immeuble et en fit cette demeure opulente 
dont la description se retrouve dans les actes subséquents. 
Il fit notamment aménager dans la maison un grand escalier 
en pierres, orné de sculptures, et trois escaliers secondai¬ 
res. Dans le jardin il lit édifier une longue galerie se 
terminant par une petite chambre. 

Polîtes était natif de Ter Goes en Zélande, et on croit 
que son nom véritable ôtait Burgher ou Bourgeois. Eloigné 
de sa patrie, peut-être à la suite des fatales inondations 
de 15.30, il se rendit à Louvain où il remplit auprès des 
élèves de l’Université en quelque sorte le rôle de répéti¬ 
teur. Puis, avec l’assentiment de Rutger Rescius, imprimeur 
et professeur de grec au collège des Trois langues, il donna 
aussi des leçons de grec et de latin. Peut-être même trouva- 
t-il un asile dans la demeure de cet érudit (’). C’est alors 
aussi qu’il fit la connaissance de Clénard, qui l'encoura¬ 
gea puissamment et se lia d’amitié avec lui. C’est sur ses 
conseils qu’il se rendit à Paris où, après avoir abandonné 
l’étude des langues, il s’initia à la médecine. Il s’y lia avec 
plusieurs littérateurs et artistes originaires des Pays-Bas. 
Mais bientôt il se lassa de la médecine et voulut s’adon¬ 
ner au droit. C'est dans ce but qu’il quitta Paris et alla 
séjourner à Padoue. 

Vers 1533, il fut appelé à Bordeaux avec plusieurs autres 
savants appartenant à diverses nationalités afin d'y relever 
le niveau des études au sein de l’Université de cette ville. 
Il y resta quelques années, puis il vint s’établir à Anvers, 
où comme nous l’avons vu il contracta un riche mariage. 

(1) Faux Nkvb. La renaissance des lettres et Vessor de l'érudition dans 
l'ancienne Belgique, 


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— 248 — 


Protégé par le cardinal Granvelle, il obtint la charge de 
greffier de la ville et remplit cet office depuis 1541 jus¬ 
qu’en 1505. 

Polites semble s être laissé gagner par les idées nouvelles, 
car sur la liste des protestants, publiée en 1507, figure son 
nom, renseigné parmi ceux des martinistes ('). 

Il s'occupa beaucoup de poésie, et en 1548, il fit publier 
sous le titre de Vocmata un volume in-12°, contenant des 
pièces latines. On assure quil composa encore un ouvrage 
intitulé Pe republica , tibri quatuor , mais qui ne fut pas 
imprimé. 

Il existe encore dans divers recueils des pièces de vers 
composées par Polites. C’est ainsi que dans un ouvrage 
consacré aux tragédies de Sophocle et qui porte pour titre: 
Trajcdin 9 Sophoclis quotquot estant carminé latino reddita* 
Géorgie Patallero in supremo apud Betgas regio sénatu 
Mcchliniae vonsiliario ci Ubcllorum supplicum magistro 
interprète. et qui fut imprimé: Anfcerpiæ MDLXXVl e.r 
of/ieina Gulielbn Silrii typographi regii , il a été inséré à 
la dernière page une poésie latine dans laquelle le gretfier 
anversois fait l'éloge de l'auteur et le félicite sur le succès 
de son livre v *). 

l'n autre traité intitulé: Alexandri ab Alexandra 
iarisperiti neopolitani genialium dierum libi'i sex varia 
ne recondita eruditione referti. Yaeneunt Parisiis in vico 
sorboniea et Jaeolura apud Joannem Peint m sub insigni 
P . Barbara*. MPXXXIf, débute par une préface rimée 


(U Mkktkns et Torks. Gtsshù.ienis run .4ufice*7Wi, IV, t>09. 

^ Nous Avons pu consulter ces ouvr.uros à la bibliothèque de ITniversité 
do («and ou iis nous avaient ètè obligeamment signales jiar notre confrère 
M P. Bor.rm.ius, un dos o «n*e:*«.cours do co riche dopM. 


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- 240 — 


composée de trente six vers et qui est consacrée à la 
louange de l'auteur. Elle commence par ces mots: 

Joachimus Polîtes Zelandus ad candidam lectorem. 

Une courte introduction poétique due également à Polites 
a été insérée dans l’ouvrage intitulé: Encomium angliœ ad 
sereniss. regem Hcnricum , élus nominis octavum. Jacobo 
Jasparo Dano aulhore MDXLVI. A titre de spécimen 
nous croyons bien faire en reproduisant ici cette pièce : 

Joachimi Polilœ ab actis civitatis Anlverp in tandem 

[sui Dani Ilcxaslichon. 

Hospes ad aequores doctissime Dane Britannos 
Carminibus freins qui cnpis ire luis, 

Vade bonis avibns foelix et carmina cgcnis 
Ad tamesis ripam concilie blanda vagis: 

Ut nuisis nobis rcdeas et Appolinc dignns 
Atq ut Maconides pracmia digna feras . 

Musicien passionné, il se vit dédier par plusieurs com¬ 
positeurs des morceaux qui ont été conservés. Janus Nico- 
lai ou Secundus, de La Haye, dans une de ses lettres latines 
le désigne sous les titres de mcdicus et poêla. Dans un 
ancien manuscrit de l’époque, il est fait mention de ses 
goûts musicaux en ces termes: Joachim Polites musica 
praeclarus amator et admirator fuit cximius et qui per 
ea tempora musicam coluere cidem opetlas suas dedica- 
runt et inscriptas voluere ('). 

On connaît aussi cinq lettres qui furent adressées à 


(1) Bibliothèque royale de Bruxelles. Manuscrit intitulé: scriplores Antver- 
picnses, f" 48 . 


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Polîtes par Nicolas Clénard qui résidait alors au Portugal. 
L’une d’elles est conservée dans un recueil depîtresdece 
savant Diestois,qui porte pour titre: NicolaiCleuardiperegri- 
nationum , ac de rébus machomclicis epislolcic elcgantis- 
simac — Lovanii apud Hicronymum Wellaeum tyopgra- 
phum jurât. Anno 1561 . La suscription de cette lettre 
porte: Nicolaus Clcnardus Joachimo Polyiae . S. D. Elle 
est datée de Eborae , die Joannis in Decembri 1536 . Clé- 
nard y parle longuement et sur un ton badin de ses goûts 
poétiques; il entremêle sa prose de nombreux passages en 
grec, et finit par reprocher à Polites sa versatilité, l’enga¬ 
geant à ne pas abandonner le culte des lettres grecques 
et latines: lu Joachime , qn non libuit in latinis graccisq , 
literis cardincm poncrc, quo dcinceps tota vcrieretur vila, 
in hoc mihi pcccasse videris , quod mcdicam reliqucris , cum 
prœserlim ja } annos aliquol s accès iris hores et poslea 
(ù: to îrs/w aniplecleixris : nihil in nobis delcrius ad promo * 
xendum est quant instabilis animas . 

Joachim Polites, par son testament du 10 octobre 1554, 
passé devant le notaire Seger Shcrtogen, laissa tous ses 
biens à sa femme. Il mourut en 1509. Entr’autres biens 
il avait délaissé une maison de campagne située à Anvers 
aux confins du Marcgrareley , près de Beerschot et appelée 
thoff of thuys van Polites . A la mort de Marguerite van 
Calslagen la propriété échut à ses neveux, et c’est ainsi 
que l’un d’eux, Guillaume Coppier van Calslagen, fils de 
Jacques, servant dans l’armée royale et en garnison alors 
à Bois le Duc, vendait sa part d’héritage, le 27 octobre 
1605, à Robert Noirot, négociant (‘). La veuve de Joachim 


(1) Schepen brieven M. N. I. 122. 


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— 251 — 


Polîtes ne tarda pas à se remarier; elle épousa en juillet 
1571 Guillaume Martini. 

Celui-ci était fils de Guillaume Martini, qui avait occupé 
la charge de pensionnaire de la ville de Bruxelles et 
de Hélène de Pauw. C’est à Bruxelles qu'il remplit ses 
premières fonctions administratives, ayant obtenu en 1557 
la place de pensionnaire. 11 prêta serment en cette qualité 
le 16 décembre de cette année en présence des doyens des 
nations. 

En 1502 il fut envoyé en Allemagne par les Etats de 
Brabant, en même temps que le bourgmestre d’Anvers 
Antoine van Straelen, pour y défendre les droits, dont les 
habitants du duché de Brabant, jouissaient dans le terri¬ 
toire de l’Empire ('). 

C’est sans doute à la suite des relations qui s'étaient 
établies pendant ce voyage entre le bourgmestre d’Anvers 
et le pensionnaire bruxellois que ce dernier alla s'établir 
à Anvers. 11 y fut nommé greffier en 1563 et occupa ce 
poste jusqu’en septembre 1585 {•). 

Guillaume Martini joua un rôle actif dans les événe¬ 
ments qui se déroulèrent à Anvers au xvi' siècle. Il fut 
un des chefs du complot ourdi en 1574 pour livrer la ville 
au prince d’Orange. C’est dans sa maison, près de l’église 
Saint-André, que so cachèrent les principaux conjurés. Josué 
van Alveringen, seigneur de Hofwegen, Nicolas Ruichaver 
et Martin Neyen. Grâce à l’adresse et au sangfroid de 
Marguerite van Calslagen, ils purent échapper aux recher- 

(1) Wouters. Histoire de Bruxelles. 

(2) Antwerpscke Archievenblad , VI. Dans un acte daté du 21 août 1585 
Martini figure encore comme greffier. Dans un acte daté du 18 septembre, il 
est qualifié ancien greffier: oudt greffier. 


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elles des soldats de Requcsens. A la suite de révélations 
faites par des complices, le rôle joué par Martini fut dévoilé 
aux autorités espagnoles et son arrestation fut décidée ('). 
Le prévôt Camargo se rendit à l’hôtel de ville où le magis¬ 
trat était réuni pour s’emparer du greffier. Celui-ci fut 
conduit en prison. Interrogé sur sa participation au complot, 
il nia toutes les charges et, grâce à l’intervention de de! 
Rio, lut remis en liberté. En 1577, Martini prit une part 
active à la prise de la citadelle d’Anvers; c’est grâce à 
ses démarches que cette entreprise fut organisée, et c’est 
de sa maison que Pontus de Noyelles, seigneur de Bours, 
partit pour attaquer le gouverneur Louis van Bloys de 
Treslong, tandis que le seigneur de Liedekcrke s’y tenait 
caché, attendant la tournure que prendraient les événements. 

La même année on retrouve Martini au siège de Breda, 
quand cette place tomba au pouvoir des Etats, grâce à la 
trahison d’un officier des troupes royales. Et lorsque ce 
traitre vint à Anvers toucher sa récompense, c’est le gref¬ 
fier Martini qui lui passa au cou le collier d’or qui lui 
était offert par les Etats généraux et par le prince d’Orange. 
En 1584 il se rendit avec le bourgmestre Marnix de Sainte- 
Aldegonde auprès du prince d’Orange pour s’entendre au 
sujet des mesures à prendre, afin de résister au duc de 
Parme qui s’apprêtait à assiéger Anvers. 

Le greffier Martini qui, pendant les années 1583 et 1581, 
avait à plusieurs reprises obtenu des dons spéciaux du 
magistrat protestant, en récompense de ses services dévoués, 
réussit encore à la veille du siège, quand les troupes commu¬ 
nales détruisaient toutes les constructions situées aux envi- 

(1) Pour plus amples détails voir P. Bor. Historié der Nederlandsche 
oorlogen . Vol. I. livre VII. 


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— 253 — 


rons des remparts, hors des portes, à sauver sa maison 
de campagne qui était située sur la route de Wilryck. 
Pendant le siège, il fut encore nommé, le 7 janvier 1585, 
par le magistrat, doyen de la corporation des bateliers ('). 

Après que la ville eut été prise par les Espagnols, Guillaume 
Martini se réfugia en août 1585 à Dordrecht avec sa femme 
Marguerite van Calslagen. Le rôle qu’il avait joué à Anvers 
avait été hautement apprécié par les défenseurs de la place, 
et quand en 1585, Molanus publia son ouvrage: Anlvoer- 
piados libri quinque, dédié aux partisans de la religion 
nouvelle qui avaient pris le chemin de l’exil, il s’adressa 
à : Genere, virlule, consilio et aulorilale clarissimis et 
praestantissimis viris, cclebcrimac olim reipublicac Ant- 
werpianae gubernatoribus, hoc iempore vercie religionis 
ergo , diva'sis in locis insulantibus, et à la tête de ceux- 
ci il imprime le nom du greffier Martini. 

Malgré ce brevet de dévouement à la cause protes¬ 
tante, Martini fut arrêté à Dordrecht et conduit devant les 
Etats, accusé de complicité dans la reddition de la ville 
livrée par Marnix aux troupes royales. Il fut exilé et dut 
se réfugier plus loin encore. Plus tard il fut réhabilité 
et revint se fixer à Bréda où il devint bourgmestre en 
1592. Il remplit encore ces hautes fonctions en 1593 et 
1594 (*)• Marguerite van Calslagen mourut dans cette ville 
en 1597, sans avoir eu d’enfants de son second mari. 

Après que Guillaume Martini se fut enfui d’Anvers, il 
comprit bientôt que son retour dans cette ville n’était 
plus possible. Il se décida alors à liquider tous les inté¬ 
rêts qu’il possédait encore dans les Pays-Bas. Il se débar- 


(1) Antwerpsch Archievenblad , volumes V et VI. 

(2) Van Goor. Beschrijving der stadt en lande van Breda. 


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— 254 — 


rassa d’abord de sa maison de campagne. Elle consistait 
en une habitation avec jardin, d’une contenance de SOI 
verges, située à Ilemixem, plus deux parcelles de terres 
appelées « den Viscliput - et « den Claveracrt mesurant 
1227 et 4(35 verges. Il avait autrefois acquis ces biens en partie 
de Claire van Langdonck, femme de Jacques van Hencxt- 
hoven, seigneur d’Hemixem, et en partie de Balthasar Sclietz, 
seigneur de Hoboken. Le 14 novembre 1588, il céda cette 
propriété à Denis van Neesc, secrétaire de la ville d’Anvers, 
en échange d'une dîme à percevoir dans la paroisse et la 
seigneurie de Cruyninghen ('). Cette vente ne fut sans 
doute pour une cause quelconque pas régularisée ou 
maintenue, car nous trouvons que le 15 juin 1005, Jacques 
Aertssens, agissant au nom de Martini, cédait la même 
propriété à Maximilien vander Noot, concierge de Dhôtel 
de ville d’Anvers et à sa femme Elisabeth De Bruyne i 1 2 J. 
Précédemment Martini avait vendu à Govard Gliyps un 
morceau de terre qui provenait de l’abbaye Saint-Michel 
et qu’il possédait à Iloboken ( 3 4 ). 

En même temps Martini se hâta d’exécuter divers legs 
stipulés dans le testament de sa mère et qui n’avaient 
pas encore été régularisés. C’est dans ce but qu’il céda 
une rente de 37 florins à Elisabeth Martini, fille de Melchior 
Martini, et qui lui avait été promise à l’occasion de son 
mariage avec Philippe van Waerbeeke (*) ; ensuite une rente 
de 5 livres qui avait été léguée à l’avocat Maximilien 
Martini ( 5 ); enfin une troisième rente hypothéquée sur huit 

(1) Schepenbrieven. 1588. K. B. I. 141). 

(2) Id. K. B. I. 67. 

(3) Id. 1583. K. G. II. 126. 

(4) Id. 1588. K. B. I. 157. 

(5) Loc , cil. 


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— 255 — 


maisons situées à Bruxelles int straclkcn lussc/ien dach 
ende nacht, pour régler une promesse qui avait été faite 
lors du mariage de Jacqueline Sievcns avec Cliarles Hooch- 
stael ('). 

Finalement il lui restait à aplanir des difficultés judi¬ 
ciaires que lui suscitait Jacques Scaron au sujet de biens 
situés à Eppegcm. Pour les terminer il donna procura¬ 
tion à Jean Malcote, conseiller au Conseil de Brabant, à 
Henri Coekaert, procureur au même conseil, et à Bernardin 
Iîergaigne, avocat à Anvers (*). 

Martini se remaria peu après avec Anne de Bréderode 
qui mourut en couches en 1(302. 

Ces malheurs ne le découragèrent pas, et il se maria 
bientôt pour la troisième fois avec Anna van Wasscnaer 
Duvenvoorde, dont la descendance existe encore. Guillaume 
Martini se fixa enfin à La Haye où il mourut le 21 mars 
1620, après avoir rempli les fonctions de membre, puis de 
président de la Cour de Brabant ( 1 2 3 4 ). 

Une médaille a été frappée en 1574 en l’honneur de 
Marguerite van Calslagen. De grand module, elle porte le 
buste de cette dame entouré de l’inscription: Margi. A. 
Ccdslagcn. Joac. Politœ conjuno. (*). 

Le revers de cette œuvre d’art est emblématique. On 
y voit assise sur un bloc de pierre une femme qui porte 
ses regards vers les cieux où, au milieu des nuées, appa¬ 
raît l’emblème de la divinité; à ses pieds un chien, symbole 

(1) Loc. cit. 118. 

(2) Certificaet boek, 158S. 288. 

(3) Smissaert. lets over Willem Mirtini. 

(4) Van Loon. Reschrijmng der Nederlandsche historié penninyen, I, 202, 
conjunv pour conjux. 


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de la fidélité. A sa gauche, le dieu du commerce, Mercure, 
qui de sou caducée lui désigne la vision céleste, tandis 
qu’à droite un enfant nu, contemple attentivement aussi le 
même point. 

Une inscription circulaire porte : COGITATIONE MEA 
AI) DOMINVM Ci. 

Il s’agit ici évidemment d’une allusion aux doctrines nou¬ 
velles que Marguerite van Calslagen avait adoptées. 

Le 28 octobre 15S8, Marguerite van Calslagen avait vendu 
la somptueuse demeure de la rue Saint-André, qui pendant 
ces dernières années avait été témoin de tant d’événe¬ 
ments importants, à Guillaume Macs, lequel en 1599 devint 
aumônier de la ville et à sa femme Marguerite van Nieuven- 
huysen (*). A la mémo époque elle s’était débarrassée aussi 
de huit petites maisons situées rue des Chevaliers qui avaient 
été achetées par Polites le <> août i550 de Jean vanden 
Werve, fils d’Henri, et dont elle avait hérité. C’est ainsi, 
entrautres, quelle cédait le 19 février 1580 une de ces 
maisonnettes à Gautier Verhoeven, forgeron f J ), deux autres, 
le 22 juin, à Charles Iloochstael et à Tobie Stevens ('), une 
quatrième le 11 avril à Jean Vervloet ( 1 2 3 4 5 ). 

Guillaume Macs était fils d'Antoine Maes. Marguerite 
vanden Nieuwenhuysen avait pour parents Dominique 
vanden Nicuwenhuyson et Marie van Gameren. 

Marguerite van den Nieuwenhuysen décéda à Anvers le 


(1) Décrit d'après la médaille appartenant à M. le D r Simonis de Jemoppe 
qui, dans sa riche collection, possède le seul exemplaire connu de cette pièce 
avec revers. Tous les autres sont uni faces. 

(2) Schepen brieven. 15SS. K. K. 1. 187, V tt 150. 

(3) Idem. 1580. K. G. IL 15-109-110. 

(4) Idem. 1580. K. G. II. 15-109-110. 

(5) Idem. 1580. K G. II. 15-109-110. 


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— 25? — 


10 octobre 1610. Elle fut enterrée dans l’église Saint-Georges. 
On plaça pour perpétuer son souvenir une épitaphe en 
marbre dans la chapelle du Saint-Sacrement de la môme 
église, au-dessus de l’entrée de la chambre des marguil- 
liers. L’inscription en était conçue comme suit: 

Rcsurrect. Clwist. sacr. 

Guiliehmis Masiits , Anlonii fi lias 
civis et incola Antvei'piensis 
Eleemosynarii subsidior unique 
quaestoris minière modo perfungens 
Margaretœ van Nieuwenhuysc 
uxori suœ charissimœ 
ex nobili slirpe prognatæ 
cum lacrymis P. curavit 
clausit haec dicm exlremum 
Salvalovis Anno MDCX 
Octobris die X 

ille vero Anno MDCXVI novemb. die XII. 

Pie lector utrisq. bene procure (*). 

Peu de temps après il s’opéra une substitution dont les 
exemples sont multiples à Anvers. Des personnalités quel¬ 
conques, parvenues à se créer une position plus au moins 
élevée dans la société, tenaient à se prévaloir d’une descen¬ 
dance illustre. Ils faisaient alors, dans les églises, enlever 
les pierres tombales aux inscriptions sincères, avec quali¬ 
fications modestes et les remplaçaient par d’autres, sur 
lesquelles les titres ronflants et les qualités souvent 
imaginaires, transformaient au point de les rendre mécon- 


(1) Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers, II, 438. 


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— 258 — 


naissables des ancêtres dont les prétentions étaient beaucoup 
plus modestes. Dans l’histoire de nombreuses familles 
anversoises nous avons rencontré des substitutions de ce 
genre. Nous en trouvons ici un nouvel exemple. 

Jean Baptiste Macs, fils de Guillaume, fit disparaître 
l’épitaphe de saint Georges et la remplaça par une nou¬ 
velle d’un style beaucoup moins modeste. L’inscription 
suivante y fut tracée: 


I). (J. M. 
monumcnlu/u 
I). Gailiclmi Macs 
Domini de Scvcnbcrghcn 
Ranst cl Milcghcm : 
qui obiit XII novcmb. MDCXVI 
cjusquc coujagis 

I). Murgarifae de Nieuwcnhuyscn 
quac obiil 10 oclob MDC 10 
Oplimis parcnlibus P . C. 
wocstissimus filins 
I). Joanncs Macs 
Dominas iiraediclorum locorum 
nec non 

Comilalus de Canlecrog 
Moriscl et Edcghem 
R . L P. H 

Mais cette illustration ne suffisait pas encore à la gloire 
du défunt. En 1712 les époux Le Roy-Le Waitte, qui des¬ 
cendaient de Guillaume Macs à la suite de l’alliance de 

( 1 ) hoc . ciU 


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— 259 — 


la fille de ce dernier, Jeanne Mues avec Jacques Le Roy, 
leur bisaïeul, firent placer une pierre tumulaire dans le 
transept de la même église Saint-Georges, et consacrèrent 
les premiers mots de l’inscription à la mémoire de leur 
ancêtre ('). 

Elle débute en effet comme suit: 

Monumcntum 
Dni Guiliclmi Macs 
loparchue de Scvenberge 
Ranst cl Millcgem 
dcfuncli 12 novemb 1616 
cl suorum 
&e. &c. (*). 

Cette fois la progression est encore plus sensible: les 
armoiries de Guillaume Maes surmontent, en effet, l’inscrip¬ 
tion. Elles sont de gueules à la molette d’argent, accom¬ 
pagnée de trois massacres de cerfs d’or, posés 2 et 1. 
Bourrelet et lambrequins de gueules et d’or. 

Mais ici se pose un petit problème d’histoire locale assez 
intéressant à résoudre. Guillaume Maes a-t-il réellement 
été seigneur de Ranst? Car Zevenbergen est une propriété 
dépendant de cette seigneurie, tandis que Milleghcm est 
le village voisin. 

Nous croyons pouvoir répondre négativement. En effet, 
Guillaume Macs, qui sur l’épitaphe de sa femme étale com- 


(1) Sur la famille Le Roy, voyez J. Th. de Raàdt, Jacques Le Roy , et 
sa famille . 

(2) Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers. 
Loc. cit. 


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— 200 — 


plaisamment son titre d’aumônier et a soin de relever l’origine 
patricienne de la défunte, omet parfaitement de se quali¬ 
fier seigneur de Ranst, et même de s’intituler dominas. 
Certes, s’il avait eu droit à ces titres, il n’aurait pas man¬ 
qué de s'en parer. 

L’histoire de la seigmurie de Ranst est peu connue et 
les renseignements sont difficiles à trouver. Jacques Le Roy, 
qui par sa parenté devait être parfaitement renseigné, dans 
sa Notitin marchtonalus sacri romani imperii ne cite pas 
le nom de Macs parmi ceux des seigneurs de Ranst, mais 
il reproduit un extrait du livre de fiefs du quartier de 
Brabant, et on peut y lire que Guillaume Mues acheta cette 
seigneurie le 10 mai 1(501 d’Antoine van Berchem, pour la 
revendre le 25 août 1009 à Godefroid Houtappel. 

Toutefois deux pages plus loin se lit un autre extrait. Il 
s'agit cette fois de la série des propriétaires du château 
de Doggenhout à Ranst. Il y est dit que Guillaume Maes 
acheta ce bien le 12 octobre 1591 d’Alexandre Oudaert et 
il est stipulé que cet achat se faisait pour compte d’André 
vander Mculen: fut be/ioef hecr Andrics ramier Mculcn 
gedacn. 

A part une seule exception dont nous allons parler, 
dans les nombreux actes officiels que nous avons consultés 
et dans lesquels comparaît Guillaume Maes, celui-ci n’est 
jamais qualifié de seigneur de Ranst ou autres lieux. 

Bien plus, nous avons trouvé un acte scabinal du 2 mars 
1010 en vertu duquel Guillaume Maes, ancien aumônier, 
agissant au nom d'André vander Mculen, seigneur de Ranst 
et de sa femme Susanne Malapert, habitant à cette époque 
Brème, vend à Jeanne Seholiers, femme de Pierre Immelot 
une rente de 075 florins, formant le prix de la vente con¬ 
sentie le 3 février précédent en faveur de Jeanne Rovelasca, 


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— 2(31 — 


femme de Jacques van Varick, de la haute et moyenne 
justice et de la seigneurie des villages de Ranst et Millegem, 
situés dans le quartier de Smthoven, et comprenant aussi 
une campagne entourée d’eau avec maison, basse-cour, etc. 
appelée thoff van Dockerhoul, plus le droit de patronage 
et de collation de divers chapellenies et bénéfices, ainsi 
que certaines redevances annuelles consistant en argent, 
chapons, coqs, poules, oies, avoine, etc., formant un total 
d’environ 100 florins. 

A cette propriété appartenaient encore un moulin à vent, 
et un moulin à cheval, une maison d’habitation à Ranst, 
plus une grande ferme et quelques terres, le tout était 
tenu en flef directement du duc de Brabant (■). 

Une seule fois dans un acte de 1604, Maes est qualifié 
de seigneur de Ranst, quand il conclut avec la fabrique 
d’église du village un accord relatif à une rente due à 
la table du Saint-Esprit (*). Mais il est clair qu'ici encore 
il agit en qualité de fondé de pouvoirs, car comme nous 
venons de le voir, la seigneurie de Ranst appartenait alors 
à André vander Meulen. Du reste dans les autres actes 
qui suivent immédiatement celui de 1604, il n’est plus 
question pour Maes de qualification seigneuriale. 

Il nous semble donc établi à toute évidence que Guil¬ 
laume Maes n’a pas possédé la seigneurie de Ranst, mais 
qu’il a simplement été fondé de pouvoirs d’André vander 
Meulen, seigneur de Ranst, lequel était allé se fixer à 
l’étranger. La seigneurie passa de ce dernier à Jeanne 
Rovalasca. 

Rien d’étonnant du reste à ce que pour la cession de 

(1) Schepen brieven, f° 1010. M. et K. I. 152. 

(2) Schepen brioven. 1604. K. B. I. 353. 


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Ranst, Macs ait agi en qualité de fondé de pouvoirs. Il 
semble, en effet, avoir eu pour profession la gestion des 
biens de diverses familles anversoises. C’est ainsi qu'en 
plusieurs actes de la lin du xvi* siècle, nous le trou¬ 
vons concluant des achats ou des ventes, toujours à titre 
de fondé de pouvoirs. Il représente ainsi, Jean van Ilove, 
Gilles Iloofman, Antoine Anselmo et d’autres encore (‘). 

Il prend même la qualification de gérant dans un acte 
et s’intitule officiellement: Guille Maes aïs regeerdcr aide 
ontfnnger van gocdcn aide reniai van erfgenamen icglen 
Gillis Hooftmans (*). 

Mais le fils de Guillaume Macs, Jean Baptiste Macs, fut-il 
davantage seigneur de Mortsel, Cantccroy et Edeghcm? 
Ici nous devons avouer que l’épitaphe de l’église Saint- 
Georges, sur ce point, est exacte. 

En effet, Jean Baptiste Maes, n îgociant et banquier, acheta 
en 1(515 de François Thomas d’Oisclet, le comté et le ch⬠
teau de Cantccroy ou Canticrode. Il est vrai que ce magni¬ 
fique domaine avait déjà fortement été morcelé par les héri¬ 
tiers du cardinal Granvelle, qui en avait fait la grandeur. 
Du reste J. B. Maes s'appliqua à continuer cette œuvre de 
destruction, ce qui lui valut de la part de ses voisins le 
surnom de afbreker van Caulecrog. Il n’en resta pas longtemps 
possesseur. En effet, ses affaires commerciales périclitaient 
rapidement; en 1027 il dut avouer sa position et réunir 
ses créanciers qui étaient au nombre de 40 et fort impor¬ 
tants. II fut naturellement forcé de vendre ses propriétés 


(1) Scbopon brieven, 158G K. B. 103-11*M21. - 15S7 M. X. II. 520-5S1, i<l., 
K. B. I. 200-205 vc. 

(2) Certilioaet Book, 1591, f’ 95 


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et c’est Philippe de Godinne, consul de Portugal à Anvers, 
qui devint acquéreur de Mortsel et Cantecroy ('). 

Quoiqu’il en soit, les époux Maes firent le 26 mai 1610 
un testament réciproque par devant le notaire JeanWaerbeke. 
C’est en vertu de ces dispositions, qu’à la mort de sa 
femme, la maison échut entièrement à Guillaume Maes. 

Celui-ci. par un acte daté du 15 juillet 1615 et passé 
devant les échevins d’Anvers ( s ), vendit sa propriété à 
Barbe Moubray, veuve de Gilbert Curie. Dans cet acte, 
l’ancienne dame d’honneur de Marie Stuart est qualifiée 
de vroitio Barbara Moubray , weduice van wijlcn de edele 
heere Gilbert de Curie, binnen synen leven seci'etaris van 
hoogei' memorien de coninginne van Schollant. 

Le bien était considérable et consistait en une grande 
maison avec escalier monumental en pierres, galerie, vaste 
jardin et arrière corps de bâtiment. La maison portait 
pour enseigne la vigne, den wyngaert, et avait une sortie 
rue De Beukelaer, tandis que la cuisine était contiguë à 
la maison appelée anckerckcn, située rue des Chevaliers, 

Pour être plus précis, voici copie de la description donnée 
dans l’acte de vente: 

eene groote huysinge mette sale, salelle, slacpcamere, 
een breeden schoonen stekenen slcenlrap, plaelse, cocckene 
achlcrcoeckene, gaelderye oft voorsale op de voors. plaelse 
met vertrek camere met barre boven camcre, heldcrcoe- 
kene, bollelrye zelve quartier dienende, andere diversche 
schoone keldere rontsomme de geheele huysinge van voo- 
rens tôt achtere strekende, twee pompon, gemeyne borne - 

(1) J. B. Stocrmans. Geschiedmis der Gemeenle Mortsel. 

(2) Archives communales d’Anvers. Schepon brieven, sub. Waerbeke, 
f°. 475. 


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— 264 


patte , eygen rcgcnbachc , mie» grootcn hove , /anpe stcenen 
gaelderyc , diversche schoone oppci'camers met hunnc 
schouxccn cnde sccrecten y met noch eenen achterhuyse , 
gronde cnde aile den iocbchoortcn , gcnaempt dcn Wyn - 
gaert, gestaen cnde gelegen ackter S . Andries kei'cke indc 
nieuwe Kerchstracte alhier tusschen Mr. Willem Spruyt 
ervc aen deen zijde , dcrfgenamen Jan Impcns erre aen 
dander t zijde ecrtijts jans v Bosschc ende Pamcels Blom - 
maerts erre ende te vorens Maria Racthuyse hicimeffens 
gestaen , commen de voors huysinge meten achtei'huyse 
vuyte inde Nieustraie alhier ... 

A cette propriété appartenait encore la petite maison 
voisine: m?- me/ plaetsken gronde ende toebehoor - 

/en gestaen cnde gelegen inde Nieukcrhsfrale alhier achter 
S. Andries kercke , tusschen de vrs huysinge aen cen syde 
ende Niclaes vander Vehcne huys en altéra ... 

On le voit, le bien était considérable, et les nobles Ecos¬ 
saises parent s’y établir grandement. Malheureusement 
Barbe Moubray ne put pas jouir longtemps de son acqui¬ 
sition; elle mourut, en effet, le 31 juillet 1G16. En vertu 
de ses dispositions testamentaires, rédigées en 1613, la pro¬ 
priété ainsi que tous ses autres biens échurent à son second 
fils, Hyppolite Curie (*). Celui-ci, entraîné par la vocation 
religieuse, entra en 1618 au noviciat de l’ordre des Jésuites 
à Tournai. 

Mais avant d’embrasser la vie religieuse, par un acte 
daté du l r septembre 1618 et passé à Anvers en l’étude du 
notaire Egide Vanden Bosselle, il fit don de la maison de 
la rue de l’Eglise à la Société de Jésus, en faveur du 
séminaire des Ecossais à Douai. Toutefois, il laissait la 


(1) Minutes de notaire G. Vanden Bossche. 8 mai et 19 septembre 1613- 


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— 265 — 


faculté à sa tante Isabelle Curie et à un des fidèles com¬ 
pagnons d’exil de sa mère, Henry Clifford, de revendiquer 
la maison, moyennant payement d’une somme de 6000 
florins ('). 

Isabelle Curie mourut le 29 mai 1620 sans avoir usé du 
droit que lui conférait la donation de son neveu. Par 
contre Clifford en profita, et le 26 juillet 1622 il déclara 
revendiquer la maison et être prêt à payer les 6000 florins 
spécifiés. 

L’acte de vente fut-dressé le 4 août 1622 (*). Arthur 
Ainscomb, négociant anglais habitant Anvers, au nom du 
père Charles Malaperl, supérieur du séminaire des jésuites 
écossais à Douai, et en présence d’Hyppolite Curie, dûment 
autorisé à cet effet par le père Florent de Montmorency, 
provincial des provinces wallones de la compagnie de 
Jésus, transféra à Henry Clifford, edelman van de engelsche 
natie, la maison den voyngaert et la maisonnette voisine. 

Clifford habita cette propriété jusqu’à sa mort survenue 
le 18 août 1644; il la laissa par testament à sa femme 
Catherine Tempest. Celle-ci décéda le 2 janvier 1654 léguant 
ses biens à Augustin Belson. Ce dernier n’en resta pas 
longtemps propriétaire, car le 11 novembre 1656 ( 1 2 3 ) 
« pour bonne raison luy movans, par donation entre le 
vivant » il la cède à Richard Jonson, « prebstre et con¬ 
fesseur présentement aux religieuses anglaises à Louvain. » 
La description de la propriété a été cette fois fort sim¬ 
plifiée, et il ne s’agit plus que d’«une grande maison avec 


(1) Au sujet de Clifford, voyez notre étude : les derniers fidèles de Marie 
Stuart. 

(2) Schepen brieven, II. 54. 

(3) Loc. cit. sub. Cantelbeeck, P 109. 


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— 2GG — 


cour, jardin et aussi une petite maison y appartenant, 
nommée « la vigne », » en paroiche et derrière l’église de 
Sainct Andriu. » 

Mais la série des cessions n’était pas close; deux ans 
plus tard, le 15 septembre 1GGO ('), Augustin Belson, 
en gels edclmnn, et Robert Caris, agissant au nom du 
propriétaire, Richard Jonson, vendaient les deux maisons 
à Melchior Palmaert, licencié en droit et à sa femme 
Marie Mouson. 

Le nouveau propriétaire, à différentes reprises, avait dû 
donner des garanties sur son immeuble en échange de 
diverses sommes qu’il avait empruntées. L’intérêt de ces 
prêts n’étant pas régulièrement payé, la maison fut saisie 
et vendue publiquement au marché du Vendredi le 10 
février 1G90, à la requête de l’amman Pierre Pascal de 
Deckere. Le bien fut adjugé au prix de 2100 florins à 
Françoise Cornelie Schoyte, fille de Philippe Schoyte et de 
Thérèse Bouwens vander Boye (*). Celle-ci, née le 22 mars 
1082, étant encore mineure, fut remplacée pour la signa¬ 
ture de l’acte d’achat par sa tutrice Marguerite Isabelle 
Schoyte. En 1G9G elle épousa Engelbert Martin délia Faille, 
baron de Nevele, seigneur de Poesele. Cette union n’eut 
pas une durée bien longue, car Françoise Schoyte mourut 
en avril 1700, en délaissant trois enfants. Son mari la 
suivit dans la tombe le 11 mars 1714. 

Les enfants devenus majeurs procédèrent à Gand au 
partage des biens paternels le 20 août 1720. C’étaient: 
Jacques François Joseph Maximilien d’Ennetières, comte 
d’Hust, de Mouscron et du Saint-Empire, marquis des Mottes, 


(1) Schepenbrieven, sub. Cantelbeek. 

(2) Loc. cit., 16 février 1600, sub Hullegard^. 


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— 267 — 


baron de la Berlière, etc., veuf de Isabelle Marguerite 
Ernestine délia Faille, morte le 10 avril 1718, agissant au 
nom de son fils unique, Frédéric Engelbert Maximilien 
Joseph d’Ennetières. En second lieu, Pierre Engelbert 
Martin délia Faille, baron de Nevele, mari de Marie Cathe¬ 
rine de Brouchoven, et enfin, Marie Jeanne Catherine délia 
Faille, qui devait épouser un an plus tard François Albert 
délia Faille, baron d’Huysse ('). 

La grande maison den Wyngacrt fut morcelée. La par¬ 
tie principale échut à Pierre Engelbert délia Faille, qui 
la loua à une demoiselle Bockx. La partie à l’est forma 
une maison distincte qui fut attribuée au comte de Mous- 
cron ; il reçut en même temps pour sa part l’arrière corps 
de bâtiment qui était situé rue De Beuckelaer. 

Désormais la riche demeure aménagée avec tant de luxe 
par le greffier Polites perdait son caractère, et morcelée, 
elle ne devait pas tarder à subir des modifications telles 
que toutes traces de son ancienne splendeur devaient dis¬ 
paraître. 

Pierre Engelbert délia Faille qui avait perdu sa première 
femme en mai 1731, s’était remarié deux mois plus tard 
avec Anne Charlotte délia Faille. Il mourut le 5 août 1736, 
et sa femme, dont il avait eu trois enfants, lui survécut 
jusqu’au 23 février 1776. 

La propriété de la rue de l’Eglise appartint désormais 
à ses trois enfants : Jean Charles Adrien délia Faille qui 
mourut le 10 juin 1801, après avoir été marié en premières 
noces avec Marie Thérèse de Cano, et en secondes noces 
avec Marie Louise du Bois; Dymphne Françoise Adrienne 
délia Faille, morte le 27 août 1769, femme de Jean Antoine 

(1) Scheponbrieven, 28 septembre 1756, sub. P. Gerardi. 


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— 268 — 


du Bois, et Jean François Adrien délia Faille, mort en 1774. 
Le 2 octobre 1756 les trois héritiers délia Faille cédèrent 
la maison moyennant une somme de 1123 florins à Gaspard 
vander Smissen et à sa femme Elisabeth Marie Cras. 

Depuis qu’une partie de l’immeuble avait été séparée, 
les propriétaires avaient construit dans le jardin une écurie 
pour deux chevaux. L’acte de cession est signé comme suit: 

dit is ’t handt f marck van Elisabeth Marie Cras 
verc.larende niet te connen schryven 
Gasper vander Smissen 
DuDois née DeUafaillc 
J. A. DuDois 
J. B. Gerardi qq. 

Il est à remarquer que Jean Jacques délia Faille étant 
encore mineur est représenté lors de la vente par sa 
mère ('). 

Gaspard vander Smissen mourut peu d’années après et 
sa veuve se remaria avec François Eeckelaers. C’est à cette 
occasion qu’elle procéda le 9 janvier 1762 à un partage 
afin de fixer la part des biens lui revenant et celle qui 
appartenait aux enfants mineurs qu’elle avait eus de son 
premier mari (*). La maison den Wyngaert lui échut contre 
payement d’une somme 2500 florins. 

François Eeckelaers testa le 7 décembre 1772 par devant 
le notaire Henri Verhaegen, instituant sa femme, dont il 
n’avait pas d’enfants, sa légataire universelle. Il mourut peu 
après, le 18 décembre 1777. Elisabeth Cras vendit la maison 


(1) Schepen brieven, sub. J. B. Gerardi. 

(2) Loc cit. sub. J. B. Gerardi. 


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i 


au prix de 7000 florins à Guillaume Louis Jean van Don- 
gen, licencié en théologie, et en l’un et l’autre droits, 
curé de l’église Saint-André ë). Il est à remarquer que la 
galerie qui depuis si longtemps faisait partie de la maison 
avait été depuis peu transformée en chambre. Elisabeth Gras, 
qui depuis quelle était devenue propriétaire, avait appris 
à écrire, signa bravement l’acte: de xceduwe Eckelaers. 

Guillaume van Donghen, né à Anvers le 16 novembre 
1731, fut en 1763 nommé curé de Saint-André, succédant 
dans cette charge au curé van Oemelen, devenu doyen de 
la cathédrale. Il habitait d’abord une maison adjacente au 
chœur de l’église. Il dut la quitter en 1764, puisqu’elle devait 
être démolie pour permettre d’agrandir cette partie de 
l’église. Il alla d'abord se fixer dans une maison de loca¬ 
tion, sise rue des Augustins, en face de la porte latérale 
de l’église et il y demeura jusqu’au jour où il acheta la pro¬ 
priété qui nous occupe. En 1777 et 1778 il fit de nouveaux 
achats dans le voisinage de sa demeure, et devint pro¬ 
priétaire des deux maisons contiguës à la sortie de son 
jardin, rue des Chevaliers: une boulangerie appelée « buy- 
tenburg » et une boutique portant pour enseigne « den 
anker ». 

Le curé van Donghen s’occupa avec activité des intérêts 
de son église, et pendant sa gestion d’importantes amélio¬ 
rations furent apportées tant aux bâtiments du temple 
qu’à son mobilier. 

L’état de sa santé le décida à résigner ses fonctions, et 
en 1783 il donna sa démission de curé. Pour se reposer, 
il alla habiter une ferme qu’il possédait à Aertselaer, mais 
il y était à peine installé, qu’une bande de malandrins 

(1) Schepen brieven, sub. Schepman. 


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fit irruption pendant la nuit dans son domicile pour le 
dépouiller. Cette aventure le décida à déménager, et il alla 
se fixer à Boom. Il y mourut probablement à la fin de 
l’année 1703 ('). 

Peu avant son décès, le l r juin 1793, il avait cédé la 
grande maison de la rue de l’Eglise et les deux petites 
maisons de la rue des Chevaliers, moyennant une somme 
de 10.000 florins à Jeanne Pélronclle Marie Sinets. La signa¬ 
ture do l’acte prouve le triste état de santé du curé van 
Donghen, et c'est d’une main tremblante qu’il inscrit son 
nom : Guill. L. J. van Donghen, quand, pas/. St. Andrcœ (*). 

Depuis lors la maison den Wyngaert passa par diverses 
mains. Aujourd’hui elle a été transformée en école com¬ 
munale. Sa façade a été rebâtie, les dispositions inté¬ 
rieures ont été bouleversées,et plus rien ne ferait soupçonner 
l’ancienne splendeur de cette habitation qui abrita pendant 
tant d’années des personnages remarquables sous tant de 
rapports divers. 

La petite maison contiguë à la grande habitation de 
la rue de l’Eglise, avait pendant le cours des xvi e et xvn" 
siècles toujours appartenu au propriétaire de l’immeuble 
voisin. Celte situation fut modifiée après que ces deux 
maisons fussent devenues la propriété de Franchoise Schoyte. 
Lors du partage des biens de cette dernière, la petite 
maison échut à sa plus jeune fille, Marie Anne Jeanne 
délia Faille, qui épousa Albert François délia Faille, seigneur 
de Huysse, ten Hove, etc. 

Ceux-ci cédèrent le 13 mars 1727 ce bien consistant en 


(1) Visschkks. Naemrol van de eerie. heeren pastoors, eus., van Saint- 
Andries parochie. 

(2^ Schepen brieven, sub. Yerryt. 


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- 271 — 


een huys met vloerc, kcuckcnc, plaetsken, kchtcr , bovcn- 
cnmer, hehler, etc., à Zacharie De Coninck et à sa femme 
Jacqueline De Coninck ('). Après quarante ans de posses¬ 
sion, ces derniers revendirent la petite maison le 16 décem¬ 
bre 1767 à Michel Tibé et Marie van Eeckhout. Le jour 
même de cette vente les nouveaux propriétaires hypothé¬ 
quaient leur bien, en le grèvant d’une rente d’un capital 
de 600 florins, constituée en faveur de Catherine vanden 
Bosch, veuve de Barthélemy Bossiau. Depuis lors l’histoire 
de cette maison n’offre plus d’événements dignes de men¬ 
tion (*;. 


Fernand Donnet. 


(1) Schcponbriovcn, sub. AllefolcL 
(?) Loc. cit. sub. Ton^orloo. 


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LE 


JET DES PIERRES AU PÈLERINAGE 

1)K 

LA MECQUE. 


On a plusieurs fois essaye de découvrir ce que signifie 
la cérémonie du jet des pierres au pèlerinage de La 
Mecque. Comme il nous semble que les explications qu’on 
en a données jusqu’à présent ne s’imposent pas avec évi¬ 
dence, nous croyons qu’il ne sera pas superflu de chercher 
une nouvelle solution du problème. 

I. 

Voyons d’abord comment se pratique actuellement cette 
partie de la cérémonie du pèlerinage. 

« Après avoir passé la nuit à Mazdélifé, dit d’Ohsson (‘), 
les pèlerins doivent reprendre le lendemain, 10 de la lune, 
jour de Bcyram, immédiatement après la prière du matin 
et avant le lever du soleil, le chemin de Mina. On doit 
passer par Mesch ar-nl-haram , s’y arrêter un instant pour 

(1) D’Ohsson, III, pp. 91-02. 


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— 273 — 


y réciter les prières de la veille, et traverser à la hâte 
la plaine Wadi-y-Muhassir % Après être sorti de Mahhallé- 
y-Mina , chaque pèlerin doit commencer le jet des sept 
pierres par Bathn-Wady, vers Djemré-y-Acabé, en récitant 
ces paroles: Au nom de Dieu; Dieu est grand en dépit 
du démon et des siens : rends , ô mon Dieu , les travaux 
de mon pèlerinage dignes de toi , et agréables à tes yeux . 
Accorde-moi le pardon de mes offenses et de mes ini¬ 
quités. V 

Et le commentaire ajoute que « l'objet de cette pratique 
est de retracer dans le Musulmanisme la fidélité d 'Abra¬ 
ham aux ordres de l’Eternel. Ce patriarche, en traversant 
ces lieux pour aller immoler son fils, y chassa à coups de 
pierres le démon qui lui suggérait de ne point obéir à Dieu. 
Ces pierres peuvent être prises sur le chemin, au gré de 
chaque pèlerin, mais jamais parmi celles qui auraient déjà 
été jetées par d’autres. Il faut qu’elles aient été lavées, 
et que leur grosseur n’excède pas celle d’une fève, afin 
de témoigner par là plus de mépris au démon et d’éviter 
les accidents qui pourraient arriver dans une grande foule. 
Posées sur le pouce joint au petit doigt, on doit les lan¬ 
cer avec force, pour quelles soient jetées à la distance 
au moins de cinq pics, en observant cependant qu’elles 
ne dépassent jamais le Djemré . On ne doit dans aucun 
cas y jeter autre chose, pas même des espèces en or ou 
en argent, pour ne pas exposer les fidèles qui voudraient 
les ramasser, à pécher contre l’esprit de cette pratique, 
qui n’a d’autre but que de chasser, à l’exemple d 'Abra¬ 
ham, le démon et ses tentations à coups de pierres. Celles 
que lancent les fidèles qui s’acquittent dignement du pèle¬ 
rinage, sont aussitôt enlevées par les anges: sans ce 
miracle constant, les trois Djemrés seraient impraticables, 


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- 274 — 


attendu la quantité prodigieuse de pierres que les pèlerins 
y jettent depuis tant de siècles.» 

« Le second jour de la lëte, dit plus loin d’Ohsson ('), 
le pèlerin est obligé de repasser encore à Mina, et de 
renouveler après le déclin du soleil, le jet des pierres, 
d’abord à Djemré-y-Saniyc , du côté du Mesrijid-haïf, ensuite 
à Djemré-y-Salissë, enfin à Djemvé-y-Acabé: il doit lancer 
sept pierres dans chacun de ces trois endroits, en réci¬ 
tant les mêmes prières que la veille. » 

« Le troisième jour (-’), le pèlerin est encore obligé de 
jeter des pierres, comme il a fait la veille, et de passer 
cette nuit, comme la précédente à Minâ » 

« Enfin, le quatrième et dernier jour de la fête, le 
pèlerin doit pratiquer la même chose, mais dans la matinée 
avant le déclin du jour. (Dans ces quatre jours, chaque 
pèlerin jette donc soixante-dix pierres vers ces trois diffé¬ 
rents Djcmrès). Ayant satisfait alors aux devoirs essen¬ 
tiels du pèlerinage, il peut se retirer où bon lui semble: 
cependant, s’il est dans l’intention de rentrer à La Mecque, 
il est obligé de faire ce dernier jet de pierres dans la nuit 
même, et de se rendre à la ville avant l’aurore. » 

Il importe de remarquer que toutes les cérémonies du 
pèlerinage ne sont pas également obligatoires. Les unes sont 
d’obligation divine, et, ici, la moindre omission entraîne la 
nullité du pèlerinage. Les autres sont d’obligation canonique 
et l’omission oblige le fidèle à une œuvre satisfactoire; il y 
a trois degrés: sacrifice majeur, sacrifice mineur ou satis¬ 
faction aumônière. Les troisièmes, enfin, ne sont que d’obli- 


(1) D Oh-sson, pp. 9(5-97. 

(2) là ici., pp, 97-98. 


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— 275 — 


gation imitative et l’omission n’entraîne pas même de peine 
satisfactoire ('). 

Or, le jet des pierres est d’obligation canonique et l’omis¬ 
sion en temps utile n’astreint le coupable qu'à un sacrifice 
mineur ( 1 2 ). 


II. 

Il sera utile de rappeler ici ce que Dozy ( 3 ) dit de la céré¬ 
monie; on remarquera que ce qu’il rapporte n’est pas 
complètement d’accord avec l’exposé d’Ohsson. 

« Le dix (du mois de Dzou-’l-hiddja) a lieu la plus grande 
fête de l’année: c’est le “ jour des sacrifices » ou grand 
Beïram des Turcs. A l'aube, le cadi fait encore une fois 
un sermon du genre de celui de la veille, si ce n’est 
qu’il dure beaucoup moins; ensuite on passe à la prière 
de la fête et, quand on l’a achevée, on se rend lentement 
à l’étroite vallée de Mina, où se trouve un village. Là, 
on se met à jeter des pierres qui ont la grosseur d’une 
féverole et que, strictement on devrait ramasser à Moz- 
dalifa; mais beaucoup de personnes les prennent à Minâ 
et en emploient même qui ont déjà servi, bien que la 
loi le défende. Les sept premières petites pierres sont 
lancées contre une espèce de pilier ou d’autel de pierre 
brute qui est à l’entrée de la vallée au milieu de la route 
et qui mesure six à sept pieds de hauteur; puis on en 
jette sept autres au milieu de la vallée contre un pilier 
du même genre, enfin sept encore à l’extrémité occiden- 

(1) D’Ohsson, pp. 101, 103, 105 et 115. 

(2) Ibid., pp, 104 et 118. 

(3) Dozy, Essai, pp. 148-1*19. 


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- 270 — 


talc, contre un mur de pierre. En même temps on crie: 
* Au nom de Dieu! Dieu est grand! (Nous jetons des 
pierres) pour être en sûreté contre le diable et ses légions. « 
Après cela commencent les sacrifices. Les pèlerins immo¬ 
lent les victimes qu’ils ont amenées et tous les mahométans 
sacrifient au même moment, en quelque partie du monde 
qu’ils puissent se trouver. C’est là, sous un certain rap¬ 
port, la fin du pèlerinage; aussi peut-on se dépouiller 
des vêtements de pèlerin, reprendre ses habits de tous 
les jours et retourner à La Mecque pour y accomplir la 
tournée de la Kaba; mais d’ordinaire on reste encore deux 
jours à Mina et on recommence le onze et le douze à 
jeter des pierres. Le onze s’appelle alors le jour du repos 
et on revient dans l’après-midi du douze à La Mecque. « 


III. 

Pour être complet au sujet du jet des pierres, il con¬ 
vient de rappeler ici un autre rite du pèlerinage, qui 
n’est fondé que sur la coutume et qui n’a rien d’obliga¬ 
toire. 

Comme nous le dit von Maltzan ( l ), huit jours avant la 
cérémonie dont nous avons parlé plus haut, il se rendit 
à un grand monceau de pierres entassées en désordre, 
situé à un quart de lieue de la ville. Là, chacun des 
assistants ramassa une pierre, la lança sur le tas et récita 
un chapitre du Coran, à savoir la sourate dans laquelle 
Mahomet a maudit son oncle, l’impie Abou-Lahab et sa 
femme, parce qu'ils n’avaient pas voulu croire que Dieu 
l’avait envoyé comme prophète. 


(1) Maltzvn, II, pp. 28.V2S7. 


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— 277 — 


IV. 


L’explication du rite du jet des pierres serait probable¬ 
ment beaucoup plus facile et plus sûre si l’on pouvait 
remonter plus haut et déterminer ce qu’était le pèlerinage 
avant Mahomet et quelles modifications le prophète arabe 
y a apportées. Mais, sur ce point, les sources actuelle¬ 
ment connues ne nous apprennent pas grand’chose. 

On dit d’abord que certains pèlerins se dépouillaient de 
tous leurs vêtements pour accomplir les rites. Plusieurs 
auteurs le contestent; mais nous nous arrêterons d’autant 
moins à cette controverse que le point en question n’a 
pas d’importance pour notre sujet (’). 

Ensuite, on rappelle que les pierres que l’on jetait avant 
l’islamisme étaient plus grosses que celles que l’on emploie 
actuellement; et, à ce propos, on n’a pas élevé de doute, 
à notre connaissance ( ! ). 

Enfin, pour le jet, il y avait un directeur ( 1 * 3 ), qui n’au¬ 
torisait la cérémonie qu’au coucher du soleil. «Avant le 
temps de l’islamisme, on veillait avec le plus grand 
soin à ce que le jet des pierres commençât au coucher 
du soleil et pas avant. Un des gardiens, dit Ibn Hichâme, 
jetait la première pierre, et nul n’osait le faire avant 
lui. Ceux qui étaient pressés lui disaient, il est vrai, de 
se lever et de jeter, afin qu’ils pussent aussi le faire. 
Mais il répondait: «Non! vraiment! Pas avant que le so¬ 
leil se couche.» Et alors on se mettait à lui lancer des 


(1) Caussin dk Perckval, I, p. 281. — D’Ohsson, p. 247. — Pocockk. p. 
29S. — Snouck, pp, lll-lH. — Goldzihsr, Abh'indUoijen, II, p. LU. 

l2) Snouck, p. 160. 

(3) Caussin, I, pp. 219-220. - Dozy, lsraelitcn , p. 185. 


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— 278 — 


pierres pour le forcer à céder et à lui crier sans cesse de 
se lever et de jeter. Mais rien ne pouvait l’émouvoir et, 
seulement quand le soleil se couchait, il se levait et jetait 
des pierres. Les autres alors suivaient son exemple * ('). 

Le jet se faisait-il alors à volonté ou bien suivait-on un 
certain ordre? 

Ce qui permet de faire cette question, c’est, qu’avant 
l’islamisme, le temple de la Kaba était le sanctuaire com¬ 
mun des Arabes idolâtres, leur panthéon ( 1 2 ), et contenait 
des idoles de chaque tribu; c’est, comme on le sait, Maho¬ 
met qui les a détruites. Freytag ( : *) conjecture môme 
que chaque tribu avait, au temple, une pierre où elle 
sacrifiait. Il appuie son opinion sur ce que l’on jurait 
«par la pierre de telle tribu.» Et il semble bien que, 
dans cette formule, le mot de pierre ne doit pas être 
synonyme d’idole et indique autre chose. 

S’il en était ainsi, les tribus avaient peut-être entre 
elles un certain ordre, qu’on respectait en les faisant par¬ 
ticiper à l’une ou l’autre cérémonie. 


V. 

A notre avis, on ne pourra admettre comme définitive 
d’autre explication que celle qui rendra compte de toutes 
les particularités qui ont disparu depuis l’islamisme, ainsi 
que de celles qui, subsistant encore de nos jours, ne 


(1) Dozy, Israël pp. 119-120. Cfr. p. 185. 

(2) Caussin, p 270. 

(3; Hamaso' ca^mina cum Tebrisii scbo/iis inlecjris édita. Pars posterior, 
11 , pp 107 et ma. 


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- 279 - 


semblent avoir aucune raison d’être et ne doivent s’être 
maintenues que par la force de l’habitude. 

Il y aurait donc lieu d’expliquer, selon nous, pourquoi 
les pierres étaient jadis plus grosses; pourquoi un chef 
devait commander le jet; pourquoi il fallait attendre le 
coucher du soleil. 

Et, passant aux particularités conservées de nos jours, 
nous demanderons pour quelle raison on jette les pierres 
sur trois colonnes ou tumulus; pourquoi l’obligation du 
jet est moins stricte que d’autres rites; pourquoi les pierres 
doivent être ramassées dans certaine place et pas ailleurs; 
pourquoi, enfin, si Chardin a raison dans le passage qu’on 
verra plus loin, il faut lancer les pierres par-dessus l’épaule? 

Quant au nombre sept, nous ne nous y arrêterons pas. 
C’était là un nombre sacré chez plus d’un peuple et, aussi 
loin qu’on peut remonter dans l’histoire des Arabes, on 
l’y retrouve avec ce caractère. Qu’on se rappelle le hui¬ 
tième chapiti'e du livre III d’Hérodote : les Arabes, pour 
conclure des traités, dressaient sept pierres et les mar¬ 
quaient du sang des parties contractantes ('). 


VI. 


Avant d’examiner les différentes explications qu’on a 
données du rite du jet des pierres, il sera bon de passer 
d’abord en revue toutes les applications qu’a reçues d’une 
façon certaine chez les Arabes l’entassement formé ou 
augmenté par les pierres que lancent les passants. 

Il va de soi qu’on trouve chez eux des tas servant de 


(1) Chauvin, Scopélisme, p. 48. — Cfr. L)ozy, Israeliten , p. 133. 


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bornes ( l ) ou destinés à indiquer au voyageur quelque 
passage dangereux ( 2 3 4 ). Ils ont aussi des monticules artifi¬ 
ciels pour la chasse aux gazelles ( :< ). Mais aucun de ces trois 
cas n’a d’intérêt pour le sujet que nous traitons. 

Il en est tout autrement des pierres que Ton jette sur 
les tombeaux pour honorer les morts, soit qu’il s’agisse 
d’une personne qui a été assassinée, soit qu’il s’agisse d’un 
saint. Cet usage est ancien chez les Arabes (*) et fort 
répandu ( 5 ); c’est surtout dans l’Afrique du nord que l’on 
se livre au culte des saints ( 6 ). 

S’agissait-il donc jadis à La Mecque d’honorcr un ou 
plusieurs saints par le jet des pierres? Dans l’allirmative, 
on aurait le droit de s’étonner qu’il ne subsiste aucun sou¬ 
venir de ces saints. Kt l’on pourrait aussi se demander en 
quoi les différentes particularités que nous avons signalées 
plus haut constituent un honneur pour un saint que l’on 
voudrait célébrer. 


(1) Dozy, Supplément aux dictionnaires arabes , I, p. 515, V° ragam. 

(2) Haberland, p. 294. — Socin-Stlmme, Diwan , II, p. 102. 

(3) Haberland, p. 294. 

(4) Hamasa, II, p. 89. 

(5) Drummond-Hay, Le Maroc et ses tribus nomades , Bruxelles, 1844. I, 
pp. 74 -75 et 143. — Montkt, A spécial Mission to Morocco , (Asialic quarterly 
Review, octobre 1901, p. 11 du tirage à part.) — Revue des traditions popu¬ 
laires, XII, p. 691. — Haberland, pp. 291-294. — Philologus , XX. pp. 378* 
379. — Zeitschrift des Vereins fur Volhskunde , VIII, pp. 455-456. 

(6) Cfr. Trumelet. Les saints de VIslam. . Les saints du Tell. 1S81, 
p. 159. 


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— 281 


VII. 

Parmi les saints ou les dieux qu'on honore par le jet 
des pierres, le plus célèbre est Mercure ('). 

Ce culte pourrait, d’après Maimonide, avoir quelque 
rapport avec notre cérémonie ( ? ) et il faut reconnaître 
qu’il y en a quelque trace chez les Arabes. Freytag, dans 
son dictionnaire arabe-latin, donne parmi les sens du mot 
Bourgas celui de « tas de pierres, comme on en voyait 
aux routes, consacrés à Mercure; » il a emprunté cet article 
à Golius, qui savait toujours bien ce qu’il disait. 

Dozy ( 1 2 3 ) écarte cette opinion, mais parce qu’elle ne cadre 
pas avec son système ; nous croyons devoir la rejeter 
parce que rien ne nous prouve que les Arabes aient fait 
ce rapprochement et parce que cette explication ne rend 
aucune raison des particularités dont nous avons, tant de 
fois déjà, parlé. 


VIII. 

Mais le jet des pierres a aussi pour objet chez les Arabes 
de marquer la réprobation que l’on éprouve pour un cri- 


(1) Buxtorf, Lexicon chaldaicum , talmudicum et rabbinicum , édition 
Fischer, p. 640. — Seldkn, De Dis syris , édition Beyer, 1680, I, pp. 274- 
277 et II, p. 341-344. — Dures, Zur rabbinischen Spruchkunde , p. 65. — 
Wünsche, Midrasch Mischle , p. 64. — Likbrkcht, Des Gervasius von Til¬ 
bury Otia imperialia. Hannover, 1856, p. 168-169. — Philologus , XX, p. 381 
et suiv. — H. Lkvy, Philologus , LU, p. 568-569. — Likbrkcht, Gei'mania, 
XVI, p. 213; Jarhb. fiir romanische und englische Literatur , XV, p. 403. 
— Bkrnhard Schmidt, Sleinhaufen als Fluchmale , Hci'mesheilighthümer 
und Grabhügel in Griechenland (Jahrbi'tcher far classiche Philologie, 
CXLVII, pp. 369-395). 

(2) Pococke, p. 307. 

(3) Dozy, Israeliten , p. 118. 


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— 282 — 


minel, un meurtrier ('). Et, ici, on nous donne même des 
noms. Qu’on se rappelle Abou Lahab, dont nous avons parlé 
plus haut (*). On cite aussi Abou Righâl, dont l'histoire 
se conte de différentes façons (■'). Et aux autres personnes 
que mentionne encore Liebrecht, on peut ajouter Absalon ('). 

La preuve évidente que le jet des pierres à Mina ne 
se rapporte pas à quelque malfaiteur, c’est que la tradi¬ 
tion n’en dit rien, alors qu’elle a très bien su rattacher 
le même rite au nom d’Abou Lahab. 


IX 


Enfin, un tas de pierres peut être érigé par menace. 
Nous reviendrons plus loin sur ce sujet ( 5 ). 


(1) Habkrland, pp. 201-202. 

(2) Maltzan, p. 280. — Haberi.and, p. 200. 

(3) Dozy, Israëliien , p. 110. — Liebrecht, Zur Yolkskunde, p. 283. — 
Noi.dekb, Geschichie (1er Perser und Araber sur Zeit der Sasaniden f p. 
208.— Van Vloten, p. 41. — Van Vloten, Wiener Zeitschrift fur die Kunde 
des Morgenlandes , VIII, p. 03. — Cfr. Snouck, p. 161. 

(4) Liebrecht, Ztir Volkskunde t p. 283-284. — Scopëlisme , p. 40. — Cfr. 
la vie de Spinoza , par Colekus (Œuvres de Spinoza traduites par Emile 
Saisset, II, p. VII.) — Germania, XXVI, pp. 200. — G. Paris, Poèmes et 
Légendes du Moyen-âge , p. 247. 

(5) Il y a un autre cas, que les Arabes ne semblent pas connaître, mais 
qui mérite dêtre cité à cause de l'intérêt qu’il présente. 

“ Quelques kilomètres avant d’arriver à Higuey (St.-Domingue), se trouve 
une colline on, suivant le nom du pays, un • calvaire»» de vastes dimensions 
et dont l’origine est. fort curieuse: chaque pèlerin apporte avec lui une 
pierre du lieu d’où il vient, et il la dépose sur ce calvaire. Avec le temps, la 
masse est devenue considérable: ceux qui implorent la vierge d’Higuey sont 
nombreux, et ils espèrent déposer à ses pieds leurs douleurs et leurs peines 
comme ils déposent sur le calvaire cette pierre qui chargeait leurs mains, 
afin de retourner chez eux exaucés et délivrés. ** 

(M. Breen. Mayotte , Paris. Colin, 1898, pp. 18-19;. 


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— 283 - 


X. 

On vient de voir les différentes significations que le jet 
des pierres avait ou a encore chez les Arabes ; il faut 
bien reconnaître que, sauf Liebrecht, ceux qui ont essayé 
une explication du rite ne s’en sont guère préoccupés. 

Et, tout d’abord, Mahomet, qui, se voyant forcé de 
maintenir l’antique cérémonie, devait l’expliquer et l’ac¬ 
commoder à la nouvelle religion, rattache le pèlerinage 
à la légende d’Abraham ; ou on le fit pour lui. Mais on 
varie. Quand Abraham et Ismaël eurent achevé la con¬ 
struction du temple de La Mecque « le père et le fils, 
dit Dozy ('), sur l’ordre de Gabriel, en firent sept fois le 
tour, en ayant soin de toucher chaque fois les quatre coins; 
puis, s'inclinant deux fois, ils dirent la prière derrière la 
grande pierre sur laquelle Abraham s’était tenu. Gabriel 
leur enseigna aussi les rites qu’ils avaient à accomplir 
en d’autres lieux saints. Ils devaient d’abord rapidement 
parcourir sept fois le chemin qui se trouve entre les deux 
collines de Çafâ et de Merwa, en mémoire des courses 
qu’Agar, dans son angoisse, y avait faites. Puis il les con¬ 
duisit à la vallée de Minâ; mais quand ils y furent arrivés, 
Iblîs (le diable) se montra. « Jetez après lui », dit Gabriel. 
Abraham obéit; il lança sept petites pierres, sur quoi Iblis 
disparut. Au milieu et au bas de la vallée, il se fit voir 
de nouveau, mais chaque fois Abraham le chassa à l’aide 
de sept petites pierres. De là la coutume de jeter des 
pierres dans la vallée de Minâ pendant le pèlerinage. » 

Chardin se fait l’écho d’autres traditions. « Le rite du 


(1) Dozy, Islamisme , pp. 143-144. 

(2) Chardin, pp. 181-182. — Galland, p. 181. — Pocockr, p. 306. 


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284 — 


jet dos pierres dans la vallée de Menah, qui est à quatre 
lieues de La Mecque, près d’un tas de cailloux, lequel les 
Persans appellent gemere akebé, c’est-à-dire, pierre en 
arrière, parce qu’il faut jeter ces pierres-là par-dessus 
l’épaule ('), est pour renoncer solennellement au diable, 
et le rejeter à l’imitation d Ismaél ; duquel ils content, 
que lorsque son père allait le sacrifier, le diable suivait 
de près Ismafd, pour le séduire: comme donc son père 
lui eut déclaré l’ordre de Dieu, en lui demandant s’il y 
acquiesçait, et qu’Ismaël eut répondu : j’y acquiesce de tout 
mon cœur, exécutez votre ordre au nom de Dieu, le diable 
s’approcha de lui à l’oreille, et s’efforçait de le dissuader, 
de quoi Ismaël ayant averti son père, il lui répondit: 
Jette lui des pierres et il s’enfuira: ce qui arriva ainsi. Ce 
conte se trouve encore d’une autre sorte dans les légen¬ 
des de ce peuple-là. Il est dit que le diable s’adressa 
d’abord à Abraham, et lui dit: Quoi, tu voudrais égorger 
ion propre /ils, un /ils prophète! C'est une cruauté sans 
pareille , et qui fait horreur à penser. Abraham lui répon¬ 
dit: Il faut que la volonté de Dieu soit faite , et lui jeta 
des pierres. Le diable alla à Agar, disant en lui-même, 
cest une femme , je toucherai son cteur , qui est plus ten- 
tre , s'agissant de son unique enfant; mais elle répondit 
comme son mari : enfin, il fut à Ismaël, qui lui fit le 
même traitement. ?» 

Et Chardin ( ? ), donnant encore une autre version, con¬ 
tinue: «Quelques auteurs rapportent autrement aussi l’ori¬ 
gine de ce rite. Ils disent que ce jet de pierres dans la 
vallée de Menah, est en mémoire de celles qu Adam jeta 

(1) Mn.urs, Dissertaliones scleclae, 1743, p. 20. 

(2) Chardin, p. 1S2. — F*ocockk, p. 306 


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au diable, lorsqu’il revint l'aborder, après lui avoir fait 
commettre le péché fatal, qui est la source du péché ori¬ 
ginel. x 

Cette diversité dans l’explication pourrait bien faire croire 
qu’elle n’est pas due à Mahomet lui-même ('). En tout cas, 
on n’était pas unanimement d’accord pour accepter un 
commentaire de ce genre et, sans aller aussi loin que le 
poète Aboûl Alà (*), qui se riait de tout, les philosophes 
éprouvaient le besoin d’apporter ici une explication ration¬ 
nelle. Gazâli y voit l’ordre d’un acte qui, en soi, n’a rien de 
raisonnable; mais l’ordre a été donné pour mettre à l’épreuve 
l’obéissance ( 1 2 3 4 ). Ou bien encore Tofaïl suppose que l’homme 
de la nature qu’il met en scène et qui s’élève aux plus 
hautes notions de la philosophie par les seules forces de 
sa réflexion solitaire, arrive tout naturellement à faire des 
processions. Pour se rendre semblable aux corps célestes, 
l’homme de la nature « croyait nécessaires toute espèce 
de mouvements circulaires et faisait tantôt le tour de File, 
dé ses rives et de ses extrêmes limites; parfois, celui de 
sa maison ; ou bien il tournait autour d’une pierre de 
plusieurs façons : lentement ou en courant. Une autre fois 
il tournait sur lui-même jusqu’à en être étourdi. » (') Il 


(1) Cfr. Snouck, p. 161. 

(2) ■ Il y a des gens qui viennent des contrées les plus lointaines pour 
jeter des cailloux et baiser la pierre noire de la Kaba. 

« Quelle bizarrerie do leur cerveau ! Le genre humain est-il donc aveugle, 
éloigné de la vérité? « 

(Dugat. Histoire des philosophes et des théologiens musulmans , pp. 1 6G- 167.) 

(3) Pocockk, p. 300. — Rri.and, pp. 1*22-123. — Dozy, Islamisme , p. 150. 

(4) Der Naturrnensch odor Geschichte des Hai Ebn Joktan ein morgen- 
lântlischer Roman des Abu Dscliafar Ebn Tofail. Aus dem Arabischon 
übersetzt von Johann Gottfried Eichhorn ... 1783, p. 186. — Rkland, p. 
123. — Dozy, Islamisme, p. 150. 


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— 286 — 


est regrettable que Tofail ne lui lasse pas aussi jeter des 
pierres pour une raison philosophique. 

Et c’est évidemment sous l'influence des philosophes que 
les théologiens, désireux de réconcilier la science avec la 
foi, disent « qu'il ne faut point rechercher la raison de la 
plupart des cérémonies du pèlerinage, parce qu'il n’a été 
institué que par le même esprit qui commanda à Abraham 
le sacrifice dont ce pèlerinage est la commémoration, savoir: 
pour éprouver les hommes sur la nature de leur foi, si 
elle est sincère, s’ils veulent obéir aux choses qui leur 
sont prescrites, ou parce que Dieu les commande, ou 
parce que leur raison les approuve « (')• 


XI. 

Maïmonide, qui vivait au milieu des Arabes et que son 
esprit curieux poussait à plus d’un genre d’investigations, 
dit que « le rite du jet des pierres à Mina est absolument 
païen, bien que les Musulmans le rapportent à Abraham 
ou même à Adam, comme le disent Ibn al Athîr et Aboù 
Sa’d. Les anciens Arabes ne savaient rien de la prétendue 
apparition du diable qui aurait eu lieu ici, mais ils jetaient 
tout simplement les pierres comme moyen de connaître 
le sort, de même que, dans cette vallée, on avait cou¬ 
tume de jeter des flèches, d’après la chute desquelles on 
interprétait également les décrets du destin. Les Musul¬ 
mans prétendent maintenant — tout naturellement — que 
le jet païen des pierres et la divination sont d’origine 
beaucoup plus récente, et constituent une corruption du 
rite primitivement établi par Abraham C’est ainsi aussi 

(1) Chardin, pp. 190-191. — Snouck, pp. 110 et 190. 


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— 287 — 


qu’ils veulent voir dans le culte des idoles pratiqué à la 
Kaba une corruption du monothéisme d’Abraham » ('). 

Et, de même, Azraqi prétend qu’avant Mahomet il y 
avait sept idoles à Minâ ; que les prêtres de ces idoles étaient 
des devins et prophétisaient, d’après le jet et la chute des 
pierres, qu’on lançait déjà ici du temps du paganisme, le 
sort de ceux qui les jetaient (*). 

Mais cette opinion n’a pas trouvé de partisans. Avec rai¬ 
son, semble-t-il. Nous ne voyons pas, en effet, ailleurs 
de trace de cette tradition, qui, au surplus, ne rend pas 
compte en détail de la cérémonie à expliquer. Aussi M. 
Snouck, qui semble un moment vouloir l’accepter ( 1 2 3 ), n’hé¬ 
site pas, plus loin ( 4 5 ), à dire que, quant à l’origine du 
rite en question, il n’ose rien décider. 


XII. 

Dozy, dans un ouvrage très original et très hardi 
a voulu prouver que le pèlerinage de La Mecque est une 
commémoration de la conquête de la Palestine par les 
Israélites. Il explique à ce point de vue aussi le jet des 
pierres et s’occupe des particularités de ce rite. Mais son 
explication doit être admise ou rejetée avec l’ensemble 
de son système : or, ce système ne trouve actuellement 
plus de défenseur. Gomme le dit un juge aussi modéré 
que compétent, M. de Goeje, « la question principale, celle 


(1) Maltzan, p. 347. 

(2) Maltzan, p. 346. 

(3) Snouck, p. 21. 

(4) Snouck, p. 161. 

(5) Die Israeliten su Mehha. 


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— 288 - 


de savoir si la fête de La Mecque a une origine israélite 
est encore pendante. Que cette fête ne constitue pas une 
commémoration de la conquête du pays de Canaan, qu’au 
contraire, s’il y a un rapport évident entre le récit de 
Josué et les cérémonies traditionnelles, il faille plutôt ad¬ 
mettre une influence de ces cérémonies sur le récit, c’est 
ce que Dozy avait fini lui-même par ne plus contester. Il 
n’y a pas à douter (|u’on ne reprenne la question prin¬ 
cipale aussitôt que nous aurons la clef des inscriptions de 
La Mecque et de scs environs et que nous pourrons com¬ 
prendre avec certitude celle du makàm Ibrahim. Alors, 
mais alors seulement, on pourra rendre un arrêt définitif 
sur les Israélites à La Mecque » ('). 


XIII. 

Liebrecht (*), utilisant des renseignements que lui avait 
fournis Gildemeister, pense que le jet des pierres à Minâ 
a eu anciennement pour but d’honorer des idoles; que 
Mahomet a conservé la cérémonie en y donnant un tout 
autre sens, celui d’une cérémonie de mépris et de haine. 

Ce qui est bien remarquable, c’est que cette opinion 
avait déjà été exprimée en Orient. Des docteurs musul¬ 
mans, dit Maimonide ( :i ), - affirment que comme il y avait 
là jadis des idoles, nous lapidons cet endroit pour mon¬ 
trer que nous ne croyons pas en ces idoles qui y avaient 


(1) Biographie de Reinhart Dozy, par M. J. de Goeje. Traduite du hol¬ 
landais par Victor Chauvin. Leide. E. J. Brill, 1883, p. 31. 

(2) Zur Volhskunde , pp. 280-282. (Germant a, XII, pp. 29-31). Cfr. 
Germania, XVIII, pp. 453-4r>5 et Philolagus , XX, p. 380. 

(3) Pococke, p. 307. 


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été établies et nous les lapidons en signe de mépris. « 
Et Chardin (') rapporte que «d’autres disent que c’est 
parce qu’autrefois il y avait là un temple d’idoles aux¬ 
quelles on immolait des enfants, et que c’est en détes¬ 
tation de ce culte cruel et inhumain, qu’on jette des 
pierres dans cette vallée de Menah. » 

Malgi’é de si imposantes autorités, il nous semble impos¬ 
sible d’admettre cette explication. Il nous paraît évident 
que Mahomet n’aurait pas osé prendre une attitude aussi 
déterminée. La preuve, c’est ce qu’il a fait dans une 
circonstance identique. 

Il y avait, en effet, à La Mecque, disent d’anciennes tradi¬ 
tions deux amants qui avaient profané le temple; Dieu 
les changea en pierre pour les punir. Mais on les ôta 
du temple et on en fit des idoles, qu’on honorait par des 
courses entre les deux collines de Çafwâ et de Merwa ( 3 ). 
Eh bien! ces idoles scandaleuses, il eut été convenable 

(1) Chardin, pp. 182-183. 

(2) Pocockk, p. 82. — Caussin, p 199-200, 200 et 266, — Maltzan, p. 
282-283. 

(3) Il va de soi que Implication orthodoxe diffère. Quand Abraham eut 
abandonné Agar et Ismaël dans le désert, l’eau vint bientôt à leur manquer. 

“ Aussi loin que ses regards pouvaient s’étendro, Agar n’apercevait pas d’être 
vivant; afin de voir plus loin, elle gravit le mont Çafa, puis la hauteur de 
Merwa, qui est vis-à-vis; mais elle ne découvrit personne. A son retour, elle 
trouva son fils mourant de soif. Ne sachant que faire, elle retourna en hâte 
aux deux collines et, dans sa douleur, courut plusieurs fois de l'une à l’au¬ 
tre. * (Dozy, Islamisme , p. 142). 

Aussi, quand l’ange Gabriel enseigne plus tard à Abraham et à Ismaël 
les rites Sacrés qu’ils avaient à accomplir, il leur dit, notamment, u qu’ils 
devaient d’abord rapidement parcourir sept fois le chemin qui se trouve entre 
les deux collines de Cafà et de Merwa, en méinoiro des courses qu’Agar, 
dans son angoisse, y avait faites.» (Ibidem , pp. 143-144.) 


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de les condamner, et, ici, il eût été tout indiqué d’insti¬ 
tuer un jet de pierres de mépris. Mais Mahomet, ne se 
sentant probablement pas assez puissant, déclara les cour¬ 
ses permises, par un verset du Coran ('), dont le texte 
montre son embarras et le déplaisir que lui cause cette 
concession : « Ça (a et Merwa sont des monuments de Dieu; 
celui qui fait le pèlerinage de La Mecque ou qui visitera 
la maison sainte, ne commet aucun péché , s’il fait le tour 
de ces deux collines. » 


XIV. 

M. Van Vloten a proposé une explication très ingé¬ 
nieuse du rite du jet. 

Adoptant l’idée des auteurs européens qui mettent en 
rapport l’épithète de lapidé (ragîm) accolée au nom de 
chaïtane (satan) avec la cérémonie du pèlerinage et prou¬ 
vant que cette épithète ne peut être proprement donnée 
qu’au chaïtane, il montre que c’est un serpent-démon; que 
ce démon se trouvait dans des montées faqaba); que le 
jet des pierres se rapporte donc à une légende de dragon, 
qu’on chasse en le lapidant. 

Remarquons d'abord que les commentateurs du Coran 
et les lexicographes arabes n’ont pas rattaché l’épithète 
de lapidé à la cérémonie de Minâ; il était cependant tout 
naturel, nous semble-t-il, de faire ce rapprochement. Dans 
les six passages du Coran où se trouve l’épithète ('), Baïdâwi 
l’explique par « repoussé » et ce n’est qu’à propos du verset 


(1) Sourate 2, verset 153. 

(2) [II, 31; XV, 17 et 31; XVI, 100; XX XVIII, 78 et LXXXI, 25. 


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— 291 — 


25 ae la sourate LXXXI qu’il fait allusion à la croyance 
que les démons qui veulent surprendre les secrets du ciel 
sont repoussés par des flammes. (Coran XIV, 18 et 
XXXVII, 10). 

Ensuite, si un passage cité par M. Van Vloten (') prouve 
qu’il y avait une légende de dragons chez les Arabes, 
elle plaçait ce dragon à La Mecque et non à Minâ; et si 
deux autres textes (*) permettent de dire qu’il s’est montré 
à Minâ, c’est peut-être seulement parce qu’il y a une caqaba 
à Minâ et qu’on croyait à la présence d’un chaïtane dans 
toute c aqaba. La légende ne semble donc pas primitive et 
pourrait bien n’avoir été imaginée que plus tard pour 
rendre raison d’un rite dont on avait oublié la signi¬ 
fication, comme d’autres, dans le même but, y ont rattaché 
d’autres explications (Abraham, Adam). 

Ajoutons encore que le système de M. Van Vloten ne 
nous rend pas raison des particularités du rite qui doi¬ 
vent, cependant, avoir une cause 


XV. 

Dans ce qui précède, nous pensons avoir montré qu’au¬ 
cune des explications qu’on a données ou qu’on aurait pu 
donner n’est satisfaisante. 

Il nous reste à énoncer notre opinion ; c’est une con¬ 
jecture, comme toutes les autres, si ce n’est qu’il nous 
semble qu’elle rend mieux raison de certaines particula¬ 
rités qu’on a trop négligées jusqu’à ce jour. 

(1) Van Vloten, p. 40. 

(2) Van Vloten, p. 41 et Wiener Zeitschrift ftïr die Kunde des Mor- 
genlandes , VII, p. 176. 


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_ 202 _ 


Dans un travail inséré aux Bulletins de l’Académie royale 
de Belgique, nous avons essayé de prouver que le scopé- 
lisme n’a pas été d’abord un crime agaire tel que nous 
le présente Ulpien; que c’était plutôt une œuvre de loi; 
qu’en mettant des pierres sur un terrain afin d’en prohi¬ 
ber la culture, on ne faisait primitivement qu’une dénon¬ 
ciation de nouvel œuvre. 

Que cet acte symbolique se soit, à la longue, simplifié 
et que, notamment, les grosses pierres aient été, dans le 
cours du temps, remplacées par des cailloux, c’est ce que 
rend très admissible l’histoire des actes symboliques en 
général; on tend toujours à les faire de plus en plus 
aisés. S’il en a été ainsi pour le scopélisme, il a pu tout 
naturellement devenir un simple jet de pierres. 

Or, le temple de la Kaba était la propriété commune 
des tribus arabes (') et ce principe étant, semble-t-il, admis 
sans conteste, il n’y avait lieu de prendre aucune mesure 
spéciale pour en assurer le respect. 

Mais, pour que les tribus pussent accomplir tous leurs 
rites religieux, il ne suffisait pas que le temple fût, comme 
propriété commune, laissé en temps utile à leur disposi¬ 
tion; il fallait aussi le libre usage des vastes territoires 
où s’accomplissaient ces processions ou ces courses que le 
pèlerinage, dans sa forme actuelle, a conservées. 

En droit arabe, toute personne pouvait, par la culture, 
s’approprier un terrain res nullias. Que serait-il donc 
arrivé si, dans l'intervalle d’un pèlerinage au suivant, des 
Mecquois, pendant que les représentants des tribus étaient 
chez eux au loin, s’étaient emparés des terrains vagues, 
nécessaires à leurs dévotions? 

(I) Caussin, III, p. 175. 


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— 293 — 


Contre ce danger, il fallait prendre des précautions. 
En faisant chaque année dénonciation de nouvel œuvre 
par jet de pierres, on assurait, pour un an, l’inviolabilité 
du territoire, que, sans cela, les Mecquois auraient pu, 
très légitimement d’ailleurs, s’approprier. 

Telle donc nous semble être la portée primitive du jet 
des pierres. C'est un acte par laquel les tribus empêchent 
chaque année, pour l’année suivante, toute appropriation 
des terrains que l’usage immémorial assignait à leurs 
pieux exercices. 


XVI. 

Voyons maintenant si, dans cette hypothèse, les parti¬ 
cularités qui ont tant de fois attiré notre attention trouvent 
une explication suffisante. 

Pour commencer par un détail de moindre importance, 
celui de la grosseur des pierres, nous dirons que nous y 
voyons un souvenir de l’époque où le scopélisme primitif 
se pratiquait au moyen de blocs plus ou moins considé¬ 
rables. 

Mais passons à un point plus important. 

On a vu plus haut qu’il y avait un chef pour présider 
au jet des pierres et que ce chef, au risque même de 
sa vie, était anxieux d’empêcher ce jet avant le coucher 
du soleil. 

Il y avait un chef, parce qu’il s’agissait d’un acte pério¬ 
dique officiel; s’il ne s’était agi que d’un acte religieux 
personnel, on eût laissé chacun s’acquitter du rite à son 
gré. 

Quant au moment (coucher du soleil), qu’on veuille bien 
se rappeler que chez les peuples sémitiques — ce n’est que 


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— 294 — 


d’eux que nous nous occupons ici — le jour se compte 
à partir du soir; <* il fut soir et il fut matin » est une 
formule assez connue pour que nous n’ayons pas besoin 
d’insister. 

La cérémonie était donc liée à un temps fixe: le com¬ 
mencement d’un jour inaugurant une année devant finir au 
commencement d’un autre jour, appartenant à l’année sui¬ 
vante. 

Supposons que le chef ait laissé procéder au jet à un 
autre moment: mettons, par exemple, dix heures du matin. 
Il est évident, dans ce cas, au point de vue juridique, 
que si, l’année suivante, le jet se faisait au terme voulu 
du coucher du soleil, il s’écoulerait un laps de temps, 
depuis dix heures du matin jusqu’au coucher du soleil, où 
il n’y aurait plus de prohibition; les terrains étaient libres 
et il était loisible à chacun de se les approprier. 

Ce danger était-il réel? Les Mecquois, comme générale¬ 
ment toute population qui vit d’un sanctuaire, étaient des 
sceptiques très attachés au maintien de cérémonies qui 
étaient leur gagne-pain, mais démoralisés par des gains 
faciles et habitués à chercher leur profit par tous les moyens 
possibles. 

Mais pourquoi doit-on jeter les pierres à trois colonnes? 
Pourquoi, notamment, faut-il les toucher? 

A cela, encore, il nous semble qu’il y a une raison 
juridique. 

Faisons d’abord remarquer que ces colonnes étaient plus 
que vraisemblablement des idoles; c’étaient, sinon les dieux 
mêmes de La Mecque, au moins les divinités locales de 
certains districts, à chacun desquels, probablement, ils 
présidaient et accordaient leur protection. 

Cela dit, abordons la question. Pour qu’un acte juridique 


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— 295 — 


soit valable, il doit s’adresser à quelque personne; adressé 
au néant, il est inexistant et inopérant. Aussi, chez les 
Romains, chez nous, quand une personne, qui existe d’ail¬ 
leurs, est absente, on peut au moins présenter au magistrat 
les actes qui devraient, mais qui, vu les circonstances, ne 
peuvent pas la toucher elle-même. 

Ici, de même. Dans le cours ordinaire des choses, pour 
qu’il y ait dénonciation de nouvel œuvre, il faut nouvel 
œuvre; et c’est l’auteur de l’appropriation que l’acte de 
dénonciation doit toucher. 

Mais, dans notre hypothèse, il n’y a pas eu d’acte d’ap¬ 
propriation; il y en a seulement la possibilité et le danger. 

A qui donc s’en prendre? Aux Dieux protecteurs, qui, 
dans des civilisations primitives, peuvent faire l’office que 
rempliront plus tard des magistrats. N’est-il pas tout indiqué, 
dans des situations comme la nôtre, de recourir à des 
témoins de traités, à des monticules, du genre de celui 
que Jacob et Laban ont dressé un jour pour surveiller 
la fidèle exécution de leurs promesses réciproques? ('). 

Et, dans ce cas, n’est-il pas nécessaire que le Dieu soit 
matériellement touché, pour que son attention soit attirée 
sur l’acte dont on veut le faire le protecteur et le gar¬ 
dien? Ne sera-t-il pas d’autant mieux disposé à se prêter 
à ce qu’on lui demande qu’on l’honore en le faisant l’objet 
de la cérémonie déférente du jet des pierres? 

Passons à une autre particularité: le jet est d’obligation 
moins stricte que d’autres rites du pèlerinage. Et il en 
était probablement de même avant l’islamisme. 

Pourquoi cette différence? C’est que, en droit musulman, 


(1) Gknèse, XXXf, verset 51. — Cfr. le n° V plus haut pour les traités 
des Arabes. 


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on droit arabe donc, on distingue entre les devoirs qui 
s’imposent à chacun individuellement et ceux qui, s’adres¬ 
sant à une collectivité, peuvent être valablement remplis 
à la décharge de tous par un membre quelconque — 
capable d’ailleurs — de cette collectivité. 

Certains rites constituent l’essence même du pèlerinage 
pour chacun des participants et sont prescrits sous peine 
de nullité; d’autres sont suffisamment remplis si quelques 
uns s’en acquittent et, pour ceux qui ne les accomplissent 
pas, il n’y a que péché et, par suite, possibilité d’expiation. 

Or, si le jet des pierres est un acte conservatoire des 
droits de la tribu, il faut, il est vrai, mais il suffit qu’un 
seul membre au moins de la tribu procède à l’acte en 
question pour que le droit de la tribu soit sauvegardé. 
Inutile donc de l’imposer à tous par une sanction rigoureuse. 

Et, à ce caractère représentatif dont est revêtu chaque 
membre d’une tribu, rien détonnant en droit arabe. De 
nos jours encore, un Musulman quelconque peut accorder 
de son chef l’amâne aux ennemis et, s’il le fait, cet amâne 
doit être respecté par tous les Musulmans ('). 

Pour les autres particularités, il sera plus difficile de 
trouver une explication satisfaisante. 

Les pierres doivent être prises en certains lieux, non 
en d’autres. 

Pas de difficulté s’il y avait une règle disant que la 
dénonciation du nouvel oeuvre doit se faire au moyen d’un 
objet qui soit la propriété de celui qui l’emploie. Dans ce 
cas, en ramassant une pierre dans un endroit notoire¬ 
ment connu comme res nullius , on prend une res nullius 

(1) Voir, pour co droit d’amàne, 1 g Journal asiatique , 1851. Il, pp 298 et 
suivantes. 


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— 297 — 


et, par le fait même, on se l’approprie. La condition est 
donc remplie ; or, il en serait autrement si on prenait la 
pierre dans un endroit déjà approprié. 

Mais, hâtons-nous de l’avouer, nous n’avons, semble-t-il, 
aucune trace de l’existence d’une règle de ce genre dans 
le vieux droit arabe ou dans le droit musulman actuel. 
Par suite, notre conjecture ne s’appuie sur aucun fait qui 
oblige à l’accepter. 

Plus grand encore est notre embarras en présence des 
textes qui affirment que le jet des pierres se faisait par¬ 
dessus l’épaule. Nous ne voulons pas révoquer cette par¬ 
ticularité en doute, parce qu’elle se retrouve trop souvent 
dans le folklore. Mais, aussi longtemps qu’on ne l’aura pas 
mieux expliquée, il sera impossible de dire ce qu’elle 
signifie ici. Actuellement, nous ne parvenons pas à y dé¬ 
couvrir une portée quelconque au point de vue juridique. 

XVII. 

Ce qui nous semble confirmer notre hypothèse, c’est que, 
dans le droit musulman actuellement en vigueur, on a cru 
devoir régler la question des lieux saints, afin de les sous¬ 
traire aux usurpations des particuliers. 

Dans ce but, on a décrété — nous ne savons quand — des 
prescriptions, dont nous ne donnerons que deux exemples. 

« Le défrichement du territoire sacré de La Mecque est 
permis, à l’exception du mont ’Arafah. 

* Remarque. Mozdalifah et Mina sont sujets à la môme 
loi que le mont ’Arafah » (’). 


(1) Van den Berg Minhâdj ai — Tâlibin... Manuel de jurisprudence 
musulmane selon le rite de Châfi r i, II, p. 173. 


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— 298 — 


Ou encore : 

« Le terrain vacant ne peut être occupé s’il a été con¬ 
sacré par la loi à l’accomplissement d’un acte religieux, 
comme le mont Erèfèt, la vallée de Mina, et le lieu spé¬ 
cialement appelé El Mèschèr, parce que, la loi ayant affecté 
spécialement ces lieux à la réunion des croyants pour l’ac¬ 
complissement des devoirs religieux, l’occupation mettrait 
obstacle à ce que le but de la loi soit atteint. Cependant, 
si l’occupation est sans inconvénient et ne va pas jusqu’à 
restreindre l’espace nécessaire aux croyants de manière à 
les gêner, on ne s’y oppose pas » ('). 

Il est facile de tirer la conclusion. Cette situation, qui 
existe maintenant et que la loi règle, a existé autrefois, 
quand, seule encore, la coutume fixait les droits de cha¬ 
cun. Or, les lois ou les coutumes n’étant que l’expression 
de nécessités naturelles, il est permis de penser que la 
coutume, ici aussi, a fait son œuvre inévitable et qu’elle 
a admis certaines règles pour garantir le droit des amphic- 
tyons de La Mecque. 


Victor Chauvin. 


(1) A. Querry. Droit musulman . Recueil de lois concernant les musulmans 
SchyiteSy U, p. 298, n° 25. 


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LISTE DES PRINCIPAUX OUVRAGES UTILISÉS. 


Caussin de Peroëval. Essai sur l’histoire des Arabes avant l’isla¬ 
misme. Paris, 1847. 3 volumes. 

Chardin. Voyages du chevalier Chardin en Perse. Edition Langlès. 
VII, p. 154 et suiv. (spécialement pp. 241-242 et 246). 

V. Chauvin. Le scopélisme. (Bulletins de l’Académie royale de 
Belgique, 3® série, XXIIT, pp 29-57 et à part.) 

Dozr. Die Israeliten zu Mekka von Davids Zeit bis in’s fünfte 
Jahrhundert unserer Zeitrechnung. 1864. In-8, VI et 196 p. 

Dozy. Essai sur l’histoire de l’islamisme... traduit du hollandais 
par Victor Chauvin.. Leyde et Paris, 1879. In-8, VII (1) 
et 536 p. 

Galland. Recueils des rites et cérémonies du pèlerinage de La 
Mecque...Amsterdam, 1754, pp. 5-47 (spécialement pp. 33-34). 

K. Habereand. Die Sitte des Steinwerfens und der Bildung von 
Steinliaufen. (Zeitschrift fur Yolkerpsychologie, XII, pages 
289-309.) 

Liebrecht. Die geworfenen Steine. (Zur Volkskunde, pp. 267-284; 
d’abord dans Germania, XXII, pp. 21-33 et 193.) Cfr. Ger- 
mania, XXVI, 179. 

von Maltzan. Meine Wallfahrt nach Mekka... 2 ter Band. Leipzig; 
J 865. In-8. 

D’Ohsson. Tableau général de l’empire Othoman... Tome troisième, 
pp. 55 et suiv., spécialement 91 et suiv. (Edition in-8.) 

Pococke. Specimen historiæ Arabum; auctore Eduardo Pocockio... 
Edidit Josephus White... Oxonii, 1806. In-4. 

Hadriani Rei.andi de Religione mohammedica libri duo. Editio altéra 


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aurtior. Trajecti ad Rhcnum. Ex libraria Gulielmi Broe- 
delet, 1717. Petit in-8°. 

S n ou ck Murgronje. Iiet Mekkaansche Feest... Leiden, E. J. Brill. 
1880. In-8°, VI et 109 pp. 

Van Vlotkn. I)e uitdrukking as-sjaitàn ar-ragîm en het steenen 
werpen bij Mina. Dans Feestbundel aan Prof. M. J. de Goeje. 
Leiden, 1801, pp. 35-13. Cfr. Wiener Zeitschrift fur die Kunde 
des Morgenlandes, VII, p. 170. 


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NOTE COMPLÉMENTAIRE 


SUR 

HENRY ROMMAIN « 


Dans l’article bibliographique consacré à cet écrivain tour- 
naisien, j’avais déclaré que l’on ne connaissait rien de sa 
vie. 

Assertion hasardée, et malheureusement familière à ceux 
qui n’ayant rien trouvé, sont trop portés à conclure qu’il 
n’y a rien à rechercher. 

M. Maurice Houtart, qui fait depuis plusieurs années, 
des fouilles très fructueuses dans les archives de la ville 
de Tournai, a eu l’obligeance de m’écrire que la biogra¬ 
phie d’Henry Rommain peut être en partie reconstituée 
par les documents de ce dépôt. Il n'a point borné là son 
aimable communication; il m’a fait tenir les notes bio¬ 
graphiques qu’il avait lui-même recueillies. 

Je crois remplir un devoir en ne tardant point à pré¬ 
senter à l’Académie les renseignements fournis par M. Hou¬ 
tart. Il ne faut pas que l’on pense plus longtemps que mon 
article sur Henry Rommain a épuisé toutes les recherches 
à son sujet et que la Biographie nationale n’a plus rien à 


(1) Voir Annales de l’Académie royale d'Archéologie de Belgique, t. IV, 
1902, p. 205. 


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— 302 — 


glaner sur ce personnage. Il semble, au contraire, que la 
question est seulement ouverte et que les chercheurs peu¬ 
vent se mettre en campagne. 

Henry Rommain apparaît pour la première fois dans 
les documents des Archives de Tournai le 12 avril 1429, 
dans le procès verbal des délibérations des consaux qui, 
à cette date l’élurent conseiller général de cette ville ('). 
Dans cette pièce Henry Rommain est qualifié de « licencie 
en lois et en décret ». Le titre de chanoine n’y apparaît 
point. Voici, du reste, un extrait du registre : « 12 avril 
1429.... les chefs sont chargés d’enquérir lequel est le plus 
habile de M e Henry Rommain ou de M' Michel de Mierle, 
et retenir le plus capable; et sur ce, le jeudi suivant, 
icelle inquisition faite à plusieurs clercs de droits, M e Henry 
Rommain fut retenu à estre conseiller général » (*). 

A peine nommé, Henry Rommain est, le 7 mai 1429, 
désigné pour faire partie de la députation envoyée par la 
ville de Tournai au roi de France, Charles VII ( 1 2 3 4 ), et assister 
à Reims aux fêtes de son couronnement et de son sacre. 
Cette députation quitta Tournai le 3 juillet 1429 et fut de 
retour le 21 {‘). 

Cinq jours plus tard, le 26 juillet, les «chefs de loi 
sont d’accord d’envoyer vers le roi Biétremieu Carlier, grand 
doyen, Jacques Quevot, juré, et maître Henri Romain, con¬ 
seiller général, pour défendre le bien, l’honneur et la jus- 

(1) Cf. H. Van den Broeck, Extraits analytiques des anciens registre 
des consaux de la ville de Tournai , t. II, 1863, p. 319. 

(2) Sur les fonctions du conseiller générai voir le document publié ibid. 9 
t. I, pp. 97-101. 

(3) Ibid , t. Il, p. 322. 

(4) Ibid. f p. 338. 


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— 303 — 


tice de la ville attaqués par les coupables des entreprises 
naguères faites contre icelle .. » (*). 

Le mois suivant, Henry Rommain se rendit à Arras auprès 
des ambassadeurs que Charles VII avait envoyés au duc de 
Bourgogne, pour traiter diverses affaires et surtout pour 
empêcher que Tournai ne fût cédé à Philippe-le-Bon ( 1 2 ). 
A la suite de cette mission, le 30 août, Henry Rommain et 
deux autres hommes de Tournai sont désignés pour plaider 
auprès de Charles VII la cause de la ville ( 3 4 ). 

Henry Rommain se rendit, en effet, auprès de Charles 
VII, en septembre de la même année 1429, à Senlis et à 
Saint-Denis. Lorsque le 27 octobre suivant, les chefs de loi 
refusèrent d’accéder au désir des ambassadeurs du roi de 
France, Henry Rommain fut chargé de notifier leur réponse 
aux ambassadeurs (■*). 

Le 29 janvier 1430, Henry Rommain part de Tournai en 
compagnie des ambassadeurs pour se rendre auprès de 
Charles VII ( 5 ). 

Deux autres fois encore, aux dates du 18 juillet et du 
1 octobre 1430, le nom d’Henry Rommain apparaît dans 
les Registres des consaux de Tournai ( 6 ). 

En 1434, le conseiller général de la ville fit un nouveau 
voyage à la cour du roi Charles VII pour traiter des 
finances de Tournai. Son séjour se prolongea cette fois 
du 22 mai jusqu’au 6 août. 

La même année, au mois de novembre, Henry Rommain 

(1) Ibid., p 341. 

(2) Ibid., p. 343-45. 

(3) Ibid., p 345. 

(4) Ibid., p. 354-53. 

(5) Ibid., p. 373. 

(6) Ibid., pp. 384, 387. 


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— 304 — 


est remplacé dans ses fonctions de conseiller général par 
M* Michel de Mierle, celui-là même qui avait été son con¬ 
current en 1429. 

Il n’est pas invraisemblable de penser que ce fut peut-être 
l’entrée d’Henry Rommain dans l’état ecclésiastique qui 
lui fit résigner ses fonctions de conseiller général de la 
ville de Tournai. 

Espérons que M. Houtart mettra, dans la suite encoi’e, 
la main sur quelque document qui éclairera davantage 
encore la personnalité d’Henry Rommain. Celle-ci, à mesure 
qu’elle se dégage des ténèbres, nous apparaît de plus en 
plus sympathique. Nous n’avions retrouvé qu’un vieux cha¬ 
noine charmant ses loisirs par la composition d'ouvrages, 
plus ou moins intéressants; M. Houtart nous a révélé un 
jeune et alerte procureur toujours sur la brèche pour défen¬ 
dre les droits de sa cité natale et ne reculant pour cela 
devant aucune fatigue ni aucune démarche. 

J. VAN DEN GhEYN, S. J. 


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QUELQUES remarques 


SUR 

LES CONSTRUCTIONS 

ÉLEVÉES PAR 

LUC FAYD'HERBE 

A. MAIilNES. 


Dans une dissertation relative aux peintures murales 
exécutées autrefois dans les églises de nos contrées, j’avais 
établi, préalablement, quelques thèses secondaires aboutis¬ 
sant à la principale. 

Parmi celles-là je rappellerai la troisième : Certains ar¬ 
tistes ont cultivé plus d'un art. Ils ont rarement réussi 
dans plus d’un. Dans un même art, ils ont dà parfois 
s'entr'aider. A ce propos j’avais cité Rubens, Fayd’herbe 
et Michel-Ange. 

Je ne vous parlerai que de Fayd’herbe, excellent sculp¬ 
teur, dont les nombreux ouvrages, parmi lesquels de vrais 
chefs-d’œuvre, sont bien connus et hautement appréciés. 
Elève de Rubens, dans la maison duquel il vécut pendant 
trois années consécutives, il fut lui-même un Rubens en 
sculpture. 


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— 306 - 


Mais nous ne pensons pas que Fayd’herbe mérite éloge 
comme architecte. 

C’est comme architecte que nous voulons l’étudier et 
l’apprécier, en examinant les deux constructions principales 
qu’il a élevées à Malines: le dôme de Notre-Dame d’Hans- 
vyck et l'église de Leliëndael ou du Val-des-Lis. 


L’église d’Hanswyck se compose de trois nefs, coupées 
vers le milieu de leur longueur par une rotonde annu¬ 
laire surmontée d’un dôme. Au premier aspect, on dirait 
que l’architecte a voulu élever, en style de Renaissance, 
une simple rotonde annulaire, d’après le plan de celles de 
l'époque byzantine. S’il avait exécuté pareil projet, la ga¬ 
lerie circulaire aurait été séparée de la partie centrale 
par douze colonnes. Mais deux de celles-ci sont supprimées 
pour laisser la grande nef pénétrer de toute sa largeur dans 
la rotonde. (Voyez Planche II E. F.) Par suite de la sup¬ 
pression de ces deux points d’appui, les colonnes voisines 
ont reçu un surcroît de charge. En même temps, la poussée 
des arcades n’était plus contrebuttée en ces endroits. C’est 
pourquoi il a fallu de forts ancrages que l'on n’est pas 
parvenu à cacher. Les assises des colonnes sont presque 
toutes crevassées par la pression énorme qu’elles suppor¬ 
tent. Pour empêcher la ruine totale du monument, Fayd’¬ 
herbe fit appliquer sur les fûts des huit colonnes qui reçoi¬ 
vent les retombées des quatre, grands arcs de la coupole, 
des éclisses en fer retenues au moyen de forts cercles. 
En outre, il fit relier ces colonnes deux à deux par trois 
tirants placés l’un à mi-hauteur du fût, le second au-dessus 
du chapiteau, et le troisième à égale distance entre les 


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— 307 — 


doux premiers. Chaque colonne fut entourée d’une maçon¬ 
nerie en bossage, et le tout complété par de petits monu¬ 
ments (Voyez planche IV) qui cachent aux yeux du vulgaire 
les défauts de la construction. 

C’est en ces termes à peu près que nous parlâmes de 
l’église, dans notre Histoire du Prieuré d’Hanswyck ('). Dans 
une conférence donnée plus tard au Cercle archéologique 
de Malines, nous appréciâmes sévèrement les travaux et 
les méprises de Fayd’hcrbe. Au premier abord on nous taxa 
d’exagération, voire môme d’erreur; mais après examen 
attentif on fut obligé de souscrire à nos conclusions. Aujour¬ 
d’hui les faits sont bien établis par les témoignages de 
Fayd’herbe lui-même, que nous avons découverts dans les 
minutes de lettres et de requêtes, écrites par l’artiste et 
conservées aux Archives de Malines, avec d’autres docu¬ 
ments relatifs à Hanswyck. Il appert de ces écrits que 
l’auteur cherche à rejeter sur autrui la responsabilité des 
défauts que nous remarquons dans la construction de l’église. 

Nous trouvons dans ces minutes trois accusations à charge 
des religieux d’Hanswyck : 1° la maçonnerie d’une des 
colonnes est mal faite; 2° on avait creusé une citerne près 
de la substruction de cette colonne; 3® on a placé dans 
les flancs de la coupole huit dalles dont le poids excessif a 
débilité la bâtisse. Reprenons successivement ces trois asser¬ 
tions: 

1° La maçonnerie d’une des colonnes était mal faite. 
Celte colonne (Voyez Planche II, lettre C) inclinait de 8 
pouces, soit 0,25 m Pour la redresser, on avait, paraît-il, 

(1) Malines. Rvckmans-Van Dburkn. 1888. 


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— 308 — 


enfoncé des coins entre les assises. On comprend alors le 
dire de Fayd’herbe : qu’il n’y a pas de mortier dans les 
joints et qu’il a passé son épée à travers la colonne, en 
présence des religieux : het is geblckcn dat ic in uicels 
prcscntie hebbe inl midden van de scntueren, 3 voetcn 
boven d'erdc , met een rapier heb dicars doorgestoken. 
Si tel avait été l’état de la colonne, il aurait peut-être mieux 
valu la reconstruire entièrement. Fayd'herbe se contenta 
de faire couler soixante livres de plomb dans les joints 
béants et la colonne demeura debout. La maçonnerie de 
cette colonne était donc défectueuse. Mais à qui la faute? 
Aux maçons, sans doute. Et l’architecte, n’avait-il pas la 
surveillance des travaux? N’était-il donc pas un peu en 
faute lui-même? Il l’a senti probablement, car il se rejette 
aussitôt sur la seconde accusation. 

2° On avait creusé une citerne très de la substruc- 
tion de cette même colonne. D'abord, nous ne compre¬ 
nons pas pourquoi les religieux auraient voulu creuser le 
sous-sol de l’église, et cela si près des fondements d’un 
des supports du dôme, quand ils avaient une grande éten¬ 
due de jardin à leur disposition. Si le fait est exact, ils 
ont commis une grande imprudence. Cependant, il est per¬ 
mis de croire que le plaignant exagère, et même beau¬ 
coup. Le sous-sol se trouve à plus de quatre mètres en 
contre-bas du pavement de l’église (Voyez planche IV), et 
l’abside n’est qu’à cinq mètres de la Dyle. Il ne faut donc 
pas creuser profondément pour avoir de l’eau. En admet¬ 
tant que l’on y ait creusé, n’est-il pas évident que ce tra¬ 
vail ne pouvait pas déséquilibrer une substruction mesu¬ 
rant trois mètres sur deux et plus de quatre en élévation ? 
Du reste, ce massif de plus de vingt mètres cubes hors 


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— 309 — 


de terre, ne parait pas avoir bougé, pas plus que les neuf 
autres qui portent les colonnes du dôme. 

Les deux massifs G et G’ sont reliés l’un à l’autre par 
un arc en briques, placé à 3,50 m. plus bas que le pave¬ 
ment de l’église, et à 0,60 m. plus haut que celui de la 
crypte. Get arc s’étend à la distance de 0,50 m. sous les 
massifs, et doit avoir été construit en même temps que 
ces derniers puisqu’il leur sert partiellement de support. 
Il forme une espèce de caveau long de 2,50 m. large de 
1,50 m. et haut de 0,90. L’ouverture de ce réduit, donnant 
du côté de la basse-nef, est entourée d’un encadrement 
en pierre avec battée. Elle était autrefois fermée par une 
porte dont les gonds sont encore attachés à l’un des mon¬ 
tants. Il n’y a pas à en douter, c’est bien ici l’endroit de 
cette fameuse fontaine dont Fayd’herbe écrivait mécham¬ 
ment que les religieux voulaient sans doute avoir de l’eau 
pour rincer leurs verres : eenen diepen put gemaekt om een 
fonteyn daer ut le liebben om hun gelaesen beter le spoelen 
op hun gemak. Il est toujours certains que nous n’y avons 
jamais trouvé le moindre trace d’humidité. De plus, les piles 
de maçonnerie avec revêtement en pierre n’ont pas l’air 
d’avoir souffert du tassement. 

Quoiqu’il en soit de cette fontaine, au sujet de laquelle 
nous n’avons que le dire de l’architecte, en admettant 
même, par impossible, qu’elle ait occasionné l’accident de 
la colonne hors d’aplomb, comment expliquer la faiblesse 
des autres colonnes aux fondements desquelles on n’a pas 
creusé? De toutes les colonnes qui portent le dôme, il n’y 
en a pas une qui n’ait la majeure partie de ses assises fen¬ 
dues par la pression. Fayd’herbe ne parle que d’une seule 
malade (Voyez planche II, Lettre -C), et il a cru y trouver 
une excuse pour l’ensemble. Mais malgré l'eau de la fon- 


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- 310 — 


taine que les religieux lui auraient sans doute fournie à 
discrétion, si la source avait existé, il ne serait pas par¬ 
venu à se laver du reproche d’ignorance, ou au moins 
d’incurie, que nous pensons pouvoir lui faire. 

D’un autre côté il avoue lui-même que les colonnes sont 
trop élevées. Encore une fois, à qui la faute? N’est-ce pas 
lui, architecte, qui en a donné les proportions? 

Ainsi, la faiblesse des supports du dôme est bien éta¬ 
blie. Elle est reconnue et avouée par l’architecte. Il n’est 
donc pas étonnant qu’il ait dû chercher un moyen pour 
les empêcher de fléchir sous le poids excessif dont il les 
avait chargés. Voilà pourquoi ces éclisses, ces bandages 
et ces tirants de toute espèce, dont nous parlions plus haut. 
Malgré toute son adresse, il n’est pas parvenu à les cacher 
entièrement par les portiques disposés aux quatre appuis 
du dôme. Gomme nous l’avions pensé, c’est bien là le but 
de ces ajoutes. A ceux qui en douteraient encore, nous 
opposerions le témoignage de Fayd’lierbe lui-même, con¬ 
signé dans une des minutes citées: Après avoir cherché 
à imputer à d’autres le mauvais état de la construction, 
il avoue qu’il a fait quatre arcs avec quatre épitaphes 
pour la soutenir. Sans cette précaution, ajoute-t-il, l’église 
serait à terre: ic siende dal de herckc sauden beneden 
gecomen hebben, heb ic goedtgevonden de vier épitafiën 
daer van binnen (sic), hebbe de vier arken gemaekl; sonder 
dal, de kercke hadden al 1er erden gelcgen. Nous pen¬ 
sons comme lui; sans ce renforcement des points d'appui, 
ceux qui avaient fait élever le dôme d’Hanswyck auraient 
sans aucun doute assisté aussi à sa ruine. Quant aux por¬ 
tiques avec épitaphes, les religieux en concèdent deux à 
Fayd’herbe comme monuments funéraires sous lesquels il 
pourra faire construire des caveaux. Et s’il ne désire pas 


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— 311 — 


les employer pour sa famille, il lui est permis de ven¬ 
dre la concession à son profit, mais sans droit pour le 
nouvel acquéreur de céder à des tiers (n° 2 de l’Appen¬ 
dice). Notre artiste n’usa pas de son droit de sépulture à 
Hanswyck. Il mourut dans la paroisse de Saint-Rombaut 
où il était né, et fut enseveli dans l’église métropolitaine 
non loin de la chaire de vérité, dans le tombeau de ses 
beaux-parents. 

Mais il est encore une troisième imputation inventée par 
Fayd’herbe pour se disculper: 

3 U On a placé dans les flancs de la coupole huit 

DALLES DONT LE POIDS EXCESSIF A DÉBILITÉ LA BATISSE. Il 

s’agit de quelques vieilles pierres tombales provenant de 
l’ancienne église, que les religieux avaient fait utiliser dans 
les flancs de la coupole. Voilà! s’écrie le maître avec une 
espèce d’indignation que nous ne pouvons prendre au 
sérieux, c’est ce poids énorme qui est la cause du mal. 
En employant des briques on l’eut réduit de moitié. Ainsi 
l’ouvrage eut été meilleur et moins dispendieux. 

Qu’il nous soit permis d’en penser tout autrement; car 
le poids de ces huit dalles ne nous parait pas assez important 
pour entrer en ligne de compte. En effet, en les supposant 
de dimensions peu communes, leur poids total peut avoir 
été de 12.000 kilogr , au maximum. Au dire de Fayd’herbe, 
ce poids aurait pu être réduit de moitié, en remplaçant 
les dalles par une maçonnerie en briques. A tout pren¬ 
dre au mieux, la charge énorme portée par les dix colonnes 
du dôme aurait donc pu diminuer de 6000 kilogr., soit 
600 kilogr. par colonne. Or cette quantité est bien négli¬ 
geable quand on la compare à la charge réelle de chaque 
colonne dans l’état actuel de la construction. 


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— 312 — 


En effet, d’après les mesurages et les calculs faits, le 
1 décembre 1902, chacune des colonnes supporte un poids 
de 213.288 kilogr., tandis que son maximum de charge 
ne pourrait pas dépasser 150.720 kilogr. Ce qui revient à 
dire qu’elle porte une surcharge de G2.5G8 kilogr. 

Si nous comparons cette surcharge de G2.568 kilogr. avec le 
soulagement de G00 kilogr. que Fayd’herbe aurait voulu obte¬ 
nir en remplaçant les dalles par des briques, on trouve 
que ces deux nombres sont dans le rapport de 104 à 1. 
C’est-à-dire que chaque colonne n’aurait été soulagée que 
de 1/101 de sa surcharge. 

Nous pensons avoir fait justice des trois assertions par 
lesquelles l’architecte du dôme d’Hanswyck a cherché à 
se justifier. Ces trois griefs étaient sans doute les principaux. 
S’il en avait eu d’autres il n’aurait pu les passer sous 
silence. N’ayant donc plus rien à dire, il cherche à faire 
croire que, s’il voulait, il pourrait alléguer encore bien 
d’autres excuses pour dégager sa responsabilité. En effet, 
voici comment il termine: somma, by fauten ran metsen 
ende gruwclyck gewicht van voorseyde sarchen , ende born- 
put, ende mecr ander die te lanck vallen te verhalen. 
N’insistons pas sur l’inanité de cette argumentation. 


Passons à l’examen de la coupole. Dans l’histoire d’Hans¬ 
wyck publiée par le chanoine Croon en 1670, se trouve une 
gravure représentant l’église vue de face (Voyez planche I). 
Le tambour y apparaît surmonté d’un étage brisé, en retraite 
et entouré d’une balustrade. La tour de l’église y est 
figurée avec un exhaussement du même genre. Ces cons¬ 
tructions sont demeurées à l’état de projet. La première 


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— 313 — 


n’était pas réalisable, comme nous le verrons, et à défaut 
de celle-ci, l’autre perdait également ses droits à l’existence. 

Il est permis de croire que le dessin est de Fayd’herbe, 
car il n’aurait pas toléré que, de son vivant et pour ainsi 
dire sous sa responsabilité, on publia un autre plan que 
le sien. Or, d’après ce plan, le dôme actuellement existant 
n’est pas complètement terminé. Il lui faut encore un 
étage brisé, à douze lumières, conformément aux fenêtres 
du tambour (Voyez planche III). Ces lumières n’étaient pas 
destinées à éclairer les combles. Elles avaient un but, que 
l’on comprend aisément lorsqu’on considère qu’il y a au 
milieu de la voûte actuelle une ouverture de quinze pieds 
de diamètre. On ne doit pas l’avoir ménagée sans motif. 
Nous pensons que l’étage brisé aurait dû porter une seconde 
voûte, mais pleine, placée à distance convenable au-dessus 
de la voûte actuelle, et décorée de peintures sur lesquelles 
les lumières de l’étage brisé auraient jeté une clarté mys¬ 
térieuse, et que l’on aurait aperçues d’en bas, à travers 
l’ouverture de la voûte inférieure ('). (Voyez planche IV). 

Cette première voûte existe. Les chanoines l’ont fait 
constuire sans l’intermédiaire de l’architecte. Les lenteurs 
du maître qui acceptait trop de travaux divers en même 
temps, et le désir qu’ils avaient de voir terminer leur 
église dont la bâtisse durait depuis quatorze ans déjà, auront 
contribué à faire prendre cette résolution pratique de con¬ 
fier l’œuvre à un homme du métier. Cet homme s’est très 
bien tiré d'affaire. Depuis plus de deux siècles sa voûte 
est suspendue au-dessus de la rotonde, et elle y demeurera 


(i) En 1887, M. larchitecto H. Meyns a levé pour nous les plans de 
l’église, en complétant le dessin d’après la planche de Croon. 


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aussi longtemps que les colonnes éclissées de l’architecte 
resteront debout. 

Dans un acte de protestation, passé devant le notaire 
Croon, le 30 avril 1677 (n° 3 de l’Appendice), Fayd’herbe 
se plaint d’abord, et cherche ensuite à dégager toute sa. 
responsabilité. Il insiste aussi sur le danger d’accidents 
qui pourraient arriver à ses bauts-relief’s: il a fait, dit-il, 
les voûtes des nefs et du chœur.Or, la construction de la voûte 
centrale est un ouvrage trop important pour qu’on le confie 
à des hommes, selon lui, inexpérimentés. Cet ouvrage 
doit être exécuté d’après les règles de l’art et sans épargner 
les tirants de fer en quantité : synde een werck meer als 
gemeyn, alsoo voorseyde couple soo van wyde als van 
hoogde icel de groolstc is die in deze Nederlanden ge- 
vonden icort, hel welcke werck wel dient architecqlelyck 
naar de consle met force van yscr en andcrssinls gedi- 
rigeert ende geassureert le worden. Il semble donc qu’en 
réalité notre artiste n’était pas très fort comme construc¬ 
teur, puisqu’il n’avait confiance que dans les ancres pour 
soutenir ses maçonneries. 

Quant au danger d’accidents qui auraient pu arriver à 
ses hauts-reliefs, il eut été le même s’il avait personnelle¬ 
ment dirigé les travaux. D’après le contrat du 13 mai 1675, 
(n° 1 de l’Appendice), Fayd’herbe s’était engagé à faire 
deux stations en pierre d’Avesnes, figurant l’Adoration des 
Bergers et le Portement de Croix (Voyez planches V et VI). 
Les chanoines devaient payer la pierre nécessaire, et 2500 
florins, valeur artistique d’une des stations, l’autre étant 
offerte gratuitement par le sculpteur. Il a donc tort d’in¬ 
sinuer que ces deux hauts-reliefs sont sa propriété. Tous les 
dégâts qui pourraient y survenir pendant la construction 
de la voûte, seraient à son préjudice et causeraient sa 


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— 315 — 


ruine complète, dit-il; et c’est pour ce motif qu’il proteste. 
Il tient à se mettre à couvert contre tout risque. 

Les hauts-reliefs étaient donc à peu près terminés quand 
on commença la voûte supérieure. On peut se demander 
s’il n’y avait pas une imprudence réelle de la part de 
l’artiste d’exposer ainsi ces magistrales sculptures à toutes 
les intempéries. Elles n’étaient certes pas suffisamment 
garanties, malgré la largeur des arcs doubleaux qui les 
couvrent. Il faut croire cependant que l’on a eu grand 
soin de ces chefs-d’œuvre, car nous n’avons trouvé dans 
les écrits de l’artiste, postérieurs à 1670, aucune réclama¬ 
tion y relative. 


La voûte, de la grande nef n’a pas été exécutée d’après 
le plan primitif. Elle devait être à nervures et prendre jour 
latéralement par des fenêtres à arc surbaissé. Les ouver¬ 
tures de ces fenêtres ont été ménagées dans les murs dont 
le revêtement extérieur est en pierre. La maçonnerie qui 
les ferme est en briques. Les ouvertures sont ornées de 
moulures du côté intérieur de la nef aussi bien qu’à l’exté¬ 
rieur. Primitivement, on voulait donc des fenêtres réelles 
et non des aveugles. Cependant, le contrat du 13 mai 1075, 
(n° 1 de l’Appendice), demande une voûte en demi-cercle, 
sans ogives et sans fenêtres sur le côtés: llet welfsel moet 
wesen half rond, sonder eenige oseijve ofie seyde ven- 
sters daer inné te maechen. Faut-il attribuer ce changement 
à une simple fantaisie des religieux, ou bien Fayd’herbe 
a-t-il craint de manquer l’effet du dôme en donnant trop 
de lumière dans l’avant-nef? Peu importe, le mal est fait, 
et nous devons-nous borner à le constater. 


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— 316 — 


Nous avons dit que le chevet de l’église se trouve près 
de la rivière. Les substructions étant fort massives et pro¬ 
fondes, à cause de la déclivité du terrain, il s’est produit 
un affaissement de la partie absidale. Cet accident a causé 
une déchirure de quinze centimètres de largeur, qui coupe 
les murs latéraux de l'église et les voûtes des trois nefs, 
vers le milieu de la dernière travée. Nous l’avons indi¬ 
quée par la ligne D E (Voyez Planche II). Mais ici Fayd’herbe 
n’est pas en cause. Nous signalons simplement le fait pour 
prouver qu’un affaissement pouvait se produire, môme sans 
que l’on creusât un puits à proximité des fondations d’une 
colonne, et démontrer une fois de plus que l’histoire de 
la fontaine n’a pas grande valeur comme argument défen¬ 
sif dans la bouche de l’architecte. Nos recherches pour 
savoir quand la déchirure des absides s’est produite n’ont 
pas encore donné de résultat jusqu’ici. Comme Fayd’herbe 
n’y fait aucune allusion, il faudrait supposer qu’il n’en a 
pas eu connaissance, ou croire qu’il passe sur cet accident 
parce qu’il ne pouvait l’attribuer à l’incurie de personne. 


Il nous faut dire un mot du maître-autel qui, d’après le 
contrat y relatif (n° 1 de l’Appendice), devait être propor¬ 
tionné à l’église: van groote nacr proportic van de hercke. 
On devait y employer du marbre noir de Namur et de 
Dînant, du rouge et du blanc. Après l’achèvement, le travail 
devait être jugé par des experts choisis de part et d’autre 
(n° 1 de l’Appendice). L’autel fut commencé, et arrêté à la 
base des colonnes. Les soubassements et les piédestaux 
avaient été faits dans de fort mauvaises conditions. Ces 
derniers sont en marqueterie appliquée à un noyau en 


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— 317 — 


briques. La construction faite peu de temps avant l’hiver 
avait grandement souffert de la gelée, et certaines pièces 
étaient désunies. Les religieux réclament non sans raison. 
Ils refusent de payer et défendent à l’architecte de conti¬ 
nuer le travail. Après trois ans, Fayd'herbe intente un 
procès aux religieux. Il en écrit à l’archevêque et au Grand 
Conseil. La minute de sa requête prouve à l’évidence qu’il 
cherche des chicanes. Ainsi, par exemple, on lui avait 
demandé qu’il employât du marbre noir, du rouge et 
du blanc, et quand on se plaint qu’il a fait du placage, 
il répond qu’il ne saurait trouver une pièce de marbre 
ayant les trois couleurs : liet ware const de dry sorlen 
ut een stuck le maecken, (n° 6 de l’Appendice). Mais on 
ne lui avait pas demandé pareille absurdité. On exigeait 
simplement que le marbre noir des piédestaux fut employé 
en épaisseur convenable pour l’entaille des panneaux que 
l’on désirait en marbre rouge. Il profite de cette occasion 
pour citer une kyrielle de ses bienfaits envers les reli¬ 
gieux, comme fourniture de poutres, de poulies, de cor¬ 
des, d’étançons. J’ai fait, dit-il, tous les modèles et les 
épures, et besogné tout l’été à la coupole en dirigeant les 
ouvriers, (n° 7 de l’Appendice). Cependant il finit par avouer 
que les soubassements de l’autel ont souffert de la gelée 
parce qu’on les avait bâtis peu de temps avant l’hiver. 
Il paraît donc que la reconstruction de ces parties lui 
incombait du chef d’imprévoyance. 

Entretemps Fayd’herbe fait constater par une douzaine 
d’experts, architectes, peintres et sculpteurs, que l’autel aura 
de bonnes proportions lorsqu'il sera terminé. Le témoi¬ 
gnage de ces artistes est contresigné par un notaire, 
(n° 4 de l’Appendice). Ce même officier contresigne une 
déclaration de Fayd’herbe affirmant que le dessin annexe 


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est le même qu’il a montré aux experts, (n- 5 de l’Appen¬ 
dice). Ce dessin pouvait être fait dans de bonnes proportions. 
Comme il n’existe plus, le contrôle est impossible. Mais 
là n’était pas toute la question. Il s’agissait principalement 
de la partie de Vautel déjà exécutée , et qui l’était d’une 
façon défectueuse. Enfin, le 29 mars JG81, le Grand Con¬ 
seil décide que les religieux payeront la valeur de la 
partie construite , à dire d’experts, en trois annuités (n° 8 
de l’Appendice). Le 23 mai suivant, les chanoines font 
accord avec Fayd’herbe et son épouse, Marie Snyers, et 
s’engagent à payer une somme de deux mille florins comp¬ 
tant, et deux mille quatre cents, un an plus tard, soit en 
tout 4400 florins. Après le payement de cette somme les 
intéressés n’auront plus rien à prétendre, (n°9de l’Appendice). 


11 nous reste à examiner l’autre œuvre de Fayd’herbe, 
l’église de l’ancien prieuré de Leliëndael, monastère de 
Norbertines. 

Le monument n’a qu’une nef, éclairée latéralement par 
une doultle rangée de fenêtres, et divisée en sept travées 
par des pilastres à bossages, en marbre noir. Un large 
entablement, également noir avec frise de couleur, règne 
tout autour. Il porte les larges arcs doubleaux de la voûte 
pour lesquels encore le marbre noir n’a pas été épargné. 
Dès l’abord, la dernière travée de la voûte était disposée 
plus ou moins en abside, cl. deux grandes conques sou¬ 
tenaient l'entablement dans les coins de la nef demeurée 
rectangulaire jusqu’à cette hauteur. Ces conques furent 
cachées plus tard par les murs élevés pour couper les coins, 
et donner à la partie inférieure une disposition absidale 
conforme à celle de la voûte. Elles reparurent, en 1900, 


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lorsqu’il fallut supprimer les pans coupés, à la suite de 
la démolition de la voûte absidale ('). On dut alors les 
sacrifier définitivement à la nouvelle disposition intérieure 
du monument. 

Les travaux, commencés en 1G62, avaient été poursuivis 
avec lenteur. Sept ans plus tard, Fayd’herbe est mis en 
demeure de payer l’amende de 1000 florins stipulée dans 
les contrats, pour n’avoir pas achevé l’église avant la 
mi-mars 1669. On lui fait une trentaine de remarques, 
parmi lesquelles de fort importantes, signalant des défauts 
de la bâtisse. On lui reproche d’avoir pris de la mauvaise 
pierre pour couvrir les contreforts, de n’avoir pas fait le 
mur en maçonnerie pleine sous les fenêtres, afin de pouvoir 
déverser des décombres entre les deux revêtements. Les 
encadrements des fenêtres ne sont pas faits en pierre de 
Grimbergen. Les cheneaux ne sont ni assez larges, ni 
assez profonds. Le bois employé pour les voliges n’est pas 
sec. L’artiste s’était engagé à placer des contrepilastres 
en marbre rouge de bonne qualité, comme il s’en trouve 
à l'église Saint-Loup à Namur, et il n’en a pas mis du 
tout. Dans les angles de l’abside où six figures d’anges 
en pierre d’Avesnes devaient supporter l’entablement, il 
en manque quatre. Le grillage du chœur des religieuses 
fait défaut, ainsi que les architraves. Les marches de 


(1) L’église do Leliëndael, disposée primitivement pour le service du 
monastère, avait son abside tournée vers la rue. Afin de Rendre l’accès 
de ce sanctuaire plus facile au public, on démolit la voûte absidale, pour 
la replacer du côté opposé. Cet important travail comprenait le transport 
de cinq plates bandes arquées en marbre noir, mesurant chacune environ 
trois mètres 3 . Il a été exécuté et mené à bonne fin, par M. Alphonse De 
Vos, entrepreneur à Malines, sans le moindre accident. 


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— 320 — 


l'escalier de la tour n’ont pas les dimensions convenues. 
La façade est hors d’équerre. Finalement on conclut à une 
bonification de la part de Fayd’herbc, pour la valeur des 
travaux non exécutés et dos matières non livrées. Le montant 
sera déterminé par experts (n° 10 de l’Appendice). 


Pendant les sept années qu’avait déjà duré la construc¬ 
tion de Leliëndael, les contrats s’étaient succédés assez 
nombreux. Dès l’abord on avait voulu une voûte surélevée. 
Plus tard on permit de la faire en demi-cercle, pour 
revenir, enfin, à l’idée première. Un des accords men¬ 
tionne les piédestaux à renflement destinés à servir de 
base aux arcs doubleaux et produire ainsi l’exhaussement 
de la voûte (n° 13 de l’Appendice). Les murs extérieurs ont 
été élevés dans la même proportion. Ce serait bien long 
d’énumérer les modifications nombreuses projetées, conve¬ 
nues et rejetées tour à tour. Ces changements continuels 
ont aussi causé des augmentations notables dans les dépen¬ 
ses. Depuis avril 1GC2 jusqu'en juin 1003, la prieure du 
monastère avait payé à Fayd’herbe, de forts et nombreux 
à comptes (n os 10 et 11 de l’Appendice). Le 27 avril 1000 
l'artiste reconnaît avoir reçu jusqu à ce jour 50.437 fl. 12 s. 
9 d. (n° 12 de l’Appendice). Dans cette somme n’étaient pas 
compris les payements faits au forgeron, au plombier et 
à d’autres fournisseurs, ni les avances d’argent faites à 
l’architecte. Le 11 novembre 1008, celui-ci avoue que la 
somme des avances faites par la prieure s'élève à 10.530 fl. 
1 s. G d. (n° 15 de l’Appendice). Dans une troisième recon¬ 
naissance, signée le 9 décembre 1070, il confirme un total 
de 84.205 fl. 8 s. G d., payé à lui-même ou pour lui (n° 17 
de l’Appendice). 


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- 32 i — 


Fayd’herbe n’était pas encore satisfait. Pour éviter tous 
désagréments, et en finir avec l’artiste, la prieure et le 
prévôt du monastère consentirent à lui payer encore une 
somme de 2000 patacons, comme solde de compte irrévocable¬ 
ment définitif, voulant ainsi fermer la voie à toute récla¬ 
mation ultérieure de quelque chef que ce pourrait être. 
On s’engagea des deux côtés*à se tenir satisfaits, même 
pour les conditions de contrats non remplies, et les chan¬ 
gements quelconques relatifs à l’église et à l’autel, non 
exécutés comme ils auraient dû l’être, et généralement 
pour tous travaux dont l’appréciation devrait se faire par 
experts (n° 18 de l’Appendice). 

Ce dernier payement de 2000 patacons représente un 
solde de 5600 florins ('). La dépense totale faite par les 
Norbertines de Leliëndael pour leur église est donc de 90.000 
florins, soit 102.900 francs, c’est-à-dire 35.000 de plus que 
les 55.000 florins, prévus dans le contrat du 24 mai 1602. 

Dans la seconde partie de cet aperçu, j’ai supprimé les 
détails pour tracer à grandes lignes les difficultés que 
Fayd’herbe s’est attirées à Leliëndael. Entre ces lignes 
vous avez pu lire que, même avec beaucoup d’indulgence, 
on ne saurait justifier complètement notre artiste. 

Fayd’herbe avait de grandioses conceptions. Ses dessins 
plaisaient à ses commettants, mais leur exécution était par¬ 
fois fort laborieuse, et les dépenses prévues étaient tou¬ 
jours dépassées. Parfois l’artiste subissait de ce chef des 
pertes réelles. D’autres fois il cherchait à les éviter en 
simplifiant ses plans, dans l’exécution, et rétablissait ainsi 
l’équilibre en diminuant la matière et la main d’œuvre. 

Il était trop artiste pour s’éviter des embarras d’argent. 


(1) Voyez la note de la trfcoriùre du couvent, n* 19 de l’Appendice. 


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Si (l’un côté nous le trouvons reprochant aux religieux 
d’Hanswyck ses débours et quelques avances, de l’autre 
il doit consentir à restituer aux Norbertines de Leliën- 
dael d’assez fortes sommes, pour travaux convenus non 
exécutés. L’entrepreneur Georges Stroobant lui fait aussi 
procès parce que Fayd’herbe ne payait pas les travaux 
entrepris pour lui et terminés depuis quelque temps déjà. 
(Voyez n° 14 de l’Appendice.) 

Bref, il n’avait pas les connaissances pratiques indispen¬ 
sables. De là ces essais, ces tâtonnements, ces méprises, 
ces nombreux péchés d’architecte qui nécessitaient toujours 
de nouveaux contrats. Il était peut-être aussi trop con¬ 
descendant et se prêtait trop facilement aux modifications 
demandées ou voulues par ses commettants. On peut 
admettre de la versatilité chez les incompétents, mais on 
ne devrait jamais la rencontrer chez un artiste qui doit savoir 
ce qu’il veut, comment, et surtout pourquoi il le veut. 

Dans son Histoire de ta peinture et de la sculpture à 
Matines, Emmanuel Neeffs parle de Fayd’herbe, architecte, 
avec une enthousiasme que nous ne saurions partager. Il 
rend cependant hommage à la vérité en avouant que les 
discussions qui surgissaient à chaque instant entre Fayd'- 
licrbe et ses commettants ne donnent guère une idée avan¬ 
tageuse de son caractère. Il se créa ainsi des difpcidtés 
avec l'administration paroissiale d’Hanswyck, le chapitre 
de Saint-Rombaut et la donatrice de l'aidcl de Saint-Joseph 
à Sainte-Catherine. Il intenta un procès à un ancien mar- 
guillier de Saint-Jacques, à Anvers, pour le paiement d'un 
modèle de jubé fait pour celte église. Il ajoute encore que 
notre artiste était d’humeur capricieuse, mais il oublie 
de signaler les difficultés que lui causèrent son entreprise 
de Leliëndael. 


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— 323 — 


Si Fayd'herbe avait un si grand talent d’architecte, com¬ 
ment se fait-il qu’il ait toujours eu des difficultés de tout 
genre, et même des procès, toutes les fois qu’il s’avisait 
de se mêler de construction? Les deux monuments qu’il a 
élevés à Malines, l’église du prieuré d’Hanswyck et celle 
du prieuré de Leliéndael, seront toujours là pour justifier 
l’appréciation que nous avons faite de Fayd’herbe, archi¬ 
tecte, et nous permettre de dire: Ne suior ultra crepi- 
dam, à chacun son métier. 


Chanoine G. van Caster. 


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APPENDICE. 


PIÈCES JUSTIFICATIVES. 


1. — 13 MAI 1075. 

Contrat relatif à la construction de la voûte au-dessus de la grande 
nef de l’église d’Hanswyck, du maître-autel et des deux hauts-reliefs 
de la coupole. 

Heden wescnde den dertienden dach Maij sestienhondert ende vijf 
en seventich, seijn weij onderschreven geaccordeert als het volght, 
te weten dat de lieeren Besteders sullen leveren tôt het maeken van 
een welfsel van de nieuwe choor van Hanswyck aile materialen van 
steen, mortel, het haudt tôt stellinge, alsoock tôt de sinters. Den 
voorseijde steen ende mortel te leveren op de eerste stellinge, aen de 
eerste cornisse, als oock het witten van het welfsel. 

Het welfsel moet wesen een half ronde sonder eenige oseijve ofte 
seyde vensters daer inné te maeken ofte te comen. Tôt last van 
Faydherbe het voorseydt w r elfsel te maeken ende te doen metsen als 
oock het maeken van stellingen, sinters als het voorseijt is. Waer 
voeren, als het voorseijt welfsel soo sal gemaekt wesen, sullen de 
heeren besteders geven aen Faydherbe de somme van tweehondert 
vyftig guldens cens. 


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— 325 — 


Ten tweedon sal den aennemer maeken en leveren den hoogen 
altaer in den voorseyden choor, van groote naer proportie van de 
kercke, naer seijn best goetduncken van den Meester. 

Den altaer moet gemaeckt worden van swarten Naemschen ende 
Dinantsschen marrael ende van royen ende witten marmel. 

De L. Vrauw moet comen omirent de middel van den altaer. 
Ende als den altaer sal volmaeckt wesen. sal men den selven betaelen 
vier iaeren naer het volmaecken van den altaer; de somme gelyek 
sal geiuseert worden van persoonen h un dies verstaenders, van weder 
seyden te kiesen. 

Welcke persoonen sal men doen iuseren soo den selven gemaeckt 
sal wesen; maer de betaelinge als voorseijdt is. 

Ten derden sal Fayderbe maecken in de groote booghen staende 
tusschen de twee oepene booghen, twee st.atien van avendel steen (') 
gesneden; ende als het selve sal gemaeckt wesen, sal het tselve 
geiuseert worden van meesters dies verstaenders, van weder seijde 
te kiesen. Ende het tgene de twee statie ofte figuren sal de somme 
geiuseert worden, suilen de heeren besteders gestaen met de betae¬ 
len aen Fayd’herbe de hellicht van de voorseyde somme. 

Aengaende den avennesteen, suilen de heeren doen schatten als 
vooren. Wel verstaende dat den steen sal aen Faydherbe betaelt 
worden van aile beyde historien, soo dat Faydherbe maer en geeft 
het maccken van een historié. 

Ailes ter goeder trauwe, sonder dat de heeren besteders hun niet 
suilen behelpen met eenige privilégié van cloosters ofte van geeste- 
lycke privilégié dan prompteleyck te betaelen met de conditien als 
ailes voorseyt is. 

Onder verbintenis van hueren persoon renuncierende aen aile pri¬ 
vilégié dies contradierende prout fidi promissores. Actum desen 13 


(1) Avendel- ou Lavendel-stetn , pierre d’Avesnes. 


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— 326 — 


maij xvi c vyfenseventich, in welcke getrauwichevt hebben dit onder- 
teeckent. 

Fr. Guilielmus Cool, p. (prior.) 

Fr. Pet rus Luytelaer, supprior. 

Fr. Nicolaus Vereammen. 

Fr. Walt Hoevener prcr (procurator.) 

Fr. Joës De Dobbeleer. 

Fr. Gislenus Lambrcchts. 

Fr. Joannes Bapt. Marchant, concionator. 

Fr. Christophorus Servatij. 

Fr. Marcus Cauthals. 


2.-24 JUILLET 1676. 

Concession de deux places pour caveaux, sous deux des quatre 
arcades monumentales de la coupole. Fayd’herbe pourra en disposer 
pour lui et ses héritiers, et même les vendre à un tiers, mais 
sans faculté pour celui-ci de les céder ultérieurement. 

Op heden vierentwintichtsten Julij sesthien hondert sessentseventich 
comparerende voor mij openbaer Notaris ende de getuighen naer- 
genoempt, den eerw: heere supprior van Hanswyck met aile 
de der ondergeschreven heeren Capitulieren van liet voorscreven 
clooster, de selve capitulairelyck vergadert synde, t* saemen ter 
eendere, ende meester Lucas Faydherbe architecq ende borger 
deser stadt, ter andere syden, welcke Comparanten verclaeren doot 
ende te niet te doen sekeren accoorde gepasseert voor my Notario 
ende getuijghen, op den negenentwintichsten Junij sesthien hondert 
sessentseventich, ende dat om redene die de Comparanten waeren 
moverende, ende de novo aenne te gaen dit accoordt tusschen de 
voornoempde Comparanten als volght: dat den voornoe'mpden tweeden 
Comparant sal moeten maeken ende stellen twee arcken tusschen 
de vier moijer pillairen naer de seyde van den Choor, met twee 


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327 — 


Epitaphien achter in den rugge van de selve arcken, in sulcker 
voeglie gelyck alreede een van de selve arcken ende twee Epi¬ 
taphien syn gemaeckt, mits dat de eerste Comparante tôt de voor- 
noempde arcken ende Epitaphien sullen moeten leveren aile materialen, 
te weten den arduyn ende carreelsteen ende mortel, ende niet het 
ijser t 1 gene sal wesen tôt laste van den tweeden Comparant mits 
moeten d’eerste Comparanten aende tweeden Comparant daer vooren 
geven ende betaelen de somme van tweehondert guldens eens. Ende 
is ter desen exprès besprek (de selve arcken endo Epitaphien vol- 
maeckt synde), dat die den tweeden Comparant ofte syne Erf- 
genaeraen in eygendomme sullen toebehooren, soo van achter als 
van voore, bestaende t’ saemen in vier Epitaphien, om die tôt 
synder ofte voor syne Erfgenamen begraeffenisse te gebruijcken, 
ofte wel te vercoopen soo hun goetduncken sal; tôt dien aen hem, 
syne Erfgenaemen ofte aan synen transportant te moeten verleenen 
plaetse onder de voorscreven Epitaphien, tôt twee begraeff-kelders, 
ende voor de siele van hem tweede Comparant, synder huysvrauwe, 
ofte voor syne Erfgenaemen te moeten doen dry kerckelijcke vijt- 
vaerden; niet verstaende dat hier inné wort begrepen het wasch twelck 
inde respectieve kercke daer toe sal moeten gebruijckt worden, 
ende niet voor synen transportant, mitsgaeders dat den selven Fayd- 
herbe de selve Epitaphien niet en sal mogen vercoopen aen imanden 
om die wederom voorts te vercoopen, dan wel aan imande tôt 
hunne eygen begraeffenisse ende syne Erfgenaemen ; Voorts dat 
de eerste Comparanten gehouden sullen wesen te celebreren een 
dertichtste by elck voorscreven vijtvaert ende ten fijne van elcke 
Misse int medio van den coepel te lesen voor de zielen cenen de 
Profundis, sonder daer voorens iet te mogen pretenderen tôt laste 
van den voornoemden Faydherbe ofte syne Erfgn. 

Item syn de selve Comparanten d’accoord dat den tweeden Compt 
voor hem ofte sijnen Commant, in den Coepel in een van de twelf 
plaetsen, daer het hera believen sal, sal vermoghen te stellen eene 


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— 328 — 


wapen; voor welcke plaetse hy sal geven ende betaelen aen de 
Compten de somme van hondert V sestich guldens, waer van hon- 
dei't guldens comptant die sy alsnu bekennen ontfanghen te hebben, 
ende de sestich güls corts daer naer te geven ; Verclaerende partijen 
Comparanten dese voorscreven accoorden te sijn geschiet tôt hunnen 
contentement ende ter goeder trauwen sonder argh ofte list, gelyck 
sij insgelijcx alsnu andermael de novo verclaert t’ hunnen conte- 
ment (sic) te syn geschiet seker accordt onder signature tusschen 
den eerw. hecre Guillielmus Cool gewesene prior, de eerste Cora- 
paranten en den tweeden Comparant in desen, in date derthiensten 
maij sestienhondert vytentseventich. Tôt versekeringhe van allen 
t’ gene voorscreven de Comparanten sijn verbindende ende mercke- 
lijck alsnu voor t’ gene voorscreven onder hantteecken hunne per- 
soonen ende goederen, haeff ende Erffve, présent ende toecomende, 
hoe ende waer die geleghen ofte bevonden mochten worden ; consti- 
tuerende tôt dien eynde onwederoepelycken mits desen . . . 

t’ saemen ende elck int besonder om te gaen ende te compareren 
voor allen heeren, hoven ende wetten, soo in sijne Mâ ,§ Grooten 
Raede, Raede van Brabant als alomme elders des noodt sijnde 
om aldaer allen t’ gene voorscreven herkennende hun constituanten 
int onderhout van desen gewillichlijck te laeten duemen ende con- 
demneren met costen, renontierende de voorscreven Comparanten 
aen aile privileghien exceptien ende beneficien die hem eenichsints 
te staede souden moghen comraen, ende voorts ailes meer ettc a . 
Gelovende ende verbindende ettc a . Aldus gedaen ende gepasseert 
binnen Mecheîen, ten daege maende ende jaere voorscreven, ter 
presentie van Jan Van de Ven, ende Philips Van den Broeck als 
getuijghcn. Ende was de minute deser by de Comparanten benef- 
fens mij Notario onderteckent. 

Quod attestor 

P. J. Croon. Notarius publicus. 
21-7-1676. 


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— 329 — 


3 . — 30 AVRIL 1677. 

Fayd’herbe proteste contre la façon d’agir du prieur d’Hans- 
wyck qui avait fait exécuter la voûte de la coupole par un autre 
entrepreneur. 

Op heden den dertichsten April 1677 compare rende voor my 
openbare Notaris, en ter presentie van de getuygen naer genoempt, 
M r Lucas Fayd’herbe, architecq deser stadt, tôt wiens kennisse 
gecomen synde hoe den beer Prior van Hanswyck saude gecontrac- 
teert ende aenbestet hebbe het welfsel van de couple van syne 
kercke, synde een werck meer als gemeyn, alsoo voorseyde couple 
soo van wyde als van boogde wel de grootste is die in dese Neder- 
landen gevonden wort; bet welcke werck wel dient arcbitecqtelyck 
naer de conste, met force van yser en anderssints, gedirigeert ende 
geassureert worden ; waerover hy comparant met die daer aen syn 
werckende gesproken bebbende, en van hun ongefondeerde en onge- 
asseureerde redenen gehoort, met Rede ende Reght veerdelyck 
bewoest en ongerust is, dat door geene experientie in dusdanighe 
extraordinaire wercken van metser ofte metsers aenveert, syne 
comparante wercken die by onder banden heeft in de voornoemdo 
kercke van Hanswyck ende veer geavanceert syn, grootelycx gepreiu- 
dicieert worden; soo verre dat hy by faute van dit protest van 
asseurantie en valiinghe van ditto welfsel ende kerck, in het middel 
van de couple der welcke by comparante is bebbende eygendom, 
by titel van diere coopinghe, twee erfven als by contracte van 
dato den 24 e july 1676 is blyvende : soude totalyck konnen gerui- 
neert worden, hetwelck hy comparant willende verhoeden, protes- 
teert by dese van aile kosten schaeden en interesten die hy 
comparant ter oorsaecke van dit aenbestet w’erck oft welvingbe 
van de couple sal ofte soude comen te lyden, versoeckende hier 
van by my Notaris Insinuatie gedaen te worden aen den voor- 


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— 330 - 


schreven heer Prior van Hanswyck, onder expresse protestatie als 
boven. 

Actum binnen Mechelen, date als voren, ter presentie van Thirie 
Senon ende Carolus Danckaert als getuygen. En was de minute 
deser by den comparant beneffens my Notaris onderteekent. 

Quod attestor 

S. J. Croon notarius publicus 
30-4 
1677 


D’insinuât ie van de bovenstaende acte van protest is gedaen aen 
den Heere Prior van Hanswyck, met latinghe van copie in desselfs 
handen, door my ondergeschreven Notaris t’oirconde deser 30 e April 
1677. 


Quod attestor 

S. J. Croon notarius publicus 
30-4 
1677. 


4. — MAI 1680. 

Les experts à ce requis certifient que le plan du maitre-autel 
est dessiné dans de bonnes proportions. 

Wij onderschreven Belthauwers ende Argitecten, kenders dies 
verstaende van argitectuere, sertifiserent ende geven getuygenisse 
der waerheyt, waerachtich te wesen dat den hoogen autaer tôt 
Hansewyck binnen Mechlen heeft syn behoorrelycke proportie van 
grootte ende breede naer vanant de voerseyde kerke, als den selven 
sal volcomelyck gemackt wesen volgens de teekeninghe daer van 


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- 331 — 


synde, met de clynen voet daer op staende, by ons gesien ende 
op ailes wei gesien en geconsidereert dieses aengaende etc. 


Peeter Verbruggen 
Mercx Norbertus 

arch 1 Ing* Reg. Hen 

C. E. Bizet. 

Daniel Jauss 
V. Anthoni art" 
van syne majesteyt 1680, 


Peeter Verbruggen minor 

Van den Eynden 
Herregoudts 
Arnoldus Queliin 
Wautiers 
Gabriel Bruxello 
Mattlieus Van Leuven 
Verhulst, Notaris 


1680 


dîenende opde dacte voor eedt. 


5. - 16 MAI 1680. 

Fayd’herbe déclare au notaire Verhulst, en présence de témoins, 
que le dessin annexé à la présente est bien celui qu’il a montré 
aux experts. 

Op heden sezthienden Mey xvj c taehentich comparerende voor 
my openbaer notaris end de getuyen naergenoemt, S r Lucas Fayderbe 
architecq, den weicken onder solemnelen eede in handen myns notaris 
gedaen, présent de naerbescreven getuygen, heeft verelaert dat het 
medegaende modei, t’gene hier is geblecken ende by my notaris 
in dorsse geteeckent, is het selve t’ gene sy ten tyde van de 
signature heeft gethoont aen de architecten, waer van mentie maect de 
medegaende certificatie, insgelycx by my notario geteeckent, actura 
Mechel. présent Steven Boustin ende Otto Verhulst als getuygen. 
Ende is de minute deser by de comparant onderteeckent. 

Quod attestor 

P. Verhulst Notarius publicus 
16 mey 1680. 


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— 332 — 


6. — MINUTE SANS DATE. 

Fayd’herbe demande que l’on fasse estimer la partie de l’autel 
déjà construite, par des hommes non suspects. Il exclut Quellyn 
et Yan den Steen. 

Alsoo de Heeren van Hanse wyck seggen vele grote fauten inden 
autaer syn, die wel tôt hunnen voerdeel ende profyt syn gemackt, 
als wesende de capiteelen die maer van witten valensynsen steen 
en syn in plaetse volgens het contract moesten wesen van wit 
marbel. Ende ofte van sleehten steen syn oft van costelyken wit¬ 
ten marbel, sy moeten my volgens schattinge betaelt worden, tghene 
my indifFerent was, maer hebbe deselve ter plaetsen tôt hunnen 
contentement gemackt om hun ten minsten cost te brengen, als 
ooc de pederstaelen die van diverse stucken syn ende van binnen 
hol syn, waer toe sy selven do carreelen hebben gelevert, ooc 
om den minsten cost, want met den orloge van vrancryck moest 
ic geven van ieder hondert gewicht, van vracht vyf schellinge, 
daer men van voeren, ende nue, maer en geeft dry schellingen 
van ieder honder, hoe wel hier weynich verlanck aen is, soo de 
H. van Hanswyck maer een wort en sprcken, gelyck ic hun diverse 
keeren gepresenteert hebbe. Want het is my indifFerent ende sy 
moetent by schattinge betaelen, volgens contracte. Ende sal de voer- 
seyde capiteelen ende pederstaelen sonder hunnen cost wt nemen 
ende aen ray houden ende in plaetse de peterstaelen wt een stuck 
raaeken, als ooc de capiteelen van wit marbel maeken. 

Want als de capiteelen ende de peterstaelen soo van wit mar¬ 
bel als ooc wt een stuck te maeken, sal maer wesen tôt hunnen 
meerderen cost daer se tôt minderen cost connen geraeken. Ende 
noch voerder soe er noch iet anders dat by meesters sal aenge- 
wesen worden, diees wel verstaenders, ic sait sonder hunnen cost 
wt nemen ende ander in plaetse maeken. Hoe syt costelyker maeken, 
het sal naer vanant geschadt worden maer ailes met conditie dat 


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— 333 — 


men niet en sal nemen die suspeckt syn, gelyck is Mons r Qui- 
lien (*) diet wel getoeynt heeft int schatten van de 2 historien, 
als ooc om andere redenen, gelyc ooc is hier tôt Mechien van 
den Steen (*) ende den contiluer die geduerich voer hun syn werkende, 
ende van hun deppenderende syn om hunnen intrest. Ten 2, van 
Steen heeft in syn leven maer eenen autaer gemackt noch ooc noeyt 
eenige fighueren van marbel heeft gemackt. Ic laede hof sueseren 
oft dat dat wel verstaenders syn als voor den contuluer die ooc 
noeyt in marbel heeft gewerckt. 

7. — MINUTE SANS DATE. 

Contre-réplique de Fayd’herbe envoyée au Grand Conseil, en ré¬ 
ponse à la réplique des religieux d’Hanswyek, présentée le G juillet 
1680. 

S r Lucas Faydherbe Rescribent, ten eendere zyde, communicatie 
gehadt hebbende van de Replicque hier t’ hove gedient den sesden 
July 1680 van wegens den eerw heere Prior ende Canonicken 
régulier des Cloosters van Hanswyck supplianten, ter andere, en 
daer tegens procederende seght voor duplicque t’ naervolgende : 

Alvooren, dat de supplianten met dese proceduren genoech te 
kennen geven hunne ondanckbaerheyt die sy aen den Rescribent 
beweysen over diverssche weidaeden en goede diensten aen hun 
gedaen. 

Want het hun kenbaer is dat den Rescribent aen hun menich- 
mael gegunt ende geleent heeft notabele sommen van penningen 
sonder intrest, en knechten op synen coste, om den bauw van 
hunne kercke te volbrengen. — Hebbende daer toe oock geleent 

(1) Arnold Quellyn, sculpteur anversois. 

(2) Jean van der Steen, né à Malines ver$ 1635, y mourut au commence¬ 
ment du xvm® siècle. 


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— 3:34 — 


endc gegeven diversche groote staecken steliingen, balken, catrolle 
ende racer andere noodtsaeckelyehe instrumenten. — Boven dien soo 
heeft hy svnen arbeydt en moeyte gedaen tôt liet maecken van 
den voorschreven bouw gcduerende den tyt van veerthien jaeren.Voor 
aile welcke en heeft den Rescribent noynt een oort recompense 
genoten. 

Volgens het questieus contract van den 13 February 1675, soo 
heeft den Rescribent de voorschreve kercke gratuitelyck vereert 
met eene costelycke statie staende tusschen de twee boghen van 
den coepel. 

Op den voedt van t’ selven contract is den Rescribent bereedt 
den autaer in questie te voltrekken ; t’gene de supplianten niet en 
willen toestaen. 

Trachtende hun te behelpen met gestudeerde vuytvluchten en 
pretexten van eenige pretense fauten, die sy waerschynelyck vuvt 
hunne eygene fantasie allegeren, en niet door het jugement van 
neutrale meesters hun des verstaende. 

Waer van sy promptelyck bv attestatie en andersints zouden 
hebben doen blycken ingevalle sy daer van voorzien waeren des 
neen. 

Den voornoemden autaer gelyck hy tegenwoordelyck staet, heeft 
vier jaeren onder handen geweest, niet int heymelyck maer public- 
quelyck ter presentie onde aensien vande supplianten. 

Den heere Prior heeft de omwerken van de syde deuren doen 
raaeken, ende als de selve seer naer volmaeckt waeren soo heeft 
hy daer toe gelevert den balck comende van den eenen muer van 
de choir totten anderen waer waermede den autaer en d’omwercken 
van de deuren aen elckanderen gehecht ende gebonden syn. 

Boven dien de supplianten hebben gelevert den grooten steen 
ofte taefel van den autaer, en hebben denselven autaer doen maeken 
naer advenant van de antependia waer van sy doer hunnen bor- 
duerder de maete hebben gegeven aen den Rescribent. 


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— 335 — 


Laetende den Rescribent den hove oordeelen hoe temerairlyc de 
supplianten alsnu dese wercken comen lasteren, de welcke door 
hun comande met hun consent ende aensien gemaeckt zyn. 

Sy hebben den voorschreven autaer gebruyckt ten tyde van dry 
jaeren, maeckende saemen seven iaeren, ende hebben den Rescribent 
soo lange met schoone woorden weten te ieyden, sonder oynt 
van eenige de minste faute te spreken ofte te weysen. 

Maer als hy den selven autaer wilt voltrecken, en datter appa- 
rentie is van gelt te geven, soo trachten de supplianten het selve 
te beletten by middel van eenige gepretexdeerde fauten waer van 
sy oordeelen gelyck eenen blinden van de coleuren. 

Behoudens dat sy verobligeert syn geweest dese pretense fauten 
bekent te maeken, tempore habili, en aleer den voorii autaer soo 
verre was gewerckt, om de selve ten minsten coste te connen re¬ 
dresserez 

Waertoe den Rescribent als nu noch is bereedt by soo verre 
(des neen & t’gene wel expresselyck wort ontkont) daar eenige 
fauten by neutrale hun des verstaende aengewesen zullen worden. 

Sulckx datter geene apparentie van redene en is ons ’t contract 
in questie te doen onderblyffven, niet meer op pretext vân gepre- 
senteerde indemniteyt als anderssints. 

Want hoe connen de supplianten den Rescribent ter desen indem- 
neren, daer hy ter oorsaecke van desen autaer diversche andere 
wercken heeft laeten vaeren, ende waer aen hy eene goede somme 
had connen winnen. 

Aleer den Rescribent den selven autaer hadt begonst, heeft te 
vooren gemaeckt diverssche modellen waer sommige geschildert zyn 
op bert, sommige geteekent op pampier, sommige gebootseert in 
poteerde en anderssints. 

De welke hy gethoont heeft aen hervaere meesters, om t* achter- 
halen hoe den autaer op de beste maniéré zoude connen gemaeckt 
worden naer proportie van de kercke. 


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- 330 — 


T’gcne tôt nu toe gemacckt is, en is niet anders als verschoten 
gelt, soo van vrac-hten vande steenen als van betaelde dachhueren 
waerop den Rcscribent niet en can winnen. 

In sulcker voegen dat b y door de schatting van den autaer, 
gelyck hy nu staet, geenssints geindemneert en can wesen, niet 
meer over den interest van syne verschote penningen, als over 
den arbeydt die by gedaen heeft, tôt het maecken vande voor- 
noemde raodellen, moetende daervan de vergeldinge becomen in de 
cieraeten vanden witten marbei, waervan hy de handt en conste 
aan syn selven heeft. 

Sonder welck proulTeyt en zoude den Reseribent den autaer in 
questie noynt aenveert hebben, veelemin gratis verciert hebben, 
mette voornoemde costelycke statie, die gescbat is ter somme van 
twee duysent en vyftig gulden. 

Het maecken van den autaer ende van dese statie is besproken 
by een en tselven contract (*) en d’een en is sonder considérâtie 
van d’ander niet aenveert nochte bestedt. 

Hoe willen dan de supplianten het maecken van dese wercke 
divideren, die volgens het contract inseparabcl zvn, ter oorsaecke 
vande réciproque considération de welcke beyde partyen 
en hebben tôt het aenveerden, en aenbesteden 

vande voornoemde wercken. 

Bovendien het maecken van den autaer heeft aen den Reseribent 
oorsaecke gegeven tôt het aengaen van t’contract, en belofre van 
voornoemde statie, ende hy en zoude anderssints niet geconstru- 
heert hebben sulekx dat de nature van t’selven contract indivisibel 
zynde hier inné bestaet. Willen de supplianten proufiiteren de voors 
statie, dat sy moeten gedoogen dat den Reseribent volraaecke den 
voornoemden autaer en geniete de winste daer aen clevende. 

Terwylent dat hy hem tôt het een sonder consideratie van het 

(1) N° 1 de l’Appendice. 


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ander int rainsten niet en heeft verobligeert, waer vuyt het volcht 
dat den Rescribent syne indenwiteyt niet en ean becomen, ten sy 
dat de supplianten aen hem betaelen de voornoemde statie t’gene 
s y hun wel zullen wachten te doen. 

Trachtende alleenelyck de selve statie ten onrechte te genieten 
ende voorshreven contract ten opzichte van den autaer te doen 
verdwynen op pretext van eene imaginaire indemniteyt. 

De welcke niet vindelyck en is als met het volmaecken van den 
autaer t’ gene den Rescribent can doen binnen den tyt van dry 
ofte vier weken. 

Terwylent dat hy daer toe gcprepareert heeft die noodige mate- 
riaelen ende dat syne eere ende reputatie dependeert van het vol- 
trecken van voornoemden autaer. 

Repugnerende oock tegens aile goede redene dat den Rescribent 
verlore moeyte ên arbeydt zoude hebben gedaen ora den autaer 
f inventeren, ende dat hy daer van geen prouffyt en zoude genieten. 

Ende ter contrarie dat andere meesters die daer toe geenen 
arbeyt en hebben gedaen, noch ooc hun gelt niet en hebben daer 
aen verschoeten van over seven iaer, zonder becomen de prouffeyten 
bestaende inde cieraten van selven autaer. 

De fauten die de supplianten daer inné fingeren is waerschoyne- 
lyck hunne eygene faute van ondanckbacrheyt ende ongeregelde 
begeerte van den Rescribent niet te betaelen op den voet van 
t’voorschreven contract. 

Niettemin den Rescribent procederende ter goeder trauwe, geeft 
aen de supplianten de voile maete, en is te vreden dat sy van 
hunnen cant zullen denomeren aclit architecten ende kenders van 
de konste, hun des verstaende, om bij den Rescribent daer vuyt 
te kiesen dry persoonen ten eynde van by hun te jugeren oft de 
voors autaer niet en is wel gemaeckt naer proportie van de kercke, 
op den voedt van t’voorscreven contract, ofte wel dat de sup¬ 
plianten aen hem zullen laeten kiesen dusdanige acht persoonen, ten 


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- 338 — 


fine sy daer vuyt noemen dry tôt het jugeren als boven; ten 
waere den liove geraedich vondt daer toe eenige van officie wegen 
te denomeren vuytte omliggende stcden. 

Midts welcken debatterende den geheelen inhoude vande voor- 
noemde replicque by impertinentie, frivoliteyt delegatie.en anderssins. 

Den Rescribent conciudeert en persisteert als vooren, met heyssch 
van costen. Biddende den hove daer toe gelieve te reflecteren dat den 
autaer volgens voors contract alleenelyck geproportioneert moet wesen 
naer de kerck, naer het best goetduncken van den Rescribent. 

Implorerende in ende op ailes etc. 

8 . - 29 MARS 1681. 

Arrêt du Grand Conseil obligeant les religieux d’Hanswyck à payer 
à Fayd’herbe, en trois années et par tiers, la valeur des travaux 
déjà exécutés à leur autel, à dire d’experts. 

Veu au Grand Conseil du Roy lire sire le différend entre les 
Prieur et Religieux du Cloistre de Hansewyck en cette ville sup¬ 
pliants par requête du 16 d’avril 1680, et par deux autres validées 
pour civiles, des 11 d’octobre de la dite année, et 6 de février 
dernier, soubs bénéfice desquelles ils ont posé faits et exhibé pièces 
débattues par partie, le tout joint au différend par ordonnances 
des 14 9 brc 1680 et 10 de mars ensuivant d’une part, Luc 
Faydherbe rescribent d’autre, La Cour faisant droit ordonne aux 
parties de faire priser endeans un mois par des maistres experts 
neutres, à choisir de part et d’autre, l’autel et les deux portes 
au costé, en l’estât qu’on le trouve présentement, avec tout ce 
que devant l’interdiction en question a esté fait ou destiné pour 
y servir, et estre approprié, et aussi le gaing que le dit Rescribent 
aurait peu faire a la par construction dudit autel, avecq ses termes 
au pied du modelle en estant, sans y comprendre aucune statue, 


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— 339 — 


conderane lesdits suppliants de payer contant au Rescribent le tiers 
de la portée do la ditte prisée, et les deux tiers restants d’année 
en année en égale portion, moyennant quoy vient a cesser la préten¬ 
tion du dit Rescribent pour la seconde station des basrelief, compense 
les despens. et pour cause, sauf le rapport qui sera à la charge 
des suppliants. Prononcé à Malines le 29 mars 1681. 

Original sur 'parchemin. 

9. — 23 MAI 1681. 

Accord entre les religieux d’Hanswyck d’une part, et Luc Fayd’- 
herbe avec son épouse, Marie Snyers, d’autre part, stipulant la 
somme de 4400 florins à payer par les premiers, pour les tra¬ 
vaux exécutés jusqu’à ce jour au maître-autel de leur église. 

Op heden 23 Meye 1681 compareerden voor my onderschreven 
Notaris royal tôt Mechelen residerende, ter presentie van de naerge- 
noemde getuyghen, de Eerw. Heeren Petrus Luytelaer als prieur, 
Joannes Bap u Marchant supprior, Nicolas Vercammen senior, Wal- 
terus Hoevenaers procurator, discreten van het Clooster van Hanswyck 
mitsgaeders Joannes de Dobbeleer, Guislenus Lambrechts vice pas¬ 
teur, Christoffel Servatij, ende Guillielmus Anthonius de Romerée 
discret, Petrus Pigaicbe, Petrus van dcn Eynde, Petrus de Rest, 
capittulieren van het selve Clooster ter cendre, ende Meester Lucas 
Faydherbe ende Jofvrouw Marie Snyers syne huysvrouwe, tôt het 
gene naer beschreven behoorelyek gheautoriseert van haeren man, 
ter andere syde; welcke comparanten respectivelyck tôt nederlegh 
van de geschillen ende voordere proceduren tusschen hun geresen 
over den hoogen autaer ende de twee poorten ter syden vanden 
selven autaer in de kercke van onse Lieve Vrouwe van Hanswyck, 
voorsreven, ende degene als noch te rijsen, naeraentlyck t’gene 
tusschen partijen voorgestelt t’ sedert het vonnisse interlocutoire van 


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— 310 — 


den 29 Martij 1081 verclaert te svn geappoincteert ende verac- 
cordecrt in der vonnen ende manièren naer besebreven: 

Te weten dat de voorscreve tweede comparanten uijt handen 
van de eerste comparanten aenstonts sullen ontfangen ende genieten 
de somme van twee duysent guldens comptant, die sy mits desen 
bekennen ontfangen te hebben ter presentie van my Notaris ende 
getuyghen; tôt welcken eijnde deze oock is dienende voor quittantie. 

Item sullen de eerste comparanten noch betalen aende voorscreve 
tweede comparanten binnen een iaer naer date deser, als noch de 
somme van twee duysent vierhondert guldens, maeckcnde t’ samen 
vierduysent vier bondert guldens, midts welcke somme de voor- 
noemde comparanten verclaeren te wesen geaeeordeert ende geap- 
poincteert over ailes t’ gene dependerende van den voorscreven 
autaer ende syde poortkens, gelyck hy is staende ende gereguleert 
is by den voorscreven vonnisse van 29 meert 1081, appendcntiën 
ende dependentiën der selver, midtsgaeders aile pretensiën daer vut 
oft daer over resulterende, met renonciaetie, hinc inde, van aile 
voordere pretensiën gepeyst ende ongepeyst, den voornoemden autaer 
eenighsints raeckende, waermede partyen syn gescheeden van aile 
voordere proceduren, met compensatie van costen t’ sedert de voor- 
noemde sententie vanden 29 Martij 1081, sonder ter causen van 
den selven autaer van d’een oft van d’ander syde iet voorders 
te mogen pretenderen. Wel verstaende dat in dit tegenwoordigh 
accord t syn begrepen de materialen en andere steenen gedepositeert 
in de Puttcrye binnen deser stede, ende dienende tôt den voor¬ 
screven autaer volgens d'ordonnantie van den voorscreven Grooten 
Raede, de welcke de eerste comparanten sullen vermogen te lichten 
ende er van disponeren t’ hunder geliefte, als van hun evgen ende liber 
goet. Ende tôt meerder vastichcyt van t’ hove voorscreven, hebben de 
voorscreve comparanten onwederoepelyck geconstitueert ende machtieh 
gemaeckt, gelyck sy doen by desen, aile thoonders deser om te com¬ 
pare ren voor myn Edele Heeren de President ende Raetslieden van 


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— 341 — 


syne Majestyts Grooten Raede, ende al omme elders daer het noodigh 
soude mogen wesen, om aldaer hun te laeten corademneren int 
onderhouden ende volcommen van desen accorde. Aldus gedaen ende 
gepasseert tôt Mechelen voorscreven ter presentie van heer ende 
raeester Matthias Horatius van Milanen ende meester Jan Everaerd, 
respectivelyck Advocaet ende Procurator van den voorscreven Grooten 
Raede, als getuyghen hiertoe aensoeht. Ende was de minute deser 
l>y de voorscreve comparanten respectivelyck .... benefFens de 
voorscreve getuyghen ende my Notario. 

Quod attestor, 

G. Yerhaghen, Notarius. 

10. — 30 DÉCEMBRE 16G2. 

Compte de ce que la Prieure de Leliëndael a payé à Fayd’herbe 
jusqu’à cette date. 

Liquidatie tusschen Mevrouwe de Priorinne van Leliëndael ter 
eenre ende M r Lucas Faydherbe ter andere seyde, ter cause van 
de betaelinghe van vierentwintich duysent guldens hem toegeseydt 
voor de twee eerste payementen voor het maecken van de nieuwe 
kercke int voorsreven clooster. 

Ierst wordt hier gestelt voor de voorscreve twee 
eerste payementen 24000 gl. 

Betaelinghe op de voorsreve somme gedaen: 

Ierst comt alhier voor coren, ten versoucke van- 


den vornoeraden Faidherbe gelevert aen Rombout 
Daems, in April lestleden. 53 10 — 

Gelevert aende steenhouders vanden voorscreven 
Faidherbe onder halven tonnen middelbier à dry 
guldens. 1 10 — 

Over te brengen 58 — — 


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— 342 — 


Overgebracht 58 

Den seventhiensten Junij lestleden, aande huis- 
vrouwe van den voornoemden Faydherbe getelt de 
somme van vyfftien hondert guidons eens . . . 1500 

Den 23 en Julij oock lestleden, alnoch getelt aen 
den voorscreven Faydherbe de somme van acht duy- 
sent seven hondert guldens eens, dico .... 8700 

Aen de voorscreve somme van xxiiij m gl. moet 
corten volgcns het billet van seattinghe van den 
eenen twintiehsten Julij tweeenscstich, voor gesaeght 
ende ongesacght timmerhoudt, de somme van vijff 

hondert acht en tachtich gl.588 

Item voor allen het houtewerek van de huysinghe 
fende gallerye des heeren commis van Uffels, de 
somme van hondert ende dertich guldens ... 130 

Item voor allen het houtewerek van de huysinghe 
gestaen hebbende neffens de oudo kercke tegens 
de straete de somme van hondert tweeensestich 

guldens.162 

Volgens d’billet vanden tweeden Aug* xvi c twee¬ 
ensestich, syn de mate rial en oft murasien affgebroken 
ter plaetse daer de nieuwc kercke staen sal, met 
de geene liggen op het oudt clooster tôt Hombeeek, 
geschat ter somme van ses hondert sessenvyfftich 


guldens.056 

Item sekere twee koopen ouden steen geleghen 
hebbende onder de gallerye int voorscreven clooster 

achthien guldens.. . 18 

Item wort hier gcstelt voor vijff roeden thien 
voeten arduyn by estimatie per billet vanden tweeden 


Over te brengen 11812 


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— 343 — 


Overgebracht 11812 — — 


Aug*, tweeensestich a tweeenseventich guldens de 
roede, bedraeghende de somme van dry hondert 

eenensestich guldens thien stuyvers.301 10 — 

In Septemb. lestleden by ordre van Favdherbe 
betaelt, in twee rysen, de somme van hondert scven- 
thien gl. thien stuyvers voor steen, aen Stroobant. 117 10 — 

Den derden Novemb. lestleden getelt aende huys- 
vrouw van den voornoemden Faydherbe de somme 

vijff duysent gl. 5000 — — 

Gelevert aende metsers, by ordre van Monsieur 
Faydherbe een brauwsel bier, seventich gl. vijff 

stuyvers. 70 5 — 

Ende daer en boven eene hallf tonne convents 

bier tôt. 3 10 — 

Mitsgaders noch vier potten convents bier tôt twee 

stuyvers. — 8 — 

Wort hier oock gebracht voor de hellicht van- 
de salarissen van de schatters vanden voorsereven 

ouden steen. 21 — — 

Item voor de hellicht van de vacatien vande 
tiramerlieden geschat hebbende het voorsereven houdt- 

werck. 4 8 — 

Den sessentwintichsten Novemb. lestleden, geson- 
den aende huysvrouwe van Monsieur Faydherbe, 
sesse hondert gl. ; des de selve. 600 — — 


17990 11 — 

Welcke voorscreve somme van seventhion duysent negen hondert 
negentich guldens elff stuyvers gecort ende afgetrocken aende voorscr. 
vierentwintich duysent guldens eens, soo corat den voornoemden 


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— 344 — 


Faydherbe goedt over de voorscreve twee eerste payementen de 
somme van ses duvsent negen guldens negen stuyvers eens. 

Aldus geliquideert den 30 Decemb. xvi c tweeensestich. 

S v Elisabeth Van Beeck 
Faydherbe 

11. — 16 AVRIL 1603. — 8 JUIN 1665. 

Sept quittances d’acomptes signées par Fayd’herbe. 

Den 17 #n Januarij 1663, heeft mevrouwe de Priorinne van Leliendael 
aen my onder ende boven gescreven betaelt de voorscreve somme 
van ses duysent negen gui. negen stuyvers. Des t’ oirconde geteeckent, 
te voorscreven dagbe. Faydherbe . 6009 9 — 

Den xvi en Ap. 1663 beeft mevrouwe de Priorinne 
van Leliendael aen my onderteeckent getelt de somme 
van ses duysent gl. op corttingbe van ’t gccondi- 
tionneert derde payement. Des t’ oirconde geteekent 6000 — — 

Faydherbe. 

Ten selven dagbe is gacordeert dat aan ’t voors¬ 
creven derde payement cortten sal vyfftich gl. voor 
den steen van de vensteriren van kercke vant out 

clooster tôt Hombeke. dico. 50 — — 

Faydherbe . 

Den 27 cn Junij van ’t voorscreven jahre 1663, 
heeft mevrouw van Leliendael my noch getelt do 
somme van dry duysent gl. eens. Des t’ oirconden 

geteekent etc. . 3000 — — 

Faydherbe . 

Den ij cn Augusti 1663 voorscreven heeft de voors¬ 
creve vrouwe Priorinne van Leliendael my getelt 

Over te brengen 15059 9 — 


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— 345 — 


Overgebracht 15059 9 — 

de somme van drye duvsent gl. eens. Des t’ oirconde 

etc. Faydherbe . 3000 — — 

Den 8 Octob. 1663 ghetelt aen Gillis, in pcr- 
missie gelt, drye hondert gl. eens, den 10 dito aen 
huysvrou van Monsieur Faydherbe de somme van 
vyff duysent guldens, in permissie. Den 29 en 9vemb. 

1663, noch vier duysent gl. eens. Maken negen 
duysent drye hondert gl. eens. T’ oirconden geteekent 

8 Junij 1665. 9300 — — 

Faydherbe . 

Den 23 Mey 1665, aen de voorscreve huysvrouwe 
van Faydherbe noch hondert pattacons, en den 30 
Mey voorscreve noch tweehondert pattacons in specie. 

Des t’ oirconde geteekent 8 Junij 1665. 810 — — 

Faydherbe. 

28199 9 — 


12. — 27 JUIN 1666. 

Récapitulation et suite du compte. 

Billiet van ’t ghene es betaelt by mevrouwe de Priorinne van 
Leiiendael aen M r Lucas Faydherbe op minderinge van tgene belooft 
voor d’maken vande nieuwe kercke in T t voorscreve clooster. 

lerst is aen den voorscreven Faydherbe betaelt 
den 17 January 1663 volgens de lequidatie van 
30 Dec. 1662, ende de quittantie van voor de 

twee eerste paymenten. 24000 — 0 — 0 

Item is aen dito Faydherbe noch betaelt op 

Over te brengen 24000 — 0 — 0 


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346 — 


Overgebraeht 24000 — 0 — 0 
de naervolgende paymenten, onder de quittancie 
van don 16 Apr. 1663 den 27 en Junij, 2 en Augus- 
tus, den 8 Octob., 10 en dito, 29 9vemb. van- 
den jare 1663 met den 8 Junij 1665 tsamen. 22100 — 0 — 0 
Yolgens de quittantie vanden 15 Junij 1665. 1250 — 0 — O 


Den 27 <n dito per andere quittance . . . 1000 — 0 —0 

Den 18 Julij 1665 per andere quittantie . . 1000 — 0 — 0 

Den 29 Augusti 1665 noch per andere q e . 1000 — 0 — 0 

Den 29 Septemb. van den selven jare per noch 

een andere q e . 750 — 0 — 0 

Den 21 Junij 1666 noch per andere q e . . 800 — 0 — 0 

Aenden tiramerman Gedion Stroobant op syn 
werck, per quittantie.4511 — 0 — 0 

56411 — 0 — 0 

Volgens seker billiet, voor vracht van drinck 
hier. 26 —12 — 9 


56437 - 12 - 9 

De voorscreve sommen aldus op malcanderen 
gerekent en bevonden te bedragen de somme van 
sessenvyftich dusent vier hondert xxxvij gl. xij st. 

1 blanke; sonder preiuditie van tgene betaelt aen 
smet en lootgieter, desen xxvij en Junij 1666. 

Faydherb . 

13. — 14 JUILLET 1667. 

Contrat nouveau, nécessité par la négligence de Tarchitecte à 
garder les stipulations convenues antérieurement. 

Alsoo disputen gercsen waren, ende naerder geschapen waren 


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— 317 — 


te rysen, tusschen mees r Faydherbe architeck ter ecndere, ende den 
heere Proost ende Vrouwe priorinne des cloisters van Leliendael 
ter andere, soo over het vergoeden van meerder lengde, brcede, 
hoogde, als anderssins, van al het gene den selven Faydherbe soude 
mogben gemaect hebben buyten de contracten, modellen, clynen 
voet, ende tgene by niet sculdieh en soude geweest syn te maecken 
in de nieuwe kercke, die hy is raaeckende in ’t voorscreven cloister, 
soo ist dat om ailes nu minnelyck te beslissen, ende elck anderen 
behoorlyck te vernoeghen, de voorscreven partyen gevallen syn in 
accord, inder manieren naervolgende, desen veerthiensten Juli xvi c 
sevenensestich. 

Inden eersten en verstaen partyen niet te scheeden van hunne 
contracten van den vierentwintichsten Mey xvi e tween tsestich, 
dertichsten December xvi c tweentsestich ende achsten Aprilis xvi c 
dryentsestich, nochte deselve in het minsten te altereren, nochte 
innoveren, synde ter contrarien hunne intentie dat de selve sullen 
blyven in hunne force ende vigeur. 

Ende alhoe wel aenden voornoemden Faydherbe op den vier¬ 
entwintichsten Juny xvi c vyffen tsestich gepermitteert was van vuyt 
het werck van de voornoemde kercke te laeten de steenen (*) gecit- 
teert in het model B ende C, soo ist dat* alsnu gehouden is ende 
hera is verobligeerende de selve steenen in haers groote, gelyck 
zy iegenwordelyck syn, in het voorscreven werck te stellen met 
de naerdere steenen in het model niet aengeteeckent, comende boven 
die van B ende C, soo onder de respectieve bogen van de voor¬ 
noemde kercke, als oock onder de boghen van de huyve ofte couppel, 
in conformiteyt gelyck het alreeds eenen boge heft gemacht met 
de voornoemde stucken daer inné staende. 

Dat den voornoemden Faydherbe sal gehouden wesen te maecken 
de voornoemde huyve oft couppel, te weten de cornissen ende 

(1) 11 s’agit des piédestaux à renflement formant la base des arcs doubleaux. 


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- 348 — 


bogen van blauwen toet steen, in conformiteyt ende naer proportie 
van den selven steen waer van de boghen syn, de welke comen 
in het welftsel van de selve kercke, ende het welftsel van de 
voornoemde huyve tusschen de boghen sal weesen van rooden carreel 
steen, van de selve hoogde conform het welftsel van de voor- 
screven kerek, gelyck hy alreeds een criivs (*) gemaeet heeft. Ende 
de ses enghels comende onder de voorscreven couppel of huyve 
sullen wesen van lavende steen, seer wel ende konstich ge- 
maeckt, ailes in conformiteyt van het model daer van berustende 
in het voorscreven cloister, geboutseert in potaerde by den voor- 
creven Favdherbe in de macnt van Juny lestleden, ende alhoe wel 
in eenen hoeck vaut voorcreven model maar en is gheboutseert 
éénen engel, soo is het verstant van partyen contractanten dat 
in den selven hoeck oock zullen moetcn gemaeck worden dry enghels 
gelyck in den andcren hoeck comen, inaeckende t’saemen ses enghels, 
synde oock geconditionneert dat den voorscreven Faydherbe sal moeten 
doen vergulden de feuillage ende liste die van lavender steen sal 
moeten gemaeckt woorden van het bovenste gadt vand voorscreven 
couppel, ende sal den voorscreven Faydherbe oock gehouden wesen 
te leveren aile yzerwerck ende aile andere materiaelen die tôt het 
volmaecken ende asseurance vande voorscreven couppel oft huyve 
noodich zullen bevonden worden zonder daer over eenige vergel- 
dinghe oft recompense te raogen pretenderen; waermede is komen 
te cesseren ende wort bij desen te niet gedaen het contract dien 
aengaende gemaeet tuschen den voorscreven Faydherbe ende den 
procureur Spilleboudt, opden vierden Martij xvi c vyffenvyfticht 
ende sal de somme van duysent guldens, by den selven Faydherbe 
ontfangen, op meerderinge van de huyve oft couppel cortten op de 
somme van vierentseventich duysent guldens waer toe syn beloe- 
pende de voorgaende contracten van aenbestedinghe ; ende is oock 

(1) Voûte comprise entre deux arcs doubleaux. 


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— 349 — 


in geconditionneert dat in de voorscreven couppel oft huyve sullen 
moeten gemaect worden arcliitraven van den voorscreven blauwen 
toetsteen onder de cornissen gelyck geconcipieert was bij een eerste 
model van de couppel oft huyve, indien de selvo den heer Proost 
ende Vrouwe priorinne het selve desireren dwelck den voornoemde 
Faydberbe tôt hunnen keus is stellende, daer inné te zetten oft 
vuyt te laeten, comende voor het surplus het voorscreven ierste 
model te cesseren. 

Ten vierden, sal den voorscreven Faydherbe moeten leggen onder 
ieder boge van het voorscreven welftsel een gordel oft ketinge 
van cloeck sterck yser, sulcx als naer proportie ende heysch van 
’t werck ende tôt verseckertheit vanden bouw bevonden sal worden 
noodich te wesen, de welcke hy sal vermoghen onder de flancken 
te legghen, mits dat de selve alsnu niet genoegelyck, soo als hy 
verclaert, in de flancken in konnen geleyt worden, door dien dat 
alsnu den selven Faydherbe gehouden is de steenen met B ende C 
in het werck te setten gelyck hy gegonst heeft te doene. 

Ten vijfden, soo is den voornoemden Faydherbe oock gehouden 
ende verobligeert te maecken de bogen van het welftsel van den 
voorscreven blauwen toetsteen in eene volcomen halffve ronde, 
met contour bogen daer beneffens van ronden careelsteen, in con- 
formiteyt gelyck syn de contrebogen in de kercke van de Paters Lieve 
Vrouwe broeders alhier binnen Mechelen; ende het welffsel sal 
moeten wesen van de hoogde ende forme gelyck alreede gemaeckt 
is tegens den achtergevel. 

Ten sessden, sal den voornoemden Fayd’herbe de borstweringe 
van de bovenste vensteren laeten soo gelyck die nu syn, ofte soo 
wel hooger brengen als den voorscreven heer Proost oft Vrouwe 
priorinne sal gelieven. 

Ten sevensten, aile het blauw werk ende swart werck sal moe¬ 
ten volmaeckt worden ingevolge vande contracter modellen ende 
clynen voet daertoe relatiff, ende sullen niettemin de bogen ende 


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— 350 — 


anderen blauwen steen alreerls geprepareert tôt het voorscreven 
werek blvven behouden hunne lengde, groote, ende brecde gelyck 
sy ingenwoordelyck syn hcbbende onde ten deele verwerckt syn, 
onde oock sullen de pilasters moeten wesen van de selve breede 
gelyck de woorscreven blauwe bogen syn. 

Ten achsten, is hy Faydherbe oock gehouden te becleeden ses 
deuren met hunne marbele molurcn, volgens de modellen daervan 
berustende int voorscr., cloister, ende twee blinde vensters comende 
opde ocsalen inden achtergevel te cireren gelyck d’opene vensters 
(daer de gelaesen in staen) gecireert syn. 

De ketenen, lompen, anckers ende andere yserwerck, alreeds lig- 
gende soo in ende rontsomme de kercke, gevels, thoren, als anders- 
sints, ende alnoch te leggen tôt het volmaecken van de selve, 
overal daer het noodich bevonden sal worden, niet vuytgesteken 
nochte gereserveert, sal wesen ende blyven tôt laste vanden voor- 
noemde Fayd herbe ende by hem betaelt moeten worden, niet te- 
genstaende by eontract van den eenentwintichsten Martij xvi c vyffen- 
sestich anders ware gestipuleert ten respecte van *t voorscreven 
yserwerck; welcke stipulatie midis desen oock komp te eesseren. 

Ten negenstcn, sal ten thoren gelyck den selven jegenwordelyck 
is staende, te weeten tôt aen de cappe, met aile syne materialen 
soo van steen, yser, houdt, als anderssints blyven tôt laste van 
den voornoemden Faydherbe, behalvens dat van het houtwerek 
dwelck van wegens het voorscreven cloister is gedaen tôt het 
belferoit vuyt liunne bosschen, by den voorscreven heere Proost 
ende Yrouwe Priori nne niet en sal mogen gepretendeert worden 
tôt laste van den voorscreven Faydherbe. 

Ten thiensten, en sal den voorscreven Faydherbe niet vermogen 
te pretenderen de voorscreven kercke beboorlyck ende volcomelyek 
opgemaeckt synde in conformiteyt als voren, eenigen geldinghe ott 
recompense niet raeer vuyt crachte van het voorscreven eontract van 
den eenentwintichsten Martij xvi‘ ! vyftensestich, als vuyt crachte 


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— 351 — 


vande particulière conventie varulen sevenentwintichsten Junv xvi c 
vyffensestich nochte oock vuyt eenigen anderen hooffde, niet meer 
van het verhooghen van den thoren boven de conditien als oock 
van dat de kercke, gevels, dacken off eenich werck van de selve 
soude weesen langer, wydder, hooger, dycker, stercker off anders- 
sints, buyten de modellen contracten clynen voet daer toe relatiff, 
ende ’t gene hy volgens syne obligatie niet sculdich en was te 
doen, bedacht ende onbedacht, midts dat den selven Faydherbe 
daer over, ende voor aile t’ gene voorscreven, hem gecontenteert 
ende gecompenseert is houdende, van nu voor alsdan mette naer 
te noemen somme als op ailes rypelyck geleten hebbende ; voor 
al dwelck voorscreven heer Proost ende vrouwe Priorinne ver- 
obligeert wesen ende beloven te betaelen aen den voorscreven Fayd¬ 
herbe de somme van dertich duysent guldens, naer dat hy de 
voornoemde kercke behoorlyck sal hebben volmaeckt ende de sleutel 
op de deure gelevert, ende dat boven de somme van virenseven- 
tich duysent guldens by de voorgaende contracten hem toegeseyt. 

Ende off het geviele dat den voorscr. heer Proost, ende vrouwe 
Priorinne goet vonden het nieuws t’ ordonneren in de voornoemde 
kercke buyten de contracten, modellen, ende tgene den voornoem- 
den Faydherbe volgens syne obligatie niet sculdich en soude weesen 
te maecken, sal hy gehouden wesen ’t selve te doene midts hem 
ordonnerende, ende hem daer over vergeldende ter arbitrage van 
experten hinc inde daertoe te kiesen. 

Ten lesten is geconditionneert dat den selven Faydherbe gehouden 
ende geobligeert is het voorscreven welffsel ende gevel te vol- 
maecken gedurende den iegenwoordigen somer, vuyterlyck binnen 
het loopende jaer xvi c seventsestich ende van heden aff continuelyck 
voorts te wercken met notabelen getalle van wercklieden, sonder 
ophouden, ende voorscrevene kercke alsoo te volmaecken ende stelle 
in behoorlycke staet, inder manieren voorscreven, voor halff Martij 
xvi c negenentsestich, op pene van te verbeuren een duysent guldens, 


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- 352 — 


tôt ’t proffyt van ’t voorscreven cloister, oflf well in plaetse van 
diere, dat de voorscreven lieere Proost ende vrouwe Priorinne de 
selve kercke sullen moghen doen volmnecken ton coste ende paryckel 
van den voorscreven Favdherbe ; waer inné zy sullen liebben hunnen 
keur. Ende op dat al ’t gene voorscreven te beter effect soude 
sorteren, soo hebben zij partyen respectievelyk geconstitueert ende 
machtich gemaeckt onwederopelvck mrs. 

T’ same ende elc int besunder om over hun te compareren voor 
die heeren van zijne Ma 1 * groeten Raede ende aile omme elders, 
daer het noodich wesen sa,] 9 ende t’ gene voorscreven aldaer her- 
kennende hun respectievelyck in het onderhoudt ende volbrengen van 
dien, gewillichlyck te laeten duennen (*) ende conderaneren t’ hun¬ 
nen coste; ende voorts meer etc. belovende en verbindende alsnaer 
recht. Àctum Meehelen présent Cornelis Goissens ende Anthoen de 
Kercker als getuyghen hier over geroepen ende gebeden. Ende is 
de minute deser bij de comparanten onderteekent. Was geteeckent 
quod attestor vr er ni. 

Au dos sc trouve: Contract van den 14 Julij 1(307. 


(i) Pour duemen ou doemen, condamner. 


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— 353 — 


14. — 13 MARS 1668. 

Requête de Gédeon Stroobant au magistrat de Malines, à l’effet 
de procéder contre Fayd’herbe pour l’obliger à payer au requérant 
les travaux de la voûte de l’église de Leliëndael. 

Myne Heeren Scliepenen en dat 
in saecken sal voorts geprocedeert 
worden van acht tôt acht dagen 
eenige vacantiën niettegenstaende. 

Actum den 13 Meert 1668. 

JB. Yan den Venne 
1668. 


Aen myne Eerw. Heeren 

Scliepenen deser stadt Mechelen. 

Verthoont met behoorelycke reverentie Joris Stroobant borger 
deser stede ende metser van sijnen stiele, hoe dat hy voor U. E. 
als aenhoorders procès is sustinerende over t’ relievement van 
seecker lesiff contract by liem aengegaen met m r Lucas Fyderbe, 
ende alsoo den suppliant van synentwegen liet wcrck by het voern. 
contract gestipuleert (wesende het welfsel vande kercke van Lelien- 
dael) voldaen heeft sonder daer den loon af te hebben getrocken. 
Alsoo den selven in suspense blyft tôt de decisie van dese saecke, 
welcken hera nochtans wel saude te passe komen om de daeli hueren 
van syn werckliedcn te betaelen, ende andere nootsaeckelyekheden 
tegen het aen koraende saisoen, is keerende tôt U. E. ootmoedelyck 
biddende t f ordonneren dat in dese saecke sal worden geprocedeert 
van derden tôt derden daege, de vacantiën niet tegenstaende. D’Welck 
doends etc. 


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— 354 — 


15. — 11 NOVEMBRE 1668. 


Total des sommes avancées à Fayd’herbe, ou payées pour lui 
aux fournisseurs. 


Naerdere betalingen. 


Item heeft Mevrouwe van Leliendael op den 
4 Meert 1665 doer Spillebout doen betalen M. 

Stooters. 

Voor de ysere keten bet. aenden smet, volgens 
syn billiet, 1932 gl. 10 st. ; ende alsoo tselve is 
ten laste van Faydherbe, comt hier te stelne. 

Voor de loote goten rontomme de kerck is 
tôt ontlastinge van dito Faydherbe betaelt 941 gl. 

11 st. ses den. 

Betaelt voor twee loote goten liggende op 
thende de syden vanden toren aende afthange, by 
q e achtenvyftich gl. dus hier te stelne . . . 

Bet. aenden smet, voor yserwerck tôt den toren 
dienende, als anckers ende andersints dry hond* 

xlüj gl. 

Den 29 Julij 1667, getelt aen de huysvrouwe 
van dito Faydherbe de somme van twee duysent 

vier hondert gui ; dus . .. 

Den l cn Octob. 1667 aen den nots Verhulst, 

doer last van Faydherbe, per q e . 

Den 16 cn 9vemb. 1667 aen Fumael, by order 

van Faydherbe, onder q e . 

Den 31 October 1667, aen Sedion, by leenin- 
ghe volgens syn obligatie, drye hondert vyftich gl. 

Den 12 en Junij 1668, aende huysvrouwe van 
Faydherbe, een duysent vier hondert gl. ... 


1000 - 0 —0 

1932 -10 — 0 

941 -11 - 6 

58 — 0 — 0 

343 — 0 — 0 

2400 — 0 — 0 
1050 — 0 — 0 
25 — 0—0 
350 — 0 — 0 
1400 - 0 — 0 


Over te brengen 9500 — 1 — 6 


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- 355 — 


Overgebracht 9500 — 1 — 6 
Den 12* Septemb. 1668 aende selve getelt thien 


hondert gl. per q e . 1000 — 0 — 0 

Den 10 e0 Octob. 1668 getelt aen Verbeke by 
order van Faydherbe p. q e . 30 — 0 — 0 


S a 10530 — 1 — 6 

Welcke voors. sommen van thien duysent vyf hondert dertich 
gl. 1 V* st ick belove te laten valideren voor goede betalinghe, 
sonder preiuditie van myn regte ten laste van Gedion Stroobant, soe 
ten regarde van de voors. ix c xlj gl. xl l k st. als vande voors. drye 
hondert vyftig gl. Des toirconde geteekent desen xj en November 1668. 

Faydherbe . 


16. — 1669 ou 1670. 

Ensemble des stipulations auxquelles Fayd’herbe n’a pas satisfait. 

Pretensiën die het Clooster is hebbende tôt laste van Mons r 
Faydherbe, Ierst : 

By contract van den 24 Mey 1662 is den selven Faydherbe 
verobligeert te maecken het naervolghende, sonder daer aen vol- 
daen te hebben. 

In den eersten 

Af te breken de gallerije die was staende op de erfve van den 
heere Raedt ende comis van Uffels, ende van nieuws op te maecken 
in sulcker voeghen dat de selve met haer dack soude comen onder de 
eerste vensters van de nieukercke, gelyck oock de plaetse daer 
alsdan was het comptoir van de officialen, ende ’t selve vermaecken 
ende vernieuwen soo ende gelyck ’tselve tôt meeste bénéficié van de 
voorschreven kercke soude behooren te gesc-hieden; ende alsoo de selue 
galerije niet en is gemaeckt, soo moet ’tselve geestimeert worden 
bij mannen hun dies verstaende, ten behoeve van ’tselve clooster. 


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— 356 — 


Dat Sedion Stroobant, heeft gecontracteert raet Faijdherbe over 
het houdt werck van de selve galerye. 

Item is den selven Faydherbe gehouden te maecken de poorte 
tusschen den hoff van het Couvent en de Prosdye, van gelycken 
paveijcn, den wech in den hoff. 

By ’t selve contract is den voorschreven Faydherbe verobligeert 
te maecken aen de selve kereke goede loffelycke fraijten van maeyfe 
metserije, ende alsoo de selve waeren becleet met slechte steenen, 
soo heeft het Clooster naer den heijsch van d’werck, midts den 
selven Faydherbe daer inné was mancquerende, daer op doen legghen 
groote witte steenen om de selve te sluyten, de welcke sullen 
moeten geestimeert worden by mannen hun dies verstaende, ten 
bchoeve als vooren, d’welck hadden connen verhoedt worden by 
soo verre den selven Faydherbe syn werck hadde gemaeekt bouen 
gelyck hy onder gemaeekt heeft. By t’selve contract is verboden 
aen den selven Faydherbe te maecken eenige coffers ofte kisten 
in d’werck, om gruys daer inné te smvten ; ende alsoomen beuint 
datter 2 venstriren syn gevult de diepte van 2 ofte 1 l !s voet 
met gruijs ende aerde soo moeten geestimeert worden als vooren 
de materialen die daerinne soude moeten comen, als het werck 
soude wesen volghens t’voorser. contract ende synen heijsch; van 
gelycken de 2 loose vensters de welcke uijt het werck gebleven 
syn, de welcke niet en sijn gebout conforme den heijsch van d’werck 
en het model. 

Het cruvs staende op den geucl en is niet behoorlijck verse- 
kert. Sullen oversulckx moeten geestimeert worden de materialen 
ende allcnt diemen noodich sal jugeren om t’ selve te versekeren 
naer den heijsch van d’werck. 

Yan gelycken sullen moeten geestimeert worden aile de materialen; 
ende als et van t’ghene den Faydherbe niet en heeft in den gevel, 
in de plaetse waer teghenwoordigh de venster is staende, ailes 
conform het model van den selven gevel. 

Bij t’ voornocmd contract is den selven Faydherbe verobligeert 


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— 357 — 


de venstrieren te maecken van goeden herten verhouwon steen. 
van Ctrimberghen ofte ten minsten van sulckenen die soo goet is, 
soo grof, dick ende lanck als het werek verheyst, soo liet by 
arti. van het contract van den 30 Decembris 1062 is gereciteert. 

Daer dat raen bevint de selve venstrieren gemaeckt te sijne van 
slechteren steen, ende niet hebbende de dickte, noehte gesteert naer 
den heijsch van d’werck, waervan de minder weerde sal moeten 
geschat worden by mannen hun dies verstaende als vooren; van 
gelycken de minder weerde van de ecksteenen ende specklaghen 
van de kercke, midts die seer slecbt syn ende niet naer den heijsch 
van d’werck. 

Den wenteltrap comendc in den achtergevel en is niet conforme 
de conditie ende obligatie van den selven Favdherbe, als niet heb¬ 
bende syne dickte, breede noehte lenghde volghens de conditiën ende 
naer den heijsch van d’werck, boven dat men beuiat tusschen den 
selven trap metserye directelijck teghens de conditiën ghevisiteert 
in t’ selve contract ; al d’wclck sal moeten geëstimeert worden 
als voren, ten behoeve van t’ voorschreven clooster. 

Het sanctuarium van den hooghen Autaor moet bij den selven 
Faijdherbe gepaveijet worden ende alsoo hy het niet en heeft gepa- 
veyet daer de trappen van den Autaer comen, soo moet gepres- 
seert worden als vooren het valeur van ’t selve paveijen d’welck 
soude gecomen hebben onder de voorsr. trappen. 

Den voorschreven Faijdherbe is ook verobligeert bij t’selve con¬ 
tract te leveren aile sloten ende ijserwerck, in de selve kercke 
soo van anckers sloten ende aile andere, wel gemaeckt van goede 
meesters naer den heijsch van d’werck, ten segghen ende visitatie 
van mannen hun dies verstaende ; ende alsoo bij het clooster syn 
betaelt diversche sloten ende ijserwerck, soo sal t’selve bij den 
voorschreven Faijdherbe aen t’ voorschreven Clooster moeten goet 
gedaen worden. 

Den voornoemden Faydherbe is oock verobligeert geweest te 
nemen 2 vyfde deelen calck ende drij vijtde deelen sauel volghens 


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— 358 — 


het voorscreven contract, ende 15 kerren calck, ende 18 kerren 
sauel ingevolghe vanhet contract daer naer gemaeckt op de 9 
lObre 1662, ende alsoo hij t’selve niet en dede, soo is by het 
Clooster gesuppleert geweest in syn deffault dien 2 volgens om 
t’achtervolghen de besprokene condition soo heeft het Clooster 
gecontribueert tôt 150 kerren calck ofte daer omtrent opdat eenen 
soo notabelen bouw niet en soude verhindert worden; weleken 
calck by den selven Faydherbe oock behoorden goet gedaen te 
worden, ten behoeve als vooren. 

Den voornoemden Faydherbe is oock gehouden te legghen op de 
waterlyst van de voorschreven kercke een loote gote van sulcken 
diepte ende wijde als t’ voorschreven werck is verheyschende. Tôt 
weleken eijnde de selve waterlijst soude moeten wijtgecapt worden 
ende naer advenant gewerckt worden ende alsoo de voorschreven 
gote niet en is hebbende haer diepte nochte wijdde naer den heysch 
van d’ werck, nochte oock de waterleeste niet en is uytgecapt 
volghens do condition, soo sal de minder weerde van het loot 
ende arbeijt, mitsgaders den witten steen, ende uijtcappinghe van 
de voorschreven waterleest moeten geestimeerd worden ten behoeve 
van t’Clooster, by manieren als vooren. 

Het schaliebert van de cappe moeste wesen van goet droogh 
abeelen bert ter visitatie van mannen hun dies verstaende. Dan 
alsoo het geene verwerckt is was groen ende gescheurt soo moet 
de minder weerde geestimeert worden als vooren. 

By *t contract van den 9 Decembris 1662 is den seluen Fayd¬ 
herbe verobligeert te maecken neffens de pilasters in de voorschr. 
kercke contrepilasters van rooden marbel tôt onder de architrauen 
rustende op de voorschr. pilasters, derwelcke niet geraaeckt synde, 
moeten de weerde derselver geestimeert worden ten behoeve van 
t’Clooster, op den voet van het model et contract daer toe 
relatiff, doende te considereren in de selve estimatie dat den selven 
roode marbel soude moeten wesen van de selve sorte, of soo goet 
ende soo schoone als is den ghene staende in de kercke van de 


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— 359 — 


paters jesuitten tôt Naraen, volghens het voorschreven contract. 

Van ghelycken is den selven Faydherbe verobligeert te maecken 
neffens de pilasters van toetsteen, contrepilasters van rooden carreel, 
ende de selve plasteren met paryschen plaster, den selven schil- 
deren ende gelyck maecken aen de onderste contrepilasters, begin- 
nende daer de eerste vensters vande voorschreven kercke beginnen 
volgens het model. Daer van synder waeraen den selven Fayd¬ 
herbe niet voldaen hebbende, moet de weerde van dien geestimeert 
worden als vooren. 

Den voornoemden Faydherbe is oock verobligeert, soo by tselve 
contract als by t’ghene van den 3 lObre 1662, op den oxael 
van de kercke te maecken eene stercke yseren traillie tôt separatie 
van de geestelycke ende weerlycke persoonen, de welcke van gelycken 
sal moeten geestimeert worden als vooren ten behoeve van tvoor- 
schreven Clooster. 

Den selven Faydherbe is oock verobligeert te maecken in do 
voorschreven kercke de noodige vensters, tôt sulcken getal als de 
eerste comparanten gelieven sal, ende daertoe leveren aile nood- 
sakelyckheyt als van steen, houdt, yser, sloten ende al watter 
toebehoort, sonder yet te reserveren. Dien volghens alsoo daer noch 
moeten gemaekt worden de deure boven op den choor, ende inde 
sacristye, soo moet hy de selve volmaecken ofte de weerde van 
dien. 

By contract van den 14 July 1C67 is den selven Faydherbe 
verobligeert te maecken in de twee hoecken onder de huyve ofte 
couppel, sêsse engels van lavendelsteen, seer wel ende constich 
ghemaeckt in conformité van het model. Ende alsoo hy in plaetse 
van daer aen te voldoen, heeft geraaeckt in elcken hoeck eene 
schelpe, soo sullen moeten geestimeert worden bij experte als vooren 
de .... engels die daer resteren tôt de voorschreven sesse, waer- 
teghens sal rabatteren de prise van voorschreven twee schelpen. 

Den selven Faydherbe moet oock leveren aile yserwerck ende 
aile andere materialen die tôt volmaecken ende asseurance vande 


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— 300 — 


voorschreven couppcl oft huyve noodich sullen bevonden worden 
ende alsoo hy heeft gebruiekt stylen van houdt tôt het vast maecken 
van de envols, sehelpen ende andere werck van de selve, in plaetse 
van yser, soo sal ’t selve moeten geestimeert werden als vooren 
by experten hun dies verstaende de mindere weerde ende het 
perickle. 

Van gelycken is den selven Favdherbe verobligcert te maecken 
in de voorsohr. couppel ofte huyve architraven van blauwen toets 
onder de eornissen, ende alsoo hy ’t selve niet en heeft gedaen 
soo moeten de selve geobmitteerde architraven gëstimeerd worden 
ten behoeve van tclooster als vooren. 

De twee blinde vensters op den oxael in den achtergevel moeten 
gecireert wesen gelyck d’opene vensters, oversulckx alsoo de voor¬ 
schreven twee niet en svn gecireert al gelyck de andere, soo sal 
den voorschreven Faydherbe ’t selve moeten volmaecken ofte wel 
de courtnesse geestimeert worden als vooren. 

Ende alsoo Faydherbe hadde misbout den gevel op de straeten 
ende dat hy in mora bleft van den selven te redresseren, soo heeft 
het clooster die t’syncn coste doen afljrecken ende redresseren in 

behoorlycke forme, waer aen is betaelt de somme van. die den 

selven Faydherbe moet goet doen. 

Finalyck is den voorschreven Faydherbe vcrvallen in de boete 
van 1000 guidons overmidts dat hy de kercke niet en volmaeckt 
véor liai fF martii 1069, volghens het contract alhier actam (sic) 1000. 

Den voorschreven Faydherbe is oock verobligcert volghens het 
model te maecken plinten van blauwen toetstecn nefiens de bovenste 
venstrieren, ende lancxhenen do kercke, onder de onderste ven- 
strieren : 

Dat de eornissen niet en svn versekert met yser naer den heyseh 
van dwerck. 

Voorders is den selven Faydherbe volghens de reehten verobli- 
geert de voorschreven kercke te houden staen den tyd van jaeren 
gelyck aile meesters ghehouden syn in bublieke wercken ende intérim 


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- 361 — 


het Clooster contenteren voor aile toecomende grieff ofte schade 
gheduerende den voorschreven termyn. 

Au dos se trouve: Pretentiën tôt laste van 

Vay dherp. 

17. — 9 DÉCEMBRE 1670. 

Suite du compte depuis 1668. 

Naerdere betalingen. 

Yerst, by bekentenisse, aen voors. Favdherbe . 15 —15 — 0 

Den 14 Decemb 1668 getelt.3100 _ 0 0 

Den 3 Januarij 1669 . 0 _18 0 

Den 21 April 1669. 1200 _ 0 — 0 

In Mey 1669. ]7 _ o_ 0 

Den 14 Junij 1669. 1200 _ 0 _ 0 

Den 20 Augusti 1669. 1000 — 0 _ 0 

Den 28 7ber 1669. 8G _ 1 _ 6 

By bekentenisse aen sekeren man van Nyvel . 50 — 0 — 0 

Den lesten 9ber 1669 by assignatie . . . . 100 — 0 — 0 

Den 18 Decemb 1669. 1000 _ 0 — 0 

Den 16 Januarij 1670. 50 — 0 _ 0 

Den 16 Meert 1670 . 2000 — 0 _ 0 

Noch door assignatie betaelt. 50 _ 0 0 

Den 28 Mey 1670. 1500 — 0 — 0 

Den 19 Julij 1670. 1000 0 —0 

Den 6 Aug. 1670. 1000 — 0 — 0 

Den 26 Augusti 1670 by assignatie .... 100 — 0 — 0 

Over de venstriers, verschoten. 1600 — 0 — 0 

Den 20 October 1670 . 1200 — 0 0 

Den 6 December 1770. 1000 _ 0 — 0 

17237 —14 — 6 

Welcke voorscreve somme van seventien duysent twee hon- 


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— 362 — 


dert ende sevenendertich gui. xiiij ■/* st. den voopscreven Fayd- 
herbe bekent geproffiteert ende ontfangen te hebben, boven de 
voorsereven twee sonimen rcspectivelyck van sessenvyftich duysent 
vier liondert sevenendertich gui. twelf st. 1 blanke, ende ihien 
duysent vyfhondert dertich gui. 1 •/* st. maeckende de voorscreve 
dry sommen saemen vier en tachtentich duysent twee hondert vyff 
gui. acht s. ses deniers, daer mede doot ende gecasseert blyven 
aile quitantiën, bewvsen ende bescbeden desaengaende hier voorens 
verleden, aldus gerekent ende gecalculeert desen 9 decemb. 1670. 
Toirconde etc. Faydherbe . 

Me présente als notaris 
F. Verbeeck, 

1670. 

18. — 11 MARS 1672. 

Accord relatif au payement de 2000 patacons comme dernier 
solde. 

Alsoo diflerenten stonden te gerysen tusschen den eerw heer 
Proost ende vrouwe Priorinrte des cloosters van Leliendael ter eendre, 
ende meester Lucas Faydherbe architect ter andere, ter oorsake 
van aile de wercken ende materialen die den selven Faydherbe 
niet en lieeft gemaect ende ghelevert, in ende aan de nieuwe kercke 
by hem ghemaect in ’t selve clooster, volgens het model ende 
contracten dien aengaende gheformeert; soo ter oorsake van de 
veranderinge vercleyninghe ende vergrootinghe als cleynen voet, 
bedacht ende onbedacht, wetende ende onwetende, waerover esti- 
matie soude mocten geschicden, in conformiteyt vande voorcreven 
contracten; ende van gelycken over aile de werken by den selven 
Faydherbe ghemaect ende materialen by hera ghelevert in ende 
ande voorsereven kercke, soo van aultaer als andersints, tôt op heden 
date deser, buyten de voorschr. modellen contracten, ende syne 


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— 363 — 


obligatien waervan oock soude moeten estiraatie geschieden: soo 
syn eyndelinghe partyen over een coramen ende veraccordeert inder 
manieren naervolgende, door tusschenspreken van goede vrienden 
ende mannen exp. hun dies verstaende, om aile disputen ende diffe- 
renten te schouwen. Te weten dat aile *t ghene d’eene teghens 
d’andere vande partyen soo wetende als onwetende soude connen 
pretenderen ter oorsaken voorschreven, sal onderblyven, doot ende 
te niet wesen sonder yet te reseveren vuyt wat hoofde ’t selve 
soude moghen wesen, midts by het selve clooster tellende aenden 
voorschreven s r Faydherbe de somme van twee duysent pattecons 
eens, in voldoeninghe ende recompense soo van ’t ghene dat men 
bevonden heeft de pretensien van den voorschreven Faydherbe meer 
te bedraeghen als deghene van voorschreven clooster, als oock over 
al ’t ghene aen den selven Faydherbe was goetcomende by voor- 
gaende aftellinge. Met welcke voorschreven somme van tweeduysent 
pattecons den voorschreven Faydherbe bekent voldaen te wesen 
van aile syne wercken ende materialen by hem tôt op heden ghe- 
raaect ende ghelevert, ende van aile ’t ghene hy tôt laste van 
t’ selve clooster eenichsints soude connen pretendeeren over het 
volmaecken van de selve kercke ende ’t ghene daervan dependeert, 
tôt op heden date deser, niet ghereserveert. Soo van ghelycken 
het selve clooster bekent voldaen te wesen ende vergenoecht van 
den voorschreven Faydherbe, waermede beede partyen hun syn con- 
tenterende, ende bekennen voile apaisement te hebben soo van ’tgene 
wetende als onwetende. Deschargeren hiermede elcandere cons- 
cientien van ’tghene d’een aen d’andere souden moghen verplicht 
ende verobligeert wesen. Des t’oirconden hebben partyen dese onder- 
teeckent, den xi* n Marty 1672. 

fr. Jacobus Mollemans S r Elisabeth van Beeck 

proost van Leliendael P . van Leliendael 

Fay dherbe Marie Snyers 

B. Mellens Norbert us Vanden Enden 


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— 364 — 


19. — 1672. 


Note relative au payement du solde convenu dont mention dans 
le document n° 17. 


1672. 

Den 11 Meert 1672 veraccordeert met Vavdherp voor noch van 
al dat hy te pretenderen heeft, voor de somme van 2 dusent 
pattacons, boven de voorscreven 4 en tacbtentich dusent guldens, 
raaer het is te veul, Ende bevinde noch boven de 8400— betaelt 
is 205 gl. Dat compt ons noch goet. 

— Hierop betaalt (sic), alst blyckt by quitancie: 

In 2 Rysen: te weten in Meert en Mij 1672 — De somme 
van -1700- pattacons. — Rest noch -300- pattacons, mits ons 
goet compt de voorscr. -205- gl. 

Item is noch tôt Vaydherpe last de heel kerk den merbel wel te 
cuyschen en te schuron. 

Item voort convent eene eerelycke ende treffelycke rekreasie van 
12 of 13 pond flams. — 

10 Octob. 1672, aen de huysvrauw van Faydherp -100- pattacons. 

9ber 1672, aen de huisvrau van Fayd. -103- pattacons. 


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PLANCHE I 



NOTRE-DAME D’HANSWYCK A MALINES. 
F A ('A DE PRINCIPALE. PLAN DE 1070. 


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/ 


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•>*j 


PLANCHE VI 



f . . *.. . Zj.FrvÙr, 


NOTRE-DAME D’HANSWYCK A MALINES. — HAUT-RELIEF DU DÔME. 


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EXPLORATION DE QUELQUES 

TUMULI 

DR LA 

CAMPINE A N VERSO I SE- 


MERXPLAS. 

Le TüMULUS « DEN VOSSENBRRG ». 

A environ 5 kilomètres à vol d’oiseau au N. du village 
de Merxplas, entre le hameau de Ginhoven sous Baerle-Duc 
et la frontière hollandaise, au delà de la petite rivière 
la Marck, s’élève le Vossenben 7 , (colline des renards). 
C’est une élévation parfaitement circulaire, d’environ cinq 
mètres de haut, plantée de jeunes sapins. Elle a un diamètre 
d’environ 32 pas et une circonférence de 94 pas. Le som¬ 
met de ce tertre est légèrement creusé en entonnoir, ce 
qui lui donne vaguement l’aspect d’un cratère éteint. Il se 
détache nettement du sol environnant parfaitement nivelé et 
transformé en prairies, en cette saison d’hiver (novembre), 
passablement marécageuses. A quelques mètres au S. se 
remarque une levée de terre à angle droit qui semble 


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— 366 — 


être un vestige d’enceinte délimitant la prairie. Le tertre 
est composé de sable rapporté très meuble. Cette circons¬ 
tance jointe à sa forme parfaitement circulaire permet 
d’écarter toute supposition de construction naturelle de ce 
monument. A la surface, que nous explorons attentivement 
en tous sens, aucune trace de poteries, de silex, d’osse¬ 
ments, de bois ou de pierres qui permettraient de déter¬ 
miner s’il s’agit d’un tumulus, d’une motte féodale ou des 
bases d’un ancien donjon. 

Le propriétaire, Martin Van Oerle, habitant au Heihanl 
(Merxplas), nous déclare avoir planté, il y a quelques 
années, les sapins qui s’y trouvent. Le sol a été retourné 
à la pelle et il n’a été trouvé alors que quelques donder- 
sleenen (pierres de tonnerre); c’est le nom donné aux 
silex que l’on trouve parfois dans la bruyère. 

Plusieurs légendes se racontent à Ginhoven au sujet du 
Vossenberg. Nous les donnons ci-dessous aussi exactement 
que possible. 


* 

* * 

I. — Il s’élevait anciennement au Vossenberg un ch⬠
teau en bois, d’après d’autres en gazons (in russen). C’était 
le séjour d’un seigneur, ennemi d’un autre seigneur qui 
habitait Raevels — suivant d’autres, Weelde (localités dis¬ 
tantes du Vossenberg d’environ 7 à 8 kilomètres à vol 
d’oiseau). Us se seraient battus en duel dans une bruyère 
voisine du Vossenberg qui en a conservé le nom de ruzie- 
akker, champ de la querelle, ou dans un chemin adjacent 
appelé slrijdstraat, rue de la lutte. 

II. — Le Vossenberg contient des souterrains très spa- 


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— 307 — 


deux, on s’en serait aperçu il y a une cinquantaine d’années 
en traquant un renard qui y avait élu domicile. 

III. — Le Vossenberg était la résidence des Kàbautcr- 
mennekens ('), nutons. Ils travaillaient la nuit. Celui qui 
les employait, devait toujours leur assurer du travail, 
sous peine de se voir assassiner. Mais comme ils étaient 
très nombreux, leur tâche était toujours terminée le matin. 
Il suffisait au propriétaire de répandre sur le champ un 
petit tas de fumier, pour voir le lendemain tous les tas 
de fumier répandus de la même manière. Un jour, ne 
sachant plus quel travail leur donner, et craignant pour 
sa vie, le paysan jeta une meuke, mesure de semences de 
spergule ^semence microscopique), dans des fagots empilés 
et se mit ensuite à les rechercher. Le lendemain toute la 
semence était présente dans la mesure. 

* 

* * 

La première légende fait songer au combat singulier 
livré le 5 février 1000 dans la bruyère de Vuclit, près de 


(1) Certains auteurs ont voulu retrouver l’origine des Kabaulers de la 
Campine, Kobolts et Elfes de la Germanie, Nutons du Hainaut, Sotiais de 
la province de Liège, Neckers ou Nikhers du Brabant et autres petits bons¬ 
hommes légendaires dans les survivants d’une race brachycéphale, de petite 
taille, échappés aux massacres d'envahisseurs do race dalichocéphale nor¬ 
dique. Le souvenir de vaincus errants, timides et farouches, réduits à l'escla¬ 
vage, employés aux basses besognes et ridiculisés par leurs maîtres nous 
serait parvenu amplifié et dénaturé par la tradition (C. f. H. van db Vbldb. 
Rapport sur les fouilles des cavei’nes de Furfooz . Bulletin de l’Académie 
d’Archéologie, 1868. p. 72.) Il semble plus logique de rechercher leur ori¬ 
gine dans la mythologie Scandinave. Dans l’Edda, les nains sont supposés 
habiles à travailler les métaux. Ils habitaient des cavernes ou des monticules 
ou ils accumulaient leurs trésors. 


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Bois-le-Duc, entre Abrahams, dit Lckkcrbeetjen, chef do 
vingt-deux flamands, et le capitaine français de Bréauté 
à la tête de vingt-deux retires de sa compagnie ('). Elle invo¬ 
que aussi le souvenir de l’existence d’un donjon ou castel 
qui nous parait très problématique, étant donné, que lors 
du défrichement, on n’a trouvé aucune trace de matériaux 
en bois ou en briques. D’autre part la seconde légende 
fait supposer l’existence d’une chambre funéraire dont 
l’entonnoir existant au sommet du tertre, fait présumer 
l’écroulement. Serait-ce un tumulus et, vu ses dimensions, 
serait-il de l’époque romaine? C’est ce qu’il importe de 
déterminer en y opérant des fouilles. 

Il y a cependant lieu d’observer ici que le tertre du 
Vosscnbcrg s’élève immédiatement à côté de la Marck et 
qu’il peut avoir servi de butte à signaux comme plusieurs 
autres élévations dont nous parlerons plus loin.’ 


MERXPLAS. 

Poteries trouvées au ^ Steenheuvei.iieyveed *. 

Il y a quelques années, M. van Nueten, échevin de 
Merxplas, en faisant défricher une de ses propriétés situées 
derrière le Paepenvoorl, au lieu dit Slcenheuvcl/ieyvelct, 
c’est-à-dire la colline de pierres dans la bruyère près de 


(I) Den slagh van Leck&'betjen teghens den hcere van Breauté — in 12 
— Mechelen 1772 — avec une gravure représentant cette bataille. Il en a 
été édité une traduction française par Vitunus à Bruxelles. 

Voir aussi Biographie Nationale in V e Abkahams. 

D après une variante recueillie à Weelde, il s'agirait d'un seigneur de cette 
dernière localité qui aurait tué en du»-l un seigneur d’Hoogstraeten. 


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— 309 — 


l’ancien chemin do terre reliant autrefois Tumhout à 
Hoogstraeten, mit à jour plusieurs grands tessons en terre 
cuite, fine, grise, non vernissée, mais noircie au feu étouffé 
ou à la fumée. Ils semblent avoir appartenu à une grande 
urne ou cloche d’environ 45 à GO centimètres de haut, 
d’une exécution assez grossière et modelée à la main. Il 
y avait trois anses mesurant 19 centimètres de corde entre 
la courbure. Chacune de ces anses était entourée de 
quatre ouvertures circulaires dont deux s’ouvraient au 
point d’attache des anses au vase. A l’intérieur des tes¬ 
sons se remarquent des traces de carbonisation qui font 
supposer qu’il s’agit ici d’une grande cloche, percée de 
douze ouvertures, ayant recouvert un feu. Un fragment 
du bord dont le développement complet accuse un diamètre 
d’environ 70 centimètres, confirme cette supposition. 

Les pincées, dont les anses sont ornées, et la facture 
assez grossière des tessons semblent accuser une produc¬ 
tion du haut moyen-âge. 

Cependant nous avons trouvé des tessons absolument 
semblables comme dimensions et comme ornementation 
figurés dans Anvers à travers les âges I, p. 14, où ils 
sont renseignés comme antiquités découvertes à Anvers 
et à la tête de Flandre. Ils y sont représentés en même 
temps qu’un glaive contourné d’une forme très antique. 
Dès lors on peut se demander s’il n’y a pas lieu d’attri¬ 
buer à ces poteries une ancienneté beaucoup plus grande 
que le haut moyen-âge. 

Quant à la destination de cet objet, nous supposons 
qu’il aura servi pour recouvrir un feu de tourbe et que 
les 12 ouvertures constituent autant de cheminées. A ce 
propos, il n’est peut-être pas sans intérêt de consigner 
ici la manière primitive dont les paysans de la Campine 


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— 370 - 


anversoise, qui ne possédaient pas de four, procédaient, 
à une époque peu éloignée de nous, à la cuisson de 
leur pain. Ils écartaient du foyer la cendre brûlante de 
la tourbe et déposaient la pâte du pain sur les pierres 
chauffées. Ils recouvraient la pâte d’une grande tôle re¬ 
tournée sur laquelle la tourbe incandescante était ensuite 
accumulée. Au bout d’environ une heure on obtenait de 
cette manière un pain excellent à ce qu’il paraît et qu’on 
appelait ascltbrood, pain cuit sous la cendre. 

Nous supposons que la grande cloche aura servi pour 
recouvrir le tout afin de localiser la chaleur du foyer. 

Le terme aschbrood et le procédé de panification ne 
font-il pas songer au panes subcinericii dont il est ques¬ 
tion dans la Genèse? On les nommait aproi ey/.pvfidi, panes 
tecti , absconditi, pains couverts ou cachés, puisqu’ils ôtaient 
cachés sous la cendre par opposition aux pains cuits au 
four. Abraham recevant les anges dans son habitation, 
dit à sa femme : « Pétrissez vite trois mesures de farine 
et faites cuire des pains sous la cendre » ('). Dans le 
III e livre des Rois XIX, § 5 et § G, il est dit que l’ange 
envoyé vers le prophète Elie, le toucha et dit: «Levez 
vous et mangez ». Elie regarda et vit près de lui un pain 
cuit sous la cendre panis subcincricius (*). 

Ces pratiques primitives ne sont pas si éloignées de nous 
qu’on pourrait le croire. Le fragment de meule qui ac¬ 
compagne cette trouvaille rappelle la meule antique encore 
en usage dans de nombreuses fermes campinoises. Ce sont 
de petites meules superposées d’environ 40 à 50 centimè¬ 
tres de diamètre. La pierre supérieure est surmontée d’une 


(1) Genèse, XVIII, 6. 

(2) Renseignements dus aux obligeantes recherches de M. l’abbé Fàes. 


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— 37 i — 


manivelle en forme de villebrequin et à laquelle deux 
hommes, placés l’un devant l’autre impriment un mouve¬ 
ment rotatoire. Au village de Merxplas seul, il existe 
encore de 30 à 40 de ces meules à bras, appelés kwen- 
molens. La plupart ne sont pas employées, mais chez 
certains paysans avares, avant le lever du jour, l’homme 
et la femme s’attellent à la machine et peinent dans l’obs¬ 
curité comme des esclaves ('). Au bout de deux heures de 
ce manège abrutissant, complètement en nage, ils ont 
économisé le prix de la mouture soit environ 25 centimes! 

Le meunier qui nous fournit ces renseignements typi¬ 
ques, nous assure que le fragment de meule trouvé au 
Steenheuvelheyveld est très antique parce que les rainures 
sont encore tracées en scie www , tandis que depuis 
des temps immémoriaux on emploie la taille à créneaux 
VJ\T\JMX 

Il serait intéressant de faire pratiquer quelques fouilles 
au Steenheuvelheyveld, où nous n’avons découvert à fleur 
de sol, que quelques grandes briques plates, sans ciment 
ni mortier. 


(1) * Elles seront deux moulant à la meule, l’une sera sauvée et l’autre 
damnée • Evangile de Matthieu, Chap. XXIV. § 21. Le Deutéronome, 
XXIV, 6, défendait de recevoir en gage la meule de pierre qui existait 
dans chaque ménage. 


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— 372 — 


WEELDE. 

Découverte d’une urne hallstattienne. 

Depuis notre dernière communication relative aux tom- 
belles de Wcelde {'), nous nous sommes rendus à plusieurs 
reprises sur le terrain où nous avons fait les constatations 
suivantes : 

Tout belles. Les quatre tombellcs groupées près du langven 
et qui sont exactement relevées sur le croquis ci-contre 
que nous devons à l’obligeance de M. J. Dupuis, ont été 
fouillées, probablement par des habitants du village, depuis 
que des journaux locaux se sont occupés de nos fouilles. 
Après quelques sondages, nous avons découvert le 12 
novembre dernier dans la tombelle D une petite urne en 
terre cuite, ayant la forme d’une jatte et les dimensions 
ci-après : 

hauteur du vase, 10 1/2 c. m. 
épaisseur de la paroi, 1 c. m. 
diamètre de l’ouverture, 11 c. m. 
diamètre du cul, G c. m. 

C’est une poterie grossière, sans ornements, faite à la 
main, d’argile mélangée do petits cailloux blancs roulés, 
de cuisson imparfaite, rugueuse, de couleur rouge-jaune. 
Elle est absolument semblable, à celle représentée dans 
l'Etude sur les iombclles de la Campine limbourgeoise 
de M. Dens (*), planche IX, l bis . Elle se trouvait renversée le 
pied en l’air sur la couche de charbon de bois (PI. I. fig. II) 


(1) L. Stroobant, Les tombelles de Wcelde .dans le Bulletin de VAcadémie 
royale d'Archéologie de Belgique. 1902. 

(2) Annales de la Société d'Archéologie de Bruxelles. Tome XI, p. 251. 


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Fig. I. Tombelles au N. de Weelde. a Tombelle de 1.50 m. de haut, diamètre 
10 pas se trouve à (55 pas de c qui a un diamètre de 15 pas. c se 
trouve à 15 pas de b qui a un diamètre de 14 pas. d a un diamètre 
de 17 pas. Se trouve à 70 pas de c L’urne a été trouvée en d. 



Fig. II. Tornbelles au N. de Weelde. a sol naturel, b terrain rapporté, c char¬ 
bon de bois et ossements calcinés, d Urne du premier âge de fer (Hallstadt). 


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— 374 — 


provenant de l’incinération et ne contenait qu’une matière 
noire indéfinissable. Ses dimensions réduites permettent de 
supposer qu’il ne s’agit pas ici d’une urne funéraire, mais 
bien d’un vase ayant servi aux rites. 


Ces rites restent pour nous un mystère insondable. M. Dens 
s’est demandé si les vases minuscules que l’on rencontre 
généralement renversés dans une grande urne n’auraient 
pas servi à verser sur le mort un liquide symbolique. Les 
Romains répandaient bien sur les restes incinérés de leurs 
morts du vin, du lait, le sang des victimes, des parfums 
ou encore l’eau arfcriale ('), mais nous ne connaissons aucun 
texte permettant d’attribuer les mêmes coutumes aux peu¬ 
plades habitant le sol belge antérieurement à l’invasion 
romaine. Il nous paraît plus logique d’invoquer ici la 
coutume des Hindous qui plaçaient des boulettes de riz 
cuit à côté du cadavre. Les Grecs y déposaient un g⬠
teau de miel. Ces offrandes, dit M. Rauwens (*), devaient, 
dans l’esprit de ces deux peuples, apaiser la rage toujours 
déchaînée des chiens de l’enfer. (Sarama et ses deux chiens 
pâles aux quatre yeux chez les Hindous et Cerbère chez 
les Grecs). Le même symbole se retrouve chez les Aryas 
primitifs ainsi que dans la légende Scandinave où le chien 
Garnir est représenté couché devant la porte des enfers, 
L’Enéide (1. VI vers. 420 et suivants) parle longuement 
de ce passage redoutable. La même coutume a été obser¬ 
vée chez les Romains, dans les sépultures desquels on 


(1) L. Paris, L'Epitaphe de Julia vrania , p. 12. 

(2) D r Bàuwens, Inhumation et Crémation , 1891-1, p. 105. 


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— 375 — 


trouve la patella contenant une offrande aux Dieux, la 
patera, coupe à libations que l’on serrait dans l’urne ciné¬ 
raire, la patina, coupe évasée des sacrifices, le plat d’offrande, 
des vases soi-disant lacrymatoires, la bouteille d’eau lus¬ 
trale qui a servi à la purification des assistants, etc, etc. ('). 

La coutume pratiquée par les Germains et autres peuples 
du nord de déposer des comestibles auprès des tombeaux 
de leurs parents (*), de leurs rois et d’autres personnages 
qui, de leur vivant, s’étaient distingués par leur bravoure 
et leurs hauts faits d’armes, et d’y célébrer le 22 février 
des fêtes commémoratives, fut probablement visé par le 
Concile de Leptines dont le premier canon est intitulé de 
sacrilegio ad sepulcra mortuorum. 

* 

* * 


La matière du vase de Weelde, que nous avons offert 
au musée du Steen, est un composé d’argile et de cailloux 
roulés. La cuisson imparfaite des urnes de l’âge du fer 
les rend très friables, lorsqu’elles sont depuis environ 25 
siècles saturées d’humidité dans le sol. C’est ce qui ex¬ 
plique la rareté des vases de l’époque d’Hallstadt, à laquelle 
nous reportons notre trouvaille. Le docteur Hoernes ( s ), 
qui a fouillé une bonne partie des milliers de tombes qui 
y ont été découvertes, constate la présence d’armes, surtout 
d’armes en bronze, d’ustensiles, de parures, d’ambre jaune et 


(1) Cf. Annales de ïAcadémie Royale d'Archéologie, 1882, pp. 100 et suiv. 

(2) Schayes, Les Pays-Bas avant et durant la domination Romaine 
II, 73. 

(3) Hallstadt en Autriche , sa nécropole et sa civilisation , p. 328 et sui¬ 
vantes de la Revue d'Anthrop. 1889. 


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plus rarement d’objets eu or. La coutume d’incinérer les 
cadavres avec leurs parures aura peut-être été l’origine de la 
légende recueillie à Weelde, d’après laquelle des trésors sont 
enfouis dans la bruyère. Il n’en est malheureusement pas 
ainsi. On a bien découvert non loin de là, à Baerle-Nassau, 
une hache en bronze i 1 ), mais c’est l’exce[)tion. La plupart des 
toinbelles du nord de la province d’Anvers, pas plus que 
celles du Limbourg, ne recèlent de mobilier funéraire. Ces 
peuplades rudes et pauvres attachaient probablement trop 
de prix à leurs armes pour les enfouir avec leurs morts 



Pl. II. La Campine anversoise à l'époquo d’Hallstadt. 

I. Urno trouvée à Alphen (au N. de Weelde) haut. 42 c.m. 

II. Urne trouvée à Raevels (au S. de Weelde) haut. 32 c-ni. 
111. Urne trouvée à Wtelde haut. 10 •/« c.m. 


(1) Cuypers van Vblthoven. Objet en bronze trouvé à Baerle-Nassau. 
Annales de VAcadémie d'Archéologie, 1871, p. 214. 


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— 377 — 


WEELDE ('). 

Retranchement dans la bruyère. 

Non loin des tombcllcs s’élève un ouvrage remarquable. 
(PI. I. fig. I.) C’est une levée de terre d’environ un mètre 
de haut sur trois mètres d’épaisseur et formant un grand 
rectangle de 220 mètres de longueur sur environ 120 
mètres de largeur. Anciennement ces banquettes étaient 
plantées de plusieurs rangées d’arbres qui masquaient 
complètement la vue intérieure du retranchement. Au 
milieu de celui-ci se trouvent deux mares permettant de 
faire boire le bétail. Nous connaissons parfaitement les 
levées de terre qui généralement servent de limite aux 
propriétés dans la bruyère, mais il s’agit ici d’un schans (*), 
travail considérable, ayant nécessité une grande main- 
d’œuvre que ne rachèterait pas la valeur de la bruyère 
délimitée. Un sentier, qui longe les tombcllcs, serpente 
sur un isthme serpentant entre deux grandes mares et se 
dirige vers le retranchement. Celui-ci a-t-il simplement 
servi à cacher le bétail pendant les guerres du xvi e 
siècle dont Weeldc eut particulièrement à souffrir? Dans 
cette hypothèse, il suffisait de couper le sentier en y pra- 


(1) Weelde paraît signifier contrée marécageuse de Weel, Wiel vertes 
aquarum et lacuna, pars terrao inundata. (Kilian 793) Welle , Walle, 
aqua fontana, aqua putealis, et scatebra, scaturigo (Kil. 798). 

Cf. Bernaerts, Eludes Etymologiques dans les Annales de VAcadémie 
royale d'Archéologie, 1884, p. 84. 

(2) V. Sur les refuges en cas de guerre définition do schans , le Rapport 
sur les fouilles exécutées par la société d'Archéologie de Bruxelles en 
1895, par le Baron Alfred de Lok, p. 12, note 1. 


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— 378 — 


tiquant transversalement un fosse reliant les deux pièces 
d’eau pour déjouer les recherches. 

Les deux mares, het lank ven et hct lit ven , formaient 
ainsi un large canal, se continuant bien loin jusque sur 
le territoire hollandais actuel. De l’autre côté devait se 
profiler un bois de sapin impénétrable, où le bétail se trou¬ 
vait parqué à l’abri des recherches. 

Nous laissons à de plus compétents la question de savoir 
s’il s’agit ici d’un oppida préhistorique, ce que le voisi¬ 
nage immédiat de tombelles peut faire supposer, ou bien, 
si c’est un retranchement élevé pour cacher le bétail des 
habitants de Weelde au cours des guerres du xvi* siècle, 
ou bien encore si le retranchement a été élevé par les 
troupes hollandaises, campées à Raevels en 1830 ('). 


WEELDE. 

LE « HOOGEYNDSCHEN BERG 

On appelle ainsi une chaîne de dunes qui paraissent être 
de formation Eolienne, et se trouvent au S. du bois Hummel , 
à gauche de la chaussée de Weelde-Merxplas à Weelde. 

Une légende que nous recueillons en passant, veut que 
cette colline recèle un trésor. Les Romains (?) auraient livré 
à cet endroit une grande bataille en souvenir de laquelle 
le hoogeyndschen berg a été élevé. 


(1) Cette dernière hypothèse est la moins probable. Des officiers compé¬ 
tents m’assurent qu’en 1830 une fortification de campagne n’affectait jamais 
la forme d’un quadrilatère à cause des secteurs privés de feu aux quatre 
sommets. 


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— 379 — 


WEELDE. 

Les tertres du « Hof-ten-Bergen *, près de l’église. 

Au centre du village de Weelde, immédiatement à côté 
de l’église, s’élèvent deux grands tertres complètement en¬ 
tourés d’eau et actuellement livrés à la culture. Leur 
appellation « het Hof-ten-Bergen* rappelle l’existence d’une 
ancienne seigneurie. 

D’après Gramaye, les châtelains de Weelde auraient été 
deux frères, Wericus et Gerardus. Leurs châteaux se seraient 
élevés autrefois à VHof-ten-Bergen et au Burgt et auraient 
été détruits à l’époque des luttes entre les factions des 
Itoekschen et Kabiljauwschen, donc au xiv® siècle. 

La cure devant être construite prochainement à l’empla¬ 
cement des tertres, nous ferons surveiller les fouilles qui 
y seront exécutées à cette occasion. 

Weelde est un ancien village qui a été doté de fran¬ 
chises par le duc de Brabant Jean I r . En 1331, le duc 
Jean III vendit aux habitants tous les communaux et 
wastines situés dans ces localités, pour les posséder à 
perpétuité, à charge de payer au receveur des domaines à 
Herenthals un cens annuel de 3 sous de gros tournois, 
outre le prix de vente, consistant en dix livres de gros tour¬ 
nois. Dans cet acte sont cités le Geheul sous Merxplas, le 
Beerschot près de Zondereygen, le Roevoirt molen à Poppel, 
dénaturé en Roovers tnolens, Tuldele entre Roevoirt et les 
Deux Mierde, ainsi que les Mierdermere, marais de 
Mierde (*). 

(1) Copie du xv® siècle dans la trésorerie de l'ancienne chambre des 
comptes de Brabant aux Archives du Royaume. Publié par A. Wauters. 
Séance de la Commission Royale d'histoire , tome X, 1882, p. 94. 


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— 380 — 


BAERLE-DUC. 

Le timous dit « Groot-tommf.l - 

Lorsqu’on so rend en cliemin de fer de Turnhout à 
Bacrle-Duc, on aperçoit ]e tumulus appelé <~groot lommel * 
(la grande tombe), à gauche, sur le territoire belge, immé¬ 
diatement après être entré dans l’enclave formée par 
Baerle-Nassau et Baerle-Duc. 

Le * g root lommel •» a donné son nom au hameau qui 
l’avoisine et est plus connu par les habitants sous le nom 
de Mortelberg. C’est une colline ovale, d’une hauteur de 
8 à 9 mètres, plantée de sapins. 

La bruyère voisine s’appelle de tommelsche heide, bruy¬ 
ère des ou de la tombelle Ce tumulus est de forme 
oblongue, sa longueur est d’environ 150 pas sur une 
largeur de 20 à 30 pas. Le propriétaire, M. Vermeulen, 
déclare ne l’avoir jamais fouillé. Nous avons photographié 
cet intéressant monument, dont les dimensions, inusitées 
chez les peuples de l’époque de Hallstadt, font supposer 
une orgine romaine. Ce tumulus semble avoir échappé 
aux recherches de Prospcr Cuypers qui a fouillé en 18-41 
la nécropole de la Molenheide à Baarle-Nassau laquelle 
semble postérieure à l’invasion romaine (’). Le groot-lommel 
s’élève entre l’enclave Belge et la Molenheide. 


(1) P. Cüyhkks, Deriffl omirent eenit/c onde grafheiirelen onder Baarle- 
Pfassau in Noord-Brabant. Arnhem, Nijho/J , avec plan et deux planches. 


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— 38 i — 


BAERLE-DUC. 

Le tumulus dit « Kleyn-tommel ». 

Le e Kleyn-tommel » (petite tombe), désigné plus spé¬ 
cialement par les habitants sous le nom de « Pacsbcrg », 
se trouve à environ 200 mètres au S.-O. du précédent. Il 
est parfaitement circulaire et se détache d’une manière très 
nette des terres environnantes qui sont cultivées, comme 
on peut le constater sur la photographie que nous en 
avons prise. Il mesure environ quatre mètres de hauteur 
et son diamètre est de 40 à 45 pas. Malheureusement les 
habitants des environs en ont fait une carrière à sable 
et près de la moitié du tumulus a été enlevée. 

La partie qui en subsiste est plantée de sapins. Dans 
les déblais de la carrière à sable nous n’avons pu décou¬ 
vrir ni traces de silex, ni charbons de bois, ni ossements. 
Peut-être l’extraction de sable mettra-t-elle à découvert 
des urnes funéraires à col droit de l’époque d’Hallstadt, 
bien connues des habitants de la bruyère. Il en a été dé¬ 
couvert notamment dans le voisinage du Kleyn-tommel au 
Molcnheyde, petite bruyère, aujourd’hui défrichée, entre 
la borne 22 et le village de Baerle-Duc. On en a trouvé 
aussi à la briqueterie Maes à Hilvarenbeek, ainsi qu’à 
Alphen à cinq kilomètres de Baerle-Nassau, vers Tilbourg. 
C’étaient, me disent des ouvriers qui les ont exhumées, 
des poteries grossières, à parois d’épaisseur inégale et 
recouvertes d’une pierre plate. Elles tombaient générale¬ 
ment en pièces au moment de leur extraction. Certaines 
d’entre elles auraient été recueillies par M. de Steurs qui 
les aurait déposées au musée d’Amsterdam. 

Le Kleyn iommel s’élève immédiatement à côté de la 


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— 382 — 


voie romaine qui reliait Namur à Utreclit et qui, dans la 
province d’Anvers, passait par Oolen, Turnhout et Baerle, d’où 
elle continuait en Hollande par Alplicn et s’Gravenmoer ('). 


BAERLE-DUC. 

Trouvaille d’instruments en silex dans les anciennes 

PROPRIÉTÉS I)E M. ROLIN. 

Baerle-Duc et Weelde sont séparés par d’immenses 
bruyères coupées de marais. Au delà de la frontière belge, 
sur les anciennes propriétés de M. Rolin, nous recueil¬ 
lons une liaclie ou broyeur (?) en pierre polie qui nous 
semble être du granit et portant des plans d’usure très 
nets. Nous laissons à de plus compétents que nous, la 
détermination de cet ustensile manifestement travaillé, 
que nous avons offert, avec les autres produits de nos fouilles, 
au musée du Steen, à Anvers. Outre de nombreux éclats 
de silex, déchets de taille, nous ramassons un percuteur 
en grès landenicn d’un diamètre de quatre cm., exacte¬ 
ment semblable à celui décrit par MM. le baron A. de 
Loë et E. de Munck au congrès d’anthropologie et d’ar¬ 
chéologie préhistorique de 1892 (planche XI, fig. 12) (■). 
Ces instruments seraient communs dans la station préhis¬ 
torique de Spiennes Ils auraient servi au dégrossissement 
des blocs de silex. Nous nous inclinons volontiers devant 
cette explication, mais il n’est peut-être pas sans intérêt 


(1) Cf. Gàuchez, dans les Annales de C Académie Royale d'Archéologie, 18S2, 
p. 375. 

(2) Baron dk Lok et E. db Munck, Ateliers et puits d'extraction de silex 
etc. Paris, Leroux, 1892, p. 19. 


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— 383 — 


de noter ici un autre emploi que l’on fait encore de nos 
jours en Cainpinc de ces boulets de pierre. Lorsqu’on a 
une matière assez friable à pulvériser, par exemple du sucre 
blanc, on suspend un cerceau à trois ficelles; dans le 
cerceau se place une tôle en bois contenant la matière à 
réduire en poudre; on y jette un boulet en fer ou en pierre 
et l’on imprime un mouvement rotatoire très rapide au 
cerceau. Le boulet par sa course circulaire dans la tèle 
fait office de meule et réduit le sucre en poudre impal¬ 
pable. 

M. Joosen, régisseur de M. le baron Goffinet à Baerle- 
Nassau, nous assure avoir trouvé à diverses reprises de belles 
pointes de llèches en silex, ainsi que plusieurs magnifiques 
haches polies qui auraient été rassemblées à la demande 
de M. Rolin. On ne sait ce que ces instruments sont deve¬ 
nus ('). Poursuivant notre enquête au sujet do trouvailles 
préhistoriques, nous nous adressons à M. le docteur Gom- 
mers à Baerle-Duc, qui nous cède gracieusement un autre 
percuteur en grès qu’il a trouvé dans son jardin. 

Rapprochant cette récolte relativement abondante, faite 
au cours d’une promenade, avec le voisinage des tombel- 
les à Weelde, des tombes de Baerle, de la poterie funéraire 
ainsi que de la hache en bronze découverts dans cette 
même localité, nous estimons que cette contrée est encore 
riche en dépôts préhistoriques. 


(1) Cette trouvaille semble pouvoir être identifiée avec celle de M. E. Rolin 
dont il est question dans le Bulletin de la Société d'Anthropologie de 
Bruxelles , Tome XVII, 1898-1899. E. Van Ovkrloop et le Baron A. dk 
Lok, Explorations dans la province d'Anvers , p. 5. 


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— 384 — 


OOSTHOYEN. 

Trouvaille de silex a l’intérieur d’un tertre. 

Au nord d’Oosthoven, dépendance de Vieux-Turnhout, 
au heieinde, dans la grande bruyère faisant suite à celle 
appartenant à M. le représentant Versteylen et située 
près d’un bois de sapins qui longe le canal de Turnhout 
à Raevels, s’élève un tertre ayant l’apparence d’une tom- 
belle. Il mesure environ 5 mètres de diamètre sur 1.50 m. 
de haut. MM. De Laet et Boone, étudiants à Turnhout 
l’ont fouillé imparfaitement en creusant au sommet. Ils en 
ont retiré plusieurs gros silex dont la taille serait incer¬ 
taine d’après notre confrère M. le baron de Loë, à l’examen 
duquel nous les avons soumis. Nous nous proposons d’aller 
reconnaître la lombelle (?) en question l’été prochain. 


TURNHOUT. 

Le tumulus dit « den Kruisberg », a Pappenbrugge. 

Le tumulus du Kruisberg s’élève à environ 25 minutes 
au S.-O. de Turnhout, entre la voie du chemin de fer 
Anvers-Turnhout et la route Herenthals-Turnhout. Il forme 
le rond point de six chemins. Ce monument a un diamètre 
de 8 à 10 mètres et est élevé de 3 à 4 mètres. Il est 
surmonté d’une croix en bois et partiellement planté d’arbres. 

De temps immémoriaux, le Kruisberg est un lieu de 
pèlerinage très suivi. Il y a encore un Kruisberg servant 
de lieu de pèlerinage en Hollande dans la bruyère de Mierde. 

M. Dierckx, commissaire d’arrondissement de Turnhout 


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- 385 — 


dans les propriétés duquel se trouve ce tumulus, suppose 
qu’il a servi à l’enterrement de soldats espagnols ou hol¬ 
landais tombés à l’escarmouche de Lokerenheide (1597). 



Pi.anchk UI. Turnhout. Tumulus de Kruisberg. Carte de Belgique au 
1/20.000. Planchette n° 8. Turnhout. Edition de 1895. 

L’acte de vente imposant au propriétaire de la drève 
adjacente, dite Gicrle-Drccf, l’obligation morale de rem¬ 
placer la croix en bois de ce tertre, daterait de l’époque 
de cette rencontre. 

Il n’y a jamais été fait de fouilles dont le résultat 
fixerait la date certaine de ce monument. 


TURNHOUT. 


Trouvaille d’une grande urne cinéraire 

AU « TuiMELSCHEN BERG. * 

A Turnhout, derrière les ateliers actuels du chemin de 
fer vicinal sur la chaussée d’Anvers, s’étendait autrefois 
une bruyère appelée den tuimelschen berg, la colline de 
la tombe, qui appartenait à M. Jespers. Ce tumulus fut 
fouillé sans résultat il y a une cinquantaine d’années, par 
un ecclésiastique de Malines. C’est en effectuant des tra- 


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— 380 — 


vaux de défrichement pour planter un bois de sapins 
que Ton découvrit vers 1800 une grande urne cinéraire, 
ayant la forme et les dimensions d’une ruche à abeilles 
retournée et dont l’orifice était fermée à l’aide d’un cou¬ 
vercle en terre cuite. Cette urne s’est trouvée pendant 
longtemps dans la villa voisine de M. Van der Rcyd, le 
propriétaire actuel. Elle y a été cassée accidentellement. Les 
tessons ont été jetés. 



Planchk IV. Turnhout. Tumulus dit le tuimelschen bei-g, de l'époque 
d'Hallstadt. Carte de Belgique au 1/20.000. Planchette n° 8. Turn¬ 
hout. Edition de 1805. 


Les trouvailles d’urnes n’étaient pas très rares autrefois 
à Turnhout et aux environs. Plusieurs d’entre elles, ayant 
fait partie des collections du président Van Genechten, 
figurent actuellement au musée du Steen à Anvers sous 
les n 08 133, 134, 135, 144, 154, 194 et 204 (*). 


(1) Musée du Steen à Anvers. N° 133. Grand vase à panse. Haut. 0.31, 
largeur 0.33 au plus grand diamètre. Terre cuite, gris foncé, intact. Des 
ossements gisaient à côté. Cette urne fut trouvée à Turnhout le 22 avril 
18*16 ; une pareille fut brisée par les ouvriers. 

N° 13*4. Urne brisée, trouvée lo 22 avril 1846, à Turnhout, au canal, à 
l'endroit appelé la pierre bleue au Casteleyn. 

N° 135. Baquet. Haut. 0.13, larg. 0.35 m. a deux compartiments en terre 


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— 387 — 


RAEVELS. 

Trouvailles de silex taillés. 

M. le notaire Boone, de Turnhout, nous écrit qu’en chas¬ 
sant dans les environs de Raevels, son attention a été 
attirée sur la forme insolite de certains silex qui se trou¬ 
vaient à la surface du sol. Il en a recueilli un certain 
nombre qu’il a soumis à l’examen d’un de nos géologues 
des plus compétents, qui lui a répondu par une note expli¬ 
quant les traces évidentes du travail humain, dont cer¬ 
taines de ces pierres avaient été l’objet. 

M. Boone ajoute » avoir vu chez un de ses amis, feu 
» M. Denis Verstappen, de Diest, dans sa propriété près de 
» cette ville, un beau silex, pièce magnifique, taillée en 
» forme de hache. M. Verstappen lui a dit alors qu’aux 
» environs on avait trouvé plusieurs pièces semblables, 
» surtout sur les hauteurs formant crête entre deux val- 
» lées, comme on en remarque dans ces contrées. » 


cuite noirâtre, très grossière. Trouvé on 1846 au Casteleyn en creusant 
le bassin du canal de Turnhout à Anvers. 

N° 144. Pot à anse en terre noire. Trouvé en 1846 dans la bruyère de 
Tbielen. 

N° 154. Fragment d'une urne en torre noire trouvé en novembre 1843 sur 
une propriété de M. van Genechten à Heiend. 

N° 194. Petite urne en terre noire trouvée à Baelon en 1844. 

N°204. Petite amphore en terre blanche et brune vernissée. Haut 0 m 6 1/2. 
Trouvé en 1861 à Turnhout dans la petite rue du béguinage. Catalogué 
comme étant un produit local. 

Voyez aussi P. Cuypers, Note sur une fouille faite en 4844 à Casterlè , 
dans le Bulletin et *4nnales de VAcadémie d'archéologie de Belgique , 1845, 
p. 169. Contient le procès verbal de fouille des trois tumulus où out été 
trouvées des urnes et un objet en bronze. 


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— 388 - 


RAEVELS, 


La tombelle dit *de Tommel» dans la bruyère entre la 
STATION DE WeELDE-MeRXPLAS ET LE « KàMP PaEL». 

A mi-chemin entre la gare de Weelde-Merxplas et le 
Kamp-Pael, dépendance de Pctit-Raevels, dans les pro¬ 
priétés de M. le président Hellemans, de Malines, s’élève 
à gauche, à environ cent mètres dans la bruyère une tom¬ 
belle complètement entourée d’eau appelée de Tommel . 



Planche V. Raevels. Tombelle dite de tommel . Carte de Belgique au 
1/20.ÛX). Planchette n° 4. Weelde. Edition de 1896. 

Son diamètre est d’environ 15 à 20 pas. Le lieu dit et 
la forme typique de ce tertre permettent d’y reconnaître 
une tombelle semblable à celles de Weelde, c’est-à-dire de 
l’époque d’Hallstadt. Nous ignorons si des fouilles y ont 
été pratiquées. 


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— 389 — 


RAEVELS. 

Trouvaille d’urnes cinéraires au « Wetsbero *•. 

En août 1901, le garde-chasse Jacques Berthels, habitant 
au milieu des bois de M. Hellemans, près du lieu dit de 
Tommel en tirant du sable au Welsberg (colline de la 
loi), sous Raevels, découvrit les tessons de deux urnes 
remplies d’ossements qu’il recueillit et qu’il déposa à la 
porte du couvent auquel était destiné le sable. Les sœurs 
en avisèrent le curé, qui depuis, a cédé cette trouvaille au 
musée du Cinquantenaire. 



Planche VI. Raevels. Tumulus de Wetsberg. Carte de Belgique au 1/20.000. 

Planchette n° 4. Weelde. Edition de 1896. 

Le Wetsberg était une colline d’environ 3 mètres de haut 
sur un diamètre d’environ 40 à 45 pas. Ces dimensions inu¬ 
sitées dans les tombelles de l’époque d’Hallstadt, nous font 
supposer que l’incinération aura eu lieu au sommet d’une 
colline déjà existante, sur laquelle aura été élevée la tom- 
belle. Le garde Berthels nous a d’ailleurs déclaré avoir 
trouvé les urnes à hauteur d’homme. 

Le lieu dit Wetsberg, fait songer au mallum, colline où 
se rendait la justice, qui était située dans une forêt 
sacrée et dans le voisinage du lieu de sacrifice. C’est la 


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- 390 — 


seule grande élévation qui se trouve dans cette bruyère, 
mais tout autour se remarquent des ondulations de moindre 
importance qui pourraient bien être autant de tombelles 
dont la forme primitive a été modifiée par le vent. 

Bientôt le Wctsbei'g aura entièrement disparu. Gomme 
dans plusieurs autres localités, les paysans y voient une 
carrière à sable dont l’exploitation est facilitée par le fait 
qu’il s’agit de sable rapporté. Un examen attentif des 
déblais encore existants par M. De Laet, de Turnhout, ainsi 
que par nous-méme, n’a fait découvrir qu’un fragment 
d’urne et un silex éclaté, que nous avons l’honneur de 
soumettre à l’Académie. Ce fragment ne porte aucune 
trace d’ornementation. Il provient d’une urne grossière en 
terre cuite à paroi d’épaisseur inégale. C’est un composé 
d’argile et de petits cailloux blancs roulés, de cuisson 
imparfaite et modelé à la main. 

II importe de noter ici, que déjà en 1770, il a été trouvé 
des urnes non loin du Wetsberg , à Petit Raevels, lors du 
tracé de la route vers Turnhout. La forme de ces urnes, 
dont le chanoine Heylen, le savant archiviste de Tonger- 
loo, nous a conservé la description O, permet de supposer 
quelles remontent également à l’époque d’Hallstadt. Heylen 
est un des rares écrivains de la Gampine, qui ait compris 
à une époque déjà lointaine (1792), l’importance au point 
de vue ethnographique de descriptions circonstanciées de 
découvertes semblables. Il payait largement les urnes 
qu’il parvenait à découvrir chez les paysans, afin, dit-il, 
d’empècher leur destruction par l’appàt du gain. Citons 
encore cependant G. Wendelin, qui écrivait au commen- 

(1) Adrianus Hkylbn. Historische Verhandeling over de Kempen , 
Turnhout, 1837, p. 223. 




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- 39 i — 


cernent du xvn e siècle: «Tumbis istis plena est Hasbania, 
item et Taxandria, praesertim circa Turnholtum » ('). 


VIEUX-TURNHOUT. 


Le tertre du « ZwaxNEven ». 


A environ 300 mètres au N. de l'arrêt du chemin de 
fer vicinal de Turnhout à Moll au « Zxcaneven » est situé, 
dans les propriétés de M. Bruggeman, un tertre parfaite¬ 
ment circulaire de 12 à 15 pas de diamètre et s’élevant à 
1 1/2 à 2 mètres au-dessus du niveau de l’eau du fossé 
qui l’entoure. Ce tertre signalé de tout temps comme 
étant un tumulus, est planté d’antiques sapins, aux troncs 
noueux et pittoresques. 



Planche VII. Vieux-Turnhout. Tertre du swuneven - D'après la carte do 
Belgique au 20.000*. Planchette n° 5. Arendonck. Edition de 1896. 

En septembre dernier, M. Bruggeman voulut bien, à 
notre demande, faire exécuter une tranchée au centre 

(I) G. Wendelin. Leges salica « lllustratae, p. 194.. 


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392 — 


du tertre. Ces fouilles, auxquelles nous avons assisté, ont 
fait découvrir plusieurs troncs de chêne et de bouleau en 
grume, d’environ 2 mètres de long, disposés assez symé¬ 
triquement en forme de bûcher posé sur le sol primitif. 
De nombreux fragments de charbon de bois (braises) ont 
été exhumés dans le terrain tourbeux avec traces de 
lignite et par conséquent de formation très ancienne. 
Aucun indice de poteries, de silex, ni d’ossements. M. le 
baron de Loë, que nous avons conduit à l’endroit des 
fouilles, estime qu’il faut exclure l’idée d’un tumulus, 
étant donné la nature marécageuse du sol qui entoure le 
tertre. 

Le lieu dit het « puttersven * suivant d’autres * paalers- 
vcn n (mare des moines), peut faire supposer qu’il s’agit 
d’une ancienne propriété des chanoines de Corsendonck, 
dont le prieuré est peu éloigné du Zwaneven. Le tertre 
constitue peut-être la limite d’une ancienne juridiction. 
Est-ce simplement une motte féodale ? Resteraient à expli¬ 
quer les nombreuses traces de feux qui y ont été allumés ? 
Peut-on voir ici les restes d’une motte à signaux (') ou 

(1) Voyez sur les tumulus à signaux, M. Perreau, {Bull, de la Soc. 
scientif. et litt. du Limbourg , Tongres , J, p. 175 et Ann. de F Acad, 
d'archèol. de Belgique , ///, p. 357 ; M. Del Marmol, Ami. de la Soc. 
archéol . de Namur , t. III. p. 597 , et M. H. Schuermans, Bull, des Comm. 
roy dart et d'archéol. t. IV, p. 256.) M. Schuermans s’exprime ainsi: 
■ On ne peut passer ici sous silence 1 hypothèse que les tombes postées 
des Avernas, toutes deux trouvées vides et toutes deux l’ayant vraisem¬ 
blablement toujours été, auraient pu être établies pour la transmission des 
signaux aux soldats postés dans les castra hiberna, auxquels les deux villages 
doivent leur origine. Il est à remarquer que, de chacune des deux tombes, 
on avait vue sur d'autres aux côtés opposés de l’horizon» et qu’en reliant 
la série des tombes-sépultures placées aux abords de la voie romaine par 
certaines tombes vedettes, dans les espaces intermédiaires, on obtenait eu 


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— 393 — 


de nod-fyres , noodvueren allumés solennellement par 
d’anciens Germains, symbolisant l’incinération du dieu 
Scandinave Baldr et que l’on appela plus tard feux de 
saint Jean parce qu’on les allumait au solstice, le 24 juin (') ? 
A remarquer encore les lieux-dits voisins de ce tertre, 
le Koninginnehoef (ferme de la reine), le Koningloopken 
(ruisselet du roi), la Roode Heide (la bruyère rouge), et le 
roodscheloop (rivelet rouge), le Zicaneven (mare aux cygnes), 
dénominations qui semblent rappeler le souvenir lointain 
d’une résidence royale. Le Koninginne-hoef.\ actuellement 
la propriété de M. Taelemans, a peut-être reçu cette déno¬ 
mination de la reine Marie de Hongrie à laquelle la ville 
de Turnhout aurait offert cette ferme en reconnaissance 
des bienfaits de cette souveraine (*). 

réalité une suite non interrompue de postes élevés à utiliser en temps de guerre 
pour annoncer l’arrivée de Fennemi. Du haut des Twee-Tommen, à Mon- 
tenaken, par exemple, on découvre la Plate-Tombe (Fresin), les Dry-Tommen, 
la tombe Hémava (nivelée), FAvernasse-Tombe, la tombe d’Avernas-lo- 
Baudouin et les tombes du Tombosch à Niel. Du haut de la tombe de 
Thisnes on pouvait apercevoir les tombes de Merdorp, d’Ambresin, de 
Moxhe et d’Avernas-le-Baudouin. » 

Cité par le comte G. de Looz, Exploration de quelques villas romaines 
et tumulus de la Hesbaye , p. 7, dans le Bulletin des Com. Royales d'art 
et d'archéologie , 1889. 

(1) L’usage d’allumer des Nodfyr est proscrit par le quinzième canon du 
Concile de Leptines sous le titre de igné fricato de ligno % id est Nodfyr. 
Par cette pratique, dit Schayes, on croyait préserver le bétail d'épizoties. On 
frottait fortement l’un contre l’autre deux morceaux de bois, jusqu a en tirer 
du feu dont on se servait pour incendier un bûcher construit du bois, 
qu’avaient apporté à cet effet tous les habitants du voisinage. Puis on faisait 
passer le bétail à travers les flammes Su Nodfyr, Nood-vuur (feu de cala¬ 
mité.) 

(2) Renseignement du à l’obligeance de M. le chanoine Janssen, auteur 
d’une histoire de Turnhout encore sous presse. 


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— 30-1 — 


VIEUX-TURNHOUT. 

Emplacement paléolithique et tertre du « Lierbman 

Le Liereman est une bruyère marécageuse au N.-E. de 
Vieux-Turnhout. L’ancien chemin de Vieux-Turnhout à 
Arendonck la traverse. A environ 2 à 300 mètres au delà 
du heihuisken, maisonnette dans la bruyère, le chemin 
passe sur une série de dunes formant crête. 



Planche VIII. Vieux-Turnhout. Atelier paléolithique et tertre de liereman. 
D’après la carte de Relgique au 20 0J0". Planchette n° 5. Arendonck. 
Edition do 18116 


Au sommet de celte crête dans un endroit exposé au 
midi et voisin d’une mare alimentée par un ruisselet, nous 
avons à diverses reprises recueilli des éclats de silex de 
diverses formes et colorations. M. Suerincx, de Vieux Turn- 
liout, qui a attiré notre attention sur ce gisement, y a décou¬ 
vert antérieurement des grattoirs et de longs fragments de 
couteaux. M. le baron de Loë, y reconnaît un atelier de taille. 
Avec peu de recherches nous cecueillons presque à la surface 
du sol, de nombreux déchets de silex gris, rose et brun, 
des grattoirs et une flèche à ailerons que nous avons 
l’honneur de vous soumettre. Cet atelier semble être limité 


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— 395 — 


à une surface circulaire de 20 à 25 pas, au delà desquels 
on ne trouve plus aucun fragment de silex. A peu de distance, 
au bord du ruisseau qui alimente la mare, s’élève un tertre 
circulaire (tombelle ou motte féodole?) d’environ 8 pas de 
diamètre et 2 mètres de haut. Ce tertre est planté de sapins. 
Il semble ne pas avoir été fouillé jusqu’ici. 


LES TERTRES DE LA MARCK. 

La Marck est un rivelct qui prend sa source entre 
Weelde et Merxplas, arrose Wortel, Hoogstraeten, Minder- 
hout, Meir et se jette à Breda (brcccle Ae. eau large) dans 
l’Ae. On peut inférer de sa dénomination, la Marck, c’est- 
à-dire la frontière, qu’elle servit autrefois de limite entre 
deux peuplades. 

A en croire les traditions locales, les Normands auraient 
au ix e siècle remonté l’Ae et la Marck sur de légères 
embarcations pour piller Hoogstraeten. C’est même à un 
chef normand appelé Gelmel que la légende attribue la 
fondation du château d’Hoogstraeten. Quoiqu’il en soit, il 
est à remarquer que le dispositif architectural primitif de 
ce château, dont le donjon s’élevait au milieu de l’enceinte, 
révèle une construction antérieure au x e siècle. Après les 
invasions des Normands dit M. Mirguet ('), « mais surtout 
<• à partir du xi e siècle, verrons-nous le donjon occuper, 
« dans les constructions nouvelles, l’un des angles du 
« rectangle formé par l’ensemble. » C’est que Ton avait 
reconnu à cette époque que le donjon central d’un accès 
très difficile et convenant fort bien comme retraite, ren- 


(1) Mirguet, Histoire des Belges et de leur civilisation , I, 143. 


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— 39G — 


dait impossible une sortie offensive des assiégés. Ce détail 
permet également de dater approximativement la construc¬ 
tion du château de Turnhout où le donjon occupe un angle 
du corps des bâtiments. Celui-ci serait donc moins ancien 
que le château d’Hoogstraeten. 

Il est curieux de constater que le château d’Hoogstrae¬ 
ten s’élève assez loin de l’ancienne voie romaine près de 
laquelle a été bâti le village. Il semble avoir constitué à 
l'origine une redoute élevée à l’écart du village, immé¬ 
diatement à côté de la Marck. Cette hypothèse devient 
une quasi certitude lorsque l’on étudie sur la carte et sur 
les lieux le cours sinueux de cette rivière. En effet, la 
carte au i/20,000 0 y révèle la présence d’une série de tertres 
assez régulièrement espacés qui semblent constituer les 
bornes de cette route aquatique. Ce sont: 

1° à Mcrxplas, dans les propriétés de M. Louis Caron, 
le becmdhorst, élévation circulaire d’environ un hectare, 
actuellement plantée de sapins, se trouve situé au milieu 
d’une prairie immédiatement à côté de la Marck. La tra¬ 
dition en fait un camp romain. Il en sera question plus 
loin. 

2° à Mcrxplas, au sud du pont du Paepenvoort et à 
environ 3000 mètres à vol d’oiseau du premier tertre, s’élè¬ 
vent à côté de la Marck, plusieurs dunes assez élevées 
qui semblent toutefois être de formation éolienne. 

3° à Worlel, près de l’église, au hrubbershoek se trouve 
une colline à la cote 22 qui domine la Marck dont la 
vallée est à la cote 10. Cette colline est à environ 2100 
mètres à vol d’oiseau des élévations précédentes. 

4° 1100 mètres plus loin dans une boucle de la Marck, 
s’élève le château d’Hoogstraeten dont nous avons signalé 
plus haut la prétendue origine normande. 


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5° A 1350 mètres plus loin, derrière le Wilhof, s’élevait 
à côté de la Marck un petit tertre en partie détruit, appelé 
le Kruisberg. 

6° Au croisement de la route de Minderhout à Breda et 
des deux Marck et à environ 2300 mètres du Kruisberg 
se trouve une motte ronde qui accuse la cote 14. A cet 
endroit ont été trouvées des urnes funéraires en 1880. 

7° A Meir, au lieu dit Drijhoeh, dans une boucle de la 
Marck se trouve une élévation circulaire à la cote 13. Elle 
est distante d’environ 1950 mètres de la motte précédente. 

8° A Merxplas, près du hameau de Ginhoven et immé¬ 
diatement à côté de la Marck supérieure, s’élève le tertre 
artificiel, le Vossenberg, dont il est question ci-dessus. 

9° A Meir, près du hameau de Ippenroy et tout au 
bord de la Marck se trouve le Tommelberg (colline de 
la tombe). Nous ne connaissons ce tertre que par le rap¬ 
port des fouilles exécutées en 1893 par M. le baron de 
Loë. Des sondages y opérés par MM. de Loë et Poils ont 
fait constater qu’il s’agissait d’un relief naturel du sol. 

Que signifie cette succession de tertres le long d’un 
cours d’eau anciennement navigable, et dont plusieurs 
sont certainement de création artificielle. Si ce ne sont 
des tumuli, peut-on les considérer comme des tertres de 
refuge ? Le voisinage de la Hollande où se rencontrent un 
grand nombre de ces tertres ('), rendrait cette hypothèse 
acceptable. Nous l’écartons cependant parce que ce n’est 
certainement pas immédiatement à côté d’un cours d’eau 
que les habitants iraient se réfugier. 


(1) D’après Ackkr Stratinoh, II, 199, les te.rpes de la Hollande que 
l’on nommait aussi warf, werp, seraient des monticules ayant servi 
d'habitation aux Chauques. 


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— 398 — 


Déjà à une époque éloignée la construction des tertres 
hollandais a été attribuée à des envahisseurs danois et 
Mattheus Gargon notamment, qui édite en i715 le Wal - 
chei’sche Arhadia ('), entre à cet égard dans de longues 
considérations. Rapprochant les constatations topographi¬ 
ques faites le long de la Marck de la tradition de l’invasion 
normande à Hoogstraeten, nous sommes portés à croire 
qu’il s’agit ici d’une série de lieux de débarquement, postes 
d’observation élevés et suffisamment rapprochés pour per¬ 
mettre aux envahisseurs, de communiquer entre eux, pro¬ 
bablement à l’aide de feux. 

Hoogstraeten se trouve à peu de distance de Breda, 
d’où la Marck communique au Haringsvliet, directement 
avec les bouches de la Meuse. Rien d’invraisemblable 
donc dans la tradition des invasions normandes. Remar¬ 
quons encore que le château d’Hoogstraeten au bord de 
la Marck, semble observer à quelque distance le village, 
tandis que dans la plupart des cas, le château constitue 
un noyau, un refuge, autour duquel viennent se grouper 
les vassaux du seigneur. A Wortel et à Weeldc, même 
dispositif, ainsi qu’à Merxplas où le Beemdhorst, dit le 
camp romain, s’élève à l’écart du village et au bord de 

(1) M. Gargon, Walchersche Arkadia, Levden, 1715, I. 31. • Wat is 

• dat voor hoogte in zoo effen veld. Gemeenlijk wordenzo Vliedbergen 

• geheten en van de Deenen afgehaalt die wel-eer dit land ingenomen en 

• zoo men wil, bedvkt hobben : die ook tegen de hooge water vloeden 

» deze hoogtens, of hillen, en kibl gelyk zy die noemen, opwierpen. en 
» derwaarts met huisgezin en vee hoen vloden. • 

M. A. Rutot, dans une Note sur le résumé présenté par M. G. Cumont, 
du travail de M . le docteur dr Man, sur les collines ou tertres de refuge 
de Schouwen , de Beveland et de Tholen , pâme dans les Annales de la 
Société d'archéologie de Bruxelles , p. 232 croit que ces tertres ont 

été élevés postérieurement au vm e siècle. 


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— :m — 


la rivière. Il y a plus qu’une simple coïncidence dans la 
disposition de ces tertres qui échelonnent la Marck, comme 
les châteaux forts échelonnent le Rhin et la Meuse. 


* 

* 


* 


En présentant à l’Academie ce rapport, un peu hâtive¬ 
ment fait, sur quelques monuments ignorés de la Gampine 
anversoise, nous n’avons eu d’autre but que de signaler 
l’importance que pourraient présenter au point de vue 
ethnographique des fouilles à opérer méthodiquement. 
Etant donné que nous avons pu relever au cours de quel¬ 
ques promenades faites dans les environs de notre rési¬ 
dence de nombreux vestiges préhistoriques, nous ne 
doutons pas que de nouvelles découvertes seront faites 
dans ce domaine par des chercheurs disposant de plus 
de loisirs et de moyens d’action. A notre avis, c’est sur¬ 
tout vers la partie nord-ouest, sur la crête de séparation 
des bassins de l’Escaut et de la Meuse qu’il convient de 
diriger les explorations. C’est aux sources des rivelets, aux 
cotes 28 à 31 que semblent surtout s’ôtre fixées les peu¬ 
plades primitives. Il conviendra de rapprocher les trou¬ 
vailles de celles faites par MM. Bamps, Geeraets, Dens et de 
Roye (') si importantes pour l’époque néolithique, l’âge 


(1) D r C. Bamps, Aperçu sur les découvertes cVantiquités antérieures à la 
domination romaine dans le Limbourg belge . Hassolt, 1887. 

Gbbrabts, Nombreux articles dans le Bulletin des mélophiles de Hasselt. 
Dbns, Etude sur les tombelles de la Campine, dans les Annales de la 
Société (TArchéologie de Bruxelles , XI, 1897, p. 233. 


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— 400 - 


du bronze et le premier âge du fer dans la Campine 
anversoise et limbourgeoise. 

On rassemblera de cette manière les éléments pour 
dresser une carte préhistorique et protohistorique des 
provinces d’Anvers et du Limbourg où des signes con¬ 
ventionnels nous feront lire les migrations successives des 
peuples envahisseurs. 


Louis Stroobant. 


» 


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Légende internationale des cartes et publications 
palethnologiqnes. (1) 

I. Signes radicaux. 

Caverne, souterrain, abri. 

Menhir, pierre, rocher.^ 

Dolmen, allée couverte.• . 

Tumulus, motte.. 

Sépulture, os humains.w 

Camp, oppidum, retranchement. q 

Palafitte, habitation sur pilotis.mt 

Découverte, foyer, station. 

Mine, carrière, exploitation. T 

II. Signes dérivés. 

1° Radical: Caverne, souterrain. 

Caverne, grotte, abri, naturels. 

Grotte, souterrain creusés de main d’homme . . . Q 

Grotte naturelle sépulcrale.I 

Grotte artificielle sépulcrale.ü 

Souterrain-refuge.n* 

(1) Nous communiquée par M. le baron do Loë. 


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— 402 — 


2° Radical : Menhir, rocher, pierre. 

Véritable menhir ou pierre dressée. 

Série de menhirs, alignement, allée . . . . 

Cromlech ou enceinte de pierres. 

Pierre branlante. 

Pierre à bassins ou écuelles. 

Pierre à inscription ou sculpture. 

Pierre à légende. 


3° Radical : Dolmen. 


Dolmen, allée couverte.n 

Dolmen sous tumulus. a 

Dolmen sur tumulus.•.B 


4° Radical: Tumulus. 


Simple tumulus ou tombelle . 

Tumulus sépulcral. 

Motte, tumulus avec fossés. . 

Long-Barrow. 

Tumulus avec chambre de bois 
Tumulus avec statues. . . . 

Mardelle. 


5° Radical: Sépulture. 

Simple sépulture et ensevelissement accidentel. . . 

Sépulture par inhumation. 

Sépulture par incinération. 

Cimetière par inhumation. 

Cimetière par incinération. 


a 


□ 


A 


NXf 


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► IO t> 
























— 403 — 


6° Radical: Camp, enceinte , fortifications. 

Camp, enceinte, oppidum.G 

Enceinte avec tumulus.G 

Fossés, murailles, défenses longitudinales . . . . Q 

7° Radical: Palafiile. 

Ce radical suffit pour désigner tout le groupe de ces 
monuments: stations lacustres et palustres, vrais pilotages, 
cranoges, etc... 

8° Radical: Découverte. 

Découverte d’objet isolé.i . . . û 

Découverte d’objets x'éunis. 0 

Atelier, fonderie.f 

Station.Ç 

Kioekkenmoedding.. . A 

Terramare. a 


9° Radical: Mine, exploitation. 

Comme pour les palafittes, le radical n’a pas besoin de 
dérivés. 

Il suffit à lui tout seul. 


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— 404 — 


III. Signes complémentaires. 

1" Categorie, relative à l’étal des monuments. 

Caverne naturelle .... 

Caverne artificielle .... 

Menhir. 

Dolmen. 

Tumulus. 

Cimetière par inhumation . 

Camp .. 

Palafitte. 

Terramare.. 

2 e Catégorie, relative au nombre. 


Fouille. Dégradé. Détruit. Faux. 


• * 

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« 4 

• nji 


f^r rrny 

• o 

4 

4 M’ 


Grottes sépulcrales artificielles. 

Mardelles.. 

Sépultures par incinération. 


Très grand Nombre 
Plusieurs, nombre, déterminé. 

tr ir tr 

O” O » 
M/* W’ \«/iy 


3 e Catégorie, relative à Vâge. 

Age de la pierre paléolithique .... 
Age de la pierre néolithique. 


Age du bronze.. I 

Age du fer. ¥ 


Exemples : 

Caverne . 
Découverte 
Station . 


Paléolithique. Néolithique. Bronxe. Fer. 

A A I A 

A A A Z 
$ 5 £ 


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— -105 — 


Reste enfin le cas où l’âge d’une indication est incertain. 
On l’exprime par un point d’interrogation:? 

Les signes complémentaires relatifs à l’âge peuvent être 
remplacés par des couleurs. Les couleurs adoptées sont: 


Age de la pierre paléolithique.Jaune brun. 

Age de la pierre néolithique.Vert. 

Age du bronze.Rouge. 

Age du fer.. Bleu. 


Signe nouveau, récemment adopté pour indiquer 
la découverte d’une roche polissoir: 4 

Signes destinés à indiquer d’une manière précise les 
diverses époques que comprend chaque âge : 


Paléolithique : 1. Chelléen.^ 

2. Acheuléen. t 

3. Moustierien.£ 

4. Solutréen. $■ 

5. "Magdalénien.• 4 

6. Tourassien.£ 

Néolithique: 1 Tardenoisien.î 

2. Campignyen. ^ 


3. Robenhausien 


Bronze : 1. Morgien. h 

2. Larnaudien. ^ 

Fer : i. Hallstadtien.^ 

2. Marnicn. ^ 

3. Beuvraysien. 

4. Lugdunien.$ 

5. Champdolien.S 

6. Wabenien.4 


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NOTE SUR LE CIMETIÈRE PRÉHISTORIQUE 


DE RYCKEVORSEL. 


Dans notre compte rendu relatif aux fouilles pratiquées 
dans les tombelles de Weelde et de Raevels, nous émet¬ 
tions le vœu de voir explorer méthodiquement le nord 
de la province d’Anvers, si peu connu quoique relative¬ 
ment riche en monuments préhistoriques. 

Depuis cette communication, le hasard vient de faire 
découvrir un immense cimetière qui semble dater du 
premier âge du fer (époque Hallstadtienne). 

Le 27 décembre 1902, un journalier défrichant une 
bruyère appartenant à M. Janssens, briquetier près du 
canal à Ryckevorsel, apporta à son patron une urne 
cinéraire qu’il venait de mettre au jour. Des colons du 
dépôt de Merxplas, travaillant dans le voisinage de ce 
terrain, nous fûmes informés le jour même de cette 
trouvaille et grâce à l’obligeance du propriétaire, M. 
Janssens, nous pûmes nous livrer aux fouilles dont nous 
avons l’honneur de vous rendre compte aujourd’hui. 

Le cimetière de Ryckevorsel a occupé antérieurement 
une superficie d’environ trois hectares, se développant sur 


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1 


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une longueur d’environ un kilomètre, le long de l’ancienne 
route de terre qui partant de la voie vicinale de Oost- 
malle à Ryckevorsel, à hauteur de la borne 26 se dirige 
au nord. La largeur de cette route qui antérieurement 
mesurait jusque 80 pas, sa dénomination de heirbaan, 
den ouden trek, les découvertes antérieures de sépultures 
anciennes dont elle est jalonnée à Ryckevorsel et près 
de Hoogstraeten, nous font supposer que nous nous trou¬ 
vons en présence du diverticulum de Lierre à Bi’eda dont 
le tracé incertain a été décrit par Gauchez ('). Sa prolon¬ 
gation hypothétique aboutit à proximité de Groot-Zundert, 
près de l’endroit où fut découvert en 1812 le célèbre 
autel de la déesse Sandraudiga, aujourd’hui au musée de 
Leyde. Cette route est actuellement abandonnée par le 
fait qu’elle a été coupée par le canal de St.-Job-in-’t Goor, 
creusé en 1874, dont le pont le plus rapproché (pont 8) 
se trouve à la nouvelle chaussée vicinale. 

Le cimetière se présente aujourd’hui sous la forme d’une 
bruyère inculte où se remarquent des collines de dimen¬ 
sions variables. La Hel hoeh heyde (bruyère du coin de 
l’enfer), a été couverte à une époque relativement récente 
de sapinières dont la plantation et l'exploitation expliquent 
la destruction de beaucoup d’urnes cinéraires qui ne se 
retrouvent qu’à l’état de tessons. De même que la route 
qu’il bordait, le cimetière a été coupé par le canal, aux 
deux rives duquel on retrouve les mêmes tombelles. 

Une grosse levée de terre d’environ un mètre cinquante 
de haut et de 2 à 3 mètres de large enclôt le cimetière. 
Cette clôture existe encore sur un développement d’environ 
1230 mètres. Sa présence autour d’une nécropole aussi 


(lj Gauchkz. Topographie des voies romaines de la G aide-Belgique , p. 103, 


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ancienne permettra peut-être d’assigner une date aux nom¬ 
breux travaux de celte nature que l’on rencontre dans Ja 
Campine anversoise et que l’on a considérés jusqu’ici, à 
tort suivant nous, comme des délimitations de propriétés 
ou des travaux relativement modernes pour prévenir les 
inondations ('). 

A diverses époques on a découvert dans le voisinage 
du cimetière des fragments de poteries ainsi que des urnes 
entières, mais l'indifférence pu l’ignorance des ouvriers a 
été cause de leur destruction. C’est ainsi que vers 1880, 
le fermier V. O., de Ryckevorsel, aurait trouvé dans une 
parcelle adjacente, transformée en labouré, environ 80 
urnes qui ont toutes été détruites en bêchant. L’ouvrier 
N., auteur de la découverte actuelle, nous déclare avoir 
cassé bon nombre d’urnes en bêchant et ajoute que ce n’est 
qu’en en amenant une presque intacte à la surface du sol 
qu’il s’est décidé à en faire part à son patron. Et, eneffet, 
dans les déblais nous recueillons bon nombre de tessons 
et d’ossements calcinés provenant de tombelles déjà nive¬ 
lées. A part ces trouvailles isolées, la nécropole de Rycke¬ 
vorsel s’offrait inviolée à nos recherches. Celles-ci sont 
d’ailleurs des plus faciles, il suffit de déterminer exacte¬ 
ment le centre des tertres très surbaissés par s^ite de 
l’écobuage et en deux ou trois coups de pelle, presque à 
la surface du sol, apparaît le dépôt mortuaire. 

Les tombelles encore au nombre d’environ 120 sont 
alignées du sud au nord et orientées vers l’est, le cime- 


(1) D’après une tradition que nous recueillons en Campine, les levées de 
terre en question auraient été imposées à des immigrants qui seraient deve¬ 
nus propriétaires des parties de bruyères qu’ils seraient parvenus à enclore 
de digues, ivallcn d’une ceitaine dimension. 


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tière s’étendant sur une déclivité entre les cotes 29 et 27. 

Les tombelles ont généralement un diamètre de 3 à 5 m. 
et une hauteur au centre de 60 à 80 c. m. Deux grandes 
tombes, non encore explorées, semblent indiquer le lieu 
de sépulture d'un personnage plus considérable. 

Des 70 à 80 tombelles fouillées jusqu’à ce jour, une 
bonne moitié n’ont donné qu’un amas d’ossements avec 
traces de calcination, mis en tas et ayant le volume d’une 
tête d’homme, placés simplement en terre, sans urne et 
recouverts du tertre. Huit à dix tombes ont livré de grandes 
urnes cinéraires de 30 c. m. de haut contenant les osse¬ 
ments. Sur l’une d’elles, que nous parvenons à retirer pres¬ 
que intacte, nous trouvons un bracelet composé d’une grosse 
tige de bronze terminé par deux boules. Dans la grande 
urne se trouvait un petit vase retourné, le pied au-dessus. 

A côté de la plupart des dépôts se trouve déposée une 
petite urne qui souvent est renversée et où l’on ne découvre 
que de la terre noire, mais presque jamais d’ossements. 
En dessous d’un vase cinéraire nous trouvons un galet en 
silex roulé ayant subi l’action du feu. A la surface du 
sol, mais sans que l’on puisse déterminer s’ils proviennent 
des tombelles, nous avons recueilli une dizaine de silex 
éclatés ou déchets de taille, mais aucun silex poli ('). Dans 
les déblais on a trouvé une espèce de masse de forgeron 
en fer, très mal épuré. 

Dans l’ensemble il a été recueilli jusqu’à ce jour à Rycke- 
vorsel une cinquantaine d’urnes dont nous en possédons 


(I) En janvier 1903 pendant que nous fouillions en société de MM. le 
baron de Loë, Jean de Mot et E. Bernays, des personnes d’Oostmalle vien¬ 
nent nous exhiber une superbe hache polie d’environ 18 à 20 c.m. de longueur 
en silex gris-blond de Spiennes, trouvée entre Oostmalle et Zoersel. * 


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une vingtaine, mais la plupart sous forme de tessons ('). 
Celles que l’on trouve à peu près entières sont rares. 

La coupe des tombelles fait constater, contrairement à 
ce que nous avions relevé à Weelde, que l’incinération ne 
s’est pas pratiquée sur place. L’usfrinum qui devait se 
trouver dans les environs n’a pas encore été découvert. 

La forme des urnes, le mobilier funéraire, la dimension 
des tombelles permettent de faire remonter l’âge de la 
nécropole de Ryckevorsel au premier âge du fer auquel 
le célèbre cimetière de Hallstadt a donné son nom. La 
découverte de Ryckevorsel, certainement la plus impor¬ 
tante pour cette période en Belgique, est un nouveau 
chaînon qui relie aux découvertes de M. Dens dans le 
Limbourg belge, les cimetières Hallstadtiens du Brabant 
méridional, des provinces Rhénanes, de la Silésie, de la 
Bohême, de la Pologne, au nord de la vallée du Danube. 

De l’ensemble des faits on peut conclure que la peu¬ 
plade mystérieuse qui occupait Ryckevorsel il y a environ 
2500 ans, était d’origine germanique comme le démontrent 
la technique et la disposition du mobilier funéraire. Cette 
peuplade devait être nombreuse et semble s’être fixée à 
demeure dans notre peu hospitalière Campine. L’usage 
du fer ne lui était pas inconnu, mais semble être à ses 
débuts. Les ornements en bronze importés dans nos con¬ 
trées, croit-on par des Phéniciens (?) sont rares. Le silex 
semble encore en usage, mais la forme des poteries élé¬ 
gantes quoique pétries sans l’aide du tour de potier, 
prouve un sens artistique assez développé. L’alignement 
des tombes, leur orientation, le dépôt du silex passé au 


(1) Nous avons donné tout le produit de nos fouilles de Ryckevorsel aux 
Musées Royaux du Cinquantenaire. 


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feu révèlent des pratiques religieuses Scandinaves. Enfin, 
la nécropole est déjà abandonnée lors de l’invasion attendu 
qu’aucun objet ne révèle une influence romaine. 

Telles sont les remarques que nous ont suggérées nos 
recherches. Depuis, le Gouvernement a pris la décision 
de faire procéder à des fouilles méthodiques qui s’exécu¬ 
tent actuellement sous notre surveillance. Le propriétaire 
du terrain ayant réservé l’autorisation de fouiller au Gou¬ 
vernement seul, les collectionneurs d’urnes qui étaient 
devenus légion et qui menaçaient de piller complètement 
la nécropole ont été écartés. Nous nous félicitons d’avoir 
contribué à cette décision qui fera entrer dans les collec¬ 
tions publiques des documents historiques perdus pour la 
science lorsqu’ils se trouvent disséminés dans des collec¬ 
tions particulières. 

Nous nous proposons de consacrer une étude d’ensemble 
en collaboration avec notre savant collègue M. le baron 
de Loë, à la nécropole de Ryckevorsel, lorsque les fouilles 
seront terminées. 

Janvier 1903. Louis Stroobant. 


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NOTE SUR LE DIVERTICULUM DE BAGACUM 


A TRAJEGTUM AD RHENUM. 


Gauchez, dans les Annales de l'Académie Royale (CAr¬ 
chéologie, 1882, p. 193, fait passer la voie de Bavai à 
Utrecht par Assche (Asca), Merchtem (Merskhera), Londer- 
zeel au lieu-dit Bergh d’où elle entre dans la province 
d’Anvers actuelle par Thisselt, localités situées dans la 
Belg. II a Nervii. Elle aurait passé à Rumpst (Germ. ll a 
Ambivarites), où aurait existé le gué où Ton franchissait 
le Rupel. De là elle se serait dirigée sur Duffel par le 
Château de Tibur et Tiburs Hoeh longeant la rive gauche 
de la Nèthe. P. Lamüiez, Dissertation sur les colonies ro¬ 
maines, p. 18, et Schayes, La Belgique avant et pendant 
la domination romaine, II, 265, placent avec moins de 
probabilités le passage du Ru (tel à Ruysbroeck d’où la 
route se serait prolongée sur Anvers suivant Lambiez, sur 
Hoogstraeten d'après Schayes. Ce dernier auteur émet 
même l’hypothèse qu’elle aurait été construite sous Vespa- 
sien pour réprimer la révolte des Bataves. Nous pensons 
avec Galesloot (Le Brabant avant Vinvasion des Romains 
p. 34), que Rome ne fit qu'empierrer et rectifier la direc¬ 
tion de certaines routes déjà existantes avant la conquête. 
La découverte de sépultures préhistoriques le long des 
routes antiques vient confirmer cette manière de voir. 


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Quoi qu’il en soit au sujet de cette origine, constatons que 
Van Dessel, dans sa Carte archéologique de la Belgique, 
renseigne également Rumpst comme point terminus du ’diver- 
ticulum Bavai-Mons-Assche. A partir de Rumpst il indique 
au pointillé un tracé incertain sur Anvers d’où il fait partir 
la route Anvers-Breda par Hoogstraeten. C’est tout pour la 
province d’Anvers, représentée par un vaste espace blanc sur 
la carte en question. Au sud cependant figure, mais d’une 
manière vague et au pointillé, une route partant de Mali- 
nes pour aboutir à Nijlen. Cette hypothèse nous parait 
des plus hasardées. C’est par Duffel, au lieu dit Kruys- 
toeg que la route se continue sur Lierre par la chaussée 
vicinale actuelle sur Oostmalle, en passant par Santhoven 
où un cimetière longeait la voie. Entre Oostmalle et 
Ryckevorsel, exactement à la borne 20, la voie ancienne, 
aujourd’hui abandonnée, se continue droit au nord et longe 
la nécropole de Ryckevorsel par le Hel Hoek heide. 

La voie vicinale qui jusqu’à cette borne avait emprunté 
le diverticulum, se coude vers le N.-O. pour rejoindre le 
village de Ryckevorsel en traversant le canal d’Anvers à 
Turnhout au pont 8. Cette route vicinale a été construite 
il y a 30 ou 40 ans. Précédemment tout le passage avait 
lieu par la heirbaan que l’on appelait aussi den ouden 
trek (le vieux passage). Au hel hoek hegde et au delà du 
canal, au mieland, le tronçon de voie que nous avons ex-, 
plorô mesurait jusque 80 pas de largeur. Il suit exacte¬ 
ment la crêté de partage des bassins de la Meuse et de 
l’Escaut. Au delà de Meerhaet-lez-Ryckevorsel, où des urnes 
ont été découvertes il y a une vingtaine d’années ('), le tracé 


(1) Le fermier Charles Somers a trouvé au Berg à Meerhaet sous Rycke¬ 
vorsel quantité d'urnes qui ont été détruites. 


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devient incertain. Son prolongement au nord nous conduit à 
travers le bois de Hces par l’ancien pavillon de chasse des prin¬ 
ces de Salm-Salm où viennent aboutir seize superbes allées 
d’une grande étendue. Il est probable que l’ancien chemin 
aura été sacrifié en partie au xyiii* siècle lors de la plan¬ 
tation du Hees. 

Le nord de ce bois qui est situé sur le territoire de 
Hoogstraeten constitue un point de repère important. Nous 
y trouvons les Uoulcl-hoeven près de la bruyère Achter de 
kluis où plus de quarante urnes cinéraires ont été exhumées 
en 1803. A cet endroit vient bifurquer avec la route Lierre- 
Oostmalle-Zundert dont la direction est à peu près du S. 
au N., la route Anvers-St.-Léonard-Hoogstraeten-Breda qui 
se développe vers le N.-E. et dont il sera question plus loin. 

Au delà des Houlel-hoeven la première de ces routes 
semble se poursuivre droit au N. par les lieux dits b'uyèrc 
des laboureurs , le hinnen boom, de hemelrycksche heidc, 
dcn Aart où elle redevient incertaine. 

A tous ces lieux dits elle avait anciennement une lar 
geur de 80 à 90 pas. Les bordures en ont été vendues 
il y a une cinquantaine d’années sur une étendue de 4 à 
5 kilomètres ('). La tradition y place le berceau du village 
d’Hoogstraeten. A ce que l’on dit, on y découvrirait encore des 
substructions antiques)?). Vers 1840 des sépultures y ont été 
exhumées <*). 


(1) Renseignement nous fourni par M. le docteur Vrints, de Merxplas. 

(2) V. Catalogue du musée d'antiquités d'Anvers , p. 201. 

N° 123. Deux hast us jaculatoires coites, francisques ou framées (cateia) 
armes gauloises trouvées à Hoogstraeten. Don de M. Van Genechten. 

N° 124. Un idem. Don du môme. 

N° 125. Hache (cateia) trouvée à Hoogstraeten à londroit nommé den 


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Nous supposons, étant donné la direction de cette voie, 
qu’elle se dirigeait par Groot Gestel, à l’est do Meer, sur 
la ferme den Berg vers Zundert au TichleUakken (à 3000 m. 
de Groot-Zundert et à 2200 m. de Rysbergen). Là se trouvait 
le temple de la Dea Sandraudiga (') dont l’autel, surmonté 
d’un phallus, est conservé au musée de Leyde et ou un 
moyen bronze de Vespasien a été découvert en 1847 par 
Cuypers (Oudheidkundige onldekking aangaande den tem- 
pel der Dea Sandraudiga (en 1812) dans J. A.Nyhofp Bijdra- 
gen tôt de vaderlandsche geschiedenis, etc. IV, 157, 164-105). 

D’après Lambiez, cette voie se serait dirigée vers Door- 
drecht. Gauchez n’en fait pas mention. 

Aard, près du Vlaminckxstraat ou Middelbaan. (Voir sur cette trouvaille 
la séance de l’Académie Royale des Sciences de Belgique du 3 août 1810.) 
Don du même. 

N° 126. Une idem. Don du môme. 

etc. 

N° 112. Canette à panse et à goulot, sur trois pieds, mélange de bronze, 
de cuivre et d’argent. Trouxée à Hoogstraeten en 1844. Elle fut découverte 
avec des framées ou francisques dont il y a plusieurs exemplaires dans la 
collection ; c’est là que d’après la légende, se trouvait la Via lata, Via Alta 
dos Romains, d’où est venu le nom d’Hoogstraeten. 

A noter encore pour mémoire la cachette de fondeur découverte à Hoog¬ 
straeten et contenant cinq haches en bronze conservées aux Musées du 
Cinquantenaire à Bruxelles. 

(1) V. sur l’autel de Sandraudiga , Schayks, Les Pays-Bas, etc. I, 123; 
II. 267; P. Cuypers, loc. cit, L. Torfs, Sandraudiga , une des divinités 
de la Toxandrie . Son nom commenté et expliqué dans les Annales de 
VAcadémie d'Archéologie de Belgique , 1869, p. 51, avec planche. C. Loots 
en J. C. van Lennbp, Vei'slag over de Dea Sandraudiga , Verhandelingen 
der tweede klasse van het Kon. Nederl. Instituut, I, 89. De Bast, Recueil 
d'antiquités romaines , 2 d supplément, II, 548. J. J. Rabpsabt, Aanmer- 
kingen op het rapport der heeren Loots en van Lennep betrefifende het 
gedenkstuk der Dea Sandraudiga, 1818. Verhandelingen, etc., II, 165. 
Athbnas, Notice dans le bulletin de VAcadémie de Nantes de 1815, 
Schayks, Histoire de l'architecture (planche). 


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La route partant d’Anvers passe par St.-Léonard (et non 
par Brecht comme l’avance Gauchez). Elle rejoint la route 
vicinale actuelle Ryckevorsel-Hoogstraeten à la 31 e borne. 
Passant devant les églises d’IIoogstraeten et de Minderhout 
elle traverse la rivière la Marck entre la 34 e et la 30 e 
borne. A cet endroit sé remarque un tertre que nous consi¬ 
dérons comme étant un vestige d'un fortin ou d’une tour 
qui défendait le gué. La route Anvers-St.-Léonard-Hoog- 
straeten (village)-Minderhout se poursuivait vers Rijsber- 
gen, Rreda et peut-être vers Utrecht. Diverses découvertes 
d’antiquités romaines et anté-romaines ont été faites dans 
notre province le long de cette voie et notamment à St.- 
Léonard ('), près d’Hoogstraeten achlcr de kluis (*), au delà 
d’IIoogstraeten ( 1 2 3 ) près de la 36 e borne et au tertre dont 
question ci-dessus. 


(1) Vers 1861 près de l'église. B on db Lok, Annuaire de la Société d'ar¬ 
chéologie de Bruxelles. 1899, p. 25. 

(2) Tradition locale. 

(3) B on de Loi ; :. Annuaire cité p. 23. 


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MERXPLAS. — LE CAMP ROMAIN. 


La tradition désigne comme étant un ancien camp romain 
le Beemdhorst, élévation à peu près circulaire d’une super¬ 
ficie d’un à deux hectares située près du village de 
Merxplas, immédiatement à côté de la rivière la Marck, 
dans les propriétés de M. Caron. Ce tertre qui semble 
avoir été élevé artificiellement, a été sensiblement surbaissé 
par suite du nivellement des larges fossés qui l’entouraient 
et qui anciennement communiquaient avec la Marck par 
un chenal. Ils sont aujourd’hui transformés en prairies. 
La construction (tour ou fortin) qui d’après la tradition, s’éle¬ 
vait autrefois sur le tertre, devait se trouver défendue par 
une large nappe d’eau et à ce point de vue le choix de son 
emplacement dans une boucle de la Marck semble des plus 
judicieux. A proximité du Beemdhorst, un peu plus au 
nord, semble avoir existé un passage à gué de la Marck 
pour l’ancienne route, aujourd’hui abandonnée, d’Anvers à 
Tilbourg (?). Dans celte hypothèse, le fortin ou la tour en 
question a pu constituer un ouvrage défensif de la fron¬ 
tière délimitée par le rivelet la Marck. Comme nous l’avons 
constaté pour un autre tertre qui borde la Marck, ici encore 
se rattache une légende de Nutons. Des Kaboutermanne- 
kens, suivant d’autres des templiers, auraient habité le 
Beemdhorst. Pour dépister les recherches ils ferraient leurs 
, chevaux à l’envers. 


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— 418 — 


Déjà en 1789, van Gorkom (') dit avoir visité la forte¬ 
resse de Merxplas qui aurait été prise par les Romains 
aux Ménapiens (?). Il déclare qu’à cette époque déjà il 
n’existait plus aucun vestige de construction, mais que les 
habitants du village ont fréquemment retiré des fondations 
des briques et des ferrailles. Il fait également mention de 
souterrains qui existeraient dans la motte et déclare que 
des perches de plus de vingt pieds disparaissent tout en¬ 
tières dans le sol marécageux des anciens fossés (*;. 


(1) L. van Gorkom, Beknopt denkbeeld van Oud-Nedei'land , Brussel. 
1789. bl. 25. 

(2) Mtmsong Alting in Nolitia Germania inferioris aniiquœ , steld den 
Palus Menapiorum , zijnde de bron waer uyt ontspringt de rivière der 
Menapiers, als nu do riviere de Marke, in het dorp Merxplas genoemd, 
tusschen do vrijheden van Turnhout en Hoogstraeten, gelegen in Braband. 

H y plaetst by den z rt lven eene forteresse, bestorrnd wordende door romein- 
sche legioenen. 

Dan alsoo desen den eenigston onder aile de schrijvers is, die dit in 
bodenkinge brengt. 

Heeft men ter voldoening der oudkeyd personelÿk dit gaen ondersoeken: 
Ziet hier hoe wij dose gelegentheijd hebben bovonden. 

Gaende van de pastorye van het dorp Merxplas naer het gehugt Lips- 
eynde, vind men, soo haest mon de riviero de Marke met eene brugge 
gopasseert is, ter slinker hand nefifens den rijweg een hoog blok, ront- 
somme in sijne vesten oft wallen omgraven, die de breedde hebben van 
66 gemyne stappen. 

Dan de selve zijn door de oudheyd geheel toegevallen, nog men kan 
ook over de selve niet dan met droog saisoen gaen. 

Sy sijn nu verandert in kwebben, wanneer men eenen stok neemd van 
20 en meer voeten lang, kan men den selven tôt sijn eynde daer in steken. 

De breedde van het geseyd blok binnen de wallen is van den oosten 
naer don westen 211 gemeyne stappen on van den zuyden naer den noorden 
13') stappen. 

Het pneld ton oosten aen den rÿweg, ten zuyden aan de riviere de 


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— 4i9 — 


De nos jours, la motte plantée de sapins s’élève isolée 
au milieu de prairies étendues. Le centre est légèrement 
creusé en entonnoir, circonstance que nous avons déjà 
relevée au Vosscnberg. Nous y ramassons quelques silex 
éclatés, mais on n’y trouve plus trace de briques ou de 
tégula qui pourraient venir confirmer l’origine romaine 
donnée à ce monument. 

Alting (édition d’Amsterdam, 1097, p. 96) y place le Palus 
Mcnapiorum. Il dit que le nom de Ménapiens vient do 
Meenle ou Meene (gemeenle. peuple) et que ce radical a 
donné naissance à un adjectif Mener qui s’est contracté 
en Me-er et a servi à former plusieurs noms de lieux, 
notamment: Me' crichsplas (Merxplas) ce qui signifierait 
« Marais des Ménapiens ». Cette étymologie fantaisiste du 


Marke, ten wosten en noorden aen de goederen van Mijnheer den Hertog 
van Hooghsiraeten, aen wie desen grond ook toebehoord. 

Dan niets is er nieer van in wosen, dan dat dikwils de inwoonders van 
Merxplas van des selfs fondamenten steenen bebben uytgegraven ; mon 
tboonde ons nog een bouwken, dat ten deele van de uytgegravene steenen 
was gemetseld. 

Iets het geen nog besonder preuve doed, dat daer een uytnemende gebouw 
moet gestaen hebben, is dat over vier jaren nog een remarkabel quantiteyt 
van oud eyser werk in het binnen blok is opgegraven, bestaende in eysere 
leeden van vonsters en deuren ; dan door oudheyd bij naer vergaen en 
opgeeten. 

De landsluyden verbaelden ons, dat men nog onderaerdscho kelderingen 
met diep te graven, soude ontdekkon; maer ten genoegen overtuygt, dat 
daer een soortgelijke sterkte gestaen heeft, hebben wij het verder ondersoek 
daer gelaten. 

Uyt het optrek van de romeynscho legioenen tegen dese forteresse, bij 
den voornoemden Alting gedenoteerd, schijnd hij te verklaren, dat dese 
sterkte door die selve romeynen is veroverd, verwoest en afgebrand. * (van 
Gorkom. 1789.) 


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- 420 — 


brave Alting ne mérite pas que l’on s’y arrête. Beernaerts 
qui reporte toutes les étymologies à des noms de person¬ 
nes, explique Merxplas par le radical Marc. M. A. Harou 
dans sa notice sur le village de Merxplas se raillie à la 
traduction de Krelinger, marais de la Marck. En présence 
de l'existence probable d’un ancien fortin qui tel la tour 
du Croonenburg à Anvers et le fossé d’Olhon à Gand, 
semble avoir constitué une des marhcn ou bornes de 
l’empire romain (?) il nous semble plus fondé de rechercher 
la désinence plas dans placea (bas-Iat) locus ex. Gallica 
voce place, quae a Germanico, plats, CAMrus. forte orta 
est. (Ducange). Plaetsc (bas-allemand) locus est area, paliosa 
platea, campus, forum, (Kil. 494). Merxplas signifierait donc 
(placea) camp près de la (Marck) frontière. 

L. S. 


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TABLE. 


Merxplas. Le tumulus « den Vossenberg » . . . page 365 
Merxplas. Poteries trouvées au - Sleenheuvelhey- 

vcld ».» 368 

Weelde. Découverte d'une urne hallstadlienne . » 372 

Weelde. Retranchement dans la bruyère ... « 377 

Weelde. Le « Hoogcyndschen berg ».« 378 

Weelde. Les tertres du « llof len bergen » . . » 379 

Baerle-Duc. Le tumulus dit « Groot-lommel » . . » 380 

Baerle-Duc. Le tumulus dit « Kleyn-tommel ». . » 381 

Baerle-Duc. Trouvaille d’instruments en silex. . » 382 

Oosthoven. Trouvaille de silex à l’intérieur d’un 

tertre.» 384 

Turnhout. Le tumulus dit « den Kruisberg ». . » 3S4 

Turnhout. Trouvaille d’une grande urne cinéraire. » 385 

Raevels. Trouvailles de silex taillés.» 387 

Raevels. La tombelle dit « de Tommel »... » 388 

Raevels. Trouvaille d’urnes cinéraires au « Wets- 

berg ».» 389 

Vieux-Turnhout. Le tertre du « Zwancven » . . » 391 


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_ 422 _ 


Vieux-Turnhout. Station paléolithique du « Liere - 

man .page 304 

Les tertres de la Marck.« 305 

Légende des cartes palethnologiques.» 40L 

Ryckevorsel. Le cimetière préhistorique. . . . * 400 

Le diverticulum de Bagacum a Trajectum ad 

- Rlienum.« 412 

Merxplas. Le camp romain.« 417 


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DE MALINES 


L’œuvre de l’évêque Brenart que nous avons l’honneur 
de présenter à l’Académie, est entièrement inédite. Elle est 
restée inconnue à A. Matthieu ('). C’est l’histoire du Grand 
Conseil composée par un de ses membres à une époque 
où ce tribunal célèbre était à l’apogée de sa puissance ( 2 ). 

Dans la seconde moitié du xvm e siècle, le comte de 
Cobenzl, ministre de Marie-Thérèse, aurait chargé Brenart, 
alors Conseiller ecclésiastique au Grand Conseil, de la ré¬ 
daction d’une histoire de Y Etat de V Eglise Belgique . Le 

(1) Voyez Galksloot, Rapport sur le concours de 1X75. Bulletin de l’Aca¬ 
démie d’Archéolngie de Belgique, 1873, p. 657. 

(2) V. sur le grand conseil : Van Maankn. De supremo Mechliniensi 
Consilio. Trajecti ad Rhenum, 1824. in-8°.— A. Matthieu. Histoire du Grand 
Conseil de Malines, Bruxelles, 1874, in-8°. (Annales de l’Académie Royale 
d’Archéologie de Belgique). — F. Brabant, Le Grand Conseil de Philippe 
le Bon. — J. Fkkdkrichs. Le Grand Conseil ambulatoire des ducs de 
Bourgogne, — A. Gaillard. L'origine du Grand Conseil ambulatoire et 
du Conseil privé, (Rev. de l’Université do Bruxelles, 1897). — Le Grand 
Conseil des ducs de Bourgogne. Bruxelles 1900, in-8°. cités par M. Pi- 
rrnne. Bibliographie de l'hist. de Belgique , p. 88. 


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- 424 — 


manuscrit qui nous occupe serait un chapitre de ce tra¬ 
vail, dont une autre partie se trouve probablement dans 
le Ms n° 21470, de la Bibliothèque Royale (')• L’original 
aurait été offert par l’auteur à sa souveraine, Marie-Thérèse, 
en deux volumes reliés en velours rouge et serait orné de 
180 aquarelles du peintre malinois Herrcyns. Ce dernier 
aurait abandonné l’entreprise, le prince de Slahrenberg, 
successeur de Cobenzl, ne paraissant pas disposé à encou¬ 
rager l’œuvre commandée par son prédécesseur. Une partie 
des recherches historiques seraient dues à la collaboration 
de pères jésuites dont les noms ne sont pas cités. Quoi 
qu’il en soit, une note marginale fait connaître que l’his¬ 
toire en question fit obtenir à Brcnart l’évêché de Bruges 
en 1777. 

Félix Guillaume Antoine Brcnart, né à Louvain le 23 novem¬ 
bre 1720, était fils de l’écuyer Jean Antoine Brenart, doc¬ 
teur en droit civil et canonique et professeur primaire à 
l’université de Louvain, et de dame Marie Constance Mal¬ 
corps. Jean Antoine Brenart avait acquis de la famille 
Raneels la seigneurie de Corbcek-Loo, élevée au rang de 
baronnie par lettres patentes du 19 février 1714. 

Félix Guillaume Antoine entra de bonne heure à l’uni¬ 
versité de Louvain où il obtint le 20 août 1744 le grade 
de licencié en droit. Nommé peu de temps après chanoine 
de l’église Saint-Pierre de Louvain, on lui confia la place 
de secrétaire-trésorier du chapitre. Marie-Thérèse le pro¬ 
mut le 10 janvier 175Î à la dignité de doyen du chapitre 
de Saint-Gommairc à Lierre et le 20 janvier 1758 à la place' 

(1) Le n° 21470 de la section des manuscrits de la Bibliothèque Royale 
renferme un mémoire historique et juridique sur l'Etat de VEf/lise Bel - 
gique quo l'inventaire manusciit de la Bibliothèque attribue à Brenart. Il 
n'y a toutefois dans le Ms n° 21470 aucun indice de cette attribution. 


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— 425 — 


de conseiller ecclésiastique au Grand Conseil de Malines, 
au siège vacant depuis la mort d’Ambroise Charles de Smet. 
Il prit possession de sa charge le 14 février suivant. C’est 
de 1758 à 1777 qu’il aurait rassemblé les éléments de l’his¬ 
toire du corps judiciaire auquel il appartenait. Ainsi que 
nous le disions plus haut, cette œuvre historique ne serait 
pas étrangère à la nomination deBrenart au siège épiscopal de 
Bruges, pour lequel Marie-Thérèse le désigna le 21 février 
1777. Peu de temps après son sacre, il publia une lettre 
pastorale pour Vextirpation de la mendicité par la réclusion 
des mendiants dans les maisons de correction — question 
alors de toute actualité. 

Ses biographes (') dépeignent l’évêque Brenart comme 
un ecclesiastique distingué, affable et très doux, mais très 
ferme. Il donna des preuves de son énergie lors de la 
lutte entreprise par le cardinal de Franckenberg contre 
les réformes que Joseph II voulait imposer en matière 
religieuse. Brenart publia à cette occasion des lettres ouvertes 
à Trautmansdorff, dans lesquelles il condamne la politique 
autrichienne. Rien d’étonnant dès lors que son histoire 
du Grand Conseil, écrite à la demande des autorités autri¬ 
chiennes, soit restée inédite. 

En dehors de ses lettres pastorales, on ne connaît de 
Brenart que « Statuto pro alumnis seminarii Brugensis » 
petit in-12 publié à Bruges en 1791. 

Le 12 mai 1794, à l’approche des armées de la Répu¬ 
blique, le XII e évêque de Bruges se retira malade à sa 

(1) Piron, Algemeene levensbeschrijving, supplément, p. 25. Van dr Puttk, 
dans la Biographie nationale, II. Van de Velde, Synopsis monumentorum, 
pp. 541*542. Recueil des représentations et réclamations faites à S. M. /. 
par les Représentants et Etats des provinces des Pays-Bas Autrichiens- 
(Voir tables). 


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426 - 


campagne do Sainte-Croix, d’où il se rendit le 15 juin chez 
son frère à Louvain ( l 2 ). 11 prit bientôt le chemin de l’exil 
et se retira à Venlo, puis à Anholt. Souffrant de l'asthme, 
suivant les uns, hydropifjue, suivant d’autres, il fut recueilli 
au château du prince de Salin-Salin, dernier seigneur d’Hoog- 
straeten. Il succomba le 26 octobre 1794 vers 10 heures 
du soir et fut enterré dans un caveau de l’église parois¬ 
siale d’Anholt (*). 

Il existe à l’evêché de Bruges un beau portrait peint de 
Mgr. Brcnart dont une très médiocre reproduction litho¬ 
graphique a été publiée par J. G. Canneel dans VHistoire 
du diocèse de B?'ugcs, publiée vers 1840 ( 3 ). Ses armoiries 
qui étaient d'azur à la bande d'or chargée de trois mo¬ 
lettes de gueules au chef d'argent chargé d'une chouette 
du troisième , y figurent écartelée aux un et quatre , d'azur 
à la bande d'or chargée de trois molettes de gueules, au 
chef d'argent chargé d'une merlctte (?) du troisième; aux 
deux et trois de... au lion de... au franc-quartier d’or 
chargé d'une feuille de nénuphar (?) d'argent. Un écus¬ 
son d'or au lion de... brochant sur le tout. Sa devise 
était: Sine minerva nihil. 

Ces armoiries sont décrites dans le Ms n° 141G5 de la 
Bibliothèque Royale contenant un poème épique de Patrice 
Beaucourt de Noortvelde en l’honneur de Brenart, lors de 
son intronisation le 3 août 1777. Ce poème qui semble 


(1) Renseignements dus aux obligeantes recherches de M. le chanoine de 
Scbrevel, aux archives do l'évêché de Bruges. 

(2) Les livres de l'Evêque Brenart ne furent pas vendus. Réunis à la 
fameuse bibliothèque van Susteren, ils forment en partie la bibliothèque du 
séminaire de Bruges et celle du petit séminaire de Roulers. 

(3) Cette histoire est l'œuvre du chanoine Van de Putte. C’est par erreur 
qu'elle a été attribuée à Canneel qui n'en est que l’éditeur lithographe. 


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— 127 — 


inédit n’est pas cité dans la Biographie nationale à l’arti¬ 
cle de Patrice do Beaucourt. Il est accompagné d’un portrait 
à la plume de Brenart, d’une exécution assez médiocre ('). 

Les recherches faites à Vienne par ordre de Sa Majesté 
Impériale et Royale Apostolique, pour retrouver l’œuvre ori¬ 
ginale offerte à Marie-Thérèse, sont restées infructueuses. 
Par sa dépêche du 29 novembre 1901 n" 1279, son Excellence le 
comte de Khevcnhuller-Metsch, Ministre d’Autriche-Hongrie 
a bien voulu nous faire connaître que les volumes en ques¬ 
tion ne se trouvent ni dans la bibliothèque de la cour, 
ni dans les archives de la maison et de la cour Impériale 
et de l’Etat, ni dans la bibliothèque fidci-commissaire de 
la famille Impériale et Royale. 

Cette disparition des originaux vient singulièrement aug¬ 
menter la valeur des deux seules copies que nous con¬ 
naissons de l’histoire du Grand Conseil. L’une, transcrite 
vers 1820, se compose d’un petit in-l° de 105 ff et a fait 
partie de la bibliothèque du bibliophile De Bruync, ven¬ 
due à Malines en 1890. Elle figure au catalogue (n° 270) 
comme acquise au prix de GO francs pour compte de la 
Bibliothèque Royale. Il y était joint un document imprimé 
concernant la généalogie de Brenart. L’autre copie est la 
propriété de M.Diercxsens, Président du tribunal de Turnhout, 
à l’obligeance duquel nous devons de pouvoir faire con¬ 
naître cette importante œuvre historique. C’est un in-folio 
cartonné, entièrement écrit de la main de l’archéologue 
malinois Scliellcns (*) et interfolié de trente quatre por- 

(1) Renseignements dus aux obligeantes recherches du R. P. van den 
Gheyn, conservateur de la section des manuscrits à la Bibliothèque Royale. 

(2) F. Schellens. 1809-1853, était un modeste amateur malinois qui a copié 
quantité de manuscrits intéressant sa ville natale. Il est Fauteur d’une volu¬ 
mineuse chronique malinoise comprenant douze volumes in-folio. 


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— 428 — 


traits, vues du palais du Grand Conseil, séances d’apparat, 
les uns gravures anciennes, les autres, soigneusement peints 
à l’aquarelle ou à la sépia ('). 

La partie biographique est ornée d’environ 300 armoiries 
très bien dessinées et teintées. 

Ce volume fut acquis en 1857 à la vente Scliellens (-) par 
M. Aug. Van den Eynde, do Malines, pour la somme de 
200 francs. Nous le retrouvons sous le n° 13 dans le cata¬ 
logue de vente de la bibliothèque de Crane-d’Heysselaer ( :, j 
où il fut acquis le 14 novembre 1859 par le baron Duvivicr 
pour 240 francs. En 1878 à la vente de ce dernier, M. le 
président Dicrcxsens, son neveu, le disputa à la ville de 
Malines et en-fut déclaré acquéreur après des enchères très 
élevées. 

L’œuvre de Brenart est divisée en trois parties compre¬ 
nant: 1° un résumé historique 2° une description détaillée 
des salles de l’ancien hôtel de Valois à Malines où le Grand 
Conseil tenait ses assises depuis 1009 et qui sert encore 
actuellement de palais de justice (-0 3° une nomenclature 
chronologique des dignitaires du conseil avec notices bio¬ 
graphiques et indication de leurs armoiries ( 5 ). 


(1) Ces aquarelles peuvent être attribuées aux peintres malinois J. F. Mar- 
dulyn et Van den Fynde. 

i2) Catalogue d'une belle collection de livres... délaissés par feu M. Fr. 
Scliellens , vendue à Malines le 12 janvier 1857, n° 246 du catologue. 

(3) Catalogue des livres et manuscrits.... de feu M. de Crâne (THeyssc - 
laer, Malines. V e Diericx-Beko et fils, 1859. 

(4) De 1474 à 1609 le G d C 1 * 3 4 5 siégea au Schepen huys 9 maison éckevinale, 
connue aussi sous le nom de Vieux palais à Malines. L’ameublement du 
nouveau palais ne fut complètement terminé que le 3 novembre 1617. 

(5) Une partie du manuscrit a été traduite en français par M. Jules Diercx- 
sens, fils. 


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— 429 — 


La partie historique est courue chronologiquement et sem¬ 
ble écrite en partie d’après des documents d’archives. On 
peut lui reprocher de ne pas s’occuper suffisamment de 
l’histoire juridique de l’institution même, mais telle qu’elle est 
écrite, elle constitue un apport précieux à notre histoire 
nationale. 

La description des locaux du Grand Conseil, faite en con¬ 
naissance de cause et avec beaucoup de soin par un contem¬ 
porain, est intéressante Elle est à comparer avec l’ouvrage 
« Provincic slad encle district van Mechelcn » publié en 1770 
et attribué à Van den Eyndc. On y trouvera également 
un résumé historique ainsi qu’une description du Grand 
Conseil. La conception du travail de Van den Eynde fait 
supposer qu’il a eu connaissance du plan suivi par Bre- 
nart, mais l’un n’est nullement un résumé ni une traduction 
de l’autre. Brenart est bien plus complet et il existe entre 
les deux ouvrages do nombreuses variantes dans les mul¬ 
tiples inscriptions qui se lisaient dans les salles du palais, 
ainsi que dans les suscriptions des huit tableaux représen¬ 
tant les séances d’apparat du Grand Conseil. 

On a beaucoup écrit sur ces tableaux qui représentent 
les conseillers revêtus de leurs robes rouges assemblés en 
séance. Nous estimons que ce sont bien les originaux qui 
sont conservés au musée de Malinos et que l’on a considérés, 
à tort, comme des copies exécutées par Van den Eynde. 

Ces toiles, peintes à la détrempe, et aujourd’hui en assez 
mauvais état, sont l’œuvre du peintre malinois Corneille 
Berincks (+ 1550) ('). Anciennement elles étaient vraisem- 


(1) En 1560 le peintre Chrétien Brun fut chargé de la restauration des 
tableaux qui ornaient les salles du Grand Conseil. Pinchart, Archives des 
arts , sciences et lettres , II, 16?. 


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— -130 — 


klablement enchâssées dans les lambris de la salle du con¬ 
sistoire du vieux palais. Le Conseiller Guillaume van Blil- 
terswyck en fit exécuter, vers 1002-1079, des copies par Egide 
Smeyers, de Malines (1035-1710). 

Smeyers ne se borna pas à copier; il fit, aux frais de 
van Blitterswyck, de nombreux voyages, afin de se procurer 
les portraits exacts des souverains et dignitaires qui assis¬ 
taient aux séances d’apparat — portraits qu’il reproduisit 
dans ses copies des détrempes de Berinckx. Smeyers étant 
connu comme un portraitiste distingué, il s’ensuit que ses 
copies ont une valeur documentaire et artistique supé¬ 
rieure aux originaux. 

Le Conseiller Gielis d’Hujoel les acheta en 1079 à la vente 
de van Blitterswyck ('). Elles devinrent ensuite la pro¬ 
priété du conseiller Steenhaut, après la mort duquel Cobcnzl 
les acquit en 1757. 

Ces précieuses peintures, où tant de familles belges pour¬ 
raient retrouver les traits des plus éminents de leurs mem¬ 
bres, auront probablement pris le chemin de l’Autriche ( 1 2 j. 

Il nous reste à dire un mot de la troisième partie du 
manuscrit. C’est de loin la plus importante. Elle ne con¬ 
tient pas moins de 412 notices biographiques et souvent 
généalogiques de dignitaires du Grand Conseil ( 3 ). Les 297 
armoiries qui les accompagnent constituent un armorial 


(1) D’après le manuscrit de Foppens sur le Grand Conseil, Ms conservé 
aux archives de la ville de Malines, G. van Blitterswyck serait l’auteur 
des suscriptions des huit tableaux. Cela paraît très douteux. 

(2) Le peintre malinois van den Evnde exécuta plusieurs réductions à 
l’aquarelle des tableaux représentant les séances du Grand Conseil. 

(3) L’Académie Royale d’Archéologie do Belgique a décidé l’impression 
de ces notices, en assemblée générale du X mars 1902 sur rapport de MM. 
le R. P. van den Gheyn et le chanoine Van Caster. 


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— 431 — 


unique pour la noblesse de robe('). Il a le mérite rare d’être 
l’œuvre d’un ecclésiastique qui n’était pas un généalogiste 
professionnel et dont les écrits échappent aux trop légi¬ 
times critiques formulées contre les productions des Hellin 
et des Azevedo. 

Dans l’ensemble, l’œuvre de IJrenart constitue une source 
précieuse où les historiens, les biographes et les héraldistes 
qui s’occuperont à l’avenir du Grand Conseil, pourront 
puiser d’utiles renseignements. 

Louis Stroobant. 


Lg manuscrit en possession do M. le Président Diercxsens est illustré: 
Page 2. Portrait gravé ancien de Philippe le Bon. 

* 8. Vue des halles do Malinos, lavis à l’encre de C’.iine, de la première 

moitié du xix e siècle — non signé. 

« 9. Portrait do Marie de Bourgogne — lithographie par Schubert. 

« 10. Le Keysers-hof à Malines en 1540. — lavis à l’encre de Chine, de 

la première moitié du xix® siècle — non signé. 

* 11. Le ci-devant Grand Conseil à Malines — lavis à l’encre de Chine, 

avant la restauration de ce monument. 

» 11. Vue de l’ancienne église de Saints Pierre et Paul à Malines, démolie 

en 1882. Superbe aquarelle signée F. S. (François Stroobant) 1838. 
« 12. Portrait gravé ancien de Don Juan d’Autriche, avec signature 

autographe. 

» 14. Vue de l’ancien palais à Malines — lavis à l’encre de Chine. 

« 16. Portrait gravé ancien de Philippe I. 

« 18. Portrait gravé ancien de Charles-Quint. 

» 23. Belle sépia représentant le monument élevé à la mémoire de 

Marguerite d’Autriche à l’église de Saints Pierre et Paul à Malines. 
(Monument détruit en 1581.) 

* 33. Portrait gravé ancien de Philippe II. 

(1) Ces armoiries n’ayant pu être reproduites dans notro travail, nous 
les avons blazonnées en nous aidant de la première édition du diction¬ 
naire de Rielstap que nous avions seule à notre disposition. Nous les 

publions classées par lettre alphabétique aux annexes. 


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— 432 — 


Page 37. Binnen gezicht dcr sant-poorte, à Malinos — lavis à l’encre do 
Chine. 

» 37. Buyten gezicht der sant-poorte, à Malines — lavis à l’encre de 

Chine. 

* 41. Portrait gravé ancien du cardinal de Granvelle. 

» 42. Portrait gravé ancien de Marguerite do Parme. 

» 42. Autre portrait gravé ancien de Marguerite. 

» 42. Portrait gravé ancien du duc d’Albe. 

* 42. Portrait équestre du duc d’Albe (gravure ancienne). 

« 43. Portrait gravé ancien d’Alexandre Farnèse. 

» 45. Portrait équestre d’Albeit et Isabelle (gravure ancienne). 

« 45. Chambre du cardinal de Granvelle — lavis à l’encre de Chine. 

« 46. La maison du Président du Grand Conseil — lavis idem. 

« 46. Inlèi'ieur de Vhôtel du Président — lavis idem. 

» 46 Groolen raed langs S tf Peeters kerk-hof — lavis idem. 

« 47. Plaidoy solemnel touchant certain débat d'importance en vne cavse 

fort illvstre fait en pleine covr , les trois chambres assemblées en 
ran M.D.C XXVIII le.,, dv mois de Xbre dv qvel débat sei'a 
parlé aillevrs . Jolie aquarelle du xvm* siècle représentant une 
séance du Grand Conseil. 

» 55. Portrait de Philippe le Hardi — superbe aquarelle non signée. 

» 56. Portrait «le Jean sans peur — aquarelle. 

w 56. Portrait de Philippe le bon — aquarelle. 

» 56. Portrait de Charles le Belliqvevx — aquarelle. 

» 56. Portrait de Maria Caroli Bvrgutuli — aquarelle. 

« 57. Portrait de YArchidux Maximilianus — aquarelle. 

» 57. Portrait de Philippus pvlchei' heres vnicus bvrgvndo Belgico , etc. 

aquarelle. 

Ces portraits en pied, très finement points à l’aquarelle, sont des copies 
de ceux qui ornaient anciennement la salle du consistoire. 

» 58. Installation du Grand Conseil par Charles le Belliqueux — aqua¬ 

relle non signée, copie du tableau du musée de Malines reproduit 
dans l'ouvrage d’A. Matthieu. 

« 64. Le Grand Conseil sous le règne de Philippe le Bon. Très jolie 

aquarelle qui semble dater du xvm c siècle. 

» 68. Une séance du Grand Conseil — aquarelle non signée. 

» 74. Une séance du Grand Conseil — lavis à l’encre de Chine, repro¬ 

duit en tète de cette notice. 

Dans le corps des notices biographiques 297 armoiries des magistrats du 
Grand Conseil. 


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LISTE 


des Présidents du Grand Conseil depuis son institution pour 
résider à Matines du 22 janvier 1503. 


1503. 

Messire Jean Peeters, chevalier, seigneur de Catz, Doc¬ 
teur en droits, avoit été de l’an 1494 Conseiller et Maître 
des Requêtes des conseil d’état et privé des Sérénissimes 
Archiducs et Ducs de Bourgogne, de Maximilien Roy des 
Romains et de son fils Philippe le Bel, Roi d’Espagne; il 
fut dénommé le premier Président du grand conseil établi 
et résident à Malines par lettres patentes données à Bruxelles 
par le susdit Archiduc Philippe, du 23 janvier 1503 (’) et 
trépassa l’an 1521. 


1521. 

Messire Josse Laureys ou Lauwreys, chevalier, seigneur 
d’Aerteghem, Docteur en droits, Conseiller et Maître aux 
requêtes extraordinaires de l’hôtel de S. M. à Malines, par 
lettres patentes du 18 octobre 1514, ayant été auparavant 

(1) A. Matthieu dans son histoire du G. C. cite Guillaume Hugonet, 
Chancelier de Bourgogne probablement président en 1473. La même année 
Jean Carondelet, Philippe Wielant et Thomas de Plaines étaient Con¬ 
seillers. C. F. Liste des Présidents du Grand Conseil, dans les Annales de 
l'Académie d'Archéologie, 1874, p. 371. 


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— 434 — 


surnuméraire avec entrée à la chambre du conseil pro¬ 
vincial de Flandre, fut retenu à l’état de Président du grand 
conseil par lettres patentes de l’Empereur Charles-Quint 
en date du 17 avril 1521 ; il mourut l’an 1528. 

1528. 

Messirc Nicolas Everardi, natif de Gripskerke en l’isle 
de Walckcren en Zélande, très savant Docteur en droits et 
professeur dans l’université de Louvain. Doïen de l’église 
collégiale de Saint-Pierre à Anderlecht et puis de l’église 
collégiale de Sainte-Gudulo à Bruxelles; fut retenu à l’état 
de Conseiller ecclésiastique du grand conseil par lettres 
patentes du 27 mai 1505 à la place de Messire Jean Vincent. 
Il quitta quelque temps après l’état ecclésiastique et devint 
l’an 1500 Président du conseil provincial d’Hollande et 
retourna à Malines, comme Président du grand conseil, l’an 
1528 en la place de Messire Josse Laureys; il mourut le 
9 août 1532. 


1532. 

Messire Lambert de Criarde, chevalier, natif de Dun- 
kerke, Docteur en droits, célèbre par son érudition et 
écrits, fut retenu à l’état de Conseiller et Maître aux 
requêtes ordinaire du grand conseil par lettres patentes 
du 1 er jour de l’an 1521 en la place de Messire Jean van 
der Leyen; il devint en après du conseil privé à la suite 
de l’Empereur et finalement Président au dit grand con¬ 
seil l’an 1532; il mourut à Matines le 10 octobre 1557. 

1557. 

Messire Nicolas Everardi ou Everard NicolaT, natif de 
Louvain, fils de Messire Nicolas Everardi, Président du 


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— 435 — 


grand conseil. Docteur en droits de l’université d’Ingolstadt 
en Bavière, puis Conseiller au conseil de Frise à Leeu- 
waerde, fut retenu à l’état de Conseiller et Maître aux 
requêtes ordinaire du grand conseil par lettres patentes 
du 15 janvier 1532; en 1541 il devient Président du con¬ 
seil provincial en Frise et retourna l’an 1557 à Malines 
en qualité de Président du dit grand conseil, et décéda 
en la susdite ville le 10 mai 1501, âgé de 03 ans. 

1502. 

Messire Jean de Glimes, dit de Berges, chevalier, seigneur 
de Waeterdyck, Docteur en droits, auparavant conseiller 
du conseil d’Hollande, fut pourvu de la place de Maître 
aux requêtes et Conseiller du grand conseil par lettres 
patentes du 13 février 1548 à la place de Messire Louis 
Velaire; il fut promu à l’état de Président du grand conseil 
par lettres païen tes du22décombre 15G2 et trépassa à Na mur ou 
le grand conseil tenait pour lors les séances, le 24 août 1583. 


1584. 


Messire Jean van der Burch, chevalier, natif de Bruges. 
Conseiller du conseil provincial en Flandres,depuis,du grand 
conseil par lettres patentes du 10 novembre 1509, à la place 
de Messire Jossc Rataller; il fut dénommé l’an 1581 Con¬ 
seiller du conseil privé et fe 12 décembre de la même 
année il fut promu à l’état de Président du grand con¬ 
seil; finalement il devint Chef et Président du conseil privé 
par lettres patentes de l’an 1592 et mourut à Bruxelles, le 
5 juillet 1595. 


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— 430 - 
1508. 

Messire Igram van Aghelen, chevalier, natif de Bois-le- 
duc, fut premièrement Président du conseil de Frise, d’où 
il fut obligé de se retirer en Brabant, le pays étant tombé 
sous le pouvoir de rebelles; il fut reçu Conseiller, au con¬ 
seil privé l’an 1580 ou environ ; ensuite il fut dénommé, 
par lettres patentes du 18 août 1598, à l’état du Président 
du conseil, vacant par la mort de Messire van der Burch ; 
il mourut à Malines le 28 octobre 1004. 

1005. 

Messire Jacques Liebaert, chevalier, seigneur de Char- 
dau, Sommainq, Halewyns, Ackor, etc , natif de Tournay, 
fut premièrement Conseiller au conseil de Flandres; il succéda 
à Messire Guillaume de Criep à la place de Conseiller au 
grand conseil par lettres patentes du 23 décembre 1585 
et fut promu, l’an 1598 à l’état de Président du dit conseil 
en Flandres et puis à la Présidence du grand conseil par 
lettres patentes du 29 janvier 1005; il mourut le 12 no¬ 
vembre 1021, âgé de 80 ans. 


1022. 

Messire Renom de France, chevalier, seigneur de Novelles, 
Wyon, etc., succéda à son père, Jerome de France, à la place 
de Conseiller du grand conseil par lettres patentes du 8 no¬ 
vembre 1587 et fut promu à l’état de Président du grand 
conseil en vertu des lettres patentes du 30 avril 1022, et 
mourut le 24 août 1028. 


1028. 

Messire Zegere Coulez, chevalier, fut Conseiller du grand 
conseil à la place de Messire Jean Proost par lettres pa- 


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— 437 — 


tentes du 23 juillet 1002 ; il obtint l’an 1618 la place dé 
Président du conseil provincial de Namur et il revint dix 
ans après à Malines, étant nommé Président du grand 
conseil par lettres patentes du 10 octobre 1628. Il mourut 
le 11 novembre 1636. 


1638. 

Messire Henri de Vigq, seigneur de Meulevelt, homme 
fort docte et célèbre par ses écrits, fut pourvu de l’état de 
Président du grand conseil à la place de Messire Zegere 
Coulez, par lettres patentes du 20 décembre 1638 ; il avoit 
été premièrement Eehevin du Francq de Bruges dont il 
fut aussi Bourgucmaitre ; ensuite Conseiller du conseil privé 
par lettres pat. du 2 mai 1624, puis embassadeur de la 
Serénissime Infante Isabelle vers Louis xm, roi de France, 
et enfin Président du grand conseil où il termina sa vie 
le 30 mai 1651, âgé de 78 ans. 

1651. 

Messire Antoine L’hermite, chevalier, obtint la place de 
Conseiller au grand conseil vacante par la mort de Pierre 
van den Brouke, par lettres patentes du 20 janvier 1638 ; 
il fut évoqué par lettres pat. du 18 avril 1648 au conseil 
privé, d’où il retourna à Malines pour occuper la place 
de Président du grand conseil en vertu des L. M. Pat. 
du 25 décembre 1651. Il mourut à Malines le 6 juin 1661. 

1663. 

Messire Adrien de France, chevalier, seigneur de Novel¬ 
les, a été conseiller du grand conseil à la place de M. 
Deudon de Thuldcn, par lettres pat. du 3 février 1646; 


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— 438 — 


étant ensuite devenu Je plus ancien Conseiller du dit con¬ 
seil. il fut promu à la Présidence par lett. pat. du mois 
d’avril 1GG3. Il trépassa l’an 1608. 

1GG9. 

Mcssire Jean Antoine Locquet, vicomte d’Hombeeck 
seigneur d’Impde, van den Brocck, etc., natif de Bruxelles, 
fut premièrement pourvu par lettres patentes du 20 avril 
105G de l’état de Conseiller surnuméraire au conseil souverain 
de Brabant à condition d’entrer en la première place de Con¬ 
seiller ordinaire qui y viendrait à vaquer. Il fut promu 
vers la fin de l’an 1GG3 à la charge de Conseiller du con¬ 
seil suprême d’état, commis aux affaires des Païs-Bas et de 
Bourgogne, lès la personne du Roi Charles II. Six ans après 
il revint d’Espagne avec la mcrcède de Président du grand 
conseil après le trépas de Mcssire Adrien de France, par 
lett. pal® du 28 octobre 16G9. Le roi lui confirma aussi 
celle de Conseiller d’état et de l’admirauté suprême, et lui 
fît encore la mcrcède d’ériger la terre d’Hombeeck en Brabant 
en titre de vicomte par lett 8 pat® du 20 septembre 1681. 
En 168G, après la mort de Messire Simon de Fierlant, chan¬ 
celier de Brabant, il fut nommé par S. M. pour lui succéder 
en cette charge mais il n’en jouit que peu de mois, étant 
venu à mourir à Bruxelles, le 22 mars 1087 âgé d’envi¬ 
ron 72 ans 


1G8G. 

Messire André Delmarmol, chevalier, issu d’une famille 
ancienne et noble de Madrid, avoit été ci-devant Conseiller 
au conseil suprême en Espagne pour les affaires des Païs- 
Bas et de Bourgogne, lès la personne du Roi Charles II. 


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— 439 — 


Il obtint par lett s pat s du 24 septembre 1680 la Prési¬ 
dence du grand conseil, vacante parla promotion de Messire 
Jean Antoine Locquet à l’état de Chancelier du conseil 
de Brabant, mais il ne jouit de la Présidence que pendant 
3 années, étant venu à mourir à Malines, le 28 décembre 1689. 

1690. 

Messire Guillaume Philippe, marquis d’Herselles, baron 
de Werchin et de Liedekerke, seigneur de Faucwez, d’Itre, 
Samme, Sart, Virgenal, Moensbroeck et Boiselles, fut 
premièrement dénommé Conseiller ordinaire et surnumé¬ 
raire au conseil souverain de Brabant par patentes du 3 août 
1673, lorsqu’on croyait d’y ériger une 3" chambre. De là il 
fut appelé par le Roi en Espagne environ l’an 1687, pour 
être Conseiller du conseil suprême d’état aux affaires des 
Païs-Bas. S. M. lui fit la mercèdo d’ériger sa seig le de 
Fraucwez au Walon Brabant en titre de Marquisat sous 
le nom d’Herselles, par lett s pat 8 données à Madrid, le 
6 octobre 1689. Ensuite par la mort de Messire André Del- 
marmol, Président du grand conseil, il fut dénommé à 
la même place par lettres patentes de S. M. du 4 janvier 
1690 en vertu desquelles il vint prendre possession à 
Malines le 26 juin suivant de l’année 1691; et fut pourvu 
de la charge de Chancelier du conseil de Brabant, vacante 
par le décès de Messire Jean Baptiste Christyn, dont il 
prit possession avec rétention de l’état et des émoluments 
de Conseiller d’état. Il mourut à Bruxelles l’an 1698, sans 
laisser postérité. 


1690. 

Messire Guillaume Albert de Grispere, baron de Goyc.k, 
Lubersant, etc., fut retenu à l’état de Conseiller et Maître 


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4 10 — 


aux requêtes ordinaire du grand conseil vacant par le 
trépas de Messiro Henri Cassir, en vertu des lettres pal* 
du 9 novembre 1078. L’an 1088 il fut évoqué en Espagne 
pour y déservir l’étal de Conseiller du conseil suprême. 
Il en revint avec la mercède de Président du grand con¬ 
seil par lett s pal* du 18 décembre 1090, à la place vacante 
par la promotion de Mcssire Philippe, Marquis d’Herselles 
devenu Chancelier du conseil souverain de Brabant. Celui-ci 
étant venu à mourir l’an 1098, Guillaume Albert de Gris- 
pere quitta aussi la Présidence du grand conseil et devint 
Chancelier du conseil souverain de Brabant, l’an 1099. Le 
Roy Philippe V le nomma aussi le 2 juin 1702 Conseiller 
du nouveau conseil royal qu’il établit aux Païs-Bas. 11 
mourut à Bruxelles le 20 janvier 1725, âgé de 87 ans, ayant 
été Chancelier 20 ans. 


1099. 

Messire Hyacinthe Marie de Broeckhoven, seigneur de 
Spy, Steen, etc., natif do Bruxelles, fut premièrement Con¬ 
seiller au conseil provincial de Namur; de là il fut retenu 
à l’état de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire 
du grand conseil vacant par le trépas de Messire Guil¬ 
laume de Blitterswyck, par lett s pal s du 7 juin 1080. En 
1090 il fut évoqué en Espagne pour être Conseiller du 
conseil suprême des Païs-Bas, et il succéda en après à 
la place de Messire Guillaume de Gryspere pour la Prési¬ 
dence du grand conseil par loti* pat s du 7 mai 1099. 11 
mourut à Malinos le 28 septembre 1707. 

1707. 

Messire Jacques Stalins, seigneur de Poppenrode, natif 
de Gand, fut premièrement Conseiller du conseil en Flandres. 


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De là il passa au grand conseil à la place vacante par 
le trépas de M re Pierre du Ilot, par lettres patentes du 
7 juillet 1685; étant Vice-Président, comme le plus ancien, 
il fut promu à la Présidence par lettres patentes données de 
la part des puissances maiitimes au nom du Roi Charles III, 
souverain des Païs-Bas, datées du 9 décembre 1707 ; il 
mourut à Malines le 22 juillet 1714. 

1710. 

Messire Christophre Ernest de Baii.let, Luxembourgeois, 
seigneur de Reckingen, Strasscn, etc., fut premièrement 
Conseiller au conseil provincial de Luxembourg; il obtint 
la place de Conseiller au grand conseil, vacante par la 
mort de Messire Henry Bruytsma, par lettres patentes du 
20 janvier 1701. Il fut nommé l’an 1700 Procureur-Général 
du même conseil à la place de Messire Philippe Dujardin 
qui, pour ses infirmités et son grand âge, s’était démis de 
cette charge. Il fut promu à l’état de Président du grand 
conseil par lettres patentes de S. M. I. et Catholique du 
5 août 1716 à la place de Messire Jacques Stalins. Par 
autres patentes du 20 avril 1718, il fut nommé Conseiller 
d’état et peu de tems après, S. M. Impériale et Catholique 
lui accorda le titre de comte par patentes datées de Vienne 
du 29 mars 1719. Il devint à la fin, le 19 septembre 1725, 
Chef et Président du conseil privé. Il mourut d’éthisie à 
Bruxelles le 3 juin 1732. (in de Voogtslrciet). 


1720. 

Messire Pierre van Voi.den, natif de Malines, fut pre¬ 
mièrement Greffier du grand conseil. Il obtint la place de 
Conseiller au même conseil, vacante par le trépas de Messire 


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— 442 


Etienne Corneille Jansscns, par lettres patentes du 5 sep¬ 
tembre 1712. Il fut promu à l’état de Président par lettres 
patentes de l’Empereur Charles VI, dépêchées à Vienne le 
8 avril 1720, et peu de lems après, il obtint celles de 
Conseiller d’état. Il mourut subitement à Malines le 9 juin 
1738 d’une attaque d’apoplexie. Il fut enterré à Saint-Rombaut. 

1739. 

Messire Eugène Joseph d’Olmen de la Court au Bois, 
baron de Poederlé, devint Conseiller du grand conseil à 
la place de Messire Pierre François de Lassault, par lett 8 
pat 8 de l’an 1727. Il devint l’an 1734 Conseiller du con¬ 
seil privé; il fut pourvu de la Présidence du grand con¬ 
seil par lett® pat® du 13 mars 1739 et peu après il obtint 
celle de Conseiller d’état. Il mourut à Malines le 6 décem¬ 
bre 1756. Enterré à Laeken près de Bruxelles. Prête ser¬ 
ment le 31 décembre 1739. 


1757. 

Messire Guillaume Ignace Pycke, chevalier, seigneur 
d’Idcghem, fut premièrement échevin et secrétaire du 
collège des Parchons de la Ville de Gand; il devint Con¬ 
seiller du grand conseil à la place de Messire Arnould Ver¬ 
meulen, par lett" pal® du 9 octobre 1730. Il passa au con¬ 
seil privé par lett’ pat 8 du 29 décembre 1739. Par autres 
pat 8 dépêchées à Vienne du 22 octobre 1749, S. M. l’Im- 
pératrice-Reine le nomma Conseiller d’état et il fut pourvu 
de l’état de Président du gi’and conseil, par lett 8 pat 8 du 
5 du mois de mars de l’an 1757. Il prêta en cette qualité 
son serment le 20 du même mois et il prit possession le 
20 de mai en suivant. Décédé le 22 du mois de juillet de 


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— 413 — 


l’année 1773 d’un liydropisie, âgé de 84 ans et en pré¬ 
sence d’esprit jusqu’au jour même de sa mort. Et tou¬ 
jours avait eu la direction du conseil jusqu’à huit jours 
avant sa mort. Il est enterré à l’église de Saint-Pierre près de 
sa mère, sa femme et son frère, (in het hôtel van de 
Présidence). 


1773. 

Mcssire Goswin de Fikrlant, Conseiller au conseil privé; 
il fut pourvu de l’état de Président du grand conseil par 
lettres patentes du 2G décembre 1773 et obtint en même 
tems le rang de Conseiller d’état et prêta serment y affé¬ 
rent et prit au conseil possession de son emploi de Pré¬ 
sident du grand conseil, le 9 février 1774, les deux chambres 
assemblées. En 1793, il fut promu à l’état de Chef Pré¬ 
sident du conseil privé à Bruxelles, (hceft gewoonl in syn 
hôtel — in den Paedt.) 


1793. 


Messire Jacques Antoine Le Clerc, natif du pays de 
Limbourg et Conseiller du conseil privé et d’état, succéda 
à la place de Président du grand conseil de S. M. a 
Messire Goswin de Firlant, promu à l’état de Chef Pré¬ 
sident du conseil privé par lettres patentes données à 
Luxembourg le 4 juin 1793. Il prit possession le 9 juillet 
en suivant les deux chambres assemblées. 


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LISTE 


des Maîtres aux Requêtes de l'iiêtel de Sa Majesté 
et Conseillers en son Grand Conseil depuis son institution 
pour résider à Malincs du 22 janvier .1503. 


1503. 

Messire Jean Vincent, Docteur en droits, chanoine de 
Saint-Donas à Bruges et prévôt de Cassel, fut pourvu de l’état 
de Conseiller ecclésiastique du grand conseil par lelt s pal 5 
de l’an 1503, et mourut dans un âge avancé l’an 1505. 

1503. 

Messire Richard de la Chapelle ou Capelle, chanoine 
et chantre de Saint-Donas à Bruges, fut pourvu de l’état de 
Conseiller ecclésiastique du grand conseil, par letl s pat 5 de 
l’an 1503. Il trépassa le 3 septembre 1511 et fut enterré 
à Bruges. 


1503. 

Messire Jean Carondelet, Bourgognon, Docteur en droits 
fils de Jean Carondelet, seigneur de Champuans, Grand 
Chancelier de Bourgogne, avait été reçu de l’an 1404 Conseil¬ 
ler ecclésiastique au conseil d’état des archiducs Maximi¬ 
lien d’Autriche et de son fils Philippe le Bel. Ce même 


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— 415 


prince le nomma à l’érection du grand conseil à Malines, 
le 22 janvier 1503 pour troisième Conseiller ecclésiastique. 
Il quitta celte charge l’an 1508 en faveur de son frère 
Ferry Carondelet, ayant été évoqué au conseil privé dont 
il fut déclaré Chef et Président par lelt s pat s du l' r octobre 
1531. Ce grand homme posséda plusieurs dignités ecclé¬ 
siastiques ayant été en l’an 1503 Doyen de la métropole 
de Besançon, l’an 1520 prévost de Saint-Donas à Bruges, il 
devint la même année, par la nomination du Pape Léon X 
et de l’Empereur Charles-Quint, Archevêque de Palerme en 
Sicile et il fut sacré aux Pays-Bas sans avoir jamais résidé, 
ni même vu son église où il établit un suffragant; il était 
encore abbé commanditaire du mont Benoit en Bourgogne, 
prévôt de Sainte-Walburgc à Fûmes et de Faint-Piat àSulin, 
chanoine d’Anderlecht, etc. Il mourut à Malines le 7 février 
1541 âge de 75 ans, d’où son corps fut transporté à Bruges 
pour y être enterré dans l’Eglise Cathédrale de Saint-Donas. 

1503. 

Messire Jossc de Themsicke, natif de Bruges, prévôt 
d’Harlebeke, fut pourvu de l’état do Conseiller ecclésiasti¬ 
que du grand conseil par lell s pat s de l’an 1503. Il fut 
en après Conseiller du conseil privé; il mourut vers l’an 
1530. 


1503. 

Messire Jérôme de Busi.eyden, noble Luxembourgeois, 
né à Arlon, prévost de l’église d’Aire fut pourvu de l’état 
de Conseiller ecclésiastique par patentes de l’an 1503; 
fondateur du collège de trois langues à Louvain; mort 
en 1517. 


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— -MO - 


1503. 

Messire Philippe Wielant, chevalier, seigneur de Lan- 
dcghem, fut pourvu de l’état de Conseiller et Maître aux 
requêtes ordinaire du grand conseil par lett s pat 5 de l’an 
1503 et devint, l’an 1508, Président du conseil en Flandres. 
Mort le 2 mars 1519 à l’âge de 79 ans. 

1503. 

Messire Thomas de la Papoire, Seigneur du dit lieu et 
de Pipaix, fut pourvu du même état de Conseiller et Maître 
aux requêtes ordinaire au grand conseil par lett 8 pat 8 de 
l’an 1503. Il mourut l’an 1533. 


1503. 

Messire Ferdinand de la Lucerne, chevalier, fut aussi 
pourvu de l’état de Conseiller et Maître aux requêtes or¬ 
dinaire au grand conseil par pat 8 de la même année 1503. 
Il résigna sa charge à cause de son âge et de ses infirmi¬ 
tés, l’an 1504, en faveur de son frère, Tristan de la Lucerne. 

1503. 

Messire Jean Sucquet, chevalier, fut pourvu du même 
état de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire du grand 
conseil, par patentes de la même année 1503 et mourut 
vers le commencement de Tan 1522. 

1503. 

Messire Pierre L’Apostole, natif de Tournay, chevalier, 
fut pourvu de l’élat de Maître aux requêtes ordinaire et 
Conseiller au grand conseil par lett 8 pat 8 de Tan 1503. Il 
résigna sa charge Tan 1528 en faveur de son fils Jérôme, 


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— 447 — 


lequel étant mort l’année suivante, il retourna au grand 
conseil en la place de son dit fils en vertu de nouvelles 
lettres patentes du 10 novembre 1529. Il mourut à Malinès 
le 20 avril 1532. 


1503. 

Messire Jérôme van den Dorpe, chevalier, fut promu 
de l’état de Maître aux requêtes et Conseiller du grand 
conseil par lett 8 pat 8 de l’an 1503; il mourut fort âgé l’an 
1532. 


1503. 

Messire Guilhaume Le Gros ou de Gros, chevalier, fut 
pourvu de l’état de Maître aux requêtes et Conseiller du 
grand conseil par lett 8 pat 8 de l’an 1503. Il trépassa l’an 
1512. 


1503. 

Messire Jean Gillet, Bourgognon, chevalier, fut pourvu 
de l’état de Maître aux requêtes et Conseiller au grand 
conseil par lett 8 pat 8 de l’an 1503 ; il quitta cette charge 
l’an 1505 ayant été pourvu de celui de Conseiller du par¬ 
lement de Dole en Bourgogne. 

1503. 

Messire Jean Auxtruijes, chevalier, fut pourvu de l’état 
de Maître aux requêtes et Conseiller du grand conseil par 
lett* pat 8 de l’an 1503. Il a été en après Conseiller au conseil 
privé. Il mourut le 2 octobre 1541. 


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— 418 - 


1503. 

Messirc Jean Rousseau ou Rousseu.es, fut pourvu de 
l’élal de Conseiller Procureur général au grand conseil par 
lctt- s pat s de l’an 1503 et par autres lettres du 18 mai 1511 
à l’état do Conseiller et Maître aux requêtes surnuméraire 
en attendant la première place de Conseiller ordinaire qui 
viendroit à vaquer; il mourut au mois de septembre 1522. 


1504. 

Messire Tristan de La Lucerne ou de jxcenne, cheva¬ 
lier, succéda par lett s pat s du 30 décembre 1504 à la place 
de son père Ferdinand de La Lucerne et il mourut vers 
l’an 1523. 


1505. 

Messire Jean Van Gronsfei.t ou Gronsele, succéda par 
lettres patentes du 4 mars 1505 à Messire Jean Gillet et 
vint à mourir l’an 1518. 


1505. 

Messire Nicolas Everardi ou Everard, natif de Gripskerke, 
en l’islo de Walcheren, près de Middelbourg en Zélande, 
très savant Docteur et Professeur en droits dans l’uni¬ 
versité de Louvain, Doïen de l’église collégiale de Saint-Pierre 
à Anderleclit et puis de Sainte-Gudule à Bruxelles, fut reçu 
à l’état de Conseiller ecclésiastique et Maître aux requêtes 
ordinaire du grand conseil à la place de Messire Jean 
Vincent par lett s patentes du 27 mai 1505. Il quitta quelque 
teins après l’état ecclésiastique et devint 1509, Président du 
conseil provincial d’IIollande et retourna l’an 1528 à Malines 


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— 419 — 


connue Président du grand conseil en la place de Messirc 
Jean Laureys. Il mourut le 9 août 1532. 


1508. 

Messirc Ferry Carondelet, Bourgoignon, succéda com¬ 
me Conseiller ecclésiastique à son frère Jean Carondelet 
par lett 5 pat 5 du 27 juillet 1508. Il mourut à l’âge de 55 
ans, le 27 juin 1528. 


1508. 

Messirc Philippe Wielant, chevalier, seigneur d’Evcrbeke 
et de Landeghem, succéda à Messirc Philippe Wielant, son 
père par lelt s pat s de l’an 1508 et trépassa l’an 1521. 

1509. 

Messirc Louis Boezau ou Boezani ou Boezan, Génois 
d’origine, chevalier, succéda à Messire Nicolas Everardi par 
lett 3 pat 5 du G octobre 1509. Il fut promu en 1515 à l’état 
de Conseiller et Maître aux requêtes dès vers la personne 
de S. M. le Iloi Charles d’Espagne. 


1511. 

Messirc Jean van der Straeten, Conseiller extraordinaire 
de l’an 1503, outre le nombre ordinaire de l’institution du 
grand conseil; il fut retenu à l’état de Conseiller et Maî¬ 
tre aux requêtes ordinaire à la place de Messire Thomas 
do la Papoirc, par lett s pat 5 du 12 mai 1511. Il mourut 
à Malines le 15 octobre 1522. 

1511. 

Messire Jean Louis de Moescron, Docteur en droits, Ar¬ 
chidiacre de Cainbraij, succéda comme Conseiller ecclésias- 


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- 450 — 


tique à Messire Richard de la Chapelle par lett 9 pat s du 
10 octobre 1511; trépassa l’an 1513. 

1512. 

Messire Jean Rousselle, chevalier, Procureur général par 
lettres patentes de l’an 1503, depuis Conseiller et Maître 
aux requêtes surnuméraire par patentes de 1511, succéda 
à feu Messire Guillaume de Gros comme Conseiller ordi¬ 
naire par patentes du 25 juin 1512. Il mourut en 1522. 

1512. 

Messire Guillaume Le Marquis ou de Narquis, chevalier, 
succéda à l’état de Conseiller Procureur général à Messire 
Jean Rousselle, par lettres patentes du 25 juin 1512. Il mourut 
en 1521. 


1513. 

Messire Jean Gonnet, natif de Bethune en Artois, Con¬ 
seiller ecclésiastique, succéda à Jean de Mouscron par pa¬ 
tentes du 10 mars 1513. Il éloit prévôt de la cathédrale de 
Sainte Bartholomi à Bethune, chanoine de la cathédrale 
de Cambraÿ et de l’église de Saint-Jean à Bois-le-Duc; il 
s’est déporté l’an 1526 de l’état ecclésiastique de son bon 
gré et pour son âge avancé. 

1513. 

Messire Jacques van Ameronghen, natif d’Utrecht, suc¬ 
céda à Messire de Themsicke par patentes du 25 octobre 1513. 
Il mourut l’an 1520. 


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— 451 — 


1515. 

Messire Richard Reijngere, alias Rogier, chevalier, suc¬ 
céda à Louis Bouzau par patentes du 18 décembre 1515. 
Il fut, l’an 1518, promu à la Présidence du conseil provin¬ 
cial des Flandres. 


1517. 

Messire Adrien de Robaix, chevalier, succéda à Jérôme 
Busleyden, Conseiller ecclésiastique, dont la place fut su- 
primée par lettres patentes du 1 juin 1517. Il mourut à 
Malines le 4 avril 1543. 

Notez que c’est une erreur dans la liste des Conseillers 
au supplément de Butkens, tome 2, page 516, que Messire 
Adrien de Robaix et Vigilius de Zuichem, son successeur, 
auraient été Conseillers ecclésiastiques. 

1518. 

Messire Raoul de Brouxelles ou de Bruxelles, cheva¬ 
lier, succéda à Jean de Gronsfeltpar patentes du 18 avril 
1518. Il mourut à Malines le 1 er décembre 1539. 

1518. 

Messire Jean de Courtewille chevalier, succéda à Richard 
Reyngere par pat s du 22 juillet 1518. 

1520. 

Messire Jean Arthus, natif de Lille, chevalier, succéda 
à Jean de Courtewille par pat 3 du 7 septembre 1520; il 
devint ensuite Procureur Général du grand conseil, à la 
place de Guillaume Le Marquis par lelt s pat 3 du G décem¬ 
bre 1521, et mourut à Malines l’an 1524. 


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— 452 


1520. 

Mossiro Jean van der Leyden, chevalier, succéda à Jacques 
van Ameronghen par patentes du 1 er octobre 1520; il vint 
à mourir avant la lin de la même année 1520. 

1520. 

Mess ire Arnould Bogaerts, natif de Louvain, chevalier, 
succéda à Jean Auxtruijcs par patentes du 20 septembre 
1520, il mourut le 15 août 1554. 

1521. 

Mossire Lambert de Briarde, natif de Dunkerque, cheva¬ 
lier, Docteur en droits, succéda à Jean van der Leyden, 
par patentes du 1 er janvier 1521; il devint en après du 
conseil privé et l’an 1532 Président du grand conseil; il 
décéda le 10 octobre 1557. Enterré à Saint-Jean, à Malines. 

1521. 

•Mossiro Jean de Bacq, chevalier, succéda à Jean Artlius 
par patentes du 0 décembre 1521; il mourut l’année sui¬ 
vante, 1522. 


1522. 

Mossiro Pierre Metteneye, chevalier, succéda à Phi¬ 
lippe Wielant par patentes du 17 janvier 1522. L’on ne 
sait pas l’année de sa mort, mais l’on marque qu’il tré¬ 
passa à Rome au mois de septembre de la même année 
1522; il ne fut plus Conseiller. 

1522. 

Messire Engelbert Van den Daele, chevalier, seigneur 
de Leefdael et de Wildere, natif de Malines, succéda à 


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— 453 — 


Jean Sucquet par pat® du 17 janvier 1522. En 1510, lors¬ 
qu’ Adolphe Van der Noot, Chancelier de Brabant abdiqua 
cette charge pour devenir Lieutenant de la cour féodale 
du Duché de Brabant, Engelbert Van den Daele lui succéda 
en la dite charge de Chancelier et afin qu’on ne lui aurait 
pas opposé l’art, de la joyeuse entrée, qui défend de 
recevoir les étrangers de naissance aux offices en Bra¬ 
bant, comme il étoit Malinois, il acheta de Jean de Mérode, 
l’ancienne Baronnie de Leefdael, dont il prit possession 
le 3 octobre 1540 et le 18 du même mois il devint Con¬ 
seiller. 

(Voyez ce fait dans le traité du conseil de Brabant par 
Loijens, (page 353.) 


1522. 

Messix*e Philippe Negri ou le noir, natif de Bologne- 
sur-mer, au diocèse de Terouane, doïen de Sainte-Gudule à 
Bruxelles, succéda comme Conseiller ecclésiastique à Ferry 
Carondelet par pat® en demi mars 1522; il fut en après 
Conseiller du conseil privé, Chancelier de l’ordre de la 
Toison d’or, et l’an 1560 dénommé Evêque d’Anvers, mais 
il trépassa le 3 janvier 1562 sans avoir été sacré. 

1522. 

Messire Pierre Tayspil, chevalier, succéda à Jean Roussel, 
par pat® du 12 décembre 1522; il fut l’an 1527 promu à 
la Présidence du conseil provincial de Flandres et mourut 
à Gand, 1541. 


1522. 

Messire Jacques Stalpaert, Hollandois, chevalier, succéda 
à Jean de Baeq par pal® du 13 septembre 1522; il fut en 


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— 454 — 


après Conseiller Procureur Général en la place de Jean 
Arthuspar pat 8 du 25 octobre 1524, lequel état il a desservi 
jusqu’à l’an 1529. 


1522. 

Messire François van Craeneveet, natif de Nimègue, 
succéda à Pierre Mctteneye par pat 8 du 27 septembre 1522, 
il mourut le 4 octobre 1504, âgé de 77 ans. 

1522. 

Messire Florent du mont Saint-Eloy, chevalier, issu d’une 
ancienne famille noble de robe en Arthois, succéda à Jean 
Van der Straelen par pat 8 du 17 octobre 1522; il vint à 
mourir le 22 mai 1540. 

1522. 

Messire Louis van Schore, Docteur en droits, chevalier, 
succéda à Jacques Stalpaerl par pat s du 17 novembre 1522, 
il fut promu par pat s du 10 octobre 1540 à la Chef pré¬ 
sidence du conseil privé et trépassa le 10 octobre 1545. 

1523. 

Messire Antoine Branchion, Bourgoignon, chevalier, sei¬ 
gneur de la Mure et docteur en droits succéda à Tristan 
de la Lucerne par patentes du 20 avril 1523; il mourut 
l’an 1543. 


1520. 

Messire Jean de Boucq, alias Jacques de Boucq, natif 
de Tournay, Doïen de Nivelles, succéda comme Conseiller 


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455 — 


ecclésiastique à Jean Gonet par patentes du 3 février 1526 
et mourut l’an 1548. 


1527. 

Messire Gérard Mulaert ou Mulert, natif d’Utrecht,cheva¬ 
lier, succéda à Pierre Taïspil par patentes du 29 novem¬ 
bre 1527, il avait été auparavant Conseiller au conseil provin¬ 
cial d’Hollande, puis Président en Frise, de là Conseiller 
du conseil privé, et enfin, il obtint la place de Lieutenant 
de la ville et paijs de Groeninghe. 

1528. 

Messire Jérôme L’apostole, natif de Malines, succéda par 
la démission de son père, Pierre L’apostole, par patentes du 
3 février 1528, mais étant venu à mourir l’année suivante 
1529, le père succéda derechef à son fils. 


1529. 

Messire Bauduin le Cocq, chevalier, fils de Hugues le 
Cocq, secrétaire de l’Empereur Maximilien, seigneur de la 
Motte, Broyacrt, Groenhove et de Winterpoele, succéda à 
l’état de Conseiller Procureur Général à Jacques Stalpaert 
par patentes du 24 octobre 1529; il mourut le 25 avril 1558. 

1529. 

Messire Pierre L’apostole, succéda à son fils, par pa¬ 
tentes du 10 novembre 1529, en faveur duquel il avait fait sa 
démission l’année précédente. 


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— 456 — 


1531. 

Messire Charles de Boisot, chevalier, Docteur en droits, 
succéda à Pierre L’apostole par patentes du 27 septembre 
1531. Il fut l’an 1538 promu à l’état de Conseiller des con¬ 
seils d’état et privé. Mourut à RaLisbonne le 11 décembre 
1516. 


1532. 

Messire Nicolas Everardi, chevalier, succéda à Lambert, 
de Briarde par pal 8 du 25 janvier 1532 ; il fut en après 
Président du conseil en Frise, Conseiller au conseil privé, 
et enfin, il succéda au susdit Lambert de Briarde à la Pré¬ 
sidence du grand conseil par pat 8 du 28 février 1556. Mourut 
âgé de 73 ans, le 10 mai 1561. 

1532. 

Messire Pierre de Bruel ou de Brelil, chevalier, fut 
pourvu de la place de Conseiller et avocat fiscal du grand 
conseil par pat 8 du 18 juin 1532; il mourut le 7 mars 1543. 

1532. 

Messire Jean de Masnuy, chevalier, natif de Mons, seig¬ 
neur de la Ferne et Lompret, succéda à Jérôme van den 
Dorpe par patentes du 18 septembre 1532. Mourut au mois 
de novembre 1569. 


1538. 

Messire Jean Baert ou Baers, chevalier, succéda à Gérard 
Mulaert par pat s du 16 décembre 1538 et décéda l’an 1559. 


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— 457 — 


1539. 

Messire Philibert de Brouxkli.es, natif de Malinos, seig¬ 
neur de Heys Brocck et de Grandlreing succéda à Raoul 
de Bruxelles, son père, par patentes du 25 septembre 1539 ; 

11 fut en après Conseiller et avocat fiscal à la place de 
Pierre de Bruel par patentes du 1 er mars 1543 et 1549. Il 
devint Conseiller ordinaire et Commis aux causes fiscales 
du conseil privé et depuis aussi du conseil d’état ; il décéda 
à Anvers, le 21 octobre 1570, dans un âge fort avancé 

1540. 

MeSsire Louis de Martiony, chevalier, natif d’Arras, 
succéda à Florent du Mont SaintEloy par patentes du 

12 octobre 1540. L’an 1547 il devint Président du conseil 
provincial d’Arthois et y décéda l’an 1554. 

1540. 

Messire Jean Auxtruyes, chevalier, qui avait été dénommé 
de l’an 1503 Conseiller du grand conseil, fut évoqué l’an 
1520 au conseil privé, mais à cause de son âge avancé 
et. débilité de sa personne ne pouvant continuer à sup¬ 
porter les travaux qu’il convenoit au dit état de Conseiller 
privé, il retourna l’an 1540, 13 octobre, à son ancien état 
de Conseiller du grand conseil à la place de Louis Van 
Schore, promu à la Chef présidence du conseil privé. 

1540. 

Messire Adrien van den Burch, chevalier, natif de Saint- 
Riquier, sous la chatellerie de Fûmes, succéda à Ingelbert 
van den Daele par pat 8 du 20 octobre 1540; ensuite il fut 
promu à la charge de Président du conseil provincial 


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— 458 — 


d’Utreclit, par lett 5 pat* du 27 septembre 1547; en 1556 il 
devint Président du conseil provincial de Flandres dont il 
fut évoqué l’année suivante pour se rendre en Angleterre 
en qualité d’Ainbassadeur du Roi Philippe II vers la Reine 
Marie son épouse, lorsque ce prince y vint consommer 
son mariage avec la dite princesse. Il mourut la même 
année 1557 à Londres ayant été pourvu de la charge de 
Conseiller d’état lès la personne Royale de Philippe II. 
Son corps fut transporté à Bruges où il fut enterré dans 
la cathédrale de Saint-Uonas. 

1541. 

Messire Adrien Nicolaï, surnommé Marius, chevalier, natif 
de Malines, fut premièrement re<;u Conseiller ordinaire au 
conseil provincial d’Utrecht par patentes du 15 septembre 
1510 et l’année suivante, 21 juillet 1541, il fut retenu à 
l’état de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire du 
grand conseil à Malines, vacant par la promotion de son 
frère Everard Nicolaï, à la Présidence du conseil de Frise. 

1541. 

Messire Jacques Muesart, ou Muysart, chevalier, suc¬ 
céda à Jean Auxtruyes par pat* du 14 octobre 1541; il 
devint l’an 1548 Président du conseil provincial de Namur, 
mais il n’en jouit que peu de tems, y étant venu mourir 
le 4 janvier 1549. 


1543. 

Messire Vigilius Aijta de Zuichem, noble frison, Doc¬ 
teur en droits, après avoir été professeur à l’université 
d’Ingolstad, et en plusieurs autres, fut dénommé par l’Em- 


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— 459 - 


peur Charles-Quint, Conseiller ordinaire de son conseil 
privé en attendant qu’il y eut une place vacante au dit 
conseil; il fut retenu à l’état de Conseiller séculier et 
Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil vacant 
par le trépas d’Adrien de Robaix, par lett® pat® du susdit 
Empereur données à Bruxelles le 21 mai 1543; mais cet 
homme qui étoit un des plus grand de son siècle ne demeura 
que quelques mois à Malines, ayant toujours été employé 
en ambassades et négociations jusqua l’an 1548 qu’il fut 
dénommé à l’état de Chef et Président du conseil privé. 

1543. 

Messire Jean Collins, chevalier, Docteur en droits, suc¬ 
céda à Philibert de Bruxelles par patentes du 27 août 1543; 
ensuite il devint Conseiller du conseil privé à la suite de 
l’Empereur et se trouva en cette qualité l’an 1546 et sui¬ 
vant aux diètes impériales d’Ausbourg, et de Ratisbonne. 
Mais à cause de ses infirmités occasionnées par la goutte, 
il retourna à Malines avec une pension de 200 florins par 
dessus ses gages ordinaires et avec la préséance avant 
les autres Conseillers; il résigna à la fin de ses jours son 
consulat en faveur de Jacques de Castre, son beau fils et 
mourut à Malines le 17 février 1572. 

1543. 

Messire Philippe L’Esiunoy, Prêtre, Docteur en droits, 
chanoine et officiai de l’ancienne cathédrale de Thérouane 
selon quelques uns aussi, Prévôt de Sainte-Pharaïlde à Gand, 
succéda comme Conseiller ecclésiastique par patentes du 
dernier août 1543 à Philippe Negri, son oncle maternel, 
lequel étant promu comme Conseiller écoles, du conseil 


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— -100 — 


privé s’en éloit déporté en faveur de son neveu; il devint 
aussi l’an 1546, Doyen de l’Eglise de Saint-Rom haut à Malines 
par la résiliation de son dit oncle, mais il vint à mourir 
à la fleur de son âge le 19 juillet 1557. 

1543. 

Messire Florent de Griboval, chevalier, seigneur de 
Berquin, Plessis, etc., succéda à Antoine de Branchion par 
patentes du 9 octobre 1543. Il trépassa le 8 novembre 1502. 

1546. 

Messire Louis Vilain, chevalier, seigneur de Jollin, aupa¬ 
ravant Conseiller au conseil provincial d’Arthois, succéda 
à Jacques de Boisot par patentes du 14 mai 154G. Il mourut à 
la fleur de son âge, ayant seulement 34 ans, l’an 1548. 

1547. 

Messire Jacques Wasteel, chevalier, succéda à Adrien 
Nicolaï, son beau-père par patentes du 23 mai 1547. Il 
trépassa le 18 janvier 1568. 

1547. 

Messire Nicolas Uytenhove, ou Uuteniiove, chevalier,aupa¬ 
ravant Conseiller du conseil provincial en Flandres, suc¬ 
céda à Louis de Martigny par patentes du 30 juin 1547. Il 
mourut l’an 1549. 


1548. 

Messire Jean de Gly.mes, dit de Berges, chevalier, sei¬ 
gneur de Waetcrdvck, Docteur en droits, auparavant Con- 


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— 461 — 


seiller du conseil d’Hollande, succéda à Louis Vilain, par 
patentes du 13 février 1518; il fut promu à l’état de Pré¬ 
sident du grand conseil, par patentes du 22 décembre 1562 
et trépassa à Namur, où le grand conseil se tenoit alors 
pour les troubles du pays, le 24 d’août 1583. 

1548. 

Messire Antoine de Meulenaere, chevalier, natif de Cour- 
tray, ou selon d’autres de Bruges, auparavant Conseiller 
du conseil de Flandres, succéda à Vigilius Aijta de Zuichem, 
par patentes du 27 mars 1548, et mourut à Malines, le 
27 septembre 1571. 


1548. 

Messire Corneille de Muinck ou Muenincx, chevalier, 
natif d’Ostende, succéda à Adrien van der Burcli, par pat* 
du 5 septembre 1518. Il décéda l’an 1557. 

1548. 

Messire Jaques de Rebreviettes, chevalier, natif de Lille, 
auparavant Conseiller du conseil provincial d’Arthois, fut 
retenu à l’état de Conseiller et Maitre aux requêtes ordinaire 
du grand conseil, par lettres patentes du 23 décembre 1548 ; 
succéda à Jacques Muysart, quitta le grand conseil l’an 
1554, étant honoré de la Présidence du conseil d’Arthois, 
dont il avoit été Conseiller dés l’an 1546. 


1540. 


Messire Jean, Auxtruvks, chevalier, succéda à Nicolaus 
U ytenhove, par patentes du 6 mars 1540; vers la fin de 


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— 462 — 


ses jours il se retira à Anvers, suivant le parti des re¬ 
belles au Roi son souverain et il mourut le... 

Il fut enterré à Anvers chez les religieuses du tiers ordre 
de saint François, selon que démontre la table d’autel. 

1549. 

MESsire Philippe Fabri, dit le Febre, Doïen de l’église 
collégiale de Saint-Livin, à Zirickzoe, en Zélande et, depuis 
l’an 1540, Chanoine et chantre de l’église de Saint-Rom- 
baut à Malines, succéda comme Conseiller ecclésiastique à 
Jacques de Roucq ou le Roucq, par patentes du 20 juillet 
1549; il mourut l’an 1559. 


1554. 

Messire Joachim Hopper ou Hopperus, chevalier, natif de 
Snuik en Frise, Docteur en droits, succéda à Jacques de 
Rebreviettes, par patentes du 23 novembre 1554; en 1561 il fut 
évoqué pour être du conseil privé, d’où le roi Philippe II 
l’appela en Espagne, l’an 1500, pour y présider aux affaires des 
Pais-Das et de Bourgogne lès la personne Royale, avec titre de 
Garde-sceau. Le prince lui conféra aussi la Seigneurie de 
Daelen au Pays de Limbourg; il décéda à Madrid, le 15 dé¬ 
cembre, à la Heur de son âge, ayant seulement 53 ans. 

1555. 

Messire Livin Everaerts, chevalier, natif de Gand, ci- 
devant Conseiller du conseil en Flandres, succéda à Arnould 
Rogaerts, par patentes du 21 juin 1555; il, mourut le 29 
décembre 1574. 


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— 463 - 


1557. 

Messire Franco van den Bergh ou François Berch ou 
De Berch, chevalier, natif de Delft, auparavant Conseiller 
au conseil provincial d’Hollande, succéda à Corneille Muinck, 
par patentes du 9 juin 1557 ; il mourut l’année suivante 1558. 

1557. 

Messire Remi Druitius ou Dreulx, natif du village de 
Valkerenchove en Flandres, succéda comme Conseiller ecclé¬ 
siastique à Philippe L’Espinoy, par patentes du 8 décembre 
1557. Remi Druitius ayant pris le degré de Licencié en 
droits, fut de l’an 1554 professeur ordinaire en droits civil 
dans l’Université de Louvain et Chanoine de Saint-Pierre; 
puis aussi Chanoine de la métropole de Cambray, Doïen 
de la collégiale de Saint-Jacques à Louvain, Official de la 
cour spirituelle de l’Evêque de Cambrai pour le Brabant, 
résidant à Bruxelles avant l’érection de l’archevêché de 
Malines. Le Roi le dénomma, l’an 1558, à la Prévôté de 
l’église collégiale de Notre-Dame à Bruges, et deux ans 
après pour premier Evêque de Leeuwaerde en Frise; mais 
ne pouvant entrer en possession, à cause des troubles et 
de la révolte, S. M. le nomma l’an 1509, Evêque de Bruges 
et il fut sacré Evêque en sa résidence ordinaire à Malines en 
l’église paroissiale de Sainte-Catherine par l’Archevêque de 
Cambrai, en l’absence du Cardinal de Granvelle, le 13 no¬ 
vembre 1509. 


1558. 

Messire Jean d’Oudegerst, chevalier, natif de Lille, suc¬ 
céda à Bauduin le Coeq, par patentes du 19 juin 1558; il 
mourut ou quitta cette charge l’an 1559. 


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— 464 


1558. 

Messirc Jean Liévin Biese, chevalier, ci-devant Conseil¬ 
ler et Avocat fiscal au conseil provincial de Flandres, 
succéda comme Conseiller et Maitre aux requêtes ordinaire 
et aussi comme Avocat fiscal à Philibert de Brouxelles, par 
patentes du 19 juin 1558. L’an 15G7, il fut aussi dénomme 
Avocat fiscal du conseil des Troubles, que d’autres ont 
nommé le conseil de Sang, institué par le duc d’Albe, Gouver¬ 
neur général des Pays-Bas. Il trépassa le 11 novembre 1576. 


1558. 

Messire Chrétien de Weert ou de Waert, Hollandois, 
auparavant Conseiller et Proc, général du conseil provincial 
d’Hollande, succéda à François van den Borgh, par patentes 
du 28 novembre 1558. Il décéda le 25 d’octobre 15G8. 

1559. 

Messire Antoine Contault, Bourgoignon, Chanoine de 
la cathédrale d’Arras et de la métropole de Saint-Rombaut 
à Malines, succéda à Philippe Fabri comme Conseiller ecc., 
par patentes du 30 juin 1559; ce fut lui qui prit au nom 
du Cardinal Granvelle, possession solennelle du siège Ar¬ 
chiépiscopal nouvellement érigé en l’église Métropolitaine 
de Saint-Rombaut, le 27 septembre 15G1, en présence du 
grand conseil, ceux du Magistrat, etc. Il mourut l’an 1573. 

1559. 

Messire Charles du Mont Saint-Eloy, chevalier, aupara¬ 
vant Conseiller pensionnaire de la ville d’Arras, succéda 
à Jean Baert, par patentes du 30 juin 1559. Il mourut vers 
fan 1590 et son fils lui succéda dans son consulat. 


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— 465 — 


1559. 

Messire François Verlkysen, chevalier, succéda à l’étal 
de Conseiller et Proc, général à Jean Oudegerst, par patentes 
du 18 juillet 1551). 


1560. 

Messire Georges Rataller, dit Rataleur, noble frison, 
natif de Leeuwaerde, succéda à Jean de Glimes, dit de 
Berges, par patentes du 16 janvier 1560 et fut employé, l’an 
1566, en ambassade de la part du Roi d’Espagne vers celui 
de Danemark, et devint Président du conseil provincial 
d’Ulrecht, par patentes du 11 août 1569. R mourut d’une 
attaque d’apoplexie dont il fut surpris au conseil, le 6 oc¬ 
tobre 1581. 


1561. 

Messire Guillaume de Paemele, chevalier, natif de Bruges, 
succéda à Joachim Hopperus, par patentes du 14 mai 1561 ; 
en 1575 il fut promu à l’état de Président du conseil en 
Flandres, et enfin, l’an 1581, il fut dénommé Chef et Pré¬ 
sident du conseil privé. Il mourut à Bruxelles, le 21 janvier 
1592, âgé de près de 75 ans. 


1562. 

Messire Jean de Blaesere, chevalier, natif de Gand, aupa¬ 
ravant Conseiller du conseil en Flandres, succéda à Florent 
de Griboval, par patentes du 18 décembre 1562, ce Con¬ 
seiller fut envoyé, l’an 1566, à Tournai, avec le Conseiller 
d’Assonville du conseil privé, de la part de la Duchesse de 
Parme, gouvernante des Pays-Bas, pour empêcher les meui- 
ters de faire leurs prêches et de piller les églises, etc. ; il 


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— 400 


fut aussi nommé, l’an 1568, par le Duc d’Albe pour être un 
des juges du conseil des troubles qu’il avoit établi. Enfin, 
il fut promu, l’an 1582, à l’état de Président du conseil pro¬ 
vincial de Flandres, résidant alors à Douai, à cause que 
la ville de Gand étoit alors au pouvoir des révoltés. Il 
survit peu de tems à cette nomination. 


1504. 


Messire Thery Deyn, chevalier, succéda à François van 
Craenevell, par pat 8 du 8 novembre 1504. Il mourut vers 
l’an 1583. 


1507. 

Messire Jean du Bois, chevalier, succéda à l’état de Con¬ 
seiller et Proc, général du grand conseil à François Ver- 
leysen,par pat 8 du 7 août 1507; il fut dénommé l’an 1508 Proc, 
général du conseil des troubles, établi à Bruxelles par le Duc 
d’Albe, contre les malintentionnés et rebelles. Il fut com¬ 
mis par le même duc à dresser les griefs dans les procès 
criminels contre les comtes d’Egmont, de Hornes et le 
prince d’Orange. Il mourut vers l’an 1585. 

1508. 

Messire Jean Richardot, autrement dit Guiset, Bour- 
goignon, seigneur de Batly, Docteur en droits, succéda à 
Jacques Wastecl, par pat s du 29 mars 1508; il fut promu, 
l’an 1582, à l’état de Président du conseil provincial d’Arthois. 
En 1580, il fut reçu Conseiller au conseil privé, enfin, Chef 
et Président d’icelui conseil, par pat s du 15 mai 1597. 


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— 467 — 


1509. 

Mcssire Bauduin Jacobi van Granedonck, chevalier, natif 
de Dort, en Hollande, Docteur en droits, auparavant Con¬ 
seiller du conseil provincial d’Hollande à la Haie, succéda 
à Chrétien De Wcert, par pat s du 28 juillet 15G9; il mourut 
à Malines, le 6 janvier 1601, âgé de 83 ans, étant le plus 
ancien Conseiller et Vice-président du grand conseil. 


1569. 

Messire Jean vander Burgh, chevalier, natif de Bruges, 
ci-devant Conseiller du conseil de Flandres, succéda à 
George Rataller, par pat 8 du 10 novembre 1569. Il fut dé¬ 
nommé l’an 1584 Conseiller du conseil privé et le 12 dé¬ 
cembre de la même année il fut promu à la Présidence 
du grand conseil. Finalement il devint Chef et Président 
du conseil privé, par pat 8 de l’an 1592, et il mourut à 
Bruxelles, le 5 juillet 1595. 

1570. 

Messire Louis Porry, natif d’Aire en Arthois, Docteur 
en droits, Président du collège de Saint-Donat à Louvain et 
Doijen de l’église collégiale de Saint-Jacques, succéda comme 
Conseiller ecclésiastique à Remi Druitius, par pat 8 du 
9 avril 1570. Le cardinal Granvelle, premier archevêque 
de Malines, le fit l’an 1572, Chanoine gradué de sa métro¬ 
pole, et il mourut l’an 1578 au mois de mai. 

1570. 

Messire Jean Coomans, chevalier, succéda à Jean de 
Masnuy, par pat 8 du 31 juillet 1570. Il mourut le 14 mai 1587. 


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— 468 — 


1573. 

Messire Jérôme de France, chevalier, seigneur de la 
Vacquerie, natif de Douai, succéda à Jean Collins, par pat s 
du 19 juin 1573. L'an 15S6, il fut promu à la Présidence du 
conseil d’Arthois. Il mourut à Arras, au mois de juillet 1606. 

1574. 

Messire Pierre Mouchet, Bourgoignon, Docteur en droits, 
prêtre, seigneur du château Roulleau en Bourgogne, Pré¬ 
vost de l’église collégiale de Saint-Piat à Sulin en Flandres 
et Chanoine de la cathédrale d’Arras, succéda comme Con¬ 
seiller eccl. à Antlioine Contault, par pat* du 19 juin 1574. 
Il mourut l’an 1578. 


1574. 

Messire Guillaume de CRiEr, chevalier, natif de la ville 
de Delft en Hollande, autrefois Conseiller du conseil pro¬ 
vincial d’Hollande, succéda à Antoine de Meulenaere, par 
pat s du 19 juin 1574. Le souverain conseil de la province 
de Gueldres ayant été transféré d’Arnhem à Roeremonde, 
Guillaume de Criep y fut dénommé le Premier Chancelier, 
par pat s du 15 septembre 1582. Il y vint à mourir, dans 
un âge avancé, le 25 janvier 1610. 

1575. 

Messire Jacques Bogaerts, chevalier, natif de Malines, 
succéda à Livin Everaert, par pat* du mois d’avril 1575. 
Il fut en après pourvu de la Présidence du conseil de 
Flandres, l’an 1589. Enfin, étant dénommé, par le roi Phi¬ 
lippe II pour remplir la place de Président du grand conseil 
à Malines, il vint à mourir à Gand, le 13 août, âgé de 77 ans, 
avant que d’en avoir prêté le serment. 


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— 4G9 - 


1575. , 

Messire Jean Charles, chevalier, natif d’Anvers, succéda 
à Guillaume de Paemele, par pal 5 du 14 janvier 1575, ayant 
été auparavant Conseiller et Proc, général du conseil en 
Frise. En 1580, lorsque le grand conseil fut obligé par les 
rebelles, à se retirer de Malines à Namur, le Conseiller 
Charles tomba entre leurs mains; il fut obligé de payer 
au sieur Olivier Van den Tympel, gouverneur de la ville 
de Bruxelles, la somme de mille florins pour la rançon 
de sa personne, de sa famille et meubles. Enfin, étant veuf 
et Vice-président du grand conseil, comme le plus ancien 
Conseiller, il renonça l’an 1508 à son consulat et au monde 
pour prendre l’habit religieux chez les pères rêcollets à 
Malines. Il y mourut de la peste pendant le cours de son 
noviciat et dans la première ferveur, le 13 septembre 1598, 
âgé de 72 ans. 


1576. 

Messire Guillaume de Gryspere, chevalier, natif de 
Bruges, succéda à Liévin Biese, comme Conseiller et Avocat 
fiscal, par pat’ du 30 novembre 1576. II fut promu, par 
lett* pat 3 du 13 octobre 1598, à l’état de Conseiller du conseil 
privé et commis en même tems aux causes fiscales d’icelui 
et ensuite, l’an 1614, il devint aussi du conseil d’état. Il 
mourut à Bruxelles, le 22 avril 1622, âgé de 78 ans. 

1578. 

Messire Jean Charles Schetz de Grobbendonck, Proto¬ 
notaire apostolique, Chanoine de l’église cathédrale de Saint- 
Lambert à Liège et de Notre-Dame à Tournai, succéda 
comme Conseiller ecclésiastique à Pierre Mouchet, par pat* 


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— 470 — 


du 44 mai 1578; ensuite il fut évoqué en Espagne pour être 
Conseiller du Conseil suprême des Pays-Bas et de Bour¬ 
gogne lès la personne du Roi d’Espagne Philippe II, qui 
le nomma aussi l’an 1588, Chancelier de l'ordre de la Toison 
d’Or. Il fut aussi nommé par Philippe II à l’évêché de 
Tournai vers l’an 1594, mais il mourut en Espagne, le 
4 janvier 1595 avant qu’il eut pris possession de sa nouvelle 
dignité. Il éloil fils de Gaspar Schetz, seigneur de Grob- 
hendonck, baron de Wesmaele, etc., et de Catherine van 
Urselc. 


1578. 

Messire Foliard a Montzima, natif de Leeuwaerde en 
Frise, Docteur en droits et Chanoine de l’église collégiale 
du Saint-Sauveur à Utrecht, succéda à Louis Porry, comme 
Conseiller eccl., par pat 5 du dernier juin 1578. Deux ans 
après, comme il conlinuoit sa résidence en la ville 
d’Utrecht, tenant le parti des ennemis de S. M. ou peut être 
que les troubles des Pays-Bas l’avoient dégoûté à venir 
exercer sa fonction de Conseiller, le Roi d’Espagne le 
déporta Tan 1580 et nomma à sa place Godefroy Vuesels. 
Le dit Foliard a Montzima, fut élu le 14 juillet 1592, doyen 
de la susdite église collégiale du Saint-Sauveur à Utrecht et 
il mourut dans sa résidence le 12 octobre 1605, âgé de 59 ans, 
étant toujours resté inviolablement attaché à la religion 
catholique. 


1580. 

Messire Godfroy Vuesels, natif d’Anvers, prêtre, Pro- 
lonotaire apostolique, Docteur en droits, Chanoine et Doyen 
de la collégiale de Saint-Pierre à Utrecht, Chanoine et Ecolâ- 


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— 471 — 


Ire de la cathédrale d’Anvers, succéda comme Conseiller ec¬ 
clésiastique à Foliard a Monlzima, par pat s du 4 décembre 
1580. Pendant qu’il étoit Chanoine et Doyen d’Utrecht, il 
fut envoyé en Espagne, l’an 1570, de la part de la province 
d’Utrecht, pour faire des plaintes au Roi Philippe II, contre 
les exactions violentes du Duc d’AIbe. Malgré cela il fut par 
après excité par ceux d’Utrecht le 15 avril 1578, à cause 
de son zèle pour la religion catholique et son souverain 
légitime. Après la mort de Mcssire François de la Chapelle, 
second Evêque de Namur, il fut nommé, l’an 1592, par le 
Roi Philippe II, au dit évêché; mais il vint à mourir le 
7 décembre de la même année 1592. 

Son discours est rapporté dans les annales d’Harœus, tome 
II, page 109. 

1582. 

Messire Pierre Peckius, natif de Zirickzee, en Zélande, 
savant et célèbre Docteur en droits, succéda à Jean de 
Blaesere, par pat” du 25 février 1582. Il trépassa à Malines 
le 16 juillet 1589, âgé de CO ans, laissant un nom immortel 
par les beaux ouvrages en droits qu’il a laissés au public. 

1582. 

Messire Antoine de Grijspere, chevalier, Conseiller au 
conseil provincial d’Utrecht, succéda à Jean Richardot, par 
pat s du 12 septembre 1582. Etant au conseil d’Utrecht, son 
zèle pour la religion catholique et pour conserver la dite 
province contre les nouveautés des rebelles, donnèrent occa¬ 
sion aux dits révoltés de le bannir d’Utrecht, le 15 avril 1578, 
avec cinq autres Conseillers et quantités d’autres ecclésias¬ 
tiques et séculiers; puis aiant encore été accusé d’avoir tenté 


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— 472 — 


à faire retourner la ville d’Utreclit sous l’obéissance du 
Roi Philippe II, il fut privé de sa charge et déclaré ennemi 
de la Patrie, par leur sentence du 11 janvier 1581. Il mourut 
à Nanmr, pendant que le grand conseil y tenoit sa rési¬ 
dence et ses séances, à cause des troubles du pays, l’an 1584. 

1583. 

Messire Balthazar Ayala, chevalier, natif d’Anvers, suc¬ 
céda à Jean Auxtruyes, par pat* du 20 janvier 1583. Il fut 
un homme très savant et célèbre par scs ouvrages, dont par¬ 
lent avec éloge l’auteur de la bibliothèque Belgique, tome I; 
page 121, et Aubert Lemire « in elegiis Belgicis » page 93. 
Il vint à mourir à la fleur de son âge, à Alost, le i <r sep¬ 
tembre 1584, n’ayant que 36 ans. 


1583. 

Messire Jacques de Froidmont, chevalier, auparavant Con¬ 
seiller de Namur, succéda à Théry Deijn, par pat s du 16 
mars 1583. Il trépassa à Malines, le 27 a où1 1607, étant Vice- 
Président du conseil, comme le plus ancien des Conseillers. 

1584. 

Messire Adrien Penssens, selon d’autres Pussius ou Pues- 
sens ou Puessin, chevalier, natif de la ville de Grammont 
en Flandres, succéda à Antoine de Gryspere, par pat s du 
13 juin 1584. Ce fut lui le premier licencié, qui reçut le 
degré de Docteur en droits en l’université de Douai, le 
11 septembre 1568 et il y fut aussi professeur primaire du 
droit civil pendant plusieurs années. Il décéda à Malines, 
le 12 avril 1601. 


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473 — 


1584. 

Messire Guillaume de Vendeville, chevalier, natif de 
Lille, auparavant Conseiller au conseil de Flandres, succéda 
à Balthazar Ayala, par lett 3 pat s du 30 octobre 1584. Il 
mourut le 9 août 1598. 


1585. 

Messire Ferdinand de Salines, chevalier, natif de Bruges, 
d’une famille originaire d’Espagne, succéda à Jean van 
der Burch, par pat’ du mois de décembre 1585. Quatre ans 
après, il fut dénommé surintendant de la justice militaire 
et de l’admirautô et puis Conseiller du conseil privé, par 
pat 3 du 8 octobre 1589. Il mourut le 10 décembre 1610, âgé 
de 73 ans. 


1585. 

Messire Jacques Liebaert, chevalier, seigneur de Char- 
dau, Sommaing, Halewyns, Acker, etc., natif de Tournay, 
auparavant Conseiller au conseil de Flandres, succéda à 
Guillaume de Criep, par pat 3 du 23 décembre 1585. Fut 
promu, l’an 1598, à la Présidence du susdit conseil en Flan¬ 
dres et puis à la Présidence du grand conseil, en vertu des 
lett 3 pal 3 du 29 janvier 1005. Il mourut le 12 novembre 
1021, âgé de 80 ans. 


158G. 

Messire Jean Martini, chevalier, Docteur en droits, fut 
premièrement Substitut du Proc, général au grand conseil ; 
ensuite il devint Greffier du même conseil et succéda par 
après comme Conseiller et Proc, général à Jean du Bois, 
par pat 3 du 18 février 1580. Il quitta l’état de Proc, général, 


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— 474 — 


l’an 1590, pour obtenir une autre place de Conseiller et 
Maître aux requêtes ordinaire au dit conseil, vacante par 
la promotion de Jacques Bogaerls et en obtint les lett 5 pal* 
le 22 juin 1590. Il décéda le 23 février 1604. 

1587. 

Messire Jean d’Hovynes, chevalier, seigneur de Bousse- 
sur-l’Escaut, natif de Tournay, succéda à Jean Cooman, par 
pat s du mois de novembre 15S7. Il mourut le 30 mai 1004. 

1587. 

Messire Renom de France, chevalier, seigneur de Noyelles, 
Wyon, etc., succéda à son père Jérôme, par patentes du 
8 novembre 1587. Il fut en après Président du grand con¬ 
seil, par pat* du 30 avril 1022 et mourut le 24 août 1628. 

1590. 

Messire Engclbort Mars, natif d’Anvers, succéda à Fer¬ 
dinand de Salines, par pat* du 1 er mars 1590. Il passa du 
grand conseil à l’état de Conseiller privé, au mois d’août 1003, 
et fut déclaré Chef et Président, le 8 octobre 1014. Il 
mourut à Bruxelles, âgé de 85 ans, le 9 octobre 1030. 


1590. 

Messire Jean Dave, natif de Namur, Docteur en droits. 
Chanoine et Prévôt de la cathédrale de Saint-Aubin et abbé 
de la collégiale de Notre-Dame au dit Namur, Conseiller 
du conseil de la dite province, succéda comme Conseiller 
eccl. du grand conseil à Malines, à Jean Charles Schelz 
de Grobbendonck. Par pat* du 22 juin 1590, il fut dénommé 
par S. M. Catholique à l’évêché de Namur, sa patrie, sacré 


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— 475 — 


à Anvers le 18 septembre 1594; mais comme il étoit déjà 
âgé d’environ 64 ans, il vint à mourir à Namur cinq mois 
après, le 3 mars 1595. 

1590. 

Messire Eloy du Mont Saint-Eloy, chevalier, natif de 
Malines, seigneur de Pugnandra, Calloy, etc., succéda à 
son père, Florent du Mont Saint-Eloy, par pat s du 22 juin 
1590. Il mourut à Malines le 9 janvier 1615. 

1590. 

Messire Jean de Zeau ou Lezan, Hollandois, chevalier, 
auparavant Conseiller du conseil provincial d’Hollande, suc¬ 
céda à Pierre Pecltius, par pat s du 20 juin 1590. Il vint 
à mourir le 25 juillet 1600. 

1590. 

Messire Pierre Adriany, chevalier, succéda à l’état de 
Conseiller et Proc, générale du grand conseil à Jean Martini. 
Pourvu d’une place de Conseiller ordinaire, par pat 8 du 
17 novembre 1590, il fut ensuite promu Président du con¬ 
seil de Namur, mais il vint à mourir le 26 septembre 1610, 
avant que de le desservir ou d’avoir prêté serment. 

1593. 

Messire Guillaume Vuesels, natif d’Anvers, prêtre Proto¬ 
notaire apost., Docteur en droits, Chanoine de l’église 
cathédrale d’Anvers, succéda comme Conseiller eccl. à son 
frère Godfroy Vuesels, par pat 5 du 6 janvier 1593. Il fut 
dénommé par le Roy d’Espagne Philippe II, à la prévôté de 
l’église cathédrale de Saint-Servais à Maestricht, de laquelle 


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— 476 — 

il prit possession, le 17 mai 1597. Ayant résigné, à cause de 
son grand âge et de ses infirmités, son état de Conseiller 
eccl. ès mains des Sérénissimes Archiducs, le 13 septembre 
1011, il se retira à sa Prévôté en la ville de Maestriclit, où 
il finit ses jours l’an 1614. 

1594. 

Messire Antoine Asselif.rs, natif de Bruxelles, Docteur 
en droits. Chanoine noble gradué de la métropole de Saint- 
Rombaut à Malines, Prévost de l’église cathédrale de Notre- 
Dame à Utrccht, succéda, comme Conseiller eccl. du grand 
conseil, à Jean Dave, selon pat” du 22 octobre 1594. En 
1603, il fut appelé à Bruxelles pour être Conseiller ecclé¬ 
siastique du conseil privé et il mourut, fort avancé en âge, 
le 8 octobre 1631. 


1598. 

Messire George Hopperus, chevalier, seigneur de Daelem 
en pays de Limbourg, natif de Louvain, succéda à Jacques 
Liebaert, par pat" du dernier octobre 1598. Il passa, l’an 1605, 
au conseil privé et mourut à Bruxelles l’an 1610. 

1598. 

Messire Otton Hartius, chevalier, natif de Nimègue au 
duché de Gueldres, succéda à l’état de Conseiller Avocat 
fiscal à Guillaume de Gryspere, par pat s du 31 octobre 1598. 
Il mourut à Malines, le 12 du mois de mars 1622. 


1598. 

Messire Arnould Baert, chevalier, seigneur de Wavre- 
Sainte-Maric et de Berenlrode sous Bonheyden, natif de 


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— 477 — 


Bruxelles, succéda à Jean Charles, qui s’étoit fait récollet, 
par patentes du 31 octobre 1598. Il mourut à Malines, le 
29 mai 1629, âgé de 73 ans. Il est enterré à Malines en 
l’église paroissiale de Saint-Jean avec sa femme, Dame 
Jeanne des Marcs, trépassée le 25 octobre 1630. 

1598. 

Messire Jean Bennynck, chevalier, natif d’Amersfort en 
la province d’Utrecht, Docteur en droits, auparavant Con¬ 
seiller Procureur général du conseil provincial à Luxem¬ 
bourg, fut fait Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire 
à la place vacante par le trépas de Guillaume de Vendeville, 
par patentes du dernier octobre 1598. L’an 1601, il retourna 
au susdit conseil de Luxembourg pour y occuper la charge 
de Président et y trépassa le 30 janvier 1632. 

1600. 

Messire Pierre Proost, chevalier, auparavant Conseiller 
au conseil de Namur, succéda à Jean de Zeau, par patentes 
du 23 septembre 1600. Il fut promu, l’an 1611, à l’état de 
Président au susdit conseil de Namur et y mourut l’an 1618. 


1601. 

Messire Charles Nicolaï, chevalier, auparavant Conseiller 
du conseil provincial de Frise, succéda à Adrien Penssens, 
par patentes du 7 juin 1601. Il mourut à Malines, le 13 
mars 1616. 


1601. 

Messire Pierre Peckius, chevalier, natif de Louvain, 
seigneur de Bocliaut, Borsbeke, Hove, etc., célèbre Docteur 


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— 478 — 


en droits, succéda à Jean Bennynck, par patentes du 7 
juin 1601. Il fut entretems employé par les Archiducs 
Albert et Isabelle en différentes négociations et nommé¬ 
ment fut-il leur ambassadeur devant Henri IV, Roi de 
France, qui avoit conçu une haute estime pour lui. A son 
retour aux Pays-Bas, il fut promu, l’an- 1011, à l’état de 
Conseiller privé et à celui de Surintendant de la justice 
militaire, et enfin, l’an 1616, il obtint la dignité de Chancelier 
du conseil souverain de Brabant. Il mourut à Bruxelles, 
le 28 juillet 1625. 


1601. 

Messire Guillaume de Steenhuys, seigneur de Fiers, natif 
de Malines, succéda à Bauduin Jacobi de Craenendonck, 
par patentes du 7 juin 1601. 11 quitta le grand conseil, 
étant nommé, l’an 1611, Conseiller du conseil privé; puis, 
l’an 1622, il devint Conseiller d’Etat et il fut employé à 
plusieurs commissions et négociations honorables II mourut 
à Bruxelles, âgé de 80 ans, le 30 avril 1638. 

1603. 

Messire Antoine Sucquet, chevalier, natif de Malines, 
succéda à Jean d’IIovyncs, par patentes du 18 avril 1003. 
Il mourut le 14 juillet 1616. 

1603. 

Messire François Roose, autrement Rosa, natif de Baillen 
en Flandres, seigneur de Coothoven et de Rijckelen, aupa¬ 
ravant Conseiller Procureur général au conseil de Flandres, 
succéda au grand conseil à Englcbert Maes, par patentes 
du 5 septembre 1603. Il mourut le 24 décembre 1611. 


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— 479 — 


1603. 

Messire Nicolas Zoesiüs, autrement Zoes, natif d’Amors- 
fort, dans la province d’Utrecht, Chanoine de la cathédrale 
et Official du diocèse de Tournay, succéda comme Conseiller 
ecclésiastique à Antoine Asseliers, par patentes du 5 sep¬ 
tembre 1603. Environ douze ans après il fut nommé, par 
les sérénissimes Ducs Albert et Isabelle à l’évêché de Bois- 
le-Duc, où il fut sacré dans l’église de Saint-Jean, le 10 mai 
1615, âgé de 61 .ans. Il mourut à Louvain, le 20 août 1625. 

1604. 

Messire Maillard de Vuldere, natif de Gand, succéda à 
Jean Martini, par patentes du 9 mars 1604. En 1624, il fut 
promu du grand conseil au conseil privé et devint aussi, le 
19 juillet 1645, du conseil d’Etat. Il trépassa à Bruxelles, 
âgé de 82 ans, 1648. 


1605. 

Messire Renom Le Bailly, chevalier, seigneur d’Inghem, 
natif d’Anvers, auparavant Conseiller du conseil d’Artois, 
succéda à Renom de France, à l’état de Conseiller du grand 
conseil, par patentes du 17 décembre 1605. Il avoit été au¬ 
paravant Président d’un conseil établi à Calais par ordre 
du Roy Philippe II. Les Espagnols ayant pris la dite ville 
l’an 1566. Deux ans après il entrevint, comme Ambassadeur 
d’Espagne, au traité de paix conclu à Vervins en Picardie 
et ensuite au règlement des limites avec la France. L’an 
1611, il fut nommé Ambassadeur des Archiducs Albert et 
Isabelle à la cour de France après le retour de Pierre 
Peckius et il fut pourvu ensuite de l’état de Conseiller du 


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— 480 — 


conseil privé, par patentes de l’an 1617. Ce grand homme 
mourut à Bruxelles, le 21 de février 1624, à l’âge de 77 ans. 


1605. 

Messire Jacques de Varick, natif de Delft, en Hollande, 
succéda à George Hopperus, par patentes du 17 décembre 
1605. Il mourut le 10 février 1616. 


1607. 

Messire Henry Uwens, chevalier, natif de Nimègue en 
Gueldrcs, succéda à Jacques de Froidmont, par patentes du 

10 novembre 1607. Il fut promu, le premier d’août 1614, à 
l’état de Chancelier du conseil souverain de Gueldres, et 
mourut à Ruremonde, le 12 avril 1622. 

1610. 

Messire Jean Baltin, chevalier, auparavant Conseiller 
au conseil provincial de Flandres, succéda à l’état de 
Conseiller et Procureur général du grand conseil à Pierre 
Adriani, par patentes du 8 octobre 1610; mais quatre ans 
après il quitta cette charge de Procureur général pour 
devenir Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire à la 
place de Henri Uwens, par patentes du 4 décembre 1014. 

11 mourut le 9 janvier 1021. 

1611. 

Messire Jean van Caestere, chevalier, natif de Malines, 
seigneur de Bonheyden, Zellaer, etc., succéda à Pierre 
Peckius, par patentes du 16 mai 1611. Il décéda le 10 avril 1627. 


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— 481 — 


1611. 

Messire Henri Schotti, chevalier, natif d’Anvers, succéda 
à Guillaume de Steenliuys, par patentes du 10 juin 1611. 
Il mourut à Malines, le 17 juillet 1616. 

1611. 

Messire Zegere Coulez, chevalier, succéda à Jean Proost, 
par patentes du 23 juillet 1611 et fut promu, l’an 1618, à 
l’état de Président du conseil de Namur. Il revint deux 
ans après à Malines, étant dénommé Président du grand 
conseil, par patentes du 10 octobre 1628. Il mourut le 11 no¬ 
vembre 1636. 


1611. 

Messire Jacques Boonen, Chanoine de l’église métropo¬ 
litaine à Malines, succéda à Guillaume Vuesels comme 
Conseiller ecclésiastique, par patentes du 24 septembre 1611 
et fut en après Evêque de Gand et ensuite Archevêque de 
Malines. 


1612. 

Messire Pierre Cuvelier, chevalier, seigneur de Saint- 
Laurent, Levergem, etc., succéda à François Roose, autre¬ 
ment Rosa, par patentes du 21 janvier 1612. Il mourut le 
29 septembre 1628. 


1614. 

Messire Claude d’HuwiJN ou Humijn, chevalier, seigneur 
de Schutburg, Wardain, t’Sarcamps, etc., natif de Bastogne, 
au pays de Luxembourg, succéda comme Conseiller et 


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— 482 — 


Procureur général du grand conseil à Josse Bal tin, par 
patentes du 19 décembre 1614. Ensuite il fut dénommé Con¬ 
seiller du conseil privé par patentes du 17 janvier 1G28. 
Après avoir desservi l’emploi de Trésorier des finances 
dans le bas Palatinat et celui de Juge suprême des armées 
du Roi, l’an 1623, comme aussi celui d’envoyé de la part 
de S. M. vers plusieurs Electeurs et Princes de l’Empire. 
Il mourut à Bruxelles, le 29 juillet 1G29, âgé seulement de 
57 ans. 


1G15. 

Messire Pierre de Semerpont, chevalier, seigneur de 
Teuques et du Maisuil, natif d’Anvers, succéda à Eloy du 
Mont Saint-Eloy, par patentes du 22 janvier 1615. Il fut 
ensuite évoqué au conseil privé, par patentes du 15 décembre 
1624 et commis en même tems aux causes fiscales du dit 
conseil. Il décéda à Bruxelles, le., septembre 1633. 

1615. 

Messire Nicolas de Fief, Chanoine de l’église cathédrale 
de Notre-Dame à Tournai, succéda comme Conseiller ecclé¬ 
siastique du grand conseil à Nicolas Zoesius, par patentes 
du 30 mai 1615 et fut en après promu à l’état de Conseiller 
ecclésiastique du conseil privé et ensuite dénommé Evêque 
d’Arras. 


1616. 

Messire Charles de Rantere, chevalier, natif de Malines, 
succéda à Jacques de Varick, par patentes du 2 mars 1616, 
mais il ne fut Conseiller qu’environ un an et demy, étant 
décédé à Malines, le 24 septembre 1617. 


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— 4S3 — 

1G1G. 

Messire Maillard de Landsheere, chevalier, natif de Cassel, 
succéda à Charles Nicolaï, par patentes du 8 avril 1616. Il 
mourut à Malines, le 23 juin 1626. 

1616. 

Messire Jean van den Broecke, chevalier, succéda à 
Henri Schotti, par patentes du 18 août 1616. Il mourut le 
16 juin 1634 et par son trépas sa place fut une des cinq 
supprimées au lieu des cinq places érigées par l’augmenta¬ 
tion de l’an 1627, laquelle n’a pas eu de suite. 

1616. 

Messire Guillaume de Ruysschen, issu d’une ancienne 
noble famille originaire de Maestricht, succéda à son beau- 
père Antoine Sucquet, par patentes du 18 août 1616. Il 
mourut à Malines, le .. avril 1651, après avoir été environ 
36 ans Conseiller, et enfin, Vice-Président du même conseil 
comme le plus ancien. 


1617. 

Messire David Corsedius, Chanoine de l’église cathédrale 
de Notre-Dame à Tournai, succéda comme Conseiller ecclé¬ 
siastique à Jacques Boonen, par patentes du 23 février 1617. 
Il fut en après pourvu de l’état de Conseiller ecclésias¬ 
tique au conseil privé. 


1617. 

Messire François Baili.et, chevalier, seigneur de la Croix, 
ci-devant Conseiller et Avocat fiscal du conseil d’Artois, 
succéda à l’état de Conseiller et Maître aux requêtes ordi- 


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— 484 - 

naire du grand conseil à Renom Le Bailly, par patentes 
du 20 février 1617. Il mourut l’an 1631. 

1617. 

Messire Jean Bogaerts, chevalier, auparavant Conseiller 
au conseil provincial de Luxembourg, succéda à Charles 
de Rantere, par patentes du 11 octobre 1617. Il mourut 
le 10 octobre 1629. 


1619. 

Messire Jean de Blasere, natif de Gand, fut dénommé 
à l’état de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire du 
grand conseil à la place de Zegere Coulez, par patentes 
du 24 septembre 1619 ; mais comme auparavant que de 
prêter serment il devint aveugle et accidenté de perclusion 
des membres au côté droit, il résigna sa dite commission 
ès-mains de leurs Altesses Albert et Isabelle, au mois de 
novembre de la même année 1619. Il retint néanmoins le 
titre de Conseiller et la franchise du grand conseil par 
grâce des dits princes. Il mourut à Gand, le 3 mai 1633. 

Remarquez que le Conseiller de Blasere rie se trouve pas 
dans la liste des Conseillers du grand conseil qui se trouve 
au tome 2, du supplément des Trophées de Brabant, par 
Butkens, fol. 315. 


1619. 

Messire Jérôme de Gaule, chevalier, natif de Bruxelles, 
succéda au susdit Jean de Blasere qui devint aveugle comme 
est observé ci-devant, par patentes du 12 novembre 1619. 
Il fut dénommé, l’an 1625, Chancelier du conseil en Gueldre, 
mais les Hollandois s’étant rendus maîtres de la ville de 


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— 485 — 


Roeremonde, l’an 1632, il se retira à Bruxelles, où il fut 
revêtu de l’état de Conseiller du conseil privé jusqu’en 
1637, que la dite ville fut reprise par le Cardinal infant, 
lorsqu’il retourna à Roeremonde où il mourut le 16 juillet 1650. 

1619. 

Messire Philippe Jouart ou Jonnard, natif de Mons, 
prêtre, Chanoine de la cathédrale de Tournai et de l’église 
de Saint-Germain à Mons, auparavant Conseiller ecclésias¬ 
tique en la cour souveraine de la province d’Hainaut, succéda 
en la même qualité au grand conseil à Gérard Corseliers, 
par patentes du 6 août 1619; ensuite soit par des infirmités, 
soit par des autres raisons, il préféra la ville natale à celle 
de Malines et il retourna, l’an 1632, à la dite cour souveraine 
d’Hainaut en qualité de Chef et Premier Conseiller. Il mou¬ 
rut le 11 août 1634. 


1621. 

Messire Jacques van Volden, natif de Bruges, succéda 
à Josse Baltin, par patentes du 7 juillet 1621. Il mourut 
à Malines, le 14 mars 1628. 


1622. 

Messire Martin Sévilla, chevalier, succéda comme Con¬ 
seiller et Avocat fiscal à son beau-père Otton Hortius, par 
patentes du 22 mars 1622. Il passa ensuite à l’état de 
de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire à la place 
de Gaspar Huart et en prêta le serment le 22 juin 1633. 
Il mourut au mois de décembre 1644. 

1625. 

Messire Jacques Roelants, chevalier, natif d’Anvers, 


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486 — 


succéda à Pierre de Seinerpont, par patentes du 23 janvier 

1025. 11 mourut à Malines, le 25 août 1051. 

1025. 

Messire Charles Lauryn, chevalier, seigneur de la Haye, 
succéda à Maillard de Vuldere, par patentes du 23 janvier 
1025. L’an 1037, il fut promu à la Présidence du conseil 
d’Artois, mais la ville d’Arras ayant été prise par les 
Français en l’an 1040, il se retira d’abord à Bruxelles et 
y devint Conseiller au conseil privé et aussi du conseil 
d’Etat, par patentes du 13 janvier de la même année 1640. 
Il mourut à Bruxelles, le 26 avril 1064. 

1025. 

Messire Jean Gerlays, chevalier, vicomte d’Epigny, 
seigneur de Creux, natif de Namur, auparavant Conseiller 
du conseil de Namur, succéda à l’état de Conseiller et 
Maître aux requêtes ordinaire au grand conseil à Jérôme de 
Gaule ; par patentes du 6 août 1625; il fut ensuite promu 
à la Présidence du conseil de Namur, par patentes de 
l’an 1028. Il mourut le 10 novembre 1632. 


1026. 

Messire Jean Gaspar Huart, chevalier luxembourgeois, 
auparavant Conseiller au conseil de Luxembourg, succéda 
à Maillard de Landsheere, par patentes du 17 décembre 
1626; il fut promu à la Présidence du susdit conseil de 
Luxembourg, par patentes du mois de septembre 1632. Il 
mourut 1628. 


1027. 

. Messire Antoine de Vuldere, chevalier, natif de Gand, 


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— 487 — 


ou selon d’autres d’Audenarde, auparavant Conseiller au 
conseil de Flandres et Premier juge de l’amirauté à Dun- 
kerke, fut pourvu d’une place de surnuméraire de Con¬ 
seiller et Maître aux requêtes du grand conseil, par patentes 
du 9 août 1627. Il succéda comme Conseiller ordinaire à 
Jean van den Broeck, par patentes de l’an 1634. Le 12 
mai 1610, il fut promu à l’état de Conseiller du conseil 
suprême des Pays-Bas et de Bourgogne lès la personne 
de Sa Majesté à Madrid et il mourut l’an 1643. 

1627. 

Messire Jean Vendeville, chevalier, natif de Malines, 
succéda à Jean van Caestere, par patentes du 9 août 1627. 
Il mourut le 23 du mois de juin 1655. 

1627. 

Messire Philippe Guillaume de Steenhuys, chevalier, 
baron de Pocderlé, auparavant Conseiller du conseil sou¬ 
verain de Gueldres, succéda à Arnould Baert, par patentes 
du 9 août 1627; il fut promu à la Présidence du conseil 
de Flandres, depuis, de Conseiller des conseils d’état et 
privé; il obtint à la fin, la charge de Chancelier de 
Brabant. 


1627. 

Messire Vincent de Surhou, chevalier, seigneur de Beninge, 
natif de Tournai, fut pourvu d’une des cinq places aug¬ 
mentées de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire au 
grand conseil, par patentes du 9 août 1627. L’année sui¬ 
vante il fut commis à la desserviture de l’état de Conseiller 
et Procureur général en l’absence de Claude Hijwijn et 


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— 488 — 


après la promotion d’icelui au conseil privé, il reçut les 
patentes de Procureur général, le 7 septembre 1628. Il 
mourut l’an 1636, le 16 février. 


1627. 

Messire Jean Baptiste Daneels, chevalier, fut pourvu 
d’une des cinq places nouvellement érigées de Conseiller 
et Maître aux requêtes du grand conseil, par patentes du 
9 août 1627; il succéda en après comme Conseiller ordi¬ 
naire à Jean Baptiste Polchet. Il fut ensuite promu Con¬ 
seiller du conseil privé en 1653. Il mourut à Bruxelles, le 
13 novembre 1659. 


1628. 

Messire Gillis Stalins, chevalier, seigneur de ten Daele, 
auparavant Conseiller du conseil de Flandres, succéda à 
Jacques van Volden, par patentes du 23 mars 1628. Il mourut 
le 12 janvier 1654. 


1628. 

Messire Pierre van den Broecke, chevalier, seigneur de 
Haute-Chêne, Roosenberghe, Bardoins, Gistelhoven, etc., 
natif d’Ypres, auparavant Conseiller au conseil de Flandres, 
succéda à Pierre Cuvelier, par patentes du 9 octobre 1628. 
Il trépassa à Malines, le 20 septembre 1637. 

1628. 

Messire Charles d’Hovijnes, chevalier, succéda à Claude 
de Humijn, par 'patentes du 9 octobre 1628. En après il fut 
Conseiller et Avocat fiscal à la place de Martin Sevilla, puis 
Conseiller des conseils d’état et privé, enfin, il fut promu à 
la Présidence du dit conseil privé. Il mourut à Bruxelles, le ... 


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— 489 — 


1028. 

Messire Jean Lancelot, chevalier, fut pourvu d’une des 
cinq places nouvellement érigées, par patentes du 17 octobre 
1628. Il mourut à Malines, le 14 avril 1636 Par son décès 
sa place de Conseiller, qui était surnuméraire, demeura 
supprimée. 

1628. 

Messire Charles Philippe de Haltrou, chevalier, fut 
promu à l’une des cinq places surnuméraires du grand con¬ 
seil sans nomination préalable et par les seules lettres 
patentes du 17 octobre 1628. Il vint à mourir le 15 juin 
1632, et sa place resta supprimée. 


1629. 

Messire Pierre Weyns, chevalier, succéda à Messire Jean 
Gerlays, par patentes du 9 août 1029. Il fut en après Con¬ 
seiller et Procureur général en la place de Vincent Surhou, 
ensuite il fut promu à la Présidence du conseil provin¬ 
cial de Luxembourg, à l’état de Conseiller du conseil privé 
et il a été Plénipotentiaire au traité de paix conclu à 
Munster. Mort en 1650. 


1629. 

Messire Jean Baptiste Polchet, chevalier, seigneur de 
Montaigle-la-ville, natif de Namur, auparavant Conseiller 
et Procureur général du conseil au dit Namur, succéda à 
Jean Bogaerts comme Conseiller et Maître aux requêtes 
ordinaire au grand conseil, par patentes du dernier octobre 
1629. Ensuite il retourna à Namur, étant honoré de la 
charge de Président du conseil de la dite province, par 
patentes de Sa Majesté en date du 13 mai 1634. 


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— 490 - 


1G31. 

Messire Jacques Caluart, clievalier, succéda à François 
Bnillct, paF patentes du 0 mai 1031. Il trépassa le 23 octobre 
1657. 


1G35. 

Messire Henri Humijn. Chanoine de la métropole de 
Saint-Rombaut à Malines, succéda comme Conseiller ecclé¬ 
siastique à Nicolas de Fief, par patentes du 9 mai 1G35. 
Il trépassa le 12 avril 1638. 


1635. 

Messire Jean van Wachtendonck, Chanoine de l'église 
métropolitaine de Saint-Rombaut à Malines,succéda comme 
Conseiller ecclésiastique à Philippe Jonnart, par patentes 
du mois de mai 1635. Il fut en après Evêque de Namur 
et ensuite Archevêque de Malines. Il trépassa à Bruxelles, 
le 25 juin 1668. 


1637. 

Messire Ambroise Roose, chevalier, succéda à Pieri’e 
Weijns, par patentes du mois d’août 1637. Il mourut a 
Malines, le 20 février 1657. 

1637. 

Messire Charles de Bailly, chevalier, natif d’Arras, au¬ 
paravant Procureur fiscal de la gouvernance d’Arras, succéda 
à Charles Lauryn, par patentes du mois de septembre 1637. 
Il mourut le 17 décembre 1648. 


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— 491 — 


1G38. 

Messire Antoine L’Hermite, chevalier, succéda à Pierre 
van den Broeckc, par patentes du 20 janvier 1638. Ensuite 
il fut évoqué par autres patentes, du 28 avril 1648, à l’état 
de Conseiller du conseil privé, d’où il retourna à Malines, 
pour occuper la place de Président du grand conseil, par 
patentes du 25 décembre 1651. Il mourut à Malines, le 
6 juin 1661. 


1638. 

Messire Jean Deuoy ou Le Roy, natif de Nivelles, prêtre 
Chanoine de Leuze, en Hainaut, ensuite Chanoine gradué de 
la Métropole de Saint-Rombaul, et pendant plusieurs années 
Official de l’archevêché de Malines, succéda comme Con¬ 
seiller ecclésiastique du grand conseil à Henry Humijn, par 
patentes du 30 août 1638. L’an 1643 le chapitre de Saint- 
Rombaut le choisit pour son Doïcn. Ensuite il fut promu, 
l’an 1653, à l’état de Conseiller ecclésiastique du conseil privé 
et l’an 1655 le siège Archiépiscopal de Malines étant venu 
à vaquer, il fut élu et dénommé Vicaire général. Il décéda 
à Bruxelles, le 9 avril 1656. 


1638. 

Messire Michel de Coxie, chevalier, natif de Malines, suc¬ 
céda comme Chancelier et Avocat fiscal du grand conseil 
à Charles d’IIovijncs, par patentes de l’an 1638 et prêta 
le serment de sa charge, le 15 novembre de la même année. 
Il fut, l’an 1656, appelé en Espagne pour y desservir l’élat 
de Conseiller du conseil suprême des Pays-Bas et de Bour- 
goigne, lés la personne de S. M. Il mourut à Madrid, le... 


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— 492 - 


1640. 

Messire Michel Lottin, chevalier, seigneur de Bracuvelt, 
Neufful, Noorthaut, Wastine, etc., auparavant Conseiller 
du conseil de Flandres, dès l’an 1628 succéda comme Con¬ 
seiller et Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil 
à Anthoine de Vuldere, par patentes du 8 juin 1640. Il fut 
dénommé, le 25 décembre 1653, Conseiller de la chambre 
mi-partie établie à Malines pour terminer avec les Con¬ 
seillers dénommés par les Etats Généraux des Provinces- 
unies, les matières et affaires indécites entre les sujets des 
deux dominations. Il en fut même Président et mourut 
à Malines, le 6 de mars 1660, âgé de 70 ans. 

1640. 

Messire Bauduin van der Piet, chevalier, seigneur de 
Wegewalle, natif de Gand, auparavant Conseiller du conseil 
de Flandres, succéda comme Conseiller et Procureur géné¬ 
ral du grand conseil à Pierre Wijns, par patentes du mois 
de juin 1640. Il fut promu, l’an 1652, à l’état de Chancelier 
du conseil souverain en Gueldres et peu de tems après à 
celui de Conseiller du conseil privé; enfin, il fut évoqué 
au conseil suprême des Païs-Bas à Madrid. Il mourut 
cependant à Bruxelles, le 6 septembre 1672, âgé de 77 ans. 

1645. 

Messire Théodore de Thulden, chevalier, succéda à 
Martin Sévilla, par patentes du mois d’août 1645. Il mourut 
le 19 novembre 1645. 

1646. 

Messire Adrien de France, chevalier, seigneur de Noyelles, 
succéda à Théodore de Thulden, par patentes du 3 février 


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— 493 — 


1646. Etant ensuite devenu Vice-Président du grand con¬ 
seil, comme' le plus ancien Conseiller, il fut promu à la 
Présidence du même conseil, par patentes du mois d’avril 
1663, et il mourut l’an 1668. 

1648. 

Messire Pierre Blondel, chevalier, seigneur d’Ouden- 
hove-Sainte-Marie, Miclielbeke, Rye, etc., natif de Malines, 
auparavant Conseiller au conseil de Flandres, succéda à 
Anthoine L’Hermite, par patentes du 2 décembre 1618. L’an 
1652, il devint aussi Procureur général à la place de Bauduin 
van der Piet. L’année suivante, 1653, il fut évoqué au 
conseil privé, où il fut commis aux causes fiscales et dix 
ans après, 1663, il devint Conseiller du conseil d’état comme 
aussi de l’amirauté suprême et Surintendant de la justice 
militaire. 


1649. 

Messire Jean Blevart ou Bleuwaert, chevalier, succéda 
à Charles Le Bailly, par patentes du 23 du mois de juin 
1649. Il décéda le 12... de l’an 1660. 

1650. 

Messire Antoine Colins, chevalier, succéda à Philippe 
Guillaume de Steenhuys, par patentes du mois de juin 
1050. II fut en après promu à la Présidence du conseil 
provincial d’Artois. 


1651. 

Messire Jean de Landsheere, chevalier, succéda à Guil¬ 
laume de Ruysschen, par patentes du 2 septembre 1651. 
Il mourut le 28 mars 1656. 


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— 494 — 


1652. 

Messire Arnould Verheyen, chevalier, succéda à Jacques 
Roelants, par patentes de l’an 1651. Il mourut le 28 
décembre 1665. 


1652. 

Messire Jacques Buisset, chevalier, succéda à Pierre 
Blondel, par patentes du mois d’avril 1652. Il mourut au 
commencement de janvier 1660. 

1653. 

Messire Henri Florent Laurin, chevalier, succéda à Jean 
Baptiste Daneels, par patentes du mois de septembre 1653. 
Il fut aussi Conseiller et Avocat fiscal à la place de Michel 
de Coxie. Il décéda en l’an 1662. 

1653. 

Messire Charles de Steenhuys, prêtre, natif de Bruxelles, 
et Chanoine de la cathédrale de Tournai, succéda comme 
Conseiller ecclésiastique à Jean de Roy, par patentes du 
22 novembre 1053. Il était sur le rang de devenir à la 
dignité Episcopale et y avoit déjà nommé quelquefois (?), 
lorsque la mort le ravit à Malines, à l’âge de 51 ans, le 
18 juillet 1666. 


1653. 

Messire Jean François Vekemans, ou Vequemans, che¬ 
valier, succéda à l’état de Conseiller et Procureur général 
du grand conseil à Pierre Blondel, par patentes du mois 
de décembre 1653. Il fut en après promu à l’état de Con¬ 
seiller du conseil privé. 


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- 495 — 


1654. 

Messire Jean Baptiste Stalins, chevalier, natif de Gand, 
succéda à son père, Gilles Stalins, par patentes du mois 
de mars 1654 et décéda l’an 1067, étant désigné Président 
du conseil provincial de Flandres. 

1055. 

Messire Anthoine Le Mercier, Arthésien, étoit Conseiller 
du conseil d’Artois, résidant pour lors à Saint-Omer, mais 
cette ville ayant été prise par les Français, il fut nommé 
Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire du grand con¬ 
seil, par patentes du mois d’avril 1655, à la place d’Antoine 
Colins. Il mourut le 9 février 1661. 


1655. 


Messire Balthazar van der Beken, natif de Bruxelles, 
prêtre, succéda comme Conseiller ecclésiastique du grand 
conseil à Jean de Wachtendonck, par patentes du 7 mai 
1655, et fut promu Conseiller ecclésiastique du Conseil privé. 
Il mourut à Bruxelles, l’an 1606. 

1655. 

Messire Charles de Viron, chevalier, natif de Bruxelles, 
auparavant Conseiller du conseil de Namur, succéda à Jean 
de Vendeville, par patentes du mois de septembre 1655. 
Il fut dénommé Président du conseil d’Artois, résidant 
alors à Saint-Omer, pendant que la ville d’Arras étoit au 
pouvoir de la France, mais il vint à mourir à Gand, au 
commencement de l’année 1058, où il étoit en commission 
pour le service de S. M. 


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— 496 — 


1656. 

Messire Jean van den Dycke, chevalier, succéda à Jean 
de Landsheere, par patentes du mois de mai 1656. Il tré¬ 
passa le 6 août 1664. 


1657. 

Messire François de Baillencourt, Chanoine de l’église 
de Saint-Hermès à Renaix, succéda comme Conseiller 
ecclésiastique du grand conseil à Balthazar van der Beken, 
par patentes de l’an 1657. Il fut en après dénommé à 
l’Evêché de Bruges. 


1657. 

Messire Simon de Fierlant, chevalier, succéda à Am¬ 
broise Roose, par patentes du 4 mai 1657. Il fut en après 
Conseiller du conseil suprême des Païs-Bas à Madrid et 
ensuite promu à l’état de Chancelier du conseil de Brabant. 
Mort en 1686, âgé de 84 ans. 

1657. 

Messire Louis Errembout, chevalier, succéda à Henri 
Florent Laurin, par patentes du mois de juillet 1G57. Il 
devint Président du conseil en Flandres, par patentes du 
7 mars 1667. Les Français ayant pris la ville de Gand 
en 1678, il fut rendu en 1679 à l’Espagne, mais le dit Pré¬ 
sident en sortit et suivit les Français. Il devint Président 
à mortier au parlement de Tournay où il est mort en 1695. 

1658. 

Messire Ignace Simon, chevalier, natif de Lille, succéda 
à Charles de Viron, par patentes du 3 mars 1658. Il fut 


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— 497 - 


dénommé, l’an 1665, Président du conseil d’Artois. Quelque 
tems après, il devint Conseiller des conseils d’état et privé 
et de l’amirauté suprême, comme aussi Surintendant de la 
Justice militaire. Il mourut à Bruxelles, vers la fin de l’an 
1694. 


1658. 

Messire Jean de Gheusere, chevalier, natif d’Ypres, 
auparavant Conseiller et Avocat fiscal du conseil de Flan¬ 
dres, succéda à l’état de Conseiller et Maître aux requêtes 
ordinaire au grand conseil, à Jacques Caluart, par patentes 
du 3 mars 1658. Il décéda à Malines, le 10 novembre 1676. 

1660. 

Messire Albert de Coxie, natif de Malines, baron de Moor- 
sele, seigneur de Bouseval, Lalaux, etc., succéda à Jacques 
Buysset, par patentes du 23 mars 1660. L’an 1694, il fut 
promu à la Chef Présidence du conseil privé et mourut 
enfin, à Bruxelles, 13 novembre 1709. 

1661. 

Messire Pierre François Blondel, chevalier, succéda à 
Guillaume Lottin, par patentes du 6 janvier 1661, et fut 
en après Conseiller du conseil privé et ensuite Chef et 
Président du même conseil. 

1661. 

Messire Bernard Alexandre van den Zype, chevalier, 
succéda à Jean Blevart, par patentes du 6 janvier 1661. 

11 fut en après Conseiller Procureur du grand conseil 
à la place de Jean François Vequemans. Il décéda le 

12 août 1686. 


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— 498 — 


i6G2. 

Messire Guillaume de Blitterswyck, chevalier, succéda 
à Antoine Le Mercier, par patentes de l’an 1602. Il décéda 
à Malines, l’an 1679, le 4 décembre. 

1662. 

Messire Jean Baptiste Van Steenbergen, chevalier, natif de 
Gand, auparavant Conseiller et Avocat fiscal du conseil de 
Flandres, succéda au même état de Conseiller et Avocat 
fiscal au grand conseil, à Henri Florent Laurin, par patentes 
du 20 novembre 1662. Il mourut à Malines, le 30 sep¬ 
tembre 1678. 


1663. 

Messire Jean de Monceau, chevalier, succéda à Simon de 
Fierlant, par patentes du 10 décembre 1663. Il décéda le 
3 juillet 1693. 


1663. 

Messire Pierre Du Hot, chevalier, seigneur de Haqueres, 
natif de la ville de Lille, succéda à Adrien de France, 
par patentes du mois de septembre 1663. Il mourut à 
Malines. 


1664. 

Messire Guillaume van Halmaele, chevalier, succéda à 
Bernard-Alexandre van den Z} r pe, par lettres patentes du 
13 juin 1664. Il mourut en 1677. 


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— 409 — 


1664. 

Messire Jean Charles Roose, Baron de Leeuw Saint-Pierre, 
succéda à Jean van den Deÿcke, par patentes du 10 octobre 

1664. Il mourut le 4 janvier 1694. 

1665. 

Messire Jean van Schore, chevalier, natif de Louvain, 
succéda à Ignace Simon, par patentes du 22 novembre 

1665. Il mourut à Matines, le 21 décembre 1687. 

1666. 

Messire Henri Cassin, chevalier, auparavant Conseiller 
au conseil de Luxembourg, succéda à Arnould Verheyen, 
par patentes du mois de mai 1666. Il mourut l’an 1678 le 
17 décembre. 


1666. 

Messire Jacques Théodore de Brias, Chanoine de la 
cathédrale de Tournay, succéda comme Conseiller ecclé¬ 
siastique du grand conseil, à Charles de Steenhuys, par 
patentes du mois de décembre 1666. Il fut en après, en 
1670, Evêque de Saint-Omer etensuite Archevêque de Cambrai. 

1667. 

Messire Jean B le Christyn, chevalier, succéda à Jean 
Baptiste Stalins, par patentes du mois de janvier 1667. II 
fut, en 1670, promu Conseiller du conseil privé. 

1668. 

Messire Jean Florent van Tulden, chevalier, seigneur 
de Hauthem Sainte-Marguerite et de Rumsdorp, natif de 


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— 500 — 


Louvain, succéda à Louis Errembout, par patentes du mois 
de juillet 1608. Il devint, l’an 1079, Avocat fiscal du même 
grand conseil à la place de Jean Baptiste van Steenbergen. 
Il fut évoqué du dit conseil, au mois de juin 1690, pour 
être Conseiller du conseil privé. Ensuite, il fut appelé en 
Espagne pour être du conseil suprême pour les affaires 
des Pays-Bas lès la personne do Charles IL II mourut à 
Madrid, au commencement du règne de Philippe V. 

1609. 

Messire Alard de Saint-Vaast, chevalier, natif d’Arras, 
succéda à Pierre François Blondel, par patentes du mois 
de juillet 1069. Il mourut l’an 1678, le 27 avril. 

1671. 

Messire Guillaume Ernest du Marteau, chevalier, suc¬ 
céda à Jean Baptiste Christyn, par patentes du mois de 
janvier 1671. Il mourut le 19 août 1682. 

1671. 

Messire François van de Venne, Prévôt et Chanoine de 
la métropole de Saint-Rombaut à Malines, succéda comme 
Conseiller ecclésiastique du grand conseil à François de 
Baillencourt, par patentes du 17 juillet 1671. Il trépassa 
le 10 avril 1689. 


1672. 

Messire Louis Marie de Frarin, natif d’Anvers, Chanoine 
de la cathédrale d’Ypres et Official, succéda comme Con¬ 
seiller ecclésiastique du grand conseil à Jacques Théodore 
do Brias, par patentes du 29 ... 1672. Il mourut à Malines, 
le 24 juin 1706, âgé d’environ 80 ans. 


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— 501 - 


1676. 

Messire Pierre Antlioine Schoorman, chevalier, succéda 
à Albert Coxie, par patentes du 8 juin 1676. Il décéda le 
28 mars 1693. 


1676. 

Messire Jean Jacques de la Motte, chevalier, natif de 
Malines, succéda à Jean de Ghousere, par patentes du mois 
de novembre 1676. Il devint la même année Procureur 
général du grand conseil, en la place de Bernard Alexandre 
Van den Zype, laquelle charge il a desservie jusques en 

1695, lorsqu’il fut promu à l’état de Conseiller ordinaire 
et Commis aux causes fiscales du conseil. 

1677. 

Messire Philippe François, Baron de Colins, succéda à 
Guillaume van Halmaele, par patentes du 8 février 1677. Il 
a été Conseiller et Avocat fiscal du même grand conseil 
à la place de Jean Florent van Tulden. Il mourut l’an 

1696. 


1678. 

Messire Noël de Villenfaigne, chevalier, natif du pays 
de Liège, succéda à Alard de Saint-Vaast, par patentes 
du 8 mai 1678. Il fut naturalisé par patentes de S. M. à 
l’effet d’être tenu au rang de ses sujets. Il mourut le 4 
janvier 1692. 

(Vues les dites lettres de naturalisation parmi les arrêts 
du grand conseil par M. du Laury, page 72.) 


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— 502 - 


1678. 

Messire Guillaume de Grijspere, baron de Goyck, Lie- 
liersart, etc., fut retenu à l’état de Conseiller et Maître 
aux requêtes ordinaii’e du grand conseil, vacant par le 
trépas de Henri Cassin, par patentes du 9 novembre 1678. 
L’an 1688, il fut évoqué en Espagne pour être Conseiller 
au conseil suprême. Il en revint avec la mercède de Président 
du grand conseil, par patentes du 18 décembre 1690, à la 
place vacante par la promotion de Guillaume Philippe 
marquis D’Herselles, devenu Chancelier du conseil souve¬ 
rain de Brabant. Celui-ci étant venu à mourir, l’an 1698, le 
dit Président Guillaume de Grijspere, quitta aussi la Prési¬ 
dence du grand conseil et devint Chancelier du conseil 
souverain de Brabant, l’an 1699. Le Roi Philippe V le nomma 
aussi, le 2 juin 1702, Conseiller du nouveau conseil Royal 
qu’il établit aux Pays-Bas. Il mourut à Bruxelles, le 20 janvier 
1725, âgé de 87 ans, ayant été Chancelier 26 ans. 

1678. 

Messire Hilaire van Werne, chevalier, natif de Maes- 
stricht, succéda à Jean Baptiste van Sleenbergen, par pa¬ 
tentes du 17 novembre 1678. Il mourut à Bruxelles, le 
14 juillet 1688. 


1680. 

Messire Hyacinthe Marie de Broeckhove, Seigneur de Spy, 
Steen, etc., chevalier, natif de Bruxelles, étoit Conseiller 
au conseil de Namur, lorsqu’il fut retenu à l’état de Conseiller 
et Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil, vacant 
par le trépas de Guillaume de Blitterswyck, par patentes 
du 7 juin 1680. En 1690, il fut évoqué en Espagne pour 


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— 503 — 


être Conseiller du conseil suprême de Flandres, et suc¬ 
céda en après à la place de Guillaume de Grijspere dans 
la Présidence du grand conseil, par patentes du 7 mai 1699. 
Il mourut à Malines, le 28 septembre 1707. 

1683. 

Messire Philippe du Jardin, chevalier, natif de Tour¬ 
coing, près la ville de Lille, succéda à Guillaume Ernest 
du Marteau, par patentes du 13 août 1683. Il devint aussi 
Conseiller et Procureur général du grand conseil, par patentes 
du 28 avril 1695, à la place de Jean Jacques de la Motte; 
mais à cause de son âge avancé et de ses infirmités, il 
s’en déporta, l’an 1706, et il mourut à Malines, l’année 1706, 
le 29 juin. 


1685. 

Messire Jacques Stalins, chevalier, seigneur de Pop- 
penrode, natif de la ville de Gand, étoit Conseiller au 
conseil de Flandres lorsqu’il fut retenu à l’état de Con¬ 
seiller et Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil, 
vacante par le décès de Pierre du Hot, par patentes du 
7 juillet 1685. Etant Vice-Président du même conseil, comme 
le plus ancien du Corps, il fut promu à la Présidence, 
par lettres patentes données de la part des puissances 
maritimes au nom du Roi Charles III, souverain des 
Païs-Bas, le 9 décembre 1707, et il mourut à Malines, le 
22 juillet 1714. 


1686. 

Messire Louis François de Spenray, chevalier, natif de 
Roeremonde, auparavant Conseiller au conseil de Luxem- 


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— 504 — 


bourg, succéda à Bernard-Alexandre van den Zype, par 
patentes du mois de septembre 1(580. 11 mourut d’apoplexie 
au conseil, le 23 juin 1690. 

1688. 

Messire Michel Constantin de Ruysschen, comte d’Elessem, 
seigneur de Bautersem, Marquette, Sevenplanque, Cray- 
niere, Ham, etc., natif de Malinos, auparavant Echevin- 
trésorier et Bourgemaître de la dille ville, devint Conseiller 
et Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil à la 
place do Jean de Scliore, par patentes du 14 février 1688; 
il fut appelé en Espagne, l’an 1699, pour y desservir l’état 
de Conseiller du conseil suprême de Flandres, auprès de 
la personne du Roi Charles II, d’où il retourna aux Pays-Bas, 
l’an 1702, ayant été pourvu par lettres patentes du Roi 
Philippe V, données à Naples le 2 juin de la même année, de 
l’état de premier Président du conseil d’Hainaut. Après la 
paix d’Utrecht, il fut dénommé l’an 1714, par S. M. Impé¬ 
riale et Catholique Charles VI, pour être un de ses Com¬ 
missaires au congrès de Lille, pour régler les limites 
avec ceux de la France. Il fut enfin dénommé, l’an 1718, 
par Sa dite Majesté, premier Conseiller et garde sceaux du 
conseil d’état, établi à Bruxelles la même année et il 
devint, l’an 1725, aussi Conseiller du conseil privé et 
Président de l’amirauté et de la jointe établie pour les 
affaires des monts de piété. Il mourut à Bruxelles, le 
21 mars, âgé de plus de 77 ans. 

1688. 

Messire Philippe Albert van Kerrenbroeck, chevalier, 
natif de Bruxelles, succéda à Hilaire van Werne, par patentes 


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- 505 — 


du 17 juillet 1688; il devint, l’an 1696, aussi Avocat fiscal 
à la place de François Colins, mais étant à la fin devenu 
Vice-Président du Conseil par ancienneté, il quitta la charge 
d’Avocat fiscal et décéda, l’an 1721. 

1688. 

Messire Norbert van Voorspoel, chevalier, natif de 
Malines, succéda à Guillaume de Gryspere, par patentes du 
17 juillet 1688; il fut dénommé, l’an 1711, Conseilller du 
conseil d’état commis au gouvernement général des Pays- 
Bas, par les deux puissances maritimes, gouvernant alors 
le dit pays, au nom de S. M. Impériale et Catholique. Lorsque 
l’an 1715, le susdit conseil d’état vint à cesser par le traité 
de Bavière conclu à Anvers par le comte de Koningsegg 
et les députés des Etats généraux le 15 novembre de la dite 
année, le Conseiller van Voorspoel retourna à sa place, qu’il 
avoit retenue, de Conseiller au grand conseil, et il mourut 
à Malines, dans un âge fort avancé, le 20 juillet 1722. 

1689. 

Messire Pierre Govaerts, natif de Turnhout, prêtre et 
Docteur en droits dans l’Université de Louvain, fut pre¬ 
mièrement Président du collège Malderi; il obtint, par nomi¬ 
nation, un canonicat dans la cathédrale de la ville de Bruges, 
lequel il permuta peu de tems après avec un autre canonicat 
de Saint-Pierre à Louvain. Il fut évoqué, 1689, de Louvain 
à Malines pour y desservir l’état de Conseiller ecclésiastique 
au grand conseil, à la place de François van de Venne, dont 
il fut pourvu par patentes du 21 mai de la même année 
1689. Peu de tems après, l’Archevêque de Malines, Humbert- 
Guillaume a Precipiano, le fit Juge sinodal et aussi Sous- 


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— 506 — 


Vicaire général. Vers la fin de l’an 1701, le Pape Clément XI 
le fit Vicaire général et apostolique du diocèse de Bois- 
le-Duc, à la place vacante par le trépas du docteur Martin 
Slcyaert, laquelle dignité il a desservie jusqu’à l’an 172G, 
lorsqu’il décéda à Malines, dans un âge fort avancé, le 
17 septembre 172G. (in den Brui.) 


1690. 

Messire Henri Bruitsma, chevalier, natif de Malines, 
d’une famille originaire de Frise, fut premièrement Greffier 
du grand conseil, par succession à son père, lorsqu’il devint 
Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire au même con¬ 
seil à la place de Hyacinthe Marie de Broeckhoven, par 
patentes du 9 juillet 1690. Il décéda à Malines, l’an 1703, 
le 1 er septembre. 


1690. 

Messire Pierre Jacques Van Heydenryck, chevalier, natif 
du pays de Gueldres, auparavant Echevin de la ville de 
Malines, succéda à Pierre Florent Van Thulden, par patentes 
du 9 juillet 1690. Il mourut à Malines, au mois de mars 
1711. 


1692. 

Messire Jean Seghers, chevalier, natif d’Anvers, suc¬ 
céda à Noël de Villenfaigne, par patentes du 25 janvier 
1692; il décéda à Malines, le 27 novembre 1711. 

1693. 

Messire Jean Thadée de Grouffe d’Erkelens, chevalier, 
natif de Bruges, ci-devant Echevin et Bourguemaitre du 


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— 507 — 


Franc de la dite ville, succéda à l’état de Conseiller et 
Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil, à la place 
de Jean de Monceau, par patentes du 3 décembre 1693. 
Il fut promu, 1717, à l’état de Conseiller ordinaire du 
conseil d’état commis au gouvernement général des Pays- 
Bas en retenant néanmoins sa charge de Conseiller du 
grand conseil jusqu’à l’an 1725, lorsque le conseil privé 
fut établi auquel il fut dénommé et employé. Il en a fait 
les fonctions jusqu’au 26 août 1727, jour de sa mort, arrivée 
à Bruxelles, pendant qu’il étoit dans un âge avancé. 

1693. 

Messire Jean Joseph de Vreven, chevalier, natif de 
Malines, succéda à Pierre Antoine Schoorman, en vertu des 
lettres patentes du 3 décembre 1693, il mourut le 22 février, 
âgé seulement de 52 ans. 


1694. 

Messire Corneille Janssens dit Hujoel, natif d’Anvers, 
étoit actuellement Echevin de la dite ville, dont il avoit 
ôté Bourguemaitre, l’an 1689. Il fut promu Conseiller et 
Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil, vacant par 
le décès de Jean Charles Roose, par patentes du 31 mars 
1694. Il mourut à Malines, le 24 juillet 1712. 

1695. 

Messire Josse Bernaerts, chevalier, natif de Bruxelles, 
ci-devant Conseiller du conseil de Gueldres, fut retenu à 
l’état de Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire du 
grand conseil, vacant par la mort de Jean Jacques de la 


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— 508 — 


Motte, par patentes du 19 mai 1095. Il trépassa l’an 1705, 
le 29 décembre. 


1696. 

Messire Honoré-Henri van der Haeghen, chevalier, 
succéda à Philippe François Colins, par patentes du 
7 novembre 1696. Il devint en après Conseiller du conseil 
d’état et fut évoqué à Vienne, au conseil suprême des 
Païs-Bas, d’où il revint avec la mercède de Chancelier du 
conseil de Brabant, à la place vacante par la mort de Guil¬ 
laume de Gryspere. Il décéda à Bruxelles, le.... 

1699. 

Messire Henri Chaboteau, chevalier, auparavant Con¬ 
seiller du couseil à Namur, succéda à Louis François de 
Spenray, par patentes du 20 juillet 1699. Il mourut l’an 
1707, le 15 juillet. 


1699. 

Messire Hubert de Tombeur, chevalier, succéda à Michel 
Constantin de Ruysschen, par patentes du 22 décembre 
1699. Il passa, l’an 1725, au conseil privé et il fut commis 
aux causes fiscales du même conseil. Il fut honoré de l’état 
de Conseiller du conseil d’état. Il mourut à Bruxelles, le... 

1704. 

Messire Christophore Ernest comte de Baillet, natif de la 
province de Luxembourg, Seigneur de Reekingen, Strassen, 
Munich, Bach, etc., étoit Conseiller au conseil de Luxem¬ 
bourg, lorsqu’il devint Conseiller et Maître aux requêtes 
ordinaire du Grand conseil, à la place d’Henry Bruitsma, 


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— 509 — 


par patentes du 2G janvier 1704. 11 obtint, l’an 1706, la 
charge de Conseiller Procureur général au même conseil 
à la place de Philippe du Jardin qui s’en étoit démis à 
cause de ses infirmités et pour son grand âge. Il fut 
promu à l’état de Président du grand conseil, vacante par 
la mort de Jacques Stalins, par patentes expédiées à Vienne 
le 15 août 1716. Il a ôté nommé Conseiller d’Etat, par 
patentes du 10 avril 1718, et peu de temps après, S. M. 
Impériale et Royale lui accorda la mercède et le titre de 
comte pour lui et ses descendants, par patentes datées 
de Vienne le 20 mars 1719. Il devint enfin Chef et Président 
du conseil privé, par patentes du 19 septembre 1725. Il 
mourut d’éthésie en la ville de Bruxelles, le 3 juin 1732. 

1706. 

Messire Alexandre Mathieu Ignace de Bcjrlen, natif de 
Namur, chevalier, seigneur d’Arbres, etc., auparavant Con¬ 
seiller et Procureur général au conseil de Namur, fut promu 
Conseiller et Maître aux requêtes ordinaire du grand conseil, 
à la place de Josse Bernaerts, par patentes du Roi Philippe V, 
du 20 mars 1706. Il mourut à Malines, le 15 novembre 1721. 

1706. 

Messire Guilliame François Gielis Hüjoel, chevalier, suc¬ 
céda à Jean Joseph de Vrevcn, par patentes du 8 avril 
1706. Il devint à la suite du temps Vice-Président comme 
le plus ancien du corps. Il mourut à Malines, le 5 juin 
1735. (in de pcperslrael.) 


1707. 

Messire Aimé Ignace de Coriache, Chanoine gradué et 
Archiprèlre de la métropole de Saint-Rombaut, à Malines, 


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— 510 - 


succéda comme Conseiller ecclésiastique au grand conseil 
à Louis Marie de Frarin, par patentes du 13 juillet 1707. 
Il fut membre du conseil d’état établi par les deux puissances 
maritimes de l’an 1713 pour le Gouvernement général 
des Pays-Bas. Il retourna à Malines, 1715, pour reprendre 
au grand conseil les devoirs de Conseiller ecclésiastique. 
Il mourut en la dite ville le 8 octobre 1731. (In de Iioeys- 
straet.j 


1707. 

Messire Joseph de Corte, natif de Bruges, chevalier, 
seigneur de Jonckershove, Terres, etc., auparavant pen¬ 
sionnaire de la dite ville, fut promu Conseiller et Maître 
aux requêtes ordinaire du grand conseil, vacant par la mort 
de Philippe du Jardin, par patentes du 3 juillet 1707. Il 
mourut à Malines, âgé de 74 ans, le 22 septembre 1723. 

1707. 

Messire Remy de Laury, natif de Gand, chevalier, aupa¬ 
ravant Bailli de Saint-Pierre de la dite ville, succéda à Henri 
Chaboteau, par patentes du 3 septembre 1707. Il devint 
depuis Conseiller et Procureur général en la place de Mes¬ 
sire Christophore Ernest de Baillet. Il mourut à Malines, 
l’an 1710, le 27 janvier. 


1707. 

Messire Albert Antoine de Lendicq, chevalier, natif de 
Bruxelles, fut pourvu de l’état de Conseiller et Maître aux 
requêtes ordinaire du grand conseil à la place de Jacques 
Stalins, par patentes du 30 décembre 1707. Il trépassa à 
Malines, le 10 décembre 1722. 


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— 511 - 


1711. 

Messire Jean Alphonse, comte de Coloma, succéda à 
Pierre Jacques van Heydenryck, par patentes du 13 novembre 
1711. Il devint Conseiller Avocat fiscal en la place d’Albert 
van Kerrenbroeck. Quelques années en après, il fut appelé 
à Vienne pour y desservir l’état de Conseiller régent du 
conseil suprême des Pays-Bas lès la personne de S.. M. 
Impériale et Royale. Il s’est acquitté quelques années de 
cet emploi, jusqu’à ce qu’il fut honoré, l’an 1732, de la 
charge de Chef Président du conseil privé. Il mourut à 
Bruxelles, le 5 janvier 1739. (In de Bleekslraet.) 


1712. 

Messire Auguste de Steenhout, chevalier, succéda à Jean 
Seghers, par patentes du 5 janvier 1712. Il obtint, l’an 
1725, une des places de Conseiller privé. Il fut en après 

fait Conseiller d’état, et l’an 1739, par la mort du comte 

de Coloma, il obtint la dignité de Chef et Président du 

conseil privé. Il mourut à Bruxelles, le ... janvier 1757. 

1712. 

Messire Pierre van Volden, chevalier, natif de Malines, 
auparavant Greffier du grand conseil, succéda à Etienne 
Corneille Janssens d’IIujoul, par patentes du 5 septembre 
1712. Il fut promu à la Présidence du même conseil, par 
patentes expédiées en la résidence de l’Empereur Charles VI, 
à Vienne, le 8 août 1720. Peu de temps après il obtint 
les patentes de Conseiller d’état. Il mourut à Malines, d’une 
suite d’apoplexie, le 9 juin 1738. (Op de Mellacn.) 


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— 512 — 


1716. 

Mcssire Jean Ferdinand Keijaerts, chevalier, aupara¬ 
vant Conseiller pensionnaire do la ville de Malines, suc¬ 
céda à Remydu Laury, non seulement à la place de Conseiller, 
mais aussi de Procureur général au grand conseil, par 
patentes du 27 juillet 1716. Il mourut à Malines, le 29 juillet 
1743. (op de Leegheyd.) 


1716. 

Mcssire Philippe Antoine de Beeckman, chevalier, sei¬ 
gneur de Vieusart, etc., succéda à Christophore Ernest 
de Baillot, par patentes du 21 septembre 1716. Il devint 
par ancienneté Vice-Président du conseil. Il mourut à Mali¬ 
nes, le 12 décembre 1740. (in de Voogtslraet.) 


1720. 


Messiro Jean François Courtois, chevalier, natif de la 
ville de Lierre, succéda à Jean Thadée de Grouffe d’Her- 
kelens, par patentes du 17 août 1720. Il mourut à Malines, 
le 30 août 1727. (achler de Halle.) 

1720. 

Messire Pierre François de Lassault, chevalier, natif de 
la province de Limbourg, auparavant Conseiller de la 
chambre supérieure et Juge du tribunal supérieur et sou¬ 
verain de la province de Limbourg, succéda à Hubert de 
Tombeur, par patentes du 17 août 1720. Il fut promu, Pan 
1727, Conseiller du conseil privé. Il mourut à Bruxelles, le 
4 septembre 1729. (in de Blcekstvaet.) 


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— 513 


1721. 

Messire Jean Baptiste Gabriel de Decker, chevalier, natif 
de la ville de Necuit (?), succéda à honoré Henri van der 
Haeghen, par patentes du 1" avril 1721. Il obtint, en 
avril 1726, l’emploi de Conseiller Avocat fiscal à la place 
de Jean Alphonse de Coloma; de là il. passa, en 1730, au 
conseil privé. Il mourut à Bruxelles. 

1721. 

Messire Charles Philippe Patin ou Pattijn, chevalier, 
natif de la chatellerie d’Ypres, seigneur de Langemarck, 
etc., succéda à Albert Van Kerrenbroeck, par patentes du 
8 avril 1721. Il fut promu au conseil privé en 1729. L’an 
1733, S. M. Impériale et Catholique Charles VI l’appela à 
Vienne pour Conseiller Régent au conseil suprême des 
Pays-Bas. Il a été envoyé au congrès de Soissons en 1728. 
Il vint au nom de S. M. au congrès d’Anvers, en 1739, 
et étant retourné à Vienne, la reine d’Hongrie et de Bohème 
lui conféra, en 1741, la charge de Président du conseil 
en Flandres avec la pension de 7000 florins par an. Il a 
obtenu, par décret du 21 décembre 1765 de fréquenter ou 
de s'absenter du conseil suivant que l’état de sa santé l’exi¬ 
gera. En 1771, étant devenu aveugle, M r de Reerse, Con¬ 
seiller des finances obtint la survivance de Président de 
Flandres. Il est décédé le 17 juillet 1773, âgé de 86 ans. 


1723. 

Messire Jean Henri Kahunn ou Khaun, chevalier, sei¬ 
gneur d’Igel, natif de Luxembourg, auparavant au conseil 
de la même province, succéda à Alexandre Mathieu Ignace 


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— 514 — 


de Burlen, par patentes du 30 janvier 1723. Il obtint, en 
l’an 17.., sa démission à raison de son infirmité et retenant ses 
gages et ses droits de rapports, il se retira à sa seigneurie 
d’Igel, province de Luxembourg, où il mourut, le 12 juillet 
1755. 


1724. 

Mcssire Jean O’Donogue, chevalier, natif d’Irlande, suc¬ 
céda à Nobert de Voorspoel, par patentes du 20 février 
1724. Il mourut à Malines, en l’an 1742, le 26 janvier, au 
matin. 


1724. 

Messire Pierre Claude Marie de Saint-Vaast, chevalier, 
seigneur d’Entergcm, natif de Gand, succéda à Albert- 
Antoine de Lendicq, par patentes du 20 février 1724. Il 
fut promu au conseil privé, par patentes du 29 décembre 
1739. Il obtint, l’an 17... la place de Chancelier du conseil 
en Gucldres et l’état de Conseiller d’état. Il mourut en la 
ville de Ruremonde, le 9 de mars 1767. Son corps fut 
transporté à Malines, pour être enterré dans l’église parois¬ 
siale de Notre-Dame. 


1724. 

Messire Charles Philippe Léopold Balthazar Waepenaert, 
chevalier, seigneur d’Erpe, du village d’Overmeire pays 
de Termonde, succéda à Joseph de Corte, par patentes du 
29 mai 1724. Il mourut au village de Sinaie au Pays de 
Waes, d’apoplexie, le 4 septembre 1725, à l’âge seulement 
de 45 ans. 


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— 515 — 


1725. 

Messire Charles Otté, chevalier, natif du village de 
Wetteren, au pays de Termonde, succéda à Alphonse de 
Coloma, par patentes du 31 décembre 1725. Il mourut en 
son lieu natal, le 23 décembre 1733. 

1726. 

Messire Juste Jacques Bervoet, chevalier, auparavant 
pensionnaire de la ville de Fûmes, succéda à Augustin 
de Steenhaut, par patentes du 1 er février 1726. Il passa 

en 1735 au conseil des finances et obtint le titre et rang 

de Conseiller d’Etat l’année 1750. Il fut promu à la Pré¬ 
sidence du conseil provincial de Namur, de laquelle il 
a fait sa démission, en l’an 1756, par agréation de S. M. 
laquelle lui conserva sa vie durant ses gages et pensions 

de neuf mille cinq cent florins par an. Mort en 17... 


1726. 

Messire Guillame de Potter, chevalier, auparavant Greffier 
de la ville de Nieuport, succéda à Pierre van Volden, par 
patentes du 19 juin 1726. A la promotion de Jean Baptiste 
Gabriel de Decker au conseil privé, il obtint, par patentes 
de l’an 1731, la charge de Conseiller Avocat fiscal, de 
laquelle il s’est démis, en 1743, en faveur de Jean Baptiste 
van Slabbeeck, en se réservant la place de Conseiller ordi¬ 
naire. Il est devenu Vice-Président du conseil par ancien¬ 
neté de promotion. Il est décédé à sa terre de Kerkhove, 
châtellerie d’Audenarde, le l r avril 1759. 

1726. 

Messire Ambroise Charles de Smet, natif du village de 


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516 — 


Lokeren, au pays de Waes, frère à l’Evêque deGand, Chanoine 
gradue de l’église Métropolitaine et Official du diocèse de 
Malines, succéda comme Conseiller ecclésiastique à Pierre 
Govaerts, par patentes du 2 novembre 1726. Il mourut à 
Malines, l’année 1750, le 18 juin. 

1727. 

Messire Eugène Joseph d’Olmen, baron de Poederlé, sei¬ 
gneur de la Court au Bois, succéda à Pierre François de 
Lassault, par patentes du 21 avril 1727. Il devint, l’an 1734, 
Conseiller du conseil privé et fut pourvu à la dignité de 
Président du grand conseil, par patentes du 13 mars 1739. 
Il obtint aussi le degré de Conseiller d’état. Il est mort 
à Malines, le 6 décembre 1756. Il fut enterré à Laeken, 
près de Bruxelles. 


1727. 

Messire Arnould Vermeulen, chevalier, natif de Malines, 
succéda à Jean François Courtois, par patentes du 12 no¬ 
vembre 1727; il mourut à Lille en Flandres, à la fleur de 
son âge, n’ayant que 32 ans, le 8 septembre 1730. 

1730. 

Messire Adrien Casselot, chevalier, natif de Bruxelles, 
succéda à Charles Philippe Pattyn, par patentes du 10 janvier 
1730, mais n’ayant fréquenté le conseil que douze fois, 
il vint à mourir à Bruxelles, le 24 juillet de la même 
année 1730, âgé seulement de 39 ans. 

1730. 

Messire Charles de Partz, chevalier, seigneur de la 
vicomté de Courtrai, originaire d’une ancienne noble famille 


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— 517 


d’Artois, natif de la ville de Grammont au Pays d’Alost, 
auparavant Substitut Procureur général du grand conseil, 
succéda à Adrien Gasselot, par patentes du 9 octobre 1730. 
Il mourut à Malines, l’an 175G, le 8 janvier. 

1730. 

Messire Guillaume Ignace Pijcke, chevalier, seigneur 
d’Idegem, natif de Gand, auparavant Secrétaire de la même 
ville, succéda à Arnould Vermeulen, par patentes du 
9 octobre 1730. Il fut évoqué au conseil privé, par autres 
patentes du 29 décembre 1739, et fut honoré de l’état de 
Conseiller d’Etat, par patentes dépêchées à Vienne le 
22 octobre 1749. Il obtint la dignité de Président du dit 
grand conseil, par lettres patentes du 5 mars 1757, expédiées 
à Vienne. Il décéda le 22 du mois do juillet 1773, âgé de 
84 ans; il est enterré à Saint-Pierre. Le Conseil en corps 
a assisté aux funérailles, célébrées le 29 du même mois 
en présence des principaux pères des couvents des Augustins, 
Capucins, Récollets, Dominicains, Grands-Carmes, Avocats, 
Procureurs, etc. 

1 1730. 

Messire Joseph Théodore Richterich, chevalier, natif 
d’Aix-la-Chapelle. Après avoir obtenu lettres de naturali¬ 
sation, succéda à Jean Baptiste Gabriel de Decker, par 
patentes du 20 novembre 1730. Il décéda à Malines, le 21 
janvier 1762. 

Le Conseil a assisté aux funérailles, célébrées le 1 er février 
en suivant à l’église paroissiale de Saint-Jean ; il fut enterré 
à Niele. 


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— 518 - 


1731. 

Messire Jean Baptiste Honij, natif de Bruxelles, Docteur en 
droits et Président du Collège du Roi en l’université de 
Louvain, succéda comme Conseiller ecclésiastique à Aimé 
Ignace de Coriache, par patentes du 5 décembre 1731; il 
fut depuis, en l’année 1745, nommé Evêque de Ruremonde, 
mais il refusa cette dignité. Il est mort à Bruxelles, le 
20 février 17G5, à dix heures du matin, après une absence 
du conseil de dix-neuf ans, à raison de ses infirmités. Enterré 
à Sainte-Gudule. 


1734. 

Messire Guillaume François Snoy, chevalier, seigneur 
d’Orsele, natif de Malines, auparavant Echevin de la dite 
ville, succéda à Charles Ottê, par patentes du 19 février 
1734. Il devint ensuite Vice-Président du conseil par ancien¬ 
neté de promotion ; mourut à Malines, le 11 juin 1773, 
d’une espèce d’hydropisie. Le conseil en corps a assisté 
aux obsèques, le 18 du même mois, à l’église paroissiale de 
de Saint-Jean. (Op de beesle merkt in het huis beicoont 
door zijnen zoon den baron.) 

1734. 

Messire Robert Hyacinthe Joseph Happaert, chevalier, 
d’une noble et ancienne famille, natif de la ville d’Anvers, 
auparavant Echevin de la ville de Bruxelles, succéda à Eugène 
Joseph d’Olmen, Baron de Poederlé, par patentes du 16 
avril 1734. Il quitta le consulat, l’an 1741, par agréation, 
du gouvernement et il retourna à Bruxelles pour faire la 
fonction d’Avocat en se réservant le titre de Conseiller. 
Il est mort à Bruxelles, le... 1756. 


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— 519 — 


1735. 

Messire Claude Joseph Soteau, chevalier, natif de la pro¬ 
vince d’Hainaut, auparavant pensionnaire de la ville de 
Malines, succéda à Guillaume François Gielis d’Hujoel, par 
patentes du 8 août 1735. Il mourut à Malines, le 20 octo¬ 
bre 1747; enterré à Saint-Pierre. 

1738. 

Messire Jean François Lamosnier, chevalier, natif de 
la ville de Tournay, succéda à Charles Philippe Léopold 
de Waepenaert, par patentes du 21 janvier 1738. Il est 
mort subitement en la ville de Malines, le 30 décembre 
1760. Le Conseil en corps a assisté à son enterrement et 
funérailles, le 1 de l’an 1761, à l’église paroissiale de 
Saint-Pierre. 


1738. 

Messire François de Meuldre, chevalier, natif de Soignies, 
succéda à Juste Jacques Bervoct, par patentes du 8 mai 
1738. Il est mort à Malines, d’une attaque d’apoplexie, le 
18 décembre 1762. Le Conseil en corps a assisté à son 
enterrement et funérailles, le 20 dito à l’église de Saints 
Pierre et Paul. 


1741. 

Messire Charles Thomas Caïmo, chevalier, natif de Bru¬ 
xelles, frère de l’Evêque de Bruges, succéda à Claude Pierre 
de Saint-Vaast, par patentes du 2 mai 1741. Il est mort 
à Malines, le 19 janvier 1761, d’une attaque d’apoplexie. 
Le conseil en corps a assisté à son enterrement et funé¬ 
railles, le 22 janvier 1761, à l’église de Saint-Jean. 


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— 520 — 


1741. 

Messire Jean B te van Slabbeeck, clievalier, succéda à 
Guillaume Ignace Pÿcke, par patentes du 30 juin 1741 ; 
il devint en après Conseiller Avocat fiscal à la place de 
Jean Guillaume de Potter. Il décéda à Malines, d’une 
attaque d’apoplexie, le 20 janvier 1767 ; il est enterré au 
chœur de Saint-Pierre où le conseil en corps a assisté à son 
enterrement et funérailles. (Woonde in de Bleekstraet J 

1741. 

Messire Gillis Streithagen, chevalier, natif de Louvain, 
auparavant Professeur en droits en l’université établie en 
la dite ville, succéda à Philippe Antoine Beekman, par 
patentes du 1 er août 1741 ; il fut évoqué au conseil privé, par 
patentes de l’an 1752 ; il a obtenu la charge de Chance¬ 
lier de Brabant, par patentes de l’an 1763, dont il a prêté 
le serment et pris possession le 8 de novembre de la même 
année. Il mourut à Bruxelles, le 5 mars 1769, vers les 
9 heures du soir, d’une violente attaque d’apoplexie. 

1741. 

Messire Pierre Joseph Deudon, chevalier, natif de Bruxel¬ 
les, auparavant Substitut Procureur général du grand conseil, 
succéda à Robert Hyacinthe Happaert, par lettres patentes 
du 16 octobre 1741. Il devint ensuite Vice-Président du 
conseil par ancienneté de promotion. Il décéda à Malines, le 
21 octobre 1781, à quatre heures de l’après-midi. Le conseil 
en corps a assisté aux obsèques, le 27 suivant à Saint-Jean. 
(Woonde in de Kerkhofstraet.) 

1742. 

Messire Jean Jacques Marci, chevalier, natif de la pro- 


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vince de Luxembourg, succéda à Jean O’Donnogue, par 
lettres patentes du 27 juillet 1742. Il décéda à Malines, le 
21 novembre 17G7, à dix heures du soir. Le Conseil en 
corps assista aux obsèrjues, le 26 du même mois, à l’église 
paroissiale de Sainte-Catherine. ( Woonde in de Peperstraet.) 

1744. 

Messire Charles Henri Goubau, chevalier, natif de Beve- 
ren, au Pays de Waes, succéda à Jean Ferdinand Keyaerts, 
par lettres patentes de l’an 1744. Il décéda à Malines, le 
16 du mois de novembre 1776, d’une goutte remontée. Le 
Conseil en corps assista à ses funérailles, célébrées le 22 du 
même mois, à l’église paroissiale de Saints-Pierre et Paul, 
âgé de 68 ans. (Woonde in de Voorstraet.) 

1749. 

Messire Nicolas Joseph Poupez, chevalier, natif de Burch 
en Hainaut, succéda à Claude Joseph Soteau, par patentes 
du 17 décembre 1749. Il mourut à Malines, d’hydropisio, 
le l r janvier 1779, âgé de... (Demeurait dans la rue du 
Brui.) 


1750. 

Messire Jean Charles Waepenaert, chevalier, seigneur 
d’Erpe, natif de Malines, fils de Charles Philippe Léopold 
Balthazar, succéda à Ambroise de Smet, Conseiller ecclé¬ 
siastique, à raison qu’aucun ecclésiastique s’est présenté 
pour obtenir la place vacante, la collation à ce défaut a 
été faite par patentes du 7 février 1750 et immédiatement 
après il a aussi obtenu la place de Procureur général, 
vacante par le trépas de Claude Joseph Soteau, par pa- 


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— 522 — 


tentes du 18 du mois de mars de la même année 1750. 
Le Conseiller Waepcnaert a obtenu sa démission de Pro¬ 
cureur général, par lettres de Son Altesse Royale, le Gou¬ 
verneur Général de ce Paijs, datées de Bruxelles, le IG 
juillet 1761, à charge d’en continuer l’exercice jusqu’à ce 
que sa dite Altesse Royale lui auroit nommé un succes¬ 
seur, laquelle place de Procureur général fut conférée à 
Henri-Théodore-Jean Jacobs du 24 août 1761 ; il devint ensuite 
Vice-Président du conseil par ancienneté de promotion, et 
en 1794, Conseiller d’Etat. Décédé à Malines, le 16 mars, 
1797. (Demeurait rue de la blanchisserie dans la maison 
actuellement de M. Cannaert.) 

1753. 

Messire Ignace Joseph Wirix, chevalier, natif de Louvain, 
succéda à Gilles Streithagen, promu au conseil privé Tannée 
1752, mais qui n’est entré qu’au mois de mars de Tannée 
suivante. Par patentes de Tan 1753 du mois de juillet il 
a obtenu la place d’Avocat fiscal, vacante par la démission 
du Conseiller de Villers, par patentes du 9 septembre 1757. 
Il prêta son serment le 25 du môme mois. Décédé à Malines, 
le 30 août 1791 et enterré en le cimetière hors la ville. 
Le Conseil en corps a assisté à ses obsèques à Saint-Pierre. 
( Woonde op het vlietjen in liel liuys bewoont door den hccr 
Devivier, receveur.) 


1755. 

Messire François Louis van Goethem, chevalier, natif du 
Paijs de Waes, succéda à Henri Kahunn par patentes du 
18 décembre 1755; il est mort le 8 octobre 1757, vers les 
trois heures du matin. Il est enterré en l’église métropo¬ 
litaine de Saint-Rombaut. 


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— 523 — 


1756. 

Messire Ilenri-Tliéoclore-Jean Jacobs, chevalier, natif do 
Turnhout, auparavant Echevin de la ville de Bruxelles, 
succéda à Charles de Partz, par lettres patentes du douze 
avril 1756. Le Conseiller Jacobs obtint la place de Procureur 
général vacante par la démission du conseiller Waepenaert 
et ce par patentes du 24 août 1761. Il prêta son serment 
entre les mains du Président, le 22 septembre en suivant. 
Il est mort à Turnhout, lieu de sa naissance, le 18 juin 
1767, à sept heures du matin, âgé de 43 ans. 

1758. 

Messire Félix-Guillaume-Antoine Brenart, natif de Lou¬ 
vain, Doïen de l’église collégiale de Saint-Gommaire à Lierre 
en Brabant, fils de Jean-Antoine Brenart, Docteur en droits 
et Professeur primaire de l'université de Louvain, Ecuïer 
seigneur de Gorbceck et de D me Marie Constance Malcorps, 
succéda à la place de Conseiller ecclésiastique, vacante 
depuis la mort d’Ambroise Charles de Smet et ouvert par 
le trépas de Louis François van Goelhem, par patentes du 
26 janvier 1758. Il prêta son serment et prit possession de 
sa charge le 14 du mois de février en suivant et fut nommé 
au mois de février 1777 Evêque de Bruges et sacré à Malines 
le jour de Saint-Pierre, par l’Archevêque de Frankenbergh 
et prit possession à Bruges, le 3 du mois d’août en suivant. 
En 1794 avec la révolution de Franco, il s’est émigré du 
côté du Rhin, où il est décédé d’une hydropisie le 26 octobre 
1794 ('). (A demeuré rue de la Blanchisserie). 


(1) Décédé dans la ville d’Anholt en Westphalie. 


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— 524 — 


1759. 

Messirc Jean Dominique Joseph Vriesen, natif de la ville 
de Diest en Brabant, Avocat au grand conseil et Conseiller 
pensionnaire de la ville de Malines, fils de Walthère Vriesen, 
Colonel au service de S. M., Gouverneur de la dite ville de 
Diest, et de D ,ne Isabelle Gruloos, succéda à Jean Guillaume 
de Potier, par patentes du 7 juin 1759. Il prêta son serment 
entre les mains du Président, le 11 du même mois et prit 
possession de sa charge le 18 en suivant. Il décéda à Malines, 
le 25 mai 1792. Enterré au cimetière hors la ville. Le 
conseil assista à ses obsèques à Saint-Jean. (Woonde op de 
Veemarht in het kuys bewoonl door den baron Steenhaut.) 

1761. 

Messire Joseph Wiro de Bors, natif de la ville de Rure- 
monde, duché de Gueldrcs, Conseiller au conseil de Luxem¬ 
bourg, fils d’Eugène-Joseph de Bors, aboveru (?) ecuïer et 
de D me Hélène Françoise de Groote, succéda à Jean Fran¬ 
çois Lamosnier, par patentes du 17 mars 1761. Il prêta son 
serment entre les mains du Président le 6 du mois d’aoùt 
1761 et prit au conseil le jour même, possession de sa charge. 
Mort à Malines, le 17 juillet 1770. Il est enterré dans l’église 
paroissiale de Saint-Pierre le 20 du même mois. Les membres 
du conseil en corps ont assisté à son enterrement et au 
service divin. (Woonde in de Voorslrael.) 


1761. 

Messire Daniel Servaes, natif de la paroisse et franchise 
de Saint-Amand sur l’Escaut, Conseiller, Avocat fiscal au 
conseil de Flandres, fils de Gilles Servaes et de Marie de 


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— 525 - 


Boeck, succéda à Charles Thomas Caïmo, par patentes du 
20 avril 1701. Il prêta son serment entre les mains du 
Président, le 24 du mois de juillet de la même année et 

11 prit au conseil, le même jour, possession de son emploi. 
Mort à Malines, le 25 avril 1777, et enterré dans l’église 
de Saint-Jean. Le conseil en corps a assisté à ses funé¬ 
railles. ( Woonde in de Blcekslraet, in hel huys bewoont 
door Mevrouw van der Gracht.) 

1762. 

Mcssire Gillis de Cocq, natif de la ville de Malines, 
Avocat au grand conseil et Substitut du Procureur général, 
succéda à Joseph Théodore Richterich, par patentes du 

12 avril 1762. Il prêta son serment entre les mains du 
Président, le 19 du môme mois. Il prit le même jour 
possession de son emploi; il a fait une absence du con¬ 
seil environ de sept années, à cause de ses infirmités, 
en tirant cependant la présence comme s’il auroit fréquenté 
le conseil, la moitié dans une chambre et l’autre moitié 
de sa présence en l’autre chambre. Il mourut à Malines, 
le 20 du mois de juin 1784. (Woonde agter de Halle in 
de achlcrpoort van Groenendael herberg.) 

1763. 

Messire Godefroid Gaspar Tackorn, écuïer, natif de la 
ville de Liège, duement naturalisé par patentes de S. M. 
l’Impératrice, Reine apostolique, et Avocat du grand con¬ 
seil, succéda à Jean François de Meuldre, par patentes du 
9 février 1763. Il prêta son'serment entre les mains du 
Président le 16 du même mois et prit le lendemain pos¬ 
session du consulat. Mort à Malines, le 5 mai 1788. Le 
conseil en corps assista à ses funérailles, célébrées dans 


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— 526 — 


l’église de Saint-Pierre, le 9 mai suivant. (Woondc op de 
lecgheyd in het huys bewoont door den hcer Tuerlings.) 

1765. 

Messire Jacques de Partz, originaire d’une famille noble 
d’Artois, natif de la ville de Grammont, pays d’Alost, fils 
de Jacques Octave de Partz, écuïer, et de Dame Anne 
Catherine Walkiers, Chanoine gradué noble de la métro¬ 
pole de Malines et Secrétaire actuel de l’Archevêque, 
succéda comme Conseiller ecclésiastique à Jean B 115 Honij, 
par lettres patentes du 22 mai 1765. Il prêta son serment 
entre les mains du Président le 12 de juin ensuivant et prit 
possession le lendemain du matin. Il devint ensuite Prévôt 
de la métropole de Saint-Rombaut. Il décéda le 24 décem¬ 
bre 1781. Le conseil en corps assista à son enterrement 
et au service divin célébré en la métropole de Saint-Rom- 
baut. ( Woondc in de Augustyne slraet in het huys bewoont 
door den advocaet de Pauw.) 

1767. 

Messire Henri Joseph de Villers, écuïer, natif de Lou¬ 
vain, Avocat au grand conseil, fils de Servais-Augustin 
de Villers, Docteur primaire et Médecin dans l’université 
de Louvain, et de Dame Marie-Elisabeth de Ravive, suc¬ 
céda à Jean B‘” van Slabbecck, par patentes du 11 mars 
1767. Il prêta son serment entre les mains du Président 
le 18 du même mois et il prit le même jour possession 
de son emploi. Il obtint la place d’Avocat fiscal de S. M., 
vacante par la mort du Conseiller Slabbeeck, et prêta le 
serment y afférant le 23 de juin ensuivant, et le même jour 
il a ôté mis par le Président en possession de cet emploi 
dont il obtint sa démission le il février 1771, par décret 


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— 527 — 


en laquelle succéda Ignace-Joseph Wirix, par patentes du 
9 septembre en suivant. Ensuite succéda pour Fiscal le 
Conseiller de Stassacrt. Celui-ci étant promu à la Prési¬ 
dence de Namur, succéda pour Fiscal le Conseiller Gou- 
beau. Mourut à Malines, le 29 septembre 1818. (Woonde op 
de hairgracht nu bewoont door den heer de Villers.) 

1767. 

Messire Henri Chrétien Diu, natif de la ville de Gram- 
mont, pays d’Alost, Substitut du Procureur général et Avocat 
au grand conseil, fils de l’avocat Chrétien Diu et de D lle Marie 
van Bouchout, succéda à Henri-Théodore-Jean Jacobs, par 
patentes du 19 août 1767. Il prêta son serment entre les 
mains du Président, le 3 septembre en suivant et le 22 du 
même mois il prit au conseil possession de son emploi. 
Il a obtenu la place de Conseiller Procureur général, va¬ 
cante par la mort de Jacobs, par patentes du 19 octobre 
1767. Il prêta son serment le 5 novembre en suivant. Décédé 
en Allemagne, étant émigré à cause de la révolution fran¬ 
çaise. (Heeft gewoonl in de Koeystracl in liel huys bewoont 
door M. Wauters.) 


1768. 

Messire André Kerens, natif de la ville de Maastricht, 
duement naturalisé par patentes de S. M. l’Impératrice Reine 
Apostolique, Avocat au grand conseil et Fiscal de la cour 
spirituelle, succéda à Jean Jacques Marci, par patentes du 18 
février 1768. Il prêta serment entre les mains du Président, le 
1 er du mois de mars en suivant et le 2 du même mois il 
a été mis en possession de son emploi. Il décéda à Lou¬ 
vain, le 28 juin 1781. Le conseil en corps assista aux obsèques 


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le 7 juillet suivant dans l’église paroissiale de Saint-Pierre. 
(Heefl gewoont in de Blcekslraet nu bewoonl door M. Van 
Velde. Begraven in de choor van Sint-Quinlus toi Loven .) 

1770. 

Messire Philippe Joseph Rogez, natif de la châtellerie 
de Lille, Conseiller du conseil de Namur, succéda à Fran¬ 
çois-Joseph Wiro de Bors, par patentes du 29 octobre 1770. 
Il prêta le serment entre les mains du Président, le 8 du 
mois de novembre en suivant et le 13 du même mois, il 
a pris possession les deux chambres assemblées. Il décéda 
à Malines, le 14 du mois de juin 177G. Le conseil en corps 
assista à ses funérailles, célébrées à Sainte-Catherine. Il fut 
seulement âgé de 45 ans. Il fut selon son ordonnance 
enterré au cimetière de l’église paroissiale de Sainte-Cathe¬ 
rine en la dite ville. (Heeft gewoont in de Schoulelh stract.) 


1773. 

Messire Jean Mathias Ludovisi d’ORLEY, du duché de 
Luxembourg, auparavant Avocat et Substitut Procureur 
général du grand conseil, ensuite Conseiller du conseil de 
Luxembourg et Commissaire de Son Altesse Royale pour 
la ville d’Aix-la-Chapelle, succéda à Guillaume François 
Snoy, par patentes du 4 octobre 1773. Il prêta le serment 
entre les mains du Conseiller Deudon, Vice-président, le 
23 décembre de l’année 1773. Il prit possession de son emploi 
le 7 janvier 1774. Il décéda le 20 du mois de juin 1793. 
Il fut enterré au cimetière hors la ville, son corps fut 
transporté de son domicile au cimetière à cause de la pesan¬ 
teur, grosseur et grandeur du cercueil. 


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1776. 

Messire Jacques-Joseph-Augustin Stassart de Noirmont, 
natif de Namur, Avocat au grand conseil de S. M. Impériale, 
succéda à Philippe-Joseph Rogez, par patentes du 3 sep¬ 
tembre 1776 et prêta serment entre les mains du Président, 
le 18 du même mois, et prit le même jour possession de 
son emploi. Il obtint la place de Conseiller Avocat fiscal 
par la démission du Conseiller Wirix, par patentes du 
9 février 1778 et prêta le serment y afférant le 20 suivant. 
Le 6 mars 1789 le Conseiller fiscal de Stassart fut fait 
Président du conseil de Namur en la place de son père 
qui avoit obtenu sa retraite. (Heeft gewoont in de Kerk- 
hofstraet nu bewoonl door M. Rotiei's.) 

1776. • 

Messire Jean Baptiste Nicolas van der Fossen, natif de 
Fûmes, auparavant Pensionnaire de la ville de Malines, 
succéda en cas d’absence, au Conseiller Servaes, par patentes 
du 3 septembre 1776. Par décret de la cour du 20 novembre 
suivant, il succéda à Charles Henri Goubau. A la suppres¬ 
sion du grand conseil en 1787 il fut nommé Conseiller du 
conseil suprême à Bruxelles. Enfin, après le rétablissement 
des affaires, il devint Conseiller du conseil privé dont il 
démissionna en 1793. (Heeft gewoont in de Roeyslraet, in 
hel huys ran Mevrouui Respani.) 

1777. 

Messire Martial Joseph Louis delà Veilleuse de l’Hove, 
natif de Lessines, près d’Ath, Avocat au grand conseil 
ayant été dénommé pour le Consulat avec de Stassart et 


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- 530 — 


Von dcr Fossen, obtint la survivance du Conseiller Servaes, 
par patentes du IG février 1777. Il prêta son serment, le 
21 du même mois, entre les mains du Président les deux 
chambres assemblées. Le 25 avril en suivant le dit 
Servaes vint à décéder, alors il fut affirmé aux rapports 
en novembre 17S2 et promu au conseil privé et aux causes 
fiscales à la place de ... qui avoit obtenu sa démission à 
cause de son âge. Décédé à Bruxelles, le ... (Ileeft ge- 
icoont in de Blokstract in het huys van Mevrouw van 
dei' Gracht.) 


1777. 

Messire Léopold-François-Xavier-Antoine de Laing, natif 
de Luxembourg, Avocat et Substitut du Procureur géné¬ 
ral du grand conseil, ayant été dénommé dans les trois 
séculiers pour remplacer la place de Conseiller, vacante 
par la promotion de Brenart à l’Evêché de Bruges, et 
ayant aussi eu trois ecclésiastiques dénommés, de Laing 
succéda, par patentes du 3 décembre 1777, et prêta son 
serment entre les mains du Président le 17 du même mois 
les deux chambres assemblées et prit possession de son 
emploi le 22 en suivant. Retiré en Allemagne avec la 
révolution française. (Woonde in de Blcclistract.) 

1779. 

Messire Jean B le van Velde, chevalier, natif de Bruxelles, 
Grand Chanoine de la métropole de Malines, succéda comme 
Conseiller ecclésiastique à Nicolas Joseph Poupez, par 
patentes du 22 mars 1779. Il prêta serment, le i ,r avril 
en suivant, après la mort du Conseiller ecclésiastique de 
Partz, Prévôt de la métropole, van Velde y succéda et 


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— 531 — 


prit possession le 16 août 1782. Promu au conseil royal 
du Gouvernement pour le département des fondations 
pieuses du 15 janvier 1787. Le 20 janvier 1791 le dit van 
Velden est revenu reprendre la place de Conseiller ecclé¬ 
siastique au grand conseil, et en 1793, il fut promu à 
l’Evêché de Ruremonde. (Woonde in de Pepcrstraet in 
’l huys nu beivoont door de Princesse van Grimbci'gen.) 

1783. 

Messire Jacques François Joseph Ghison, natif de Quié- 
vrain, Avocat du grand conseil, succéda à Pierre Joseph 
Deudon, par patentes du 5 février 1783, sans préjudice du 
pas et de l’ancienneté accordé au Conseiller Timmermans 
par la dépêche de S. M. du même jour. Il prêta serment 
entre les mains du Président, le 18 du même mois, et le 
même jour il prit possession de son emploi les deux cham¬ 
bres assemblées. (Woonde in de Roeyslraal by den heer 
Barlet.) 


1783. 

Messire Jacques-François Douglas, dit Schott, natif de 
Segeden en Hongrie, déclaré habile de pouvoir desservir, 
toutes offices et jouir de tous privilèges dont ceux de 
Malines jouissent, par décret de S. M. du 19 juillet 1766. 
Substitut du Procureur général, par lettres patentes du 18 
janvier 1778, succéda à Martial-Joseph-Louis de le Veilleuse. 
Promu au consulat du conseil privé, par patentes du 5 
février 1783, aussi sans préjudice de la préséance accordée 
au Conseiller Timmermans par la susdite dépêche de S. 
M. du dit jour èt prêta son serment entre les mains du 
Président, le 18 du même, et le même jour il prit posses- 


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— 532 — 


sion do son emploi, les deux chambres assemblées. Décédé 
à Malincs, le 2 septembre 1S10. Ses obsèques furent célé¬ 
brées en l’église de Saint-Jean. (Woonde in de Koeyslraet.) 


1783. 

Messire Pierre-Henri Timmermans, natif de Ruremonde, 
né en 1725, et Conseiller du conseil de Gueldres depuis 
1778, succéda à André Rerens, par patentes du 19 janvier 
1783, ayant le pas de l’ancienneté sur deux précédens Con¬ 
seillers, par la dépêche de S. M. du 5 février 1783. Il 
prêta son serment entre les mains du Président, le 28 du 
mois de février 1783, et prit possession de son emploi, le 
même jour les deux chambres assemblées. Il est mort subi¬ 
tement à Bruxelles, étant en révision au conseil de Brabant 
du Prince de Robecq contre Gusman, le 19 mai 1784. 
(Heeft geicoonl in de Blokstraet, in fiel huys nu bewoont 
door Mevrouw van der Gracht.) 

1783. 

Messire François van Voi.xem, natif de Bruxelles, Prêtre 
et Professeur en droit canon à l’université de Louvain, 
succéda comme Conseiller ecclésiastique à Hyacinthe-Jean- 
Jacques de Partz, par patentes du 23 juin 1783. Il prêta 
serment entre les mains du Président, le 30 du même 
mois les deux chambres assemblées, et prit le même jour 
possession de son emploi. S’étant émigré en juillet 1794 
au sujet de la révolution française, il décéda à Wurtzbourg, 
le 14 juillet 1795. ( Woonde in de Augustynenstract.) 


1783. 

Messire Thomas-Joseph Cottin, chevalier, natif de Binche 
en Hainau, Avocat au grand conseil, fut pourvu de la place 


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— 533 — 


de Conseiller et Maître aux requêtes surnuméraire pour 
suppléer aux fonctions du Conseiller de Cocq, par patentes 
du 23 juin 1783. Il prêta le serment entre les mains du 
Président le 30 du même mois, et prit possession le même 
jour les deux chambres assemblées. Il décéda à Malines, le 
2 février 1792. Enterré hors la ville, au cimetière. Le Con¬ 
seil en corps assista aux funérailles dans l’église paroissiale 
de Saint-Jean. ( Woonde in de Kocystraet , over den Berg van 
Bermertigheyd.) 


1788. 

Messire Jean-Louis-Joseph Poupez, natif de Malines, 
Avocat au grand conseil, succéda à Gilles de Cocq, par 
patentes données à Vienne et signées de l’Empereur et Roi, 
le 25 février 1788. Il prêta le serment entre les mains du 
Président, le 19 mars 1788, et prit possession le 4 avril sui¬ 
vant, les deux chambres assemblées. Il parvint au conseil 
privé au mois d’avril 1794. Il décéda le 27 juin 1817 d’une 
attaque d’apoplexie, à sa campagne dite Plankendael, au vil¬ 
lage de Muysen, où il fut enterré. (Hecft gewoond in de 
Voorstraet , in het huys daar de Minderbroeders gewoond 
hebben. ) 


1788. 

Messire Melchior-Joseph-François Goubau, natif de Mali¬ 
nes, Avocat au grand conseil et Juge des domaines, succéda 
à Jean-Baptiste Van Velde, promu au conseil royal du 
Gouvernement pour le département des fondations pieuses, 
par lettres patentes données à Vienne et signées par l’Em¬ 
pereur et Roi, le 25 février 1788. Il prêta le serment entre 
les mains du Président, le 19 mars 1788. Il prit possession 


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— 534 — 


de son emploi le 4 avril suivant, les deux chambres 
assemblées. Au mois de mars 1789, il fut promu à la place de 
Fiscal, à la place du Conseiller Slassart, promu à la Prési¬ 
dence de Namur. Devint ensuite Chambellan de S. M. 
Ensuite émigré à Vienne au sujet de la révolution de France. 
Il décéda à La Haye, le 20 janvier 1836. (Heeft geicoont 
in de Voorstraet in het hof van lloogstracten.) 

1788. 

Messire François-Alexandre de Steenhaut, natif d’En- 
gien ou Vollezeele en Hainau, Avocat au grand conseil 
et Substitut du Procureur général, succéda à Gaspar- 
Godefroid Taekoen, par patentes données à Pesth, en Hon¬ 
grie, le 26 novembre 1788, signées de l’Empereur Joseph II. 
Il prêta serment, le 23 décembre suivant, les deux cham¬ 
bres assemblées. Il s’est émigré en Allemagne au sujet de 
la révolution française. (Woonde in de Kerkhofstraet.) 

1789. 

Messire Antoine Reniers, natif de Louvain et premier 
de l’universitô en philosophie. Pensionnaire de la ditte 
ville de Louvain, succéda à de Stassart, par patentes du 
19 juin 1789, et prêta serment le 15 suivant. Mort à Bru¬ 
xelles le ... (Woonde op de Lange Hairgracht , in het 
groot huys van Coenen.) 


1792. 

Messire Denis-François Boujoz, natif de la ville de 
Marche en Famenne, pays de Luxembourg, Avocat au grand 
conseil, succéda à Wirix, par patentes du 3 janvier 1792. 
Il prêta le serment le 16 février suivant, les deux cham- 


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— 535 — 


bres assemblées. Décédé en Allemagne, par la révolution 
de France, en la ville de Francfort sur le Mein, au mois 
de mai 1799. (Woonde op de W'olle Merkt.) 


1792. 

Messire Jean-Bernard de Guchtenere, natif de Boek- 
houte (sic), Avocat au conseil de Flandres, succéda à Thomas- 
Joseph Cottin, par patentes du 14 mai 1792, et prêta serment 
le 19 septembre suivant. ( Woonde aan de Veemerkt.) 

1793. 

Messire François-Dominique d’Hoop, Avocat au conseil 
de Flandres et Actuaire des Etats de la dite province, 
succéda à Dominique Vriesen, par patentes du ... Il prêta 
serment le 18 juin 1793,les deux chambres assemblées. Décéda 
à Gand, où il s’étoit retiré par la révolution française. (Heeft 
gewoont in het huys van M w Respani, in de Koeystraet.) 

1793. 

Messire Guillaume van Cutsem, premier de l’université 
de Louvain, Professeur et Diacre en droits, succéda à 
Jean-Mathias de Ludovisi, par lettres patentes du 7 sep¬ 
tembre 1793. Il prêta serment le 5 octobre suivant, les 
deux chambres assemblées. Il devint ensuite du corps 
législatif à Paris et puis Président du Tribunal criminel 
à Anvers. (Heeft gewoont in de Augus/yne straet.) 


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LISTE 


des Substituts du Procureur Général (‘) de Sa Majesté 
prés du grand conseil, depuis son institution à Malines, 
le 22 janvier 1503 ( a ). 


1503. 

1. — Pierre Midy: Substitut en 1503 (vieux style). 

2. — Philippe Doublet : Substitut le 26 juin 1535, donna 
sa démission le 31 août 1543. 

3. — Jean de Marques: Licencié en droit, Substitut par 
lettres patentes données à Louvain le dit 31 août 1543; 
donna sa démission en faveur de Christian Boisot, son 
gendre, dont la note biographique suit. 

4. — Christian Boisot: Avocat près du grand conseil. 
Substitut par lettres patentes données à Bruxelles, 4 sep¬ 
tembre 1501; prêta serment le 4 octobre suivant. 


(1) Jean du Bois était Substitut du Procureur général près du grand con¬ 
seil sous le duc Pbilippe-le-Bon. 

Pierre Durée fut du Parlement institué à Malinos en 1473. 

(2) Traduction de M. J. Diercxsens, de Turnhout. 


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5. — Jean Martini: Docteur en droit, nommé Substitut 
au décès de son prédécesseur, par lettres patentes données 
à Bruxelles le 29 septembre 1505; prêta serment le 9 
octobre suivant. Il devint: Greffier du même conseil, par 
lettres patentes du 23 avril 1583; Conseiller et Procureur 
général, par lettres patentes du 18 février 1580; Maître aux 
requêtes du conseil ordinaire, par lettres patentes du 22 
juin 1590, lesquelles le déchargèrent également à raison de 
son grand âge et de son état de santé, des fonctions de 
Procureur général. 

Jean Martini mourut le 23 février 1604 et fut enterré 
dans la grande nef de Saint-Rombaut, près do sa femme, 
Catherine Van dcr Scliueren, décédée le 5 janvier 1002. 
(Une inscription fut mise sur leur pierre tombale.) 

6. — Jean de Ceermez : en 1578, Pensionnaire de la ville 
et district ou juridiction de Malines, sous l’obéissance de 
Sa Majesté très Catholique; fut nommé Substitut (en rem¬ 
placement du précédent), par lettres patentes du 30 décembre 
1583, et prêta serment le 27 février 1584. 

Il mourut le 13 février 1013 et fut enterré dans la grande 
nef de Saint-Rombaut, près de sa femme, Catherinede Schiers, 
et de leur fils Guillaume, décédé le 10 août 1003. (Une 
inscription fut mise sur leur pierre tombale.) 

7. — Martin de Sévilla: Avocat près du grand conseil 
en 1002, nommé Substitut (en remplacement de Jean de 
Clermez), par lettres patentes données à Bruxelles le dernier 
jour de février 1013; prêta serment le 14 et selon d’autres 
le 4 mars suivant. 

Il devint: Conseiller et Avocat fiscal (en remplacement 
de Otto Hactius, son beau-père), par lettres patentes du 


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- 538 - 


22 mars 1622; Maître aux requêtes et Conseiller ordinaire 
du même grand conseil, par lettres patentes du 27 juin 1033. 
Martin de Sévilla mourut le 18 décembre 1644. 


8. — Pierre Baert : Seigneur de Berentroode (par relief, 
à la cour féodale du Brabant de la Seigneurie de Malines, 
donné le 21 août 1627); nommé Substitut (en remplacement 
du précédent), par lettres patentes de l’Archiduchesse Isabelle- 
Clara-Eugénie, données au nom du Roi, à Bruxelles, le 
21 avril 1622; prêta serment le 10 mai suivant. 

Il ne vivait plus le 29 octobre 1643, lorsque sa veuve, 
Marguerite van Cauwenhove, abandonna le prédit relief de 
Berentroode au profit de ses enfants. Pierre Baert étoit le 
fils aîné de: Arnold Baert, Docteur en droit, seigneur de 
Berentroode (sous Bonheyden), par acte de reconnaissance 
du 6 juillet 1596 de la dite cour féodale, Conseiller près 
du grand conseil, et de Jeanne des Marès, deuxième femme 
de Arnold Baert. 

9. — Jean Baptiste Stalins : Avocat près du grand con¬ 
seil, Substitut, puis Pensionnaire de la ville et district ou 
franchise de Malines. 

10 — Jean Bleuwaert: (francisé Bleuart) nommé Sub¬ 
stitut (en remplacement de J. B. Stalins) en 1645, devint 
Conseiller près du grand conseil, par lettres patentes du 
23 juin 1619. Il mourut le 12 janvier 1660 et fut enterré 
à la chapelle de N.-D. dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul ; 
près de lui l’on déposa plus tard sa femme, Catherine van 
den Putte, qui est décédée le 19 juin 1661. (Une inscription 
fut mise sur leur pierre tombale.) 


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— 539 — 


11. — Jean de Lansheere: nommé Substitut (en rem¬ 
placement du précédent) le 2 septembre iC49, Conseiller 
près du grand conseil, par lettres patentes du 2 septembre 
1651. Il mourut le 28 mars 1656. Jean de Lansheere était le 
fils de Maillard de Lansheere, également Conseiller près 
du grand conseil, par lettres patentes du 8 avril 1616, 
décédé le 23 juillet 1626 ; et de Marguerite de Zwarte. 
Ils reposent tous les trois, dans le grand chœur de l’église 
Saint-Pierre et Saint-Paul. (Une inscription fut mise sur 
leur piei're tombale.) 

12. — Jean de Monceau: né dans les dépendances de 
l’abbaye de Heylissen, près de Tirlemont, le 27 avril 1609; 
Avocat près du conseil de Brabant vers 1638 et près du 
grand conseil, par admission du 5 décembre 1639, nommé 
Substitut (en remplacement de Jean de Lansheere), par 
lettres patentes du 4 décembre 1651, prêta serment le 3 jan¬ 
vier suivant. 

Il devint Conseiller près du grand conseil, par lettres 
patentes du 10 décembre 1663 et prêta serment le 15 de 
ce même mois. 

Jean de Monceau mourut le 3 juillet 1693 et fut enterré 
dans le grand chœur de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul. 

Selon ses dernières volontés, consignées dans l’acte du 
22 octobre 1693, passé devant le notaire J. van Dyck de 
cette ville, ses enfants fondèrent un grand anniversaire, 
suivi de psaumes et du miserere, à dire sur sa tombe tous 
les vendredis, à 7 heures du matin. 

Son oncle paternel, Jean de Monceau, ôtait né à Hannut 
en 1569 et fut primus de l’université de Louvain en 1586, 
et après être rentré dans la Compagnie de Jésus, il mourut 
à Namur, le 28 octobre 1651. 


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540 — 


Son onde maternel, Jean Bernard (dit Braze) ôtait le 15 me 
abbé de l’abbaye de Heylissen, par élection de 1588. Il avoit 
en comme prédécesseur dans cette dignité son oncle, Œgide- 
Bernard Braze, né à Lens-Saint-Gervais, qui était devenu, en 
1557, le 13 ,ne abbé de Heylissen. Celui-ci se retira plus tard 
à Léau, vu les troubles du pays et mourut empoisonné, le 
10 novembre 1581 (et non pas en 1582), ayant pris une 
substance administrée par erreur comme médicament, après 
vingt-quatre années d’une direction digne d’éloges. 

(Egide-Bernard Braze repose dans le grand chœur de 
l’église Saint-Léonard, devant le maitre-autel, sous une dalle 
bleue sur laquelle il est représenté avec ses habits ponti¬ 
ficaux et les armes de sa maison; cette pierre porte en 
outre une inscription. 

13. — Alard de Saint-Vaast : Substitut (en remplacement 
du précédent) en 1064, Conseiller près du grand conseil, 
par lettres patentes du même mois de juillet 1009, mourut 
le 27 avril 1078 et fut enterré à la chapelle du Très Saint 
Sacrement de l’église Saint-Jean. 

Son petit-fils, Pierre-Claude-Marie de Saint-Vaast, né à 
Garni et baptisé à l’église Saint-Bavon le 15 août 1091, seigneur 
de Denterghem, fut Conseiller près du grand conseil, par 
lettres patentes du 20 février 1724 ; Conseiller près du 
conseil privé à Bruxelles, par lettres patentes du 29 décembre 
1739 et par le serment qu’il prêta le 31 du môme mois ; 
Chancelier et Président par intérim du conseil souverain 
de la Gucldro et Steedtbaldcr à la cour féodale de ce duché 
(dignité qui a été adjointe à celle de Chancelier), par lettres 
patentes du 29 mai 1748 et par son serinent acté le 21 juin 
suivant ; Chancelier absolu, par lettres patentes du 16 octobre 
de la même année 1718 et par son serment du 0 décembre 


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— 541 


suivant ; membre du conseil d’Etat, par d’autres lettres 
patentes de la même date (16 octobre 1748) et son serment 
du même 6 décembre. 

Il reçut le titre de baron (en reconnaissance de ses 
longs et loyaux services',par lettres patentes du 2 janvier 1767. 

Pierre de Saint-Vaast mourut à Ruremonde, le 9 mars 
1767 et fut enterré, le 12 du même mois, près de sa femme 
en l’église de N.-D. au delà de la Dyle, devant l’autel de 
N.-D. des Sept Douleurs. Il laissa un fils unique Auguste- 
Ignace-Joseph-Norbert baron de Saint-Vaast, né à Malines, 
seigneur de Denterghem, par lettres patentes du 25 sep¬ 
tembre 1702 et qui devint sladthouder de sa Majesté, 
dans la même cour féodale du Brabant et seigneurie de 
Malines. 

14. — Philippe du Jardin : né à Tourcoing (près de Lille 
en Flandre) fut: Substitut (en remplacement d’Alard de 
Saint-Vaast) le 18 janvier 1670, Conseiller près du grand 
conseil, par lettres patentes du 25 août 1683; Procureur 
général, par lettres patentes du 28 avril 1695. 

Il mourut le 29 juin 1706 et fut enterré dans le chœur 
de l’église Saint-Pierre et Saint-Paul; l’on déposa plus tard 
près de lui son épouse Catherine-Marguerite Bunnens, qui 
est décédée le 8 Mars 1717. 

15. — Norbert van VooRsroEL: né le 25 avril (et non 
pas en août) 1643, fut baptisé le lendemain dans l’église 
Saint-Rombaut ; Avocat près du grand conseil, homme de 
fief (d’après les écrits de son père), Greffier de la cour 
féodale du Brabant de la seigneurie de Malines. 

Il devint : Subtitut (en remplacement du précédent) le 
12 octobre 1683; Conseiller près du grand conseil, par 


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— 542 — 


lettres patentes du 17 juillet 1688; Membre du conseil 
d’état en 1713. 

Son frère aîné, Maximilien van Voorspoel, né le 6 février 
1641 et baptisé le 8 de ce mois à Saint-Rombaut, fut pendant 
vingt et un ans. Conseiller au conseil de la province de 
Flandre, créé chevalier, par lettres patentes du 16 octobre 
1691; il devint Conseiller, extraordinaire au conseil privé 
(avec entrée et traitement depuis cette époque comme Con¬ 
seiller ordinaire, pour prendre ensuite siège de cette place 
quand elle deviendroit vacante), par lettres patentes du 
12 février 1697. 

Maximilien van Voorspoel mourut le 14 septembre 1705. 

16. — Adrien Hellemans: Avocat près du grand conseil, 
nommé Substitut (en remplacement de Norbert van Voor¬ 
spoel), par lettres patentes du 1 septembre 1688. 

Il étoit le fils d’Adrien Hellemans, né à Duffel, Primus 
de l’université de Louvain en 1670; Licencié en droit civil 
et canonique, le 9 octobre 1674. 

Ses deux frères étoient: 

Pierre Hellemans: né à Malines vers 1680, successivement 
Jésuite et sous-Pléban de Sainte-Gudule à Bruxelles, le 12 
août 1709, Chanoine de Notre-Dame de VAnima à Rome 
et Chapelain de l’hôpital allemand. 

Norbert-Adrien Hellemans: Grand Pensionnaire de la 
ville et du district de Malines. 

17. — Louis-Joseph-François de Robiano: baptisé à 
l’église Saint-Nicolas à Bruxelles le 2 janvier 1700; fut: 
Licencié en droit, le 10 septembre 1722; Avocat près du 
grand conseil et déjà Substitut, le 30 janvier 1725 ; Con¬ 
seiller près du conseil souverain du Brabant, par lettres 


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543 


patentes du 23 novembre 1728, et près du conseil privé, 
par lettres patentes du 29 décembre 1739; Membre du con¬ 
seil d’Etat, Conseiller près du conseil suprême gérant les 
affaires des Pays-Bas à Vienne. 

Il devint vicomte, par lettres patentes du 31 janvier 
1753, et fut élevé à la dignité de comte par celles du 
4 octobre 1754; en 1756 on le nomma Chancelier du 
Brabant. 

Louis de Robiano mourut à Bruxelles, le 25 février 1763, 
et fut enterré à la chapelle du Saint-Sacrement des 
Miracles, dans l’église de S.S. Michel et Gudule, sous la 
pierre tombale de son aïeul Balthazer de Robiano qui avoit 
été Trésorier général des domaines et des finances. 

Son frère: Jean-Antoine de Robiano, baptisé le 20 août 
1698 (également à la même église de Saint-Nicolas à 
Bruxelles!, fut Licencié en théologie; Chanoine gradué de 
l’église métropole de Saint-Rombaut; onzième Evêque de 
Ruremonde; Prima de la Gueldre, où il mourut le 28 juin 

1769 âgé de soixante-douze ans et fut enterré près du maître- 
autel dans le chœur de sa cathédrale (avec inscription 
sur sa pierre tumulaire). 

Le demi-frère du Chancelier et de l’Evêque de Robiano 
étoit: Gérard-Norbert de Robiano, né à Bruxelles le 21 jan¬ 
vier 1693 et baptisé le même jour dans l’église de Notre- 
Dame du Finistère, nommé: Secrétaire ordinaire de Sa 
Majesté; Greffier près du grand conseil, par lettres patentes 
du 9 janvier 1721. Il mourut dans la nuit du 16 au 17 juillet 

1770 et fut enterré à Saint-Rombaut. 

Tous trois étoientlesfilsde: Balthazar-Françoisde Robiano, 
également Secrétaire ordinaire de Sa Majesté et Greffier 
près du grand conseil. 

Le fils du prénommé Chancelier étoit: Eugène Jean-Bap- 


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— 544 — 


tiste de Robiano, né à Bruxelles le 8 juin 1741, il fut Licencié 
en droit le 3 juin 1701; Greffier près du conseil de Brabant 
le 13 avril 1703, et devint également Conseiller du prédit 
conseil, par lettres patentes du 0 mai 1775. 

18. — Charles-François-Joseph de Partz: Substitut (en 
remplacement de Louis de Robiano), par lettres patentes 
du 31 décembre 1728; Conseiller près du grand conseil, 
par lettres patentes du 9 octobre 1730. Il mourut le 8 janvier 
1750 et fut enterré dans l’église Saint-Jean. 

19. — Charles-Henri Husmans, seigneur de Merbois, 
nommé: Substitut (en remplacement du précédent), par 
lettres patentes du 9 janvier 1731; Grand Pensionnaire de 
la ville et du district de Malines, par lettres patentes du 
10 juillet 1753; Assesseur ordinaire de l’Official de l’Arche¬ 
vêché de cette ville, par lettres patentes du 10 juillet 1753. 

La cour ecclésiastique de l’Archevêché de Malines étoit 
composé à cette époque: d’un Official, d’un Avocat fiscal, 
d’un Greffier, d’un Promotor ou Procureur fiscal et de trois 
Appariteurs lesquels touchoient un traitement de l’Archevê¬ 
ché outre leurs revenus personnels. 

L’Assesseur ne faisoit pas partie de cette cour et ne 
recevoit pas de rénumération, mais il étoit uniquement 
Avocat désigné par l’Archevêque et appelé selon la volonté 
de l’Offlcial qui seul avoit la qualité de juge et agissait 
par lui-même; l’Assesseur et les autres Avocats n’étaient 
appelés que lorsque l’Official le jugeoit nécessaire, car 
ceux-ci en toutes occasions n’avaient que voix consulta¬ 
tive, mais jamais, d’eux-mômes ou en leur nom, ils n’avoient 
aucun pouvoir ni autorité. 

Voir: « statuta omnium curiac •> Ecclesiae Prov-Mechl. 
supplément, page 10, des Gedenkschrifl.cn op Sinl-Rombaul. 


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— 545 — 


Charles Husmans mourut le 10 juillet 1755 et fut enterré 
dans Je chœur de l’église Sainte-Catherine; l’on déposa, 
près de lui son épouse, Thérèse-Françoise van Aken, qui 
est décédée le 23 décembre 1761; elle étoit la fille de Jacob- 
Auguste Aken, seigneur de Heysbroeck, Primus de l’uni¬ 
versité de Louvain, en 1699, Avocat près du grand conseil 
et également Assesseur ordinaire. 

20. — Pierre-Joseph Deudon: né à Mons (en Hainau), 
le 17 janvier 1708; Substitut (en remplacement de Charles 
Husmans), par lettres patentes du 14 novembre 1735, Con¬ 
seiller près du grand conseil, par lettres patentes du 16 
octobre 1741. 

21. — Henri-Jacob-Hyancinthe de Wavrans: né à Tour¬ 
nai; Licencié en droit le 11 juillet 1738; Substitut (en rem¬ 
placement du précédent), par lettres patentes du 11 décembre 
1741 ; Conseiller près du conseil de la province de Flandre, 
par lettres patentes du 14 novembre 1743; Conseiller près 
du conseil privé, par lettres patentes du 18 juin 1757; cheva¬ 
lier de l’ordre royal de Saint-Etienne, roi de Hongrie; Mem¬ 
bre du conseil d’état, par lettres patentes du 23 novembre 
1764. 

Il mourut à Bruxelles, le 24 janvier 1776, et fut enterré 
dans l’église S.S. Michel et Gudule. 

Son frère Louis de Wavrans, fut Président de la cour 
des Comptes, chevalier du même ordre de Saint-Etienne 
et Membre du conseil d’Etat. 

Son autre frère: Félix-Joseph-Hubert de Wavrans, d’abord 
Chanoine à Tournai, fut sacré Evêque d’Ypres en 1762; il 
devint membre du conseil d’Etat vers le 15 juin 1777. 

22. — Jean-Philippe-Charles de Waepenaert: né à Ma- 


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— 546 - 


lines, seigneur d’Erpo, (près d’Alost) Substitut (en remplu¬ 
ment d’Henri de Wavrans), par lettres patentes du 9 janvier 
1744; Conseiller près du grand conseil, par lettres patentes 
du 7 février 1750; Procureur général, par lettres patentes 
du 18 mars suivant {dignité dont il se démit en i76l). 

Il était le fils ainé de Charlcs-Philippe-Léopold-Baltlia- 
zar de Waepenaert, seigneur d’Erpe, Conseiller près du 
même conseil, par lettres patentes du 29 mai 1724. 

23. — (Egide de Cocq: né à Malines, Substitut (en rem¬ 
placement du précédent), par lettres patentes du 18 mars 
1750; Conseiller près du grand conseil, par lettres patentes 
du 12 octobre 1762. 

24. — Jean-Mathias-Ludovic d’Orley: Substitut (en rem¬ 
placement d’Œgide de Cocq), par lettres patentes du 17 mai 
1762;Conseiller près du conseil de la province du Luxembourg 
(vu la démission de son frère), par lettres patentes du 20 avril 
1763; Commissaire subdélégué de sa Majesté Royale le duc 
Charles de Lorraine, Gouverneur général des Pays-Bas; 
promu Membre de la commission impériale à Aix-la-Cha¬ 
pelle, Conseiller près du grand conseil, par lettres patentes 
du 14 octobre 1773 et le serment qu’il prêta le 22 décembre. 

25. — Henri-Christian Diu: né à Grammont, seigneur 
de Blaesvelt et de Fransbeke (?) Substitut (en remplacement 
du précédent), par lettres patentes du 13 juillet 1763; Con¬ 
seiller près du grand conseil, par lettres patentes du 19 août 
1767; Procureur général, par lettres patentes du 19 octo¬ 
bre suivant. 

26. — Léopold-François-Xavier-Antoine de Lainq: baptisé 
à l’église Saint-Nicolas à Luxembourg, le 18 octobre 1743, 


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— 547 — 


fut: Licencié en droit le 29 août 1764; substitut (en rempla¬ 
cement de celui qui précède), par lettres patentes du 26 
novembre 1767; Conseiller près du grand conseil, par lettres 
patentes du 3 décembre 1777 et par le serment qu’il prêta 
le 17 du môme mois. 

Il est à remarquer qu’il fut le sixième Substitut vivant 
qui à cette époque siégeaient au grand conseil. 

27. — Jacob-François Douglas, dit Schott, dont le père, 
le grand père, l’aïeul avaient siégé au conseil de la commune 
de Malines et qui avait eu son bisaïeul (tous du côté pa¬ 
ternel) Conseiller près du conseil féodal du Brabant de 
la seigneurie de Malines, et également près de la cour 
de Befferen, naquit à Segedin en Hongrie, et fut baptisé 
en cette ville à l’église paroissiale du Saint-Martyr Démé. 
trius le 11 Ci août 1743 II obtint, à Louvain, la huitième 
place (et non pas la 6 mo ) du premier rang, dans la pro¬ 
motion du 17 octobre 1762 et devint en cette ville Licen¬ 
cié en droit le 16 octobre (et non pas le 13> 1763; nommé 
ensuite Conseiller près du conseil de la province de Flandre ; 
un décret du 19 juillet 1776, déclara que malgré la cir¬ 
constance spéciale de sa naissance en Hongrie, il jouirait 
de toutes les prérogatives accordées à ceux qui sont nés 
dans la ville de Malines, qu’en conséquence, il pourra 
être nommé aux places vacantes du grand conseil et remplir 
les fonctions et les offices qui peuvent être conférés aux 
originaires de la ville; nommé par suite de ce décret: 
Conseiller près du grand conseil et Substitut, par patentes 
du 28 janvier 1778 et serment du 24 février suivant, (en 
remplacement de Léopold de Laing). 


(1) Et non pas le 17 comme lavait dit par erreur le Lovens Nieqws. 


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LISTE 


des Greffiers du grand conseil. 


Jean de Longueville (on trouve un Jean Longueville) 
Secrétaire du conseil de Charles le Hardi, duc de Bour¬ 
gogne l’an 1474, lequel signa encore en i486 du tems de 
Maximilien, roi des Romains et l’archiduc Philippe, son 
fils. 

Barthélemi Le Febvre, Secrétaire du conseil de Philippe 
le Bel, signe en 1596. 

Jean Lettin, fils unique de Pierre Lettin et de Marie 
Pallet, secrétaire de la cour et grand conseil de Philippe 
le Bel 1494, il avoit été marié à Marguerite L’Estaret, née 
à Mons le 9 mai 1472 et morte le 24 avril 1562. 

Guilleaume de Marques (peut-être de Marqués) Greffier 
du grand conseil dès 27 mars 1516 après Pâques (on trouve 
un Guilleaume de Marques ou le Marquis, Conseiller et 
Procureur général, par patentes du 25 juin 1512). 

Lambert van der Ee, Greffier en succédant à Barth. 
Le Febvre 6 février 1508, signoit le 4 décembre 1531 (ce 
Lambert van der Ee est peut-être le même qui fut marié 
à Marguerite van der Noot, et qui mourut le 4 mars 1546). 


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— 549 — 


Le Bontechou (et non Jean Bontechen), Greffier dès 
27 mars 1516 après Pâques (on trouve un Hugues Bonte- 
chout, Conseiller au conseil privé, par provision du 6 août 
1578 et un Antoine Bontechout, seigneur de Batterans, 
créé chevalier par lettres du 8 juin 1591). 

Adrien Rousseau, Secrétaire de l’Emp. et Greffier au 
grand conseil, mort le 11 novembre 1523 et enterré au milieu 
de l’église des Récollets à Malines. 

Jean Lettin, (fils de Jean et de Marguerite L’Estaret, 
né à Malines, le 14 juin 1495, Secrétaire et Greffier envi¬ 
rons 43 ans, savoir depuis environ l’an 1521 jusqu’au 20 
juillet 1564, jour auquel il obtint la permission de rési¬ 
gner sa place de Secrétaire et Greffier à Jacques Buijs- 
set son beau-fils, et devint Secrétaire et Greffier signant, 
et ayant entrée en chambre quand il lui plairait, par patentes 
du dit 20 juillet 1564; et le 24 du même mois il fit sa 
résignation ôs-mains du Chef et Président Viglius. (Notez 
que ce Jean Lettin étoit devenu prêtre depuis 1559 après 
la mort d’Anne vander Straeten son épouse). Il mourut le 
30 avril 1573. 

Alexandre Boullin, il fut commis pour assister le Gref¬ 
fier Lamb. van der Ee par décret du 10 mars 1544. Il 
fut Secrétaire et Greffier absolu (à la place du dit Lambert) 
le 1 octobre 1547. Il mourut en Bourgogne, où il étoit 
allé vers la Toussaint 1574 avec le Conseiller Jean de 
Blasere, pour le service de S. M. Il avoit été marié à 
Anne Caluaerts, veuve d’Antoine Iverman, mort 1543, et 
fille de Pierre van Romerswale dit Caluwaerts et de Marie 
Madeleine Rodants (ex-matre van Dufifel). Son fils aîné se 


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— 550 — 


nommait Lambert Boullin (on trouve un Jean Boullin, 
Secrétaire 1476, au conseil de la princesse Marie, fille du 
duc Charles le Hardi, et un Pierre Boullin, mort 11 septem¬ 
bre 1513, enterré dans la chapelle du Saint-Sacrement à 
Saint-Rombaut; un Alexandre Boullin eut de Jeanne Smet: 
Arnout, né le 14 avril 1624, baptisé à Saint-Rombaut. Les 
fragments généalogiques, tome 4, page 222, donnent deux 
fils à notre greffier, à savoir : Lambert et Nicolas. 

Everard Roussel, Greffier 1559, il étoit cousin germain 
de Jean Rousseau ou Roussel, Conseiller au dit grand con¬ 
seil et depuis commis à l’état de Lieutenant Gouverneur de 
Namur, et Chef du conseil illecq. Mort en septembre 1522. 

Jacques Buisset, Avocat au grand conseil, devint Gref¬ 
fier assistant pour, par commune main avec son beau-père 
Jean Lettin et l’autre Greffier Alexandre Boullin, desservir 
la dite charge, par décret donné en la ville de Gand, le 28 
juillet 1559, et prêta le serment le 6 novembre suivant. Il 
obtint ensuite des lettres patentes de Secrétaire et Greffier, 
données à Bruxelles le 20 juillet 1564, et prêta le serment 
le 26 suivant. Il mourut le 23 novembre 1578 et avoit été 
marié à Françoise Lettin, morte le 31 juillet 1618, avec 
laquelle il gist dans la grande nef de Saint-Rombaut, à 
Malines. 

Porus des Mares, Secrétaire et Greffier à la place 
d’Alexandre Boullin par lettre du 9 août 1575 écrite au 
Président, par Don Louis Requesens, Gouverneur au Paijs. 
Il mourut le 20 septembre 1586, et Jeanne van Anderlecht 
sa compagne, le 10 août 1598; et sont enterrés dans la 
grande nef de Saint-Jean à Malines. 


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— 551 


Jean le Bailly, Greffier à la place de Jacques Buisset 
dès le 26 novembre 1580. Il mourut 2 ou 3 jours avant 
le 10 juin 1583 apparemment à Namur, où otoil pour lors 
le conseil; il avoit épousé Mario Doublet, fille de Roland 
et de Marie Frijsens, et nièce de Philippe Doublet, Substitut 
du Procureur général au grand conseil. Il eut pour enfants 
Marie, Pierre et Jacques le Bailly. (On trouve un Renoiq 
Je Bailly, Conseiller au grand conseil et Ambassadeur de 
France). 

Jean Martini, Docteur ès droits, Substitut, puis Greffier 
à la place du précédent, par patentes du 23 août 1583. 
(Voyez son article dans les Conseillers.) 

Jean Buisset, Secrétaire et Greffier (à la place du pré¬ 
cédent qui avoit quitté par promotion), par patentes du 
21 mars 1586. Il étoit Docteur ès droits; seigneur de 
Lossignol; Chambellan héréditaire de Haynaut; fils de 
Jacques Buisset et de Françoise Lettin susmentionnés, et 
mourut le 5 septembre 1607. Il avoit épousé Lucrèce 
Charles, fille de Jean, Conseiller au même conseil (voyez 
son article). Il est père de Jacques Buisset, seigneur de 
Lossignol, Chambellan héréditaire du Haynaut, Echevin de 
Malines 1636-37-39; Bourgmestre 1640-42; Echevin 1643; 
Trésorier 1645; Bourgmestre 1649; Trésorier 1650 et 51; 
Conseiller au grand conseil (voyez Paquot, tom. 2, page 
125). Au circuit du cloître des Chartreux, à Louvain, se 
voient sur une verrière, les armes, quartiers et inscriptions 
suivants : 


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— 552 


Buisset Lettyn 
Buisset 

La Crois van der Straetcn 

D. O. 

Et piœ mem. D. jois Buysset 
J. V. doct. hercditary hano- 
niœ camerary dni ni Lossignol 
M. mis archiducib. a secretis 
et graphiary sum senatus bel- 
gici etc. obiit a 0 1607. 5 sept. 


Charles van Waelken 
Buisset et Charles 
Gosserie Van Gestele 

M. 

Et Domicellœ Lucretiœ Char¬ 
les ejusd. cojugis judicess. 
obiit a 0 1606.16junij posuitD. 
Joes Bap 1 Buysset da seculo 
valedians servitioDni inabbal 
Affligeniensi se addixcit a° 
1617. 


Les armes de Buisset sont: d’argent à l’arbre arraché de 
sinople, à la fascc de gueules, chargée de trois étoiles à 6 rais 
d’or brochant sur le tout; cimier: une aigle naissante et 
éployée de sable, becquée d’or et languée de gueules ; et 
celles de Streignart dit Charles: d’or à la fasce de gueules, 
chargée d’une rose d’argent, boutonnée ot feuillée d’or. 


Pierre Eskens, (Francisé Esquens, Secrétaire ordinaire et 
Greffier) à la place de Porus des Mares, ci-devant son beau- 
père en octobre 1586 ; il mourut le 17 septembre 1612 et gît 
à Saint-Rombaut. Ses armes étoient: écartelé; d’azur et de 
gueules au lion d’or, armé et lampassé de gueules brochant 
sur le tout; cimier le lion naissant de l’écu. 


Jean van der Schelde, Secrétaire du grand conseil par 
forme d’expectative ou surnuméraire, par patentes du 2 jan¬ 
vier 1582, puis Secrétaire ordinaire, devint Secrétaire et 
Greffier (à la place du défunt J. Buisset), par patenLes don¬ 
nées à Binche le 10 novembre 1607. Prêta le serment le 
5 janvier 1608 et étoit encore Greffier en 1616. Il épousa en 


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— 553 


1609 (en carême) Philipote Schoof, née à Malines 1572, 
veuve en l res noces de Philippe de Hooghe, et fille de Phi¬ 
lippe Schoof, Bourgmestre de la dite ville. 

Chrétien (et non Jean) de Haze, Secrétaire et Greffier 
(adjoint à P. Eskens son beau-père) 12 juin 1610, étoit encore 
Greffier le 15 décembre 1625 et portoit : d’argent à la fasce 
vivrée de gueules, accompagnée de trois hures de sanglier 
de sable. 

Jacques de Sassigny dit de Calvart ou Caluwaert, seigneur 
de Buijsermaeten, Eclievin d’Anvers 1616, ensuite Secrétaire 
et Greffier du grand conseil à la place de Jean van der 
Schelde, dès 25 septembre 1620, puis Conseiller, etc., (voyez 
son article). 

Florent de Paffenrode, Secrétaire de la ville de Malines, 
puis par patentes de l’Infante Isabelle du 17 décembre 
1625, Secrétaire et Greffier du grand conseil, par résigna¬ 
tion de Chrétien de Haze son beau-père et par adjonction 
au même, avec survivance. Il mourut le 27 novembre 1649, 
il fut enterré à Saint-Rombaut. 

François Sanguessa, Greffier à la place de Jacques de 
Sassigny dit Calvart, dès le 19 août 1633, mort 1664; (on 
trouve un Henri-Alphonse Sanguessa, Secrétaire au grand 
conseil, par patentes du 25 mai 1688; et un François-Louis 
Sanguessa, IX e Evêque de Ruremonde, mort 11 août 1741). 

Anthoine Schyn, Secrétaire du duc d’Havrech, Secrétaire 
et Greffier du grand conseil à la place de Florent van 
Paffenrode, dès le 28 juin 1650. 


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— 554 — 


Raimond Engrand, Greffier à la place de Sangucssa 
ci-dessus, signoit encore le 12 novembre 1GG9 ; il est père 
de Jean-François Engrand, et d’une fille mariée à l’Avocat 
de Broijor, mère de François-Antonin de Brdijer, Secré¬ 
taire de S. M. au grand conseil, par patentes du 9 mai 
1725 (mort le 18 septembre 1778) enterré à Saint-Jean et 
marié à Claire-Agnès-Josèphe Keyaerts. 

Jean-François Engrand susnommé, Avocat au dit grand 
conseil, fut Greffier de la cour féodole de Brabant au pays 
de Malines, par patentes du lieutenant de Lendicq, du 21 
août 1700 (par départ volontaire do François van Pijper- 
scel) et il résigna en 1730. (On trouve aussi un Louis Engrand, 
marié à Antoinette van den Zype, fille de Pierre, mort 1011 
et d’Anne Françoise van Voorspoel. 

Denis Bruitsma, Licencié ès droits, Echevin de Malines 
1041, 1042, 1044 et 1015, Greffier à la place d’Antoine Schyn 
dès le 23 mai 1058, signoit encore le 18 décembre 1077; 

11 avoit épousé Cécile le Mire; il portoit: d’or à la demi- 
aigle éployée de sable, mouvante du parti, et d’argent au 
palmier, mouvant du bord d'une roue, posée sur une motte 
mouvante de la pointe, le tout de sinople; cimier: le pal¬ 
mier mouvant de la roue de l’écu. 

Henri Bruitsma, baptisé à Saint-Rombaut le 23 mai 1054, 
Secrétaire et Greffier, à la place de son père, signa le 

12 avril 1088 et 29 avril 1090; devint Conseiller etc., (voyez 
son article), il avoit épousé: 1° Marie-Anne-Thérèse le 
Mire. 2° Esther-Pauline-Antoinette van Gestel, sa veuve 
5 décembre 1707. Il eut de sa première femme, Josepli- 
Reinier Bruitsma, mort sans alliance, et Barthélemi. 

Philippe Imbert, Greffier du grand conseil, signant 20 


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— 555 — 


août 1667 et 23 octobre 1675; avoit épousé Catherine-Louise 
de la Yilette, qui épousa depuis Jacques-Augustin Anche- 
ment de Ponsch (ex-matre van Caloen) sans enfants. Le 
Greffier Imbert en eut trois filles: Marie-Jacqueline et 
Thérèse-Madeleine Imbert; item, Michelle-Catherine Imbert 
née vers 1675, mariée à Livin-Ignace van den Sompele 
dont postérité. Il avoit eu un fils, nommé Philippe-François 
qui fut enterré à Notre-Dame, le 10 août 1676. 

Antoine van Volden, Secrétaire et Greffier à la place du 
précédent, signant 22 mars 1687 et 15 novembre 1704. Il 
étoit fils d’Antoine van Volden et de Jeanne d’Aguœ, et 
neveu à la mode de Bretagne de Jacques van Volden, 
Conseiller au dit grand conseil; marié à Anne d’Aguœ, 
sœur de Jeanne susnommée; il avoit été marié à Anne- 
Claire Dieusart, morte à Malines, le 11 octobre 1741, âgée 
de 90 ans, et enterrée à la chapelle du Saint-Sacrement à 
Saint-Rombaut. 

Gaspar van der Meeren-, Avocat, Secrétaire et Greffier 
à la place de H. Bruitsma, par patentes du 16 juillet 1690; 
signoit encore 29 octobre 1718 et mourut 13 avril 1719, 
âgé d’environ 50 ans. Il avoit épousé à Anvers, l’an 1695, 
Marie-Josèphe Nys, morte de la petite vérole en 1702 à 
l’âge de 27 ans, enfant unique de Renaud et de Jeanne-Mar¬ 
guerite van der Goes. Il avoit pour frères: 1° Jean-Antlioine, 
2° Laurent, 3° Philippe, Jésuite missionnaire (voy. ses lettres) 
pour sœur Barbe-Catherine van der Meeren. 

Pierre van Volden, Secrétaire et Greffier à la place de 
son père Ant. van Volden, par patentes du 21 novembre 
1707. Il devint ensuite Conseiller au même conseil. (Voyez 
son article.) 


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— 55G — 


Ballhazar-François de Robiano, fils de Balthazar, Secré. 
taire du conseil privé à Bruxelles et de Thérèse van Volden, 
sa cousine sous germaine (souir du greffier Antoine van 
Volden), Secrétaire du dit conseil privé, adjoint à son père, 
par patentes du 13 février 1678; devint Greffier au grand 
conseil en succédant à Pierre van Volden, ci-dessus, son 
cousin germain et signa en cette qualité le 9 novembre 1713. 

Adolphe-Pierre van Ertborn, Echevin d’Anvers en 1707-13, 
puis Secrétaire dès le mois de février 1717; Greffier du grand 
conseil à la place du précédent; mourut le 12 juillet 1737 
et est enterré à Notre-Dame à Malines. Il éloit fils de Jean 
van Ertborn, Avocat au dit conseil et d’Esther Becx, sa 
seconde femme, fille d’Adolphe et d’Ide van Eyndliout et 
petit-fils de Jean-Rombout van Ertborn et de Catherine van 
Voorspoel, fille de Charles van Voorspoel et Anne Huens; 
il avoit épousé: 1° Jcanne-Madclaine Frédérics (dont la mère 
Marquis) et 2" Thérèse-Constance Dclvays y Frias (dont la 
mère Villegas) laquelle se remaria au Conseiller Caïmo. 
Il portoit : d’or au chevron de gueules, accompagné de trois 
écrevisses couchées, de sable; écartelé de Becx, qui est d’or 
à la croix gringolée de gueules. Cimier: une écrevisse de 
l’écu entre un vol d’or. 

Gérard-Norbert de Robiano, fils de Balthazar-François, 
ci-dessus, Secrétaire et Greffier à la place de Gaspar van der 
Meeren, par patentes du 9 janvier 1721. Il mourut la nuit 
du 16 au 17 juillet 1770. Gist à Saint-Rombaut. 

Pierre-André-François Du Trieu, Greffier à la place d’Adol¬ 
phe-Pierre van Ertborn, par patentes du 6 septembre 1737, 
mort le 6 mars 1784. Il est fils de Mathias-Pierre-François Du 


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— 557 — 


Trieu, né à Tirlemont 4 octobre 1681. Licencié en médecine, 
Conseiller médecin de l’Archiduchesse Marie-Elisabeth, 
Gouvernante des Pays-Bas, par patentes du 9 mars 1726 et 
des armées de S. M. aux Paijs-Bas, mort à Bruxelles, 27 
septembre 1756, et de Jeanne-Barbe-Thérèse van der Cammen 
(qu’il avoit épousé le 3 février 1704j, née à Bruxelles 31 
juillet 1681, morte en la même ville, 27 novembre 1754, 
fille d’André van der Cammen et de Barbe Roeloffs ; petit- 
fils de Josse-Guillaume Du Trieu, né et baptisé à Hal, 31 
d’août 1656, mort en la même ville 15 novembre 1698, et 
de Jeanne-Marguerite Govaerts, morte à Bruxelles 3 novem¬ 
bre 1737 et y enterrée à Sainte-Gudule ; arrière petit-fils 
de François Du Trieu, né à Hal 19 octobre 1615, Majjeur 
de Hal et de son district, par patentes de 1639, receveur 
des domaines et finances de S. M. en Haynau, par patentes 
de S. M. du 22 octobre 1642 et Commissaire extraordinaire 
pour la revue des troupes; mort à Huldenberg, 25 avril... 
et d’Anne de Pape sa première femme (qu’il avoit épousé 
le 25 mars 1640) morte à Hal 9 septembre 1656 et y enterrée 
à Notre-Dame, fille de Pierre et d’Elisabeth Elincx. Ce 
François Du Trieu étoit fils de Jean Du Trieu né 1592, 
receveur des domaines de S. M. en Haynaut, mort à Hal 
le 30 août 1653 et y enterré dans Notre-Dame, et d’Elisabeth 
de Ketelboetere, morte à Hal 5 avril 1617, enterrée auprès de 
son mari. Petit-fils de Bertrand Du Trieu né 1569, mort à 
sa campagne à Hautgres près de Tubiso 1635, et de Mar¬ 
guerite Del Motte sa première femme. Le Greffier Du Trieu 
épousa à Bruxelles 15 avril 1743, Marie-Anne-Antoinelte 
de Burlet dite de Bcaufort, née à Bruxelles 15 avril 1721, 
morte à Malines 24 septembre 1757 et y enterrée au chœur 
de Saint-Jean; fille de Gaspar, Commis à la dépêche des 
chevauchcurs et messagers de S. M. et de Catherine-Thérèse 


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— 558 — 


Baudier; petilc-fille de François-Ignace, Licencié ès droits 
et d’Anne Reynen; il en eut: i° Dorothée Du Trieu, née à 
Malines 6 février 1744, baptisée au logis, morte le même 
jour et enterrée à Saint-Jean, 2° Gaspar-François-Josepli 
Du Trieu, né le 26 mars 1745, mort jeune, enterré à Saint- 
Jean, 3° Picrre-Ignace-Albert, né le 29 juillet 1747, mort 
le 29 mars 1748, 4° Jeanne-Françoise-Jossine, qui épousa 
Gaspar-Antoine de Meester, Licencié en droits le 22 mars 
1775, fils-aîné de Pierre-Joseph de Meester, Conseiller 
Assesseur au mont de piété à Malines, anobli par patentes 
expédiées le 19 juillet 1776, mort 25 novembre 1784, 
enterré à Saint-Rombaut, et de Marie-Jeanne-Josèplie Mois 
native d’Anvers, 5° Marie-Madeleine-Antoinette Du Trieu, 
mariée à Jean de Meester, Echevin de Malines en ..., Tréso¬ 
rier pendant l’année de révolution 1790, rétabli dans sa 
place d’Echevin, en demanda sa démission qu’il obtint le ... 
1791 ; second fils du susmentionné Pierre-Joseph de Meester, 
etc. 6° Jean-Joseph Du Trieu, Licencié ès droits à Louvain 
et Avocat au grand conseil, par serment du 12 février 1775. 
Elu Echevin dans l’année de révolution 1790. 7° Charles- 
Maximil-François Du Trieu, Licencié ès droits à Louvain 
et Avocat au grand conseil, par serment avec son frère, 
Maître de police, en ... refusa de servir la magistrature en 
1790, rétabli dans sa place et dès ... Echevin, de quelle 
place il demanda démission en 1792. Avoit épousé le 7 
février 1786, Anne-Caroline de Meester, seconde fille du 
susdit Pierre-Joseph de Meester dont postérité. Il mourut 
le 9 février 1795. 8° Marie-Anne-Emanuele Du Trieu. 9° 
Jeanne-Barbe-Thérèse Du Trieu. 10° Charles-Maximilien- 
François du Trieu, prêtre Chanoine gradué de l’état noble 
à Saint-Rombaut à quelle occasion son père le dit Greffier 
acheta sa noblesse, dont les lettres patentes furent expé¬ 
diées le 8 mars 1781. 


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— 559 — 


Feu le Greffier Du Trieu fit sa licence à Louvain, le 7 août 
1731, il dédia sa thèse à Marie-Elisabeth, Archiduchesse- 
Gouvernante, etc. 

Louis-Joseph Scorion, Greffier adjoint à Gérard-Norbert 
de Robiano avec pouvoir d’entrer dès à présent dans l’exer¬ 
cice de toutes les fonctions qui en dépendent, avec assurance 
qu’à la première ouverture d’une des deux places de Greffier 
ordinaire; il succéda à la seconde, par patentes du 18 juillet 
17G4, qui lui ont coûté 22,000 florins. Dans sa jeunesse il 
avoit fait ses études à Prague où il remporta la première 
place dans la philosophie. Après avoir resté cinq années à 
Vienne il revint dans sa patrie, fit ses licences en droit en 
l’université de Louvain le 20 août 1757. Il étoit né à Malines 
et baptisé à Saint-Pierre, le 31 janvier 1733. Son père étoit 
Charles-Joseph Scorion, né à Tournai; sa mère Jeanne- 
Marie-Josèphe van Kerrenbrocck, fille de Pierre-Albert, Con¬ 
seiller, etc. (Voyez son article.) 

Fragment généalogique de la famille de Scorion: Robert 
Scorion, mort avant 1570 (d’or à la branche de palmier de 
sinople, soutenue de deux grues au naturel; Cimier: un 
demi-vol d'aigle de sable. Devise: fortitudine et prudeniia. 
Son fils aîné, Jean Scorion, seigneur de Beaulieu, Echevin 
de la ville et cité de Tournai, mort 22 juillet 1615 et y 
enterré à Notre-Dame, épousa Françoise du Quesne, fille 
d’Antoine, laquelle fonda au dit Notre-Dame, 30 mai 1018, 
un anniversaire pour son mari et pour soi avec distribution 
de miches aux célébrants, à ses plus proches parens et aux 
pauvres des fondations pieuses de Tournai, et mourut vers 
le même temps. Ils eurent huit enfants ; l’aîné de tous, Robert 
Scorion, seigneur de Beaulieu, de Robersart et (par achat 
du 22 août 16 il contre Jacques Spierinckx-van Welle) de la 


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— 5G0 — 


seigneurie vicomtière de Leaucourt, juré de Tournai, mort 
18 juin 1648, épousa vers 1616 Jeanne Beners ou Binnov, 
morte 14 octobre 1638, fille d’Anselme, seigneur du Val, et 
de Marie de Deckere, gisant avec épitaphe devant le maître- 
autel au chœur de Quintin à Tournai où il fonda un anni¬ 
versaire avec distribution de miches. Ils eurent dix enfants; 
leur fils, Jean Scorion, seigneur de Beaulieu et de Leaucourt, 
juré de Tournai 1652 et mayeur de l’échevinage de la même 
ville en 1656, mort 7 janvier 1662 et enterré avec épitaphe 
au milieu de la grande nef de Saint-Quentin à Tournai, 
épousa, le 4 décembre 1645, Marguerite-Michelle Errembault, 
morte de la peste, 11 octobre 1668 et enterrée au cimetière 
de Saint-Quentin à Tournai. Ses enfants y firent bâtir, à 
l’endroit où elle est ensevelie, une chapelle dans laquelle 
se voit son épitaphe. — Au frontispice sous les armes des 
Scorion l’inscription suivante: 

D. O. M. 

Virgini immaculatæ 
beato Rocho. 

Animaram fldelium refrigeris 
D. G. Q. 

Familia Scorion de Leaucourt 
1686. 

Elle étoit sœur de Louis Errembault, Conseiller à Malines 
(voyez son article). Ils ont sept enfans dont cinq fils. 
L’aîné, Robert Scorion, né 1646, seigneur de Leaucourt, de 
Hurtebise, des Gagcries, etc., premier Echevin et Greffier 
héréditaire de Tournai (lequel emploi il vendit au com¬ 
mencement du xvm e siècle à la famille de Gazier du Broucq). 
Mort 23 août 1725, épouse en 1693, en la chapelle de l’hôpital 


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— 56 i — 


del Plarcque à Tournai, Marie-Catherine-Louise de Lamy, 
morte à 36 ans, le 6 juillet 1706. Fille unique de Pierre- 
Nicolas et de Marie-Catherine de Bacq ou Back. Ils eurent 
sept enfans, dont cinq filles. Leur fils Charles-Joseph Scorion(') 
né à Tournai, épousa à Saint-Jean à Malines, 4 février 1727, 
Jeanne-Marie-Josèphe van Kerrenbroeck, fille de Pierre- 
Albert. Conseiller, etc., (voyez son article) il eut huit enfants 
dont seulement trois en vie en 1783, tous sans alliance. 
(Voyez l’art. Kerrenbroeck). Il étoit seigneur de Leaucourt, 
de Hurtebise, des Gageries, de Swyveghem, etc. Le Greffier 
Scorion mourut le 6 mai 1792. Sa sœur unique mourut le 
17 du même mois. 

Philippus-Ernest Richterich, dans la nomination pour 
Greffier il fut nommé le second. Le premier nommé étoit 
Charles Jos. Giles de Waepenaert, second fils du Conseiller, 
le 3® nommé étoit Amé-Joseph Wirix de Tercammen, fils 
aîné du Conseiller. Cette nomination est faite le 17 mars 
1784 pour la place du Greffier Du Trieu. Le nouveau Gref¬ 
fier fît serment le 12 novembre 1784. 

Joseph-François-Daniel van Grootven, natif de Termonde, 
Licencié en droits le 25 juillet 1787. 

(van Grootven had geteekent het Request der offlcieren 
van het Nederlandsch Leger in faveur van den generaal 
van der Mersch (1790) en vas daerom tôt Naemen vastgo- 
zet geweest). 


(V Charles-Joseph Scorion (père du Greffier) mourut à Tournai, le 19 juin 
1717, il est enterré dans l’église paroissiale do Saint-Quintin dans la sépul¬ 
ture de la famille d’Errernbault. 


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ARMOIRIES 


DES 

Madstrats Un Grand Conseil ilo Halines 

REPRÉSENTÉES DANS LE 

MANUSCRIT DK BRENAKT ('). 


A. 


Achelen (chev. Ig ram van) 1508. D’argent au renard 
rampant de sable. 

Adriany (chev. Pierre) 1590. De sable à trois coqs d’ar¬ 
gent. 

Ameronghen (Jacques van) 1513. D’or à trois forces ren¬ 
versées de tondeur de sable, 2 et 1. 

Arthus (chev. Jean) 1520. D’or à trois couronnes de 
gueules, rangées en pal. 

Asseliers (le chanoine Antoine) 1591. De sable à cinq fu¬ 
sées d’argent, accolées en bande. Au canton sénestre 


(1) Blasonnées en partie d après Rietstap. Nous n’avons pas tenu compte 
des nombreuses variantes que nous y rencontrons. Un grand nombre de 
ces armoiries ne figurent pas dans le dictionnaire en question. 


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— 563 — 

d'argent à trois fleurs de lis au pied coupé de gueules 
posées 2, 1. 

Auxtruyes (chev. Jean) 1503. D’or à la fasce de gueules, 
accompagnée de trois (2,1) hures et cols de sangliers de 
sable, défendues d’argent. 

Auxtruyes (chev. Jean) 1540. Idem. 

Ayala (chev. Balthazar) 1583. Ecartelé; au 1 er d’argent à 
deux loups de sable, l’un sur l’autre, au 4 e d’or à deux 
fasces de sable, au 2° paie de sable et d’argent, au 
3 e d'argent à cinq besants de sable 2, 1, 2.; à la bor¬ 
dure de gueules chargée de huit flanchis d’or. 

Ayta de Zuichem (Vigilius) 1513. D’azur à une gerbe d'or 
liée du môme. 


B. 

Bacq (chev. Jean de) 1521. Ecartelé; aux 1 er et au 4” de gueules 
au chevron d’or, accompagné de trois hameçons d’ar¬ 
gent; aux 2 e et au 3 e de gueules à trois pals de vair, 
au chef de quartier d’or. 

Baert (chev. Jean) 1538. D’azur au chevron d’hermine, 
accompagné de trois étoiles d’or. 

Baert (chev. Arnould) 1598. De gueules au chevron d’ar¬ 
gent, accosté de trois étoiles d’or; au chef du même à un 
lion léopardé d’azur, armé et lampassé du champ. 

Baillencourt (chanoine François de) 1657. D’argent à 
l’émanche de quatre pièces de gueules mouvant de 
sénestre ; au franc-quartier sénestre d’or à quatre fasces 
d’azur. 

Baillet (Christophore-Ernest comte de) 1704. D’azur à 
une voile en poupe, attachée par cinq anneaux à une 
antenne,* posée en fasce, le tout d’or. 


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— 504 - 


Baillet (Ernest de) 1710. Idem. 

Ballet (chev. François de) 1017. D’argent à trois mou¬ 
chetures d’hermine de sable, posées 2, i. 

Bailly (chev. Charles de) 1037. D’azur à trois croissants 
d’or, posés 2, 1, au franc quartier d’argent, chargé d’une 
moucheture d’hermines. 

Baltin (chev. Josse) 1010. De gueules à la fasce émauchée 
d’or sur azur, accompagnée de trois roses d’argent. 

Beken (Balthazar van der) 1053. De sable à trois épées 
d’argent, garnies d’or, posées en pal, la pointe en haut, 
et rangées en fasce. 

Bennynck (chev. Jean) 1598. Ecartelé; aux 1 er d’or à la 
demi-aigle de sable, au 2'd’argent à la quinlefeuille de 
gueules, au 3 e d’argent au cygne de carnation au 4 e 
d’or au renard de gueules terrassé d’argent. 

Bergh (chev. François van den) 1557. D’or à la bande 
de gueules, chargée de trois chevrons d’argent. 

Bkrnaerts (chev. Josse) 1095. De sable à la croix poten- 
cée d’or, cantonnée de quatre croisettes du même (qui 
est de Bernard de Fauconval). 

Bervokt (chev. Juste-Jacques) 1720. D’azur au chevron 
d’argent, accompagné de tiois pieds du même. 

Biese (chev. Jcan-Liévin) 1558. D’azur à trois têtes de mort 
d’argent, 2, 1. 

Blaesere (chev. Jean de) 1502. Ecartelé; aux 1 er et 4 e d’ar¬ 
gent au chevron de gueules, accompagné de trois huchets 
de sable enguichés et virolés d’or, posés en pal, l’embou¬ 
chure en haut. Aux 2 e et 3 e écartelé, aux 1 er et 4« d’argent, 
au 2 e et 3* de sable, au lion de gueules brochant sur 
l’écartclure. 

Blaesere (Jean de) 1019. D’argent au chevron de gueules 


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— 565 — 

accompagné de trois huchets de sable enguichés et virolés 
d’or, posés en pal, l’embouchure en haut. 

Blevart (chev. Jean) 1649. D’azur à la croix d’or canton¬ 
née de quatre cœurs d'argent. 

Blitters'Wyck ;chev. Guillaume de) 1662. D’argent au chef 
émanché de trois pièces de gueules. 

Blondel (chev. Pierre) 1648. j 

Blondel (chev. Pierre-François) 1661. ) e sa e a aig e 
d’or, béquée et membrée de gueules. 

Bogaerts (Arnould) 1520. 

Bogaerts (Jacques) 1575. 

Bogaerts (Jean) 1617. 

Boisot (chev. Charles de) 1531. De sable à trois annelets 
d’argent; au chef d’or chargé de trois pals d’azur. 

Boonen (chanoine Jacques) 1611. D’or au sautoir de sable 
rempli d’argent, accompagné en chef d’une aigle de sable. 

Bors (Joseph-Wiro de) 1761. D’argent à l’ours de sable 
lampassé de gueules, colleté et enchaîné d’or. 

Boucq (Jean ou Jacques de) 1526. D’or au chevron d’azur, 
accompagné de trois corneilles de sable. 

Bouzan ou Bouzani (chev. Louis) 1509. Coupé, d’or et d’azur 
à cinq basants, dont deux en chef, d’azur, deux en 
pointe, d’or, et un en cœur de l’un dans l’autre. 

Branchion (chev. Antoine) 1522. D’or à trois fasces ondées 
d’azur. 

Brenart (l’Evêque Félix-Guillaume-Antoine) 1758. D’azur 
à la bande d'or, chargée de trois molettes (5) de gueules; 
au chef d’argent chargé d’une chouette du troisième. 

Breuil (chev. Pierre de) 1532. D’argent au chevron de 
gueules, accompagné en chef de deux trèfles de sable 
et en pointe d’une tête d’éléphant de gueules. 

Briarde ou Bryarde (chev. Lambert de) 1532. D’argent à 


} D’argent à l’arbre arraché 

> 

\ de sinople. 

/ 


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— 566 — 


trois cors de chasse de sable, liés de gueules, viroles 
d’or; à la bordure engrêlée de gueules. 

Brus (chanoine Jacques-Théodore de) 1666. D’argent à 
la fasce de sable, accompagnée en chef de trois 
cormorans accostés du même, béqués et membrés de 
gueules. 

Broecke (chev. Jean van den) 1616. D'azur à trois renards 
d’or. 

Broecke (chev. Pierre van den) 1628. D’argent à l’aigle de 
gueules, au chef coupé émanché d’or sur azur de deux 
pointes et deux demies. 

Broeckhove (chev. Hyacinthe-Marie de) 1680 et 1699. D’azur 
à trois fers de moulin d’or. 

Brouxelles ou Bruxelles (chev. Raoul de) 1518. D’azur au 
dauphin d’or en pal. 

Brouxelles (Philibert de) 1539. Idem. 

Bruitsma ou Bruitzma (chev. Henri) 1690. Parti: au 1" d’or 
à la demi-aigle de sable, mouvant du parti ; au 2 d d’argent 
à un arbre terrassé de sinople, le fut chargé d’une roue 
de sable. 

Beeckman (chev. Philippe-Antoine de) 1716. De gueules à 
la fasce ondée d’argent, accompagnée de trois roses du 
même, boutonnées et couronnées d’or, et barbées de 
sinople. 

Buisset (chev. Jacques) 1652. Ecartelé; aux 1 er et 4* d’argent 
à l’arbre sec de sinople et à la fasce de gueules bro¬ 
chante, chargée de trois étoiles à six rais d’or; aux 
2 e et 3 e d’azur au perron portant une croix recroisetée 
d’argent. Brochant sur l’écartelure, un écu d’azur chargé 
de trois macles d’argent. 

Burcii (chev. Adrien van den) 1510. D’hermine à trois 
étrilles de gueules. 


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— 567 — 


Burch (chev. Jean van den) 1569 et 1584. Idem. 

Burlen (chev. Alexandre-Mathieu-Ignace de) 1706. De sable 
au chevron d’argent entrelacé avec un autre chevron 
renversé d’or, au chef d’argent, chargé de trois arti¬ 
chauts, tigés et feuillés de sable. 

Busleyden (Jérôme de) 1503. D’azur à la fasce d’or ac¬ 
compagné en pointe d’une rose de gueules boutonnée 
d’or, barbée de sinople. 


C. 


Caestere ou Caestre (chev. Jean van) 1611. D’or à deux 
bandes de gueules; au franc-quartier cousu du champ 
chargé de deux pals d’azur. 

Caïmo (chev. Charles-Thomas) 1741. D’argent à la fasce 
d’azur. 

Caluart (chev. Jacques) 1631. D’or à trois merlettes de 
sable. 

Carondelet (Jean) 1503. D’azur à la bande d'or, accompa¬ 
gnée de six besants du même, rangés en orle. 

Casselot ou Casselotte (chev. Adrien) 1730. Ecartelé; aux 
1 er et 4 e d’azur à la gerbe liée d’or; aux 2" et 3* d’argent 
à trois pals d’hermine. 

Cassin (chev. Henri) 1666. D’hermine au lion léopardé 
de gueules. 

Chaboteau (chev. Henri) 1699. D’argent à la hure de san¬ 
glier de sable. 

Chapelle (Richard de la) 1503. D’argent semé de croix 
recroisetées au pied fiché de sable, à deux poissons 
adossés du même, brochant sur le tout. 

Charles (chev. Jean) 1575. D’or à la fasce de gueules 
chargée d’une quintefeuille d’argent. 


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— 568 — 


Christyn (chev. Jean-B te ) 1667. De sable au chef d’argent, 
chargé de deux losanges d’azur. 

Cocq (Gilles de) 1762. D’argent à trois cocqs au naturel. 

Colins (chev. Jean) 1543. Ecartelé; aux 1 er et 4' d’argent 
à la bande de gueules, acccompagnée de six tourteaux 
du même rangés en orle. Aux 2 e et 3" d’azur à trois 
chevrons d’or. 

Colins (chev. Antoine) 1650. D’argent à la bande de gueules, 
accompagnée de six tourteaux du même, rangés en orle. 

Colins (Philippe-François baron de) 1677. Idem. 

Coloma (comte Jean-Alphonse comte de) 1711. D’azur à la 
bande d’or, accompagnée de deux colombes d’argent, 
béquées et membrées de gueules; à la bordure du 
second chargée de huit taux du champ. 

Contault (Antoine) 1559. D’azur à la fasce d’or, accom¬ 
pagnée en chef de trois besants et en pointe d’une 
coquille du même. 

Coomans (chev. Jean). 1570. De sinople à la fasce d’or 
accompagnée de trois roses (?) d’argent, 2 en chef, 
1 en pointe. 

Coriache (chanoine Aimé-Ignace de) 1707. D’argent à trois 
tulipes (?) de gueules tigées de sinople. 

Côrselius (chanoine David) 1617. D’or au chevron de gueules 
accompagné en chef de deux feuilles de houx de sinople, 
en pointe d’une rose du second. 

Corte (chev. Joseph de) 1707. Ecartelé; aux 1" et 4« de 
gueules au chevron d’argent, accompagné, en chef à 
dextre, d’un croissant, à sénestre d’une étoile, et en 
pointe d’une rose du même ; aux 2 e et 3 e de sable plein 
au chef d’argent chargé de trois macles accostées du 
champ. 

Coulez ou Coulel (chev. Zegere) 1611 et 1628. D’argent à 


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— 569 — 


la bande de gueules accompagnée de deux quintefeuilles 
du même et chargée de trois doloires du champ. 

Courtewjlle ou Cortewyle (chev. Jean de) 1518. Ecartelé; 
aux 1" et 4 e d’argent à trois cors de chasse de sable 
liés et viroles de gueules à la bordure engrelée du même ; 
aux 2 e et au 3 e de gueules à la fasce d’argent frettée 
d’azur — En abîme, brochant sur le tout, d’or à l’écu 
de gueules posé en abime. 

Courtois (chev. Jean-françois) 1720. D’argent à trois pals 
de gueules, accompagnés d'une fasce brochante d’azur 
chargée d’un lion léopardé d’argent. 

Coxie ou Coxcyen (chev. Michel de) 1638. D’argent à sept 
billettes de gueules, posées en fasce, 3, 3, 1; au chef 
d’or à l’aigle issante de sable. 

Coxie baron de Moorsele etc. (Albert) 1660. Idem. 

Craenevelt ou Cranevelt (François van) 1552. De sinople 
à la grue d’or, béquée et membrée de sable tenant 
dans la dextre un tourteau de gueules. 

Cranendonck ou Cranendoncq (chev. Bauduin-Jacobi van) 
1569. D’or à trois huchets de gueules, engrelés et viro- 
lés d’argent, au franc quartier de sinople à deux poissons 
d’argent adossés en pal, la tête en abîme. 

Criep (chev. Guillaume de) 1574. D’or à la bande de gueules, 
chargée de trois merlettes d’or. 

Cutsem (Guillaume van) 1793. Ecartelé ; aux 1 er et 4« de 
sinople à deux faucilles affrontées d’argent emman¬ 
chées d’or accompagnées de trois étoiles, 2, 1, du même 
aux 2 e et 3 e de sable à trois pals d'or, au chef d’argent 
chargé de trois merlettes de sable. 

Cuvelier (chev. Pierre) 1612. De gueules à deux che¬ 
vrons d’argent chargés de huit mouchetures d’hermine 
de sable. 


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— 570 — 


D 

Daei.e (cliev. Englebert van den) 1522. Ecartelé; aux 1" et 
•I e d’azur à la bande d’argent chargée de trois crois¬ 
sants de gueules, les cornes dirigées vers le canton 
dextre du chef. Aux 2 e et 3 e de sable au lion d’argent, 
couronné du même. 

Daneels (chev. Jean-B te ) 1G27. D’argent à deux fasces de 
gueules ; à la bande de sable brochant sur le tout et char¬ 
gée do trois écussons d’or, à trois pals de gueules, (qui est 
Bcrthout) ces écussons posés dans le sens de la bande. 

Dave (Jean) 1590. Parti, d’argent et de gueules, l’argent 
chargé de deux étoiles de gueules, au franc quartier 
du même chargé d’une quintefeuille du champ; le 
gueules chargé d’une aigle éployée d’or. 

Decker (chev. Jean-B ,c -Gabriel de) 1721. Ecartelé ; aux 1 er et I e 
d’azur à trois épées d’or, posées en bande; aux 2 e et 
3 e de gueules au lion couronné d’or. 

Dec don (chev. Pierre-Joseph) 1741. De sable au chevron d’or 
accompagné en chef de deux violettes du second, tigées 
et fouillées d’argent, en pointe d'une ancre du même. 

Peyn (chev. Therv) 1504. D’azur à l’oie d’argent. 

Diu (Henri-Chrétien) 1707. Ecartelé ; aux 1 er et 4 e d’or à la 
rose d’argent; aux 2 e et 3' d’or au lion d’argent. 

DoRrE (chev. Jérôme van den) 1503. De sinople à trois 
roses d’argent. 

Douglas dit Schott (Jacques-François) 17S3. D’argent au 
cœur de gueules couronné d'or, au chef d'azur chargé 
de trois étoiles d'or. 

Dreulx (Remi) 1557. D'or au lion rampant de sable, à la 
fasee d’azur brochante chargée de trois étoiles d’argent, 
posées en fasee. 


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— 571 — 


Du Bois (chev. Jean) 1567. D’argent au lion de sable armé 
et lampassé de gueules. 

Du Hot (chev. Pierre) 1663. D’azur au lac d’amour d’or. 

Du Mont Saint-Eloy (chev. Eloy) 1590. Ecartelé; aux 1 er et 4 e 
d'argent au sautoir de gueules; aux2 e et 3'd’or à trois 
fasces de sable chargées respectivement de 3, 2 et 1 
besants d'argent, à la bordure de gueules. 

Du Mont Saint-Eloy (chev. Florent) 1522. ( D’argent au sau- 

Du Mont Saint-Eloy (chev. Charles) 1559. j toir de gueules. 

Dycke (chev. Jean van den) 1656. De sable à quatre fasces 
d’or, au chef du même chargé d’un lion léopardé de 
gueules. 


E. 

Errembout ou Errembault (chev. Louis) 1657. De sable 
à la fasce d’or, surmontée de deux fleurs de lis d’argent. 

Eueraerts ou Everaert (chev. Liévin) 1555. De gueules au 
chef d’argent chargé de trois losanges, accolées de l’écu, 
surchargés chacun d’une étoile d’argent. 

Everardi (chev. Nicolas) 1528. De sable semé de fleurs de 
lis d’argent. 


F. 

Fabri (Philippe) 1549. D’or à lepée de sable posée en bande 
accostée de deux aigles éployées du même. 

Fief (chanoine Nicolas de) 1615. De sable à trois crois¬ 
sants d’or. 

Fierlant (chev. Simon de) 1657. j Parti d’argent et de 

Fierlant (Goswin de) 1773. ' gueules, à la quinte- 
feuille de l’un en l’autre. 


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— 572 — 


Fossen ou Fosse (Jean-Baptiste-Nicolas van der) 1776. D’argent 
au chevron de sable, accompagné en chef de deux tour¬ 
teaux et en pointe d’un croissant du même. 

France (chev. Jérôme de) 1573. j Fascé d’argent et 

France (chev. Renom de) 1587-1622. > d’azur de six piè- 

France (chev. Adrien de) 1616. ) ces ; les fasces d'ar¬ 

gent chargées de six fleurs de lis de gueules, 3, 2, i. 

Frarin (chanoine Louis-Marie de) 1672. D’azur à la fasce 
ondée d’argent, accompagnée de trois étoiles d’or. 

Froidmont (chev. Jacques de) 1583. Ecartelé; aux 1 er et 4 e de 
gueules à la tour d'argent; aux 2 e et 3 e , d’azur au che¬ 
vron d’or, accompagné de trois trèfles d’argent. 

6 . 

Gaule (chev. Jérôme de) 1619. D’azur au lion d’argent. 

Gerlays vicomte d’Epigny (chev. Jean) 1625. Ecartelé; au 
1 er , d’argent à une croix de Lorraine de sable; au 
2 e , d’azur à deux losanges d’argent accolées; au 3° de 
gueules plein; au 4- de sable à deux étoiles d’or, rangées 
en fasce. 

Gheusere (chev. Jean de) 1658. D’argent à la fasce de 
gueules, accompagnée de trois tourteaux du même. 

Ghison (Jacques-François Joseph de) 1783. Ecartelé; aux 
1 er et 4* d’azur au chevron d’or, accompagné de trois 
croissants du môme; aux 2« et 3* de sable à quatre 
étoiles d’or, rangées 1, 2, 1, au chef d’argent plein. 

Giells Hujoel (chev. Guillaume-François) 1706. D’argent au 
cor de chasse de sable lié de gueules, virolé et engrelé 
d’or, accompagné de trois roses du troisième, bouton¬ 
nées et barbées d’or. 

Gillet (chev. Jean) 1503. Ecartelé; aux 1 er et 4' d’azur au 


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— 573 - 


chevron d'argent chargé de trois coquilles de gueules; 
aux 2 e et 3 e d’argent à trois pals d’azur. 

Glymes (chev. Jean do) 1562. Coupé : au 1 , parti : a. de 
sable au lion d’or armé et lampassé de gueules (Bra¬ 
bant); b. d’or à trois pals de gueules (Berthout ; au 2‘ 
de sinople à trois macles d’argent (Bautersem). 

Glymes dit de Berges (chev. Jean) 1548. Idem. 

Goethem (chev. François Louis van) 1755. De sable au 
chef d’or chargé d’un semis de billettes et d’un léopard 
lionné issant de gueules brochant. 

Gonnet (Jean) 1513. D’argent aux trois barres de gueules 
couchées en bande entre deux cotices d’azur, accom¬ 
pagnées de deux tulipes de gueules. 

Goubau (chev Charles-Henri) 1744. D’or au chevron, accom¬ 
pagné en chef de deux croisettes pattées au pied fiché 
et en pointe d’un croissant, le tout de gueules. 

Goubau (Melchior-Joseph-François) 1788. Idem. 

Govaerts (Pierre) 1689. De sable à trois cerfs d’or. 

Griboval (chev. Florent de) 1543. Ecartelé; aux 1 er et 4 e de 
sable à la bordure d’argent accompagnée de trois étoiles 
du même 2,1; aux 2 e et 3 e d’or à la bordure de gueules. 

Gronsfelt (Jean van) 1505. D’argent à trois tourteaux de 
gueules. 

Gros (chev Guillaume le ou de) 1503. D’azur à la fasce 
d’argent accompagnée de trois flanchis du même. 

Gryspere (chev. Guillaume de) 1576. D’argent à trois 
chevrons de sable, à la bordure contre-componée d’ar¬ 
gent et de gueules. 

Gryspere (chev. Antoine de) 1582. D’argent à trois che¬ 
vrons de sable. 

Gryspere, baron de Goyck, etc. (Guillaume de) 1678. D’ar¬ 
gent à trois chevrons de sable. 


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— 574 - 


Gryspere baron de Goyck, Lubersant, etc. (G m *-Albert de) 
1690. Idem. 

Guchtenere (Jean-Bernard de) 1792. Coupé: au 1 er , d’azur 
au lion naissant d’or, colleté du même, mouvant du 
coupé; au 2' d’argent à cinq mouchetures d’hermine 
de sable, 3, 2. 


H. 


Haeghen (chev. Honoré-Henri van der) 1696. Gironné de 
sable et d’argent, chaque giron de sable chargé de 
trois mouchetures d’hermine d’argent. 

Hai.maele (chev. Guillaume van) 1664. De gueules au lion 
accompagné d’un semé de billettes, le tout d’or. 

Haltrou (chev. Charles-Philippe de) 1628 . D’argent à la 
fasce de sinople. 

Happaert (chev. Robert-Hyacinthe-Joseph) 1734. Ecartelé; 
aux 1 er et 4 e de gueules à trois fleurs de lis au pied 
coupé d’argent; aux 2 e et 3 e de sinople au lion d’or. 

Hartius (chev. Otton) 159S. De gueules à deux aigles 
éployées d’or, accostées, celle à sénestre contournée. 

Herselles (Guillaume-Philippe, marquis d’) Baron de 
Werchin et de Liedekerke, 1690. D’azur au chevron 
d’or. 

Heydenryck (chev. Pierre-Jacques van) 1690. D’argent à 
trois fasces de gueules accompagnées en pointe d’un 
monde cintré et croisé du même. Au franc quartier 
d’argent au lion de gueules. 

Hony (l’évêque Jean-Baptiste) 1731. D’azur à trois moulins 
à vent d’argent. 

Hopperus (chev. Joachim) 1554. I D’azur au pélican dans 

Hopperus (chev. George) 1598. ) son aire, d’or. 


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— 575 — 


Ho v y nés (chev. Jean d’) 1587. | D’argent à la fasce 

Hovynes (chev. Charles d’) 1628. ( d’azur, chargée de trois 
étoiles d’argent ombrées de sable, et accompagnée en 
chef de deux têtes et cols de boucs affrontés de gueules, 
en pointe d’une rencontre de bouc du même. 

Huart (chev. Jean-Gaspar) 1626. D’argent à la branche de 
houx de sinople, fruitée de trois pièces de gueules 
issant de flammes au naturel. 

Humyn (chev. Claude) 1614. ) De gueules à trois cœurs 

Humyn (chanoine Henri) 1635. j d’argent couronnés d’or. 


J. 


Jacobs (chev. Henri-Théodore-Jean) 1756. D’or au chevron 
d’azur, accompagné de trois coquilles de gueules. 

Janssens, dit Hujoel (Corneille) 1694. Coupé : au 1 er d’azur 
à trois soucis d’or, rangés en fasce ; au 2 e d’argent à 
deux arbres de sinople. 

Jardin (chev. Philippe du) 1683. D’azur à l’étoile d’or, 
accompagnée en pointe d’un croissant du même. 

Jouart ou Jonnart (chanoine Philippe) 1619. Ecartelé; aux 
1 er et 4' d’azur à trois besants d’or ; aux 2 e et 3* d’azur 
à deux palmes d’or. En abîme brochant sur l’écarte- 
lure, de gueules à l’écusson en abîme d’azur à la 
quintefeuille d’or. Ce dernier écusson cantonné de 
trois anilles d’argent. 


K. 


Kahunn ou Khaun (chev. Jean-Henri) 1723. D’or à la fasce 
de gueules, accompagnée en chef d’un crampon de sable 
posé en fasce. 


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— 576 — 


Keyaerts (cliev. Jean-Ferdinand) 1716. Ecartelé; aux 1 er et 
4 e d’azur à une colonne surmontée d’une aigle nais¬ 
sante d'or; aux 2 e et 3 e d’argent à trois roses de gueules 
boutonnées d’or, barbées et tigées de sinople. 

Kerens (André) 1768. D’argent à trois arbres de sinople 
rangés sur une terrasse du même ; entre les deux der¬ 
niers arbres, un écureuil assis, au naturel, croquant une 
noix. 

Kerrenbroeck (chev. Philippe-Albert van) 1688. D’or à 
trois coqs de sable, crêtés, barbés et membrés de 
gueules. 


L. 

Lamosnier (chev. Jean-François) 1738. D’azur à trois coquil¬ 
les d’or. 

Lancelot (chev. Jean) 1628. Ecartelé ; aux 1 er et 4 e d’argent 
à la fasce ondée d’azur; aux 2 e et 3* d’argent à la croix 
de gueules chargée de cinq croissants d’or. 

Landsheere (chev. Maillard de) 1616. i Ecartelé; au 1" de 

Landsheere (chev. Jean de) 1651. ( gueules au che¬ 
vron d’or, accompagné de trois croissants du même; 
au 2 e d’azur à trois bagues d’or; au 3 e d’hermine à la 
bande de gueules, chargée de trois clochettes (?) d’or; 
au 4 e de gueules à trois étoiles d’or. 

L’Apostole ou L’Apostle (Pierre) 1503. D’argent à trois 
chevrons de gueules; au chef d’azur, chargé de trois 
clefs d’or posés en pal, le panneton en haut et à dextre. 

Lassault (chev. Pierre-François de) 1720. D’azur à trois 
molettes d’or, accompagnées d’un chevalier d’argent 
mouvant à sénestre, tenant une épée en pal, la pointe 
en chef. 


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— 577 — 

Laureys (chev. Josse) 1521. Fascé d’azur et d’argent de 
quatre pièces. 

Lauryn (chev. Charles) 1625 \ De gueules 

Laurin ou Lauwerin (chev. Henri-Florent) 1653. ( à la fasce 
ondée d’argent, accompagnée en chef, à dextre, d’une 
étoile d’or, à sénestre d’un croissant d’argent ; en pointe 
d’une fleur de lis d’or. 

Laury (chev. Remy de) 1707. D’argent au chevron de 
gueules, accompagné en chef de deux feuilles de lau¬ 
rier de sinople, en pointe de trois feuilles de laurier 
tigées du même. 

Le Bailly (chev. Renom) 1605. D’azur à trois croissants 
d’or. 

Le Clerc (Jacques-Antoine) 1793. Ecartelé; au 1 er et au 4* 
d’argent au lion rampant de gueules, langué d’argent; 
au 2 e et au 3 e d’argent à trois fusées de gueules posées 
en fasce. 

Le Coq (chev. Bauduin) 1529. D’argent au coq de sable, 
crêté et membré de gueules. 

Le Marquis (chev. Guillaume) 1512. D’azur à la fasce d’or, 
accompagnée en chef de deux roses d’argent, en 
pointe d’un lévrier du même. 

Le Mercier (Antoine) 1655. De gueules à trois tours 
d’argent. 

Lendicq (chev. Albert-Antoine de) 1707. D’azur au chevron 
d’or, accompagné de trois étoiles du même. 

Le Roy ou de Roy (chanoine Jean) 1638. De gueules à la 
croix d’or chargée d’un cotice en sautoir du même 
et cantonnée de huit étoiles d’argent. 

L’Espinoy (Philippe) 1543. Ecartelé; au 1 er et 4 e d’or à l’ar¬ 
bre terrassé de sinople ; aux 2 e et 3 e d’argent à trois fleurs 
de lis au pied coupé de gueules. 


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— 578 - 


Le Vielleuse (Martial-Joseph-Louis de) 1777. D'or à deux 
tulipes de gueules accostées, accompagnées en pointe 
d’une hure de sanglier de sable. 

Lbyden (Jean van der) 1520. D’azur à la fasce d’or. 

L’Hermite (chev. Antoine) 1638, 1651. De sinople au pâte- 
nôtre d’or, fini de deux houppes, la croix en chef, 
posé en chevron, accompagné de trois quintefeuilles 
d’argent. 

Liebaert (chev. Jacques) 1585, 1605. De gueules à trois 
têtes d’homme de carnation, tortillées de sinople. 

Locquët (Jean-Antoine), vicomte d’Hombeek, 1669. D’azur 
à trois fusées accolées d’or. 

Lottin (chev. Michel) 1640. D’argent au chevron de 
gueules accompagné de trois tourteaux du même. 

Lucerne (chev. Fernand de la) 1503. De gueules au soleil 
d’or mouvant des bords de l’écu. 

Ludovisi d’Orley (Jean-Mathieu de) 1773. Ecartelé; aux 1 er 
et 4 e d’argent à la croix pattée alésée de gueules, can¬ 
tonnée de quatre tourteaux du même ; aux 2 e et 3 e 
d’azur à l’aigle d’argent; au chef de gueules chargé 
de trois bandes d’or. 


M. 


Ma es (Englebert) 1590. De sable à trois quintefeuilles d’ar¬ 
gent, boutonnées d’or, celle de dextre masquée par un 
franc quartier d’or, à la colonne de gueules 
Marci (chev. Jean-Jacques) 1742. D'azur à un poisson nageant 
d’argent, posé en bande, surmonté de trois étoiles mal¬ 
ordonnées d’or. 

Marmol (chev. André del) 1686. Coupé d’azur sur sinople; 
au lion d’argent, armé et larapassé de gueules couronné 


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— 579 — 


d’or, brochant sur le coupé, appuyé des deux pattes de 
devant et de la sénestre de derrière contre une colonne 
d’argent, renversée en bande; le chapiteau de la colonne 
brochant sur le pied d’une croix latine, écotée d’or, 
posée en pal. 

Masnuy (chev. Jean de) 1532. Parti de gueules et de sable 
à deux bars contournés et adossés d’argent. 

Marteau (chev. Guillaume-Ernest du) 1671. Devairau sautoir 
d’argent, chargé en abîme d’un écu d’azur chargé d’une 
merlette d’argent. 

Martigny (chev. Louis de) 1540. D’argent au chevron d’azur, 
accompagné de trois quintefeuilles de gueules, bouton¬ 
nées d’or. 

Martini (chev. Jean) 1586. D’argent à dix billettes de gueules, 
posées 4, 3, 2, 1. 

Meuldre (chev. François de) 1738. Ecartelé; aux 1 er et 4 e de 
gueules au lion d’argent; aux 2 e et 3" d’azur à six étoiles 
d’or, 3, 2, 1. 

Meulenaere (chev. Antoine de) 1548. De sable au chevron 
d’argent, cotoyé en chef de deux poissons du même, et 
accompagné en pointe d’une coquille également d’argent. 

Metteneye (chev. Pierre) 1522. De gueules au chevron 
d'argent, accompagné de trois tours d’or ouvertes d’azur. 

Monceau (chev. Jean de) 1663. Ecartelé; aux 1 er et 4 e d’ar¬ 
gent à la croix de saint André recroisettée, de gueules; 
aux 2* et 3 e de gueules à la bande d’argent, accom¬ 
pagnée de deux croissants du même. 

Montzima (Faliard a) 1578. Ecartelé; aux 1 er et 4* d’azur 
à la colline d’or; aux 2’ et 3* d’azur à la gerbe d’or 
liée du même. 

Motte (chev. Jean-Jacques de la) 1676. D’or à la bande 
de gueules, chargée de deux roses du champ. 


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— 580 — 


Mouchkt (Pierre) 1574. De gueules à trois émouchets 
d’or. 

Mouscron (Jean-Louis de) 1511. D’argent à la fasce d’azur 
chargée de sept fleurs de lis d’or, posées 4, 3. 

Mulaert (chev. Gérard) 1527. D’or à trois chevrons de sable. 

Muesaert ou Muysaert (chev. Jacques) 1541. D’azur à trois 
coquilles d’or. 

Muinck ou Muenincx (chev. Corneille de) 1548. D’argent à 
trois feuilles ovales d’or, chargées chacune d’une mou¬ 
cheture d’hermine. Celle de dextre cachée par un franc 
quartier brochant, échiqueté d’argent et de gueules de 
sept tires, chacune de sept points; le franc quartier 
chargé d’un autre franc quartier brochant d’argent, à 
une merlette de sable. 


N. 


Negri (Philippe) 1522. D’argent à trois étoiles d’azur, accom¬ 
pagnées en cœur d’une tête de maure de sable, tortillée 
d’argent. 

Nicolaï, surnommé Marius, (chev. Adrien) 1541. ) D’or à 

Nicolaï (chev. Nicolas-Evrard) 1557. | l’aigle 

naissante de sable, à la pile raccourcie du même, chargé 
de neuf fleurs de lis d’argent, posées 2, 4 et 3. 

Nicolaï (chev. Charles) 1601. De sable au semé de fleurs 
de lis d’argent. 


0 . 


O’Donogue ou O’Donnoghue de Glanfleske (chev. Jean) 
1724. De sinople à l’épée d’argent garnie d’or, posée 
en pal, la pointe en chef, accolée d’une guivre de 


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— 58 i — 


sinople, la tête contournée et accostée de deux loups 
affrontés du troisième. 

Olmen de la Court au Bois ou le Clercq, dit d’Olmen 
(Eugène-Joseph d’), baron de Poederlé 1727, 1739. D’ar¬ 
gent au chevron d’azur, chargé de cinq fleurs de lis 
du champ, accompagné de trois coqs de sable crêtés, 
barbés et membrés de gueules. 

Otté (chev. Charles) 1725. D’or à l’autruche de sable. 

Oudegerst ou Oudegheerste (chev. Jean d’) 1558. Ecar¬ 
telé; aux 1 er et 4' d’azur à trois têtes d’épis d’or. Aux 
2* et 3 e de sable à trois lions d’or. 


P. 


Paemele ou Pamele (chev. Guillaume de) 1561. Ecartelé; 
aux 1 er et 4° fascé de gueules et d’or; aux 2* et 3» de 
gueules à l’aigle essorante d’argent. 

Papoire (Thomas de la) 1503. D’argent à trois fasces enden- 
tées de sable. 

Partz (chev. Charles de) 1730. D’argent au léopard de 
sinople. 

Partz (Ecuyer Jacques de) 1765. Ecartelé; au 1 er d’argent au 
léopard de sinople; au 2' d’argent au semé de cœurs 
de sable, allumés de gueules au lion de sable bro¬ 
chant; au 3', d’or à trois bandes d’azur; au 4 e palé d’or 
et de gueules de huit pièces, à l’étoile rayonnante à 
huit rais d’argent brochante. 

Patin ou Pattyn (chev. Charles-Philippe) 1721. De gueules 
à trois losanges d’argent, chargées, chacune, d’une 
fleur de lis de sable; au chef du second chargé d’une 
aigle issante du troisième. 

Peckius ou Pecques (chev. Pierre) 1582, 1601. Coupé de 


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- 582 — 


gueules sur argent, chargé d’un lion léopardé d’or 
en chef et de trois fasces de sable en pointe. 

Peeters (chev. Jean) 1503. Ecartelé; aux 1 er et 4' dazur 
au dauphin d’or (qui est de Bruxelles); aux 2 e et 3* 
d'argent à trois merlettes de sable. 

Peussens ou Pussius ou Peucin ou Peussins (chev. Adrien) 
1584. D’hermine au chevron de gueules, chargé de 
trois coquilles d’or. 

Piet (chev. Bauduin van der) 1640. D’or à la croix de sable 
cantonnée de quatre clefs de gueules. 

Polchet (chev. Jean-Bapt.) 4629. D’argent au chevron de 
gueules, cantonné de trois roses du même, au chef mi- 
partie d’azur au lion d’or et d’or à trois bandes de gueules. 

Porrt (Louis) 1570. De sable à deux bandes d’argent, au 
chef d'azur, chargé de deux quintefeuilles d’argent. 

Potter (chev. Guillaume de) 1726. D’argent à la fasce de 
gueules, accompagnée en pointe de trois pots de sable, 
au chef d’azur chargé d’un lion léopardé d’or. 

Poupez (chev. Nicolas-Joseph) 1749. D'or à la bande d'azur, 
chargée de trois étoiles du champ. 

Poupez (Jean-Louis-Joseph) 1788. Idem. 

Proost (chev. Pierre) 1600. D’azur à la fasce bretessée et 
contre-bretessée d’or, accompagnée de trois étoiles à 
huit rais du même. 

Pycke d’Ideghem (chev. Guillaume-Ignace) 1730, 1757. Ecar¬ 
telé; aux 1 er et 4° de sable à deux lions affrontés d'or, 
lampassés de gueules, rampants contre une lance de 
tournoi en pal du même, le tout terrassé de sinople ; 
aux 2 e et au 3 e de gueules à cinq annelets d’argent. 


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— 583 — 


R. 

Rantere ou Rantre (chev. Charles de) i610. Ecartelé ; aux 
1 er et 4 e d’azur au chevron d’or; aux 2 e et 3 e d’or à 
trois couronnes de gueules en pal. 

Rataller (Georges) 1560. Coupé d’or et d’azur, l’or chargé 
d’un buste de guerrier d’argent, tenant des mains croi¬ 
sées sur la poitrine, deux flèches d’argent brochant en 
sautoir sur l’or et sur l’azur. 

Rebreviettes (chev. Jacques de) 1548. D’argent à trois fasces 
de gueules, accompagnées en chef de trois merlettes de 
sable. 

Rëyngere, alias Rogier (chev. Richard) 1515. D’or à la 
fasce de gueules, chargée de trois besants d’argent. 

Richardot (Jean) 1568. D’azur à deux palmes d’or passées 
en sautoir, cantonnées de quatre étoiles du même. 

Richterich (chev. Joseph-Théodore) 1730. D’argent à la 
fasce de gueules, accompagnée en chef de deux roses 
du même, feuillées du champ, en pointe d’un crois¬ 
sant du deuxième. 

Roelants (chev. Jacques) 1625. De sable au sautoir denché 
d’or, à la bordure engrelée du même. 

Robaix (chev. Adrien de) 1517. D'hermine au chef de gueules. 

Roose (François) 1603. j 

Roose (chev. Ambroise) 1637. > 

Roose, baron de Leeuw Saint-Pierre (Jean-Charles) 1664. ! 
De gueules, au chevron accompagné de trois roses, le 
tout d’argent. 

Rousseau (Jean) 1503. Ecartelé; aux I er et 4* d’argent à 
un chêne arraché de sinople, englantê d'or de trois 
pièces; aux 2* et 3* écartelé; aux 1 er et 4* d’or à 7 
losanges accolés d’azur, posés 3, 3, 1 ; aux 2 e et 3“ de 
sable à la bande d’argent. 


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— 584 — 


Ruysschen (Guillaume de) 1610. Ecartelé ; aux 1 er et 4* d’or 
à l’aigle de sable, la tête posée de front, béquée et ,mem- 
brée du champ; aux 2“ et 3* de gueules à la croix 
florencée d’or cl au canton sénestrc d’azur chargé d’une 
rose d’argent. 

Ruysschen,comtedElessem (Michel-Constantin de) 1688. Dor 
à l’aigle de sable la tête posée de front, béquée et 
membrée du champ. 


S. 

Saint-Vaast (chev. Alard de) 1669. D'azur à l'aigle éployée 
d’or, béquée et membrée de gueules. 

Saint-Vaast (chev. Pierre-Claude-Marie de; 1724. Idem. 

Salines ou Salinas (chev. Ferdinand de) 1585. Ecartelé; aux 
1 er et 4 e de gueules, au pont à trois arches surmonté 
de trois tours d'argent, baignant dans une fasce d'azur, 
accompagné en pointe de trois fleurs de lis d’argent 
rangées en fasce; au 2 e écartelé; aux 1 er et 4 e d’azur 
au chaudron de sable doublé d’or; aux 2 e et 3 e de 
gueules à la croix recroisetée d’or ; au 3 e d’or à l’arbre 
terrassé de sinople cantonnée d’un chien (?) d'argent. 
Le blason bordé à dextre de gueules chargée de six 
besants d'or, à sénestre de sinople chargée de sept 
flanchis d’or. 

Schetz (Jean-Charles) 1578. Ecartelé; aux i"et 4* d’argent au 
corbeau essorant de sable, posé sur un tertre de sinople; 
aux 2° et 3 e de gueules à trois fleurs de lis, au pied 
coupé d’argent. 

Schoorman (chev. Pierre-Antoine) 1676. D’argent à trois 
tours de gueules. 


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— 585 — 


Schore (chev. Louis van) 1522. j De sinople à trois lions 

Schore (chev. Jean van) 1685. i d'argent, armés, lampas- 
sés et couronnés d’or. 

Schotti (chev. Henri) 1611. D’hermine à trois étoiles de 
sable. 

Seghers (chev. Jean) 1692. D’azur au chevron de sable accom¬ 
pagné de trois étoiles d’or. 

Semerpont (chev. Pierre de) 1615. Ecartelé; aux 1 er et 4 e 
d’argent à trois mâcles de sable 2,1, au chef de gueules ; 
aux 2 e et 3“ d’argent au lion de sable, armé et lampassé 
de gueules. 

Servaes (Daniel) 1761. De sable au chevron, accompagné 
en chef de deux étoiles et en pointe d’un chien courant, 
le tout d’or. 

Sevilla (chev. Martin) 1622. D’or à trois chevrons de sable, 
au chef d’azur à trois aigles d’or. 

Simon (chev. Ignace) 1658. D’or à la fasce de sinople, accom¬ 
pagnée de trois têtes d’épi du même. 

Slabbeeck (chev. Jean-B u van) 1741. De gueules au che¬ 
vron d’azur chargé de trois merlettes d’argent, accom¬ 
pagné de trois étoiles d’or. 

Smet (chanoine Ambroise-Charles de) 1726. D’or à deux 
fers à cheval de sable, adossés en pal et cloutés du champ. 

Snoy (chev. Guillaume-François) 1731. D’argent à trois roses 
de sable, barbées et boutonnées d’or, à la bordure engre- 
lée du deuxième. 

Soteau (chev. Claude-Joseph) 1735. De sable à la croix poin¬ 
tue d’argent, accompagnée en chef à dextre, de trois 
besants d’argent, 2, 1. 

Spenray (chev. Louis-François de) 1686. D’argent au che¬ 
vron de sable accompagné de trois tilleuls de sinople, 
fruités d’or. 


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— 586 — 


Stalins (chev. Gilles) 1028. Ecartelé ; aux 1 er et 4 e d’argent à 
trois fusils de la Toison d’or de sable; aux 2 e et 3 e d’or 
à trois merlettes ou martinets de sable. 

Stalins (chev. Jean-B 1 ') 1659. Idem. 

Stalins (chev. Jacques) 1685. Idem. 

Stalins (Jacques) 1707. D’argent à trois fusils de la Toison 
d’or, de sable. 

Stalpaert (chev. Jacques) 1522. De gueules à trois pals de 
vair, au chef d’or chargé d’un sautoir de gueules. 

Stassart de Noirmont (Jacques-Joseph-Augustin) 1776. D’or 
à une tête et col de bœuf de sable; au chef cousu du 
champ chargé d’une aigle issanle du second. 

Steenbergen (chev. Jean-Baptiste van) 1662. D’or à trois 
taons de sable. 

Steenhaut (chev. Augustin de) 1712. D’azur au lion d’or, 
armé et lampassé de gueules; à la bordure d’argent 
chargée de douze étoiles à cinq rais, de gueules. 

Steenhaut (François-Alexandre de) 1788. Idem. 

Steenhuys (Guillaume de) 1601. D’argent au chevron de 
gueules, accompagné, en pointe, d’un annelet du même. 

Steenhuys (chev. Philippe-Guillaume de) 1627. Idem. 

Steenhuys (chanoine Charles de) 1653. Idem. 

Straeten (Jean van der) 1511. D’argent au sautoir d’azur 
chargé de cinq coquilles d’or. 

Streithagen (chev. Gilles) 1741. D’or à la fasce bretessée 
et contre-bretessée de sable. 

Sucquet (chev. Jean) 1503. De gueules au sautoir d’or can¬ 
tonné de douze besants d’argent. 

Sucquet (chev. Antoine) 1603. Ecartelé; aux 1 er et 4* de 
gueules au sautoir d’or, cantonné de douze besants 
d’argent; aux 2 e et 3® d’azur à trois maillets d’or, posés 
2, 1, au chef d’or, à trois pals de gueules 


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- 587 — 


Surhou ou Surhon (chev. Vincent de) 1627. D’azur au che¬ 
vron d’or, cantonné de trois coquilles d’argent. 

T. 

I 

Tackoen (Ecuyer Godfroid-Gaspar) 1763. Ecartelé ; aux 1 er et 
4" 'd’azur à trois étoiles d’argent 2, 1; aux 2 e et 3* 
d’argent à la fasce de gueules, un cotice d'argent bro¬ 
chant sur i’écartelure. 

Tayspil (chev. Pierre) 1522. D’argent à trois hures de 
sanglier de sable, armées du champ, accompagnées d’un 
chevron de gueules chargé de trois besants du champ. 

Themsicke (Josse de) 1503. D'or à trois têtes et cols de 
cheval de sable, bridées d’argent. 

Thulden (chev. Théodore de) 1645. De sable à trois tierces 
d’or, au chef du même. 

Thulden (chev. Jean-Florent van) 1668. Idem. 

Tombeur (chev. Hubert de) 1699. De gueules à onze besants 
d’or, cinq placés en sautoir au second quartier, les six 
autres en pointe 3 et 3; au franc quartier d’argent 
chargé d’un lion de sable. 

U. 

Uytenhove (chev. Nicolas) 1547. D’argent à trois jumelles 
de gueules chargé en chef d’un lambel à 3 pend, d’azur. 

Uwens (chev. Henry) 1607. De gueules au navet d’argent 
feuillé de sinople. 


V. 


Varick (Jacques de) 1605. D’argent à trois têtes de lion 
de gueules, lampassées et couronnées d’azur. 


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— 588 — 


Vekemans (chev. Jean François) 1653. D’or au lion léopardé 
de sable, armé et lampassé de gueules et couronné d’azur, 
posé en chef; une barrière de sable en pointe. 

Velue (cliev. Jean-Baptiste van de) 1779. D’or à l’arbre 
sec et arraché de sable. 

Veudeville ou Vendeville (chev. Guillaume de) 1584. D’azur 
à la gerbe liée d’or. 

Veudeville ou Vendeville (chev. Jean) 1627. Idem. 

Venne (chanoine François van de) 1671. De sinople au chef 
d’argent chargé de deux aigles (?) issorantes de sable. 

Verheyen (chev. Arnould) 1652. D’or à la fasce d’azur, 
accompagnée au chef de trois maillets d’argent et en 
pointe de trois roses tigées et feuillées du même. 

Verlysen (chev. François) 1559. D’argent au chevron de 
gueules, accompagné en chef de deux flanchis du même 
et en pointe d’une rose de gueules feuillée de sinople. 

Vermeulen (chev. Arnould) 1727. Ecartelé; aux 1 er et 4 e d’or 
à trois pals de gueules, le pal du milieu chargé dun 
écu d'argent chargé d’une aigle de... (Malines ?), au 2 e 
de sable à trois cierges d’or posés en fasce, au 3* de 
sable à une étoile à six rais d'or. 

Vicq (chev. Henri de) 1638. De sable à six besants d’or 3, 2 et 1. 

Vilain (chev. Louis) 1516. Ecartelé ; aux 1 er et 4® d’argent 
fretté de gueules, au chef d’azur chargé de trois étoiles 
en fasce d’or ; aux 2* et 3 e au parti émanché de quatre 
pièces de sable sur argent. 

Villenfaigne (chev Noël de) 1678. D’argent à la bande 
coticée de sable, chargée de trois coquilles d’or. 

Villers (Ecuyer Henri-Joseph de) 1767. De sable à dix losan¬ 
ges d’or accolés et aboutés 3, 3, 3, 1. 

Vincent (Jean) 1503. De gueules à trois quintefeuilles d’ar¬ 
gent, au chef triangulaire d’hermine. 


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— 589 — 


Viron (chev. Charles de) 1655. D’azur à l’arbre arraché 

d’argent, au chef d’or chargé d’une aigle de sable. 

Volden (Jacques vam 1621. \ D’argent au chef de sable 

Volden (chev. Pierre van) 1712 > chargé de trois poissons 

Volden (Pierre van) 1726. ) d’or, posés en bandes, 

rangés en fasce. 

Volxem (François van) 1783. De gueules à la fasce d’her¬ 
mine. 

Voorspoel (chev. Norbert van) 1688. D’or à trois chevrons 
de sable. 

Vuesels (Godfroy) 1580. ) Coupé d’argent sur 

Vuesels (chanoine Guillaume) 1593. ' gueules, l’argent 
chargé d’une aigle issante de sable, le gueules chargé 
de trois hanaps ou calices d’or rangés en fasce. 

Vuldere (Maillard de) 1604. Ecartelé; aux 1 et 4 e d’or à 
l’aigle éployée de gueules; aux 2 e et 3 e échiqueté d’argent 
et de gueules de huit tires, chacune de sept points. 

Vuldere (chev. Antoine de) 1627. D’or à l’aigle de gueules. 

Vreven (chev. Jean-Joseph de) 1693. D’or au lion de s ble. 

Vriesen (Jean-Dominique-Joseph) 1759. D’azur à la sirène 
d’argent, tenant dans sa dextre un miroir. 

W. 

Wachtendonck (chanoine Jean van) 1635. D’or à la fleur 
de lis de gueules. 

WAEPENAERT(chev.Charles-Philippe-Léopold-Balthazar) 1724. 
De gueules à trois têtes d’homme coiffées d’un casque 
d’argent 

Waepenaert (chev. Jean-Charles) 1750. Idem. 

Wasteel (chev. Jacques) 1547. D’argent à trois roses 2. 1, 
de gueules, feuillées de sinople et boutonnées d’or. 


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— 500 — 


Weert ou Waert (Chrétien dei 1558 D’argent à deux fasces 
de gueules. 

Werne (chev. Hilaire van) 1678. De sable à la fasce ondée 
d’argent, accompagnée de trois mains du même. 

Weyns (chev. Pierre) 1629. Coupé-enclavé de trois pièces 
de sable sur argent; au chef d’or chargé de trois merlet- 
tes du même; l’argent chargé de cinq mouchetures 
d’hermine, posées 3, 2. 

Wielant (chev. Philippe) 1503. D’argent à trois losanges 
d’azur, accolées en fasce. 

Wirix (chev. Ignace-Joseph) 1753. D’argent au lion de gueules, 
armé et lampassé d’azur, tenant un compas ouvert, dor. 

Z. 

Zeau ou Lezan (chev. Jean de) 1590. D’argent à trois 
quintefeuilles de sable, boutonnées du champ. 

Zoesius (chanoine Nicolas) 1603. D’argent au chef bastille 
d’azur de quatre pièces, chargé de trois fleurs de lis 
du champ. 

Zype (chev. Bernard-Alexandre van dem 1061. De sinople 
à trois têtes de léopard d'or, lampassées de gueules. 

Louis Stroobant. 


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TABLE ONOMASTIQUE. (*) 


Achelen. (1598) Le Président Igram van 
Acker. (1005) Le Président Jacques Liebaert, chevalier, 
seigneur de Chardau, Sommaing, Halewyns et 
Adriany. (1590) Le Conseiller Pierre 
Aerteghem. (1521) Le Président Josse Laureys, chevalier, 
Seigneur d’ 

Aguæ. Anne 

Aguæ. Jeanne 

Aken. Jacob Auguste 

Aken. Thérèse-Françoise van 

Ameronghen. (1513) Le Conseiller Jacques van 

a Montzima. (1578) Le Conseiller Foliard 

Anchemont de Ponsch. Jacques-Augustin 

Anderlecht Jeanne van 

Arbres. Alexandre-Mathieu-Ignace de Burten, Seigneur d’ 
Arthus. (1520; Le Conseiller Jean 
Asseliers. (1594) Le Conseiller Antoine 
Assonville. Le Conseiller d’ 

Auxtruyes. Jacques. 

Auxtruyes. (1503) Le Conseiller Jean 
Auxtruyes. (1540) Le Conseiller Jean 
Ayala. (1583) Le Conseiller Balthazar 
Ayta de Zuichem. (1513) Le Président Viglius 

(1) Lus millésimes renvoient aux notices biographiques. La table a été 
dressée d’après le mode adopté par la Commission de la Biographie 
Nationale. 


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— 592 — 


Bach. Christophe-Ernest, comte de Baillet, Seigneur de 
Reekingen, Strassen, Munich et de 
Bacq ou Back. Marie-Cathérine de 
Bacq. (1521) Le Conseiller Jean de 

Baert. (1538) Le conseiller Jean 

Baert. (1598) Le conseiller Arnould 

Baert. (1022) Le Substitut Pierre 

Baillencourt. (1657) Le Conseiller François de 
Baillet. <1701) Le Conseiller Christophore-Ernest, comte de 
Baillet. (1716) Le Président Christophore-Ernest, comte de 
Baillet. François 

Bailly. (1637) Le Conseiller Charles de 
Ballet. (1617) Le Conseiller François 
Baltin. Jean 

Baltin. (1610) Le Conseiller Josse 

Bardoins. Pierre Van den Broecke, Seigneur de Haute- 
Chêne, Roosenberghe et 

Batly. Jean Richardot, autrement dit Guiset, Seigneur de 
Batterans. Antoine Bontechout, Seigneur de 
Baudier. Cathérine-Thérèse 
Baudier. François-Ignace 
Baufoz. (1792) Le Conseiller Denis-François 
Bautersem. Michel-Constantin de Ruysschen, comte d’Eles- 
sem, Seigneur de 

Beaulieu. Jean Scorion, Seigneur de 
Beaulieu. Robert Scorion, Seigneur de 
Becx. Adolphe 
Becx. Esther 

Beeckman (1716) Le Conseiller Philippe-Antoine de 
Beken. (1655) Le Conseiller Balthazar van der 
Beninge. (1027) Le Conseiller Vincent de Surhou. Seigneur de 
Bennynck. (1598) Le Conseiller Jean 

Berentrode-sous-Bonheyden (1598) Le Conseiller Arnould 
Baert, seigneur de Wavre-Sainte-Marie et de 


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Berentrode. Pierre Baert, Seigneur de 
Berch. (1557) Le Conseiller François van den 
Bernaerts. (1695) Le Conseiller Josse 
Berquin. Florent de Griboval, seigneur de 
Bervoet. (1726) Le Conseiller Juste-Jacques. 

Biese. (1558) Le Conseiller Jean-Liévin. 

Biese. Jean-Louis. 

Blaesere. (1562, 1619) Le Conseiller Jean de 

Blaesvelt. Henri-Christian Diu, Seigneur de 

Bleuwaert ou Bluart. (1645) Le Substitut Jean 

Blevart. (1649) Le Conseiller Jean 

Blitterswyck. (1662) Le Conseiller Guillaume de 

Blondel. (1648) Le Conseiller Pierre 

Blondel. (1661) Le Conseiller Pierre-François 

Bochaut? (1582,1601) Leconseiller Pierre Peckius, Seigneur de 

Bogaerts. (1520) Le Conseiller Arnould 

Bogaerts 1575) Le Conseiller Jacques 

Bogaerts. (1617) De Conseiller Jean 

Boiselles. Guillaume-Philippe. Marquis d’Herselles, Baron 
de Werchin et de Liedekerke, Seigneur de Fau- 
cwez, d’Ittre, Samme. Sart, Virginal, Moensbroeck 
et de 

Boisot. (1531) Le Conseiller Charles de 
Boisot. (1561) Le Substitut Chrétien 
Boisot. Jacques de 

Bonheyden. (1611) Le ConseillerJean van Caestere, seigneur de 
Bontechout. Antoine 
Bontechout. Hugues 
Boonen. (1611) Le Conseiller Jacques 
Bors L’écuyer Eugène-Joseph de 
Bors François-Joseph-Wiro de 
Bors. (1761) Le Conseiller Joseph-Wiro de 
Borsbeke. (1582,1601) Le Conseiller Pierre Peckius, Seigneur 
de Bochaut (?) et de 


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— 594 — 


Bouchout. Marie van 
Bouck. Marie de 

Boucq. (1526) Le Conseiller Jean, alias Jacques de 

Boullin. (1547) Le Grellier Alexandre 

Boullin Jean 

Boullin. Lambert 

Boullin. Pierre 

Bouseval. (1660) Le Conseiller Albert Coxie, Baron de 
Moorsele, Seigneur de 

Bousse. Chevalier Jean d’Hovynes, Seigneur de 
Bouzan ou Bouzani. (1509) Le Conseiller Louis 
Bracuvelt. (1640) Le Conseiller Michel Lottin, Seigneur de 
Branchion. (1522) Le Conseiller Antoine 
Brenart. (1758) Le Conseiller Félix-Guillaume-Antoine 
Brenart. Jean-Antoine 
Breuil. (1532) Le Conseiller Pierre de 
Briarde. (1521) Le Conseiller Lambert de 
Briarde. (1532) Le Président Lambert de 
Brias. (1666) Le Conseiller Jacques-Théodore de 
Broeck. (1669) Le Président Jean-Antoine Locquet, vicomte 
d’Hombeek, Seigneur d’Impe, van den 
Broecke. (1616) Le Conseiller Jean van den 
Broecke. (1628) Le Conseiller Pierre van den 
Broeckhovc. (1680) Le Conseiller Hyacinthe-Marie de 
Broeckhoven. (1699) Le Président Hyacinthe-Marie de 
Brouxelles ou Bruxelles. (1518) Le Conseiller Raoul de 
Brouxelles. (1539) Le Conseiller Philibert de 
Broyaert Hugues le Cocq, Seigneur de la Motte — 
Broyer. François-Antonin 

Bruelx ou Breuil (1532) Le Conseiller Pierre de 
Bruitsma. Barthélemi 
Bruitsma. (1658) Le Greffier Denis 
Bruitsma. (16S8) Le Greffier Henri 


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— 595 — 


Bruitsma. (1690) Le Conseiller Henri 

Bruitsma. Joscph-Reinior 

Buisset (1564) Le Greffier Jacques 

Buisset ou Buysset. (1586) Le Greffier Jean 

Buisset. (1652) Le Conseiller Jacques 

Bummens. Catherine-Marguerite 

Burch. (1540) Le Conseiller Adrien van den 

Burch. (1569) Le Conseiller Jean van den 

Burch. (15S4) Le Président Jean van den 

Burlen. (1706) Le Conseiller Alcxandre-Mathieu-Ignace de 

Burlet. Gaspar de 

Burlet dit Beauf'ort. Marie-Anne-Antoinette de 
Busleyden. (1503) Le Conseiller Jérôme de 
Buysermaeten. (1020) Le Greffier Jacques de Sassigny dit 
de Calvart ou Caluwaert. Seigneur de 
Caestere. (1611) Le Conseiller Jean van 
Caïmo. (1741) Le Conseiller Charles-Thomas 
Calloy. (1590) Le Conseiller Eloi du Mont-St.-Eloy, Seigneur 
de Pagnandra, et de 
Caluart. (1631) Le Conseiller Jacques 
Caluaerts. Anne 
Cammen. André van der 
Cammen. Jeanne-Barbe-Thérèse van der 
Carondelet. (1503) Le Conseiller Jean 
Carondelet. (1508) Le Conseiller Ferry 
Casselot. (1730) Le Conseiller Adrien 
Cassin. (1666) Le Conseiller Henri 
Catz. (1503) Le Président Jean Peeters. Seigneur de 
Cauwenhove. Marguerite van 
Chaboteau. (1699) Le Conseiller Henri 
Champuans. Jean Corondelet, Seigneur de 
Chardau. (1605) Le Président Jacques Liebaert, Seigneur de 
Charles. (1575) Le Conseiller Jean 
Charles. Lucrèce 


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— 596 — 


Christijn. (1667) Le Conseiller Jean-naptiste 
Clermez. Guillaume de 
Clermez. (1583. Le Substitut Jean de 
Cocq. (1762) Le Conseiller Gilles de 
Cocq. (1750) Le Substitut Egide de 
Colins. (1543) Le Conseiller Jean 
Colins. (1650) Le Conseiller Antoine 

Colins. (1677) Le Conseiller Philippe-François, baron de 
Coloma. (1711) Le Conseiller Jean-Alphonse, comte de 
Contault. (1559) Le Conseiller Antoine 
Coomans. (1570) Le Conseiller Jean 

Coothoven. (1003) Le Conseiller François Roose ou Rosa, 
seigneur de 

Corbeeck. Jean-Antoine Brenart, seigneur de 
Coriache (1707) Le Conseiller Aimé-Ignace de 
Corsélius Gérard 

Corsélius. (1617) Le Conseiller David 
Corte. (1707) Le Conseiller Joseph de 
Cottin. (1783) Le Conseiller Thomas-Joseph 
Coulez. (1611) Le Conseiller Zegere 
Coulez. (1628) Le Président Zegere 
Courtewille. (1518) Le Conseiller Jean de 
Courtois (1720) Le Conseiller Jean-François 
Courtrai. (1730) Le Conseiller Charles de 
Coxie. (1638) Le Conseiller Michel de 
Coxie. (1660) Le Conseiller Albert de 
Crane-d’Heysselaer (de) 

Craenevelt. (1552) Le Conseiller François van 
Cranendonck. (1569) Le Conseiller Bauduin-Jacobi van 
Crayniere. (1688) Le Conseiller Michel-Constantin de Ruys- 
sclien, comte d’Elessem, seigneur de Bautersem, 
Marquette, Sevenplanque et 
Creux. Jean Gerlays, vicomte d’Epigny, seigneur de 
Criep (1574) Le Conseiller Guillaume de 


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— 597 — 


Cutsem. (1793) Le Conseiller Guillaume van 
Cuvelier. (1612) Le Conseiller Pierre 
Daele. (1522) Le Conseiller Englebert van den 
Daelen. (1598) Le Conseiller Georges Hopperus, seigneur de 
Daelen. (1554) Le Conseiller Joachim Hopper ou Hopperus, 
seigneur de 

Daneels. (1627) Le Conseiller Jean-Baptiste 
Dave. (1590) Le Conseiller Jean 

Decker. (1721) Le Conseiller Jean-Baptiste-Gabriel de 
Deckere. Marie, de 

de la Chapelle ou Capelle. (1503) Le Conseiller, Richard 
de la Chapelle. François 

de la Court au Bois. (1727) Le Conseiller Eugène-Joseph 
d’Olmen, baron de Poederlé, seigneur 
de la Court au Bois. (1739) Le Président Eugène-Joseph 
d’Olmen, baron de Poederlé, seigneur 
de la Croix. François Baillet, seigneur 
de la Ferne. (1532) Le Conseiller Jean de Masnuy, seigneur 
de la Haye. (1025) Le Conseiller Charles Lauryn, seigneur 
de la Lucerne (1503) Le Conseiller Fernand 
de la Lucerne. (1504) Le Conseiller Tristan 
de la Motte-Broyaert. Hugues le Cocq, seigneur 
de la Motte. (1676) Le Conseiller Jean-François 
de la Motte. Jean Jacques 

de la Mure. (1523) Le Conseiller Antoine Branchion, sei¬ 
gneur 

de la Papoire. (1503) Le Conseiller Thomas 
de la Vacquerie (1570) Le Conseiller Jérôme de France, 
seigneur 

de le Veilleuse de l’Hove. (1777) Le Conseiller Martial-Joseph 
Louis, seigneur 

de la Vilette. Cathérine-Louise 

del Marmol. (1686) Le Président André 

del Motte. Marguerite 


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— 598 — 


Delvays y Frias. Thérèse Constance 

Denterghem. Auguste-Ignace-Joseph Norbert, baron de Saint- 
Vaast, seigneur de 

Denterghem. (1724) Le Conseiller Pierre-Claude Marie de 
Saint-Vaast, seigneur de 

des Gageries. Robert Scorion, seigneur de Leaucourt, de 
Hurtebise et 

des Marcs ou Mares. Jeanne 

Desmares. (1575) Le Greffier Porus 

Deudon. (1735). Le Substitut Pierre-Joseph 

Deudon. (1741) Le Conseiller Pierre-Joseph 

Deyn. (1564) Le Conseiller Thery 

Diercxsens. Le Président 

Dieusart. Anne-Claire 

Diu. (1763) Le Substitut Henri-Chrétien 

Diu. (1767) Le Conseiller Henri-Chrétien 

Dorpe. (1503) Le Conseiller Jérôme van den 

Doublet. Marie 

Doublet. (1535) Le Substitut Philippe 
Doublet. Roland 

Douglas dit Schott. (1778) Le Substitut Jacques-François 
Douglas dit Schott. (1783) Le Conseiller Jacques-François 
Druitius ou Dreulx. (1557) Le Conseiller Remy 
Du Rois. (1567) Le Conseiller Jean 
Du Hot. (1663) Le Conseiller Pierre 
Dujardin. (1670) Le Substitut Philippe 
Dujardin. (1683) Le Conseiller Philippe 
du Maisnil. (1615) Le Conseiller Pierre de Semerpont, Sei¬ 
gneur de Teuqucs et 

du Marteau. (1671) Le Conseiller Guillaume-Ernest 
du Mont Saint-Eloy. (1522) Le Conseiller Florent 

du Mont Saint-Eloy. (1559) Le Conseiller Charles 

du Mont Saint-Eloy. (1590) Le Conseiller Eloy 

Duquesne. Antoine 


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— 599 — 


Duquesne. Françoise 
Duret. Pierre 

du Trieu. (1737) Le Greffier Pierre-André-François 

du Val. Anselme Beners, Seigneur 

du Vivier. Le Baron 

Dyck. Le Notaire J. van 

Dycke. (165G) Le Conseiller Jean van den 

Ee. (1508) Le Greffier Lambert van der 

Egmont. Le comte d’ 

Elessem. (1088) Le Conseiller Michel-Constantin de Ruys- 
schen, comte d’ 

Elinx. Elisabeth 
Engrand. Jean-François 
Engrand. Louis 

Engrand. (1069) Le Greffier Raimond 

Epigny. (1025) Le Conseiller Jean Gerlays, vicomte d’ 

Erkelens. (1693) Le Conseiller Jean-Thadée de Grouflé d’ 

Errembault ou Errembout. (1057) Le Conseiller Louis 

Ertborn. (1717) Le Greffier Adolphe-Pierre van 

Eskens ou Esquens. (1586) Le Greffier Pierre 

Eueraerts. (1555) Le Conseiller Liévin 

Everardi. (1505) Le Conseiller Nicolas 

Everardi ou Everard. (1528) Le Président Nicolas 

Everardi. (1532) Le Conseiller Nicolas 

Everbeke. (1503) Le Conseiller Philippe Wielant, seigneur d’ 

Everbeke. (1508) Le Conseiller Philippe Wielant, seigneur d’ 

Eynde. A. van den 

Eyndhout. Ide van 

Fabri dit Fèbre. (1519) Le Conseiller Philippe 
Faucwez. (1090) Le Président Guillaume-Philippe, marquis 
d’Hersclles, baron de Werchin et de Liedekerke, 
seigneur de 

Fief. (1015) Le Conseiller Nicolas de 
Fierlant. (1057) Le Conseiller Simon de 


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— 600 - 


Fierlant. (1773) Le Président Goswin de 
Fiers. (1601) Le Conseiller Guillaume de Steenhuys, sei¬ 
gneur de 

Fossen. (1776) Le Conseiller Jean-Baptiste-Nicolas van der 

France. (1573) Le Conseiller Jérôme de 

France. (1587) Le Conseiller Renom de 

France. (1022) Le Président Renom de 

France. (1646) Le Conseiller Adrien de 

France. (1663) Le Président Adrien de 

Frankenberg. L’Archevêque de 

Fransbeke. (1703) Le Substitut Henri-Chrétien Diu, seigneur 
de Blaesvelt et de 

Fransbeke. (1767) Le Conseiller Henri-Chrétien Diu, seigneur 
de Blaesvelt et de 

Frarin. (1672) Le Conseiller Louis-Marie de 
Frederickx. Jeanne-Madeleine 
Froidmont. (1583) Le Conseiller Jacques de 
Frysens. Marie 

Gaule. (1619) Le Conseiller Jérôme de 

Gerlays. vicomte d’Epigny. (1625) Le Conseiller Jean 

Gestel. Esther-Pauline-Antoinette 

Gheusere. (1058) Le Conseiller Jean de 

Gheyn. Le R. P. van den 

Ghison. (1783) Le Conseiller Jacques-François-Joseph de 
Gielis d’Hujoel. (1706) Le Conseiller Guillaume-François 
Gillet (1503) Le Conseiller Jean 

Gistelhoven. (1628) Le Conseiller, Pierre van den Broecke, 
seigneur de Haute-Chêne, Roosenberghe, Bardoins et 
Glimes. (1548) Le Conseiller Jean de 
Glimes ou Glymes dit de Berges. (1562) Le Président Jean de 
Goes Jean-Marguerite van der 
Goethem. (1755) Le Conseiller François-Louis van 
Gonet ou Gonnet. (1513) Le Conseiller Jean 
Goubau. (1744) Le Conseiller Charles-Henri 


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— GOi — 


Goubau. (1788) Le Conseiller Melchior-Joseph-François 
Govaerts. Jeanne-Marguerite 
Govaerts. (1689) Le Conseiller Pierre 
Goyck. Guillaume de Gryspere, baron de 
Grandtreing. Philippe de Brouxellcs, seigneur de Heys- 
Broeck et de 

Granvelle. Le Cardinal de 
Griboval. (1543) Le Conseiller Florent de 
Grispere. (157G) Le Conseiller Guillaume de 
Grispere. (1582) Le Conseiller Antoine de 
Grispere (1678) Le Conseiller Guillaume de 
Grispere ou Gryspere. (1690) Le Président Guillaume-Albert de 
Grobbendonck. Gaspar Schetz, seigneur de 
Grobbendonck. (1578) Le Conseiller Jean-Charles Schetz de 
Groenhove. Hugues le Cocq, seigneur de la Motte-Broyaert 
et de 

Gronslélt ou Gronsele (1505) Le Conseiller Jean de 
Groote. Hélène-Françoise de 

Grootven (vers 1790) Le Greffier Joseph-François-Daniel van 
Gros. (1503) Le Conseiller Guillaume le ou de 
Grouffe d’Erkelens. (1693) Le Conseiller Jean-Thadée de 
Gruloos. Isabelle 

Guchtenere. (1792) Le Conseiller Jean-Bernard de 
Hactius Otto 

Haeghen. (1696) Le Conseiller Honoré-Henri, van der 
Halewyns. (1605) Le Président Jacques Liebaert, seigneur 
de Chardau. Sommaing et 
Halmaele (1664) Le Conseiller Guillaume van 
Haltrou. (1628) Le Conseiller Charles-Philippe de 
Ham. (1688) Le Conseiller Michel-Constantin de Ruysschen, 
comte d’Elessem, seigneur de Baulersem et de 
Happaert (1734) Le Conseiller Robert-Hyacinthe-Joseph 
Haqueres. (1663) Le Conseiller Pierre du Hot, seigneur de 
Hartius. (1598) Le Conseiller Otton 


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— G02 - 


Haute-Chêne. (162S) Le Conseiller Pierre van den Broecke, 
seigneur de 

Hautem-Saintc-Marguerite. (1GG8) Le Conseiller Jean-Florent 
van Thulden, seigneur de 
Havrech. Le due d’ 

Harze. (1G10) Le Grellier Chrétien de 
Hellemans. (1G88) Le Substitut Adrien 
Herryns. Le peintre. 

Hèrselles. (IG90) Le Président Guillaume-Philippe, mar¬ 
quis de 

Heydenryck. (1090) Le Conseiller Pierre-Jacques, van 
Heysbroeck. Jacob-Auguste Aken, seigneur de 
Hombeek. (1GG9) Le Président Jean-Antoine Loc([uet, 
vicomte d’ 

Hony. (1731) Le Conseiller Jean-Baptiste 
Hooghe. Philippe de 

Hoop. (1793) Le Conseiller François-Dominique d’ 

Hopper ou Hoppcrus. (1554) Le Conseiller Joachim 
Hopperus. (1598) Le Conseiller Georges 
Hornes Le comte de 

Hove (1582-lGOi) Le Conseiller Pierre Peckius, seigneur 
de üochaut (?), Borsbeke et 
Hovynes. (1587) Le Conseiller Jean d’ 

Hovynes. (1G28) Le Conseiller Charles d' 

Huart (162G) Le Conseiller Jean-Gaspard 
Huens. Anne 

Huioel ou Hujoel. (170G) Le Conseiller Guillaume-François 
Gielis d’ 

Humijn ou Hywyn. (IGM) Le Conseiller Claude d’ 
Humijn. (1035) Le Conseiller Henri d’ 

Hurtebise. Robert Scorion, Seigneur de Leaucourt et de 
Husmans. (1731) Le Substitut Charles-Henri 
Idegem ou Ideghem. (1730) Le Conseiller Guillaume-Ignace 
Pycke, Seigneur d’ 


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- 603 — 


Idegem ou Ideghem. (1757) Le Président Guillaume-Ignace 
Pycke, Seigneur d’ 

Igel. (1723) Le Conseiller Jean-Henri Kahunn ou Khaun, 
Seigneur d’ 

Impe. (1660) Le Président Jean Antoine Loequet, vicomte 
d’Hombeek, seigneur d’ 

Inghem. (1605) Le Conseiller Renom Le Bailly, Seigneur d’ 
Ittre. (1690) Le Président Guillaume-Philippe, marquis 
d’Herselles, baron de Wercliin et de Liedekerke, 
seigneur de Faucwez et d’ 

Jacobs. (1756) Le Conseiller Henri-Thôodore-Jean 
Janssens dit Hujocl. (1691) Le Conseiller Corneille 
Janssens dit Ilujoel. Etienne-Corneille 
Jonckershove. (1707) Le Conseiller Joseph De Corte, Sei¬ 
gneur de 

Jouart ou Jonnart. (1619) Le Conseiller Philippe 
Kahunn ou Khaun (1723) Le Conseiller Jean-Henri 
Kerens (1768) Le Conseiller André 
Kerman. Antoine 

Kerrenbroeck. (1688) Le Conseiller Philippe-Albert van 
Keyaerts. 11716) Le Conseiller Jean-Ferdinand 
Laing. (1767) LeSubstitut Léopold-François-Xavier-Antoine de 
Laing. (1777) Le Conseiller Léopold-François-Xavier-Antoine 
de 

Laloux. (1660) Le Conseiller Albert de Coxie, baron de 
Moorsele, seigneur de 

Lamosnier. (1738) Le Conseiller Jean-François 
Lamy. Marie-Cathérine Louise de 
Lamy. Pierre-Nicolas 
Lancelot. (1628) Le Conseiller Jean 

Landeghem. (1503-1508) Le Conseiller Philippe Wielant, 
seigneur de 

Landsheere ou Lansheere. (1616) Le Conseiller Maillard de 
Landsheere. (1649) Le Substitut Jean de 


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— 004 — 


Landsheere ou Lansheere. (1651) Le Conseiller Jean de 
Langemarck (1721) Le Conseiller Charles-Philippe Pattin ou 
Pattyn. seigneur de 

L’Apostole. (1503-1529) Le Conseiller Pierre 
L’Aposlole (1528) Le Conseiller Jérôme 
Lassault. (1720) Le Conseiller Pierre-François de 
Laureys. Jean 

Laureys ou Lawreys. (1521) Le Président Josse 
Laurin Henri Florent 
Laury. (1707) Le Conseiller Remi de 
Lauryn (1625) Le Conseiller Charles 
Lauryn. (1653) Le Conseiller Henri-Florent 
Leaucourt. Robert Scorion, seigneur de 
Le Bailly. (1580) Le Greffier Jean 
Le Bailly (1605) Le Conseiller Renom 
Lebontechou (1516) Le Greffier Jean ou Hugues 
Le Clerc (1793) Le Président Jacques-Antoine 
le Cocq. (1529) Le Conseiller Bauduin 
le Cocq. Hugues 

Leefdael. (1522) Le Conseiller Engclbert van den Daelc, 
seigneur de 

Leeuw- Saint-Pierre. (1664) Le Conseiller Jacques-Charles 
Roose, Baron de 

Le Febvre. (1596) Le Greffier Barthélemi 

Le Gros ou De Gros. (1503) Le Conseiller Guillaume 

Le Marquis. (1512) Le Conseiller Guillaume 

Le Mercier. (1655) Le Conseiller Anthoine 

Le Mire. Aubert 

Le Mire. Cécile 

Le Mire. Marie-Anne-Thérèse 

Lendicq. (1707) Le Conseiller Albert-Antoine de 

Le Roy ou De Roy. (1638) Le Conseiller Jean 

L’Espinoy. (1543) Le Conseiller Philippe 

L’Estaret Marguerite 


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— 605 — 


Lettin. (1494-1521) Le Greffier Jean 

Levergem. (1612) Le Conseiller Pierre Cuvelier, seigneur de 
Saint-Laurent et de 

Leyen ou Leyden. (1520) Le Conseiller Jean van der 
L’Hermite. (1638) Le Conseiller Antoine 
L’Hermite. (1651) Le Président Antoine 
Liebaert. (1585) Le Conseiller Jacques 
Liebaert. (1605) Le Conseiller Jacques 
Liebersart ou Lubersant. Guillaume de Gryspere, baron de 
de Goyck et de 

Liedekerke. (1690) Le Président Guillaume-Philippe, mar¬ 
quis d’Herselles, baron de Werchin et de 
Locquet. (1669) Le Président Jean-Antoine 
Lompret. (1532) Le Conseiller Jean de Masnuy, seigneur 
de la Ferne et de 

Longueville. (1474) Le Greffier Jean de 

Lossignol. (1586) Le Greffier Jean Buisset, seigneur de 

Lottin. Guillaume 

Lottin. (1640) Le Conseiller Michel 
Ludovisi d’Orley- (1762) Le Substitut Jean-Mathias 
Ludovisi d’Orley. (1773) Le Conseiller Jean-Mathias 
Maes. (1590) Le Conseiller Engelbcrt 
Malcorps. Marie-Constance 
Marci. (1742) Le Conseiller Jean-Jacques 
Marques ou le Marquis. (1516) Le Greffier Guillaume de 
Marques. (1543) Le Substitut Jean de 
Marquette. (1688) Le Conseiller Michel Constantin de Ruys- 
sclien, comte d’Elessem, seigneur de Bautersera et de 
Martigny. (1540) Le Conseiller Louis de 
Martini. (1565) Le Substitut Jean 
Martini. (1583) Le Greffier Jean 
Martini. (1586) Le Conseiller Jean 
Masnuy. (1532) Le Conseiller Jean de 
Merbois. (1731) Le Substitut Cliarles-Henri Husmans, sei¬ 
gneur de 


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— 00(3 


Mérode. Jean de 

Meuldre. (1738) Le Conseiller François de 
Meuldre. Jean-François de 
Meulenaere. (1548) Le Conseiller Antoine de 
Meulevelt. (1038) Le Président Henri de Vicq, seigneur de 
Metteneye. (1522) Le Conseiller Pierre 
Michelbeke. (1018) Le Conseiller Pierre Blondel, seigneur 
d Oudenhove Sainte-Marie et de 
Midy. (1503) Le Substitut Pierre 

Moensbroeck. (1600) Le Président Guillaume-Philippe, Mar¬ 
quis d’Herselles, baron de Werchin et de Liedekerke, 
seigneur de Faucwez, litre, Samme, Sart. Vir¬ 
ginal et de 

Mois. Marie-Jeanne-Josèphe 
Monceau. Josse de 

Monceau. (1651) Le Substitut Jean de 
Monceau. (1063) Le Conseiller Jean de 
Montaigle-la-Ville. (1029) Le Conseiller Jean-Baptiste Polchet, 
seigneur de 

Moorsele. (1000) Le Conseiller Albert de Coxie, baron de 
Mouchet. (1574) Le Conseiller Pierre 
Mouscron. (1511) Le Conseiller Jean-Louis do 
Muesart ou Muysart. (1541) Le Conseiller Jacques 
Muinck ou Muenincx. (1548) Le Conseiller Corneille de 
Mulaert ou Mulert. (1527) Le Conseiller Gérard 
Munich. (1704) Le Conseiller Christophore Ernest, comte 
de Baillet, seigneur de Reekingen, Strassen et de 
Muren. (1090) Le Greffier Gaspard van der 
Narquis. Guillaume de 

Negri ou Le Noir. (1522) Le Conseiller Philippe 
Neuffut. (1040) Le Conseiller Michel Lottin, seigneur de 
Bracuvelt et de 

Nicolaï. (1541) Le Conseiller Adrien 
Nicolaï. (1557) Evrard ou Nicolas Everardi 


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— 607 - 


Nicolaï. (1601) Le Conseiller Charles 
Noirmont. Jacques-Joseph-Augustin de 
Noorthaut (1640) Le Conseiller Michel Lottin, seigneur de 
Bracuvelt, Neuffut et de 
Noot. Adolphe van der 
Noot. Marguerite van der 

Noyelles. (1587) Le Conseiller Renom de France, seigneur de 
Noyelles (1622) Le Président Renom de France, seigneur de 
Noyelles. (1646) Le Conseiller Adrien de France, seigneur de 
Noyelles. (1663) Le Président Adrien de France, seigneur de 
Nys. Marie-Josèphe 
Nys. Renaud 

O’Donogue. (1724) Le Conseiller Jean 
Olmen de la Court au Bois (1727) Le Conseiller Eugcne- 
Joseph 

Olmen de la Court au Bois. (1739) Le Président Eugène- 
Joseph 

Oudegerst. (1558) Le Conseiller Jean d’ 

Orley. (1762) Le Substitut Jean-Mathias Ludovisi d’ 

Orsele. (1734) Le Conseiller Guillaume François Snoy, 
seigneur d’ 

Otté (1725) Le Conseiller Charles 

Oudenhove-Sainte-Marie. (1648) Le Conseiller Pierre Blon¬ 
del, Seigneur d’ 

Paemele. (1561) Le Conseiller Guillaume de 
Paffenrode. (1625) Le Greffier Florent van 
Pallet. Marie 
Pape. Anne de 
Pape. Pierre de 

Partz (1728) Le Substitut Charles-François-Joseph de 
Partz. (1730) Le Conseiller Charles de 
Partz. (1765) Le Conseiller Jacques de 
Pattin ou Pattijn. (1721 ) Le Conseiller Charles-Philippe, 
seigneur de Langemarck. 


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— Go8 


Peckius. (1582-iGOl) Le Conseiller Pierre 
Peeters. (1503) Le Président Jean 
Peussens (1584) Le Conseiller Adrien 
Piet. I1G10) Le Conseiller Bauduin van der 
Pipaix. (1503) Le Conseiller Thomas de la Papoire. sei¬ 
gneur de 

Plessis (1534) Le Conseiller Florent de Griboval, seigneur 
de Berquin et de 

Polchet. (1G29) Le Conseiller Jean-Baptiste 

Poppenrode. (1085) Le Conseiller Jacques Stalins, seigneur do 

Poppenrode. (1707) Le Président Jacques Stalins, seigneur de 

Porrij. (1570) Le Conseiller Louis 

Potter. (172G) Le Conseiller Guillaume de 

Poupez. (1740) Le Conseiller Nicolas-Joseph 

Poupez. (1788) Le Conseiller Jean-Louis-Joseph 

Proost. Jean 

Proost. (1000) Le Conseiller Pierre 

Pugnandra. (1500) Le Conseiller Eloy du Mont-Saint-Eloy, 
seigneur de 

Pycke (1730) Le Conseiller Guillaume-Ignace 
Pycke. (1757) Le Président Guillaume-Ignace 
Pyperscel. François van 
Rantere. (1G1G) Le Conseiller Charles de 
Rataller ou Rataleur. (15G0) Le Conseiller Georges ou Josse 
Rebreviettes. (1548) Le Conseiller Jacques de 
Reekingen.(1704)Le ConseillerChristophore-ErnestdeBaillet, 
seigneur de 

Reniers. (1780) Le Conseiller Antoine 
Rerens. André 

Reyngere. (1515) Le Conseiller Richard 
Richardot. (15G8) Le Conseiller Jean 
Richterich. (1730) Le Conseiller Joseph-Théodore 
Richterich. (1784) Le Greffier Philippe-Ernest 
Robaix- (1517) Le Conseiller Adrien de 


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— 609 — 


Robecq. Le Prince de 

Robersart. Robert Scorion, seigneur de Beaulieu et de 
Robiano. (1678) Le Greffier Balthazar-François de 
Robiano. (1721) Le Greffier Gérard-Norbert de 
Robiano. (1725) Le Substitut Louis-Joseph-François de 
Roelants. (1625) Le Conseiller Jacques 
Roelants. Marie-Madelaine 
Roeloffs. Barbe 

Rogez. (1770) Le Conseiller Philippe-Joseph 
Romerswale dit Caluwaerts. Pierre van 
Roose ou Rosa. (1603) Le Conseiller François 
Roose. (1637) Le Conseiller Ambroise. 

Roose, baron de Leeuw-Saint-Pierre. (1664) Le Conseiller 
Jean-Charles 

Roosenberghe. (1628) Le Conseiller Pierre van den Broecke, 
seigneur de Haute-Chêne et de 
Rorive. Marie-Elisabeth de 
Roucq. de ou le 

Roulleau. (1574) Le Conseiller Pierre Mouchet, seigneur du 
Château- 

Rousseau. (1523) Le Greffier Adrien 
Roussel. (1559) Le Greffier Everard 

Roussel, Rousselle ou Rousseau. (1503-1512) Le Conseiller Jean 
Roy. Jean de ou le 
Royez. Philippe Joseph 

Rumsdorp. (1668) Le Conseiller Jean-Florent van Thulden, 
seigneur de Hautem-Sainte-Marguerite et de 
Ruysschen. (1616) Le Conseiller Guillaume de 
Ruysschen, comte d’Elessem. (1688) Le Conseiller Michel- 
Constantin de 

Ryckelen. (1603) Le Conseiller François Roose ou Rosa. 

seigneur de Coothoven et de 
Rye. (1648) Le Conseiller Pierre Blondel, seigneur d’Ouden- 
hove Sainte-Marie, Michelbeke et de 


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— 610 — 


Saint-Laurens. (1612) Le Conseiller Pierre Cuvelier, sei- 
neur de 

Saint-Vaast. (1664) Le Substitut Alard de 
Saint-Vaast. (16G9) Le Conseiller Alard de 
Saint-Vaast. Auguste-Ignace-Joseph-Norbert, baron de 
Saint-Vaast. (1724) Le Conseiller Pierre-Claude-Marie de 
Salines. (1585) Le Conseiller Ferdinand de 
Salm-Salm. Le Prince de 

Samme. (1690) Le Président Guillaume-Philippe, marquis 
d’Herselles, baron de Werchin et de Liedekerke, 
seigneur de Faucwez, Ittre et de 
Sanguessa. (1623) Le Greffier François 
Sanguessa. Henri-Alphonse 

Sart. (1690) Le Président Guillaume-Philippe, marquis d’Her¬ 
selles, etc., seigneur de 

Sassigny dit Calvart. (1620) Le Greffier Jacques de 

Schelde. Jean van der 

Schetz, baron do Westmalle. Gaspar 

Schetz de Grobbendonck. (1578) Le Conseiller Jean-Charles 

Schiers. Cathérine de 

Schilde. (1582) Le Greffier Jean van der 

Schoof. Philippe 

Schoorman. (1676) Le Conseiller Pierre-Antoine 
Schore. (1522) Le Conseiller Louis van 
Schore. (1665) Le Conseiller Jean van 
Schotti. (1611) Le Conseiller Henri 
Schueren. Cathérine van der 

Schutburg (1614) Le Conseiller Claude Hywyn ou Humÿn, 
seigneur de 

Schijn. (1650) Le Greffier Antoine 
Scorion. (1764) Le Greffier Louis-Joseph 
Seghers. (1692) Le Conseiller Jean 
Semerpont. (1615) Le Conseiller Pierre de 
Servaes. (1761) Le Conseiller Daniel 


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— GU — 


Sevenplanque. (1G88) Le Conseiller Michel Constantin de 
Ruysschen, comte d’Elessem, seigneur de 
Sévilla. (1013) Le Substitut Martin de 
Sévilla. (1622) Le Conseiller Martin de 
Sévilla. Théodore de 
Simon. (1058) Le Conseiller Ignace 
Slabbeeck. (1741) Le Conseiller Jean-Baptiste van 
Smet. (1720) Le Conseiller Ambroise-Charles de 
Smet. Arnout-Jeanne 

Snoy. (1734) Le Conseiller Guillaume-François 
Sommaing. (1005) Le Président Jacques Liebaert seigneur 
de Chardau et de 
Sompele. Livin Ignace van den 
Soteau. (1735) Le Conseiller Claude-Joseph 
Spenray. (1080) Le Conseiller Louis-François de 
Spy. (1009) Le Président Hyancinthe-Marie de Broeckhoven, 
seigneur de 

Stalins. (1028) Le Conseiller Gilles 
Stalins. Le Substitut Jean-Baptiste 
Stalins. (1654) Le Conseiller Jean-Baptiste 
Stalins. (1085) Le Conseiller Jacques 
Stalins. (1707) Le Président Jacques 
Stalpaert. (1522) Le Conseiller Jacques 
Stassaert ou Stassart de Noirmont. (1770) Le Conseiller Jac¬ 
ques-J oseph-Augüsti n 

Steen. (1699) Le Président Hyacinthe-Marie de Broeckho¬ 
ven, seigneur de Spy et de 
Steenbergen (1002) Le Conseiller Jean-Baptiste van 
Steenhaut. (1712) Le Conseiller Augustin de 
Steenhaut. (1788) Le Conseiller François-Alexandre de 
Steenhuys. (1601) Le Conseiller Guillaume de 
Steenhuys. (1027) Le Conseiller Phillippe-Guillaume de 
Steenhuys. (1053) Le Conseiller Charles de 
Steyaert. Le Docteur Martin 


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— 612 — 


Straeten. Anne van der 

Straeten. (1511) Le Conseiller Jean van der 

Straelen. Jean van der 

Strassen ou Strassin. (1704) Le Conseiller Christophore- 
Ernest, comte de Baillet, seigneur de Reekingen 
et de 

Streithagen ou Struthagen. (1741) Le Conseiller Gilles 
Stroobant. François 
Sucquet. (1503) Le Conseiller Jean 
Sucquet. (1603) Le Conseiller Antoine 
Surhou. (1627) Le Conseiller Vincent de 
Swyveghem. Pierre-Albert van Kerrenbroeck, seigneur de 
Leaucourt, de Hurtebise, des Gageries et de 
Tackoen. (1763) Le Conseiller Gaspard-Godefroid 
Taispil ou Tayspil. (1522) Le Conseiller Pierre 
ten Daele. Gillis Stalins, seigneur de 
Terres. (1707) Le Conseiller Joseph De Corte, seigneur de 
Jonckershove et de 

Teuques. (1615) Le Conseiller Pierre de Semerpont, sei¬ 
gneur de 

Themsicke. (1503) Le Conseiller Josse de 
Thulden. (1645) Le Conseiller Théodore de 
Thulden. (1668) Le Conseiller Jean-Florent van 
Timmermans. (1783) Le Conseiller Pierre-Henri 
Tombeur. (1699) Le Conseiller Hubert de 
Trautmansdorff. Le Ministre 

’t Sarcamps. (1614) Le Conseiller Claude d’Hywyn ou 
Humijn, seigneur do Schutburg, Wardain et 
Tympel. Olivier van den 
Ursele. Cathérine van 
Uwens. (1607) Le Conseiller Henri 
Uytenhove. (1547) Le Conseiller Nicolas 
Varick. (1605) Le Conseiller Jacques de 
Vekemans ou Vequemans. (1653) Le Conseiller Jean François 


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— 613 - 


Velaire. Louis 

Velde. (1779) Le Conseiller Jean-Baptiste van de 
Venne. (1671) Le Conseiller François van de 
Verheyen. (1652) Le Conseiller Arnould 
Verleysen ou Verlysen. (1559) Le Conseiller François 
Vermeulen. (1727) Le Conseiller Arnould 
Vendeville ou Veudeville. (1584) Le Conseiller Guillaume de 
Vendeville ou Veudeville. (1627) Le Conseiller Jean de 
Vicq. (1638) Le Président Henri de 
Vieusart. (1716) Le Conseiller Philippe-Antoine de Beeck- 
man, Seigneur de 
Viglius. Le Chef et Président 
Vilain. (1546) Le Conseiller Louis 
Vildere. Maillard de 

Villenfaigne. (1678) Le Conseiller Noël de 
Villers. (1767) Le Conseiller Henri-Joseph de 
Vincent. (1503) Le Conseiller Jean 

Virginal. (1690) Le Président Guillaume-Philippe, marquis 
d’Herselles, etc., seigneur de 
Viron. (1655) Le Conseiller Charles de 
Voerspoel Charles van 
Volden. (1621) Le Conseiller Jacques van 
Volden. (1687) Le Greffier Antoine van 
Volden. (1707) Le Greffier Pierre van 
Volden. (1712) Le Conseiller Pierre van 
Volden. (1726) Le Président Pierre van 
Volxem. (1783) Le Conseiller François van 
Voorspoel. (1683) Le Substitut Norbert van 
Voorspoel (1688) Le Conseiller Norbert van 
Vreven. (1693) Le Conseiller Jean-Joseph de 

Vriesen. (1759) Le Conseiller Jean-Dominique-Joseph 

Vriesen. Walthère 

Vuesels. (1580) Le Conseiller Godfroy 

Vuesels. (1593) Le Conseiller Guillaume 


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— 014 — 


Vuldere. (1004) Le Conseiller Maillard de 
Vuldere. (1027) Le Conseiller Antoine de 
Waditendonck. (1035) Le Conseiller Jean van 
Waepenaert. (1724) Le Conseiller Charles-Philippe-Léopold- 
Ballliazar de 

Waepenaert (1744) Le Substitut Jean-Philippe-Charles de 
Waepenaert. (1750j Le Conseiller Jean-Charles de 
Waeterdyck. (1502) Le Président Jean de Glimes dit de 
Berges, seigneur de 
Walkicrs. Anne Catherine 

Wardain. (10141 Le Conseiller Claude d’Humijn ou Hywyn, 
seigneur de Schutburg et de 
Wasteel. (1547) Le Conseiller Jacques 

Wastine. (1040) Le Conseiller Michel Lottin, seigneur de 
Bracuvelt, Neuffut, Noorthaut et de 
Wavrans. (1741) Le Substitut Ilenri-Jacques-Hyacinthe de 
Wavre-Sainte-Marie. (1598) Le Conseiller Arnould Baert, 
seigneur de 

Weert ou Waert. (1558) Le Conseiller Chrétien de 
Wegewalle. (1040) Le Conseiller Bauduin van der Piet, 
seigneur de 

Werchin. (1090) Le Président Guillaume-Philippe, marquis 
d’Herselles, baron de 
Werne. (1078) Le Conseiller Hilaire van 
Wcslmalle. Gaspar Schetz, seigneur de Grobbendonck. ba¬ 
ron de 

Weynes ou Wevns. (1029) Le Conseiller Pierre 
Wiclant. (1503-1508) Le Conseiller Philippe 
Wildere. G522) Le Conseiller Engelbert van den Daele, 
seigneur de Leefdael et de 

Winterpocle. Hugues le Cocq, seigneur de la Motte-Broyaert, 
Groenhove et de 

Wirix. (1753) Le Conseiller Ignace-Joseph 


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— 615 — 


Wyon (1587) Le Conseiller Renom de France, seigneur de 
Noyelles et de 

Wyon. (1622) Le Président Renom de France, seigneur de 
Noyelles et de 

Zeau ou Lezan. (1590.) Le Conseiller Jean de 
Zellaer. (1611) Le Conseiller Jean van Caestere, seigneur de 
Bonheyden et de 

Zoesius ou Zoes (1603) Le Conseiller Nicolas 
Zuichem. (1543) Le Conseiller Viglius Ayta de 
Zwarte. Marguerite de 
Zype. Antoinette van den 

Zype (1661) Le Conseiller Bernard-Alexandre van den 
Zype. Pierre van den 


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LES CLOCHES 


DE 

PÜLDERB08CH ET WYSHAGEN 

ET LE 

CARILLON DE HASSELT 


La cloche est l’âme de la commune. Si je demande au 
villageois ou au citadin : « Aimez-vous vos cloches » ? 
Assurément, me répond-on. et pour cause: quand les 
cloches jubilent, le peuple est gai ; il gémit, quand elles 
se lamentent, et réciproquement. Sonnent-elles l’alarme, 
on court au danger ; sonnent-elles le triomphe, on allume 
les feux de joie. « 

Mais, les populations passent, les cloches demeurent. 
Parfois refondues, elles aident à conserver, au hameau 
comme à la cité, le souvenir des dates mémorables et des 
fêtes chrétiennes. 

Il est vrai, de nombreuses œuvres de fondeurs célèbres 
ont péri. D’autres les ont remplacées, pour perpétuer les 
usages et les traditions du clocher local. 

Quel sujet de fierté pour une commune, d’avoir pu conser¬ 
ver ses cloches à travers les siècles ! Ne semble-t-il pas que 


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— 617 — 


ces cloches puisent dans leur âge vénérable une plus pro¬ 
fonde autorité, un plus haut prestige ? 

9 * 

* * 

Sous ce rapport, deux petites communes peuvent se vanter 
d’être bien partagées, je veux dire Pulderboscli et Wys- 
hagen, près de Peer (Limbourg). 

L’église de Pulderbosch fait encore usage de deux cloches 
datant de 1478 et d’une autre de 1518. Elles font respecti¬ 
vement le sol, le la, le si. 

La plus grosse, dénommée Maria, porte cette inscription : 

/IBaria © es rj* mçiicn © nacm mçn © qbcluvt si; 
© ©obe f bequaem © alsoc ^ verre © alsmcn ^ mi © boire» 

sal © wilt $ ©ob © bexvare» ^ over © al. ©bcmacct © lut 
f 3aer © /CCCCCXÎÎID333. # 

Traduction : Marie est mon nom; mon son soit digne de 
Dieu ; aussi loin qu’on puisse m’entendre, Dieu daigne 

ÉTENDRE SA PROTECTION. 

Sur la deuxième cloche, apparemment de même facture, 
on lit: 

3bcsus es nnjncn iKacm /Rgn qbcluvt s» ©obe bcquacm. Blsoe 
verre als men ms boire» sal TAUil ’t ©ob bcwarc (») over al. ©bc* 
maect i»t 3aer /CCŒCÛXïïlD333. 

Sur la troisième, fort belle, se trouve ; 

©abriel vocor fusa sii /Ccclcinie © per ©corqiu 
TOlaqbcvcns, an»o ^ D * ît>333 5* 3u»ii. 

Inutile de traduire, ces textes sont clairs. 

Les trois cloches mesurent respectivement, en hauteur: 
1 m'® et une fraction, 0.96 et 0,75 cm cs ; entre lèvres, 1 m re , 
87 et 79 cm''\ 


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— 618 — 


A noter que le prénom du fondeur est précédé d’une 
petite figure représentant : saint Georges à cheval. Du même 
côté de la cloche, on voit un médaillon (12 x 12 cm”) com¬ 
prenant tout un tableau, dont la reproduction me dispense 
d'analyser le sujet. Du côté opposé, se trouve un médail¬ 
lon (9 xo cm”), avec le buste en profil du Sauveur. 

Au cours de l’année 1578-1579, les marguilliers reçurent 
avis, par un certain Jean Brabants d’Ouwen (aujourd’hui 
Grobben'donck), que les Français — on suppose les troupes 
de d’Alençon — étaient en route dans le but de descendre 
les cloches. Elles étaient alors au nombre de quatre. L’une 
d’elles, croit-on, s'appelait Joseph. Il fallait les sauver. 
On fit venir de Lierre des ouvriers experts dans le 
maniement de cloches. Celles-ci donc, furent descendues. 
Cachées dans un ruisseau coulant entre Pulle et Pulder- 
bosch, elles n’y semblaient pas être en lieu sûr. Après 
avoir été rétirées de leur cachette, elles furent, cette fois, 
enfouies dans un terrain appartenant à un certain Rollants 
(Roelants), dont coût 30 sols. 

La paix conclue à Anvers avec l’Espagne en 1585. rendit 
la tranquillité aux communes. L’église rentra en possession 
de ses cloches. On manda une équipe d’ouvriers pour les 
remonter. De ce chef l’église supporta une dépense de six 
florins, 5 sols pour les repas et rasades de bière. Les 
cloches toutefois ne furent pas remises à ce compte en 
état de sonner. On fit encore à cette fin une dépense 
de 25 florins environ. 


* 


* 

* 


Au temps de la Révolution française, les cloches de 
Pulderbosch furent de nouveau descendues pour être 
enfouies, chacune dans un endroit différent. L’une des 
deux petites, appelées communément schellen, fut brisée à 


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— 619 — 


cette époque. C’était Joseph. Elle pesait 521 livres. Ses 
débris furent vendus, le 27 juillet 1805, à un nommé G. Ver- 
clouden de Lierre, au prix de 12 sols, 1 liard la livre de 
vieux métal. On ne connaît pas les inscriptions de celte 
cloche. Au mois d’août, ses consœurs reprirent leur place 
dans le clocher. 


* 

* 


* 


La commune de Wyshagen mérite certainement la palme. 
On y sonne encore une cloche datant de 1424, et dont voici 
les suscriptions: 

Æ>ada g vocor g anno g ôomini g Û g û<SCG S ÏÏ3333. 

Suit une Croix de Malte à douze pointes, entre deux 
écus assez problématiques, dont celui de gauche est ren¬ 
versé. 

Ces inscriptions entourent la cloche, près du cerveau. 
La cloche est parfaitement conservée, l’âge n’y a pas buriné 
de rides. On ignore de quelle façon elle a échappé aux 
réquisitions des hordes françaises. D’aucuns pensent qu’elle 
a été mise en lieu sûr; d’autres prétendent qu’elle fut 
sauvée grâce à la situation isolée du pauvre hameau; ou 
encore, puisqu’elle sonnait les heures, qu’elle fut conservée 
de droit. Elle fait le sol et pèse entre 700 et 800 kilos. 

* 

* * 

Au risque de ne pas être tout à fait inédit, je pense 
pouvoir compléter ce que nous savons du carillon de 
Hasselt. Ce carillon est cité parmi les jeux de cloches célè¬ 
bres du pays. Il appartient à l’église Saint-Quentin et fut 


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620 — 


construit entre les années 1729 et 1752, à travers des péri¬ 
péties assez curieuses. 

Gomme le dit dans un contrat du i r octobre 1729 le 
Magistrat de Hasselt, tout soucieux qu’il fût de bonne et 
parcimonieuse administration, constatait, non sans amer¬ 
tume, que de temps immémorial la Ville avait possédé « une 
quantité considérable de métal », disparu ou enlevé par 
suite des guerres et des temps calamiteux. D’autre part, 
l’église primaire se trouvait être riche de 18.000 livres de 
« métal », atrérant en partie à trois excellentes cloches, 
consistant, d’autre part, en cloches défectueuses, brisées ou 
mises hors d’usage. A elles seules, les trois cloches encore 
bonnes représentaient 13.000 livres de ce stock de bronze. 

Elles faisaient un accord parfait, « très distingué », aux 
dires d’experts. Le Magistrat avait donc résolu de faire 
construire un nouveau et excellent carillon, en utilisant le 
vieux « métal » appartenant à l'église et la provision de 
« métal » conservé par la Ville. Un si beau travail devait 
entraîner une dépense relativement modérée, soit 2700 florins 
environ, que d’ailleurs on pourrait apurer au moyen de 
trois annuités. On se félicitait à l’avance de pouvoir con¬ 
server de la sorte tant de métal précieux, sauvé de la perte 
et des dilapidations. 

Le curé de Saint-Quentin, P.-J. Sigers, n’était pas demeuré 
étranger au projet de ses édiles. Pour lui, le carillon con¬ 
tribuerait à relever les beautés du culte et à stimuler la 
ferveur de ses paroissiens. 

Hasselt relevait du diocèse de son Altesse Georges de 
Bergis, prince-évêque de Liège, duc de Bouillon, comte de 
Loon, etc., etc. Lui aussi, verrait de bon œil la réalisation 
du projet du Magistrat de Hasselt. 

Celui-ci fit donc venir un maître fondeur « honnête et 
expérimenté », du nom d’Antoine Bernard, natif de Neuf- 


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- 621 — 


château en Lorraine. On parvint à s’entendre avec lui, aux 
conditions suivantes: 

I. M® Bernard devait couler trente-deux cloches, d’un poids 
respectif déterminé dans son devis. 

II. Ces cloches formeraient, avec les trois grosses cloches 
existantes dans la tour, trois octaves complètes, au diapason 
que voici: G-sol-ut; D-la-re; E si-mi. Ges accords formeraient 
la base, la tonalité et l’harmonie du carillon. 

Le Magistrat déléguerait à ses frais trois maîtres-musi¬ 
ciens. pour former le jury d’examen et d’agréation du jeu. 
L’un d’eux assisterait à « l’accordage ». 

III. M® Bernard acceptait le paiement de 2700 florins en 
trois termes annuels. Le premier paiement se ferait aussitôt 
le travail terminé et agréé par les experts. 

IV. La Ville prenait à sa charge la fourniture des maté¬ 
riaux en usage dans la fabrication de cloches : pierres, 
argile, bois, charbon, chanvre, suif, colophane, cire, fil de 
fer, pièces en fonte et en bois, planches, etc., sans compter 
les manouvriers à requérir par M® Bernard. 

V. Elle stipulait une caution de 500 florins, à fournir par 
ce dernier, pour la garantir contre la perte éventuelle de 
son apport de 600 livres de bronze. 

VI. M® Bernard s’engageait sur l’honneur à ne réclamer 
à la Ville que la quantité de métal supplémentaire indis¬ 
pensable. Il estimait cette fourniture à 2000 livres, y compris 
l’étain anglais. 

Deux ans après, le carillon était construit. Les experts 
procédèrent à son examen le 17 novembre 1731. G’étaient 
leurs Révérences S. de Frico, chanoine et chantre de 
l’église Notre-Dame à Maestricht, et Toussaint L’évêque caril- 
lonneur de l’église Saint-Lambert à Liège. Les conclusions 
de leur rapport fort détaillé, portaient que la moitié des 
cloches étaient défectueuses. Le jeu était trouvé fort sec, 
pas mélodieux du tout. 


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— 022 — 


Naturellement, le Magistrat s’empressa de citer le maître 
fondeur devant sa barre. 11 lui notifia le rapport des 
experts, en présence du S r Arion, carillonneur attitré de 
la ville Ce rapport lut discuté verbalement entre le fondeur 
et ses juges. On ne s’en tint pas là. Deux jours après, le 
chanoine de Frico remonta dans la tour, pour dissiper 
les scrupules qui lui étaient venus au sujet de l’accord 
du carillon avec les trois anciennes cloches. Dire que le 
fondeur n’y avait pas pris garde ! Au lieu d’établir ses 
gammes sur les tons désignés comme fondamentaux, en 
commençant par le Fa, il avait commencé par l’Ut et ce 
ton appartenait à une cloche de forte dimension, dont le 
timbre ne différait pas du Mi des cloches fondamentales. 
Il avait donc, si j’ai bien saisi la rédaction du rapport, 
transporté son carillon une tierce plus haut, contrairement 
au projet et au devis. 

Le carillon doit avoir été démonté, sans autre forme 
de procès. C’est une supposition, car, outre la qualité du 
jeu, la Ville fit vérifier le poids des cloches, par son 
peseur assermenté Henri Jacques. Celui-ci délivra, le 7 avril 
1732, son procès-verbal du pesage. D’après ce document, 
les poids respectifs des cloches variaient entre 9 livres, 
trois quarts et 2617 livres et demie. Le jeu, dans son 
ensemble, atteignait presque le poids de 14.000 livres ('). 

Lors du pesage, chaque cloche répondait à l’appel sous 
les dénomations les plus curieuses. Ainsi, les unes étaient 
désignées par un nombre ou une lettre de l’alphabet; la 
plupart, par le nom d’un saint ; une, par les noms propres des 
deux bourgmestres; un grand nombre par des devises 
telles que : non cogitât malum, non inflatur, omnia susti- 


(1) Le document sifrnô par Jacques donne 13,944 1/3 livres; une autre 
pièce donne 13,977 livres. La rédaction en est trop obscure, pour permettre de 
découvrir où glt l’erreur. 


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— 623 — 


net, omnia crédit , non est ambitiosa, (une petite cloche 
que celle-ci) ; puis : congaudet veritati, non gaudet super 
iniquitatem, etc., etc. 11 est difficile d’admettre que ce 
fussent là les noms baptismaux de toutes ces cloches, moins 
encore leurs suscriptions respectives, que je n’ai pu vé¬ 
rifier. On les désigna néanmoins de même, dans les cir¬ 
constances dont il sera parlé plus loin. 

Je parlais de devises. Ce mot, je le retire, préférant constater 
que les devises n’étaient guère moins que la définition 
de la Charité, d’après l’Apôtre. Ah! la merveilleuse idée 
d’animer ce carillon. Dans ce chœur aérien, éparpillant 
dans l’espace ses vibrants accords, que de voix pour procla¬ 
mer sur tous les tons: « Sois charitable partout!» 


* 

* * 

Comme il a été dit, le nouveau carillon ne répondait ni 
à l’attente des paroissiens, ni aux stipulations du contrat. 
M' Bernard fut mis en demeure de refondre ses cloches. 
Il n’avait pas fourni de] cautionnement, de sorte que la 
Ville de Hasselt éprouva un réel préjudice. Le maître-fondeur 
n’osait plus s’y montrer. 

Ne pouvant se résoudre à abandonner- le projet de son 
« beau carillon », le Magistrat résolut d’aller jusqu’au bout 
des sacrifices d’argent. Le 25 mai 1732, il résolut de faire 
détruire et refaire le jeu. 

Il fit choix à ces fins du maître-fondeur liégeois Jean-B 1 ® 
Levache et, avec l’autorisation de l’évêque, députa auprès 
de lui les deux chefs de la commune. 

M* Bernard, lui, adressa ou plutôt fit présenter, le 29 
mai 1732, par un nommé Jean Matthys, une supplique au 
chef diocésain, par laquelle il se prétendait lésé, tout en 
offrant de corriger son carillon condamné. Il obtint ainsi 
que le prince-évéque invitât le Magistrat de Hasselt à sur- 


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— 624 — 


seoir provisoirement à l’exécution de son nouveau projet. 

Le Magistrat ne pouvait manquer de représenter à l’évêque 
que M® Bernard avait complètement induit Son Altesse en 
erreur. Il allégua que le fondeur n’avait jamais construit 
de carillons et n'avait cherché, en l’occurrence, qu’à « se 
faire le main » aux dépens de la ville de Hasselt. Après 
avoir indiqué sommairement les clauses du contrat, il exposa 
à Sou Altesse que Bernard lui avait occasionné de grands 
frais tant pour la construction du carillon que par les 
fréquentes refontes qu’il avait été obligé de faire de ses 
cloches, sans avoir jamais réussi. La perte de bronze était 
évaluée à plus de 5000 livres. 

La Ville soumit à l'évêque des extraits des comptes com¬ 
munaux, car, ajouta-t-elle, « cet abus ou perte s’étant faite 
pendant la magistrature de ce temps là, le magistrat moderne 
ne peut en rendre compte nij dire par qui la ville se trouve 
si énormément lésée, si c’est parle dit fondeur ou d’autres. » 

« Au reste, il est de fait que ledit Bernard voijant que 
son ouvrage n’avait pas réussit (sic) après avoir occasionné 
tant de frais à la ville, il s’at (!) retiré dans son paijs natal 
ayant déjà profité ou tiré quatre à cinqs (cents?) fl. et à 
compte de son salaire. « Mais, abrégeons. 

Le rapport des experts précités, n’ayant pas plu à M® Ber¬ 
nard et à ses amis, le Magistrat, pour se mettre à l’abri de 
tout reproche, avait fait examiner le carillon par le maître 
de chapelle de l’église Saint-Paul, nommé G. de Lige et 
par Philippe Maréchal, carillonneur de l’église Saint-Jacques. 
Leur rapport du 14 février condamna également le travail. 
De plus, le certificat de Jacques, le maitre-peseur, faisait 
constater que le fondeur avait fourni environ 6000 livres de 
poids en moins de la quantité de bronze à réaliser. 

Puisque Bernard avait offert de mettre le carillon en bon 
état — quoiqu'il eût fait erreur au sujet du nombre des 
cloches condamnées, — le Magistrat supplia l’évêque d’or- 


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— 625 — 


donner au fondeur de payer des dommages-intérêts et. de 
refaire le carillon dans les trois mois, sous peine de résir 
liation de son contrat, les dommages-intérêts restant en 
ce cas réservés. 

Cette requête devait être communiquée à M e Bernard et 
les parties renvoyées devant leurs juges civils. Nous n’avons 
pas trouvé comment on plaida, avant que les engagements 
avec Bernard furent définitivement rompus. 

* 

* * 


Nous connaissons un contrat du 9 mars 1734, passé 
entre les représentants de la ville de Hasselt et le fon¬ 
deur liégeois Jean-Baptiste Le Vache. Celui-ci s’engageait 
à fournir “ de bon son et de bon accord, au dire des 
commissaires experts », les cloches manquant au carillon, 
formant mille livres de métal environ, à savoir, depuis 
l'F de la seconde octave jusqu’au D, dernière note de la 
première octave ('). 

La Ville s’engagea à envoyer à Liège une ou deux des 
bonnes cloches, pour aider le maître à faire accorder les 
nouvelles. La refonte coûterait 35 patars par livre de métal 
travaillé. En déduction de ce prix, le fondeur devait repren¬ 
dre, à raison de 20 sous la livre, le métal mis hors d’usagp 
et la matière lui restante de la cloche dite « de la dîme », 
après la refonte de celle-ci. 

Dans le cas où le nouvel ouvrage ne serait pas mieux 
conditionné et bien supérieur à celui de son devancier, M° Le 
Vache aurait à reprendre ses cloches et à les ramener 
à Liège à ses frais et dépens. Il laisserait toutefois à la 
Ville ses anciennes cloches en bon état, sans frais aucuns 
pour elle. 


(1) On commence semblo-t-il par le haut du clavier? 


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— 62G — 


La Ville prenait à sa charge la descente et la remise 
en position des cloches. 

Ce contrat fut authentiqué par devant notaire le 9 juin 
1734. Il y est parlé de la cloche de la dîme. Il y avait 
lieu, à son sujet, pour la Ville de Hasselt, à faire, le 19 mai 
1734, un arrangement avec la dame abbesse d’Herckenrode, 
née comtesse de Rivière d’Aerschot, pour la refonte de 
cette cloche qu’on appelait « Cannale ». L’abbesse avait 
qualité de « décimatrice ». ce qui explique son droit 
d’intervention et de poser ses conditions pour l’emploi à 
faire de sa cloche. Parmi ces conditions, on trouve, pour 
le fondeur, l’obligation d’y mouler les armes de l’abbesse 
(grandeur : 7 à 8 pouces) avec une inscription ; en outre, 
une image de la sainte Vierge dans une nimbe et ayant à 
ses pieds le soleil et la lune, d’après un dessin qu’on lui 
fournirait. Un nommé Henri Hubens exécuta l’œuvre pour 
G50 florins. 


* 

* * 

Le carillon de la ville de Hasselt se compose de quarante- 
deux cloches. Le clavier commence au Mi et s’étend 
jusqu’au Sol naturel, 3 e octave. Le pédalier est relié au 
clavier depuis le Mi grave et monte chromatiquement 
jusqu’à l’octave de celte note. 11 possède, au grave, le Do 
et le Ré, mais il lui manque le Ré bémol et le Mi bémol. 

Les neuf cloches basses et le sol aigu (la plus petite 
cloche) sont encore de la facture de M e Bernard. Il avait 
signé son médiocre travail sur la cloche Ré du pédalier. 
On y lit, en effet, tout l’historique de la construction de 
sort jeu de cloches. 

Ad majorem Dei, Deiparæ Virginis et Sancti Mar- 

TYRIS QüINTINI GI.ORIAM ET HONOREM DiVINI CULTUS MAGNI- 


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— 627 — 


FICENTIAM ET AUGMENTUM NEGNON CIVIUM PERPETUAM PACEM 
ET CONCORDIAM SUB DULCI AG FE LICI REGNO GEORGII LUDOVICI 
A BERÜIS EPISCOPI AG PRINC1PIS Lf.ODIENSIS ME CUM 31 ASSECLIS 
Fieri curavit S P. Q H. pastore R do admodum I) no Paulo 

GuiLIELMO SlGERS JuRIUM LICENTIATO. CONSULIBUS FERDI- 
NANDO SlGERS ET JOANNE PETRO MaTHYS ANNO D nl 1529, 
Anton ius Bernard me fecit 

* 

* * 

Le 23 août 1751, Mathias Van den Gheyn, inspecta le 
carillon condamné. Sur son rapport, le jeu fut corrigé en 
1751-1752 par Jos.-André Van den Gheyn, de Louvain. 
Ce fondeur attesta sa collaboration en ces termes, qu’on 
lit sur la cloche faisant le sol dièze de l’octave basse: 

Andréas Joseph Van den Gheyn Lovaniensis me et 
ADHUG 27 CAMPANAS REFUNDIT ET RESTANTES CORREXIT HaSSE- 
LETI, ÆTATIS SUÆ 24 OPE (?) IMO (?). 

Le 28 août 1752, De Decker, carillonneur de la ville de 
Diest, examina le travail. Il n’y trouva rien à critiquer, 
sinon une seule cloche. Van den Gheyn la refondit et dès 
lors le carillon fut parfait. 

Les arrangements faits en 1734 avec M e Le Vache 
n’avaient donc pas abouti? La Ville serait-elle restée privée 
pendant vingt ans du carillon tant désiré? Je ne possède 
pas de renseignements positifs à ce sujet. 

Gomme beaucoup de carillons, celui de Hasselt est mis 
en mouvement par le mécanisme de l’horloge pour annon¬ 
cer l’heure, la demie, le quart et le demi-quart. Le cylindre 
ou tambour a été fait en 1752, par De Beefve père et fils, 
de Liège. 


* 

* 


* 


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— 628 — 


Le côté poétique du sujet a inspiré aux poètes comme 
aux orateurs des pièces modèles, aux archéologues des tra¬ 
vaux remarquables. 

L’extrême obligeance mise par M. Fél. De Koninck, à 
me céder quelques notes de son portefeuille, m’engagea 
à poursuivre d’aussi captivantes études et à apporter ce 
modeste appoint à l'histoire des cloches dans notre patrie. 

Edm Gkudens. 


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